‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 976 sur 1225 · V. n. S’attacher au vase pendant la cuisson, rissoler. Arg · texte numérisé non relu

V. n. S’attacher au vase pendant la cuisson, rissoler. Arg

boulevard. Appartenh- au monde élégant ou gratin.

— Encycl. Art culin. Pour gratiner poisson, viande, légumes ou pâtes, on assaisonne de beurre ou huile, en y joignant un hachis de fines herbes, champignons, échalotes; on saupoudre de ch.ipelure, et Ton met â cuire avec feu dessus et dessous. On fait gratiner le macaroni avec du fromage.

gratiolc [si) n. f. Genre de scrofulariacées, dont une espèce, la patiole officinale ou herbe au pauvre homme, constitue un purgatif énergique et même dangereux.

Gratiolet 'si-o-i-] (L.-Picrre), physiologiste français, né Gratiole.

à Sainte-Foy (Gironde), m. à Paris (1815-1863) ; auteur de remarquables travaux sur le cerveau.

gratioline [si-o] n. f. Glucoside extrait de la gratiole.

gratis Jtiss] adv. (m. lat. ; de gratin, grâce). Fam. Gratuitement, sans qu’il en coûte rien. N. m.

Spectacle gratuit ; le public des jours de gratis. Personne qui va pour rien au théâtre ; les gratis sont nombreux. Adjectiv. Gratuit ; des spectacles gratis.

gratis pro Deo, mots lat. signif. : gratuitement, pour l'amour de Dieu ; travailler gratis pro Deo.

gratitude n. f. (lat. gratitude; de gratus, reconnaissant). Reconnaissance affectueuse.

graton n. m. Sorte de râble en fer à long manche pour racler le verre au fond des creusets.

Gratry (le P. Auguste-Joseph-Alphonse), oratorien français, théologien, philosophe et moraliste, membre de l'Académie française, né à Lille, m. à Montreux (1803- 1872). On lui doit ; les Sophistes et la Critique, les Sources.

grattage [gra-ta-je] n, m. Action de gratter. Résultat de cette action.

gratte [gra-te] n. f. Outil dont on se sert pour sarcler. Mar. Petite plaque en fer triangulaire, adaptée à un manche, pour gratter les diverses parties d’un bâtiment ; pont, carène. Fdm.

Petit profit illégitime ; faire de la gratte. Pop. La gale.

gratteau [gra-tô] n. m. Oiselet d'acier des doreurs sur métaux et fourbisseurs.

gratte-boëssage [bo-t-sa-je] n. m. invar. Action ou manière de gratte-boêsser;

gratte-boëSS© n. f. Brosse de fil de laiton ou de verre filé, dont les doreurs se servent pour étaler l'amalgame d’or, brosser les pièces de métal, etc. Pl. des gratte-boêsses.

gratte -boësser v. a.

Frotter avec la gratte-boësse,

gratte-ciel n. m invar. Gratte-boësse.

(en angl. sky-scraper). Nom

donné par dérision aux maisons à multiples étages (quelquefois plus de trente ou de quarante) construites par les Américains. V. planches habitation.

gratte-cul n. m. invar. Nom vulgaire du fruit de i'églantier et du i-osier.

gratte-CUlasse n. m. Goupillon en fils d’acier, servant au nettoyage des culasses de canon et de fusil. Pl. des gratte-culasse ou culasses.

gratte-dos n. m. invar. Baguette portant à Tune de ses extrémités une main d’ivoire, d’os, etc., et qui sert à se gratter le dos.

gratte-fond

n. m. Grattoir à dents de fer, pour le ravalement des façades. Pl. des gratte-fonds.

gratteler

\gra-te-lé] v. a. Gratte-fonds.

(Prend deux l devant une syllabe muette : je grattelle.) Gratter légèrement une plaque de métal, de marbre, etc., pour la polir.

gratteleuXj euse [gra-te-leû, eu-ze] adj. Qui a la grattelle.

grattelle \gra-tè-le] n. f. (rad. gratter). Nom vulgaire de la gale et de la blépharite ciliaire.

grattement [gra-te-man] n.ni. Action de gratter, gratte-paille n. f. invar. Nom vulgaire de la fauvette d'hiver ou mouchet.

gratte-papier n. m. invar. Par dinigr. Copiste, clerc, mauvais écrivain.

gratter [gra-t£] V. a. (orig. germ.). Racler av33 les ongles : gratter sa jambe. Racler avec un outil : gratter un mur. Remuer, éparpiller; les poules grattent le fumier. Effacer avec un grattoir, un outil quelconque ; gratter une inscription. Par ext. Faire éprouver la sensation que procurerait un grattement ; vin qui gratte le gosier. Fig. Flatter -les faiblesses de quelqu’un ; il le gratte par où il se démange. (Mol.) Loc. div. : Gratter la terre, gratter la terre avec ses ongles, se résigner à ce qu’il y a de plus pénible. Gratter du pied, montrer de l'ardeur. Gratter le qiapier, faire des écritures. Faire un petit bénéfice, souvent clandestin ; place où il n'y a rien à gratter. Prov. et loc. prov. 'V. asinus (où frotte est mis pour gratte). Pop. Dépasser, devancer : auto gui en gratte une autre. (Syn. griller.) V. n. Heurter doucement : gratter a la porte. Gratter d'un instrument à cordes, en jouer (souv. en mauv. part). Pop. Travailler beaucoup. En gratter, faire une chose très bien, l'aimer beaucoup.

gratterie

\gra-te-rî] n. f.

Action. habitude de se gratter.

gratteur

\gra-teur] n. m.

Celui qui gratte.

Gratteicr de papier, scribe, médiocre écrivain.

grattoir

[gra-toir] n. m.

Canif à large lame, pour effa- Gratloirs;l.Demaçon;2.Decordonnier; cer l'écriture en 3. De plombier ; 4. De toumeui' ; 5. Triangrattant le pa- gulaire ; 6. De bureau ou de dessinateur, pier. Charrue à

soc court, pour gratter seulement le sol. Instrument. de formes très diverses, qui sert aux mouleurs, plombiers, menuisiers, maçons, tourneurs, etc.

grattoir© [gra-toi-re] n. f. Instrument de serrurier, pour gratter les surfaces creuses.

grattons [gra-ton] n. m. pl. Rillettes et rillons, (Dialect.) Résidus secs et gras restant au fond du pressoir après l’extraction du saindoux. Syn. frito.ns.

gratture [gra-t-u-re'] n. f. Débris provenant du grattage ; des g-rattures de cuivre.

giatuit [tu-i], e adj. (lat. gratuitus). Qu’on fait ou donne gratis ; médecin qui donne des soins gra-

GRA

GRE

ttiits à ses mnl/tdes. Ecole gratuite, où les élèves ne payent rien. Aliénation à titre gratuit. dona.iion. Fiij. Sans motif: méchanceté gratuite. Supposition gratuite, sans fondement. Ant. Coûteux, cher.

— Encycl. ür. La loi distingue entre le contrat à titre gratuit (ex. : la donation), dans lequel l'une des parties procure à l’autre un avantage purement gratuit, et le contrat à titre onéreua:(p.arcx. la vente i. dans lequel l’intérêt de chacune des parties est en cause.

gratuité n. f. Caractère de ce qui est gratuit : la troisième République a établi la gratuité de l'enseignement primaire.

gratuiteiuent [man] adv. D’une manière gratuite. Ant. Chèrement, coûteusement.

Gratz [ÿrats] (en slave Gradac ou Hradec), v. d'Autriche, ch.-l. de la Styrie, sur la Mur, affl. de la Drave ; 157.500 h.

grau [grô] n. m. Dans le Midi, chenal par lequel un étang ou une rivière débouche dans la mer. Défilé mont^neux. Petit lac saumâtre.

Grauaeuz (n. pol. Grudziadz), V. de Pologne, sur la 'Vislule, à la frontière de Prusse, dont elle faisait partie jusqu’en 1918 ; 36.000 h. Métallurgie.

Grau-du-Roi (Le), oomm. du Gard, arr. et à 37 kil. de Nîmes, à l'embouchure du canal de la Grande Roubine dans la Méditerranée ; 1.290 h. Ch. de f. P.-L.-M. Vignobles, bains de mer.

GraulllBt [gro-lé\, ch.-l. de c. (Tarn), arr. et à 19 kil. de Lavaur, sur le Dadou ; 8.380 h. Ch. de f. Filatures, tanneries. — Le cant. a 7 comm., et 11.930 h, grauwackô [grô-va-ke'\ n. f. Gi’ès schisteux plus ou moins décalcifié par les eaux d’infiltration.

Graux rgrd] (Charles), helléniste et paléographe français, né à Vervins, m. à Paris (1852-1882).

gravatier [ti-ê\ n. m. Voiturier qui charrie les gravats.

gravatif, ive adj. (du lat. gravare, alourdir). Méd. Accompagné d'un sentiment de pesanteur : douleur gravative.

gravats [m] n. m. pl. Syn. de gravois. grave adj. (lat. gravis). Physiq. Pesant : les corps graves, Fig. Posé, sérieux ; homme grave ; contenance grave. Important : affaire grave. Dangereux : maladie grave, hhis. lias : ton grave ; notes graves. Gram. Surmonté d'un accent grave: à grave, è grave. Accent grave, v. accent. N. m. Ton grave : de l'aigu au grave. Pensées, style graves : passer du grave au doux. Allds. littér. :

Heureux qui, dans ses vers, sait, d’une voix légère, Passer du grave au doux, du plaisant au sévère,

vers de Boileau (Art poét., liv. Ier, y. 76). On rappelle surtout le second pour indiquer qu’une heureuse variété est toujours agréable. Ant. Bouffon, comique. Frivole, futile. Aigu. V. utile dulci.

grave n. f. S’est dit autr. pour grève. N. f. pl. Nom donné, dans la Gironde, à des terrains tertiaires formés d'un mélange de cailloux siliceux, de sables et autres éléments, et dont le sous-sol variable (argileux, calcaire, sablonneux) contient un élément ferrugineux, l'alios, ou des cailloux coagulés nommés arènes : les graves abondent sur la rive gauche de la Garonne. Ces terrains, considérés comme région géogi-aphique (dans ce sens prend une majuscule) : les Graves de Bordeaux. Par méton. N. m. Vin récolté dans ces vignoWes : une boiiteille de graves.

— E.ncycl. Les Graves du Bordelais sont situés sur la rive gauche de la Garonne, au sud de Bordeaux et sur environ 45 kilomètres de longueur. Cette région se divise en Graves de Bordeaux, où Ton récolte principalement des vins rouges, dont certains se classent à côté des grands crus du Médoc (château Ilaut-Brion) et aussi quelques vins blancs, et en secondes Graves, où l'on récolte principale’ ment des vins blancs, qui sont d’excellente qualité.

Grave (pointe de), petit cap à l'embouchure de la Gironde (dép. de la (jironde,, en face de Royan.

Grave (La), ou La Grave-en-Oisans, ch.-l. de c. (Hautes-Alpes), arr. et à 39 kil. de Briançon, sur la Romanche ; 1.000 h. Altitude : 1.620 m. — Le cant. a 2 comm., et 1.310 h.

gravé, e adj. visage portant des marques de petite vérole. Objet de métal profondément oxydé par places.

gravelage n. m. Action de gi-aveler : le gravelage d'une route. Son résultat.

gravelée [lé] n. f. Cendre de lie de vin. Adjectiv'. ; ■ endre gravelée.

graveler [lé] v. a. (Prend deux l devant une syllabe muette : je gravelle.) Couvrir de gravier.

gravelet [Ù] n. m. Nom vulgaire d’un poisson, la vandoise. et d’un oiseau, le grimpereau.

graveleux, euse [/eâ, eu-ze] adj. Mêlé de gravier. Atteint de la gravelle. (Substantiv. : un graveleux.) Fig. Très libre, licencieux : tenir des propos graveleux.

grav elin n. m. Nom vulgaire du chêne à grappes. Gravelines, ch.-l. de c. (Nord), arr. et à 20 kil. de Dunkerque, sur l'Aa ; 6.290 h. (Gravelinois). Ch. de f. N. Bains de mer (plage à Petit-Fort-Philippe). Défaite des Français par les Espagnols du comte d'Egmont (1558). — Le cant. a 5 comm., et 13.340 h.

gravelle [ué-le] n. f. (de grève). Maladie produite par des concrétions, semblables à de petits graviers, qui se forment dans les reins, la vessie. Tartre ; lie de vin desséché.

— Encycl. Pathol. On désigne sous ce nom les petits' graviers uriiiaires qui s’éliminent presque sans douleur par les voies normales, les calculs nécessitant au contraire une intervention. Les symptômes sont ceux très atténués de la lithiase, mais surtout la présence des graviers dans l'urine. Le traitement est celui de la lithiase. V. ce mot.

Gravelot (Hubert Bourgüigon, dit), gra\-eurdessinateur français, né et m. à Paris (1699-1773), un des plus charmants illustrateurs du xviii' siècle. Frère du géographe d'Anville.

Gravelotte, comm. de la Moselle, arr. et à 13 kilom. de Metz; 500 h. Théâtre d’une bai.aille entre 123.000 Français et 230.000 Allemands, le 16 août 1870. Bazaine, resté maître du plateau de Rezonville, ne sut pas ou ne voulut pas transformer en victoire décisive cette sanglante journée, qui coûta près de 18,000 hommes à chacune des deux armées.

gravelure n. f. Propos graveleux.

gravement [man] adv. D une manière grave, gravenelie [van-che] n. f. Espèce de poisson propre aux grands fonds du lac de Genève, et oui appartient au genre corégonc.

graver [ré] v. a. (anc. h. allcm. grahan). Tracer une figure, des caractères sur un métal (cuivre, acier, etc.) ou sur du bois avec le burin, sur le marbre ou la pierre avec le ciseau. Graver des caractères, des médailles, etc., graver les poinçons destinés à la frappe. Fig. Empreindre fortement : graver dans sa mémoire, dans son cœur. Allus.

littér. 'V. EXPLOIT.

Graves (les). Géogr, et viiic. ’V. grave. Gravesande (Jacob ’S), savant hollandais né à Bois-le-Duc, m. à Leyde(1688-1742) ; la physique et 1 optique lui doivent un certain nombre d'appareils ingénieux.

Gravesend [sèn'd’], v. et port d'Angleterre (comté de Kent), â l'embouchure de la Tamise ; 24.000 h. Fabriques de ciment, huiles, papiers. Chantiers de constructions.

Graveson, comm. des Bouches-du-Rhône, arr. et à 27 kil. d’Arles ; 1.750 h. Ch. de f. P.-L.-M. Liqueurs, huiles.

gravette [vé-te], n. f. 'Ver que I on trouve dans le sable des plages, et qui sert d’appât pour la pêche au merlan, lluitre des dépôts naturels du bassin d'Arcachon, non parquée.

graveur n. m. Dont la profession est de graver, gravide adj. (lat. gravidus). Se dit de l'utérus lorsqu’il contient un embryon ou un foetus.

gravidique adj. Qui a rapport à la grossesse : albuminurie gravidique.

gravidisme [dis-me] n. m. Ensemble des conditions physiologiques que présente la femme enceinte ou la femelle pleine.

gravidité n. f. Syn. de GROSSESSE.

gravier [ui-é] n. m. (do grève). Gros sable mêlé de très petits cailloux. Concrétion qui se forme dans les reins.

gravière n. f. Lieu où l’on extrait le gravier. Mélange fourrager (vesce et lentille), semé pour être consommé en vert. Un des noms vulgaires du vairon.

Graville-Sainte-Honorine, comm. de la Seine-Inférieure, arr. et à 6 kil. du Havre ; 13.270 h. (Gravillais). Ch. de f. Et. Verrerie, huilerie.

gravimètro n. m. (du lat. gravis, lourd, et du gr. metron, mesure). Instrument destiné à mesurer la densité gravimétrique de la poudre à canon.

graviinétriG n. f. Partie de la physique, qui étudie la pesanteur des corps.

gravimétrique adj. Qui se rapporte à la gravimétrie.

Gravina (Jean-Vinoent), écrivain et jurisconsulte italien, né à Boggiano, m. à Rome (1664-1718); un des fondateurs de la célèbre académie des Arcades.

Gravina (D. Carlos, duc de), amiral espagnol, né à Païenne, blessé mortellement à Trafalgar, m. à Cadix (1756-1806).

gravir v. a. et n. (du lat. gradi, marcher). Monter avec effort: gravir une montagne, sur un roc.

gravisset [uî-sé], gravisseur [viseur] et gravisson rut-son] n. m.

Nom vulgaire du grimpereau.

gravitant [tan], e adj.

Qui gravite.

^avitatif, ive adj.

Qui produit la gravitation.

gravitation [si-on] n. f. Force en vertu de laquelle tous les corps s'attirent réciproquement en raison directe de leur masse et en raison inverse du carré de leur distance : Feivton formula le premier la loi de la gravitation universelle. V. attraction.

gravité n. f, (lat. gravitas). Acoust. Caractère d'un son musical relativement bas. Pesanteur des corps. Centre de gravité, point d’application de la résultante des actions de la pesanteur sur toutes les molécules du corps : le centre de gravité d'un corps est indc-pendant de la position du corps. Fig. Qualité de celui, de ce qui est grave, sérieux : la gravité d'un magistrat, du maintien. Importance: gravité d'une faute, gravité d'un sujet. Caractère dangereux : gravité d'une blessure.

graviter [lé\ v. n. (du lat. sclentif. gravitare). Physiq. Tendre vers un point central, en vertu des lois de la pesanteur. Fig. Tendre, se porter incessamment vers, se tenir constamment au voisinage de : les courtisans gravitent autour du monarque.

gravivolumètre n. m. (du lat. gravis, pesant, volumen, volume, et du gr. metron, mesure). Compte-gouttes formé d’un siphon laissant écouler goutte à goutte le liquide qu'il contient, et dont on veut prendre un poids rigoureusement exact, gravoir n. m. instrument à graver, gfravoire n. f. Bâtonnet de bois, d’os, d’ivoire, etc., dont on se servait autrefois pour faire la raie des cheveux et qui servait d'épingle à cheveux.

gravois [uoij ou gravats [ua] n. m. pl. (de grève). Partie grossière du plâtre, qui ne traverse pas le crible. Menus décombres de démolition.

gravure n. f. (de graver). Art de graver : apprendre la gravure sur bois, en taille-douce, à l'eauforte. Ouvrage du graveur. Image, estampe tirée sur une planche gravée : acheter des gravures. Ornements architecturaux formés d’entailles peu profondes. Rainure que le cordonnier pratique dans une semelle pour y cacher des points. Ecusson d’une vache. Tache d’oxyde sur un métal.

— Encycl. La gravure en relief s'obtient en enlevant sur la planche toutes les parties qui ne doivent pas être reproduites, si bien que les parties dessinées et qui porteront l’encre se trouvent mises en relief. Telle est la gravure sur bois, découverte au xv« siècle. Dans la gravure en creux, au contraire, les parties à reproduire et qui prendront l’encre se trouvent, en creux : telle est la gravure sur métal, inventée vers 1452 par l'orfèvre Finguerra ;

on y distingue la gravure au burin ou tailledouce, où l'on opère directement sur le cuivre nu avec le burin ; la poinle-s'che. qui ne diffère de la précédente que par l’emploi d'un instrument jilus fin ; Veau-forte, où l’on travaille sur une plaque vernie en découvrant le métal partout où doit exis ter le dessin et en le soumettant à un acide qui n'attaque que les parties découvertes : la gravure à la manière noire ou mezzo-tinto, où Ton opère en brunissant par place une planche grenée ; la gravure au lavis et à l'aquatinte, où les teintes sont obtenues par attaques successives du cuivre avec l'acide, en larges touches ; la gravure sur piei're, qui est un genre à part {\. lithographie) ; etc.

L’industrie moderne a trouvé des procédés purement mécaniques pour graver sur métaux soit en relief (photogravure et similigravure), soit en creux (héliogravure). [V. ces mots.]

Parmi les plus célèbres graveurs, il faut citer : Mantegna, le Maître de 1466, Martin Schongauer, Albert Dürer, qui s’est distingué également dans la gravure sur bois et dans la gravure sur cuivre, Marc Antoine Raimondi, Lucas de Leyde ; au xviie siècle, Jacques Callot, Israël Silvestre, Claude Lorrain, Abraham Bosse, Robert Nanteuil, Gérard Edelinck, Gérard Audran ; au xviii» siècle, Drevet, Larmessin, Lépicié, Cochin, Moreau le Jeune, Prud'hon ; au xixe siècle la gravure au burin est illustrée par Bervic, Boucher-Desnoyers, llenriquel-Dupont, Calamatta, Bertinot, F. Gaillard, Jacquet, Patricot ; l’eau-forte par P. Huet, Célestin Nanteuil, Léopold Flameng, Daubigny, Ch. Jacque, Méryon, Bracquemond, Laguillermie, Raffaelli, F. Rops, Renouard. La gravure sur bois, qui, à l’époque romantique surtout, a produit de si beaux livres illustrés, comporte le travail de deux artistes : le dessinateur et le graveur qui l’interprète. Parmi les premiers en doit citer : J. Gigoux, Tony Johannot, Bertall, H. Monnier, G. Doré ; les seconds sont représentés par Lav'ognat, Best, Brugnol, Brevière, Leloir, Porret, Smith, etc. Sa technique évolue avec Brabant, Baude, Florian, Méaule, les deux Pannemaker, Pisan, les Beltrand, Lepère et Daniel 'Vierge. Avec ces derniers, la gravure de traduction fait place à la gravure originale, celle où l'artiste crée au lieu de reproduire.

— Dr. La publication, l'exposition ou la mise en vente des gravures et des dessins sont entièrement libres, depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la presse. Toutefois, l’indication du nom et de la demeure de l’imprimeur est nécessaire, et, en outre, il est exigé un dépôt de trois exemplaires, destinés aux collections nationales.

D'autre part, les gravures obscènes ou contraires aux bonnes moeurs font l’objet des prévisions des lois des 2 août 1882 et 16 mars 1898, qui assurent la répression des outrages aux bonnes mœurs.

Gray [grè] (Thomas), poète anglais, ami de Walpole, né à Londres, m. à Cambridge (1716-1771). Ses poésies élégiaques ( Elégie sur un cimetière de village, etc.) sont pleines de mélancolie et d’élégance.

Gray (Asa), botaniste américain, né à Paris (Etats- Unis), m. à Cambridge (1810- 1888). S’est occupé principalement de géographie botanique.

Gray, ch.-l. d’arr.(Haute- Saône). port de rivière très actif sur la Saône. Ch. de f.

P.-L.-M., à 59 kil. de Vesoul ;

6.740 h. (Grai/Iois). Patrie de Cournot. — L’arr. a 8 cant., 165 comm., 66.860 h. ; le cant., 23 comm. et 14.180 h.

Grazac, comm. de la Haute-Loire, arr. et à 11 kil. d'Yssingeaux, près du Lignon Vellave ; 1.650 h. Dentelles.

Graziani (Antoine-Marie), historien italien, né à Borgo San Sepolero, m. à Amelia (1537-1611).

Graziani (Jean-César), général français, né à Bastia, en 1859. Chef d’état-major de l’armée en 1915, il a commandé en chef les troupes françaises qui, envoyées en Italie après le désastre de Caporetto, se sont distinguées sur la Piave (1917-1918).

Graziella. un épisode des Confidences, par Lamartine (1849). D’une liaison passagère avec une cigarière de Naples, le poète a tiré l’histoire touchante et embellie de la jeune pêcheuse Graziella, qui, abandonnée par celui qu’elle aime, meurt de douleur.

grazioso [zo] adv. (mot ital ). Mus. Avec grâce. Grazzini (Antoine -François), dit II Lasca, poète et conteur italien, né et m. à Florence (1503- 1585) ; auteur d’un recueil de spirituelles nouvelles . le Cene.

gré n. m. (du lat. gratum, chose agréable). 'Volonté, caprice : agir à son gré; dériver au gré du vent. Savoir gré, bon gré, mauvais gré à quelque un, être satisfait, ou mécontent, de ses paroles, de son procédé. Loc. adv. : De gré à gré, à l’amiable : vente de gré à gré. De gré ou de force, ou bon gré mal gré, volontairement ou par contrainte.

gréage n. m. Action de gréer un navire.

Gréard [ar] (Octave), professeur, pédagogue et administrateur français, vice-recteur de l’Académie de Paris, membre de l'Académie française, né à Vire, m. à Paris (1828-1904) ; auteur de travaux sur Mm« de Maintenon, sur Téducation des jeunes filles ; etc. Il a pris part à la réforme do l'enseignement sous la III» République.

great attraction [grè ta-trak-cheun'], mots angl. signif. Grande attraction, et employés à propos d'un spectacle, d'une fête où une foule se porte.

Great Eastern [angl. grél-ts-feum’], célèbre vaisseau, long de 110 mètres, qui jaugeait 25.000 tonneaux, construit en 1838 à Blackwall pour servir en 1865-1866 à l'immersion du premier câble télégraphique entre l'Europe et l’Amérique.

Amiral de Gravina.

LAR. UMV.. 2 V.

GRÉ

Gréban (Arnould), poète dramatique français, né au Mans, m. vers 1471 ; auteur d'un important Mystère de la Passion (plus de 37.000 vers), où les morceaux lyriques sont nombreux et de belle allure. — Son frère Simon fut son eollaborateur, et composa en outre des élégies, complaintes, etc.

grèbe n. m. (mot savoyard). Oiseau palmipède qui nage, plonge et vole très bien, à plumage d’un blanc argenté, et dont l’épais duvet est très estimé.

— Encycl. Les grèbes ont le cou long, le bec pointu, la tête ornée, chez les mâles, d’une sorte de coiffe épanouie en collerette. Ils habitent les mares, les lacs, et y construisent leurs nids flottants. Le grèbe huppé et le grèbe castagneux sont communs en France.

Grébôr (Henri), sculpteur français, né à Beauvais (Oise) en 1854, auteur de : le Coup de grisou (Luxembourg), la Mort du chef.

grebicbie ou grebige n. f. Reliure volante, munie de fils tendus le long du dos. Ligne d’une publication, où se retrouve le nom de l’imprimeur. Numéro d’ordre d’un manuscrit destiné à l’impression. Garniture constituée par un petit rectangle de métal (or, argent, etc.), qu’on replie sur le bord des objets de maroquinerie, de mode, etc.

Grec Igrèk], Grecque \ork-ke]. habitant ou originaire de la Grèce : les Grecs. Adjectiv. : les mœurs grecques. Profil grec, visage ayant le nez et le front en ligne droite. Calotte grecque, fez des Grecs, des Turcs, etc., et par ext., sorte de bonnet à gland. Eglise grecque. Eglise schismatique d’Orient (Grecs de Turquie et d’Asie Mineure, Russes), qui n’est pas soumise au pape, par opposition à Eglise romaine ou d'Occident. Empire grec ou byzantin, empire romain d'Orient. N. m. La langue grecque ; apprendre le grec moderne. Grec ancien ou littéral, langue des habitants de la Grèce ancienne. Grec vulgaire ou moderne, langue parlée aujourd’hui dans le royaume de Grèce et dans une partie de la Turquie. Chose, langage impossible a comprendre : tout cela c'est du grec pour moi. (V. græoum.) Fig. Autref., personne sachant le ^eo. Par ext. et fam. Savant, même roué, en quelque chose : Vamour, j'y suis grec. (Th. Corn.) Fripon, escroc, surtout au jeu : expulser les grecs d'un cercle. Bist. ecelés. Membre de l'Eglise grecque : les rites des grecs. Grecs-unis, V. à son ordre alph. ’Vitic. Cépage rouge cultivé dans le midi de la France (Provence) et la Haute- Loire. N. f. Archit. ’V. grecque. A la grecque, à la manière des Grecs. Allus. littér. : Pour l'amour du grec, allusion à un passage des Femmes savantes, de Molière, où Philaminte embrasse 'Vadius parce qu'il sait le grec, et où Henriette refuse de se laisser embrasser parce que, dit-elle, elle n’entend pas le grec.

— Encycl. Le grec appartient au groupe des langues indo-européennes. 11 comprenait des centaines de dialectes, répartis en quatre groupes principaux : 1“ dialectes éoliens; 2» dialectes doriens ; 3» dialectes ioniens ; 4» dialecte attique. — Depuis la fin du iv= siècle, le domaine du dialecte attique s’étend dans tous les sens. Mais il perd de sa pureté, devient la langue commune de l’époque alexandrine et gréco-romaine.

Pendant toute la durée de l’empire romain, le grec resta le langage commun à tout l'Orient. Après la prise de Constantinople, en 1453, il se maintint sous la domination turque. Aujourd’hui encore, il est parlé dans tout le royaume de Grèce et dans une foule de villes de Turquie ou d’Egypte. 11 présente de nombreux dialectes, qu’on désigne sous le nom générique de grec moderne ou romalque, et qui, tous, dérivent plus ou moins directement de la langue commune des Alexandrins ou de l’empire romain. Le vocabulaire y est encombré de mots d'origine étrangère.

grécage n. m. Opération de reliure consistant à faire sur le dos d’un volume, avec une scie à main, les entailles également espacées, pour y cacher les cordelettes ou nerfs qui servent à soutenir la couture.

grécaliser [zél v. n. Mar. Etre porté vers le nord-est, direction d'où souffle le vent grec.

Grèc©, un des Etats de la péninsule des Balkans.

1. Géographie. La Grèce est une péninsule montagneuse de l’Europe orientale, qui forme l’extrémité méridionale de la grande péninsule des Balkans. Elle est baignée à l’E. par la mer Egée ou Ai'chipel, au S, par la Méditerranée, à TO. par la mer Ionienne. Ses cotes sont découpées en golfes nombreux, dont Tun, celui de Corinthe ou de Lépante, fermé par les îles Ioniennes (Zante, Céphalonie, Leucade), isole la presqu'île de Morée ou Péloponèse du reste du pays. Le Péloponèse est rattaché au continent par l’isthme de Corinthe, percé aujourd’hui par un canal. La chaîne hellénique ou Pinde, qui traverse la Grèce du N. au S., projette de nombreuses ramifications calcaires, tantôt boisées, tantôt sèches et dénudées, qui forment les massifs de TOthrys et de l’Olympe, et se continuent au S.-E., en des presqu’îles longues et étroites (Attique, Argolide), prolongées ellesmêmes par des rangées d’iles : Eubée, Sporades (Skopelos, Skyros, etc.), Cyclades (Andros, Naxos, Tinos, etc.) ; les cours d’eau sont de peu d’importance. Les plus importants sont le Salemvria, qui traverse la fertile plaine de Thessalie, l’Aspropotamo, le Sperchios, etc. Le climat, chaud et sec, est salubre, sauf le long des côtes. L’insuffisance des bras, des capitaux et des voies de communication est le principal obstacle au développement de l’agriculture, du commerce et de l’industrie. Les raisins secs constituent le grand produit d’exportation de la Grèce.

La Grèce forme une monarchie constitutionnelle. Le roi est le chef du pouvoir exécutif ; le pouvoir législatif est aux mains d’une Chambre des députés élue au suffrage universel. Sous le nom de nomarchies ou nomes, éparchies et dèmes, les Grecs divisent leur pays en départements, arrondissements, et communes. La superficie de la Grèce (Cyclades et autres îles comprises) est de 122.000 kil. carr. ; la population de 4.980.000 h. (Grecs). Capit. Athènes. Les Grecs se donnent le nom à' Hellènes, et à leur pays celui de Relias. Le’mot Grèce est d’origine latine.

II. Histoire. La Grèce propre a porté divers noms, suivant les époques ; elle s’est appelée successivement Pélasgie ou terre des Pélasges ; Achaîe, du nom d’une des tribus dominantes à l’époque héroïque ; Hellade, du nom des Hellènes, l’une des

Anciens Grecs.

races principales dont se forma sa population ; elle fut enfin appelée par les Romains Gi-secia, du nom des Grækes, une tribu d'Illyrie, l’une des premières qu’ils aient connues. Elle devint ensuite la province romaine à' Achaîe. Elle forme aujourd’hui, sous le nom dé Relias, un Etat indépendant.

La Grèce primitive n’a pas connu cet âge d’or dont rêvaient plus tard ses poètes. Les premiers habitants vivaient dans des cavernes, taillaient dans le silex leurs instruments et leurs armes. Plus tard, ils apprirent à travailler les métaux. Des marins aventureux et pillards, Cariens, Lélèges, Minyens, Cretois, Tyrrhéniens, commencèrent de bonne heure à courir l’Archipel. A l’époque homérique se dessine déjà la physionomie des premières tribus historiques : Ioniens, Eoliens, Achéens. Ces peuples nomades et remuants s’éveillèrent au contact de l’Orient, des Egyptiens ou des Phéniciens. De cette fermentation de tant de races est sortie la civilisation dite mycénienne. La Grèce de ces premiers temps avait une organisation patriarcale ou féodale, avec sa hiérarchie de familles, de phratries et de tribus, ses rois ou chefs militaires assistés d’hétaires et d'un conseil d’anciens, ses châteaux forts ou camps de refuge, son goût des aventures, ses reliions encore imprégnées de naturalisme. Les temps érotques de la Grèce sont signalés par l'expédition des Argonautes, la guerre de Troie, etc.

L’invasion des Doriens (viii“ s.), en jetant une foule de Grecs sur des côtes lointaines, ébranla tout le système des monarchies achéennes et du royaume patriareal. Dans les diverses régions de la Grèce, les conquérants durent se grouper en un corps homogène, capable de tenir sous le joug les périèques, les serfs et les esclaves. En même temps, le progrès du commerce, de la richesse mobilière, l’invention de l’écriture émancipèrent les classes inférieures. Partout prévalut une nouvelle organisation sociale, qui eut pour principe la cité. Monarchique au début, la cité s’achemina, à travers les révolutions, vers le régime républicain, d’abord aristocratique puis démocratique. Lycurgue donna des lois à Sparte, Dracon et Solon à Athènes : chaque législation nouvelle consacra quelque conquête des classes inférieures.

La Grèce, du vu» au iv» siècles se partageait entre deux grandes races : les Doriens et les Ioniens, dont les rivalités dominent toute Thistoire du temps. Les deux races s’unirent dans la première moitié du v» siècle, pour défendre leur indépendance et la civilisation grecque contre un retour offensif de l’Orient. C’est le temps des guerres médiques. A cette époque se précise le sentiment de l’unité nationale rendue sensible par de vastes confédérations, des institutions commerciales, la rencontre de tous les Hellènes dans les sanctuaires et les Grands Jeux.

Mais la constitution de l’unité nationale fut rendue impossible par l’âpre rivalité des principaux Etats ; Sparte, Athènes et Thèbes. La guerre du Péloponèse, puis les guerres de la première moitié du IV» siècle affaiblirent peu à peu la Grèce. Sparte, Thèbes et Athènes, en s’épuisant l’une l’autre, avaient jeté toutes ces cités aux pieds de la Perse. Lysias et Isocrate prêchèrent en vain l’union contre l’ennemi traditionnel ; cette union se fit, mais aux dépens de la liberté des Hellènes : Philippe, malgré les efforts de Démosthène, fut le maitre de la Grèce après la bataille de Chéronée.

Son fils Alexandre conduisit à la conquête de l'Asie les Hellènes confédérés, ses alliés de nom, ses sujets de fait.

Pendant les deux siècles suivants, soumise successivement aux rois de Macédoine, d’Asie Mineure, de Syrie ou d’Egypte, la Grèce ne conservait plus guère que des libertés municipales, et le droit de natter ses maîtres. Quelque temps, elle parut reprendre un peu de force, sous la direction des chefs énergiques de la ligue Achéenne ou de la ligue Etolienne. Mais l’opposition et les luttes armées de ces deux ligues, qui toutes deux appelèrent à leur aide l'étranger, finirent par donner à la Grèce le coup de mort. En 146 avant J.-C., elle devenait, sous le nom d’ Achaîe, province romaine.

— La Grèce sous la domination romaine. Si, politiquement, la Grèce avait perdu toute importance, son influence morale, intellectuelle, littéraire, reçut, au contraire, un accroissement nouveau. Ses artistes.

GRÉ

ses grammairiens, ses philosophes, apportèrent à. Rome le génie grec. La Grèce garda ses jeux, où l’on vit Néron concourir, et ses écoles. Cette prospérité ne décrût qu après la fondation de Constantinople.

— Grèce byzantine (395-1460). Le commencement du moyen âge fut pour la Grèce une période désastreuse. Demeurée en grande partie païenne, elle inquiétait et mécontentait les empereurs chrétiens. Justinien ordonna la fermeture des écoles d’Athènes. Les invasions barbares achevèrent la ruine de la Grèce ; successivement, elle vit passer les ’Wisigoths d'Alaric (3.96), les Avares (vi« s.), les Slaves (vi» et vu» s.). 'Vers le milieu du viii» siècle, le nombre des colonies slaves était considérable, particulièrement dans le Péloponèse, tandis que de nombreuses portions de territoire et les grandes villes restaient aux mains de la race grecque, réfugiée dans les places du littoral. Insensiblement, d'ailleurs, les Slaves se grécisèrent au contact des vaincus, et s’assimilèrent de plus en plus à l’hellénisme.

La quatrième croisade fit de la Grèce « une France, nouvelle ». Une civilisation brillante mit un rayon de gloire à cette fin du moyen âge hellénique. Mais, bientôt les prétentions des rois de Naples à la suzeraineté de TAchaïe, la désastreuse bataille du lao Copaïs (1311), qui livra Athènes à la compagnie catalane et à la suzeraineté des rois d’Aragon (1311* 1394), l’ambition des Vénitiens établis dès 1206 à Coron et à Modon, et qui augmentèrent leurs possessions au cours du xiv» siècle, les discordes intérieures de la principauté d’ Achaîe, tout cela favorisa en Morée une reprise d’off ensive des Byzantins. En 1349, les Canlacuzènes se constituèrent une principauté, le despotat de Mistra, et les Paléologues, qui gouvernèrent de 1384 à 1460, étendirent leur autorité sur presque tout le Péloponèse. Athènes, sous les duos florentins de la maison des Acciajuoli (1394-1458), montra une dernière splendeur. La conquête turque, en 1458, mit fin à ces Etats affaiblis.

— LaGr'ece sous la domination turque (1 460-1 8S1)^ La nation grecque fut comme décapitée par la conl quête. Ecrasée d’impôts, la nationalité hellénique semble disparaître sous l’afflux des colonies vsdaques et albanaises.

Et, tandis que la haute Eglise, d’une valeur morale médiocre, se reconstitue sous la protection ottomane, tandis que l’aristocratie laïque du Phanar songe surtout à ses intérêts, le peuple se résigne à . la servitude.

Toutefois, la race hellénique persistait dans les classes commerçantes des villes, et parmi les paysans des campagnes éloignées. La reprise de la Morée et d’une partie de la Grèce du Nord par François Morosini (1684-1687), l'élablissement en Grèce d’une domination vénitienne de quelque durée (1684-1718) hâtèrent le réveil du sentiment national. En même temps, l’action de la Russie, le grand mouvement de la Révolution française enfin, surexcitaient les espérances des patriotes, au moment même où l’empire turc entrait en décadence.

— Histoire contemporaine (depuis la guerre de l'Indépendance jusqu à nos jours). C’est en 1821 que commença l’insurrection des Grecs contre la Turquie. Le 13 janvier 1822 une Assemblée nationale proclama l’indépendance, et institua un gouvernement composé de cinq membres, dont la présidence fut confiée à Mavrocordato. Dans la nuit du 18 au 19 juin 1822, Canaris détruisit la flotte turque dans le détroit de Chio. Les puissances, poussées par l’opinion publique en Europe, se décidèrent à intervenir et à exiger par la force (bataille de Navarin, expédition du maréchal Maison) l’évacuation du pays par les Turcs. Le protocole du 3 février 1830 déclarait la Grèce royaume souverain. Enfin, le traité du 7 mai 1832, conclu entre la Grèce, la Bavière et les trois puissances protectrices, désignait le prince Othon, fils du roi de Bavière Louis 1»», comme roi de Grèce.

Depuis cette époque, la politique grecque a toujours tendu à réaliser l’idée panhellénique en enlevant à la Turquie les territoires habités par des Grecs, que cette puissance détient encore. Pendant la guerre de Crimée (1853-1854), pendant la guerre d'Italie, des mouvements nationalistes se produisirent dans le jeune royaume. Le roi, pour des motifs de politique internationale, n’ayant pas cru pouvoir les favoriser, fut bientôt renversé par une révolution (1862), et l’Assemblée nationale élut comme nouveau roi le prince Georges de Danemark. Après la guerre russoturque de 1878-1879, la Grèce obtint un agrandissement de territoire du côté de l’Epire et de la Thessalie. Un commencement de soulèvement national fut, en 1885, étouffé par les puissances, qui bloquèrent les côtes grecques. En 1897, à la suite d’un envoi officiel de secours aux insurgés crétois, une guerre avec la Turquie éclata, où la Grèce succomba. Mais les puissances obtinrent de la Turquie l’autonomie de la Crète sous le gouvernement du prince Georges de Grèce, et la Grèce a depuis lors pris sa revanche sur la Turquie dans la guerre heureuse de 1913.

Les résultats de cet effort sont devenus manifestes au xx» siècle. A la suite des deux guerres balkaniques de 1912 et de 1913, le royaume de Grèce s’accrut de Tîle de Crète autonome, depuis 1898, de presque toutes les Sporades du Nord et de la plus rande partie de la Macédoine et de l’Epire. Au êbut de la Grande Guerre, la Grèce, oublieuse de ce qu’elle devait aux Alliés, favorisa les Allemands de tout son pouvoir, en conservant une neutralité purement nominale. Après le meurtre des marins français tombés dans un guet-apens (2 décembre 1916), la France obligea le roi Constantin, beaufrère du kaiser Guillaume II, à céder le trône à son fils Alexandre, qui prit pour premier ministre le grand patriote Venizelos (juin 1917). Celui-ci fit entrer la Grèce dans la lutte contre l’Allemagne et ses alliés, et obtint ainsi pour son pays, après la

Armoiries de la Grèce.

Larousse universei,.

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