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être catholique, mais je serai toujours votre ami ie plus sûr et le plus tendre. D'ailleurs, puisque Dieu dirige tout, jusqu'au vol des oiseaux, n'estce pas lui qui nous a réunis ?
Après les premiers mois de mon deuil, ceux qui s’intéressaient à moi me conseillèrent de me marier, Je laissai dire, et, suivant le désir de Charles, je m'occupai des malheureux, C'était ln seule consolation que je puisse goûter. Plus tard, je songeai au mariage ; j'y inclinai par le besoin d'aimer, si grand dans mon cœur ; mais il me fallait une affection élevée et profonde, l'amour, comme je l'avais compris dans le moment le plus solennel, le plus déchirant de ma vie. Dieu m'a conduit vers vous, qui êtes tout ce que je souhaite, tout ce que j'ai rêvé, vers vous de toutes les femmes la plus vraie, la plus aimante et la plus pure,
Dites-moi, Thérèse, croyez-vous vraiment que la différence de religion mette un abime entre nous ? (À mon amie, comment avez-vous pu dire cette cruelle parole ?
Il est vrai, nous ne professons pas tout à fait la même foi, mais tous les deux, nous savons que Dieu nous aime et qu'il faut l'aimer; tous les deux, nous savons que secourir les pauvres est un bonheur et un devoir sacré ; tous les deux, nous croyons que Jésus-Christ nous a rachetés par son sang, Ma noble Thérèse, ma fiancée «1 chère, ne craignez donc pas d’être ma femme:
ne craignez pas de vous appuyer sur mon cœur pour jusquà ce que la mort nous sépare par l’ordre de Dieu.
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Il y a eu dix ans le 14 août dernier, dans rette même salle où j'écris aujourd'hui, Thérèse Raynol et Francis Douglas signaient leur contrat de mariage. Il me semble les voir encore, si jeunes, si charmants, si heureux !
J'avais pour M. Douglas une parfaite estime, eb pourtant je voyais arriver le jour du mariage avec une tristesse profonde, car j'aimais Thérèse avec la plus grande tendresse, et la seule pensée de m'en séparer m'était bien amère. La lecture du contrat, ces dispositions en faveur de celui des époux qui survivrait à l’autre me firent une impression pénible, et pendant qu'on me félicitait sur ce brillant mariage, j'avais grand'peine à contenir mes larmes. Pourquoi faut-il que la mort se mêle à tout dans la vie ? Mais ces tristes réflexions me furent personnelles, La conversation se maintint animée et joyeuse entre les personnes invitées pour la circonstance. On rit, on chanta, on fit de la musique dans cette maison où la mort allait entrer.
Un peu après le départ des invités, comme M.
Douglas se levait pour se retirer: “ Ne partez pas encore, lui dit Thérèse, je veux vous chanter le Salve Regina, c'est-à-dire, poursuivit-elle avec son charmant sourire, j'ai l'habitude de le chanter tous les soirs, et aujourd'hui je veux que vous m'écoutiez. Ce chant à la Vierge était une de nos plus douces s et plus chères habitudes. La voix de Thérèse était fort belle, et cé soir-là elle
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y init une indicible expression de confiance et d'amour, Ah! comment la Vierge, mère à jamais bénie, eût-elle pu ne pas entendre cette ardente prière ? M. Douglas, plus ému qu'il ne voulait le paraître, gardait un profond silence, Thérèse se rapprocha de lui at dit: Francis, mon cher ani ue voulez-vous pas que la sainte Vierge nous protège et nous garde? Il ne répondit pas, mais la regarda pendant quelques instants avec une expression indéfinissable, puis nous souhaita le bonsoir, et partit
Je suivis Thérèse dans sa chambre. Après la prière, que nous fimes ensemble, elle prit k charinant bouquet de roses que Francis lui avait apporté ce jour-là et le plaça devant l'image de la Vierge. Rentrée dans ma chambre, je priai avec ferveur, demandant à Dieu la force de supporter éloignement de ma fille chérie. Hélas! que j'étais loin de prévoir le coup terrible qu allait me frapper!
Je dormais depuis quelque temps quand je fus réveillée par an rêve pénible, Je me levai pour me remetbre, et je passai dans la chambre de Thérèse, Elle était assise sur son lit, la figure si altérée, 8i bouleversée qu'une crainte horrible me serra le cœur; elle essaya pourtant de sou rire en me «disant qu'elle resseutait une étrange douleur à la gorge, J'envoyai aussitôt chercher un médecin (Quand je revins, elle me pria de placer un cierge devant l’image de la Vierge et voulut elle-même l'allumer. Puis joignant les mains, elle se recueillit dans une prière fervente.
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