V. SOCIÉTÉ
commandite [ko-man] n. f. (du lat. commendare, confier). Société commerciale, dans laquelle une partie de ceux qui la composent versent les fonds nécessaires sans prendre aucune part à la gestion. (On dit aussi société en commandite.) Fonds versés par chacun des membres d’une pareille société. Typogr. Ouvriers compositeurs travaillant en communauté. Dr. 'V. SOCIÉTÉ.
commandité, e \ko-man] part. pass. pris substanliv. Personne commanditée : le commanditaire et le commandité.
commanditer [ko-man-di-t£] v. a. (de corn-, maudite). Avancer les fonds nécessaires à une entreprise industrielle ou commerciale.
commando [kom'-man] n. m. Corps de troupe, chez les Boers.
comme [ko-me] adv. (lat. quomodo et cum). De même que, ainsi que ; hardi comme un lion. Tel que, par exemple ; un homme comme lui. Presque, en quelque façon ; il est comme mort. En qualité de : comme mère. Combien, à quel point : comme il est bon ! De quelle manière : comme il me traite ! Tout comme, sans différence. Conj. Parce que ; comme vous êtes son ami... Au moment où : comme il arrivait... Loc. div. ; Comme tout, autant que possible : aimable comme tout. Comme il faut, distingué, de bonne société : homme comme il faut; de bon goût : toilette comme il faut. N. m. ; le comme tl faut d'une toilette. Comme ci, comme ça, ni bien ni mal. Dieu sait comme 1 on ignore comment (le plus souvent avec une nuance défavorable). Prov. : Comme on fait son lit, on se couche, chacun prépare lui-même son avenir.
Comme il vous plaira, comédie romanesque n cinq actes de Shakespeare, une de ses œuvres les plus charmantes ; représentée en 1600.
commedia [kom'-mé] n. f. (mot italien signif. : comédie). Commedia dell' arte, comédie de fantaisie, locution italienne appliquée à un genre particulier de pièces dans lesquelles le scénario seul est réglé, les acteurs improvisant le dialogue.
Commediante ! tragediante ! (mots ital. signif. ; comédien! tragédien!) allusion historique. Ces mots auraient été dits successivement par le pape Pie 'VI I à propos de Napoléon Ier, joi-g de l’entrevue des deux souverains à Fontainebleau. Cette anecdote, propagée par A. de 'Vigny dans Servitude et Grandeur militaires, est légendaire.
commémorable [kom'-mé] adj. Mémorable.
(Vx.)
commémoraison \kom'-mé-mo-rè-zon] n. f.
Mention que l’Eglise fait d’un saint, le jour où Ton célèbre une autre fête.
commémoratif, ive [kom'-mé\ adj. Qui rappelle le souvenir : jour commémoratif d'une victoire.
commémoration [kom'-mé, si-on] n. f. cérémonie qui rappelle le souvenir d’un événement important. Commémoration des morts, fête que l’Eglise célèbre en l’honneur des morts (2 nov.).
commémorer [kom'-mé-mo-ré] v. a. (lat. commemorare). Rappeler au souvenir.
commençant [ko-man-san], e n. Qui en est aux premiers éléments d’un art, d’une science.
commencement [^co-man-se-man] n. m. Principe, origine : au commencement. Début ; le commencement d'un régne. Ce qui précède par la position : le commencement d'une rue. Au commencement. dans les temps les plus anciens. Prov. ; Il y a commencement à tout : lo il faut en tout un apprentissage ; 2“ il ne faut désespérer de rien. Ant. Fin, achèvement.
commencer [ko-man-s£] v. a. (du lat. cum. avec, et iniiiare, commencer. — Prend une cédille sous le c devant a et o : il commença, nous commençons.) Faire la première partie de : commencer ses éludés. Marque le fait : il est commencé depuis longtemps. Marque l'état: j'ai lu les vers qui commencent ce poème. V. n. Prendre commencement, débuter : le pririlemps commence le il mars. Loc. prov. ; C'est te lapin qui a commencé, c'est le plus faible, le plus doux, qui est l'agresseur. (Ironiq.) Ant. Finir, terminer, achever.
COmmendatair© [ko-man-da-tè-ré\ adj. Qui est pourvu dune commende : abbé commendataire.
Commende ko-man-de] n. f. (du lat. commendure, confier). Collation d'un bénéfice ecclésiastique
(abbaye, prieuré) à un clerc, ou parfois à un laïque. Ce bénéfice lui-iuéme. Par extens. Usufruit, exploitation.
COmmender [ko-man-dé] v. a. Donner en commende : commender une abbaye.
commensal, e, aux [/lUm’-manl n. (du lat. cum, avec et mensa, talile). Qui mange à la même table, qui vit auprès de. Hôte en général.
commensalisme [kom'-man-sa-lis-me] n. m.
Etat des animaux qui vivent à côté d’autres êtres en profitant de leurs aliments, mais sans se nourrir, comme les parasites, de leur matière organique.
commensalité [kom'-man] n. f. Qualité de commensal.
commensurabilité [kom'-man] n. f. Qualité de ce qui est commensurable. Ant. Incommensurabilité.
COmmensurable [kom'-man] adj. (du lat.
cum, avec, et mensurabilis, qui peut être mesuré. Math. Qui a une commune mesure avec : le cercle et son diamètre ne sont pas commensurables. Ant. Incommensurable.
commensuration [kom'-man, si-on] n. f.
Recherche d’une commune mesure à deux grandeurs.
comment [ko-man] adv. (de comme). De quelle manière, par quel moyen : comment peut-il vivre? Pourquoi : comment s'est-il adressé d moi? Interj. : comment! vous voilà? Et comment! N. m. La manière dont une chose s’est faite : il veut savoir le pourquoi et le comment.
commentaire [kom'-man-tè-re] n. m. (lat.
commentarius). Remarques sur .un texte : les commentaires de Voltaire sur Corneille sont parfois injustes. Sans commentaires ! P'ig. Interprétation maligne : prêter aux commentaires. PI. Mémoires historiques ; les Commentaires de César. (V. Tart. suiv.)
Commentaires, de Jules César, mémoires historiques du dictateur sur la guerre des Gaules et sur la guerre civile. Ces souvenirs d’un soldat sont un modèle de narration exacte, précise, d’une modestie habilement calculée (ler s. av. J.-C.).
Commentaires, de Jean Calvin, sur le Nouveau Testament (1553), étude philologique et historique, conçue dans un but pratique, et où Calvin se révèle le mieux comme grand prosateur.
Commentaires, de Biaise de Montluc, récit sobre, sincère et vivant, de ses campagnes,:, depuis les guerres d’Italie jusqu’aux guerres de religion (1529).
commentateur, trice [kotn'-man] n. Auteur qui écrit des commentaires.
commenter [kom'-tnan-té] v. a. (lat. commentari). Faire des commentaires sur : commenter Virgile. Fam. Se livrer à des interprétations malignes.
Commentry [ko-man], ch.-l. de c. (Allier), arr. et à 15 kil. de Montluçon, sur la Banne et TCEil, s.-affl. du Cher; 11.210 h. Ch. de f. Orl. Houille ; forges et aciéries importantes. — Le cant. a 4 comm. et 12.610 h.
commérage [ko-mé\ n. m. Propos malveillant de commère : défiez-vous des commérages.
eommerça'ble [Ico-mérl adj. Qui peut être négocié : effet, billet commerçable.
commerçant [ko-mèr-san], e adj. Où Ton fait du commerce : Marseille est une ville très commerçante. Qui a le goût, l’esprit du commerce : il est très commerçant. Adj. et n. Qui fait le commerce : peuple commerçant; les gens généreux sont de mauvais commerçants. 'V. commerce.
commerce [ko-mèr-se] n. m. (lat. commercium', de cum, avec, et merx, merci.s, marchandise). Trafic, négoce : le commerce enrichit Carthage. Le corps des commerçants. Relations, fréquentation ; on gagne toujours au commerce des honnêtes gens. Rapports intimes entre un homme et une femme : avoir commerce avec quelqu'un. Code de commerce, ensemble des lois qui régissent les commerçants et les actes de commerce. Tribunal de commerce, tribunal composé de commerçants élus pour deux ans et appelés à juger les contestations commerciales. Chambre de commerce, assemblée consultative de commerçants notables. Livres de commerce, registres de comptabilité que la loi oblige tout commerçant à tenir. (Ils sont au nombre de trois : journal, copie de lettres, copie d'inventaires). V. industrie.
— Encycl. Econ. pol. Au point de vue économique, on distingue le commerce de gros, de demigros, et de détail. Le commerce de gros consiste à acheter au producteur de grandes quantités de marchandises pour les revendre soit en gros, soit à des commerçants de demi-gros ; quelquefois, mais plus rarement, à des commerçants en détail. Le commerce de demi-gros consiste à acheter de grosses quantités de marchandises pour les revendre au commerce de détail, et même directement aux consommateurs.
Le commerce se divise aussi en commerce intérieur, qui se limite aux échanges dans un même pays, et qui ne peut s’apprécier qu’approxiinativement par l'intensité du trafic des chemins de fer, des canaux et des routes; et en commerce extérieur ou international, qui embrasse les échanges entre des nations différentes, importation et exportation, et qui se mesure assez exactement par le contrôle des douanes, au moment du passage des marchandises aux frontières terrestres ou maritimes. Les droits de douane sont destinés soit à protéger les productions similaires du pays importateur, soit à procurer simplement des ressources au Trésor public. A ce régime, dit protecteur ou protectionniste, on oppose celui du libre-échange, qui consiste à laisser le commerce absolument libre.
— Dr. La loi réputé acte de commerce : tout achat de denrées et marchandises pour les revendre, soit en nature, soit après les' avoir travaillées et mises en œuvre, ou même pour en louer simplement Tusage ; toute entreprise de manufactures, de commision, de transport par terre ou par eau; toute entreprise de fournitures, d’agences, bureaux d’affaires, établissements de ventes à l’encan, de spectacles publics ; toute opération de change, banque et courtage ; toutes les opérations des banques publiques : toutc-s obligations entre négociants, marchands et banquiers ; entre toutes personnes, les lettres de change, ou remises d’argent faites de place en place ; toute entreprise de construction et tous achats, ventes et reventes, de bâtiments pour la navigation intérieure et extérieure; toutes expéditions maritimes; tout affrètement ou nolissement, emprunt ou prêt à la
grosse, toutes assurances et autres contrats concernant le commerce de mer ; tous accords et conventions pour salaires et loyere d'équipages ; tous cnragements de gens de mer pour le service de batiments de commerce.
Sont commerçants « ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle ».
Le uiot « eommerçant » comprend donc tous les individus désignés sous les noms de négociants, marchands, fabricants, manufacturiers, banquiers, etc.
Les commerçants sont obligés de tenir des livres, de payer patente, de rendre public leur régime matrimonial. Les actes faits par eux sont présumés commerciaux et sont, dès lors, de la compétence des tribunaux de commerce (v. tribunal). Ils jouissent aussi du droit d élire les membres de ces tribunaux, dont ils peuvent faire partie. L'exercice de toute espèce de commerce est incompatible avec plusieurs professions, telles que celles d'avoué, notaire, et avec la plupart des fonctions publiques.
— Admin. Ministère du commerce. L'administration centrale du ministère du commerce et de l'industrie comprend la Direction du commerce et de l'industrie, et la Division du personnel et de la comptabilité.
Les attributions du ministre du commerce et de l'industrie sont nombreuses et variées. La législation administrative des poids, mesures et monnaies, celle de la propriété industrielle, les encouragements à la marine marchande, aux pêches maritimes, etc., forment autant de chapitres du budget de ce département.
Le conseil supérieur du commerce et de l'industrie émet des avis sur les projets de lois relatifs au tarif des douanes, sur l'application de ce tarif, sur les projets de traités de commerce et de navigation, sur le système des encouragements à la marine marchande et aux grandes pêches maritimes, et, en général, sur toutes les affaires commerciales. La commission consultative permanente du conseil supérieur du commerce et de l’industrie est appelée à donner son avis au ministre, toutes les fois que celui-ci ne juge pas nécessaire de consulter le conseil lui-même.
L'office national du commerce extérieur, rattaché au ministère du commgrce et de l'industrie et déclaré d'utilité publique, a pour mission de fournir aux industj-iels et négociants français tous les renseignements commerciaux relatifs au développement du commerce extérieur et à l'extension de ses débouchés dans les pays étrangers, les colonies françaises et les pays de protectorat.
Les correspondants de l’Office portent le titre de conseillers du commerce extérieur de la France; ils sont nommés par décret et choisis parmi les industriels et négociants français jouissant d’une grande notoriété dans les affaires d’importation et ayant personnellement contribué au développement du commerce extérieur.
. Chambres de commerce. Les chambres de commerce sont, auprès des pouvoirs publics, les organes des intérêts commerciaux et industriels de leur circonscription. Elles sont des établissements publics. Il y en a au moins une par département. Elles sont instituées par décrets d’administration publique, sur la proposition du ministre du commerce.
Les membres des chambres de commerce sont élus pour six ans ; ils sont indéfiniment rééligildes ; le renouvellement a lieu par tiers, tous les deux ans, dans le courant de décembre. Ils sont choisis par les industriels et les commerçants compris dans la circonscription des chambres. Sont éligibles : 1« tout commerçant ayant au moins trente ans, et exerçant le commerce ou une industrie manufacturière depuis cinq ans au moins ; 2» les anciens négociants ou manufacturiers, domiciliés dans la circonscription de la chambre, ayant aussi au moins trente ans. Ces derniers no doivent jamais excéder le tiers du nombre des membres de la chambre.
eommercer [ko-mèr-sé] v. n. (Prend une cédille sous le c devant a et o : il commerça, nous commerçons.) Faire le commerce : la France commerce avec le monde entier. Etre en relations.
commercial, e, aux [ko-mèr] adj. Qui appartient au commerce : entreprise commerciale.
commercialement [ko-mèr, man] adv. D une manière commerciale.
commercialiser [ko-mèr, zé] v. a. Rendre commercial : commercialiser une dette.
commercialité [ko-mèr] n. f. Qualité de ce qui est commercial : la commercialité d'une dette. Situation de commerçant.
Commercy [ko-mèr], ch.-l. d’arr. (Meuse), sur la Meuse. Ch. def. E.à40 kil.
de Bar-le-Duc ; 8.880 h.
(Commerciens). Forges, tissages, pâtisserie (madeleines). Fréquemment bombardé au cours de la Grande Guerre. — L'arr. a 7 cant.,
176 comm., 79.200 h. ; le cant.
a 29 comm. et 20.710 h.
commère [ko-mè-re] n. f. (du lat. ciim. avec, et mater, mère). Celle qui a tenu un enfant sur les fonts baptismaux, par rapport au
parrain. Nom d’amitié ; ma Co,umercy.
commére. Femme hardie,
bavarde : une insupportable commère. Fam. Parcompère et par commère, par camaraderie, par protection.
commettage [ko-mè-ta-je] n. m. (de commettre). Action du cordier qui réunit les fils de caret et les tord pour en faire des torons, puis réunit ceux-ci et les tord dans le sens opposé pour en former les différentes sortes de filins.
commettant [ko-mè-tan] n. m. (de commettre, confierl. Celui qui charge un autre du soin de ses intérêts.
commetteur, euse [ko-mè-teur, eu-zé] n.
Personne qui procède au commettage du filin.
commettre [ko-mè-tre] v. a. (lat. vommittere. — Se conj. comme mettre.) Faire : commettre une erreur, une faute, un crime. Préposer : commettre quelqu'un à la garde dun fort. Confier : commettre un dépôt à un ami. Aventurer, compromettre : commettre sa réputation. Techn. Tordre ensemble plusieurs torons pour en former un cordage. Se commettre V. pr. Exposer son honneur ou sa dignité : se commettre avec des fripons.
COM
COM
commination [kom'-mi-na-si-on] n. f. (de comminer). Bhét. Figure qui consiste «n ce que l'orateur cherche à intimider l’auditoire ou son adversaire.
comminatoire ^om'-mi] adj. (du lat. comminari, menacer). Dr. Qui contient une menace, qui consiste en une menace : sentence, arrêt comminatoire. Par ext. Qui tient de la menace : proposition comminatoire ; lettre comminatoire.
comminer [kom’-mi-n£] v. a. et V. n. (lat. comminari, menacer). Faire un acte comminatoire.
CommingeS anc. pays et comté de
la France méridionale, entre 1 Armagnac et les Pyrénées ; capit. Saint-Bertrand. (Ilab. Commingeois.) Il fit en général partie du comté de Foix.
Comminges (Mémoires du comte de), un des romans les plus remarquables du xviii® siècle, par Mihb de 'Tencin (1735). Un jeune frère de la Trappe (c’est une femme) mourant fait sa confession à haute voix devant la communauté assemblée. Ses paroles sont entendues par celui que le désespoir de l’avoir perdue avait conduit dans ce même monastère, et qui s'est fait trappiste.
COmminuer [kotn’-mi-nu-é] V. a. (lat. comminuere). Chir. Briser en morceaux : comminuer les os.
COmminutif, ive [kom’-mi'j adj. (de comminuer). Qui réduit en fragments : les fractures comminutives sont difftciles à guérir.
comminution [kom'-mi-nu-si-on] n. f. (de comminutif). Réduction en petits fragments.
Commire (le Père Jean), jésuite français et poète latin, né à Amboise, m. à Paris (1625-1702).
commis [A:o-mi] n. m. (lat. commissus). Employé dans un bureau, dans une maison de commerce. Préposé à ; commis de barrière. Commis voyageur, qui voyage pour une maison de commerce. Adjectiv. Propre au commis ; le genre, le type commis.
commise [ko-mi-ze] n. f. (de commettre). Dr. féod. Confiscation des biens d’un vassal. Confiscation de marchandises prohibées ou introduites en fraude.
commisération [kom‘-mi-zé-ra-si-on] n. f.
Action de s’apitoyer sur le malheur de quelqu’un. Pitié, sentiment de compasston ; exciter la commisération publique. Ant. Insensibilité, indifférence, commis-greffier n. m. Aide d’un greffier, commissaire [ko-mi-sè-re] n. m. (du lat. eommissus, commis, délégué). Qui est chargé de fonctions temporaires. Ordonnateur ; commissaire d'une fête. Membre d’une commission. Commissaire de la marine, membre d’un corps de la marine chargé de l'exécution de certains services administratifs à terre et à la mer, et distinct du corps des administrateurs de l’Inscription maritime. Commissaire colonial, nom donné autrefois aux membres de l'intendance des troupes coloniales. Commissaire de police, magistrat chargé, dans les villes, de veiller au maintien du bon ordre et de la sécurité publique. Commissaire de surveillance administrative, agent assermenté, placé par le ministre des travaux publics dans les gares de chemins de fer pour veiller à l’exécution des lois et règlements régissant les compagnies. Commissaires spéciaux, agents du ministère de l’intérieur, chargés de la surveillance répressive sur la ligne de chemins de fer à laquelle ils sont attachés et qui veillent plus particulièrement à ce qui intéresse la sûreté de l’Etat. Commissaire des comptes ou censeur, celui qui, dans les sociétés anonymes, veille à l'observation des statuts, vérifie la comptabilité, et présente un rapport à l'assemblée des actionnaires.
— Encyol. Admin. et dr. Commissaire aux délégations judiciaires. Ce titre est donné à un commissaire de police ayant reçu, par commission rogatoire. délégation de substituer le juge d’instruction et le procureur de la République dans l'œuvre de l'instruction.
A Paris, il existe trois postes de commissaires de police chargés de délégations judiciaires ou spéciales. Ils sont attachés au parquet de la Seine.
Commissaire du gouvernement. On nomme ainsi un fonctionnaire désigné par décret, préalablement notifié aux présidents des Chambres, pour soutenir devant celles-ci la discussion des projets du gouvernement.
Le commissaire est choisi généralement parmi les conseillers d'Etat et les directeurs généraux des ministères. Aux termes des i-èglements de l’une et de l’autre Chambres, il obtient, comme le ministre qu'il représente, la parole quand il la demande, sans être assujetti au tour d'inscription.
Le commissaire du gouvernement auprès du Conseil d’Etat est un membi'e de ce conseil, remplissant auprès de la section du contentieux les fonctions de ministère public. Les commissaires du gouvernement, choisis parmi les maîtres des requêtes, et désignés par décret, assistent aux délibérations de la section du contentieux, et donnent leurs conclusions dans chaque affaire.
commissaire-priseur [zeur] n. m. Officier public qui a le droit de faire la prisée dans les ventes publiques. PI. des commissaires-priseurs.
— Bncycl. Les commissaires-priseurs, officiers publics dont la charge est vénale, présentent leurs successeurs à l'agrément du ministre de la justice, sur la proposition de qui ils sont nommés par décret.
A Paris, les commissaires-priseurs sont au nombre de quatre-vingts. Il peut en être établi dans les villes qui sont chef-lieu d’arrondissement, ou qui sont le siège d’un tribunal de première instance, et dans celles qui, n'ayant ni sous-préfecture ni tribunal, ont une population de 5.000 âmes au moins.
Dans la ville où ils sont établis, les commissairespriseui's procèdent exclusivement aux ventes mobilières ; dans les autres villes de l'arrondissement, les notaires, greffiers et huissiers ont qualité pour y procéder concurremment avec eux.
La loi du 18 juin 1843 détermine les perceptions autorisées au profit des commissaires-priseurs en sus du prix principal de l'enchère à titre de droits de prisée, de droits de vente ou de vacation.
commissariat [ko-mi-sa-ri-a] n. m. Fonctions de commissaire. Corps administratif de la marine ; les officiers du commissariat. (Un décret du 5 oct. 1889 a aussi organisé un commissariat colonial complètement autonome.) Bureau d'un commissaire : on dépose les objets trouvés au commissariat.
commission [ko-mi-si-on] n. f. (du- lat. commissus, confié). Charge qu'on donne à quelqu'un, de faire une chose : s'acquitter fidèlement d'une com¬
mission. Titre ou brevet conférant un grade ou un emploi. Membres choisis par une assemblée pour étudier un projet, surveiller divers actes, etc. : la commission départementale est une délégation du conseil général. CV. conseil général.) Achat, placement pour autrui, avec remise ; acheter, vendre à la commission. Cette remise : toucher iO p, 100 de commission.
— Encycl. Admin. et dr. L’açent qui bénéficie d’une commission de l'autorité n est admis à prêter serment que sur la production de sa commission. Il peut être requis de l'exhiber lorsqu'il instrumente, comme le font les agents des contributions indirectes qui veulent pénétrer chez un débitant. Enfin, s’il est appelé à relever des contraventions, il doit, à peine de nullité de ses procès-verbaux, mentionner en ceux-ci la date de sa commission et le nom du fonctionnaire qui Ta délivrée.
Commission rogatoire. L'objet des commissions rogatoires est ainsi défini par Tart. 1035 du Code d’instruction criminelle ; « Quand il s'agira de recevoir un serment, une caution, de procéder à une enquête, à un interrogatoire sur faits et articles, de nommer des experts, et généralement de faire une opération quelconque en vertu d’un jugement, et que les parties, ou les lieux contentieux, seront trop éloignés, les juges pourront commettre un tribunal voisin, un juge, ou même un juge de paix, suivant l'exigence des cas ; ils pourront même autoriser un tribunal à nommer, soit un de ses membres, soit un juge de paix, pour procéder aux opérations ordonnées. »
Commission syndicale. V. syndicat de communes.
— Bist. Commissions mixtes. On nomma ainsi, après le coup d’Etat du 2 décembre 1851, des commissions composées de magistrats, d'administrateurs et d’officiers, et qui furent chargées de poursuivre, et de faire déporter au besoin, les adversaires politiques du nouveau régime. Quatorze mille condamnations au moins furent ainsi pi-ononcées.
— Milit. La commission est une décision spéciale en vertu de laquelle un militaire ayant achevé son temps de service ou son engagement est maintenu dans l’armée pour une période indéterminée, en attendant sa mise à la retraite.
commissionnaire [ko-mi-si-o-nè-ré\ n. m.
Celui qui vend et achète pour le compte d’autrui, moyennant remise. Homme dont le métier est de faire les commissions du public : les commissionnaires sont patentés et portent une médaille spéciale. Celui qui se charge du transport des marchandises.
— Encycl. Dr. Les commissionnaires sont des commerçants entièrement libres ; ils n’ont d’autres pouvoirs que ceux qu’ils ont reçus des personnes qui s’adressent à eux, d’autres obligations que celles qui sont imposées par le droit commun à tous les négociants. En même temps qu’ils font le commerce comme intermédiaires, ils peuvent le faire pour leur compte.
Le commissionnaire peut agir pour un commettant, soit en son nom, soit au nom du commettant. Quand il agit en son nom, il s’engage personnellement ; il est obligé envers celui avec qui il a contracté, comme si l'affaire lui était propre, et le commettant est sans action contre celui avec qui le commissionnaire a contracté. Quand le eommissionnaire agit au nom du commettant, il n’est plus qu’un mandataire ordinaire.
Commissionnaire public. Les commissionnaires publics ne peuvent exercer leur industrie qu’avec l'autorisation du maire (à Paris, du préfet de police). Ils sont munis d’une plaque numérotée.
commissionné, e [ko-
mi-si-o-né] adj. et n. Qui a reçu une commission, un pouvoir.
Agent commissionné, se dit dans les compagnies de chemins de fer des agents qui font partie du personnel fixe. Militaire commissionné, militaire qui est maintenu dans les cadres en vertu d’une commission.
commissionner [ko-
mi-si-o-né] v. a. Donner commission de vendre ou d'acheter. Déléguer un pouvoir, attribuer une fonction et la notifier par écrit. Se dit d’un militaire qui obtient son maintien dans les cadres en vertu d’une commission.
commissoire r/co-mi-soi-re] adj. (lat. commissorius). Se dit d'une clause dont l’inexécution annule Taote qui la contient ; pacte commissoire.
— Encycl. Pacte commissoire. Y. pacte.
commissural, e, aux [ko-mi-su-ral] adj. Qui a rapport à la commissure ; soudure commissurale.
COmmiSSUrant [ko-mi-su-i'an], e adj. Qui produit l'union par commissure.
commissure [ko-mi-su-re] n. f. (lat. commissura). Anat. Point de jonction de certaines parties: la commissure des lèvres.
COmmittimuS [kom'-mi ti-muss] n. m. (en lat. : nous commettons). Dr. anc. Privilège accordé par le roi, et conférant le droit de porter les procès devant des juges spéeiaux.
Committitur [kom'-mi-ti-tur] n. m. (en lat. : il est commis). Dr. anc. Ordonnance apposée par le président d’un tribunal au bas d’une requête, pour commettre un rapporteur.
Commius ou Komm, chef gaulois, d’abord attaché aux Romains, qui l'imposèrent comme roi ' aux Atrébates (54 av. J.-C.), puis leur ennemi acharné et Tun des derniers à déposer les armes.
COmmixtioU jkom'-miks-ti-on] n. f. (du préf. com, et de mixtion). Mélange de choses diverses.
COmmodant [kom'-mo-dan] n. m. Dr. rom.
Prêteur par commodat.
commodat [kom'-mo-da] n. m. (du lat. commodare, supin commodatum, prêter). Dr. rom. Contrat à titre gratuit, par lequel on remettait une chose avec droit de s'en servir, mais à charge de la rendre à une époque convenue,
commodataire [kom’-mo-da-tè-re] adj, Dr.
rom. Qui a rapport au commodat. N. Personne' à qui Ton prête par commodat.
commode [ko-mo-de] adj. (lat. commodus).
D’un usage facile ; une chambre commode. Tranquille, agréable : vie commode. D'une humeur facile ; caractère commode. D’une complaisance
Médaille de commissionnaire (à Paris),
Commode Louis XV,
Commode.
coupable ; mari commode. Substantiv. : faire te commode. Le commode n. m. Ce qui est commode : rechercher le commode. Ant. Incommode, gênant, commode [ko-mo-de] n. f. Meuble à tiroirs ; les commodes rem¬
placèrent les coffres au xviiB siècle.
Commode,
empereur romain de 180 à 192, fils de Marc-Aurèle et de Faustine, né à Lanuvium, m. à Rome (161-192). Il se rendit tristement célèbre par ses cruautés, ses folies et ses débauches. Ceux qu’il voulait mettre à mort Tempoisohnèrent, et le firent achever dans son bain par unathlète, quil’étrangla.
commodément
[ko-mo-dé-man] adv.
Dunemanièrecommode.
Commodien de
Gaza, le plus ancien poète chrétien (iii' s.), incorrect etrudemaisplein d’énergie et de charité.
commodité [*omo] n. f. (lat. commoditas). Chose, situation commode . PI . Aises , agréments : commodités de la vie. Lieux d'aisances. Ant. Incommodité, gène.
Commodo [ko-mo] adv. (m. ital.). Musiq.
A Taise, sans se presser.
commodo [ko-mo] n. m. Enquête de commodo et incommodo. Y. enquête.
commodore [ko-mo] n. m. (m. angl.). En Angleterre et en Amérique, officier de marine d’un grade supérieur à celui de capitaine de vaisseau.
COmmonitoire [kom'-mo] n. m. (du lat. cum, avec, et monitus, averti). Instruction donnée à un légat ou à un ambassadeur. Ajournement personnel, expédié par un tribunal séculier ou ecclésiastique.
common law n. m. (en angl. loi commune). Nom donné à l'ensemble du droit coutumier anglais.
Common prayer-book (Livre des prières communes), livre liturgique de l’Eglise anglicane.
eommoration [kom'-mo-ra-si-on] n. f. (du lat. cum, avec, et morari, demeurer). Bhét. Insistance sur un point déjà développé.
commos [moss] n. m. (m. gr. signif. lamentation). Antiq. gr. Parties lyriques d’une tragédie grecque, autres que les chœurs : le commos est toujours triste ou grave.
commotion [kom'-mo-si-on] n. f. (du lat. commotum, supin de commovere, mouvoir). Secousse : les tremblements de terre sont des commotions de l'écorce terrestre. Ebranlement intérieur ; commotion du cerveau. Au flg. : la Bévolution de 1789 fut pour la France une commotion décisive.
COmmoU'V’Oir [kom'] v. a. (Se conj. comme mouvoir.) Ebranler par des commotions. (Peu us.)
COmmuablllté [kom'-mu-a'] n. f. Etat de ce qui peut être commué : la commuabilité d'une peine.
COmmuable [kom'-mu-a-ble] adj. Qui peut être commué : peine commuable.
commuer [kom’-mu-é] v. a. (du lat. CW71, avec, et mutare, changer). Changer. Commuer une peine, la remplacer par une moindre ; beaucoup de sentences de mort sont commuées par le président de là Bépublique.
commun [ko-mun], e adj. (lat. eommunis). Se dit de toute chose à laquelle chacun peut participer : puits commun. Ce qui est propre à plusieurs : intérêt cotnmmi. Général, universel : sens cojyimun. Ordinaire : usage commun. Dépourvu de noblesse, de distinction ; médiocre : manières communes. Maison commune, hôtel de ville. Faire cause commune avec, associer ses intérêts. Commune renommée, V. RENOMMÉE. Gram. Nom commun, qui convient à tous les êtres de la même espèce. N. m. Société entre deux ou plusieurs personnes ; vivre en commun. Le plus grand nombre : le commun des ho7nmes. Classe des gens ignorants et grossiers : homme du commun. Liiurg. Office identique qui se célèbre pour plusieurs. saints de même catégorie : le commun des martyrs. PI. Lieux dAisances. Dans les grandes maisons, bâtiments consacrés aux différentes parties du service. Ant. Rare, exceptionnel j distingué.
communal, e, aux \ko-mu] adj. Qui appai^ tient à une commune, qui la concerne : terrain communal. N. m. pl. Biens d’une commune.
communal ement [ko-?nu,man] adv. Au point de vue communal.
communalisation [za-si-on] n. f. Mise en commun d'une exploitation : la communalisation des mines. Exploitation par une commune, de certains droits : la communalisation du droit de chasse.
communaliser v. a. Mettre sous la dépendance de la commune : communaliser un terrain.
communaliste [ko-mu-na-Us-le] n. et adj.
Partisan de l'autonomie des communes.
communard [ko-mu-nar], e n. et adj. En mauv. part, partisan de laCommune de Paris, en 1871.
communautaire [ko-mu-nô-tè-re] a<ij. Qui a rapport au système économique de la communauté des biens.
communauté [ko-m%t-nà-té] n. f. (de communal). Etat de ce qui est commun : la communauté de nos intérêts. Société religieuse, soumise à une règle commune ; l'origine des communautés remonte aux anachorètes de la Thébalde. Couvent habité en commun par des religieux ou des religieuses. Dr. Régime d'association conjug.ale, en vertu duquel certains biens sont communs entre les deux époux : être marié sous le régime de la communauté.
— Encycl. Dr. La communauté légale est le régime des époux mariés sans contrat, et de ceux qui
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l’ont stipulé dans leur contrat. La communauté conventionnelle est la communauté légale plus ou moins modifiée par la convention des parties. Le régime de la communauté est caractérisé par la iuxtapositio» de trois masses de biens t les biens communs ou la communauté, ceux propres au mari, ceux propres à la femme. Chaque fois que l'une de ces masses do biens s'enrichit au détriment d'une nuire elle lui doit récompense ou indemnité.
Communauté légale. Actif de la communauté. La communauté se compose activement : 1“ de tout le mobilier que les époux possédaient au jour de la célébration du mariage, ensemble de tout le mobilier qui leur échoit pendant le mariage à titre de succession ou de donation, si le donateur n'a exprimé le contraire ; 2“ de tous les revenus des biens propres des epoux ; 3° de tous les immeubles acquis à prix d'argent pendant le mariage.
Les biens qui n'entrent pas en communauté forment le patrimoine particulier de chacun des époux, leurs biens propres ou, plus simplement, leurs propres. Les propres immobiliers comprennent : is les immeubles acquis avant le mariage ; 2» les immeubles acquis par succession ou donation pendant le mariage ; 3» certains immeubles. 'V. remploi.
Les propres mobiliers sont ceux qui sont déclarés tels par le contrat de mariage, les objets mobiliers donnés ou légués à la condition qu'ils resteront propres à l'époux donataire ou légataire, etc.
Passif de la communauté. Le passif de la commu- ■nauté comprend ; 1» les dettes mobilières des'époux mi jour du mariage, sauf récompense pour celles lelatives aux immeubles propres ; 2» les dettes confractées par le mari ou par la femme autorisée du mari ou mandataire de celui-ci ; 3“ les intérêts des dettes personnelles aux époux ; 4" les réparations usufructuaires des immeubles qui n'entrent pas en communauté ; 5“ les charges du mariage.
Le passif des successions ou des donations échues aux époux pendant le mariage se répartit entre eux et la communauté dans la proportion de leur actif.
Administration de la communauté. Le mari, chef de la communauté, en administre seul les biens. De plus, quoique copropriétaire avec la femme, il en dispose librement. Il peut les vendre et les hypothéquer sans le concours de la femme.
Il n'y a de réserve que pour les aliénations à titre gratuit : le mari ne peut disposer entre vifs, à titre
fratuit, des immeubles de la communauté, ni de universalité ou d'une quotité du mobilier, si ce •n'est pour l'établissement des enfants communs.
Les actes faits par la femme sans le consentement du mari, et même avec l'autorisation de la justice, n'engagent point les biens de la commumanté, si ce n'est lorsque la femme contracte comme commerçante.
La femme ne peut s'obliger ni engager les biens de la communauté, même pour tirer son mari de prison, ou pour l'établissement de ses enfants en cas d'absence du mari, qu’après y avoir été autoiùsée par la justice.
Le mari a l’administration de tous les biens personnels de la femme. Il peut exercer seul toutes les actions mobilières et possessoires qui lui appartiennent, mais il ne peut aliéner les immeubles personnels de sa femme sans le consentement de celleci : c'est la femme qui les aliène, avec l'autorisation du mari ou de la justice. Le mari est responsable de tout dépérissement des biens personnels de sa femme, causé par défaut d'actes conservatoires.
Dissolution de la communauté. La communauté se dissout par la mort, par le divorce, par la séparation de corps, par la séparation de biens. L’époux survivant doit faire inventaire.
Après la dissolution de la communauté,la femme (ou ses héi’itiers et ayants cause) a la faculté de l’aoeepter ou d'y renoncer, à moins quelle ne se soit immiscée dans les biens de la communauté, n’ait recélé ou détourné des objets. Les actes purement administratifs ou eonservatûires n’emportent point immixtion.
Par la renonciation à la communauté, la femme est déchargée de toute contribution au passif de la communauté ; mais elle perd tout droit à son actif ; elle peut retirer seulement les linges et hardes à son usage.
Pour pouvoir renoncer, la femme doit faire dresser, dans le délai de trois mois, un inventaire Adèle et exact, et, dans un nouveau délai de quarante jours, déclarer (au greffe du tribunal de première Instance de l’arrondissement où son mari était domicilié) son intention de renoncer. Pendant les délais en question, la veuve a droit de prendre sa nourriture et celle de ses domestiques sur les provisions existantes et même sur la masse commune, et «lie ne doit aucun loyer pendant le même temps.
Les renonciations à communauté ou à succession sont faites au greffe du tribunal dans l’arrondissement duquel la communauté se sera opérée, sans qu'il soit besoin d’autre formalité.
La liquidation comprend le partage de l'actif, et la répartition du passif. Chaque époux ajoute aux biens existants, par le moyen de rapports, ce qu'il doit à la communauté, et prélève ce qui lui est dù. Le partage se fait par moitié, tant pour l’actif que pour le passif, sauf les clauses contraires de communauté conventionnelle. Le deuil de la femme, même renonçante, est à la charge des héritiers du mari.
Tandis que le mari peut être poursuivi, sauf son recours, pour la totalité des dettes, le bénéfice d'émolument permet au contraire à la femme de ne payer les dettes que jusqu'à concurrence de ce qu’elle retire de la communauté, pourvu qu’il y ait eu bon «t Adèle inventaire et qu'elle ne se soit pas engagée solidairement.
Communauté conventionnelle. La communauté «onventionnelle, c'est la communauté légale modi- ■Üée par les conventions des parties.
Les époux peuvent en effet modiAer la communauté légale par toute espèce de conventions non «ontraircs à Tordre public, aux bonnes mœurs, aux lois sur la puissance maritale ou paternelle, ou sur Tordre successoral.
Les principales modiAcations sont celles qui ont lieu en stipulant : 1“ que la communauté sera ré- ■duite aux acquêts ; 2» que le mobilier présent ou futur n'entrera point en communauté, ou n’y entrera que pour une partie ; 3» qu'on y comprendra tout ou partie des immeubles présents ou futurs, par la voie ■de l'ameublissement ; 4° que les époux paieront séparément leurs dettes antérieures au mariage (clause de séparation de dettes) ; 5» qu’en cas de renonciation, la femme pourra reprendre ses apports francs
et quittes ; G» que le survivant aura un préciput. c’est-à-dire un prélèvement opéré avant partage sur les biens de la communauté ; 7» que les époux auront des parts inégales ; 8» qu’il y aura entre eux communauté à titre universel.
Dans le régime fréquemment adopté de la communauté réduite aux acquêts, on exclut le mobilier présent des époux et, parmi le mobilier futur, celui qui est acquis à titre lucratif. La communauté comprend alors les fruits et revenus des propres, les produits du travail ou de l'industrie des époux, les acquêts, c’est-à-dire les biens acquis à titre onéreux pendant le mariage. Le passif ne comprend ni les dettes présentes, ni les dettes futures provenant de successions ou donations échues aux époux.
Si le mobilier existant lors du mariage ou éclui depuis n’a pas été constaté par inventaire ou état en bonne forme, il est réputé acquêt.
Trois régimes matrimoniaux sont exclusifs de communauté ; régime d'exclusion de communauté ; régime de séparation de biens ; régime dotal.
Sous le régime d'exclusion de communauté, chaque époux conserve la propriété de ses biens, et supporte ses dettes. Le mari administre tous les biens de sa femme : il en perçoit tous les fruits, en assume toutes les charges. 11 peut être convenu que la femme touchera annuellement une certaine portion de ses revenus pour son entretien et ses besoins personnels. Les immeubles constitués en dot à la femme ne peuvent être aliénés qu’avec le consentement du mari ou de la justice. V. séparation et dot.
— Hist. reliij. L’origine des communautés remonte aux anachorètes de la Thébaïde. Celles d’Orient furent organisées par saint Basile. En Occident, on peut diviser les communautés en quatre groupes : 1“ les moines soumis à la règle de saint Benoit avec les deux grands réformés de Cluny et de Citeaux : 2“ les chanoines réguliers, auxquels se rattachent les prémontrés, les ordres militaires, etc, ; 3» les ordres mendiants (franciscains, dominicains, carmes et ermites de saint Augustin) ; 4i>.les clercs réguliers (théatins, jésuites, bernardins, lazaristes). Les communautés de femmes comprenaient de nombreux chapitres de chanoinesses et des congrégations empruntant le plus souvent leurs règles à des ordres d'hommes.
communautier [ko-mu-n6-ti-g\ n. m. Celui qui, chez les capucins, est chargé de faire les habits.
commune [ko-mu-ne] n. f. (rad. commun). Division territoriale, administrée par un maire assisté du conseil municipal. Ensemble des citoyens représentés par la municipalité. Par ext. Hôtel de ville. Mairie.
— Encycl. Bist. Au moyen âge, on donnait le nom de communes aux villes qui avaient réussi à obtenir de leurs seigneurs suzerains des chartes leur accordant une certaine autonomie. Les communes devenaient ainsi de véritables personnes féodales. Les origines du mouvement communal sont multiples. Ce furent d’abord les invasions des Normands qui obligèrent les habitants des villes à s'unir pour élever ou relever les murailles des cités, la lutte contre l'oppression féodale, le développement du commerce et de l'industrie, l’existence de corporations et de confréries de marchands, artisans, etc., en un mot l'esprit d'association. Les libertés municipales ne furent pas partout conquises dans la même forme : la plupart obtinrent leurs franchises paciAquement ; quelques-unes seulement durent employer la force. Les villes émancipées reçurent le nom de communes dans le nord, de villes franches ou de bourgeoisie dans le centre, de villes consulaires dans le midi. Les « Etablissements de Rouen >■ servirent de type aux communes situées dans les possessions des rois d'Angleterre. Le mouvement d’émancipation, commencé sous Louis le Gros, fut d abord favorisé par les rois, qui y trouvaient un moyen d'accroître le pouvoir central. La prospérité des communes a contribué puissamment, par l’émancipation de la bourgeoisie, à la formation du tiers état et elle a modiAé les conditions économiques de la vie sociale.
— Dr. admin. La commune est à la fois une circonscription administrative et, bien que placée sous la tutelle de l'Etat, une personne morale comme l’Etat et le département. Elle a sa représentation propre et son administration, le corps mutiicipal, qui se compose ; 1“ d'un conseil municipal, pouvoir délibérant ; 2» d’un maire et de ses adjoints, pouvoir exécutif.
11 ne peut être procédé à l'érection d'une commune nouvelle, qu'en vertu d'une loi, après avis du conseil général et le conseil d'Etat entendu.
Nombre des conseillers municipaux. Le conseil municipal se compose de 10 membres dans les communes de 500 habitants et au-dessous.
Habitait ts.
De 12 dans celles de. .
De 16
De 21
De 23
De 27
De 30
De 32
De 34
De 36
Dans les
villes divisées
en plusieurs mairies, le
nombre des conseillers est augmenté de trois par mairie. V. conseil municipal, maire, adjoint.
Les biens de la commune comprennent :
1» Le domaine public communal, imprescriptible et inaliénable (chemins vicinaux et reconnus, rues, canaux, églises, etc.) ;
20 Les biens patrimoniaux, dont la commune dispose au même titre qu’un particulier ;
3“ Les biens communaux, c’est-à-dire ceux dont les habitants ont la jouissance en nature.
Le maire, en conformité des décisions du conseil municipal, gère les biens de la commune et passe les actes nécessaires ; l’autorité supérieure intervient, du reste, pour approuver les actes les plus importants de cette gestion (baux à longue durée et aliénations, acceptation de dons et legs, emprunts, etc.).
Les communes sont civilement responsables des dégâts et dommages résultant des crimes ou délits commis sur leur territoire par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit envers les personnes, soit contre les propriétés ; mais, si elles ne sont pas en faute, l'Etat contribue pour moitié aux dommages intérêts et frais.
Les ressources de la commune se composent principalement du revenu des biens patrimoniaux, des centimes additionnels, du produit des octrois ou taxes de remplacement, des droits de place dans les halles, foires et marchés, du produit des dons, legs, emprunts, aliénations, etc. Les dépenses sont obligatoires ou facultatives.
Le budget est délibéré par le conseil municipal et réglé selon son importance, par arrêté préfectoral ou par décret.
La gestion des deniers communaux est conAée, selon l'importance des recettes ordinaires, soit au percepteur, soit à un receveur spécial.
Commune de Paris Ta), pouvoir révolutionnaire, installé du 10 août 1702 au 9-Thermidor. Elle fut le plus ferme soutien des terroristes. — Autre pouvoir révolutionnaire, installé à Paris après la levée du siège de Paris par les Prussiens et l’insurrection du 18 mars 1871 et renversé à la An de mai de la même année, à la suite d’un nouveau siège de la capitale par Tarmée du gouvernement de Thiers.
Billioray, Cluseret, Delescluze, Ferré, Flourcns, F’élix Pyat, Raoul Rigault, Vaillant furent les chefs de la Commune, dont l’arrestation des otages, la suppression du budget des cultes, la démolition de la colonne Vendôme, la création d'un comité de salut public, etc., furent les actes principaux. Pendant que les troupes régulières occupaient de vivo force la capitale, eurent lieu le massacre des otages à la Roquette, l'incendie des Tuileries, de la Cour des comptes, etc., excès auxquels répondit une répression énergique. l’iusieurs des chefs de la Commune furent fusillés pendant ou après l'émeute, et les conseils de guerre en déportèrent un certain nombre en Nouvelle-Calédonie. Le 14 juillet 1880, fut promulguée une amnistie générale pour les actes commis pendant l’insurrection.
Communes (Chambre des). V. Chambre.
communément \ko-mu-né-man] adv. Ordinaiment, généralement. Ant. Exceptionnellement.
communaux [kom-mu-neù.], euse [eu-ze] n.
et adj. Syn. de communard.
communiant \ko-mu-ni-an\ e n. Personne qui communie. Personne en âge de communier ; paroisse qui compte cinquante communiants. Premier communiant, première communiante, qui communie pour la première fois.
communicabilité [ko-mu] n. f. Qualité de ce qui est communicable.
communicable [ko-mu] adj. Qui peut être communiqué. Ant. Incommunicable.
communicant \ko-mu-ni-kan], e adj. Qui communique ; le liquide s'élève à la même hauteur dans les vases communicants.
communicateur, trice [ko-mu] adj. Qui
sert à mettre en communication : fil communicateur. N. m. Appareil transmettant le mouvement.
communicatif, ive [Ao mu] Adj. Qui se communique, se gagne, comme le rire ; le rire est communicatif. Qui aime à faire part aux autres de ses pensées : l'enfant est communicatif.
communication [ko-mu, si'-on] n. f. (lat. communicatio). Action de communiquer : la communication d'un mouvement. Avis, renseignement : recevoir une communication. Action ou moyen de se transporter ou de transporter une chose entre deux lieux : voies de communication. Rapport : se mettre en communication avec un accusé. (C'est par extension de ce sens que Ton dit : demander la communication téléphonique, c’est-à-dire téléphoner.) Rhét. Figure par 'laquelle l'orateur feint de consulter son adversaire.
— Encycl. Dr. Communication de pièces. Chaque partie doit à son adversaire la communication des pièces et titres dont elle entend se servir contre lui, et ces pièces, une fois produites, ne peuvent être retirées du débat. En principe, on ne^ doit communiquer que les pièces employées. En principe encore, on ne peut obtenir communication de pièces appartenant à un tiers, surtout lorsqu'il s'agit de lettres missives ou de pièces conAdentielles appartenant à une administration. Dans certains cas, on peut exiger la communication des livres de commerce.
La communication de pièces peut être demandée, par un simple acte d'avoué à avoué, dans les trois jours du moment où les pièces ont été employées ou signiAées ; ce délai peut, du reste, être prorogé.
Communication au ministère puàZic. V. ministère PUBLIC.
communicativement [ko-mu, man] adv.
D’une manière communicative.
eommunicatoire [ko-mu] adj. Susceptible d'être communiqué : partie eommunicatoire d'une affaire.
communier [ko-mu-ni-é] n. m. Personne qui comptait parmi les bourgeois d'une commune. Membre des milices communales. Auj. Propriétaire en commun.
communier [ko-murni-é] v. n. (du lat. eommunicare. communiquer. — Se conj. comme prier.') Recevoir la communion. Fig. Etre en communauté intellectuelle et morale ; tous les êtres communient par la douleur. V. a. Donner la communion à : communier quelqu'un.
communion [Ao-nm] n. f. (lat. communia). Union dans une même foi : se séparer de la communion catholique. Par ext. Communauté participation. Réception du sacrement de l’eucharistie. Moment de la messe où le prêtre la donne de l'évangile à la communion. Verset que le prêtre récite et que le chœur chante après la communion. Communion des fidèles, ensemble des catholiques ui reconnaissent l'autorité du pape. Communion es saints, rapport entre les Adèles de la terre, du purgatoire et du ciel.
— Encycl. Théol. La communion est, selon la doctrine de l'Eglise, l'acte par lequel les chrétiens reçoivent le corps et le sang de Jésus-Christ dans le sacrement de l'eucharistie. Dans l'Eglise primitive, elle avait lieu à la An d'un repas religieux (agape) rappelant la Cène. Les Adèles x’ecevaient du pain et du vin consacrés. Aujourd’hui, le prêtre se donne a lui-même la communion en célébrant la messe : il descend ensuite de Tautel pour la donner aux Adèles. Le prêtre communie sous les deux espèces : depuis le xiii' siècle, le Adèle n’est plus admis a pai'ticiper au calice: il reçoit une hostie, petit disque blanc de pain sans levain,quele prêtre consacre pendant la messe. L'Eglise impose au Adele oui
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communie (sauf dans le cas du viatique) le jeûne eucharistique, qui consiste à n'avoir rien pris depuis minuit du jour précédent : ni une parcelle de nourriture, ni une goutte de liquide. La communion peut être donnée en dehors de la messe. Les malades et les infirmes communient dans leur maison. La communion doit être reçue en état de grâce ; c’est pourquoi elle est ordinairement précédée de la confession et de fia réception de l’absolution. En France, la première communion est précédée des instructions données dans les catéchismes ; elle peut se faire à partir de l'âge de sept ans. L'Eglise oblige le fidèle à communier en cas de maladie grave ; elle l’engage à communier aux principales fetes de l'année, et même plus fréquemment.
Les protestants, en rejetant la messe, ont conservé la communion sous le nom de « sainte cène ». Ils | reçoivent le pain et le vin de la main du ministre.
Communion. Un grand nombre de tableaux ont été peints sous ce titre. Citons, parmi les principaux : la Communion des apôtres^ chef-d'œuvre de Ribera . (Naples); — la Communion de saint François sise. de Rubens (Anvers) [le Christ, admirablement éclairé, a une pose pleine de naturel et de dignité] ; — la Communion de saint Jérôme^ tableau célèbre du Dominiquin (Vatican) [v. p. 4-76] : — d’Augustin Carrache (pinacothèque de Bologne).
communiqué [ko-mu-ni~ké\ n. m. Avis ou renseignement transmis officiellement. Pendant la Grande Guerre, résumé officiel et quotidien des opérations militaires. (On disait autrefois bulletin.)
— Encycl. Br. Les différentes lois sur la presse ont toujours consacré un droit de réponse, pour l'administration comme pour le particulier. Un décret de 1852 édicta des pénalités qui allaient jusqu’à la suspension administrative du journal pendant quinze jours, en cas de refus d'insertion des rectifications, documents officiels, réponses, etc. Ce fut, à proprement parler, l’origine du communiqué. La loi du 29 juillet 1881 y mit fin en limitant l’intervention administrative aux seules rectifications : « Le gérant est tenu d’insérer gratuitement, en tête du plus prochain numéro du journal ou écrit périodique, toutes les rectifications qui lui seront adressées par un dépo.sitaire de l'autorité publique, au sujet des actes de sa fonction qui auront été inexactement rapportés... », sous peine d’une amende de 100 à 1.000 francs. C’est le droit de réponse, sur l’étendue duquel la jurisprudence n’est pas fixée.
communiquer [ko-mumidc^ v. a. (lat. communicare; de communis^ commun). Rendre commun, faire partager : V aimant communique au fer ses propriétés attractives. Donner connaissance de : communiquer un avis. V. n. Etre en relation : chambres qui communiquent. Etre en relation avec : communiquer avec un savant.
communiqueur [ko-mu-ni-keur) n. m. Celui qui envoie des communiqués : communiqueur ministériel.
communisme [ko-mu-nis-me] n. m. Doctrine de la communauté des biens, appliquée non seulement aux moyens de production, mais aux objets de consommation.
— Encycl. Tandis que l’idéal du collectivisme se borne à poursuivre la mise en commun des moyens de production (mines, domaines agricoles, usines, etc.), en donnant à l’intérêt de chacun Un sens d’intérêt général, le communisme voudrait étendre ce principe aux objets mêmes de consommation (vêtements, meubles, aliments, etc.). Campanella, Meslier, Brissot de \Varville et surtout Babeuf ont été les principaux théoriciens du communisme, dont le simplisme arbitraire suffit à déceler le caractère utopique. Les bolcheviks ont tenté de réaliser en Russie les principes du communisme.
communiste \ko-mu-nis-te\ adj. et n. Partisan du communisme : Babeuf fut un communiste. Br. Copropriétaire, copossesseur d’un bien indivis : chaque communiste peut aliéner sa part sa7is le consentement des autres.
CommUïlité [kom'-niu] n. f. Etat de ce qui est commun à plusieurs.
COmmutRble [kom'-mu^ adj. Qui peut être commué. Syn. commuÂble. Ant. Inconimutabie.
commutateur [kom'-mu] n. m. (du lat. commutare , échanger ) . Appareil servant à changer la direction des courants électriques, ou encore à éta- ■ plir ou interrompre le courant dans un circuit.
commutatif, ive \kom'-mu^ adj. Qui se rapporte à l’échange. Contrat commutatif, où chaque contractant reçoit l’équivalent de ce qu’il donne : le contrat commutatif est l'opposé du contrat aléatoire.
commutation \kom'~mu-ta-si-on] n. f. Changement. Réduction d'une peine en une autre moindre.
Commutatrice n. f. Machine électrique dans laquelle a lieu la transformation des courants alternatifs en courants continus, ou inversement. Syn.