L ACCOMPLISSEMSNT DE LA RENAISSANCE
rence par des entreprises d'utilité publique, coramelesGonzague à Mantoue^ comme lesSforza à Milan. Ils vont multiplier les commandes.
Pourvu que les artistes couvrent de fresques, de peintures les murs des palais qui s'élèvent j que ces œuvres d'art soient agréables aux yeux , ces princes sont peu scrupuleux sur le choix des sujets. L'infaillibilité des peintres va couvrir la royauté des banquiers devenus les vicaires de Tempereur; elle va soutenir le prestige de la papauté qui semblait près de s'éteindre.
Les difficultés ont été vaincues , les sentiers arides de Tart ont-été frayés. Tout est trouvé^ mais immobile et tendu , comme enseveli dans Teffort. La fresque participe encore de la mosaïque par la sérénité un peu roide des figures. La peinture toscane, influencée par l'orfèvrerie, laisse trop voir dans le peintre l'habileté du sculp* teur et du ciseleur. Quelques hommes viennent, tout prend vie, surgit, s'anime, se colore d'un rayon, d'une flamme qui excède la réalité. Ce sont des hommes d'action. Ils disposent de la fresque qu'ils façonnent à leur impatience , à leur sûreté d'exécution; ils en gardentlaliberté de Tac-
l'art ITALIRN au XVI» SIÈCLE. 1 49
cessoire dans la peinture à Fhuile^ pour rendre la flamme du regard et par la dégradation du clair-obscur , réunir les aspects de ce miracle de beauté divine et humaine qui a grandi successivement dans l'imagination des artistes qui ont voulu Tatteindre. Dès lors, Fart italien acquiert toute sa spiritualité : ces maîtres sont si libres qu'ils se préoccupent moins de rendre la nature comme ils la voient que comme ils la sentent.
Malgré ces merveilles du xvi« siècle, que la donnée de Tart au xV" reste supérieure! Maintenant les peintures à fresque ne sont plus exécutées que dans Tinférieur des palais, ou sur les devantures des maisons comme à Rome et à Venise, elles ne sont plus faites que pour des particuliers. Plus d'art municif>al , phis d'enseignement de patriotisme. Il n'y aura plus tes concurrences fécondes de l'ancienne école florentine, où tous les citoyens surveillaient, s'assimilaient les productions d'un artiste. Quelques noms avec la faveur dû pape et des Médicis vont centraliser les commandes , les grandes entreprises. Tout disparaîtra devant le divin Rapliaël, le sublime Michel-Ange.
4 50 l'accûmpuss£ment db la renaissance.
Les jeunes gens merveilleusement doués qui naissent de toute part deviendront les manœuyresy les aides de ces maîtres tout-puissants. A la tradition d'une ville, d'une école comme Florence, ils substitueront le style d'un homme. Ils commenceront par copier ses tableaux, ne voudront qu'imiter sa manière» au lieu d'essayer leur individualité sous les yeux de la foule, de commencer hardiment par la fi-esque, comme le faisaient les maîtres du xv« siècle.
Ces tableaux à Thuile, dans lesquels se dépose rintensité , les nuances du génie d'un maître , seront la proie du vainqueur, ils vont se ré* pandre par la conquête dans toute PEurope. Mobiles, transportableSy ils serviront à l'éducation du genre humain, mais ils détacheront peu à peu Tartiste du fond de la nationalité.
Ainsi, à son apogée, Part italien se dénationalise, il quitte ses fortes assises, il ne s'alimente plus des sentiments de la foule, il ne s'exerce plus au milieu du peuplCi II satisfait au caprice des princes, des hommes riches, mais plus ils sont riches, plus ils accaparent les artistes, et plus se perdent les traditions démocratiques de l'art italien.