ALPHABET DES AVEUGLES
Paris la première école spéciale, qui, bientôt imitée en Europe, puis en Amérique, est devenue ITnstitution nationale des jeunes aveugles. Aux caractères vulgaires en relief usités par V. Haüy pour l'instruction de ses élèves, on a substitué, en 1852, l'alphabet conventionnel en points saillants imaginé par un aveugle de génie, Louis Braille. Ce système s’applique aux chifî'res et à la musique, comme aux lettres. Actuellement, les aveugles, pourvus d'une instruction spéciale, judicieusement adaptée à leurs facultés individuelles, peuvent prendre part à la vie active, et mériter, sans qu’aucune intention de charité intervienne, leur pain quotidien, soit comme ouvriers (brosserie, corderie, vannerie), soit comme musiciens. La seule infériorité de l’aveugle est la lenteur relative de son travail. Aussi, la différence entre les aveugles et les clairvoyants est-elie moins grande dans les métiers qui exigent plus de valeur et d’efforts intellectuels.
Il existe à Paris une association Valentin Ilaûy pour le bien des aveugles, 7, rue Duroc.
Aveugle (Z’), célèbre idylle d’André Chénier, dont le héros est Homère.
Aveugle (Z’) et le Paralytique, groupe en marbre de Turcan, inspiré de la fable de Florian.
( Médaille d’honneur 1888 , Luxembourg. )
Aveugles ( Let tre sur les ) f à l’usage de ceux qui voient, opuscule de Diderot, dans lequel l'auteur se propose de montrer que l’existence de Dieu ne repose que sur des preuves très contestables (1749).
Aveugles (Ze.s Beux), célèbre bouffonnerie musicale, en un acte, de J. Moinaux. musique d’Offenbach (1855). Musique alerte et spirituelle.
Aveugles de Jéricho Ze.s), chef-d’œuvre de Poussin, au Louvre ; la savante composition de cette toile, ^ Aveu;^le et le Paralytique, la variété des groupes,
ont tait de cette œuvre un tableau type de l'ancienne académie de peinture. (V. p. 166.)
aveuglement [man] n.-m. (de aveuQle). Privation de l'usage de la vue ; cécité. Fig. Trouble de la raison : l aveug lement de In colère^ des passions. Ant. Clairvoyance, perspicacité.
atreuglement [mon] adv. (de aveugle). Sans discernement, sans réflexion ; obéir aveugïémeni.
aveugle-né, en. et adj. Aveugle de naissance ; quin'a jamais vu la lumière. l’I. des aveugles-nés, nées.
aveugler [ghlé] v. a. Priver de la vue : les Chinois aveuglent certains condamnés. Eblouir : le soleil aveugle. Fig. Oter l'usage de la raison : la passion aveugle. Techn. Bouclier provisoirement une ouverture accidentelle ; aveugler une voie d'eau. S’aveugler v. pr. Se faire illusion.
aveuglette Ighlè-te] (à 1’) loc. adv. A tâtons, sans y voir. Fig. Au hasard : agir à l'aveuglette.
aveulir v. a. (du préf. ad, et de veulet. Rendre veule, faible, sans volonté : l'oisiveté aveulit l'itomme. aveulissant [lî-san],e adj. Qui aveulit, aveulissement [jt-se-ntan] n. m. Action d aveulir. Etat de celui qui est sans énergie, sans volonté.
Aveyron Ivè-ron], riv. de France, qui prend sa source dans les Cévennes, passe à Rodez, Villefranche, Saint-Antonin, et se jette dans le Tarn (r. d.), en aval de Montauban ; cours 250 kil.
Insignes des aviateurs mililaires*
avi ou havi n. m. Coup de l'eu qui brûle extérieurement le pain, un rôti.
aviabilité n. f. (de aviation). Aptitude à être dirigé dans sa marche, en parlant d'uii ballon ou d'un aéroplane. '
aviaire [èr] adj. fdu lat. avis, oiseau). Qui a rapport aux oiseaux : {anatomie aviaire.
aviateur, trice adj. Qui sert à l'aviation : machine aviatrice. N. Personne qui s'occupe d'aviation : CTI 1912, on a créé en France un régiment d'aviateurs. Arg.
Homme peu scrupuleux (qui fait des vols).
— Enoycl. Parmi les aviateurs militaires qui se sont distingués par leur courage et leur adresse pendant la Grande Guerre, il faut citer V Guyiremer, Fonck, Nungesser, Doines, Navarre, Heurteaux, Madon, Pégoud, Gilbert, Garros, Védrines, etc.
aviation [si-on] n. f. (du lat. avis, oiseau). Vol des oiseaux. Système de locomotion aérienne à l'aide d'appareils plus lourds que l’air et cherchant à imiter le vol des oiseaux.
— Encycl. L’homme a de tout temps cherché à se diriger dans les airs, comme l'oiseau, et Ton peut diviser en deux catégories les essais qu'il entreprit dans ce but : ceux qui, pour force motrice, utilisent les muscles humains (hommes volants) ; ceux qui ont recours à un moteur mécanique (machines volantes).
Sans remonter aux légendes antiques, on peut dire que le premier homme volant date du xv“ siècle : il est dû à J.- B. Dante de Péronne ; puis on assiste aux essais d'Olivier de Malmcsbury (xvi« s.), du mécanicien Besnier(1679), de Deghen (1812), de Leturr (1851), de de Graaf (1871), de l'Allemand O. Lilienthal (1893-1896), etc., mais sans pouvoir enregistrer de résultats pratiques.
Des diverses machines volantes (hélicoptères, orthoptères et aéroplanes), seuls les aéroplanes ont résolu victorieusement le problème de la locomotion aérienne, et la France peut hautement revendiquer la plus grande part dans ce merveilleux succès. Ils imitent le vol plané de l'oiseau et utili.scnt, pour S'enlever et se soutenir, la réaction verticale (s'exerçant de bas en haut) que provoque Tair sur des surfaces portantes animées d'une certaine vitesse horizontale. Les surfaces portantes sont des plans (appareils monoplans, biplans, multiplans) immobiles et légèrement inclinés sur l'horizon, et la propulsion est obtenue au moyen d’hélices actionnées par un moteur à explosion. Il faut citer les labprieiix essais des précurseurs : Henson (184.3), Wenhani (1866), Tatin (1879), Langley (1896), Tatin et Richet (1890- 1897), colonel Renard, Ader (qui réussit le premier vol, 1897), Archdeacon, Kapferer, Mouillard, Chanute (qui reprit les expériences de Lilienthal ), le capitaine Ferber. Avec 'Wright, Santos-Duniont, (1906), Esnault-Pelterie, Delagrange, Blériot, Farman,