XII. Ecoles libres
Il existe de nombreuses écoles libres, depuis les écoles maternelles privées, jusqu’aux grands établissements supérieurs, mais elles sont trop nombreuses pour être énumérées ici. Nous nous contenterons d’indiquer les suivantes :
Écoles libres d’agriculture : Institut agricole de Beauvais; Ecoles supérieures d’agriculture, d’Angers et de Toulouse; Ecole d'agriculture de Sandar-Limonest (Rhône) ; Institut pratique d'agronomie, d’Aix (Bouches-du-Rhône); Ecole d'agriculture » Lamennais », à Ploêrmel (Morbihant ; Ferme-école de Mont-Gérard, par Montiers-sur-Saulx (Meuse); etc.
École libre des sciences politiques, à Paris- Fondée en 1872, elle prépare aux grandes carrières administratives (diplomatie, conseil d’Etat, Cour des comptes, inspection des finances, administrations centrales, etc.) d.ans 5 sections ; admin'istratice, économique et financière, économique et sociale, diplomatique et générale. Admission libre. Durée des études : 2 ans au minimum, généralement 3 ans. Diplôme équivalent au doctorat économique.
École Interalliée des hautes études sociales, à Paris. Fondée en 1900, elle comprend une école morale et sociale et une école de journalisme, qui donnent un enseignement pratique à ceux qui dé- ' sirent devenir des hommes publics. Admission libre. Cours libres. Diplôme.
Collège libre des sciences sociales, à Paris. Fondé en 1895 et ayant pour objet renseignement des doctrines sociales à des élèves libres.
École d’anthropologie, à Paris. Enseignement des sciences naturelles comparées, de la préhistoire, de l’ethnologie, de la sociologie et de la linguistique.
École spéciale d’architecture, à Paris. Fondée en 1863, pour former des architectes pratiques. Durée des cours ; 3 ans. Externat.
École supérieure d’électricité, à Paris. Délivre des diplômes d’ingénieur électricien. Les anciens élèves des écoles Polytechnique, Centrale, des Mines, de Saint Etienne, les anciens élèves médaillés des Ecoles d’arts et métiers, les licenciés ès sciences physiques sont dispensés du concours d’entrée.
Institut industriel du nord de la France, à Lille. Entretenu par le départ, du Nord, la ville de Lille, et subventionné par l’Etat. Forme des ingénieurs civils et directeurs d’usines; durée des études ; 3 ans. Les élèves reçoivent un diplôme d’ingénieur civil ou un certificat de capacité de génie civil.
École supérieure d’aéronautique et de construction mécanique. Fondée à Paris en 1909, dans le but de former des ingénieurs constructeurs capables d’établir un projet d’aérostat, aéroplane, moteur léger, et d’en diriger l'exécution. Régime ; Texternat. Durée des études ; 1 an. Admission au concours.
École d’ingénieurs, fondée en 1891 à Marseille, avec le concours de la ville ; forme des ingénieurs industriels. Les candidats, bacheliers, doivent avoir 16 ans révolus. Durée des études : 4 ans.
École de chant liturgique [Schola eantorum), à Paris, agrégée à l’Institut catholique. A pour objet l’étude du plain-chant et de la musique sacrée.
École de musique classique, fondée, en 1853, sous le titre d'Ecole de musique religieuse, par Niedermeyer ; subventionnée par le gouvernement. Située à Boulogne (Seine), elle est destinée à former des organistes et des maitres de chapelle.
Écoles hôtelières. V. hôtelier-.
École miUtaire, monument élevé à Paris, à l’extrémité du Champ-de-Mars, en 1752, par l’architecte Gabriel, et destiné d’abord à devenir le siège d’une école militaire de jeunes gentilshommes. Depuis 1793, ses bâtiments n’ont cessé d’être occupés par un quartier de cavalerie. Ils sont aujourd’hui, en outre, le siège de l’Ecole supérieure de guerre.
École des maris (T), comédie en trois actes et en vers, de Molière (1661). Sganarelle, tuteur jaloux d’Isabelle, s’oppose à Ariste, tuteur indulgent de Léonor. Molière semble, par le dénouement qu’il donne à sa pièce, s y prononcer pour une éducation large et libérale des jeunes filles.
École des femmes {<’), comédie en cinq actes et en vers, de Molière (1662) ; la première en date des grandes comédies de Molière. Il y montre, par l'exemple d’.\gnès, dont la naïveté même rend vaines toutes les précautions de son tuteur Arnolphe, que la vertu d’une femme ne saurait reposer uniquenient sur son ignorance du mal. — Molière défendit sa pièce dans la Critique de l'école des femmes, comédie en un acte et en prose (1663), et dans l'Impromptu de Versailles.
École des mères (Z’), comédie en cinq actes et en vers, de La Chaussée (1743) ; une des meilleures pièces du genre dit « larmoyant ».
École de la médisance (f) [School for scandai], comédie de Sheridan ; une des pièces les plus originales et les plus gaies du théâtre anglais (1766:. Elle est dirigée contre ces mille bavardages de société
qui dénaturent les faits et, de légères peccadilles, font quelquefois des crimes monstrueux.
École des vieillards (Z'), comédie de Casimir Delavigne, sur la conduite que doivent tenir les vieillards qui ont des jeunes femmes : pièce bien construite et agréablement écrite 18-23).
École d’Athènes (Z’j ou la Philosophie, chefd'œuvre de Rapliaél, au Vatican ^Chambres). Les grands philosoiihes et les grands écrivains grecs ; Socrate, Platon, Aristote, Zenon, Empédocle, Diogène, Nicomaque, etc., sont groupés sur les degrés et sous le péristyle d’un temple. Scène imposante, physionomies expressives ; belle architecture. (V. p. 733.)
École des singes (Z’), tableau de David Teniers (Madrid). La gent écolière y est saisie dans toute sa pétulance et sa mutinerie.
École du soir (Z’I, tableau de G. Dov (Amsterdam). On y admire l’attitude du pédagogue, la naïveté
L’Écule du suii-, tableau de G. Dov.
des visages d’enfants, le pittoresque de la composition, la perfection des effets de lumière.
École turque (Sortie de l'), célèbre aquarelle de Decainps, représentant tine volée d’écoliers qui prend la clef des champs en se bousculant ; composition spirituelle, pleine de mouvement et de vérité (1842) (V. p. 723.)
École normale (Z’), journal d’ éducat'ion et d'instruction, fondé par P. Larousse en 1859. Précieux recueil d’enseignement pratique, en 13 vol.
écolerie rrZ] n. f. Ensemble des écoliers : débordements de l'écolcrie. (V. Hugo.)
écolier [ZZ-é], ère n. Qui va à Técole. Etudiant de l'Université, au moyen âge. Fig. Novice ; personne gauche ou empruntée : n'être encore qu'un écolier. Faute d'écolier, erreur, bévue dénotant TinexpÀ ricnce, la maladresse, etc. Le chemin des écoliers, le plus long. Adjectiv. ; la gent écolière. Papier écolier, papier blanc de qualité moyenne.
Écolier limousin (Z'), personnage du Pantagruel de Rabelais (II, 6). Il parle un jargon pédantesque, mêlé de grec et de latin, et finit par avouer, sous la menace des coups, qu’il est limousin » pour tout potage ».
écollage [ko-la-jel n. m. Echarnement des peaux, écolier [fto-Zé] v. a. (de é, et col). Pratiquer l’écollage. Syn. de écharner.
éCOlleter [ko-le-té'] v. a. (de é, et collet). Elargir au marteau sur la bigorne (une pièce d’orfèvrerie).
écollette [ko-lè-te'i n. f. Rétrécissement du diamètre d’une pièce d'orfèvrerie.
Ecommoy [ko-mo'i\, ch.-l. de c. (Sarthe), arr. du Mans ; 3.730 h. Ch. de f. Orl. — Le cant. a
éconduire v. a. (préf. é, et conduire. — Se conj. comme ce dernier.) Congédier avec plus ou moins de ménagements : éconduire un solliciteur.
éconduiseur [zeur] n. m. Homme qui a l’habitude d’éconduire les solliciteurs. (Peu us.) éconduite n. f. Action d’éconduire. (Vx.) économat [ma] n. m. Charge d’économe. Bureaux de l’économe. Magasins annexés à un établissement industriel, pour vendre aux ouvriers des denrées diverses. (Ces économats ont été supprimés par la loi du 25 mars 1910.)
économe n. (gr. oikonomos ; de oikia. maison, et nomos, règle). Personne chargée de la dépense d’une maison. Adjectiv. Qui règle sagement sa dépense : ménagère économe. Fig. Qui mesure une chose avec parcimonie ; économe d'éloges. Ant. Dissipateur, prodigue, dépensier.
— Encycl. .Admin. L’économe, dans un lycée, est chargé de la surveillance du service matériel et de la gestion économique. Il doit fournir un cautionnement. Il manie les finances et les matières, et il est à ce titre justiciable de la Cour des comples. Les économes des lycées sont divisés en trois classes, les lycées de Paris restant hors classe, l’our entrer dans l’économat des lycées, il faut être muni d’un diplôme de bachelier, avoir fait un stage d’un an, et subi un examen spécial. Les économes sont aidés par des commis d'économat.
Dans les hospices et hôpitaux, il y a aussi des économes, mais qui sont de simples régisseurs, la gestion financière de ces établissements étant exclusivement confiée aux receveurs.
économie [mî n. f. (gr. nikonomia). Ordre dans la dépense, d.ans la conduiie d’une maison, d’un ménage : économie domrstique. Vertu qui porte îi régler sagement la dépense : J'aime mieux, disait
Louis XII, voir rire mon peuple de mon économie que de le voir pleurer de ma’prodigalité. Economie politique, science qui traite de la production, de la répartition et de la consommation des richesses. Economie sociale, science de l’ensemble des lois qui régissent la société et ses intérêts. Economie rurale, science des moyens de tirer profit du sol. Fig, Harmonie des différentes parties d'un tout ; l'économie animale. PL Ce que Ton a épargné : prendre sur scs économies. Ant. Dilapidation, gaspillage, prodigalité, dissipation.
— Encycl. Economie politique et économie sociale. L’expression économie politique signifie « science du gouvernement de la maison commune ». En d’autres termes, l'économie politique est la science qui concerne les phénomènes naturels auxquels donnent lieu les transactions entre les hommes. Elle observe des phénomènes moraux et matériels. Elle tient compte, en effet, des besoins, des instincts et des aspirations de l’homme, en même temps quelle étudie les forces productives de la nature, qu’elle divise en richesses naturelles et en richesses acquises.
Le fondateur de l’économie politique moderne est le D» Quesnay. Plus tard, Turgot formula le programme de la science économique dans cette devise : « Liberté du travail et des échanges », qui est devenue le dogme fondamental des doctrinaires. Les idées de Quesnay ont été reprises, et sur certains points modifiées, par Stuart Mill, Ricardo, Wakefleld, Jean-Baptiste Say, chef de l'école française. J.-B. Say démontra que la richesse ne provient pas seulement de la terre, comme le prétendaient les physiocrates du xvm« siècle, mais auSsi du travail manuel ou industriel et intellectuel. Après lui, Bastiat a été le plus brillant champion des doctrines libres-échangistes.
Depuis, le champ de l’observation de l’économie politique s’est étendu. On ne s'est plus contenté do discuter sur la théorie de- la valeur, de la richesse ; on a fait entrer dans le cadre de cette science l’étude de la morale, le droit, les impôts, l’hygiène, etc. Comme l’a dit Léon Say, » les forces matérielles ne sont pas seules à concourir à la production. Il y a une autre force qui s’appelle la force humaine : elle se confond avec l’âme et l'intelligence de l’homme ». De cet accord entre les deux éléments est née l’économie sociale, qui dérive de l’économie politique. Son rôle principal consiste à défendre les personnes et les droits de chacun, à donner au travailleur le meilleur salaire, à l’industrie qui naît les moyens de se développer, aux malheureux le moyen de travailler, aux faibles et aux infirmes assistance et protection.
Economie rurale. L’économie rurale est l’économie politique appliquée à l’agriculture. Elle étudie spécialement les lois qui règlent l’organisation de l’industrie agricole et l’exploitation du sol.
Toute 1 industrie agricole dépend de deux facteurs fondamentaux ; les prix de revient, sur lesquels le cultivateur peut faire sentir son influence par son intervention personnelle, sa science, son activité, son économie, et les prix de vente, dont la détermination lui échappe. C’est l’étude des causes diverses influant sur la prospérité de la culture qui constitue l’économie rurale, et la détermination du système de culture à adopter dans un milieu donné dépend de la saine discussion d’un grand nombre d’éléments.
Les causes qui agissent sur la prospérité de la culture peuvent être physiques (climat, nature géologique et chimique du sol, etc.), ou économiques (importance des capitaux engagés, débouchés ouverts aux produits, transports et prix de vente, maind’œuvre disponible, régime fiscal, institutions diverses de crédit ou d’assurances, etc., qui facilitent les opérations du cultivateur;.
Économies royales, mémoires de Sully, document très précieux pour l’histoire économique et politique du règne de Henri l’y, quoique ce soit une narration souvent sans ordre et sans agrément (1638). C’est là que se trouve exposé le fameux Grand Dessein de Henri l’y, d’ailleurs imaginé par son ministre. Sully y parle de lui-même avec une complaisance parfois exagérée.
économique adj. Qui a rapport à l’administration des dépenses. Qui a rapport à l’économie politique ; les problèmes économiques. Qui diminue les frais, la déqense : chauffage économique. Ant. Dispendieux, coûteux, onéreux, ruineux. N. f. Science de l’économie.
Économique (Z’), ouvrage de Xénophon, traitant avec agrément et délicatesse du rôle de la femme dans l’administration de la maison (iv® s. av. J.-C.).
économiquement [ke-man\ adv. Avec économie : vivre économiquement.
économiser [zé] v. a. Epargner, ménager. Fig. : économiser son Zewips. Ant.- Dilapider, dissiper, dépenser, gaspiller, prodiguer.
économiseur [zeur\ n. m. Dispositif d’un appareil distillatoire destiné à procurer une économie de combustible. (On dit plus souvent réccpérateur de chaleur.) Appareil de réglage adapté à un moteur d’automobile, d’avion, etc., pour régulai'iser la combustion de l’èssence et, par suite, réaliser la plus faible dépense.
économisme [mis-me] n. m. Système, science des économistes.
économiste [mis-Zel n. Ecrivain qui s’occupe d’économie politique ; les économistes du xviiie siècle ont prépare la Révolution. Adjectiv. ; fanatisme économiste.
écopage n. m. Pop. Coup, réprimande, écope ou eSCOpe [ès-Zro-pe] n. f. (vx suéd. skopa). Pelle de bois, pour prendre et lancer de l’eau. Soucoupe évasée, pour écrémer le lait à la main.
écoper Lcope.
[p^] V. a. Vider l’eau avec une écope. V. n. Pop. Recevoir des reproches, des coups.
écoperclie [pèr-che] n. f. fde écots et perche). Grande perche verticale, supportant un échafaudage. Pièce de bois dressée, portant une poulie en tète.
écopette [pè-re] n. f. Petite écope, écoquage ou écoquelage n. m. Action d’écoquer.
ÉCO
écbquer [lcS\ ou ^coqueter \ke-té\ v. a. Dégarnir (une chasse) des mâles de faisans, perdrix, etc., trop nombreux.
écorag6 n. m. Action d’écorer.
écorçage ou écorcement [se-man] n. m.
Action de dépouiller certains végétaux de leur écorce.
— Encyol. L’écorçage est pratiqué soit sur certains arbustes employés en vannerie, comme l'osier, soit sur des arbres dont l'éoorce est douée de propriétés particulières : liège (chêne-liège), écorees tannantes (chêne rouvre, aune, bouleau, etc.), écorces tinctoriales (quercitron) ou aromatiques (cassia, gayac, cannelle, etc.). Dans le premier cas, comme on traite des menues branches, l’opération est sans aucune difficulté et s'effectue à l’aide de petits outils
Écorçage de chêne-liège.
tranchants dit écorçoirs, peleurs, racle-vime, pèleosier, etc. ; mais, quand il s'agit d'arbres, elle est plus compliquée. On procède à l'écorçage quand l'arbre est encore sur pied et au moment où l’abondance de la sève permet de détacher facilement, à la hache ou à l’aide de coins, les plaques d'écorce qu'on a circonscrites au ciseau ; ou bien encore on abat les arbres et l'on écorce le tronc et les branches débités à la soie, mais il faut procéder à l'écorçage avec rapidité, si l’on veut profiter de la présence de la sève. Enfin, on peut, en toute saison, écoroer les bûches par la vapeur, en utilisant le procédé Martin, perfectionné par Nomaison, et qui consiste à soumettre le bois à l’action de la vapeur pendant quelques heures, dans des récipients clos.
écorce n. f. (du lat. cortex, icis, même sens). Partie extérieure et superficielle qui recouvre la tige et les rameaux de certaines plantes : l’écorce du chêne sert à tanner lei peaux. (V. la planche plantes.) Ecorce à tille, écorce renfermant des fibres textiles, comme celle du tilleul. Enveloppe de certains fruits : écorce de citron. Croûte extérieure : écorce de la terre. Fig. Superficie, apparence : ne pas juger sur l'écorce. Prov. : Entre l’arbre et l’écorce, etc., V. ARBRE. Quand on a pressé l’orange, on jetto l’écorce, quand on a tiré de quelqu’un tout ce qu’on pouvait espérer, on le repousse, on le néglige. (Le mot fut appliqué par Frédéric II à Voltaire.)
— Encycl.. L’écorce est la partie d’une tige, d’une racine ou d'une feuille qui est extérieure au cylindre central (stèle) ou aux stèles ou aux fragments de stèles (méristèle) que contient cet organe. Les anciens botanistes comprenaient sous le nom d'écorce toute la partie d’une tige extérieure au cambium : cette ancienne signification a été conservée en botanique descriptive ou appliquée.
L'industrie utilise des écorces, qui se classent en tannantes, tinctoriales, d'usage domestique ou aromatiques, etc. Les premières sont les écorces de chêne, de sapin, d’aune, de châtaignier, do bouleau, de saule, de tremble, d’épicéa, etc. Toutes contiennent du tanin. Parmi les secondes, nous citerons celles du chêne Jaune ou quercitron, donnant des teintures Jaunes, rouges ou brunes. La troisième classe comprend les écorces de chêne-liège, du bois de Panama provenant du Brésil. Les écorces aromatiques sont celles de cannelle, de gayac, de cassia, etc. D’autres écorces ont aussi leur emploi : le bouleau noir, pour la construction d’esquifs légers, imputrescibles à l’eau ; celles de pin, de sapin, de mélèze, de lentisque, etc., qui laissent écouler des sucs gommeux ou résineux ; le chanvre, le lin, la ramie, le mûrier, le tilleul, ete., fournissent des matières textiles.
écorcement n. m. v. écorçage.
écorcer [sé] v. a. (Prend une cédille sous le c devant a et o -.il écorça ; nous éeorçons.) Enlever Técorce.
écorcliailt [chan], 6 adj. Fam. Discordant, qui écorche l’oreiUe : des. sons écorchants.
écorcllé n. m. Bx-arts. Homme ou animal représenté complètement dépourvu de sa peau, pour rendre visibles les muscles, les veines et les articulations. CV. HOMME.)
écorclie-cul (à) loc. adv. Pop. En glissant sur le derrière : descendre une pente à écorche-cul. Fig. A contre-cœur.
écorchement [mon] n. m. Action d'écorcher.
écorclier [eh^ v. a. (lat. excorticare). Dépouiller de sa peau : écorcher un lapin. Enlever une par* tie de la peau, égratigner : il m'a tout écorché. Fig. Produire une impression désagréable : voix qui écorche les ornLhs, Faire payer trop cher : écorcher un client. Parler mai ; écorcher le français. Prov. :
Il n’y a rien de si difficile à écorcher que la queue,
le plus difficile, en toute chose, est la fin. Il faut écorcher i’anguille quand on la tient, il faut profiter de l’occasion. Il faut tondre les brebis, et non les écorcher, il ne faut tirer des gens que ce qu'ils peuvent raisonnablement donner. Jamais beau parler n’écorcha la langue, un langage décent ne nuit jamais à qui l’emploie. Tant vaut celui qui tient que celui qui écorche, le receleur est aussi coupable que le voleur.
écorclieri© n. f. Local où l’on écorche les animaux. Fig. Etablissement où Ton rançonne les clients : cet'hôtel est une véritable écorcherie. Hist. Ce qui se rapporte aux Ecorcheurs.
écorctieur, euse [eu-ze\ n. Qui écoi’che les bêtes mortes. Fam. Personne qui écorche, au sens figuré de ce verbe. Celui qui fait payer trop cher.
Ecorcheurs, bandes armées qui désolèrent la France sous Charles VI et Charles VII. Chabannes, La Ilire, Louis de Bueil, Rodrigue de Villandrado furent parmi les chefs de ces routiers , que Charles VII élimina peu à peu de l’armée. — Nom des écorcheurs de bêtes, qui, sous Charles VI, constituaient la partie la plus exaltée de la faction des bouchers.
écorcÜure n. f. (de écorcher). Plaie superficielle de la peau. (V. excoriàtion.) Fig. Atteinte qui cause du dépit.
écorcior [sî-é] n. m. Endroit où l’on emmagasine les écorces dans une tannerie.
écore n. f. Registre sur lequel se trouvent inscrits les comptes d’un bateau pêcheur. V. accore.
écor6P fré] V, a. (angl. to score). Tenir les comptes d'un bateau pêcheur. V. accorer. écoreur n. m. Agent chargé d’écorer, écorne n. f. Action d’écorner ; alteinte, dommage. (Vx.)
écornement [man] n. m. Action d’écorner, écorner [né] v. a. Rompre les cornes : écorner un taureau. Briser les angles : écorner une table. Fig. et fam. Amoindrir ; porter atteinte à. Ecorner sa fortune^ en dissiper une partie. Vent à écorner les bœufs, .vent extrêmement violent.
écorniflor [ûé] v. a. (de écorner). Se procurer un bon repas, de l’argent, etc., aux dépens d’autrui : écornifler un repas. Fig. : écomifler de bons mots. écornifierie [?’f] n. f. Action d’écomifier. écornifleur, euse ^eu-ze] n. Fam. Personne qui fait le métier d’ écornifler ; parasite. Par ext., plagiaire.
écornure n. f. Eclat enlevé de l'angle d’une pierre, d'un meuble, etc.
Écos [/co], ch.-l. de c. (Eure), arr. et à 19 kil. des Andelys ; 560 h. Bestiaux. — Le cant. a 24 comm. et 7.470 h.
Écossais,© \ko-sè, è~ze], habitant ou originaire de l'Ecosse ; les Ecossais. (V. p. 537.) Etre en Ecossais, sans pantalon. N. m. Dialecte des Ecossais : parler écossais. N. f. Ringard pour attiser le feu. Adjectiv. Etoffe écossaise, ou substantiv. écossaise (n. f.) ou écossais (n. m.), étoffe à carreaux de couleurs variées. Hospitalité écossaise, large et désintéressée. Garde écossaise, première compagnie des gardes du corps du roi de France avant 1789. (Instituée par Charles VII, elle fut d’abord composée d’Ecossais.) Ecole écossaise, groupe de pliilosophes écossais, qui s’efforcèrent do réagir contre la philosophie de Loche et de Hume. Ses principaux représentants sont Ilutcheson, Adam Smith, Thomas Reiçl, Dugald-Stcwart, Ilamilton.)
Écosse, la plus septentrionale des trois parties des îles Britanniques, au nord de la Grande-Bretagne ; 4.7GO.OOO h. (Ecossais) ; capit. Edimbourg,
L’Ecosse s’étend au N. de la Tweed sur 78.746 kilom. carrés d’un pays montagneux. Les massifs septentrionaux constituent les Hautes-Terres {Higlilands) ; ils culminent au Ben Nevis (1341 m.) dans les Grampians ; au S. sont les Basses-Terres {Lowlands), au delà desquelles, sur la fi’ontièrc d’Angleterre, le pays se relève dans les monts Cheviot. Les côtes sont très découpées et entaillées de fjords profonds ifirths), où aboutissent de courtes rivières (Clyde, Forth, Éarn, Tay, etc.), fréquemment sorties de lacs ou lochs (loch Lomond, loch Katrinc, etc.). Une race vigoureuse et sobre, celtique d’origine et parlant encore en partie le gaélique, peuple le pays. Les Highlands sont stériles, couvertes de bruyères et de tourbières ; dans les Basses-Terres, par contre, on trouve des trésors de houille et de fer, du plomb, du cuivre ; là paissent les races laitières d’Ayr et les moutons cheviots. La vie industrielle y est donc très active (constructions navales, machines, industries textiles du coton et de la laine). De là, dans les Lowlands. l’existence de villes industrielles comme Glasgow, Perth et Dundee, groupées autour d’Edimbourg, capitale politique et intellectuelle du pays. Plusieurs de ces villes sont des ports considérables, auxquels s’ajoutent d’autres ports comme Aberdeen, Peterhead, Banff, qui arment pour la pêche.
L’histoire de l’Ecosse commence avec la conquête des Basses-Terres ou Lowlands par les Romains d’Agricola, sous l’empereur Domitien, en l'an 80 de notre ère. Jusqu’alors, les Celtes Calédoniens du pays n’avaient pas obéi aux Romains, déjà maîtres de la partie méridionaie de l’ile de Bi*etagne, et ils ne furent jamais soumis par eux au N. du mur de Septime-Sévère, érigé en 207 de la Clyde au Forth. Au temps des invasions barbares, les Pietés, c’est-àdire les Calédoniens, et les Scots venus d'Irlande, peuplent, ceux-ci le nord et l'est et ceux-là l’ouest de l’Ecosse ; on les voit faire des incursions dans les campagnes anglaises, se convertir au christianisme un peu plus tard ivie s.) et se fondre, au ixe s., sous le roi des Scots, Kenneth II, en une seule nation, dont le territoire reçoit le nom de Scotland (pays des Scots.) C’est à la même époque qu'à l’heptarchie anglo-saxonne se substitue le royaume d'Angleterre ^ de là, entre les deux royaumes voisins, une longue suite de guerres, qui va du ixe au xiiie siècle et qui, après la soumission temporaire de l’Ecosse à l’Angleterre au temps du roi Edouard 1er, reprend, après l'affranchissement de l'Ecosse par Robert Bruce (1329). Elle dura même au temps des Stuarts, qui, à partir de 1370, régnèrent sur le pays et s'appuyèrent constamment sur la France pour résister aux convoitises britanniques, comme à l'insubordination et à la turbulence de leur noblesse. De cette insubordina-
ÉCO
tion et du triomphe de la Réforme presbytérienne l’infortunée Marie Stuart fut victime, dans la seconde moitié du xvie siècle. Quand, un peu plus tard {1(>03), son fils Jacques VI devint roi dAngleterre, comme descendant de Henri VII Tudor par les femmes, les deux royaumes demeurèrent distincts, bien que régis par un même souverain. Ils furent même parfois en guerre, par suite de la différence de foi des presbytériens écossais et des épiscopaliens anglais et, sous la première Révolution d'Angleterre, par suite de rattachement des Ecossais aux Stuarts, Ils fusionnèrent en 1707, sous la reine Anne, et constituèrent dès lors avec l'Irlande le royaume-uni de Grande-Bretagne et d^ Irlande. V. Grande-Bretagne.
— Linguîst. Trois idiomes sont usités en Ecosse : lo Verse ou gaéligue, langue celtique, parlée dans les montagnes {Highlands)', 2° l’écossais proprement dit. variété dialectale de l’anglais, parlée dans les Basses-Terres {Lowlands) ; l'anglais.
Écosse (Nouvelle -). 'V. Nouvelle-Écosse. • écosser [/co-sê] v. a. Tirer de la cosse : écosser des pois, des fèves.
écossette [ko-sè-te\ n. f. Botillon de betteraves. éCOSSeur, euse [ko-seur, eu-ze] n. Personne qui écosse. Pop. Employé’ des postes, chargé d’ouvrir les lettres égarées.
éeosseuse [ko-seu-ze] n. f. Machine à écosser les pois, haricots, etc.
éeossonneux {ko-so-neü\ n. m. Nom vulgaire du bouvreuil.
écot [ftojn. m. (du bas allern. skoi, pousse). Tronc d’arbre, rameau imparfaitement élagué. Petit bloc d'ardoise, qui reste adhérent aux foncées.
écot [ko] n. m. (de l'anc. allem. skot, contribution). Quote-part de chaque convive, dans un repas commun ; payer son écot. Montant de la carte à payer, chez un traiteur.
éeôtage n. m. Action d'écôter.
écôtard [tar] n. m. Porte-haubans. CVx). écôté, 6 adj. Blas. Se dit des branches privées de leurs rameaux, ou des pièces taillées comme Técot.
écôter [té] v. a. (du préf. é, et de côte). Enlever les côtes des feuilles de tabac Elaguer, i V.x.) Paire passer le fil dans plusieurs filières, pour faire disparaître les côtes.
écôteur, euse ’reM-r;e] n. Celui, celle qui éoôte. écouaille n. f. v. gouaille.
écouaue n. f. Syn. de écoine.
écouauer [né] v. a. Syn. de écoiner.
éeouauette [né-te] n. f. Syn. de écoinette. écoutoette [bè-te] n. f. Nom vulgaire de la chicorée sauvage.
écouclie n. f. ou écouchoir n. m. Outil de
bols pourécoucher le chanvre ou le
, . Écouche.
Eeouche,
ch.-l. de O. (Orne), arr. et à S kil. d' Argentan, près de l’Orne ; 1.240 h. (Eeouchéens). Ch. de f. Et. Commerce de chevaux ; carrières. — Le cant. a
éeouch.er [ché] v. a. (lat. excussare). Frapper la filasse de chanvre ou de lin, pour en détacher les parcelles ligneuses.
éCOUCh-UroS n. f. pl. Brins de lin ou de chanvi'e, dépouillés de leur écorce ligneuse à l'aide Técouche.
de
Écouen [kou-an], ch.-l. de c. (Seine-et-Oise), arr. et à 26 kil. de Pontoise ; 1.830 h. Ch. de f. N. Château construit par Jean Bullant pour le conné-
Château d’Écouen.
table Anne de Montmorency (xvi« s.) et qui sert aujourd’hui de succursale au pensionnat delà Légion d’honneur de Saint-Denis. — Le cant. a 22 comm. et 14.600 h.
écouer [kou-é] v. a. (du pr. é, et du lat. cauda, queue). Couper la queue d’un animal domestique : écouer un cheval.
écouet [êrow-ê] n. m. Mar. Cordage qui va en diminuant par un bout.
écoufle n. m. (orig. celt.). Nom vulgaire du milan. Cerf-volant, Jouet.
éeoulage n. m. (rad. écouler). Raclage des peaux éohamées, pour en faire tomber l’eau de chaux. Flottage du bois sur les cours d’eaux de faible longueur.
écoulement [man] n. m. Mouvement d’un liquide qui s’écoule : le drainage assure l'écoulement des eaux pluviales. Mouvement de personnes qui sortent d’un endroit : l'écoulement de la foule. Débouché, vente facile des marchandises : trouver ï écoulement de ses récoltes. Nom vulgaire donné à quelques maXadies [leucorrhée, blennorragie), dont le symptôme principal est un flux anormal : écoulement sanguin, séreux, muqueux.
— Encyol. Physiq. L’écoulement d’un liquide par un orifice étroit percé en paroi mince obéit à la règle de Torricelli : g, l’accélération de la pesanteur ; h. la charge, c’est-à-dire la distance du centre de l'orifice à la surface libre ; v, la vitesse d'écoulement, c’est-à-dire la longueur que parcourrait en ligne droite, dans l'unité de temps, une molécule quittant
Is’üeuds d'écoute : A, simple ; B, double.
ÉCO
l’oriftoe, sont liées pai' In relation = ^ 2 cjh. La nature du liquide n'intervient pas. Pour avoir un écoulement régulier, il suffira de inainlenir h constant, ce qu'on arrive à faire, par exemple, avec un flotteur ou un trop- plein.
La drpfnse g. c'est-n dire le volume du liquide qui passe dans l'unité de temps, est 9 = us, s étant la section de l'orifiee. En réalité, cette dépense est modifiée par la contraction de la veine. Si l'écoulement se fait dans un tuyau, il y a lieu de tenir compte du frottement pour évaluer la dépense ; la valeur de ce frottement par mètre courant s'appelle le ijradimt hydrauligue. .
L'écoulement des gaz sous faible pression obéit aux mêmes lois que celui des liquides.
écouler [U v. a. 'Vendre facilement : écouler des marchandisés. S’écouler v. pr. Couler hors d un lieu : toute l'eau de ce bassin s’est écoulée. Se retirer en foule. Fig. Passer, se dissiper : le temps s'écoule rapidement.
écoupe n. f. (du lat. scopa, balai). Mar. Balai pour le lavage. ;On dit aussi écoupée.) écourgée n. f. v. escouroée.
écourgeon n. m. v. escourgeon.
écourter [té\ v. a. Rogner, couper trop court ; écourter les cheveux. Fig. : écourter un discours.
Écourt- Saint -Quentin, comm. du Pasde-Calais, arr. et à 22 kil. d'Arras, sur riliroiidelle : 1.830 h. Lin. brasserie. En grande partie détruite au cours de la Grande Guerre.
éCOUSSage [kou-sa-Je] n. m. Tache noire sur la fa'ience.
éCOUtable adj. Que l’on peut écouter. (Peu us.) éCOUtage n. m. Action d'écouter. (Se dit plus particulièrem., dans la fabrication des phonographes, de l'action de contrôler, par l'audition, la sonorité et l’exactitude des eylindres ou, des disques.) écoutant [taii , C n. et adj. Qui écoute, écoute n. f. (holl. schoote). Cordage attaché aux coins inférieurs des voiles et servant à raidir chacune d'elles en fixant un de ses points du côté sous le veut.
é coûte n. f. (de écouter). Endroit d’où Ton peut écouter sans être vu. Poste d'écoute, dans la guerre des tranchées, excavation poussée très près des tranchées ennemies et où prend place un homme muni d’appareils amplificateurs des sons. Poste organisé dans la tranchée pour repérer, par le son, les batteries ou les avions ennemis. Organiser l'écoute, préparer, établir les postes d’écoute. Au pl. : être aux écoutes, être aux aguets. Véner. Oreilles du sanglier. Adj. Sœur écoute, religieuse qui en accompagne une autre au parloir.
éCOU’tement [man] n. m. Action d’écouter, de prêter l’oreille. (Inus.)
écouter [te'] v. a. liât, auscultare). Prêter Toreille pour entendre : écouter un morceau de musique. Tenir compte des paroles de : n'écoutez pas le ■médisant. Recueillir, exaucer : écoute les vœux des malheureux. Fig. Se laisser guider par : écoutez la raison. Ecoute, écoutez, se dit pour appeler quelqu’un ou attirer son attention. S’emploie aussi comme correctif, atténuation ; écoutez ! je ne pouvais pas ! N’écouter que d’une oreille, ne prêter qu’une faible attention. N'écouter que soi, ne prendre conseil que de soi. S'écouter v. pr. Prendre trop soin de sa santé. S'écouter parler, se complaire dans ses paroles.
écoute-s’il-pleut n. m. invar. Moulin qui D’est alimenté que par des eaux sujettes à tarir et qui a besoin de la pluie pour fonctionner.
écouteur, euse [eu-ze] n. Qui écoute, indiscret. Dans la fabrication des phonographes, employé (homme ou femme), dont les occupations consistent à éprouver par l'audition les qualités des cylindres ou disques enregistrés. N. m. Nom donné au récepteur d'un appareil téléphonique ou d’un phonographe, qu’on applique à Toreille. Appareil d’écoute.
écouteux, euse [teû, eu-ze'\ adj . Se dit d’un cheval .d’une jument qui se laisse distraire.
écoutille [U mil., e] n. f.
(esp. escotilla). Trappe pratiquée dans le pont d un navire, pour descendre dans l'intérieur.
éCOUtillon [il mil.] n. m. Sorte de trappe où l’on place le pied d'un mât de hune.
écoutoir n. m. Cornet acoustique. (Vx.) éCOUVette [ué-fe] n. f. Petit balai de bouleau des épinceteuses. Brosse à long manche des apprêteurs. Ecouvillon de boulanger.
écouvillon [/( mil.] n. m. (anc. fr. cscouve). Vieux linge attaché à un long bâton pour n e t-
toyèr les
corps ci'eux, Écouvillons : A, à cuiller. ^
notamment
les fours des boulangers. Brosse cylindrique montée sur un long manche, pour nettoyer Tàrae des canons.
écoU’villoniiage [ui, il mil., o-na-je] ou éCOUVillonnemeUt [ui, il mil., o-ne-man] n. m. Action d’écouvillonner.
écouvillonner [uf, il mil., o-né] v. a. Nettoyer avec Técuuvillon un four, un canon, etc. Méd. Action de débarrasser la matrice d’une muqueuse malade.
ecptiractique adj. et n. m. Méd. Syn. de