‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 1124 sur 1225 · V. ACADÉMIE · texte numérisé non relu

V. ACADÉMIE

inscrire [ins-kri-re] V. a. (lat. inscribere ; de (n,sur, et scribere. écrire. — Se conj. comme écrire.) Ecrire, faire mention de quelque chose sur un registre. sur une liste, etc. Géom. Tracer une figure dans l’intérieur d'une autre, sous certaines conditions. Inscrire un polygone dans un cercle (ou à un cercle), tracer un polygone dont les sommets soient sur la circonférence. S’inscrire v.

pr. Ecrire son nom sur un registre, une liste de souscription. Pratiq,

S'inscrire en faux, soutenir en justice qu'une pièce produite par la partie adverse est fausse, et, par ext., protester, s’élever contre une assertion

inscrit [ms-ftril, e adj. Math.

Polygone inscrit dans un cercle, celui dont tous les sommets sont situés sur la circonférence du cercle. N. m. : un inscrit maritime. CV. inscription.)

inscrivant [ins-k7-i-van], e n. Pr. Personne qui requiert l’inscription d'une hypothèque.

inscrutabilité [ins-kru] n. f. Caractère de ce qui est inscrutable.

inserutable [ins-kru] adj. Impénétrable, qui ne peut être compris : les desseins de Pieu sont inscrutables.

inscrutablement [ins-kru, man] adv. D’une manière inscrutable.

inscruté [ins-kru-té], e adj. Qui n'a pas été scruté.

insculpation [ins-kul-pa-si-on] n. f. Action d'insculper. (Peu us.)

insculper [ins-kul-pé] v. a. (lat. insculpere). Marquer d'un poinçon.

insécabilité n. f. Qualité de ce qui est insécable.

insécable adj. (du lat. in priv., et de secare, couper). Qui ne peut être coupé. Ant. Sécable.

insecouable adj. Qu'on ne peut secouer.

inseconrable adj. Qui ne peut être secouru.

insecouru, e adj. Qui n’est pas, qui n’a pas été secouru.

insectarium [séft, om'] n. m. Etablissement scientifique, où l'on élève et conserve des insectes.

— Encycl. La disparition progressive des oiseaux insectivores a contribué à la pullulation des insectes ravageurs et, pour lutter contre ceux-ci, l'homme a fait appel à des procédés divers de destruction. Le plus récent est la récolte, la multiplication, l'élevage, puis la dispersion, sur les plantes parasitées, d'espèces entomophages capables d arrêter les invasions. C’est le but que poursuivent les insectariums, dont le premier installé en France (près de Menton) est dû à l’initiative du savant entomologiste Marchai.

insecte [séA-fe] n. m. (lat. insectum). Animal articulé à six pattes, respirant par des trachées, et subissant des métamorphoses. Fig. et fam. Personne méprisable ou nuisible.

— Encyou. Les insectes ou hexapodes constituent une classe des arthropodes, et se caractérisent essentiellement par leurs membres, qui sont toujours au nombre de six. Les insectes ont une respiration aérienne, qui se fait par conduits intei-nes ou trachées, débouchant par des orifices nommés stigmates, disposés le long du corps. Le corps, composé d'anneaux ajustés bout à bout, comprend ; la tête, le thorax ou corselet, l’abdomen. La tête porte deux yeux composés ; souvent, aussi, des ocelles et, près des yeux, des antennes. La bouche est formée d'une lèvre supérieure, ou labre, et d’une lèvre inférieure possédant une paire de mandibules et des mâchoires accompagnées de palpes.

Le thorax se divise en prothorax, qui porte une paire de pattes, mésothorax qui porte une paire de pattes et une paire d'ailes, métathorax, qui porte une paire de pattes et parfois une paire d'ailes. Les ailes supérieures des coléoptères sont dites élytres. L'abdomen, formé d’anneaux (ordinairement au nombre de dix . ne porte jamais de memures.sauf d’infimes exceptions.

L'appareil eireulatoire est formé d'un vaisseau dorsal pulsatile ; les organes des sens sont mal connus.

■fous les insectes sont terrestres et respirent dans l'air : mê me ceux qui vivent dans l'eau sont obligés de remonter à la surface poui- respirer.

Les insectes ont toujours leurs sexes séparés. La jeune larve, au sortir de l’œuf, ne ressemble en rien aux parents, et il lui faut parcourir un cycle de métamorphoses pour arriver à l état adulte. (V. métamorphose.) Par leur intelligence, leur organisation, les insectes sont bien supérieurs aux mollusques et autres invertébrés.

Les insectes sont de petite taille, au grand maximum 0“.30 de long. Certains ont une coloration brillante et variée et luisent autant et plus que les pierres précieuses les mieux taillées. On eu compte

six cent mille espèces, réparties en huit ordres : orthoptères, névroptéres, strepsiptères. hémiptères, diptères, lépidoptères, coléoptères et hyménoptères. (V. chacun do ces mots.)

La plupart des insectes sont nuisibles à l'homme, soit qu’ils s’attaquent directement à lui, soit qu’ils vivent aux dépens de ses cultures, de ses récoltes, de ses provisions. En général, la lutte pour la vie chez les différentes espèces maintient l'équilibre dans les conditions biologiques de chacune d'elles ; mais les insectes peuvent cependant se multiplier parfois sans entraves et exercer des ravages considérables (phylloxéra, hanneton, criquet, etc.). C'est pour empêcher leur pullulation qu'il faut protéger leurs ennemis naturels (les oiseaux), multiplier contre les ravageurs les espèces entomophages acharnées à les détruire (carabes, calosomes, cicindèles, coccinelles, ichneumons, etc.), qui, de ce fait, deviennent d’utiles auxiliaires de l'agriculteur. Eminemment utiles, par contre, sont, pour le profit qu'en tire l’homme, les abeilles, le ver à soie, la cochenille du nopal, etc., et certains insectes (lépidoptères, hyménoptères) qui contribuent, en véhiculant le pollen des fleurs, à la fécondation de celles-ci.

Insecte {V), ouvrage plus symbolique que scientifique de Michelet, plaidoyer en faveur des humbles, d’une inspiration délicate et généreuse (1857).

insecticide [sèfc] adj. etn. m. (du lat. insectum, insecte, et cædere, tuer). Qui détruit les insectes : poudre insecticide.

insectier [sèk-ti-é] n. m. Sorte de casier pour la conservation des insectes.

insecti’VOre (sèfcjadj.fdulat. insectum, insecte, et vorare, manger). Qui vit principalem. ou exclusivement d’insectes, comme les gobe-mouches, les merles, les bergeronnettes, les taupes, les hérissons, etc. : la plupart des oiseaux sont insectivores. N. m. : un insectivore. N. m. pl. Ordre de mammifères, comprenant les hérissons, musaraignes et autres formes voisines, insectologie n. f. Syn. p. us. de ENTOMOLOGIE.

insectologique adj. et insectologiste

n. Syn. inus. de entomologique et entomologiste.

insécurité n. f. Manque de sécurité. Ant. Sécurité.

insécuteur n. m. (lat. insecutor). Gladiateur qui combattait les rétiaires.

inséductible [duk] adj. Qui ne peut être séduit, in-seize [sè-ze]n.m. et adj. invar. Format d’un livre dont les feuilles sont pliées en 16 feuillets et forment 32 pages, ün livre de ce format. V. impositio.v.

insénescence [nés-snn-se] n. f. (du préf. in. et du lat. senescere, vieillir). Propriété de ne pas vieillir.

insensé, e [san’ adj. et n. Qui a perdu le sens, la raison. Contraire au bon sens ; extravagant, fou : projet insensé. Ant. Sensé.

insensément [san-sé-man] adv. D’une manière insensée. (Peu us.) Ant. Sensément.

insensibilisateur [san-si, za-teur], trice adj .Ce qui produit l’insensibilité.

N. m. : le chloroforme est un insensibilisateur. Appareil destiné à produire l’insensibilité, l’anesthésie. Ant. Sensibilisateur.

insensibilisation

[san-si, za-si-on] n. f. Abolition de la sensibilité.

insensibiliser [san, zé]

V. a. Rendre insensible : insensibiliser un malade gu on veuf opérer. <

insensibilité [san-si] n. f.

Défaut de sensibilité physique ou moralS. Ant. Sensibilité.

insensible [san-si-ble] adj.

(lat. insensibilis). Qui ne peut éprouver de sensation : la matière est insensible. Qui n’est point touché de pitié : cœur insensible.

Imperceptible ipro.çrês.pcnfeinsenstiic. Ant. Sensible.

insensiblement [snn, man] adv. Peu à peu, d’une manière insensible. Ant. Sensiblement.

inséparabilité n. f. Etat de ce qui est inséparable.

inséparable adj. intimement uni ; qui ne peut être séparé, en parlant des choses. Gram. Particules inséparables, celles qui ne s’emploient que dans la formation de noms composés. Ant. Séparable.

inséparable n.m. ouf. Nom vulgaire d’une petite perruche d’Australie [melopsittacus undulatus), qui

Insensibilisateur.

Insecte : 1. Figure d’ensemble (.\, tète; B, antenne; C, oeil; D, prothorax; E, mésothorax ; F, métathorax ; G, abdomen ; H, aile supérieure ; I, aile inférieure ; J, écusson ; K, L, M, pattes ;

N, tarière) ; 2. Tête de coléoptère carnassier (carabe); 3. Tête d’un hémiptère (réduve) ; 4. Tète d’un diptère (mouche) ; 5. Tète d’un lépidoptère (sphinx) ; 8. Métamorphoses d’un coléoptère (hanneton :

O, larve, il, nymphe, c, insecte parfait) ; 7. Métamorphoses d’un lépidoptère (sphinx : a, chenille, b, chrysalide ; c, papillon) ; 8. Métamorphoses d’un diptère ^mouche : a, larve, ii, nymphe, c, insecte parfait),

vit par paires, et ne peut se garder seule en captivité.

inséparablement [man] adv. De manière à ne pouvoir être séparé : amis inséparablement unis.

inséparé, e adj. Qui n’est pas séparé. Ant. Séparé.

insérable adj. Qui peut être inséré.

insérer [ré] v. a. lat. inserere : de in. dans, et serere, semer. — Se conj. comme acce/crer. Introduire, faire entrer, ajouter: insérer un billet dans une enveloppe ; insérer une clause dans un traité. Arith. Insérer des moyens entre deux termes d'utte progression, former une nouvelle progression ayant pour termes extrêmes les deux termes donnés et comprenant comme nombre de termes le nombre des moyens à insérer, plus deux.

insermenté [sèr-man] adj. m. Se dit des prêtres qui, sous la première République, refusèrent de prêter serment à la constitution civile du clergé: les prêtres insermentés contribuèrent à soulever la Vendée contre la Convention. Syn. de inassermenté. Ant. Assermenté.

insertion [sér-si’-on] n. f. (lat. insertio). Action d’insérer ; réclamer Viiuertion d'une protestation dans un journal. Ce qui est inséré : rectifier une insertion. Attache d’une partie sur une autre : l’insertion des feuilles sur la tige.

inser’Vilité [sêr] n. f. Caractère de ce qui n’est pas servile. Ant. Servilité.

insexué [sèk-su-é], e adj. Qui n’a pas de sexe. (On dit plus souvent asexué.)

insexuel, elle [sèk-su-él, è-le] adj. Dégagé de toute sexualité. (On dit aussi asexuel.)

insidiateur, triee n. (du lat. insidiæ. embûches). Celui, celle qui tend des embûches. (Vx.)

insidiation[si-on]n. f. (de insidiateur). Action de dresser des embûches. (Vi.)

insidieusement [ze-man]adv. D’une manière insidieuse.

insidieux, euse Idi-efl, eu-ze] adj. (lat. insidiosus ; de insidia, embûche). Qui tend des pièges : questionneur insidieux. Qui constitue un piège : caresses insidieuses. Se dit de certaines maladies graves, malgré la bénignité apparente jje leurs débuts.

insigne adj. (lat. insignis). Signalé, remarquable (en bonne ou en mauv. part) : faveur insigne. Ant. Insignifiant.

insigne n. m. (lat. insigne ; de insignis, remarquable). Signe honorable et caractéristique d’une dignité ; les insigsies de la royauté. Attribut. Signe distinctif d’un emploi, d’une fonction, d’un grade.

insignifiance n. f. Etat de ce qui est insignifiant.

insignifiant [fi-an], e adj. Qui ne signifie rien : phrase insignifiante. Sans importance : homme insigsiifiant. Ant. Important, insigne.

in silvam non ligna feras insanius, mots latsignif. : Porter du bois à une forêt ne serait pas plus insensé. Vers d’Horace (Safires, I, 10, 3ij. Le proverbe latin Porter du bois à une forêt équivalait exactement au vieux dicton français : Porter de l'eau d la rivière.

insimulé, e adj. Qui n’est pas simulé. Ant. Simulé.

insineérité n. f. Absence de sincérité. Ant. Sincérité.

insinuant [nu-an], e adj. Qui s’insinue : fluide insinuant. Qui a l’adresse et le talent d’insinuer, de s’insinuer : manières insinuantes.

insinuateur, trice n. Personne qui fait des insinuations.

insinuatif, i’ve adj. Qui insinue ou s’insinue, insinuation [sî-on] n. f. (lat. insinuatio). Action d’insinuer ; insinuation d’une sonde dans une plaie. Manière subtile de faire accepter ses pensées, ses désirs. Chose que l’on fait entendre sans l’exprimer formellement : tes insinuations agissent sur les faibles. Rhét. Figure qui consiste à se concilier la faveur des auditeurs par des paroles douces et habiles ; les calomniateurs habiles procèdent surtout par insinuation.

insinuer [nu-é] v. a. (lat. insinuare ; de in. dans, et sinus, sein). Introduire doucement et adroitement quelque chose : insinuer du coton dans une plaie. Fig. Faire adroitement pénétrer dans l’esprit : insinuer une calomnie. S’insinuer v. pr. S’introduire avec adresse : s'insinuer à la cour, dans les bonnes grâces de quelqu'un.

insipide adj. (lat. insipidus). Qui n’a point de saveur, de goût: l'eau est insipide. Fig. Sans agrément, sans esprit : railleur insipide ; style insipide.

Ant. Savoureux.

insipidement [man] adv. D’une manière insipide.

insipidité n. f. Etat de ce qui est insipide. Ant. Sapidité, saveur.

insipience [pi-an-se] n. f. (lat. insipientia). Défaut de sagesse, folie.

insistance [sis-fan-se] n. f. Action d’ièisister : réclamer une chose avec insistance.

insister [sts-té] v. n. (lat. insistere ; de in. sur, et sistere. s’arrêter). Faire insistance, persévérer à demander une chose. Appuyer : insister sur un point.

in situ, mots lat. signif. Dans lendroit même. Locution employée spécialement en minéralogie : on a découvert des diamants in situ, dans la roche même où ils s'étaient formés.

insobriété n. f. Défaut de sobriété. Ant. Sobriété.

insociabilité n. f. Caractère de celui qui est insociable. Ant. Sociabilité.

insociable adj. Avec qui on ne peut vivre ; difficile à fréquenter : caractère insociable. Ant. Sociable.

insociablement [man] adv. D’une manière insociable. (Peu us.) Ant. Sociablement.

insocial, e, aux adj. Qui n’est pas social. Ant. Social.

in-soixante-quatre [san-te-ka-tre] n. m. et adj. invar. Se dit d’une feuille d’impression formant 64 feuillets ou 128 pages, et du format obtenu avec cette feuille.

insolateur n. m. Appareil destiné à l’utilisation des rayons solaires pour le chauffage.

insolation [si-on] n. f. (lat. insolatio).^ Action du soleil qui frappe sur un objet. Action d’exposer quelqu’un ou quelque chose aux rayons du soleil : insolation d'une photographie. Maladie provoquée par l’exposition à un soleil ardent, vulgairement appelée . « coup de soleil ».

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— Excyci,. Méd. L'insolation ou « coup de soleil » e:t la forme la plus ordinaire du coup de chaleur. appellation qui désigne l’ensemble des accidents produits non seulement par le soleil, mais aussi par les milieux surchauffés (chambres de chauffe des bateaux à vapeur, sucreries, fonderies, etc.). On obsei've l’insolation aussi bien dans les pays tempérés que dans les pays tropicaux. On distingue trois degrés. On note au premier degré du malaise, de la faiblesse des jambes, de la dyspnée, et parfois la syncope ; au second degré, les phénomènes nerveux dominent avec des vertiges, des convulsions et le coma ; enfin, le troisième degré est caractérisé parla mort foudroyante. On traite l’insolation par la mise au frais, des affusions froides mais modérées, des frictions légères. Dans les pays tempérés, la guérison est la règle ; dans les pays chauds, la mort survient dans les deux tiers des cas.

insolemment [la-man] ady. Avec insolence : répondre insolemment. Ant. Poliment.

insolence [lan-sè\ n. f. (lat. insolentia). Effronterie, hardiesse excessive. Manque de respect. Orgueil offensant. Parole, action insolente : dire des insolences. Ant. Politesse, civilité, humilité.

insolent \lan], e adj. (du lat. insolens, qui n’est pas dans la coutume). Qui perd le respect : l’homme insolent est en abomination au Seigneur. Effronté, impertinent ; insolent comme un page. Orgueilleux, arrogant : insolent dans la bonne fortune. Insolite, extraordinaii-e : bonheur insolent. N. Personne insolente. Ant. Poli, courtois, humble.

insoler [lé] v. a. (du préf. in, et du lat. sol, soleil). E.xposer au soleil : insoler une épreuve photographique.

insolidaire [dè-re] adj. Qui n’est pas solidaire. Ant. Solidaire.

insolidarité n. f. Etat de ce qui n'est pas solidaire. Ant. Solidarité.

insolide adj. Qui n’est pas solide. Ant. Soiide. insolidement [manl adv. D'une manière qui n'est pas solide. Ant. Solidement.

insolidité n. f. Défaut de solidité. Ant. Solidité. In solido, mots lat. signif. Dans le solide, dans la masse. En masse, solidairement : complices condamnés in solido.

insolite adj. (lat. insolüus; du préf. in, et de solitus, accoutumé). Contraire à i’usage, aux règles, à l'habitude : démarche, bruit insolite. Ant. Habituel, normal.

insolitement [man\ adv. D’une manière insolite.

insolutailiser [zé] v. a. Rendre insoluble, insolubilité n.f. Etatde ce qui est insoluble. Ant. Solubilité.

insoluble adj. (lat. insolubilis). Qui ne peut se dissoudre : la résine est insoluble dans l'eau. Fig. Qu'on ne peut résoudre : problème insoluble. Ant. Solubie.

insolublement [man] adv. D’une manière insoluble. (Peu us.)

insolution [si-on] n. f. Absence de solution. Ant. Solution.

insol'Vabilité n. f. Impossibilité de payer. Ant. Solvabilité.

inSOl'Vableadj. (du préf. in, et du lat. solvere, payer). Qui n’a pas de quoi payer : débiteur insolvable. Ant. Solvable.

insomnie [som'-nî] n. f. (lat. insomnia ; préf. in, et somnus, sommeil). Privation de sommeil.

— Encycl. Méd. L'insomnie s’observe à la suite d'impressions morales très vives, joies ou peines, surmenage et souvent de repas du soir trop copieux, etc., dans la neurasthénie, l'hypocondrie, l’hystérie. Elle se montre également dans toutes les infections. Certains substances comme le café, le thé, provoquent l’insomnie chez les personnes qui n'y sont pas habituées.

Le traitement est subordonné à la cause. On ordonnera le grand air, les distractions, ou le repos et la solitude. On aui-a aussi recours aux narcotiques, bromures, chloral, sulfonal, trional, etc., et en dernier lieu aux préparations opiacées.

insondabilité n. f. Caractère de ce qui est insondable.

insondable adj. Qu'on ne peut sonder; abîme insondable. Fig. Qu'on ne peut pénétrer ; le mystère insondable de la création. Ant. Sondable.

insonore adj . Qui n’est pas sonore. Ant. Sonore, insonorité n. f. Manque de sonorité. Ant.’ Sonorité.

insouci n. m. Absence de souci. Manque de sollicitude. Ant. Inquiétude, sollicitude.

insouciamment [sî-a-man] adv. D'une manière insouciante. (Peu us.)

insouciance n. f. Caractère de celui qui est Insouciant : l’insouciance de la jeunesse. Ant. Prudence, application, préoccupation.

insouciant [si-an], e adj. Qui ne se soucie et ne s’affecte de rien. Ant. Préoccupé, sensible.

insoucieusement \ze-man] adv. D'une manière insoucieuse. Ant. Soucieusement.

insoucieux, euse fsi-eil, eu-ze] adj. Qui n’a as de souci ; vivre insoucieux du lendemain. Ant. oucieux.

insoudable adj. Qui ne peut être soudé. Ant. Soudable.

insouffrable [s0M-/’ra-6ie] adj. Qui ne peut être souffert.

insoumettable {mè-ta-ble] adj. Qui ne peut être soumis. (Peu us.)

insoumis, e [mi, i-zé] adj. Non soumis -.peuple insoumis. Qui manque de soumission, de ^cilité : enfant insoumis. Soldat insoumis ou suost. insotimis, soldat qui ne se présente pas au corps au jour dit. ’V. INSOUMISSION. Ant. Soumis.

insoumission [mi-si-on] n. f. Défaut de soumission. Situation du soldat qui ne répond pas à une convocation régulière de 1 autorité militaire. Ant. Soumission.

— Encycl. Dr. L insoumission est l’état d un soldat qui n’a pas rejoint son corps dans le délai fixé par l’ordre de route.

En temps de paix, ce délai est d'un mois ; en temps de guerre, de deux jours. L insoumis est passible d'un emprisonnement d'un mois à un an en temps de

paix, de deux ans à cinq ans en temps de guerre ; dans ] ce dernier cas il est, à l’expiration de sa peine, en- | voyé dans une compagnie de discipline. Le condamné pour insoumission est privé de ses droits électoraux.

Les hommes en congé rappelés sous les drapeaux, les réservistes ou les territoriaux convoqués pour des manoeuvres sont, pour la première fois, passibles d'une punition disciplinaire mais, en cas de récidive, ils sont considérés comme insoumis.

insoupçonnable [so-na-blé\ adj. Qui ne peut être soupçonné : honnêteté insoupçonnable. Ant. Soupçonnable.

insoupçonné [so-né], e adj .Qui n'est pas soupçonné. Ant. Soupçonné.

insoutenable adj. Faux, qu’on ne peut soutenir, défendre: opinion insoutenable. Qu’on ne peut supporter ; orgueil insoutenable. Ant. Soutenablo.

insoutenablement [man] adv. D’une manière insoutenable.

inspectateur [ins-pèk] n. m. Celui qui inspecte avec soin.

inspecter [ins-pik-t£] v. a. (lat. inspectare ; de in, sur, et spectare, examiner). Examiner comme inspecteur : inspecter une école. Examiner avec une grande attention : inspecter un champ de bataille.

inspecteur, trice [ins-pèk] n. (lat. inspector, trix). Se dit d'agents de divers services publics, chargés de certaines fonctions de surveiliance et de contrôle : inspecteur d'armée, de l’instruction publique, des finances; inspecteurs généraux de l’agriculture, de la viticulture, etc. Inspecteur de police, agent attaché à un commissariat où à la préfecture de police.

— Encycl. Milit. Les inspecteurs d'armée sont des membres du conseil supérieur de la guerre, à chacun desquels est assigné un arrondissement d'inspection comprenant plusieurs corps d’armée.

— Instr. pub. Inspecteurs primaires. Ces fonctionnaires sont recrutés, après examen, parmi les instituteurs poui-vus du professorat, et chargés de visiter les écoles publiques et privées de leur circonscription ; ils notent en premier ressort le personnel enseignant.

Inspecteurs d’ Académie. Ce sont des fonctionnaires choisis par le ministre parmi ies membres de l'enseignement secondaire pour contrôler l’enseignement et 1 administration des lycées et collèges du département où ils résident ; les nominations des instituteurs sont de leur compétence, soit directement, soit par voie de propositions aux préfets.

Les inspecteurs généraux (enseignement secondaire et primaire) sont les délégués directs du ministre, chargés de visiter les établissements d’enseignement public et de noter le personnel. Ils forment avec les recteurs un comité consultatif pour les mutations du personnel.

— Fin- Les inspecteurs des finances sont des fonctionnaires recrutés au concours et chargés de vérifier sur place la’gestion de tous les comptables publies.

inspection [ins-pèk-si-on] n. f. (lat. inspectio). Action d'examiner : passer une inspection. Fonction d inspecteur ; obtenir une inspection.

inspectorat [ins-pék-to-ra] n. m. Charge d’inspecteur. Durée de cette charge.

inspirant [ins-pi-ran], O adj. Qui inspire. Qui est propre à inspirer : souvenir, exemple inspirant.

inspira'teur, trice [ins-pi] adj. et n. Qui sert à l'inspiration : muscles inspirateurs. Qui donne l'inspiration intellectuelie : Catherine de Médicis fut l’inspiratrice de la Saint-Barthélemy.

inspiration [ins-pi-m-sî-oti] n. f. [de inspirer). Action par laqueile l'air entre dans les poumons. Conseil, suggestion : agir par l'inspiration de. Etat où se trouve l’âme, lorsqu elle est directement sous rinfiuence d’une puissance surnaturelle : 'l’inspiration de Moïse, des prophètes, etc. Enthousiasme créateur : poète sans inspiration. Chose inspirée : les inspirations du génie.

Inspiration (V). tableau de Fragonard (Louvre) : un homme portant une veste flottante de couleur jaune et une collerette de linge dégrafée est assis de trois quarts devant un pupitre chargé de papiers et tient une plume à la main.

Inspiration du poète (V), tableau de Poussin, acquis par le Louvre en 191 1 ; œuvre capitale par l'harmonie des couleurs et la science du modelé, particulièrement dans le personnage d'Apollon. CV. p. 1168.)

inspiratoire [ins-pi] adj. Physiol.Cl\ii sert ou qui se rapporte à l'inspiration.

inspiré [ins-pi-ré], e adj. et n. Personne qui agit sous l'influence d'une inspiration mystique, poétique. Qui trahit une inspiration de ce genre : un air inspiré.

inspirer [ins-pi-ré] v. a. (lat. inspirare ; de in, dans, et spirare souffler). Faire pénétrer dans la poitrine par insufflation ; inspirer de l’air à quelqu’un. Faire naître un sentiment, une pensée, un dessein : le patriotisme a inspiré à Gambetta ses plus beaux discours. Donner de l’enthousiasme. S’insirer v. pr. Prendre son inspiration : s’inspirer des ons exemples.

in spiritualibus, mots lat. signif. Dans les choses spirituelles : tout trafic in spiritualibus est qualifié simonie.

instabilité [ins-ta] n. f. Défaut de stabilité. Fig. Défaut de permanence ; instabilité des choses humaines. Ant. Stabilité.

instable [ms-îa-61e] adj. (lat. instabilis). Qui manque de solidité, de stabilité ; paix instable. Soumis au changement. Chim. Combinaison instable, celle qui est détruite facilement. Mécan. Equilibre instable, v. équilibre. Ant. Stable.

instablement [ins-ta-ble-man] adv. D’une manière instable. Ant. Stablement.

installateur [ins-ta-la] n. m. Celui qui installe un prélat, un curé, qui établit quelque chose.

installation [ms-îa-/a-si-on] n. f. Action par laquelle on installe ou on est installé : procéder à l’installation d’un magistrat.

installer [ins-ta-lé] v. a. (rad. stalle). Mettre solennellement en possession d’une dignité, d'un emploi : installer le président d'un tribunal. Placer, établir queiqu'un, quelque chose dans un endroit. Mettre en place : installer une machine. V.n. .\rg. milit. Faire valoir sa prestance, plastronner. S’installer V. pr. Prendre possession, s'établir.

instaminé [ins-îa], e adj. Bot. Qui n'a pas d'étamines.

instamment )i?is-îa-»ian] adv. Avec instance, instance [ms-lan-se] n. f. (lat. instatitia ; de instare, presser vivement). Sollicitation pressante ; joignez nos instances aux miennes. Insistance : prier avec instance. Série des actes d’une procédure ayant pour objet de saisir un tribunal d'une contestation, d'instruire la cause et d’obtenir le jugement : introduire une instance de divorce. Juridiction. î’ribunal de première instance, qui connait des contestations en matière civile, à partir d’une certaine somme ; les tribunaux de première instance siègent aux chefs-lieux d’arrondissement.

— Encycl. Dr. L’instance, mise en œuvre de l’action, commence avec l'exploit d’ajournement (dit aussi demande introductive d'instance), et finit avec le jugement définitif. Dans cet intervalle, le décès de l'une des parties ou la cessation des fonctions de l’un des avoués peut interrompre le cours de l’instance, dont la reprise est possible [reprise d’audience). D’autre part, l’instance peut être déclarée périmée, c’est-à-dire juridiquement anéantie, si le demandeur laisse s’écouler trois ans sans faire aucun acte de procédure : c’est la pérempîion d’instance.

instant [ins-tan] n. m. (de instant adj.). Moment très court, très petit espace de temps ; s'arrêter un instant. Eiliptiq. : un instant, attendez un instant. IjOc. adv. : A Vinstant, à l’heure même. Dans un instant, bientôt. A chaque instant, continuellement.

instant [ins-tan], e adj. (du lat. instans, qui presse ; de in, sur, et stare, se tenir). Pressant : adresser des prières instantes. Imminent, urgent : péril instant.

instantané, e [ins-tan] adj. Qui ne dure qu’un instant. Qui se produit soudainement : mort presque instantanée. N. m. Phot. Temps de pose correspondant à une courte fraction de seconde. Image obtenue par une très courte exposition. Appareil permettant de faire des poses très courtes.

instantanéité [ins-tan] n. f. Qualité de ce qui est instantané.

instantanément \ins-tan, man] adv. D’une manière instantanée : obéir instantanément.

instar de [ins-tar] (à 1’) loc. prép. (du lat. instar, comme). A la manière, à l’exemple de : à l'instar des anciens.

instar montis equum, mots lat. signif. Dit cheval haut comme une montagne. Ainsi parle 'Virgile [Enéide, liv. II, v. 15) du fameux cheval de bois qui servit à introduire les guerriers grecs dans les murs d'Ilion.

instar omnium, mots lat. signif. Comme tout le monde, c’est-à-dire : en suivant la façon commune.

instaurateur, trice [ins-tô] n. Personne qui élève un monument, fonde une institution : mériter le titre d'instaurateur de la liberté.

Instauratio magna, titre choisi pa,r le philosophe anglais F. Bacon, pour désigner l’ensemble de la grande œuvre philosophique qu’il se proposait de composer. De cette Grande Restauration (des sciences), il n'a écrit que les deux premières parties, sous les titres de De dignitate et augmentis [scientiarum et de Novum Orgànum.

instauration [ins-tô-ra-si-on] n. f. (de instaurer). Etablissement : l'instauration d'un gouverne-

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instaurer [ins-tâ-ré] v. a. (lat. instaurare). Etablir, fonder : instaurer un usage.

Insterbourg [tèr-bour], v. d’Allemagne, eu Prusse-Orientale, au confluent de Tlnster et de l’Augerapp, qui y forment le Pregel; 31.000 h. Ville manufacturière ; fonderies de fer, etc. Pendant leur invasion de la Prusse-Orientale (août 1914), les Russes occupèrent Insterbourg durant deux semaines.

instigateur, trice [ins-ti] n. (de instiguer). Qui incite, qui pousse à faire une chose : Alberoni fut l'instigateur de la conspiration de Cellamare. (Se prend le plus souvent en mauv. part.)

instigation [ins-ti-gha si-on] n. f. Incitation: agir à l'instigation de quelqu'un.

instiguer[Mts-li-p/t<| v. a. (lat. insHgare). Inciter, pousser à faire quelque chose.

instillateur [ins-ti-la] n. m. Sonde creuse rigide, percée de trous à son extrémité inférieure, pour écouler goutte à goutte un liquide médicamenteux dans l’intérieur du corps.

instillation [ins-ti-la-si-on] n. f. Action d’instiller : laver une plaie par instillation.

instiller[ms-t2-(é] v. a. [lut. instülare ; de in, dans, et stilla, goutte). Verser goutte à goutte. Fig. Insinuer, faire pénétrer.

instinct [ms tin] n. m. (lat. instinctus). Impulsion naturelle : l'instinct de la conservation. Premier mouvement qui précède la réflexion. Sentiment intérieur, indépendant de la réflexion, qui dirige les animaux dans leur conduite ; l’instinct des abeilles les pousse à exécuter des actes très compliqués et qui relèvent presque de l'intelligence. D’instinct, par instinct, par une sorte d’inspiration, sans le secours de la réflexion.

— Encycl. Philos. L’instinct des animaux les porte à exécuter certains actes, sans avoir la notion de leur but ; à employer des moyens relativement les mêmes, sans jamais chercher à s’en créer d'autres, ni à connaître les rapports qui existent entre les moyens et le but. L’instinct est une faculté d’accomplir certains actes en vue de certaines fins, sans prévision de ces fins, sans éducation préalable de ces actes. Il diffère de l’intelligence en ce que celle-ci réside essentiellement dans la variabilité des moyens qu’elle emploie, tandis que, dans l'instinct tout est aveugle, nécessaii'e et à peu près invariable ; c’est, pour ainsi dire, une habitude innée et héréditaire. L’homme peut s’instruire et profiter de ce que les autres ont fait avant lui ; les animaux en sont en général incapables ; l’expérience que l’un d’eux pourrait parfois acquérir n’est utile qu'à celui-là seul et ne peut être mise à profit par les autres. Ainsi, une hirondelle fait tout naturellement son nid sans l’avoir jamais appris. Les hirondelles d'aujourd’hui ne font pas mieux leur nid que celles d'autrefois. Les instincts peuvent avoir pourfin la conservation des individus ou la conservation des espèces. Il y a aussi des instincts sociaux, comme le travail de collaboration des fourmis. L’instinct est irréfléchi (l'abeille achève une cellule dont on a percé le fond) ; spécial, c'est-à-dire adapté à un certain objet défini (les abeilles construisent très bien

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leurs cellules, et rien que leurs cellulesl : spécifique, c'est-à-dire propre à chaque espèce, enfin immuable (les ruches du temps des pyramides d'Egypte sont les mêmes que celles de nos jours).

instinctif Hns-tinli-tif], ive adj. Qui naît de l’instinct ; mouvement instinctif.

instinctivement [ ins-tink-H-ve-man ] adv. Par instinct : se mettre instinctivement en défense.

instinct! vlté [ins-tink-ti] n. f. Caractère de ce qui est instinctif.

instinctuel, elle [im-tink-tu-èl, è-le] adj. Qui naît de l'instinct.

instinctuellement [ îns- tink - tu-è - le-man ] adv. D'instinct.

instipulé, e [ins-Ji] adj. Bot. Qui n’a point de stipules.

instituer [ins-ti-tv^é] v. a. (lat. instituere ; de in, sur, et stituere, établir). Etablir quelque chose qui n’existait pas ; Richelieu institua l Académie française. Etablir en char^ej en fonction : instituer un jufje. Instituer un héritier, désigner un héritier par testament. Ant. Abolir, supprimer.

institut [ins-ti-tu] n. m. (lat. institutum ; de instituere, instituer). Règle d’un ordre religieux à ■a fondation. Ordre institué par cette règle. Etablissement religieux d'instruction publique. Société savante ou littéraire. Dénomination adoptée par des établissements divers : institut de beauté, etc. L'Institut de France ou absolum. l'Institut, la réunion des cinq académies.

Institut de France. L’article 298 de la Constitution de l’an III reconstitua, sous le nom d'institut, les Académies supprimées en 1793. La loi du 3 brumaire an W (25 oot. 1795) lui donna son organisation définitive, modifiée sur oertaùns points par

Palais de l’Institut, à Paris.

l'arrêté consulaire du 3 pluviôse an XI (3 janv. 1803) et les ordonnances royales des 21 mars 1816 et 20 octobre 1832. Les cinq Académies (Académie française, Académie des inscriptions et belleslettres, Académie des sciences morales et politiques. Académie des sciences. Académie des beaux-arts) se recrutent par l'élection, chaque Académie élisant les candidats qui se présentent à ses^ suffrages. Les séances hebdomadaires des Académies sont publiques, hormis celles de l’Académie française et de l'Académie des beaux arts. V. académie.

Les dépenses de l’Institut relèvent du budget de l'instruction publique ; elles comprennent l'entretien de la bibliothèque, le traitement des employés et l'indemnité annuelle de 1.200 francs alloués aux académiciens, les jetons de présence aux séances, dont la valeur varie, suivant le nombi’e des présents, entre 6 et 20 francs. Par les nombreuses fondations qui lui sont faites, l’Institut a une fortune considérable, dont il dispose selon les volontés des fondateurs. Le duc d’Aumale lui a fait donation, en 1886, du domaine de Chantilly, à charge d’entretenir les collections d’art groupées sous le nom de ynusée Condé. En 1903, Jacques Siegfried fit don à l’Institut du château de Langeais. En 1912, Mm» Jacquemart- André lui légua, avec le château de Chaalis, sa collection d’oeuvres d’art, et son hôtel de Paris, qui a été aménagé en musée.

Chaque académie décerne annuellement, par voie de concours, des prix (prix de V Institut), destinés a récompenser des oeuvres scientifiques, littéraires, artistiques et philanthropiques.

Institut (palais de P), palais situé à Paris, à Pextrémité du pont des Arts, rive gauche de la Seine. 11 l’ut construit au xvn' siècle par les architectes Levau, Lambert et d’Orbay, pour y installer le Collège des Quatre nations, fondé par Mazarin. Il fut affecté, en 1806, aux diverses classes de l'Institut.

Institut. On a donné ce nom à de nombreux établissements d’enseignement fondés soit par lEtat et souvent annexés à une faculté, soit par des particuliers, des collectivités de commerçants, d industriels, des souscriptions publiques, voire par la coopération de grands Etats. Nous nous bornerons à citer :

Institut aérotechnique de rUniversité de Paris, à Saint-Cyr. Laboratoire d’essais et de recherches, situé près de Versailles, créé par Deutsch de la Meurthe, qui en fit don à l’Université de Paris en 1911. Cet institut est pourvu des appareils les plus perfectionnés pour les recherches aérodynamiques.

Institut agricole de Beauvais. V. école.

Institut agricole de l’Université de Toulouse, fondé en 1909, pour donner aux étudiants un ensemble de connaissances préparant à la profession d'agriculteur.

Institut agricole et colonial de Nancy, créé en 1901 et rattaché à la l'acuité des sciences. La durée des études est d’au moins deux ans. Aucun e.xamen d’entrée.

Institut agricole international de Rome.

Fondé à Rome en 1905, sous le jatronage du roi Victor-Emmanuel, cet institut est la réalisation d’un projet dont 1 idée première appartient à l’Américain Lubin, et il a pour but, en donnant à la classe agricole du monde entier une organisation centrale, de lutter contre les fléaux de toute sorte (maladies des animaux et des plantes) ; de signaler aux intéressés les moyens les plus propres à préserver leurs récoltes des sinistres ; de renseigner les cultivateurs sur les prix atteints par les mêmes denrées sur les divers marchés du monde ; de développer la mutualité et la coopérative agricoles ; de guider les courants d’émigration, etc. Les grands Etats assurent leur concours financier à cette œuvre bienfaisante, que Victor-Emmanuel a dotée lui-même d’une rente importante.

Institut agronomique. V. écoles.

Institut français d'archéologie au Caire ; a pour objet de faciliter les études, explorations et fouilles relatives aux anciennes civilisations de l’Egypte et des pays voisins.

Institut catholique de Paris, établissement libre d’enseignement supérieur à Paris, rue de .Vaugirard. Il comprend trois facultés canoniques, une faculté de droit, uiïe école supérieure de lettres, et une école supérieure de sciences. 11 est gouverné par un conseil de trente - deux archevêques ou évêques, qui en nomment le recteur. Il existe des instituts catholiques analogues à Lille et à Lyon.

Institut de chimie de Lille, annexe de la Faculté des sciences de Lille. La durée des études est de trois ans, à la fin desquels les élèves reçoivent le diplôme de chimiste de ia faculté de Lille. 11 existe un examen d’entrée, sauf pour les candidats pourvus du diplôme de bachelier ou d’un titre équivalent.

Institut de chimie appliquée, école spéciale établie à la Faculté des sciences de Paris en 1896. L’enseignement se fait en trois années, à la fin desquelles les élèves qui possèdent les trois certificats annuels (chacun de ces certificats est délivré à la fin d’une des années d'études) reçoivent le diplôme de chimiste. L’entrée à l’école se fait par concours.

Institut de chimie industrielle du centre de la France, à Clermont-Ferrand : forme en trois années d études des ingénieurs-chimistes.

Institut chimique de Nancy, annexe de la Faculté des sciences. La durée des études est de trois années, à la fin desquelles les élèves, ayant satisfait aux examens de sortie, reçoivent le diplôme d’ingénieur chimiste. L'entrée se fait à la suite d’un examen.

Institut colonial de Marseille, fondé à Marseille par E. Heckel. Ce fut la première école d'enseignement colonial organisée en France.

Institut commercial, fondé en 1884 à Paris, reconnu par l’Etat en 1892 ; c’est surtout une école préparatoire au commerce d’exportation. Les études comprennent deux cycles : pour le premier, la durée des études est de trois ans. l’entrée se fait sans examen ; le second cycle constitue les cours normaux.

Institut pratique de droit de Bordeaux, fondé en 1899 comme école libre, puis rattaché à la Faculté de droit de Bordeaux en 1905. On y enseigne le droit professionnel et la pratique des affaires. La durée des études est de deux ans : aucun examen d’entrée.

Institut électrotechnique de Grenoble, fondé en 1892 ; comprend des écoles d’électricité, une école de papeterie et des bureaux d’essais. On l'appelle aussi Institut polytechnique ; c’est une annexe de la Faculté des sciences. La durée des études est de deux ans, le recrutement des élèves se fait par concours ; une section spéciale reçoit les élèves diplômés des grandes écoles de France et de l'étranger : la durée des études dans cette section n’est que d une année. Il existe un cours préparatoire.

Institut électro technique de Lille, annexe de la Faculté des sciences de Lille. Les élèves y entrent à la suite d'un examen ; la durée normale des études est de trois ans.

Institut électrotechnique de Nancy, fondé en 1896 ; annexe de la Faculté des sciences de Nancy : la durée des études est de trois ans.

Institut électrotechnique de Toulouse, annexe de la Faculté des sciences de Toulouse; forme des ingénieurs électriciens et mécaniciens. La durée normale des études est de trois ans ; on peut au bout de deux années obtenir le brevet de conducteur électricien. L’entrée se fait à la suite d'un examen.

Institut français aux Etats-Unis, fondé en 1911 à New-York grâce aux libéralités de Jobn Sanford Saltus. Il a pour objet, à l’aide de cours, de conférences ou de causeries, de faire connaître la culture française et de développer entre les Etats-Unis et la France des relations d'ordre artistique, scientifique économique et littéraire.

Instituts français de Florence (1908), Madrid, (1908) PÉTROGRAD , Londres, etc. Etablissements fondés sous le patronage des universités françaises, avec le double dessein de perfectionner les Français dans la connaissance des choses étrangères et les étrangers dans la connaissance'des choses françaises, au moyen de cours, voyages d’études, publications de travaux, etc.

Institut international du froid, créé en 1920 à la suite de la Conférence internationale du froid, qui s'est réunie à Paris les 15, 16 et 17 décembre 1920. Cet institut a son siège à Paris ; il groupe tous les pays appelés à constituer la Société des nations dans les conditions prévues par le traité de Versailles ; son but est de mettre en commun les études pratiquées dans chaque nation, relativement aux questions frigorifiques.

Institut d’hydrologie et de climatologie. Créé par le ministère de l’instruction publique en 1913, et dépendant de l'Ecole pratique des hautes études : il a pour but d’exécuter des recherches scientifiques sur toutes les questions relatives au.x eaux minérales et à l'atmosphère, au point de vue géologique, physique et chimique, médical et hygiénique. Cet institut est en rétîlité constitué par le groupement de six laboratoires.

Institut industriel du Nord de la France. V. ÉCOLES.

Institut maritime commercial du Havre.

Donne l’enseignement maritime supérieur aux capitaines et lieutenants au long cours et aux élèves et aux mécaniciens de la marine marchande. Délivre un diplôme djétudes maritimes supérieures.

Institut de médecine coloniale, annexe à la Faculté de médecine de l’aris, ouvert aux médecins français ou étrangers qui se destinent à l’exercice de leur art aux colonies.

Institut de médecine légale et de psychiatrie, annexée à la Faculté de médecine de Paris ; décerne un diplôme de médecin légiste.

Institut océanographique, v. océanographie-

Institut oenologique de l’Université de Dijon. Cours d’œnologie, d’une durée de quatre mois, terminé par un examen permettant d’obtenir le diplôme supérieur d’études œnologiques.

Institut d’optique théorique et appliquée, créé à Paris par arrêté du ministère de l’instruction publique et du commerce en 1916. Il comprend 3 sections ; 1» une école supérieure ; 2“ des laboratoires d’études, d'essais et de recherches ; 3“ une école professionnelle formant des contremaîtres pour l’industrie des instruments de précision. C’est un établissement libre, administré par un conseil.

Institut de paléontologie humaine, fondé à Paris par le prince de Monaco et destiné à faciliter aux savants les études de la préhistoire et de la paléontologie humaines.

Institut Pasteur, fondé à Paris, rue Dutot, en 1886, par souscription publique internationale, pour le traitement de la rage selon la méthode de Pasteur, la préparation des liquides d’inoculation sérothérapique, etc., et le perfectionnement de la chi-

Institut Pasteur, à Paris.

mie biologique. L'Institut Pasteur est à la fois un centre de recherches scientifiques, une maison de haut enseignement et, par certains de ses services, un enseignement médical. Trois sections principales: microbiologie , sérothérapie , chimie biologique . LTnstitut Pasteur de Lille donne un enseignement analogue.

Institut Rockfeller, fondé à New-York en 1900, grâce aux libéralités de John D. Rockefeller. 11 a pour but exclusif les recherches médicales ; les savants qu’il a réunis ne se livrent à aucun enseignement, et les découvertes qu’ils peuvent faire sont immédiatement livrées à l'humanité tout entière.

Instituts Solvay, instituts de physiologie et de sociologie fondés par E Solvay, le premier en 1893, le second en 1901 à Bruxelles : ces instituts sont installés tous deux au parc Léopold.

Instituts nationaux de sourds-muets et d’aveugles. V. école.

institutaire [ins-ti-tu-tè-re] n. m. Professeur qui explique les Institutes de Justinien.

institutes [ins-ti-tu-te] n. f. pi. (du lat. instiluere, instituer). Nom donné aux ouvrages élémentaires qui renfermaient les principes du droit romain, et surtout au recueil qui fut rédigé par ordre de Justinien : les institutes de Galus, de Justinien. Par ext. Nom donné à certains ouvrages élémentaires de droit : les institutes coutumières de Loysel.

“ Institutes de Justinien (Institutiones Justiniani), manuel du droit i-omain, composé en 533 par les jurisconsultes Tribonien, Théophile et Dorothée, sur Tordre de Justinien.

institute’ur, trice [ins-ti] n. (lat. institutor, trix; de instituere, instituer). Qui fonde, qui établit, qui institue : l'instituteur de V ordre des jésuites. Personne chargée d’instruire un ou plusieurs enfants : Fénelon fut l'instituteur du duc de Bourgogne. Personne qui tient une école, un pensionnat ; instituteur primaire ; institutrice libre. (Les termes instituteur et institutrice ont remplacé, vers 1792, l’ancienne dénomination de maître et de maîtresse d'école.)

— Encycl. Les instituteurs et institutrices sortant brevetés de l’école départementale (de préférence aux candidats des autres départements) peuvent, après un stage de deux années et l'obtention du certificat d’aptitude pédagogique, être nommés titulaires. Us sont répartis en cinq classes. Les titulaires qui ont le titre de directeur reçoivent une indemnité de direction ; ceux qui résident dans une localité dont la population agglomérée dépasse 1.000 habitants reçoivent une indemnité de résidence. Tout le personnel a di'oit au logement ou à une indemnité représentative. Les mesures disciplinaires à prendre contre les instituteurs : censure, suspension, révocation, etc., doivent être délibérées en conseil départemental, où ils peuvent conipai’aitreassités d’un avocat.

Instituteurs (médaille des), décoration créée le 16 juin 1818, modifiée le 18 janvier 1893, et qui est accordée, pour la métrnpole.par le ministre de l’instruction publique : pour les co- Médaille des instituteurs, loiiies, par le ministre des colonies. Elle est réservée aux instituteurs primaires, et comprend trois classes ; mention honorable, médaille de bronze, médaille d’argent. La médaille d’argent donne droit à une allocation, et se porte suspendue à un ruban violet, liséré jaune.

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institution Hns-ti-tu-si-on] B. f. (lat. institutio). Action d'instituer, d'établir ; l'instüittiun des ■ieux floraux. Chose établie ; les institutions de l'ancien régime étaient fondées sur l’arbitrane. Maison d'éducation et d'instruction ; chef d'institution. Education. CVx.) Dr. Institution d'un héritier, sa nomination. Dr. can. Institution canonique, acte par lequel un supérieur ecclésiastique met un clerc en possession d’un office et de la juridiction qui y est attachée.

— Enoycl. Dr. rom. Institution d'hériti”-. On appelait de ce nom la disposition par laquelle le testateur désignait la personne qui, en qualité d'héritier, devait recueillir ses biens, et continuer ses sacra privata.

— Dr. civ. franç. Institution contractuelle. La donation de biens à venir, de même que le testament, confère auç futurs époux ou à l'un d’eux un droit de succession qui ne s’ouvre qu’à la mort du donateur ; c’est une institution contractuelle, puisqu’elle est faite par contrat ; elle tient donc tout à la fois du testament et de la donation entre vifs. Elle donne aux époux la garantie de l'irrévocabilité, mais ne dépouille pas le donateur des choses données : il perd seulement le droit d’en disposer à titre gratuit, tout en restant autorisé à faire des libéralités modiques, à titre de récompense ou autrement. L’institution contractuelle peut être faite par toute personne capal)le de donner par acte entre vifs, d’abord au profit des futurs époux, et en second lieu au profit des enfants à naitre ; ceux-ci sont donc substitués vulgairement kiear -père oa à leur mère donataire direct ; mais cette substitution tacite et présumée ne peut avoir d'effet que dans le cas où l'époux donataire direct meurt avant le donateur. La donation est caduque si le donataire meui't sans postérité, c'est-à-dire sans laisser des enfants nés du mariage en vue duquel l'institution a été faite. Elle est irrévocable en ce sens ; 1" que le donateur ne peut pas retirer au donataire le droit de succession qu’il lui a conféré ; 2“ qu’il n’est pas le maître d'en diminuer l'émolument ; mais elle est révoquable en ce sens qu'elle lui laisse le droit d’en disposer à titre onéreux, et par conséquent de la dissiper.

Institution'oratoire (!’), ouvrage de Quintilien, renfermant un plan d’études complet pour former un orateur, et qui est aussi, par certains côtés, un cours d’éducation, de morale et de littérature. Le style est d’une élégance remarquable, et la critique en est fort judicieuse ; mais c'est plutôt l’œuvre d'un artiste en langage, que le livre d'un pur critique (ii= s.).

Institution de la religion chrétienne, livre célèbre de Calvin, exposant les doctrines des protestants français. 11 fut publié en latin en 1536, et en français en 1341. Dans la pensée du réformateur, le protestantisme n’est ni une philosophie, ni une religion, mais simplement un retour à l'Ecriture interprétée par la conscience de chacun. Ce livre, par la simplicité vigoureuse du style, l’enchaînement et aussi l’ardeur de la logique, est un des premiers chefs-d’œuvre de la prose française.

Institutions divines, principal ouvrage de Lactance, dirigé contre le polythéisme et la philosophie païenne ; écrit avec une grande pureté de style (vies.).

Instrueteur [ins-friilcj adj. et n. m. (lat. insîructorj. Celui qui instruit. Officier, sergent instructeur, chargé de montrer l’exercice. Juge instructeur, juge chargé d’instruire une affaire, v. juge d'instruction.

instructif [ins-truk-tifl, ive adj. Qui instruit : conversation, lecture instructive.

instruction [ins-fruk-si-on] n. f. (lat. instntctio ; de instruere, instruire). Action d’instruire ; se livrer à l'instruction des enfants. Education, enseignement ; en France l'instruction primaire est gratuite, laïque et obligatoire. Savoir, notions acquises : avoir de f instruction. Précepte donné pour instruire : livre rempli de précieuses instructions. Renseignements, ordre d’emploi ; l'instruction qui accompagne un appareil. PL Ordres, explications pour la conduite efune affaire : se renfermer dans ses instructions. Instruction publique, instruction donnée par l’Etat. Instruction judiciaire, procédure qui met une affaire, un procès en état d’être jugé. Juge d'instruction, v. juge. PI. Ordres et renseignements donnés à un ambassadeur, à un envoyé quelconque. Ant. Ignorance.

— Encycl. Dr, Instruction criminelle. L’instruction est l'ensemble des aetes et des formalités nécessaires pour élucider une cause, et la mettre en état d'èlre jugée.

On nomme, en matière civile, instruction par écrit l'instruction qui a lieu par mémoires. Elle n’intervient qu’exceptionnellement, dans certaines affaires spéciales qui, en raison de leur complication, ne peuvent être utilement élucidées par une discussion orale : affaires de généalogie, de reddition de comptes.

En matière criminelle, on distingue l'instruction préparatoire ou préalable, qui précède la mise en jugement, et l'instruction definitive, à l'audience, ui, oralement et publiquement, se fait à l'audience es juridictions chargées de l'application de la loi et aboutit au jugemeut.

L'instruction préparatoire ou préalable est consignée par écrit, et confiée aux efforts combinés de deux magistrats ; le procureur de la République et le juge d instruction, dont le premier requiert, tandis que le second ordonne et assure toutes les mesures propres à la découverte de la vérité. CV. mandat.) L'instruction préparatoire ou préalable est nécessaire en cas de crime, facultative en cas de délit, et non applicable en matière de contravention de simple police.

Le magistrat instructeur, lors de la première comparution de l’inculpé, doit avertir celui-ci qu'il est libre de ne pas répondre aux ([uestions qui. lui sont posées. Dès le début de l’instruction, l’ingiilpé esl assisté d'un conseil, qui, à tout moment, a le droit de communiquer librement avec lui, et, en outre, esl autorisé à l’accompagner dans le cabinet du juge d’instruction, toutes les fois que l’inculpé doit être interrogé ou confronté. La communication des pièces de la procédure, au conseil de l’inculpé, la veille de tout interrogatoire ou de toute confrontation, est obligatoire.

L’instruction prépar.atoire terminée, le juge d inst'TUCtion se prononce soit par une ordonnance de non-lieu, soit par une ordonnance de renvoi au tribunal de simple police, au tribunal correctionnel ou

à la chambre des mises en accusation de la cour d’appel. Dans ce dernier cas, la chambre des mises en accusation statue à son tour, et décide si l'inculpé doit être renvoyé en état d’accusation devant la cour d'assises.

— Adm. Instruction publique. L'enseignement public comporte trois degrés ; enseignement supérieur, enseignement secondaire, enseignement primaire. 11 est donné dans les établissements publies ou dans les établissements privés, mais l'enseignement de tout ordre et de toute nature est interdit aux congrégations.

Les attributions principales du ministre de Vinstruction publique sont, en ce qui concerne l’enseignement public : de pourvoir à l’établissement et à l’entretien de tous les établissements d’instruction, des bibliothèques, des écoles spéciales, des observatoires, etc., de nommer le personnel enseignant lorsque la nomination n’est pas déléguée à l'autorité locale, de conférer les grades universitaires ; en ce qui touche l'enseignement privé, de contrôler et surveiller les établissements d’instruction libres.

Le ministère comprend notamment trois grandes directions, correspondant aux trois degrés d’enseignement : 1» enseignement supérieur ; enseignement secondaire ; 3» enseignement primaire.

Le ministre, grand niaitre de l'université, est assisté par les directeurs de ces trois services, par les inspecteurs généraux (enseignement primaire et secondaii'e) et' par le conseil supérieur de l'instruction pitblique. . .

Le sei'vice des beaux-arts est rattaché au ministère de 1 instruction publique.

Le conseil supérieur de l'instruction publ'ique représente « les intérêts du corps enseignant, pour lequel il constitue à la fois un conseil d’études et un conseil de discipline ». Ses 57 membres sont les uns élus, les autres nommés par décret. 11 comprend une section permanente. Il tient deux assemblées ordinaires par an ; il statue, à charge d'appel ou en dernier ressort, sur les jugements rendus par les conseils académiques en matière contentieuse et disciplinaire, et sur ceux des conseils départementaux de renseignement primaire portant interdiction d'enseigner. . .

Au point de vue universitaire, la France est divisée en 17 circonscriptions, dites académies . V. académie.

Chaque académie est administrée par un recteur, secondé par des inspecteurs d' académie et des commis d'académie, et assisté d'un conseil académique.

Enseignement supérieur. L’enseignement supérieur est confié à des facultés (lettres, sciences, médecine, droit) et aux écoles supérieures de pharmacie. Dans chaque académie, la réunion des corps de facultés porte le nom d'université.

Les grades, dans chaque faculté, sont au nombre de trois, savoir : le baccalauréat, la licence, le doctorat. Ils sont conférés par les facultés, à la suite d’examens et d'actes publics.

L’Ecole normale supérieure est rattachée à l’Université de Paris.

Le coi-ps formé par la réunion des facultés de l’Etat dans un même ressort académique est investi de la personnalité civile. Il est représenté par le conseil général de l' Université.

Les facultés et écoles d’enseignement supérieur sont à la charge de l'Etat. Les écoles de plein exercice et les écoles préparatoires de médecine, de pharmacie, de sciences et de lettres sont à la charge des communes.

A la tête de chaque faculté (ou école) est un doyen (ou directeur). Le conseil de la faculté délibère sur l’acceptation et l'emploi des dons et legs, fait des règlements scolaires, etc.

Les établissements libres d'enseignement supérieur, comprenant au moins le même nombre de professeurs pourvus du grade de docteur que les facultés de l’Etat qui comptent le moins de chaires, peuvent prendre le nom de faculté libre des lettres, des sciences, de droit, de médecine, etc., non celui d’Unlversité ; mais les examens et épreuves pratiques qui déterminent la collation des grades ne peuvent être subis que devant les facultés de l'Etat.

A côté des facultés et écoles supérieures de pharmacie, l'Etat pourvoit aux besoins d’établissements spéciaux, dont les uns ont un but essentiellement scientifique, tandis que les autres confèrent des diplômes ou brevets : Ecole normale supérieure, Collège de France, Ecole des langues orientales vivantes, Ecole des chartes. Ecoles françaises d'Athènes et de Rome, Muséum d’histoire naturelle. Observatoire de Paris, Bureau central météorologique. Observatoire d’astronomie physique de Meudon, Bureau des longitudes. Ecole polytechnique. Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, Institut national agronomique. "V. Institut de France.

Enseignement secondaire. L’enseignement secondaire s'adresse à ceux qui veulent avoir une culture plus générale et plus profonde que celle que donne l'enseignement primaire : connaître les langues et les littératures étrangères anciennes ou modernes, ou à ceux qui se destinent aux grandes écoles ou aux carrières libérales par 1 intermédiaire de l'enseignement supérieur.

Les établissements publics d’enseignement secondaire, pour les garçons, se divisent en lycées et colleges : les premiers, fondés, entretenus et dirigés par l'Etat ; les seconds, fondés et entretenus par les communes, sous la direction, la surveillance, et avec le concours de l'Etat. V. lycée.

L’enseignement secondaire a pour sanction les examens passés en vue de l'obtention du diplôme de bachelier.

L'enseignement secondaire public des jeunes filles a été organisé par la loi du 21 décembre 1880. Un examen passé après la troisième année permet de conférer un certificat d'études secondaires, et un diplôme de fin d'études est délivré aux jeunes filles qui ont suivi les cours des deux dernières années, et passé un examen sur les matières obligatoires et sur certaines matières facultatives qu'elles ont choisies.

Les conditions d’ouverture des établissements d'enseignement secondaire libres sont déterminées par la loi du 15 mars 1850 et le décret du 5 décembre suiv.

Enseignement primaire. La loi du 16 juin 1881 a établi là gratuité absolue de l'enseignement primaire dans les écoles publiques. Celle du 28 mars 1882 a rendu l'instruction obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six ans ans révolus à treize ans révolus.

11 est décerné, après un examen public, aux en- 12 — 26

fants âgés de onze ans au moins, un certificat d’études primaires. (Loi du 28 mars 1882, art. 9.)

Matières de l'enseignement. L’enseignement primaire comprend : l'instruction morale et civique ; la lecture et l’écriture ; la langue et les éléments do la littérature française ; la géographie, particulièrement celle de la France : l'histoire, particulièrement celle de la France jusqu'à nos jours ; quelques notions usuelles de droit et d'économie politique ; les éléments des sciences naturelles, physiques et mathématiques ; leurs applications à l'agriculture, à l'hygiène, aux arts industriels, et travaux manuels et usage des outils des principaux métiers ; les éléments du dessin, dTi modelage et de la musique ; la gymnastique ; — pour les garçons, les exercices militaires ; pour les filles, les travaux à l'aiguille.

Les écoles primaiires publiques vaquent un jour par semaine, en outre du dimanche, afin de permettre aux parents de faire donner, s'ils le désirent, à leurs enfants, l'instruetlon religieuse, en dehors des édifices scolaires. — L’enseignement religieux est facultatif dans les écoles privées.

Dans les écoles publiques de tout ordre, l’enseignement est exclusivement confié à un personnel laïque. L’enseignement primaire est donné :

1» Dans les écoles materneUes et les classes enfantines ;

2» Dans les écoles primaires élémentaires ;

3» Dans les écoles primaires supérieures et dans les classes d’enseignement primaire supérieur annexées aux écoles élémentaires et dites « cours complémentaires ».

Tout département doit être pourvu d’une école normale d’instituteurs et d'une école normale d'institutrices, suffisantes pour assurer le recrutement de ses instituteurs communaux et de ses institutrices communales.

Les directeurs et directrices d’écoles privées sont libres dans le choix des méthodes, des programmes et des livres non interdits par le conseil supérieur de l'instruction publique.

Aucune école privée ne peut recevoir d'enfants au-dessous de six ans s’il existe dans la commune une école maternelle publique ou une classe enfantine publique, à moins qu'elie ne possède elle-inénie une classe enfantine. Elle ne peut davantage, sans l'autorisation du conseil départemental, recevoir d'enfants des deux sexes s'il existe, au même lieu, une école publique ou privée spéciale aux filles.

Dans chaque département, il est institué un conseil de V enseignement primaire, dont les attributions sont pédagogiques, administratives, contentieuses et disciplinaires.

Les dépenses ordinaires de l’enseignement primaire public sont à la charge de l’Etat, des départements et des eommunes. Sont notamment à la charge de l'Etat les traitements du personnel. Sont à la charge des communes : l'indemnité de résidence ; l’entretien des bâtiments des écoles primaires ; le logement des maîtres ou les indemnités représentatives ; les frais de chauffage et d’éclairage des classes dans les écoles primaires.

Inspection. L'inspection des établissements publics et privés est exercée ; 1“ par les inspecteurs généraux de l'instruction publique ; 2“ par les recteurs et les inspecteurs d'académie ; 3» par les inspecteurs de l’enseignement primaire ; 4“ par les membres du conseil départemental, désignés par leurs collègues jusqu’à concurrence d’un tiers ; par le maire et les délégués cantonaux ; 6» dans les écoles maternelles, concurremment avec les autoi'ités précitées, par les inspectrices générales et les inspectrices départementales des écoles maternelles ; 7“ au point de vue médical, par les médecins inspecteurs communaux ou départementaux.

Instruction civique. Le but de l’instruction civique est de faire connaître : 1“ les droits et les devoirs du citoyen ; 2“ les conditions auxquelles il jouit de ces droits ; 3» l’organisation des grands pouvoirs de l’Etat.

Instruction chrétienne (Frères de V), congrégation instituée par l’abbé Jean-Marie-Robert de Lamennais, frère du célèbre écrivain, en 1822, et vouée à la direction des écoles primaires.

instruire [ins-tm-i-re] V. a. (du lat. instruere, construire. — Se conj. comme conduire.) Donner des leçons, de la science, des connaissances à : instruire un enfant. Servir de leçon : 1 adversité nous instruit. Dresser : instruire un cheval. Informer : les journaux instruisent de ce qui se passe. Instruire une cause, une affaire, la mettre en état d’être jugée.

iustruisable [ins-tru-i-za-ble] adj. Qui peut être instruit.

instruisant [ins-tru-i-zan], e adj. Qui instruit : une expérience instruisante. (Peu us.)

instruit [ins-tru-i], e adj. Qui a de l’instruction : un professeur instruit. Ant. Ignorant.

instrument [ins-tm-man] n. m. (lat. instrumenlum ; de instruere, construire). Outil, machine, appareil servant a produire un certain travail : instrument aratoire. CV. la planche agriculture.) Appareil propre à produire des sons musicaux : instrument à cordes, à vent, etc. (V. la planche musique.) Objet servant à une action quelconque ; instrument tranchant, contondant. Titre propre à faire valoir des droits : signer l'insti-ument de paix. Fig. Ce qui est employé pour atteindre un résultat : servir d instrument à la vengeance de quelqu'un. Liturg. Instruments de paix, objets divers (crucifix, images bénites, etc.) avec lesquels, dans le rit parisien, on donnait la paix, en les faisant baiser aux fidèles ou à certains dignitaires.

instrumentaire [ins-tru-man-tè-re] adj. Dr. Témoin instrumentaire, celui qui assiste un officier public dans les actes pour la validité desquels la présence des témoins est nécessaire.

instrumental, e, aux [ins-tru-man] adj.

Qui sert d'insimmeat-. les pièces instrumentales d'un procès. Qui est exécuté par des instruments : musique instrumentale. N. m. Cas de l’ancienne déclinaison sanscrite et grecque, qui marquait l'instrument, le moyen employé.

instr umentalement [ ins - tru-man - ta - leman, adv. D'une manière instrumentale.

instrumentation [ins-tru-man-ta-si-on] n. f. Art d’exprimer la musique par des Instruments. Manière dont la partie instrumentale d’un morceau de musique est disposée. Dr. Action d'instrumenter.

— En'cyci.. Instrumenter, ou orchestrer, c'est répartir entre les divers instruments dont se composa

INS

un orchestre les différentes parties d’une couvre orchestrale. Certaines œuvres anciennes doivent être de nouveau orchestrées, parce que quelques instruments (Ihéorbe, viole d'amour, etc.) sont aujourd'hui tombés en désuétude.

L'art de l'instrumentation enseigne les différents instruments, leur nature, leur timbre, les cas où leur emploi est préférable, leur technique, afin d'éviter aux exécutants des difficultés inutiles ou insurmontables. Il est fort recommandé aux compositeurs d'apprendre, outre la théorie, le maniement effectif d'un instrument de chaque classe d'instruments, cordes, bois et cuivres.

instrumenter [ins-tm-man-té] V. n. Faire des contrats, des procès-verbaux et autres actes publics ; les huissiers doivent instrumenter en personne. Ecrire la partie instrumentale d’une œuvre qui exige le concours de l'orchesti’e. (On dit mieux

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