‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 874 sur 1225 · M AT · texte numérisé non relu

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Répartition des climats en France.

le précédent, mais généralement plus sec ; B» le climat aquitain, aux hivers tempérés, aux étés très chauds et orageux ; 6» le climat auvergnat, dur, humide et brumeux ; enfin, le climat méditerranéen, aux hivers d’une grande douceur, aux étés chauds et très secs.

II. — Géographie économique. La France est, par excellence, un pays agricole. Deux treizièmes seulement du sol restent incultivés. Les grands produits du sol sont : les céréales (Beauce, Brie, Picardie, Alsace, etc.), le vin (Bordelais, Bourgogne, Champagne, Languedoc, Roussillon, Touraine, Anjou, Charcutes (eaux-de-vie de Cognac] et Armagnac [eaux-de-viè d' Armagnac], les pommes de terre (Bretagne, Limousin), la betterave (Picai-die, Artois, Ile-de-France), les plantes fourragères, les gazons et foins , etc., plus ce que rapportent neuf à dix millions d'hectares de forêts, taillis et brousses. I^es vignobles, à peu près complètement ravagés par le phylloxéra, ont été reconstitués presque entièrement. Les populations rurales pratiquent l'élève du cheval (Boulonnais, Perche, Normandie, région tarbaise, etc.), du bœuf (Nifernais, Limousin, Normandie, Bretagne, Salers, vallée de la Garonne), des moutons (Brie, Champagne, Berry, causses, etc.), des porcs (Limousin), des oiseaux de bassccour (races depoules, oies, pigeons, très estimées) et des abeilles (miel du Gâtinais, de Narbonne, etc.). Le renouvellement de l'outillage, la formation de syndicats permettent de soutenir la concurrence étrangère. Quelques cultures industrielles, telles que celle de la betterave, se sont sensiblement développées, et 1 exploitation de nos richesses souterraines est en jileine activité. La houille est exploitée dans le Nord (Anzin), le Centre (Blanzy, Commentry, Saint-Etienne), le Midi (Decazeville, Alaisl, etc. Le fer est abondant (Meurtheet-Moselle, etc.). L’Alsace a des gisements de potasse, de pétrole. L’industrie est développée surtout dans le Nord (métallurgie, tissages, machines), dans TEst (métallurgie, tissages, etc.), et dans la région parisienne (machines, produits chimiques, etc.). Notre commerce intérieur est favorisé jiar un réseau convenablement développé de lignes ferrees

et de canaux.

III. — Géographie politique. Anciennes provinces. Avant 1789, la France était divisée en 33 gouvernements militaires, qu’on appelle couramment, et improprement, provinces :

Alsace, cap. Strasbourg.

Anjou, cap. Angers.

Artois, cap. Arras.

Aunis, cap. La Rochelle.

Auvergne, cap. Clermont- Ferrand.

Béarn, cap. Pau.

Berry, cap. Bourges.

Bourbonnais, cap. Moulins.

Bourgogne, cap. Dijon.

Bretagne, cap. Rennes.

Champagne, cap. Troyes.

Corse, cap. Bastia.

Dauphiné, cap. Grenoble.

Flandre, cap. Lille.

Foix (comté de), cap.

Foix.

Franche-Comté, cap. Ber sançon.

Guyenne et Gascogne, cap. Bordeaux ex Auch- Ile-de-France, cap. Paris.

Languedoc.cap.T’ouioMse.

Limousin, cap. Limoges.

Lorraine, cap. Nancy.

Lyonnais, cap. Lyon.

Maine, cap. Le Mans.

Marche, cap. Guéret.

Nivernais, cap. Nevers.

Normandie, cap. Rouen.

Orléanais, cap. Orléans.

Picardie, cap. Amiens.

Poitou, cap. Poitiers.

Provence, cap. Aix.

Roussillon, cap. Perpignan.

Saintonge et Angoiimois, cap. Saintes et AngoUr Fme.

Touraine, c.ap. Tours.

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Le comtat Venaissin (cap. Ar/'/nonJne fut annexé à la France qu'en 1791, la Savoie (cap. Chambéry et le comté de Nice (cap. Nice) en 1860.

Anciennes divisions. Quatre divisions coexistaient en France avant la Révolution :

1» La division ecclésiastique, qui reflétait le plus exactement les groupements originaires de la Gaule et remontait à Fépoque romaine ;

2o La division militaire en gouvernements ;

3“ La division administrative en généralités ou intendances ;

4» La division judiciaire en bailliages ou sénéchaussées.

Constitutions. Avant 1789, la France n’avait aucune constitution, à moins que l’on ne veuille donner ce nom à un ensemble de traditions et d'institutions que le roi, chez qui se confondaient tous les pouvoirs, était libre de modifier à son gré. Depuis 1789, huit constitutions se sont succédé dans notre pays ; l» la Constitution de 1791, qui établissait la monarchie constitutionnelle et une Assemblée législative ; 2» la Constitution de 1793, qui ne fut jamais appliquée ; 3» la Constitution de l'an III (1795', instituant le Directoire, le conseil des Anciens et le conseil des Cinq-Cents ; 4“ la Constitution de l’an 'VIII, établissant le Consulat, modifiée par le sénatus-consulte organique de l'an X et le sénatus-consulte organique de lan XII qui établissait l'empire ; B» la Charte de 1814, modifiée par l'acte additionnel de Napoléon en 1815 et, en 1830, par la monarchie de Juillet ; Co la Constitution de 1848, instituant la république, le suffrage universel et une Assemblée législative ; 7» la Constitution de 1852, qui fut plusieurs fois modifiée pendant le second Empire; 8» la Constitution de 1875. Aux termes de cette dernière, la France est une République constitutionnelle et unitaire ; le pouvoir exécutif est exercé par un président, assisté de ministres responsables ; le pouvoir législatif, par le Sénat et la Chambre des députés. Le territoire français est réparti, au point de vue administratif, en 89 départements, sans compter le territoire de Belfort. Chaque département, qui a à sa tète un préfet, est divisé en arrondissements ou sous-préfectures, subdivisées à leur tour en cantons et en communes. Le préfet est assisté d’un conseil général, élu au suffrage universel à raison d’un conseiller par canton : le sous-préfet est assisté d'un conseil d'arrondissement. L'administration de chaque commune est confiée à un maire, assisté d’un conseil municipal. Il existe en France 383 arrondissements, 3.006 cantons, et 37.788 communes.

La justice est rendue dans chaque canton par un juge de paix, dans chaque arrondissement par un tribunal de Ire instance. Dans chaque département, siège chaque trimestre une cour d'assises. Il y a 27 cours d'appel (V. tribunal), pour juger à nouveau les affaires des tribunaux de Ir® instance. La Cour de cassation, qui siège à Paris, juge en droit et non en fait, c'est-à-dire qu'elle juge les jugements, et les casse, s'il y a lieu.

Des tribunaux spéciaux rendent la justice administrative, et le tribunal des conflits statue sur les déclinatoires d'incompétence.

Sous le rapport de l'instruction publique, la France est divisée en 17 académies, Algérie comprise (T. académie), administrées par des recteurs. Chaque académie a dans son ressort plusieurs départements, où le recteur est représenté par un inspecteur d'académie.

Colonies. Le domaine colonial de la France comprend :

En Afrique : l'Algérie et ses dépendances sahariennes, la Tunisie (protectorat), les deux ensembles administratifs désigné sous le nom A' Afrigue-Occidentale et à'Afrique-Egualoriale française (v. à Tordre alphab. Afrique-Occidentale française), y compris les acquisitions faites sur les Allemands au cours de la Grande Guerre (parties du Togo et du Cameroun), la Réunion, Madagascar, les Comores, la Côte des Somalis.

En Asie : l'Inde française (Pondichéry, Mahé, Chandernagor, Karikal, Yanaon) ; V Indochine française (Cochmehine, Tonkin, Annam, Cambodge, Laos'i. La France administre la Syrie comme mandataire delà Société des nations. ,

En Amérique: .Saint-Pierre-et-Miquelon, la Martinique, la Guadeloupe et ses dépendances, la Guyane.

En Océanie ; la Nouvelle-Calédonie et les établissements français de TOcéanie (Taïti, Marquises, Loyalty, les îles Tuamotou et Wallis). Un condominium franco-anglais existe en outre sur les Nouvelles-Hébrides.

Annie de terre. L’organisation militaire de la France remaniée après la guerre repose sur le principe du service personnel et égal pour tous (v. service MILITAIRE) et le territoire est réparti en corps d’armée (v. armée).

Marine. L’armée de mer se recrute : 1“ par la conscription et les engagements volontaires ; 2» par l'inscription maritime. La flotte de guerre comprend des bâtiments de ligne, des croiseurs cuirasS' s et légers, des éclaireurs, des torpilleurs et des contretorpilleurs, des sous-marins, des porte-aéroneis. Le traité conclu entre la France, les Etats-Unis, l’Empire britannique, l’Italie et le Japon, le G février 1922, à Washington, a limité les armements navals. Le littoral (France et Afrique du Nord) est divisé en six arrondissements maritimes, commandés chacun par un vice-amiral, préfet maritime. Ces arrondissements ont pour chefs-lieux Cherbourg. Brest, Lorient, Rochefort, Toulon, Bizerte. Le préfet maritime a la haute autorité sur tout l'arrondissement tant au point de vue de la défense qu’au point de vue de l'administration.

IV. Histoire. La Gaule. En Gaule, comme dans d’autres contrées, l’humanité a passé par des périodes ou âges, que Ton distingue par les outils dont Thomme se servait : Tâge de la pierre taillée, où l'homme vivait dans les cavernes, à côté des grandes espèces animales aujourd'hui disparues ou émigrées vers d'autres climats ; Tâge de la pierre polie (cités lacustres, dolmens, menhii's) ; Tâge du bronze ; Tâge du fer.

Les hommes qui, dans ces temps reculés, pe.u-

Î lièrent notre patrie, ne nous sont connus que par es découvertes géologiques. Notre histoire nationale commence avec les Gaulois, dont le nom fut donné dans la suite à tout le pays (Gaule).

La Gaule était plus étendue, à Test et au nord, que la France actuelle ; elle n’étalt pas tout à fait inculte, et comptait environ 6 millions d'habitanis ; Gaulois ou Celtes, Ibères ou Aquitains, Ligures. Grecs, Belges. V. Gallois.

Les migrations et les expéditions des Celtes dans toute l'Europe et jusqu’en Asie ont fait croire qu'ils avaient réussi à former un vaste empire, mais il n'en est rien, et leurs établissements furent éphémères, Les Gaulois cisalpins s'emparèrent de la ville de Rome en 39ü av. J.-C. ; mais les Romains soumirent à leur tour les Gaulois, puis ils passèrent les Alpes et s'établirent dans la Narbonnaise (121 av. J.-C.).

Une fois dans le pays, les Romains ne voulurent plus le quitter. L’an 58 av. J.-C., Jules César en commença la conquête ; il mit huit ans pour Tachever. Après la chute d'Alésia (52 av. .L-C.j, la Gaule ne fut plus qu’une dépendance de l'Etat romain.

Les Romains étant plus civilisés que les Gaulois, ceux-ci ne tardèrent pas à adopter la religion, les mœurs, la langue de leurs vainqueurs. Notre pays se couvrit de monuments. Grâce à la construction de routes larges et commodes, le commerce prit un essor rapide. Des écoles furent fondées ; la Gaule eut ses poètes et ses orhteurs. Quelques révoltes eurent lieu, mais elles furent promptement étouffées. Les plus célèbres sont celles de Florus et Saorovir (21 apr. J.-C.), et celle de Civilis et Sabinus (69-70). Les Gaulois convertis à la civilisation romaine étaient appelés Gallo-Romains.

Dans la seconde moitié du ii® siècle, le christianisme fut prêché en Gaule. Malgré les persécutions, il y fit de rapides progrès. Saint Hilaire, saint Martin, saint Didier en assurèrent le triomphe.

Un jour vint, oU les empereurs romains n’ayant plus assez de soldats pour protéger leurs frontières,

rirent à leur solde des Barbares. Trois peuples

arbares, entrés d'abord en Gaule comme alliés de l'Empire, réussirent à fonder, au v® siècle, des établissements durables : les Wisigolhs, les Burgondes, les Francs. Les Gallo-Romains ne possédèrent plus que le centre du pays. V. Franc.

Les Mérovingiens. Les Francs étaient gouvernés pu ue& rois ou cliefs iniliiaires élus. Ils se euiiis saient une fois par an pour les grandes revues miüiaires. dites champs de Mars ; les affaires du royaume étaient décidées par des assemblées où ne figuraient . que les grands et les fonctionnaires royaux. Les Francs Saliens. d'où sortirent les Mérovingiens. avaient un code de lois appelé Loi salique.

En 428, sous Clodion, les Francs s'avancèrent jusqu'à la Somme. Sous Mérovée, ils s’unirent aux Gallo-Romains et aux Wisigoths, pour repousser l’invasion d'Attila, qu’ils vainquirent dans leschamp.*- Catalauniques, entre Troyes et Sens (451).

Clovis, successeur de son père Childéric, battit les Romains à Soissons (486) et repoussa les Alamans à Tolbiac (496) ; il se convertit ensuite au christianisme, religion de sa femme Clotilde. Sa conversion lui valut Tamitié des évêques, et ceux-ci lui conseillèrent d'attaquer les Burgondes et les Wisigolhs, qui étaient ariens. Il battit les premiers près de Dijon i,5001, les seconds près de '\’ouillé (507), et régna sur presque toute la Gaule.

Les fils de Clovis se partagèrent son héritage : il y eut en Gaule quatre rois francs au lieu d'un seul, jusqu'en 558. A cette date, Clotaire Dr régna seul ; mais il mourut en 561, et le royaume fut l'objet d'un nouveau partage.

Bientôt éclata une sanglante rivalité, entre TAustrasie, où régnait Bruneliaut, et la Neustrie, où dominait F’rédégonde; elle fut signalée par une foule de crimes et, en 613, par le supplice de Brunehaut, ordonné par Clotaire 11. fils de Fivdégonde.

A la faveur des divisions qui affaiblissaient la dynastie mérovingienne, le pouvoir échappa peu à peu aux rois francs pour passer à leurs intendants ou maires du palais.

En 687, la longue l’i Uté de la Neustrie et de TAustrasie, ravivée par Eiiroïn et saint Léger, se termina, à Tesu'y (687), par le triomphe des leudes austrasiens. Dès lors, la dynastie mérovingienne, dont Dagobert et saint Eloi avaient un instant arrêté la décadence, fut représentée par des rois incapables, des rois fainéants, et finalement renversée par la famille austrasienne d'Héristal.

Un membre de cette famille, Charles-Martel, avait repoussé, entre Tours et Poitiers (732), Tinvasion des Arabes. Fort de cette victoire éclatante, le fils de Charles-Martel, Pépin le Bref, soutenu par le clergé, déposa le Mérovingien Childéric III, et fonda la dynastie des Carolingiens (761).

Les Carolingiens. Reconnaissant envers le clergé qui avait favorisé son avènement au trône en 751, Pépin fit la guerre aux Lombards, ennemis de la papauté, et donna au saint-siège une partie de leurs terres ; ce fut l'origine du pouvoir temporel.

Ses deux fils. Charles et Carloman, lui succédèrent en 768 ; Carloman mourut trois ans après, et Charles, qui régna seul jusqu’en 8)4, mérita, par les grandes choses qu'il accomplit, d’être appelé Charles le Grand ou Charlemagne.

Charlemagne acheva la soumission de l’Aquitaine, déjà conquise par Pépin le Bref. Il renversa Didier, roi des Lombards et ennemi du saintsiège, se proclama roi à sa place (774), et resserra ainsi les liens qui unissaient la monarchie franque à la papauté. Après trente-trois ans de guerre (772- 805), il réduisit les Saxons, dont le chef Witikind consentit enfin à recevoir le baptême. Il alla aussi en Espagne pour faire la guerre aux Arabes (778).

Maître de la Gaule, de la Germanie et de l'Italie, aussi puissant en Europe que l'avaient été autrefois les Romains, Charlemagne fut couronné empereur d'Occident (800). Il gouverna ses Etats avec une grande sagesse, publia des lois ou Capitulaires, chargea des envoyés royaux [missi dominici) de surveiller l'administration des provinces et fonda de nombreuses écoles.

Les successeurs de Charlemagne étaient trop faibles pour continuer son œtnre. Louis le Débonnaire (814-840) n’avait pas d'autorité sur les guerriers francs ; ses fils mêmes se révoltèrent contre lui. Réconciliés après la bataille de F’ontanet (841) par le serment de Strasbourg (842), ils signèrent le traité de Verdun (843), qui démembrait l’empire de Charlemagne. 11 n’y eut plus d’empire carolingien, mais trois royaumes indépendants : l'Italie, la Germanie, la partie de la Gaule qui devait bientôt prendre le nom de France. La France échut à Charles le Chauve (843-877).

A partir de Charles le Chauve, la royauté carolingienne s'affaiblit progressivement au profit des seigneurs ; cet affaiblissement se trouva hâté par les Capitulaires de Mersen (.847) et de Kierzy-sur- j Oise (877j. Les invasions des pirates normands j

achevèrent de déconsidérer la royauté, qui ne sut pas les repousser et laissa ce soin aux ducs de France. Les Normands étant venus assiéger l’aris

(886) , la ville fut défendue par Eudes, fils de Robert le Fort. Charles le Gros (884-887), qui avait Lâchement acheté la retraite des Normands, fut déposé dans une assemblée tenue par les grands à Tribur

(887) , et remplacé par Eudes. Une multitude de petits Etats seigneuriaux s'établirent sur les ruines de l'ancien empire carolingien.

Les Carolingiens reprirent la couronne sous Charles le Simple (898-922). Les Normands reçurent de ce prince, par le traité de Saint-Clair-sur-Eple (911), le duché qui, de leur nom, s'appela Normandie, et le royaume n’eut plus à souffrir des invasions des pirates Scandinaves.

Les derniers Carolingiens, malgré la résistance qu’ils opposèrent aux ducs de France, se virent définitivement supplantés par eux en 987. A cette époque, Hugues Capet fonda la troisième dynastie de nos rois, celle des Capétiens.

Les Capétiens directs, La royauté était très faible, à Tavènement de Hugues Capet. La France vivait sous le régime féodal, c’est-à-dire que le pouvoir, au lieu d’appartenir à un souverain unique, était partagé entre les possesseurs de fiefs.

Celui qui possédait un fief était le vassal de celui qui le conoédait,c'est-à-dire du suzerain.V. féodalité.

Le roi de France n’était qu’un seigneur plus honoré que les autres, parce qu'il n’était le vassal de personne. Quand on dit que la monarchie a fondé î'unité française, cela signifie que les rois ont enlevé peu à peu aux seigneurs féodaux leurs droits de souveraineté, qu'ils ont centralisé ces droits entre leurs mains, et substitué un pouvoir unique au pouvoir divisé de l’époque féodale.

I/Cs premiers Capétiens, dominés, mais soutenus par le clergé, donnèrent les premiers coups à la féodalité. Robert le Pieux (996-1031), successeur de Hugues Capet (987-996), fut excommunié par l'Eglise, toute-puissante sous les premiers Capétiens, et sous Henri Dr fut instituée la Trêve de Dieu. Sous Philippe Dr (1060-1108), les luttes féodales ruinaient le pajs (l'Eglise, çour en atténuer les effets, fit de la cheralerie une institution religieuse).

Pendant la minorité de ce roi, Guiilaume le Conquérant. duc de Normandie, s’empara de l’Angleterre : il remporta sur le roi de ce pays, Harold, la victoire d'Hastings, et fut proclamé à sa place (1066).

Les croisades, commencées sous Philippe I=r en 1096 et terminées sous Louis IX en 1270, eurent entre autres résultats celui de rapprocher les nobles des roturiers et, en éloignant les seigneurs, elles favorisèrent indirectement les progrès de la royauté et de la bourgeoisie. CV. croisades.)

Le xiD siècle vit la renaissance des villes et la constitution des communes, nées surtout de l’esprit d'association et rarement de l'insurrection, contrairement à ce qu'on a cru longtemps. (V. commune.) Les communes étaient dans une situation analogue à celle des fiefs : elles étaient vassales du seigneur, qui leur octroyait une charte, mais elles jouissaient,

1 à leur tour, de droits souverains.

I Louis le Gros (1108-1137), secondé par Suger, assit sa domination sur les vassaux de son domaine, et ses successeurs eurent un point d appui solide pour résister aux ennemis de la royauté.

Louis 'VII (1137-1180), qui entreprit la seconde croisade (1147-1149), commit la faute de répudier Eléonore de Guyenne. Celle-ci se remaria avec Henri II Plantagenet, qui devint roi d’Angleterre, et lui apporta en dot l'Aquitaine, le Périgord, le Limousin, le Poitou et TAngoumois. Ce fut 1 origine de longues guerres entre la France et l’Angleterre^ car les rois de ce dernier pays devenaient vassaux des rois de France.

Philippe Auguste (1180-1223) entreprit sans succès la troisième croisade et ne prit aucune part à la quatrième (1202-1204) ; mais, sous son règne, une croisade fut décidée par les catholiques contre les cathares ou albigeois, A l’intérieur, Philippe Auguste affirma pour là première fois la puissance de la monarchie capétienne en remportant la victoire de Bouvines sur les grands vassaux coalisés avec l'empereur d’Allemagne (1214). Il fortifia la royauté en enlevant à l'Angleterre d’importantes provinces, en favorisant l’émancipation des communes, en réduisant les grands vassaux à l’obéissance, en créant les baillis et les prévôts pour rendre la justice au nom du roi, en s’efforçant de rendre les guerres privées moins fréquentes par l’institution de la Quarantaine le Roi. Il fonda l’université de Paris, et embellit sa capitale.

Louis VIII (1223-1226) ne fut roi que trois ans. Son fils Louis IX ou saint Louis (1226-1270) régna d'abord sous la régence de Blanche de Castille, qui tint en respect les seigneurs. D entreprit la septième croisade. De retour en France, il eut une administration réparatrice et bienfaisante, rendit le Parlement sédentaire, diminua l'influence des seigneurs en aiigmentant le nombre des fonctionnaires royaux, se montra très jaloux de ses prérogatives. De mauvaises nouveUes étant arrivées de Terre sainte, il entreprit la huitième croisade, et mourut de la peste à Tunis (1270). C’est la plus belle figure du moyen âge.

Philippe III le Hardi (1270-1285) conclut une trêve avec les musulmans. Il intervint en Aragon pour venger le massacre des Vêpres siciliennes, mais il échoua et mourut de maladie à Perpignan.

Philippe IV le Bel (1285-1314) fut constamment Tcnnenii du pouvoir féodal. Il fit la guerre au roi d'Angleterre, suzerain de la Guyenne, et intervint dans les affaires de Flandre : vaincu à Courtrai (1302). il prit sa revanche à Mons-en-Puelle (1304).

Excommunié par le saint-siège pour avoir voulu, pendant la guerre de Flandre, lever des subsides sur le clergé; il prétendit que le pape n'avait pas à intervenir dans les affaires intérieures de la France, et il convoqua les états généraux, qui lui donnèrent raison.

Continuant l’œuvre de ses prédécesseurs, Philippe le Bel améliora l’organisation du Conseil du roi (Parlement, Chambre des comptes. Grand conseil), et dépouilla les seigneurs d'un grand nombre de privilèges. Malheureusement, il se procura de l’argent par des moyens iniques et envoya les Templiers au supplice pour s’emparer de leurs richesses.

Pliilippe le Bel laissa trois fils, qui régnèrent successivement ; Louis X le Hutin (1314-1316i, Philippe V le Long (1316-1322), Charles IV le Bel (1322-1328). A la mort de Louis X et à la mort de

FRANCE

LAR. UNIV., i V

FF

1 Ain

2 Aisne

3 Allier

t Alpes (Basses)

5 Alpes (Hautes] e Alpes (Marilimes)

7 Ardèclie

8 Ardennes

9 Ariège

10 Aube

11 Ande-

12 Aveyron

13 Bonches-du-Khône

14 Calvados

15 Cantal

16 Charente

17 Charente [Inférieure]

18 Cher

19 Corrèze

20 Corse

21 CôledOr

22 Côtes-du-Nord.

23 Creuse

24 Dordogne

25 Doubs

26 Drôme

27 Eure

28 Eure-et-Loir

29 Finistère

30 Card

31 Garonne (Haute)

32 Gers

33 Gironde

34 Hérault

35 Hle-et-Tilame

36 Indre

37 Indre - et -Loire

38 ,Isère

39 Jura

40 Landes

41 loir - et Cher

42 Loire

43 Loire (Haute)

44 Loire (Inférieure)

4s Loiret

46 Lot

47 Lot-et-Garonne

48 Lozère

49 Maine - et- Loire

50 Manche

51 Marne

52 Marne ( Haute)

53 Mayenne

54 Meurthe-et-Moselle

55 Meuse

56 Morbihan

57 Nièvre

58 Nord

59 Oise

60 Orné

61 Pas-de-Calais

62 Pi^- de -Dôme

63 Pyrénées (Basses)

64 I^énèes ( Hautes)

65 Pyrénées 1 Orientales)

66 Rhin (Ht-)Terri-®d£Belfort

67 Rhône

68 Saône (Haute)

69 Saône et- Loire

70 Sarlhe

71 Savoie

72 Savoie ( Haute)

73 Seine

74 Seine ■ et -Marne

75 Seine - et- Oise

76 Seine ( Inférieure)

77 Sèvres (Deux)

78 Somme

79 Tarn

80 Tarn - et- Garonne

81 Var

82 Vaucluse

83 Vendée

84 Vienne

85 Vienne (Haute)

86 Vosges

87 Yonne

Départements désannexés d'Alsace et de Lorraine

SiratlonL

88 Mosene

89 Bas-Rhin

90 Haut -Rhin

Wsdehridt

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Land'sEnd

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