X INTRODUCTION
dans un éclectisme impuissant; les précédents heureux de traditions, d'influences, qui préparèrent légitimement les maîtres, tout en leur laissant leur complète liberté d'action, dès « le milieu du xvf siècle ne pouvant plus se produire; la forte éducation plébéienne des artistes du XV* siècle qui tous s'élevèrent d'un métier à un art, et d'un art à plusieurs arts, remplacée par la spécialité étroite et raffinée d'un art de convention, d'un art officiel ; la collaboration admirablement féconde de l'élève et du mai(re, se perdant peu à peu dans des associations d'intérêt, dans l'institution néfaste des académies ; telles sont les phases principales de cette histoire que j'ai essayé d'éclaircir. Dans l'Italie du xv' et du xvf siècle se sont agitées la plupart de nos questions sociales. Si elle fut impuissante à les résoudre pour la liberté, nous dirons pourquoi. Quand ces mêmes questions nous arrivent pressantes après trois.siècles, nous devons être au moins avertis par cette malheureuse histoire.
INTRODUCTION. Xf
Jusqu'ici on n'a demandé à l'Italie que ta récréation, que le plaisir des yeux. Les professeurs de toutes les écoles ont recommandé Tétude des maîtres italiens. Les élèves de l'école de Rome se trouvent chaque année en présence des chefs-d'œuvre. Mais qui s'est occupé des conditions sociales où ces œuvres se sont produites, de quel mouvement elles sont sorties? Elles sont belles; tous le disent et cela est vrai. Mais cela suffit-il? Non, jamais l'art ne renaîtra de cette manière. Pour trouver un chant héroïque, il ne suffit point de répéter des mots héroïques , c'est le cœur qu'il faut avoir ; et si vous voulez que ces œuvres soient fécondes , comme elles le sont réelle* ment, il faut des œuvres aller jusqu'au cœur de l'artiste, et du cœur de l'artiste jusqu'au cœur du peuple.
Cette histoire du naufrage de l'art italien nous est plus instructive qu'elle ne le fut à l'Italie elle-même. Jamais l'Italie ne se préoccupa de l'avenir, son âme restant ensevelie