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LA NATIONALITÉ DANS L'ART

Léonard de Vinci avait trenle-el-un ans (1483) lorsqu'il quitta Florence. Sa rivalité avec Micliel- Ange en fut le prétexte; mais la vraie raison est qu'il se sentait trop à Tétroit dans la donnée exclusive, abstraite de l'école Florentine. Son humeur inquiète débordait ces systèmes. Elle le rendait suspect à Laurent qui ne fit rien pour le retenir.

Léonard alla en Lombardie, au milieu de et s jeunes écoles qui se formaient aussi multipliées que les villes, variées, nuancées entre elles comme la lumière de ce versant des Alpes, ayant toutes

pour don la couleur. La végétation luxuriante des grasses plaines de Lombardie, si bien arrosées par les fleuves^ se retrouve dans Tabondance de ces écoles. C'est le fons aquarum de la renaissance italienne. Amour naïf, profond de la nature, suavité, enthousiasme, le caractère lombard avait les qualités qui répondaient le mieux au génie de Léonard de Vinci.

A Milan s'ouvre pour lui l'époque la plus heureuse de sa vie, époque d'immense espoir^ de découvertes en tout art, en toute science : il dépasse les promesses de sa lettre au duc de Milan, où il donnait le programme magnifique de tout ce qu'il pourrait faire pour son service.

Qu'on n'attribue pas cependant les travaux de Léonard à la munificence di| prince qui l'employa. Ludovic le Maure appelait à S£^ cour les savants et les artistes, comme pour effçicer le crime de son ysurpatipn par la splendeur e\ la renommée de ces hommes célèbres. Ce fut la politique ordinaire des princes qui voulurent éta})lir leur tyrannie. Les Médicis, les Sforza, les Gonzague, les marquis d'Est, rivalisèrent de lu3^e, ^e fêtes brillantes, bâtissant des palais, renouvelant des

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