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TER

LVRVES DE COLÉOPTÈKES

pour le P. poiygoni, le ï,tjclinis vespertina, et, d’après mes obsen^ations, le Cucubalus behen, ainsi que le Githago segelim, sur les capsules duquel j’ai trouvé des larves mangeant les graines; pour le P. variabilia, probablement diverses Légumineuses et très-certainement VAstragahis Bayonensis, sur lequel j’ai trouvé sa larve; pour le P. ononidis, un Ononis; pour le P. fasciculatus, VErodium cicutariuni, d’après mes observations et. d’après la monographie de Capiaumont, les Carottes; pour le P. Rogenhoferi, la Carotte, d’après Ferrari; pour le P. Grandwi, l’Ammi visnaga; pour le P. nigrirostris, les Ononis; pour le P. Scolymi, divers Scolymus, d’après M. Leprieur.

liiiiiobius ScH.

On a cité le L. dissimüis comme recherchant les Géranium, et j'ai trouvé les larves du L. mixtus sur VErodium cicutarium.

Couiatiis Gcrm.

Ce que je viens de dire des Phytojiomus s’applique entièrement aux Goniatus, avec cette différence que les espèces de ce dernier genre, du moins celles que je connais, sont inféodées aux Tamarix qui sont des arbrisseaux et, sauf un, presque des arbres et non des plantes herbacées ou des arbustes, et que leurs cocons ont le plus souvent une réticulation plus régulière et plus élégante. Je ferai remarquer, en outre, que ces insectes sont d’excellents botanistes et que certaines espèces vivent indifféremment sur les Tamarix Gallica, Anglica,A(ricana et même sur le Myricavia (Tamarix) Germanica, bien différent des précédents. Il y a lieu d’être surpris que des larves apodes puissent se maintenir sur des végétaux à rameaux très-souples, la plupart maritimes et par conséquent exposés à des vents impétueux, à de violentes rafales; mais on cesse de s’étonner lorsque, dans ces moments de crise, on voit, comme je l’ai constaté, les larves embrassant vigoureusement de leur corps courbé en arc les minces ramilles et le feuillage délicat de l’arbrisseau dont elles ont intérêt à ne pas se séparer.

eiconus ScH. — Hegaspis Sch, — Botliyaioilercs Scu. etc.

On ne trouve guère ces insectes qu’errant parmi les herbes ou sur les sentiers. Malgré leur taille et le nombre considérable des espèces, on sait

CUKCULIONIDES

très-peu de chose de leurs mœurs. On a découvert seulement que la larve du Cleonns sulcirontîis vit et se transforme dans une partie renflée de la tige souterraine du Cirsium arvense (Goret, Soc. Ent. 1876,’ p. clxvih) et celle du C. marmoratus dans les racines de VAchülæa millefolium (Regimbart et Leprieur, loc. cit. même page). On a signalé le Stephanocleonus anceps, je crois, comme très-nuisible aux Betteraves en Russie, et il est fort possible que la larve se trouve dans les racines de cette plante. J’ai rencontré, quant à moi, au collet de la racine d’un vigoureux Picris hieracioides une larve que j’ai tout lieu de croire de Cléonide et peut-être du Megaspis alternnns.

liltiuocyllus Germ.

Ce sont des amis des Synanthérées flosculeuses, des Chardons et des Centaurées; mais c'est dans leurs fleurs ou calathides et non dans leurs tiges ou leurs racines que se développent leurs larves. La ponte a lieu dès que le calathide est formé, la larve se nourrit des organes floraux et surtout du réceptacle plus ou moins charnu, et c’est dans son berceau même qu’elle accomplit toutes ses évolutions. Celle du R. lalirostris a été observée par M. Goureau dans le Carduus nutans, et par moi dans la Centaurea nigra; celle du R. antiodontalgicus dans un Chardon très-épineux dont Gerbi ne dit pas le nom. et j’ai trouvé celle du R. provincialis dans la Centaurea nigra.

Bien des personnes probablement ignorent pourquoi le nom à’Antiodontalgicus a été donné par Gerbi à l’espèce précitée. On en trouve la raison dans les Pié création s tirées de l'histoire naturelle de l’Allemand Wilhem. On croyait, du temps de Gerbi, que si l’on frottait quinze larves ou le même nombre d’insectes parfaits entre le pouce et l’index jusqu’à ce qu’il ne restât plus la moindre humidité, ces deux doigts acquéraient et conservaient, même, plus d’un an, la vertu de calmer sur le champ, par le simple attouchement, la douleur causée par une dent cariée. On cite 401 succès sur 629 expériences.

Mlerolttriiiufs HoCn.

Le M. Lneynii est assez commun dans certains lieux secs de la Provence. On a dit que sa larve vit dans les fruits du Tribulus terrestiis.

ffiarinus Germ.

Leurs mœurs sont celles des Rhinocylliis , et, vu la facilité de trouver leurs larves dans les calathides des plantes sur lesquelles on rencontre les insectes, j’ai lieu de m’étonner qu’on ne connaisse l’histoire que d’un petit nombre. Il y aurait pourtant, ce me semble, un certain plaisir à recueillir les larves et les nymphes des L. cynaræ, buccinator, onopordi qui se recommandent par leur grande taille. Oii n’a, à ma connaissance, signalé jusqu’ici que le L. maculosus, parasite de V Echinops ritro ; ie L. Cynaræ du Cynara cardunciilus ; le L. flavescens du Kenlrophyllum lanatum; le L. sturnus du Cirsiim lanceolahm; le L, wrsMs de la Carlina corymbosa; les L. confinis et ferrugatus de la Centaurea aspera; le L. maurus du Buphllialmum spinosum; le L. planiis du Cir sium palustre; le L. turbinalus de divers Chardons ; le L. carlinæ du Cirsium arvense. J’ai mentionné dans mes premières Promenades entomologiqnes ces deux dernières espèces, les seules que nous ayons ici, comme nées chez moi des calathides de cette dernière Carduacée.

liixus F.

Les larves des espèces connues de ce genre vivent et se transforment dans les tiges fistuleuses ou non de diverses plantes herbacées. Lorsqu’elles sont fistuleuses et que la larve est d’une grande espèce, il n’y en a ordinairement qu’une dans une tige, et cela se comprend, puisque, pour se développer dans un milieu où il y a moins de substance alimentaire, elle doit ronger une assez grande étendue ; mais lorsque la tige est pleine ou à peu près et assez longue, plusieurs larves peuvent y vivre, comme je l’ai observé pour les L. Alyirus et Ascanii.

Le L. paraplecticus est parasite du Phellandriiim aquaiicmn et du Sium latifolium; le L. turbalus de la Ciguë et de l’Angélique; le L. Ascanii do la Beta vulgaris; le L. junci de la Beta delà, et j’ai pris une fois l’insecte parfait sur l’Épinard qui est de la même famille, de sorte que le nom de junci serait aussi impropre que tant d’antres. Il est à remarquer en outre que le junci a, comme V Ascanii, la marge des élylres blanches. Le L. bardanæ du Rumex hydrolopathum qui n’a aucun rapport avec la Bardanc ; le L. filiformis, probablement, d’après Dieckoff, des Cnrduus nutans cl crispus; le L. gerninatus de la Cicuta virosa; le L.Algirus, L. angustatus

CURCULIOMDES

F. des Malvacées et môme, d’après mes observations, des Cirsmm arvense et palustre, ce qui me porterait presque à croire qu’il y a là deux espèces distinctes; le L. myagri, probablement, à cause de son nom, d’une Crucifère du genre Myagrum, et très-positivement, d’après mes constatations, de VErysimim prcecox et du Chou; le L. pollinosus des Carduacées; le L. Cynaræ du Cynava scolymus-, le L. miicronatus de YHelosciadium nodiflorum, du Céleri et en Corse d’un Cerfeuil: le L. cribricollis de l’Oseille.

Comme pour les Larinus, je m’étonne qu’on ne connaisse pas presque toutes les larves d’un genre dont les espèces ont de la taille et stationnent habituellement sur les plantes qui doivent recevoir leurs pontes. Que d’entomologistes, hélas! qui, au lieu de pénétrer dans les secrets do la science, restent à la surface et la font consister à trouver à grand effort, ne fût-ce que sur un seul individu, un caractère qui différencie tel insecte de son voisin, ou à posséder beaucoup d’espèces pour les aligner avec art dans des boîtes ! Combien d’autres, ignorants de la botanique, sont incapables de savourer le charme des relations qui lient les insectes aux végétaux! Combien enfin qui, ayant toutes les qualités requises pour servir et môme honorer la science, gardent pour eux leurs découvertes, par nonchalance ou comme s’ils en étaient jaloux!

Gkrm.

SonWils tous voués exclusivement aux Conifères? Je le crois, mais je n’ose l’affirmer parce que, si j’ai pris une fois le H. fatuiis sur un bourgeon de Pin, je l’ai recueilli une autre fois en battant des Saules éloignés des Pins. Quoiqu’il en soit, les larves du H. abietis, qui me sont plus particulièrement connues, creusent sous l’écorce des vieux Pins mourants ou récemment morts des galeries très-sinueuses, et se transforment dans l’aubier à une faible profondeur, après avoir bouché avec des fibres ou de petits copeaux le trou par lequel elles sont entrées et qui servira à la sortie de l’insecte parfa t.

Pissodeis Gehm.

Mêmes mœurs que les tlylobius, mais ici j’affirmerais avec plus d’assurance que toutes les espèces sont parasites des Conifères. Dans les Landes, le P. notatus s’attaque aux Pins de tout âge pour peu qu’ils soient malades,

ce qui le rend très-dangereux, et habituellement la larve se transforme dans une cellule elliptique creusée en niche à la surface de l’aubier et qu’elle ferme par une coupole de fibres entrelacées. J’ai dit habituellement, car cette larve peut vivre, comme je l’ai observé, et accomplir toutes ses évolutions dans des ramilles même de moins d'un centimètre de diamètre du Pin maritime, du Pin sylvestre et du Pin du lord. Dans ce cas, il n’y a ni galeries à miner sous l’écorce, ni cellule à creuser, ni fibres à détacher ; tout se passe dans le canal médullaire et avec la plus grande simplicité. Cette diversité de manœuvres suivant la différence des conditions n’est pas indigne d’intérêt.

Grypitliiis SCH.

J’ai lu dans la Feuille des jeunes naturalistes 1874, page 63, qu’on a pris le G. equiseti sur VEquisetum palustre dans la lige duquel son bec était profondément enfoncé. Ce fait indiquerait que la larve vit dans celte plante.

lürirliiikiis Germ.

La plupart des Erirhinus vrais se trouvent sur les plantes aquatiques et leurs larves vivent sans doute dans les liges de ces plantes, l'i l’exemple de celle de !’£. festucœ qui, d’après les observations de Boie, se développe dans les tiges du Scirpus Incnstris. Ce n’est de ma part qu’une hypothèse, car le genre dont il s’agit est si peu répandu dans le cercle ordinaire de mes recherches que je n’ai pu faire sur son compte de nombreuses observations. Je puis dire seulement que j’ai pris !’£. infirmus sur le Sa/Zx coprœa dont les chatons nourrissent peut-être la larve de cet insecte, et plusieurs fois sur le Calamagrostis arnndinacea, YE. nereis dont la larve habite peut-être le chaume de cette Graminée où j’ai trouvé des traces de galeries.

Quant aux espèces du sous-genre Doiylormis, elles recherchent plutôt les arbres que les herbes, et surtout ceux de l’ancienne famille des Amenlâcées, tels que Chênes, Peupliers, Saules. J’ai pris YE. vorax et YE. lortrix sur les Peupliers ; l’JÏÏ. costirostris abondamment soit sur le tronc d’un Peuplier récemment aba tu, soit en secouant des Trembles vivants; les E. tæniatus , salicis et agnathus sur les Saules. La larve du tœniatus, d’après les observations do M. Goureau, vit dans les châtons femelles; je

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puis en dire autant pour Vagnathus. UE. tomentosus et VE. Silbermanni se prennent aussi sur les Saules,

Meciuus Gekm.

Ayant plus d’une fois trouvé le M. pyraster dans des branches d’arbres et notamment d’arbres fruitiers, je m’étais d’autant plus persuadé que sa larve était lignivore que le nom de pyraster semblait indiquer un ennemi du Poirier. Je m’aperçus plus tard que les individus logés dans le bois étaient là en quartiers d’hiver, et qu'ils s’étaient introduits par le trou de sortie d’un insecte xylophage. J’étais en outre détourné de ma première idée par ce fait que je prenais souvent cet insecte, ainsi que le M. circulatus, en fauchant dans les lieux peuplés de Plmtago lanceolata. Je me mis donc à explorer cette plante et je ne tardai pas à trouver au collet de la racine des larves, puis des nymphes, enfin des insectes parfaits qui m’apprirent que les deux espèces précitées s’attaquent au Plantain. Déjà MM. Chapuis et Candèze avaient décrit la larve du M. coUaris qui vit et sc transforme dans une sorte de galle au-dessous des épis du Plantago maritima. M. Grenier a pris plusieurs fois et dans des lieux éloignés le M. longiusculus sur la Linaria striata.

ü^inicronyxi Sch.

M. Raffray a observé la larve du S. cyaneus à Alger, dans les bulbes du Phelipœa lutea. Les autres espèces se prennent en fauchant les herbes et, chez nous du moins, très-isolément. On ne sait rien, à ma connaissance, sur leurs mœurs.

Braeltonyx. Sch.

La seule espèce que renferme ce genre, le B.indigem^ se trouve, mais pas chez nous, sur les Pins. Ratzeburg, qui a observé ses métamorphoses, nous a appris que sa larve vit et se transforme entre deux feuilles de Pin qui restent accolées et subissent un arrêt de développement.

Apion Hërbst.

Voici un genre très-important par le nombre de ses espèces et celui des individus de beaucoup d’entre elles, et très-intéressant au point de vue

des mœurs. Certains se prennent, parfois abondamment, en battant les arbres, mais aucune espèce, que je sache, ne pond sur les grands végétaux, sauf VA. minimum et peut-être les A. pubescens et subpubescens qui, se tenant habituellement sur les Saules, pourraient bien avoir pour berceau les châtoiis ou quelque galle de ces arbres, ce que je me propose de vérifier. Les autres n’ont des rapports qu’avec les plantes herbacées, à l’exception de ceux qui pondent dans les fleurs, les fruits, les pousses tendres de certains arbustes.

Les larves, sans aucune exception à ma connaissance, se transforment toutes au lieu même où elles ont vécu. Les insectes parfaits se pratiquent ensuite une issue vers le dehors, mais ceux qui se trouvent entre les valves presque cornées de certaines gousses à l’épreuve des faibles et courtes mandibules qui terminent leur rostre, sont souvent obligés d’attendre que l’action du soleil opère la déhiscence de ces gousses et risquent de mourir dans leur prison si elle tarde trop à s’ouvrir.

Bach a fait un relevé des espèces dont le régime était 'connu de son temps; Diétrich et Frauenfeld y en ont ajouté plusieurs, et moi-même (Soc. ont. 1863, p. 451 et 1864, p. 305) j’ai augmenté cette liste dont M.Wencker a tiré parti sans me citer, et dont s’est servi aussi l’auteur de l’article inséré dans la Feuille des jeunes naturalistes. Dans mon travail précité, je ne me suis pas borné aux mœurs, j’ai fait ressortir les similitudes de forme , de couleur, de ponctuation même, en concordance avec les familles des plantes dont se nourrissent les larves. Cette curieuse particularité, applicable à bien d’autres genres, a son importance scientifique et philosophique.

11 n’est pasde partiedesvégétaux qui ne puisse nourrir une larve d’d piow. Il y en a dans les feuilles, en bien petit nombre, il estvrai, dans les fleurs, dans les liges et surtout dans les fruits. Trois ou quatre seulement déterminent sur les plantes des hypertrophies morbides des tissus végétaux, ce qu’on appelle des galles, les autres ne trahissent leur présence par aucun phénomène extérieur. Je vais passer en revue ces diverses catégories en inscrivant à la suite du nom de chaque insecte celui de la plante ou de l’arbuste dont il est l’hôte.

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