‹ Larves de ColéoptèresChapitre 15 sur 41 · PAND^RIDES. — OLOCR\TES · texte numérisé non relu

PAND^RIDES. — OLOCR\TES

lisière postérieure des segments visiblement striolée. Dernier segment conique, très -faiblement déclive et peu convexe en dessus, un peu relevé, hérissé de quelques longs poils et terminé par quatre pointes cornées et ferrugineuses.

Mamelon awaZ très-petit, caché, à l’étal de repos, sous le huitième segment abdominal et terminé par deux lobes très-courts.

Stigmates comme dans les larves précédentes.

Pattes inégales, les antérieures bien plus robustes ; tibia égal en longueur à la cuisse, plus long que l’ongle, qui est en demi-fer de flèche ; trois épines sous le tibia, deux granules élevés noirs sous la cuisse et deux à l’extrémité du trochanter ; des poils en dessus. Les autres pattes armées de quelques épines et d’un ongle subulé.

D’après Bouché, cette larve se trouve en automne et pendant l’hiver dans le bois pourri du Saule. Je ne l’ai jamais rencontrée dans ces conditions, mais je la recueille fréquemment en fouillant les sables secs mêlés de détritus et nourrissant diverses plantes. C’est très-probablement de ces détritus qu’elle se nourrit.

Je ne connais pas la nymphe.

L’insecte parfait est commun sur les sables dès le mois de mai.

PANDARIDES

Oloerates (opatrum) gibbus Fab.

Long., 12-15 millirn. Hexapode, subcylindrique, d’un testacé jaunâtre, avec la lisière des segments un peu moins claire. Dernier segment ogival, terminé par huit pointes.

Tête convexe, ferrugineuse sur une espace demi-circulaire, depuis la base jusqu’aux deux tiers, jaunâtre sur le reste de sa surface ; lisse, avec des poils blonds assez touffus sur les côtés. Deux points écartés sur le bord antérieur.

Êpistome trapézoïdal, transverse, marqué d’une fossette près de chaque angle postérieur.

Labre transversal, antérieurement en arc très-surbaissé, cilié d’un petit nombre de poils dorés, marqué de deux petites fossettes.

Mandibules courtes, larges, très-arrondies en dehors, subconcaves en dessus à cause du relèvement du bord latéral, qui est presque tranchant, ferrugineuses avec les bords et l'extrémité noirs.

Mâchoires comme dans la larve précédente ; palpes maxillaires de trois articles, le premier et le troisième égaux, le second plus long et muni d’un poil en dehors.

Menton et lèvre inférieure aussi comme dans la larve du Crypticus; palpes labiaux de deux articles égaux ou à peu près.

Antennes de quatre articles, le premier très-court, le second un peu plus court que le troisième et un peu plus que lui en massue, le quatrième très -grêle, susceptible de rentrer presque entièrement dans le précédent et surmonté d’un poil très-fin.

Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, trois points noirs ronds et contigus et un écarté obliquement en arrière. Ces points ne sont pour ainsi dire pas saillants et pourraient bien n’ôtre que des simulacres d’ocelles.

Corps presque entièrement glabre, lisse, sauf une sorte de réticulation très-lâche et excessivement fine. Lisière des segments plus lisse avec des rudiments de stries presque imperceptibles.

Prothorax presque aussi long que les deux autres segments thoraciques réunis.

Abdomen de neuf segments, les quatre premiers à peu près égaux, les quatre suivants un peu plus grands et égaux aussi entre eux. Dernier segment ogival, subconvexe en dessus, déclive jusqu’aux trois quarts, puis se relevant un peu ; marqué sur les côtés de points enfoncés d’oii sortent des poils longs et fins; bordé postérieurement de huit pointes cornées, dont six à l’extrémité, également distantes, et deux plus antérieures et un peu plus éloignées.

Mamelon anal arrondi, ne dépassant guère le quart basilaire du dernier segment ; terminé par deux petits lobes coniques et inermes.

Stigmates wmme dans les larves précédentes.

Pattes inégales, les antérieures un peu plus larges et beaucoup plus robustes ; tibia aussi long que la cuisse, un peu plus long que l’ongle qui est large et en demi-fer de flèche. Trois ou quatre épines sous le tibia et des poils en dessus ; trois granules noirs élevés, contigus sous la cuisse, deux à l’extrémité du trochanter et des poils en dessus. Les deux autres paires de pattes ayant quelijues épines écartées en dessous et quelques poils ; leur ongle subulé.

PANDARIDES. — HELIOPATHES. — OPATRIDES. — SINORUS 263 Cette larve se trouve sous le sable, au pied des plantes, dans nos localités les plus arides, où l’insecte parfait se rencontre communément dès le mois de mai.

Je ne connais pas la nymphe.

Hellopathes lbericu« Muls.

LARVE

En tout semblable, même dans les plus petits détails, à la larve de VOlochrates gibbus, sauf les différences ci-après:

Points noirs antérieurs ocelliformes non contigus, mais le troisième inférieur bien séparé des autres ; dernier segment un peu plus relevé postérieurement ; ongle des pattes antérieures aussi long que le tibia ; sous celui-ci au moins quatre épines, dont deux à côté l’une de l’autre ; cinq ou six granules noirs, élevés et contigus sous la cuisse, autant sur le trochanter

Au mois de juin 1854 j’ai trouvé assez fréquemment cette larve sous les pierres, à l’Escurial et dans les montagnes du Guadarrama, où l’insecte parfait était très-commun. Je ne l’ai pas élevée et je ne connais pas sa nymphe, mais je ne doute pas qu’elle n’appartienne à l’insecte auquel je l'attribue.

Ainsi que je l’ai dit plus haut, MM. Mulsant et Valéry Mayet ont publié une description de la larve du Phylax littoralis, dépendant, comme les deux précédentes, du groupe des Pandarides. Cette larve diffère par les caractères suivants : le second article des antennes est deux fois plus long que le troisième ; le dernier segment ne porte à sou extrémité que quatre pointes noires. Les ocelles paraissent être représentés par deux petits traits noirs et transverses, l'un vers le bord antéro-externe de la tête, l’autre un peu après.

OPATRIDES

Sinorus (Opatrum) Colllardi Fairm.

LARVE

Long., 14 millira. Hexapode, subcylindrique, mais paraissant plus déprimée en dessous que les précédentes ; de la même couleur qu’elles ; dernier segment bordé de douze pointes.

Tête peu convexe, ses côtés assez densement hérissés de poils blonds.

Épistome tuméfié et portant près de ses angles antérieurs une petite corne cylindrique verticale.

Labre renflé, bordé seulement de quelques soies assez épaisses et raun en dessus de deux cornes verticales comme celles de l’épistome.

Mandibules presque entièrement ferrugineuses, courtes, larges, explanées, très-arrondies au bord antérieur, qui est noir et un peu réfléchi; laissant entre elles, lorsqu’elles sont fermées, un angle rentrant très-ouvert ; sinuées et comme échancrées latéralement, et portant une corne verticale près de l’angle basilaire externe.

- Mâchoires et palpes maxillaires comme dans les larves précédentes; second article de ces derniers un peu plus grand que chacun des deux autres qui sont égaux.

Menton, lèvre inférieure et palpes labiaux n’offrant rien de particulier.

Antennes ayant le second article un peu plus court que le troisième.

Sur chaque joue, près de la base de l’anterme, des apparences d'ocelles représentés, comme dans la larve du Crypticus, par une ligne transversale noire.

Corps comme dans cette même larve. Dernier segment ogival, trèsdéclive depuis la base, mais en courbe un peu sinueuse; hérissé en dessous de poils blonds et bordé postérieurement de douze épines parfois en partie brisées ou détachées, parfois aussi augmentées de quelques autres qui ne sont pas sur le même rang.

Mamelon anal arrondi postérieurement, large, mais court, caché au repos sous le huitième segment abdominal et m’ayant paru bilobé.

Stigmates comme à l’ordinaire.

Pattes comme dans la larve du Crypticus quisquilius, seulement deux fortes épines sous le tibia des antérieures.

J’ai reçu de Corse, de M. E. Revelière, plusieurs individus de cette larve trouvés sous terre aux lieux habités par l’insecte parfait.

La nymphe m’est inconnue.

Ifiicrozoum (0|iatrum) tibiale Fab.

LARVE

Long., 5-6 millim., subcylindrique, grêle, delà consistance et de la couleur des précédentes, dernier segment bordé de dix pointes.

OPATRIDES. — MICROZOUM. — DIAPERIDES. — ULOMA 265

Tête modérément convexe, velue sur les côtés, bord antérieur sans fossettes, un point enfoncé près de chaque angle postérieur de l’épistome et deux sur le labre, donnant naissance à un poil.

Organes de la bouche comme dans la larve de Crypticus.

Antennes de quatre articles, le second et le troisième égaux, celui-ci fortement et régulièrement renflé, ovoïde plutôt qu’en massue.

Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, des simulacres d'ocelles noirs au nombre de quatre et disposés comme dans la larve de YOlocrates gibbiis.

Corps presque glabre ; dernier segment longuement ogival, hérissé de longs poils blonds et bordé sur son tiers postérieur de dix pointes relativement plus longues que dans les larves précédentes.

Mamelon anal arrondi en arrière, court mais large, pouvant se cacher dans le segment précédent, paraissant échancré postérieurement, maissans lobes.

Pattes comme dans la larve du Crypticus quisquilius, mais tibias des antérieures ayant trois épines dont une près de la base de l’ongle et deux au milieu, l’une à côté de l’autre.

M. Mulsant, dans ses Latigènes (p. 179), dit que M. Burrel prétend avoir trouvé cette larve dans le Lichen rangiferinus. C’est, en effet, dans les lieux très -arides et très -sablonneux où ce Lichen est abondant et où croît aussi en touffes une jolie graminée, le Corynephorus canescens, que l’on rencontre ici l’insecte parfait et sa larve. Elle vit probablement des détritus que produisent ces végétaux.

DIAPERIDES

llloma (Tenebrio) culinarls L.

LARVE

Long., 15 millim., d’un roux jaunâtre, cornée, linéaire et cylindrique, avec un léger aplatissement à la poitrine ; dernier segment terminé par une très-petite pointe.

Tête bombée, d’un ferrugineux jaunâtre, munie de quelques poils fauves antérieurement et sur les côtés, finement et parcimonieusement pointillée. Bord antérieur largement et sensiblement échanci’é, avec une autre échancrure très-profonde sur les côtés pour l’insertion des antennes.

266 ' LVnVES DE GOIÉOPTÈRES

Éfistome assez grand, lisse, transversal.

Labre, subruguleux, semi-elliptique et cilié.

Mandibules ferrugineuses avec l’extrémité noire, presque mates, planes, un peu concaves sur leur face externe avec les bords relevés ; terminées par trois dents dont l’intermédiaire est plus longue que les autres ; munies sur l’arôte interne d’une dent au tiers supérieur et d’une autre beaucoup plus forte près de la base.

Mâchoires longues, coudées, leur lobe presque aussi long que le palpe, droit du côté de celui-ci, un peu arrondi du côté opposé et muni de cils spiniformes de diverses longueurs.

Palpes maxillaires assez courts, de trois articles à peu près égaux, arqués en dedans.

Menton rhomboïdal, avec les deux extrémités tronquées.

Lèvre inférieure courte, transversale, prolongée au milieu en une petite languette et surmontée des deux palpes labiaux de deux articles égaux, ne dépassant pas les lobes des mâchoires ; tous ces organes de la couleur de la tête.

Antennes de quatre articles, le premier assez grand, d’un blanc roussâtre et rétractile, le second presque de moitié plus petit que le premier, dans lequel il peut se cacher, et de même couleur que lui; le troisième un peu moins long que les deux autres ensemble, un peu en massue arrondie, muni de deux très-petits poils; le quatrième très-court, très-grêle, surmonté d'un long poil et de deux ou trois autres très-petits.

Prothorax de la couleur delà tête, desa la rgeur antérieurement, s’élargissant un peu d’avant en arrière, marqué de points peu serrés, avec quelques espaces lisses et d’un fin sillon médian sur une partie de sa longueur; ayant au bord antérieur et au bord postérieur une lisière lisse, cette dernière plus large et plus foncée, l’une et l’autre limitées par une série transversale de petits points très-serrés et entremêlés de petites stries longitudinales.

Mésothorax et métathorax an&sï grands, réunis que le prothorax; marqués d’une ponctuation un peu plus forte, très-clair-semée au milieu ; ayant très-près du bord antérieur une bande plus foncée de points trèsserrés sur trois ou quatre rangs, et postérieurement une lisière lisse et bordée de points comme celle du prothorax.

Abdomen de neuf segments égaux, ou bien peu s’en faut ; les sept premiers d’un roux jaunâtre, avec la bande ponctuée antérieure et la lisière - postérieure plus foncées, exactement comme dans les derniers segments thoraciques ; marqués de points un peu plus forts, s’effaçant sur les côtés ;

DIAPÉRIDES.

ULOMÀ

en dessous lisses et ayant de chaque côté un pli longitudinal très-prononcé ; huitième segment un peu plus foncé que les précédents et constitué comme eux, sauf les plis ventraux qui n’existent pas ; neuvième segment de la couleur du huitième, arrondi, semi-elllipsoïdal, ponctué assez densément en dessus, moins en dessous et terminé par une très-petite pointe ou tubercule corné et noirâtre.

Mamelon anal très- petit, rétractile et ordinairement caché par le bord postérieur du huitième segment.

Des poils fauves et clair-semés se montrent sur les flancs et autour du dernier segment.

Stigmates è péritrème circulaire et au nombre de neuf paires : la pre- ■mière, bien plus grande que les autres, mais non plus inférieure, près du bord antérieur du mésothorax, les autres près du bord antérieur des huit premiers segments abdominaux. Ceux-ci sont placés un peu en dehors du pli dont j’ai parlé et ne sont bien visibles que lorsqu’on regarde la larve un peu en dessous.

Pattes courtes, robustes, de cinq pièces, munies sur les hanches de longues soies, sous les cuisses et les tibias de fortes spinules cornées, d’un brun ferrugineux et sur deux rangs.

J’ai trouvé cette larve dans des souches vieilles et très-vermoulues de Châtaignier, de Chêne, d’ Aulne et de Marronnier; elle y vit des déjections laissées par d’autres larves lignivores. Elle ressemble entièrement à celle de VU. Perroudl qui se développe dans la vermoulure des souches dePin, et que j’ai déjà publiée. Jen’ai pu saisir entre elles aucune autre différence que celle de la taille, et encore est-elle insignifiante. Dans la description de cette dernière, j’ai signalé sur chaque joue l’existence de troi points noirâtres et ocelloïdes, visibles seulement par transparence ; ces points ne sont, comme dans d’autres larves, que des vestiges pigmentaires des ocelles, qui disparaissent par l’action un peu décolorante de l’alcool. Je ne les retrouve plus, en effet, sur les larves conservées dans ce. liquide, et celles de l’ü. culinaris n’en offrent pas la moindre trace.

NYMPHE

Semblable à celle de VUloma Perroudi. Bords du prothorax garnis de tout petits tubercules charnus, surmontés chacun d’une soie; sur chaque genou deux tubercules semblables, également piligères. De chaque côté dos six premiers segments abdominaux, une lame charnue, divisée en rois lobes, le premier obliquement échancré, avec l’angle antérieurs un

peu crochu et le postérieur dentifortne et terminé par une soie ; le second conique, dentiforme et surmonté aussi d’une soie; le troisième subtriangulaire, courbé en arrière en crochet. Sur le septième segment les lames sont divisées en deux dents sétigères ; le dernier segment, sensiblemen plus étroit à l’extrémité qu’à la base, est muni de quelques petites soie» latéralement et en dessous, et terminé par deux longs appendices grêles, subulés, à pointe subcornée et noirâtre, d’abord divergents, puis arqués en dedans.

Vüloma culinaris appartient, d’après le dernier catalogue de M. de Marseul, aux Diaperidæ. Pour être fidèle à la marche que j’ai adoptée dans ce travail, j’ai recherché quelles sont les larves de cette tribu qu ont été publiées, et j’ai trouvé les suivantes :

Phaleria cadaverina F., une simple note de M. Fairmaire et plusieurs figures de Charles Coquerel, Soc. Ent. 1865, p. 657.

Bolitotherus cornutusF., Candéze, Soc. des Sc. de Liège, 1861.— Exotique. — B.i dentatus Cand., Candèze, loc. cit. — De Ceylan.

Bolüophagus reticulatus L., Curtis, Traiis. of Entom. Soc. of London, 1854, Mülsant, Latigènes, p. 223, et Kraatz, Berlin. Entom. Zeitschr. 1859.

Eledona agricola Herbst, Bouché, Naturg. p. 191 ; Westwood, Introd., t. I, p. 315; Dufour, Ann. Sc. natur., 1843, p. 284; Erichson, Wiegm. Arch. 1842, p. 345 et Mulsant, Latigènes, p. 226,

Diaperis boleti L., Olivier, Entomol. t. III, n“ 55; Hammerschmidt, De ins. agricult. damn. 1832; Dufour, Ann. Sc. natur. 1843, p. 290 et Mulsant, Latigènes, p. 208.

. Scaphidema ænea F., "Westwood, Introd. t. 1, p. 314.

Platydema Europæa Cast., Perris, Soc. Ent. 1857, p. 343.

Ceropria subocellata Cast. et Br., Candèze, loc. cit. — De Ceylan.

Pentaphyllus testaceus Helw., Erichson, Wiegm. Arch. 1842, p. 366 et Letzner, Arb. Schles. Gesells., 1853, p. 318.

Tribolium ferrugineum F., Westwood, sous le nom de Stene femiginea, Introd. t. I, p. 319 et Lucas, sous le nom de T. castaneum, Soc. Ent. 1855, p. 249.

üloma Perroudi Muls., Perris, Soc. Ent. 1857, p. 347.

Gnathocerus cormi'us F., Motschulsky, Étud. 1854, t. III, p. 67.

Phthora crmata Muls., Perris, Soc. Ent. 1857, p. 351.

Alphitobius Mauritaniens L., Westwood, sous le nom de üloma [agi, Introd, 1. 1, p. 319. — Lucas, d’abord sous le nom de Haerophaga opa-

DIAPÊRIDES. - PHALERIA 269

troides, Soc. Enl. 1848, p. 23, puis sous son vrai nom et avec les plus grands détails, Soc. Ent. 1857, p. 71.

Hypophlæus bicolor Oliv .. Westwood, Inlrod. t. I, p. 315. — H. Fini Panz., Perris, sous le nom de ferrugineus, rectifié depuis, Soc. Ent. 1857, p. 354. — H. linearis F., Perris, loc. cit., p. 358.

Pour mieux faire ressortir les caractères qui divisent en plusieurs familles les larves de la tribu des Diaperidæ, je donne ci-après le signalement de certaines qui ont été insuffisamment décrites et de quelques autrps qui sont inconnues.

Phalcria (Teiiebrio) cadaverlna F.

Fig. 277.

LARVE

Long., 10-11 millim. Linéaire, luisante, cornée, d’un testacé jaunâtre, à surface supérieure largement et très-finement subréticulée, subcylindrique, légèrement déprimée en dessous principalement sur la poitrine.

Tête, dans son ensemble, un peu plus qu’en demi-cercle, médiocrement convexe, hérissée de poils roussàtres, assez épais et réticulée en dessus. Bord antérieur largement et très-peu profondément échancré.

■Êpistome grand, transversal, trapézoïdal, portant près de la base deux petites cornes verticales tronquées.

Labre transversal, semi-elliptique, ayant près du bord antérieur deux petites cornes verticales et tronquées, et sur le bord lui-même six soies dont les deux extérieures plus longues et sensiblement plus épaisses.

Mandibules susceptibles de se croiser, ferrugineuses avec l’extrémité noire ; vues de côté, triangulaires, à pointe acérée et simple ; vues en dessus, bidentées à l’extrémité, munies d’une saillie molaire près de la base, très-légèrement sinueuses en dehors et ornées de deux petites cornes tronquées.

Mâchoires coudées, ne descendant guère plus bas que la moitié de la tête, leur lobe presque cylindrique, cilié et presque pectiné intérieurement, atteignant, ou peu s’en faut, l’extrémité du palpe maxillaire.

Palpes maxillaires de médiocre longueur, débordant peu ou point la tête, arqués en dedans et de trois articles, le premier un peu plus court que les deux autres qui sont égaux, le second muni extérieurement d'un poil.

Menton presque aussi long que les mâchoires, à côtés presque parallèles, plus large à la base.

Lèvre inférieure très-courte, prolongée au milieu en une languette à peine visible et surmontée de deux palpes de deux articles égaux, ne dépassant pas les lobes maxillaires.

Antennes de médiocre longueur, assez épaisses, de quatre articles, le premier rétractile, le second plus long et cylindrique, le troisième encore plus long, en massue tronquée au sommet et muni de un ou deux petits poils de chaque côté; le quatrième de deux tiers plus court, pas excessivement grêle, surmonté d’un long poil et de trois ou quatre plus petits.

Sur chaque joue, très-près de la base de l’antenne, cinq ocelles obliquement elliptiques, lisses, déprimés et comme usés, savoir : trois contigus, en série transversale un peu oblique, ordinairement recouverte d’une tache noirâtre, et deux un peu en arrière, un petit peu plus grands, égalemènt contigus, et placés presque vis-à-vis le plus supérieur de la série précédente.

Prothorax un peu plus large que la tête, à peine arrondi sur les côtés, de moitié plus grand que chacun des deux autres segments thoraciques, et même un peu plus grand que le plus grand des segments abdominaux ; ayant, ainsi que les deux suivants, de' chaque côté, quelques poils comme ceux de la tète ; les trois finement subréticulés, avec une lisière postérieure submembraneuse et marquée de quelques fines stries longitudinales. Le prolhorax spécialement a de plus une lisière antérieure semblable.

Abdomen de neuf segments dont les huit premiers sont presque égaux., le premier, le septième et le huitième étant un petit peu plus petits; tous subréticulés et liserés postérieurement, comme il a été dit ; glabres en dessus et sur les côtés, ayant en dessous un long poil à chaque extrémité d’une fine ligne enfoncée, transversale, limitant antérieurement la lisière submembraneuse ; marqués, en outre, près de chaque côté et sur toute leur longueur, d’un pli assez profond. Dernier segment en demiellipse longitudinale, hérissé de longs poils roussâtres, concave en dessus, à partir du sixième antérieur ; bords de la concavité postérieurement un peu sinués et munis de quatre épines tronquées.

Mamelon anal situé à la base inférieure de ce segment, assez grand, semi- elliptique, et terminé par deux papilles cylindriques, tronquées, pseudopodes.

Stigmates au nombre de neuf paires, à péritrème orbiculaire; la pre-

DliPÉRlDES. — PIIALERIA 27 I

mière paire, plus grande, plus inférieure que les autres et visible seulement quand on observe la larve en dessous, située très-près du bord antérieur du mésothorax; les autres visibles de profil, au quart antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes assez robustes, de cinq pièces, armées d’épines mêlées de poils sur les hanches, sous les trochanters, les cuisses et les tibias; ongles assez forts.

Le regrettable Charles Coquerel avait trouvé, enterrée dans les sables maritimes de Mers-el-Kébir, la larve que je viens de décrire, et avait envoyé, à son sujet, à notre ami commun Fairmaire, des figures que celui-ci présenta à la Société entomologique dans sa séance du 24 décembre 1865, en les accompagnant d’une simple note explicative. Cette note ne pouvant', à beaucoup près, suffire, la description que je viens de donner ne saurait constituer un double emploi; mais je n’ai pas vu le moindre intérêt à y joindre des dessins, parce que ceux de Coquerel, auxquels on peut se reporter, sont suffisants. Voici seulement les observations dont ils m’ont paru susceptibles.

1“ La larve n’aurait des poils que sur le dernier segment; il aurait fallu en indiquer sur les côtés de la tête et des segments thoraciques ; 2’ le labre et l’épistome auraient quatre cornes verticales, je n’ai pu en voir que deux sur chacun ; 3“ l’échancrure de la tranche externe de la mandibule est très-exagérée; 4® les mâchoires ne sont pas représentées coudées, or elles le sont très-visiblement et doivent l’être, vu la famille à laquelle cette larve appartient; 5® le troisième article des antennes devrait avoir de petits poils de chaque côté, près du sommet ; 6® le métathorax serait plus petit que le mésothorax, c’est justement l’inverse qui est vrai ; 7® les épines en rateau des pattes sont bien représentées, mais il aurait fallu y mêler des poils ; 8® il n’est rien dit des ocelles dont je donne la figure.

La Phaleria cadaverina est commune sur notre plage océanienne, sous les détritus accumulés par les marées, et c’est aux mêmes lieux que j'ai trouvé la larve, soit en écartant ces détritus, soit en grattant le sable dans lequel elle se cache. Elle est très -bien conformée pour remplir le rôle de fouisseuse ; les huit cornes dont sa tête est armée, les rateaux dont ses pattes sont pourvues et son corps lisse et tout d’une venue se prêtent parfaitement à cette nature de travail. Elle se nourrit des débris animalisès jetés par la mer.

Je ne connais pas la nymphe.

Dans son Histoire des métamorphoses de quelques Coléoptères exotiques (Soc. des SC. de Liège, 1861), mon ami M. Candèze a donné, planche Vl, le dessin d’une larve de Ceylan qu’il croit être d’un Héiéromère, et qu’il signale à cause de la cavité dorsale du dernier segment. A en juger par la larve dont je viens de parler, elle pourrait bien appartenir à une Phaleria.

Phaleria liemiapbaerlea Kuster.

Fig. 278.

LARVE

En juin 1857 un congrès entomologique m’appela à Montpellier, oü j’eus le bonheur de me trouver avec de nombreux et savants amis. Dans une excursion aux bords de la Méditerranée avec plusieurs d’entre eux, et en particulier avec le regrettable Aubé, j’eus le plaisir de trouver in loco natali la Phaleria hemisyhcerica que je n’avais jamais vue vivante et qui est étrangère aux côtes des Landes. Nous en prîmes, Aubé et moi, de nombreux individus en fouillant au pied des plantes en touffes, et nous fîmes tant et si bien que nous recueillîmes un certain nombre d’individus de sa larve.

Cette larve, longue de 8 à 9 millim., ressemble tellement à celle de la cadaverina, qu’il est tout à fait inutile d’en donner une description. Forme, couleur, poils, mandibules, mâchoires et palpes, ocelles, antennes, pattes, mamelon anal, tout est la même chose ; mais elle présente deux différences qui peuvent la faire reconnaître au premier coup d’œil. Le labre a quatre cornes verticales au lieu de deux, et le dernier segment, au lieu d’être en demi-ellipse un peu bisinuée à l’extrémité et concave en dessus, est en ogive renversée, sans sinuosité postérieure et régulièrement subconvexe sur le dos, avec quatre petites fossettes obsolètes, deux arrondies près de la base et deux oblonguei, plus écartées, vers la moitié de la longueur. Les quatre épines marginales sont un peu plus longues, et les latérales sont un peu plus rapprochées des terminales.

DIAPÉRIDES.

BOLITOPHAGÜS

Bolltophasus (Silplia) retlculaCns L.

Fig. 279-287.

LARVE

Long. 12 niillim. Blanche, charnue, assez molle, lisse, luisante, presque cylindrique, postérieurement un peu atténuée et courbée en dessous, revêtue de poils très-courts sur la tête, plus longs, inégaux et clair-seraés sur le reste du corps, plus nombreux sur le dernier segment.

Tête grande, bien saillante, très-convexe sur le haut du front et sur les côtés, déprimée sur le devant, lisse, subcornée et roussàtre. Bord antérieur plus foncé, largement et subsinueusement échancré,

Êpistome assez grand, régulièrement arrondi.

Labre un peu plus que serni-elliptique et cilié de poils roussâtres.

Mandibules robustes, susceptibles de se croiser, ferrugineuses avec l'extrémité noire, munies d’un tubercule près de la base en dessus, d’une assez forte dent interne, et assez profondément et nettement bifides à l’extrémité.

Mâchoires ne descendant guère plus bas que la moitié de la tête ; hérissées de quelques poils extérieurement; leur lobe droit du côté du palpe, arrondi du côté opposé, cilié de soies inégales, et ne dépassant pas le second article du palpe.

Palpes maxillaires un peu arqués en dedans, de trois articles, les deux premiers plus épais et égaux et munis extérieurement de deux petits poils, le troisième plus long et paraissant au microscope surmonté de soies excessivement courtes ; ces palpes débordant un peu la tête. .

Menton grand, presque cylindrique.

Lèvre courte, subcordiforme, paraissant prolongée au milieu en une très-petite languette.

Palper labiaux de deux articles égaux et ne dépassant pas les lobes maxillaires.

Antennes assez grandes et assez épaisses, de quatre articles, le premier très-gros et rétractile, le second un peu plus long, portant extérieurement deux poils, le troisième aussi long que les deux précédents réunis, un peu convexe en dedans, légèrement sinueux en dehors, muni de deux petites soies, près de l’extrémité, surmonté de deux articles beau-

LARVES BE COLÉOPTÈRES coup plus courts, très-grêles, d’égale longueur, le plus souvent adossés, visibles quand on regarde la larve en dessus, et dont le plus extérieur se termine par une soie. Ces deux articles sont un peu inclinés eu dehors. '

Sur chaque joue, un peu en arrière de l’antenne, une forte loupe montre un vague et très-petit tubercule lisse qui pourrait être un ocelle.

Prothorax plus grand et plus ferm.e que tous les autres segments, aussi long que les deux autres segments thoraciques réunis, un peu plus étroit que la têtè et transversalement subdéprimé vers le milieu de sa longueur.

AMomen de neuf segments, dont les derniers un peu plus courts que les âutres; les huit premiers munis sur les côtés d’un mamelon longitudinalement elliptique et sur la face dorsale, d’une sorte d’ampoula dilatable, transversale, qü’on retrouve aussi, mais moins sensible, sur la face ventrale, de sorte que chaque segment possède deux mamelons latéraux, une ampoule dorsale et une ventrale. L’ampoule dorsale se voit aussi sur le métathorax. Dernier segment rétréci d’avant en arrière, un peu arrondi sur les côtés, tronqué postérieurement et prolongé à chaque angle par une papille conique, blanche et charnue, sauf l’extrémité, qui est roussâtre et subcornée, et paraissant quadri-articulée.

En dessous se trouve le mamelon anal, placé non à la base, mais tout près de l’extrémité.

Stigmates au nombre de neuf paires, la première, à péritrème verticalement elliptique, bien plus grande et plus inférieure quelles autres, située très-près du bord antérieur du mésothorax, les suivantes, à péritrème orbiculaire et de plus en plus petites, au tiers ou au quart antérieur des huit premiers segments abdominaux. Ils ne sont visibles que quand on regarde la larve de côté.

Pattes médiocrement longues, robustes, roussâtres, cornées, de cinq pièces et hérissées de longs poils.

Cette larve a déjà été décrite et figurée par Curtis (Trans. ofEnt. Soc. of London, 1854) et M. Mulsant lui a consacré également, dans son Histoire naturelle des LatigènRs,Y>age 222, quelques lignes insuffisantes pour la faire connaître, car il n’est question ni de sa consistance charnue, ni dé sa lorme, ni des' appendices du dernier segment, et quant aux antennes, il y est dit que le quatrième article est très-petit et peu distinct. La description de Curtis est plus développée, plus exacte, sauf en ce qui concerne les antennes qu’il ne juge que de trois articles, cl ses figures

«lAPlÎRJüES. •— BOLITOPH \GIJS ,'275

sont assez fidèles; mais le tout cependant laisse encore assez à désirer pour que le double emploi que je viens de me permettre ne soit pas inutile(l).

M. Mulsant dit que cette larve vit dans les bolets qui croissent sur les troncs des Sapins, des Hêtres et de quelques autres arbres; Curtis et M. Kraalz l’ont observée dans un bolet du Hêtre, et je l’ai trouvée moimême, en assez grand nombre, aux Pyrénées, dans un bolet semblable à l’Amadouvier, détaché d’un tronc de môme essence. Je me rappelle que la forme de son corps, courbé postérieurement, presque comme dans certaines larves do Lamellicornes, et les deux papilles qui le terminent, m’intriguèrent beaucoup, et d'autant plus que les mâchoires coudées me reportaient vers la famille des Ténébrionides. Quelque temps après, le champignon, transporté chez moi, m’offrit des nymphes logées tout sim plement dans des cellules creusées au milieu de sa substance, et qui, à ma grande joie, mêlée de quelque surprise, me liront soupçonner l’in secte parfait, lequel naquit quelques jours après.

NYMPHE

La nymphe, que M. Kraalz a le premier décrite, a toutes ses parties disposées comme à l’ordinaire et présente les particularités suivantes : les bords latéraux du prothorax sont dentelés et ciliés, la tête, le thorax et 1 abdomen sont parsemés de poils fins, mous et roussàtres ; les deuxième à sixième segmpnts de l’abdomen ont, de chaque côté, une lame charnue subtriangulaire, terminée par de longs crochets et bordée de dents et de poüs, pour laquelle on peut consulter la figure que j’en donne ; l’extrémité des crochets est roussâtre et un peu cornée ; le premier, le septième et le huitième segments sont dépourvus de ces. lames; ce dernier, droit sur les côtés, un peu échanci'é en arrière, est terminé par deux longues papilles subcornées, effilées, droites et divergentes.

(t) Je m’en serais pourtant dispensé si j'avais connu plus têt la description aveé de bonnes figures donnée par M. Kraalz dans Berlinrr entom. Zeitschr., 1839. Je me trouve d’accord avec cet auteur sur tous les points, sauf la composition des antennes qui, d’après lui, ne seraient que de trois articles et qui, pour moi, sont de quatre.

Je me borne à donner dans mes figures les parties que, nonobstant les publications dont je viens de parler, je crois utile de reproduire.

Bolltoiihagus (Opatriim) armatus Panz.

Fig. 28S-289.

LARVE

J’ai dit pourquoi j’ai publié la larve du B. reticalatus. quoiqu’elle fût connue; je m’y suis déterminé par une autre considération, c’est que la description que j’en ai donnée devait me dispenser de présenter le signalement détaillé de celle du B. armatus que je voulais publier aussi.

Celle-ci, en effet, ressemble beaucoup, à la taille près, à la précédente, elle est, comme elle, blanche, lisse, charnue, assez molle, pubescente, à peu près cylindrique, avec les mandibules et les autres organes de la bouche semblables; mais elle en diffère par les caractères suivants; elle n’a que 6 millim. de longueur, elle est relativement plus grêle, elle ( St plus régulièrement arquée, c’est-à-dire que la courbure, au lieu de n’intéresser guère que la partie postérieure du corps, l’affecte presque tout entier; le troisième article des antennes a ses côtés droits et parallèles, et des deux petits articles terminaux et adossés, l’interne est un peu plus long que l’autre ; enfin le dernier segment, tronqué postérieurement, est dépourvu de toute papille, de tout appendice, et comme ce segment, par suite de la courbure du corps, appuie son extrémité sur le plan de position, c’est à l’extrémité, c’est-à-dire à la troncature,’ que se trouve le mamelon anal.

Au mois de mai 1869, je reçus de mon ami M. Bauduer un petit lot de Boletus siiberosus, vivant à Sos sur le Chêne-liége et dans lequel se trouvaient quelques Bolitophagiis armatus et des Dorcatoma serra qui y avaient accompli toutes leurs métamorphoses. J’y cherchai vainement des larves du premier de ces insectes, mais j’espérais que ceux que j’y laissais y feraient des pontes, et que l’année suivante mon désir serait satisfait. Quoique j’aie conservé ces champignons dans une boîte, au lieu de les exposer au grand air, comme, il aurait été logique de le faire, mon espoir n’a pas été déçu. Dès le commencement de 1870 je constatai l’existence de beaucoup de larves, plus tard je rencontrai des nymphes, et en mai et juin, mes champignons, criblés de trous et intérieurement presque réduits en poussière, me donnèrent en très-grand nombre des insectes parfaits.

DFAPÉRIDES. — BOLITOPHAGUS

NYMPHE

La transfonnalion en nymphe s’opère dans une cavité quelconque du champignon, et souvent au milieu de la vermoulure. Cette nymphe ressemble beaucoup à la précédente, mais pourtant elle s’en distingue trèsaisément. Elle est beaucoup plus petite, sensiblement plus velue, le prothorax est très-visiblement crénelé aux bords latéraux et granuleux sur le dos, et enfin les lames des côtés des deuxième à sixième segments de l’abdomen sont très-différentes : au lieu d’être triangulaires, elles ont plutôt la forme d’un trapèze dont le côté extérieur est échancré, hérissé de longs poils et muni aux angles d’un crochet, et dont les bords antérieur et postérieur portent le premier trois ou quatre petites dents, le second une, et l’un et l’autre quelques longs poils. Le dernier segment est terminé, comme dans la précédente, par deux longues papilles divergentes.

M. Mulsant, à l’exemple de plusieurs auteurs, a maintenu dans le genre Bolitophagiis l’espèce agricola que Latreille avait placée dans le genre Eledona. Les différences que présentent la larve et la nymphe de cet insecte me portent à croire qu'il ne doit pas demeurer dans la même station générique que le reticulatm et \armatm. Bouché, M. Westwood et Erichson se sont occupés de cette larve, mais elle a été plus sérieusement décrite par Dufour, qui a décrit aussi et figuré le sphéroïde qu’elle sculpte dans la masse du Bol&tm imbricatus où elle vit, et qui lui sert ensuite de complément alimentaire et de cellule pour la transformation en nymphe. Mais ce que Dufour ne dit pas, c’est que les parois de cette cellule sont tapissées d’un réseau très-lâche de filaments roussâtres. Il n’a pas vu non plus la véritable conformation des antennes, car il les dit formées de trois articles dont le dernier est tronqué et terminé par deux soies raides, rapprochées, la plus interne avec un poil apical. Ces deux soies sont les deux articles terminaux que nous avons vus dans les deux larves précédentes, et le poil apical, ainsi que je viens de le vérifier, n’est pas sur le plus interne, mais sur l’externe. Quant aux stigmates, Dufour place la première paire sur le prothorax, ce qui est inexact ; elle se trouve près du bord antérieur du mésothorax.

La larve dont il s’agit diffère des deux qui précèdent par les mandibules munies d’une dent interne non près de la base, mais au tiers antérieur, par l’épislorae étroit et carré elle labre semi discoïdal, par la petitesse du dernier segment qui est arrondi et dont le mamelon anal

est muni de deux très-courtes papilles pseudopodes ; les pattes sont visiblement plus grêles ; elle présente sur chaque joue, tout à fait contre la base de l’antenne, trois très-petits ocelles, représentés par autant de tubercules lisses, contigus et en série transversale ; enfin, elle est la seule qui façonne le sphéroïde dont j’ai parlé. Quant k la nymphe, elle est velue comme les précédentes, mais les segments de l’abdomen n’ont pas de lames avec des crochets sur les côtés, ils sont munis seulement d’uu bourrelet longuement et finement cilié ; les papilles du dernier segment sont plus courtes, épaisses, cylindriques et brusquement rétrécies en un crochet subcorné, arqué en dedans.

En voilà bien assez, je crois, pour justifier l’isolement de VEledona agncola dont le nom spécifique n’est probablement qu’un lapsus calami de Herbst et a pourtant prévalu, malgré la dénomination plus rationnelle et plus vraie d'agaricicola d’Olivier et d'agaricola de Panzer.

Platyilema (Diaperis) violacca F.

Fis. 290-29fi.

LARVE

Long., 10 millim. Subcornée, presque entièrement glabre, sublinéàire, avec l’abdomen un peu atténué postérieurement, convexe et d’un brun cendré en dessus, d’un roussàtre livide et subdépriméo en dessous, surtout à la poitrine.

Tête munie latéralement de quelques petits poils, grande, aussi large que le prothorax, assez bombée, largement mais très-visiblement réticulée et de plus marquée de quatre sillons formant deux V l’un dans 1 autre, mais peu visibles. Bord antérieur largement et peu profondément échancré, puis déclive vers les côtés.

Ëpislome grand, transversal, trapézoïdal.

Labre plus court, semi -elliptique, cilié de soies roussâtres.

Mandibules assez robustes, d’un ferrugineux livide avec l’extrémité noirâtre; vues en dessus, elles sont arrondies en dehors, crochues en dedans avec une saillie molaire vers le tiers inférieur ; vues de côté, elles sont subtriangulaires, planes sur la moitié inférieure de la face externe et bifides à l’extrémité.

Mâchoires coudées, lobe cylindrique, surmonté de petites soies, atteignant l’extrémité du second article des palpes maxillaires.

DIXPKniDES. — PlATYnEMA 279

Palpes maxillaires assez courts, ne débordant pas la tète, arqués en dedans et de trois articles égaux.

Menton elliptique; lèvre inférieure courte, cordiforme.

Palpes labiaux de deux articles égaux, ne dépassant pas les lobes maxillaires. Le dernier article de tous les palpes est terminé par de trèspetits poils, visibles à peine au microscope ; tous ces organes sont d’un roussâlre livide.

Antennes de même couleur et de quatre articles, le premier court et gros, le second un peu plus long, le troisième plus long que les deux autres ensemble et visiblement en massue, le quatrième grêle, pas tout à fait aussi long que le second et surmonté d’un long poil et de deux ou trois plus petits.

Sur chaque joue, près de la cavité antennaire, un groupe de quatre ocelles roussâtres, dont trois en série transversale et un moins visible un peu en arrière, vis-à-vis le plus supérieur de la série précédente.

Prothorax presque aussi grand que les deux autres segments thoraciques réunis ; ces trois segments munis d’un poil de chaque côté et marqués sur le dos d’un sillon médian longitudinal qui se continue sur l’abdomen en s’affaiblissant, et d’un réseau de très-petites rides. Bords antérieur et postérieur du proihorax et bord postérieur seulement des deux autres en forme de lisière roussàtre, presque imperceptiblement striolée en long.

Abdomen de neuf segments, les huit premiers semblables, pour la couleur et les rides, aux segments thoraciques, glabres sur les côtés, mais ayant sur la face ventrale deux longs poils dressés près du bord postérieur, et marqués, en outre, près des côtés, d’un pli longitudinal. Le microscope montre de plus, sur toute la surface du corps, des poils raides, épars, excessivement courts' et d’une finesse extrême, qui servent évidemment aux mouvements de la larve. Dernier segment plus petit que les autres, conique, un peu relevé, hérissé sur les côtés de quelques soies entremêlées de soies très-fines et très-courtes que l’on trouve aussi, mais sans mélange de longues soies, sur la face dorsale; terminé en pointe cornée, ayant en dessous à la base un mamelon anal muni de deux papilles cylindriques, tronquées et pseudopodes, qui s’appuient sur le plan de position lorsque la larve marche, et qui, dans l’état de repos, s’appliquent contre le segment.

Stigmates au nombre de neuf paires, à périlrème orbiculaire. la première, plus grande- et plus infêrieirre que les autres, près du bord anté-

t4RVES DE COLÉOPTÈttES

rieur du mésothorax, les autres au quart antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes assez fortes, de cinq pièces, munies en dessous, surtout sur les tibias, de soies spiniformes.

Cette larve vit des productions fongueuses qui se développent sous les écorces soulevées des vieux arbres morts, principalement des Chênes, Je l’ai trouvée aussi, h la fin de mai, dans un champignon imbriqué et trémelloïde venu sur un tronc de Hêtre. Elle ressemble, à s’y méprendre, à celle de la Platydema Europæa; celle-ci, tout bien considéré, n’en diffère qu’en ce que son dernier segment est un peu obtus et non terminé en pointe, et qu’il est en outre muni, près de l’extrémité, de quatre soies spiniformes bien tranchées, tandis que, dans la larve du P. violacea,CQS soies se confondent par leur forme avec les poils qui bordent ce segment. Peut-être même cette différence s’effacerait-elle si on examinait un grand nombre. d’individus de ces deux larves.

Je ne connais pas la nymphe, mais je présume que, comme celle du P. Europæa, elle vit enfermée dans une coque ellipsoïde et d’un roux jaunâtre dont le tissu est un peu lâche et les fils intérieurs libres et crépus. ~

Opiocephala (Ips) hæmorrhoidalis F*

Fig. 297-299.

LARVE

Long., 12 millim. Forme des larves de Platydema, mais simplement coriace et non subcornée, et entièrement d’un blanc jaunâtre, sauf la tête qui est cornée, testacée en dessus, avec le bord antérieur ferrugineux et plus pâle en dessous. Celle-ci, subréticulée de rides sinueuses, est marquée de deux fossettes sur le front qui est déprimé. Bord antérieur muni d’une dent triangulaire vis-à-vis chaque mandibulej épistome assez grand et transversal; labre semi-elliptique et cilié. Mandibules ferrugineuses à la base, puis noires ; vues, en dessus, larges, robustes, crochues, pointues et simples à l’extrémité, carénées sur la moitié postérieure de leur longueur ; vues de côté, longuement triangulaires et divisées au sommet en deux dents dont la supérieure plus avancée que l’autre. Système maxillaire descendant à peine jusqu’au quart antérieur de la tète, par conséquent bien moins que dans les larves de Platydema; du reste,

DIAPÉRIDÉS. — PEJiTAPHYLLÜS 281

conformé de même, sauf que, pour les palpes maxillaires, le premier article est un peu plus court que les autres. Antennes comme dans ces mêmes larves. Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, un petit trait noir oblique sur lequel on aperçoit un point noir à peine saillant. Il n’y a, je crois, qu’un vestige d’ocelle plutôt qu’une ocelle véritable.

Pour le thorax, l’abdomen, les stigmates, les patUs, il faut se reporter à la description de la larve du Platydema; tout est identique, sauf la couleur, même la forme relevée et conique du dernier segment, même le pseudopode anal.

J'ai reçu cette larve de Corse, de mon ami M. Revelière qui l’a trouvée, avec l'insecte parfait, dans un bolet.

Pcntapliyllus (il^^cetophag^us) testneeus Hellwio.

Fig. 300-303.

LARVE

Long., 3 millim. Forme de la larve du Platydema, cornée, lisse, presque glabre, entièrement d’un testacé jaunâtre.

Tête grande, arrondie, peu convexe, au moins aussi large que le prothorax, finement réticulée, ayant trois ou quatre poils de chaque côté.

Èpistome grand et trapézoïdal, soudé au front, c’est-à-dire non visiblement séparé de lui par une rainure.

Labre transversal, semi-elliptique.

Mandibules ferrugineuses , avec l’extrémité noire ; vues en dessus, larges, robustes, crochues, à saillie molaire près de la base; vues de côté, triangulaires, un peu plus plates sur leur moitié postérieure, pointues et nullement bifides à l’extrémité.

Mâchoires conformées comme dans la larve du Platydema, mais encore plus courtes, n’atteignant même pas la moitié de la tète.

Palpes maxillaires assez courts, ne débordant pas la tête, de trois articles dont le dernier, un petit peu plus grand que les autres, est surmonté de soies extrêmement courtes, visibles seulement au microscope.

Menton large, court ; lèvre inférieure petite, cordiforme.

Palpes labiaux de deux articles, dont le second m’a paru un peu plus long que le premier et terminé par de très-petites soies.

De chaque angle basilaire du menton part un sillon arqué qui se prolonge jusqu’à la base de la tête.

282 I.ARYES DE COLÉOPTÈRES

Antennes semblables à celles de la larve précédente, mais troisième article encore plus long.

Sur chaque joue, près de la cavité antennaire; se trouve un point roux transversal, et en l’observant sur un certain nombre de larves, j’ai constaté que cette petite tache est formée par deux ocelles placés plus ou moins obliquement à côté l’un de l’autre, et dont le plus supérieur est aussi le plus grand.

Thorax et huit premiers segments de l’abdomen conformés exactement comme dans la larve du Platydema, y compris les poils longs et trèscourts et même la réticulation qui, pourtant, vu la petitesse de la larve, n’est visible qu’à de forts grossissements. Dernier segment en ogive renversée, un peu arrondi à l’extrémité et bordé non de soies, mais de poils.

Mamelon anal bien plus grand que dans la larve précitée,, presque aussi long que le segment lui-même, et terminé par deux papilles pseudopodes légèrement coniques.

Stigmates comme dans la même larve.

Pattes un peu plus grêle's, presque pas épineuses, munies de quelques poils et de quelques courtes soies.

La larve du P. testecci/s a-été, ainsi que je l’ai dit plus haut, connue d’Erichson qui se borne à la caractériser en la comparant à celles des TénéÜrions dont elle différerait par l’épistome non visiblement séparé, par les mandibules plus fortement dentées, le dernier article des palpes labiaux plus grand et tronqué, le second article des antennes court, le troisiêmie plus allongé, le dernier segment inerme. Ces caractères différentiels sont vrais, èt les plus saillants sont l’absence de suture entre l’épislome et le front et d’épines au dernier segment. Un autre plus important encore c’est la brièveté des mâchoires et du menton et l’on peut y ajouter les deux sillons arqués et à convexités opposées, qui, partant du menton, aboutissent à la base de la tête. Elle a été décrite aussi par Letzner {Arb. Schls. Gesells, 1853), mais je n’ai pu consulter ce recueil.

Je l'ai trouvée plusieurs fois dans le creux de très-vieux Chênes dont le bois, altéré par le temps, est devenu rougeâtre, très-tendre et presque feuilleté. Elle se nourrit ou des productions byssoïdes qui se développent entre les feuillets, ou dès déjections des larves lignivores qui l’ont précédée. Je doute qu’elle vive du bois lui-même, et je présume que c’est pour trouver les substances qui conviennènt à ses goûts qu’elle creuse entre les couches ligneuses des galeries étroites et sinueuses. Lorsqu’elle

DIAPÉRIDKS. — LYPHIA 283

veut se transformer, elle forme une cellule dans le bois, et c’est là qu’elle devient nymphe après avoir passé trois ou quatre jours très-courbée en arc et inerte.

NYMPHE

Là nymphe se distingue par les caractères suivants : corps parsemé de petits poils, visibles principalement sur la tête, les côtés du prothorax, les genoux et les côtés de l’abdomen ; à chaque angle du prothorax un long poil et deux semblables au bord antérieur; deuxième à sixième segments de l’abdomen dilatés de chaque côté en un mamelon conique surmonté d’un long poil ; dernier segment terminé par deux longs appendices subulés, divergents, droits ou légèrement arqués en dedans à l’extrémité.

Lypliia fieicola Muts.

Fig. 304-309.

larve

Long., 9-10 millim. Coriace, subcornée, luisante, un peu velue, linéaire et cylindrique, à peine déprimée en dessous, à peine atténuée aux deux extrémités. Segments iin peu mieux détachés que dans les larves précédentes.

Tête arrondie, peu convexe, un peu plus étroite que le prothorax, testacée, presque cornée, marquée sur le haut du front de deux sillons en forme de V peu visible, et antérieurement de petites fossettes obsolètes, largement et très-finement réticulée et àlutacée, munie de poils roussàtres et inégaux, plus nombreux surles côtés. Bord antérieur à peine échancré, très-bien détaché de l’épistome.

Épistome grand, transversal, arrondi sur les côtés; labre transversal, semi-elliptique, cilié de petites soies roussàtres.

Mandibules arquées, sé croisant à peine, convexes extérieurement, testacées à la base, ferrugineuses au milieu, noires à l’extrémité qui est trèspeu profondément bifide, avec la dent supérieure plus longue que l’autre.

Mâchoires comme dans les larves précédentes, coudées, ne dépassant guère la moitié de la tête ; lobe peu épais.

Palpes maxillaires peu allongés, susceptibles pourtant de déborder un peu la tête, arqués en dedans, de trois articles, le second un petit peu plus long que le premier, muni extérieurement d’un poil, et un petit peu

2H4 lahves de coléoptères

plus court que le troisième dont le sommet est cilié de petits poils à peine

visibles au microscope.

Lèvre inférieure courte, subcordiforme, prolongée au milieu enune languette et surmontée des deuxpa^pes labiaux courts et de deux articles égaux.

Antennes assez épaisses, de quatre articles, le second un peu plus long que le premier et plus large au sommet qu’à la base, le troisième aussi long que les deux autres ensemble, en ellipsoïde allongé, muni au sommet interne d’un très-petit poil; le quatrième plus court même que le premier, grêle, terminé par un assez long poil et deux ou trois très-petits.

Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, une petite tache noirâtre voilant deux ocelles situés un peu obliquement l’un derrière l’autre et dont l’antérieur est le plus grand.

Prothorax d’un testacé jaunâtre, sensiblement plus grand que chacun des autres segments, moins grand cependant que les deux autres segments thoraciques réunis, un peu déprimé transversalement vers le tiers de sa longueur et parfois aussi vers les deux tiers, presque imperceptiblement réticulé ou ridé en travers et alutacé, sauf les lisières antérieure et postérieure qui sont lisses.

Mésothorax et métathorax de la couleur du prothorax, réticulés et alutacés comme lui, avec la lisière postérieure lisse ; ces trois segments pourvus de poils inégaux, plus nombreux sur les côtés.

Abdomen poilu comme le thorax, les cinq premiers segments un peu plus grands que les suivants, de la couleur des segments thoraciques, réticulés et alutacés comme eux; sixième et septième segments plus foncés, avec la lisière pâle, plus fortement réticulés et paraissant même plus cornés; huitième segment encore plus foncé et plus corné, plus sensiblement réticulé et alutacé, et parsemé en outre sur le dos de petits tubercules piligères ; neuvième segment très-velu, un peu moins foncé que le précédent, court, pourvu sur le dos, sur les côtés et sur la face postérieure de petits tubercules cornés et ferrugineux, surmontés de longs poils ; terminé en outre par deux grands crochets relevés, presque verticaux, coniques, crochus en avant, d’un noir ferrugineux à l’extrémité.

Mamelon anal placé en dessous à la base de ce segment dont il ne dépasse pas la moitié, non lobé, mais marqué de quelques plis dont un plus grand et transversa'.

Dessous du corps plus pâle que le dessus; face ventrale ayant de chaque côté un pli longitudinal.

Stigmates comme dans les larves précédentes.

DlAPÉaiüES. - HYPOPllLÆÜS

Pattes longues, non spinuleuses, munies seulement de quelques soies.

Le dernier catalogue de M. de Marseul place le genre Lypida entre les Cataphronetis et les Hypophlæus, et séparé du genre Tribolium par les Phthora, Uloma, etc. M. Mulsant avait dit cependant qu’il fait partie de la famille des Triboliens, et la forme de sa larve justifie parfaitement cette opinion. Cette larve, en effet, a les plus grands rapports avec celle du Tribolium ferrugineum, et, comme elle, elle est terminée par deux grands crochets, ce qui, jusqu’ici du moins, est une exception dans la tribu des Diaperidæ. Il convient donc, ce me semble, de colloquer le genre Lyphia à côté du genre Tribolium.

La larve dont il s’agit m’a été envoyée de Corse par mon ami M. Revelière, qui l’a trouvée soit dans de vieux sarments de vigne, soit dans des branches mortes de Figuier et de Chêne vert, d’oü il suit que le nom spécifique de ficicola laisse à désirer comme tant d’autres. Au surplus, ce n’est pas, à mon avis, tel ou tel arbre qui attire la femelle pondeuse du Lyphia; je suis persuadé que le dépôt de ses œufs n’est déterminé que par la présence des larves d’un autre insecte dont le Lyphia est l’ennemi ou le vidangeur; or, comme je sais que le Synoxylon scxdenfatum attaque indifféremment la Vigne, le Figuier, les Chênes et d’autres essences, je ne serais pas étonné que la larve du Lyphia fût inféodée à celte espèce (1). Elle se nourrirait alors ou de ses larves, ou de leurs dépouilles, ou de leurs déjections, probablement même de tout cela. Celle du Tribolium, décrite par M. Lucas, avait causé de grands dommages dans des boîtes de Lépidoptères envoyés d’Abyssinie.

Je ne connais pas la nymphe, mais j’oserais affirmer qu’elle ressemble à celle du Tribolium et que, comme celle-ci, elle a le prothorax hérissé de longues soies sur les bords, et l’abdomen muni latéralement de lames piligères et terminé par deux longues épines divergentes.

cnstnneuB F.

LARVE

Long., 8 millim. Linéaire, subcornée, assez convexe en dessus, un peu moins en dessous.

Tête rousse, un peu plus étroite que le corps, arrondie sur les côtés.

(1) .M. Revelière a, depuis que cela est écrit, confirmé cette prévision.

Èpislome assez grand, bien détaché, côtés médiocrement obliques ; labre semi-discoïdal et cilié.

Mandibules assez robustes, ferrugineuses à la base, noires à l’extrémité qui est un peu bifide, et dont la tranche intérieure porte une dent au tiers antérieur.

Mâchoires atteignant la moitié de la tète, coudées, leur lobe oblong. muni de soies rous'sâtres spinuliforraes.

Palpes maxillaires ne débordant pas la tète, de trois articles dont le second un petit peu plus court que les deux autres.

Lèvre inférieure courte, prolongée au milieu en une languette bien visible, et surmontée de deux palpes labiaux courts, de deux articles n’atteignant pas le sommet des lobes maxillaires.

Antennes de quatre articles, les deux premiers égaux en longueur, le troisième plus grand que les deux autres ensemble, assez épais, en massue et muni de petits poils de chaque côté ; le quatrième, le plus court de tous, pas très-grêle, surmonté d’un long poil et de deux ou ou trois très -petits.

Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, quatre ocelles ronds dont trois presque contigus en série transversale, et un un peu plus grand, mais plus déprimé et parfois obsolète, un peu en arrière du plus supérieur de la série précédente,

Prolhoy'ax plus grand que tous les autres segments, un peu plus étroit antérieurement qu à la base, roux avec une lisière postérieure plus claire; les deux autres segments thoraciques à peu près de la même dimension que les segments abdominaux, roux aussi avec une lisière antérieure et postérieure plus pâle.

Abdomen de neuf segments, les huit premiers d’un jaunâtre pâle aux bords antérieur et postérieur, le reste occupé par une large bande rousse, de sorte que tout le corps paraît annelé de cette couleur. Les bandes sont d’autant plus sensibles qu’on s’approche plus de l’extrémité; celle du pénultième segment en occupe presque toute f étendue. Dernier segment entier, arrondi, semi-discoïdal, à bords un peu tranchants, et roux sur toute sa surface dorsale.

Mamelon anal situé en dessous, près de l’extrémité de ce segment, extractile et dans cet état montrant à sa partie antérieure des plis au centre desquels est l’anus, et découpé postérieurement en trois lobes dont les deux extérieurs plus longs font l’office de pseudopodes.

'fout le dessus du corps, y compris la tête, est finement réticulé ; le

DIAPÉRIDES. - HTPOPHLIÎUS 287

dessous est lisse, uniformément d’un blanc jaunâtre et hérissé de quel ques longs poils roussâtres. On voit aussi des poils, mais plus courts* sur la tête, le long des flancs, sur le dos et autour du dernier segment; enün on constate au microscope l’existence, sur tout le corps, de poils épars, raides et extrêmement courts.

Stigmates comme dans les larves précédentes.

Pattes médiocrement robustes, hérissées de quelques poils et munies en dessous de quelques soies spiniforraes.

Celte larve a les plus grands rapports avec celle de l'H. fini, dont elle ne semble différer que par une taille un peu plus grande, une couleur un peu plus foncée, les antennes un peu plus épaisses, et notamment le dernier article de celles-ci moins grêle.

Je l’ai trouvée plusieurs fois, ainsi que l’insecte parfait, spus l’écorcc des Chênes, là oit vivaient ou avaient vécu les larves du Scolytus intricatus dont elle doit être l’ennemie, comme celles des H. pini et linearis le sont, la première du Bostrichus stenographus, la seconde du Bostrichus bidens. A défaut de proies vivantes, elle se nourrit des déjections des larves xylophages.

Je n’ai pas vu la nymphe, mais je ne doute pas qu'elle ne ressemble à celles de ses congénères.

Hypophlæus fasciatus Fab.

LARVE

On peut lui appliquer les descriptions que j’ai données des larves des H. pini et linearis, ainsi que la description précédente. Je signalerai seulement les deux caractères qui me paraissent la différencier. Le premier réside dans le quatrième article des antennes qui est plus court que dans les larves des H. pini et castaneus et un peu plus long que dans celle de IH, linearis. Le second consiste dans la couleur du corps qui n’est bien visiblement fascié de roux qu’à partir du sixième ou du septième segment abdominal.

A propos des larves pinicoles d’Hypophlæiis et en parlant des poils assez longs qui, sans être touffus, hérissent les côtés de la tête et du corps et principalement du dernier segment, j’ai négligé un caractère qui est commun à toutes les larves d’Hypophlceus, et que j’ai mentionné pour celle de VH. castaneUs, c’est l’existence sur le dos d’autres poils assez

serrés, mais Irès-courls et raides, et sur le ventre de poils semblables, mais encore plus courts. Ces poils servent évidemment à faciliter les mouvements de progression,

k la fin de juillet, j’ai trouvé plusieurs individus de cette larve, avec deux nymphes et des insectes parfaits récemment transformés, sous l’écorce de bûches de Chêne qui avaient été habitées, l’année précédente, par les larves du Dryocæles capronatus. Elle vivait des déjections abondantes qu’elles avaient laissées dans leurs innombrables galeries.

C'est au milieu de ces déjections que l’on rencontre la nymphe.

NYMPHE

Semblable à celles des autres Hypophlæus. Prothorax frangé de longues soies roussâtres, très-rapprochées et implantééssur de très-petits tubercules j antennes un peu épineuses en dehors ; côtés des segments abdominaux munis d’un mamelon conique bien saillant, portant un long poil et quelques autres beaucoup plus courts et plus fins ; dernier segment terminé par deux appendices aussi longs que lui et divergents.

Si l’on tient compte des caractères des larves et de la physionomie des insectes parfaits, on est porté à penser que la tribu des Diaperidæ du catalogue de M. de Marseul est composée d’éléments assez disparates et qu’ii aurait mieux valu adopter les divisions des auteurs qu’il était possible de consulter et qui méritaient quelque confiance.

Lacordaire, dans son Généra (t. V), a établi les divi dons suivantes :

Tribu des Trachyscélides, qu’il a môme laissée dans la première cohorte des Ténébrionides et qu’il a subdivisée en Trachyscélides et Phalériides ;

Tribu des Bolitophagidcs ;

Tribudes Diapérides, subdivisée en Uiapérides vrais et en Pentaphyllides;

Tribu des Ulomides, subdivisée en Triboliides et ülomides vrais ;

Jacquelin Duval, dans le catalogue joint à son Généra, a admis les divisions ci-après :

Groupe des Trachyscélites ;

Groupe des Pha lévites ;

Groupe des Cossyphites ;

Groupe des Diapérites, divisé en Bolitophagites, Diapérites propres, Ulomites, Gnathocérites et Ilypophlæites.

kvmt ces deux auteurs, M. Mulsant, dans ses Latigènes, avait établi

DIAPÉRIDES 289

le groupe, des Diapérides. mais il le divisait en plusieurs familles, savoir ; Trachyscéliens, Phalériens, Diapériens, subdivisés en Pentaphyllaires et Diapéraires, Bolitophagiens, Ulomiens, Triboliens, Hypophléens.

Relativement à la forme des larves et à celle des insectes parfaits, cette dernière division a mes préférences. Ces larves ont, comme les insectes qui en dérivent, de nombreux caractères communs, tels que la forme de la tète, des organes de la bouche, des antennes; mais lorsqu’on pénètre dans les détails, on voit, par exemple, que les larves des Phalériens ont des épines ou cornes sur l’épistome, le labre et les mandibules, cinq ocelles sur chaque joue et le dernier segment concave ou convexe, mais terminé par quatre soies spiniformes; que celles des Pentaphyllaires ont les mâchoires très-courtes, l’épistome non séparé du front, le troisième article des antennes très-long, deux ocellessur chaque joue et le mamelon anal presque aussi grand que le segment qui le recouvre; que les larves des Diapéraires sont brunes, subcornées, atténuées en arrière, à dernier segment relevé et pourvues de quatre ocelles sur chaque joue ; mais que les larves du genre Diaperis se rapprochent, par leur forme et par leur consistance, de celles des Bolitophagiens, tout en présentant des caractères qui leur sont propres, tels que les saillies anguleuses du bord antérieur de la tète, les apophyses des mandibules, l’absence d’ocelles, du moins lorsqu’elles sont parvenues à un certain degré de développement, et les petites crêtes transversales et granuleuses des segments de l’abdomen ; que celles des Bolitophagiens se font remarquer par le peu de consistance et la courbure de leur corps, le défaut d’ocelles bien visibles et les deux articles adossés qui terminent les antennes; que celles des Ulomiens se distinguent de toutes les autres, savoir : celtes des Uloma par leur consistance cornée, leur ponctuation et la petite pointe du dernier segment, et celle du Phthora par sa forme grêle, par la structure du dernier segment et les deux crochets qui, partant de près de la base de ce segment, &c couchent sur lui en se courbant ; que celles des Triboliens sont assez velues, franchement linéaires et terminées par deux grands crochets relevés, ce qui les sépare de toutes les autres ; et qu’enfin celles des Hypophléens, linéaires aussi, mais moins convexes en dessous que les précédentes, sont annelées de roux et ont le dernier segment arrondi et inerme et le mamelon anal petit, trilobé, mais dépourvu de papilles pseudopodes bien détachées. Lorsqu’on aura décéuvert les larves encore inconnues de quelques genres, on sera mieux éclairé encore pour le contrôle de ces divisions.

TÉNÉBRIONIDES

Tenebrio opacus Dufts.

LARVE

Comme M. Mulsant, j’ai trouvé cette larve dans la vermoulure de troncs caverneux de Châtaigniers et aussi de Chênes. Je m’abstiens d’en donner la description, d’une part parce que celle que MM. Mulsant et Guillebeau ont publiée dans le Sixième Opuscule Entomologique, page 9, est excellente, et d’autre part, parce que les larves de Tenebrio sont depuis longtemps connues. Nul n’ignore, en elfet, ce qu’est la larve du T. molitor, appelée communément ver de la farine. Les auteurs qui en ont parlé sont les suivants :

Moulfet, Ray, Frisch, Linné, Geoffroy, deGeer, Gmelin, Villers, Olivier, Herbst, Latreille, Posselt, Sturm.LepelletieretServille, Duméril, Westwood, Enchson, Chapuis et Candèze (Calai. , p. 173), etMu!sant(Xflfrgfè«es, p. 281 ). Sa nymphe, figurée par de Geer et par Sturm, ressemble à celle du T. opacus. Les six premiers segments de l’abdomen de celle-ci sont dilatés de chaque côté en une lame dont le bord externe est denticulé et les bords antérieur et postérieur bruns et subcornés. Le dernier segmeid est assez longuement bifurqué.

Les autres larves connues de Ténébrionides sont ;

Tenebrio obscur as F., Westwood, Introd. t. 1, p. 318, et Mulsant, Latigènes, p. 186. — T. transversalis, Dufts., Mulsant et Guillebeau, Sixième Opus. Entom. p. 11.

Iphthimus Italiens, Truq., Mulsant et E. Revelière, Onzième Opusc. Entom. p. 63.

HÉLOPIDES

Helops (Tenebrio) cœrnleiis

Fig. 310.

LARVE

La larve de cette espèce a été signalée par M. Waterhouse (Trans. of the Entom. Soc. of London, 1836, p. 20) ainsi que par M. Westwood

HFlOVinES - HELOPS 291

(lntrod.,i.\, p. 312), et j’en ai donné moi-même une description assez détaillée dans Annales des Sciences naturelles iSirO, page 81. Je m’abstiendrai donc d’y revenir et je me bornerai aux indications sommaires suivantes . Cette belle larve est subcornée, presque glabre, cylindrique, avec la poitrine un peu déprimée; elle est très-finement et très-densement ridée entravers et d’unejolie couleur jaunâtre, avec les lisières antérieure et postérieure du prolhorax et la lisière postérieure des deux derniers segments thoraciques et des sept premiers segments abdominaux plus foncées ; le septième segment offre quelques rares points inégaux, le huitième, antérieurement roussâtre et plus corné que les autres, est criblé sur le dos de gros points arrondis, avec deux dents écartées vers la moitié de sa longueur et une saillie médiane près du bord postérieur; le dernier segment, très-court et dilaté latéralement en une apophyse obtuse, se termine par deux grands crochets cornés, relevés et susceptibles même de s'appuyer sur le segment précédent; leur pointe coïncide alors avec deux fossettes ombiliquées placées près de la base interne des deux dents dont j’ai parlé. Le mamelon anal est petit, marqué d’un double pli transversal et d’un pli médian longitudinal.

Les mâchoii'es sont coudées et leur- base ne dépasse guère la moitié de la tête ; le second article des antennes, plus large aux deux extrémités qu’au milieu, est plus long que le troisième, et le quatrième disparaît le plus souvent dans le précédent. Il n’existe pas d’ocelles apparents.

Les stigmates, au sujet desquels j’ai commis une erreur, sont au nombre de neuf paires, la première, plus grande et plus inférieure que les autres, placée non sur le pro thorax, mais près du bord antérieur du mésothorax, les autres situées au quart antérieur et latéral des huit premiers segments abdominaux.

J’avais trouvé primitivement cette larve dans de vieilles souches d’Aulne qui nourrissaient ou avaient nourri diverses autres larves ; je l’ai rencontrée depuis dans le bois pourri et spongieux d’un vieux Châtaignier, dans un tronc pourri de Hêtre et en outre dans le bois analogue d’une grosse poutre de Chêne enfouie sous terre. Elle paraît vivre des déjections d’autres larves. C’est dans une cellule pratiquée au milieu du bois, et après être demeurée quelques jours immobile et courbée presque en anneau, qu’elle se transforme en nymphe.

NYMPHE

Cette nymphe, qui n’a pas encore été décrite, se distingue par les caractères suivants : corps arqué en dessous, couvert de rides onduleuses transversales; bords latéraux du prothorax assez densement ciliés de spinules cornées et ferrugineuses ; quelques poils fins sur les cuisses ; métathorax et sept premiers segments de l’abdomen parcourus sur le milieu du dos par une crête obtuse ; ces mêmes segments abdominaux munis sur chaque côté d’une lame profondément divisée en deux lobes divergents, terminés par une pointe cornée ; le lobe antérieur irrégulièrement denticulé sur sa tranche antérieure et ayant une petite dent sur la tranche postérieure ; le lobe postérieur, sensiblement plus grand, ayant une petite dent, surmontée d’un poil, sur la tranche antérieure ; dernier segment terminé par deux cornes rugueuses, arquées et divergentes.

Les larves connues des vrais Ilélopides se réduisent, indépendamment de celle dont il vient d’être question, à celles du H. lanipes, publiée par M. Blanchard, Mag. de, zool. 1837, p. 175, et du H. striatus, comprise dans mon Histoire des insectes du Pin (Soc. Ent. 1 857, p. 367).

En voici deux autres du même genre :

Helops assiiiiilis Küster.

LARVE

Cette larve est, à la taille près, l’image fidèle de celle du H. cœruleiis. Elle est, comme elle, d’une couleur jaunâtre, avec les lisières des segments plus foncées ; ses antennes sont conformées de même, et le quatrième article est susceptible de disparaître dans le troisième ; les mandibules sont bidentées à l’extrémité, avec la dent supérieure plus grande et plus saillante que l’autre ; elle a deux petites fossettes piligères écartées sur le devant du front; les ocelles font défaut; les pattes sont épineuses; le septième segment abdominal a sur le dos quelques points médiocres ; le suivant présente des points beaucoup plus gros et bien plus nombreux, et le dernier segment est muni de deux crochets semblables, ainsi que des apophyses latérales. Je ne vois que deux caractères distinctifs : l’un.

HÉrOPIDES. HELOPS

peu tranché, réside dans les pattes dont les antérieures sont relativement plus longues encore que les autres et munies sous les tibias de soies plus longues et un peu plus épaisses ; le second, très-apparent, réside dans le huitième segment abdominal qui a la face dorsale dépourvue de tout tubercule dentiforme et marquée d’une dépression assez irrégulière, et qui, en arrière des gros points, est couvert de petites granulations.

Elle ressemble beaucoup aussi à celle du Helops striatus, mais cette dernière porte, à la base externe de chacun des crochets terminaux, une dent bien saillante qui fait complètement défaut à celle de Vassimilis, de sorte qu’il n’est pas possible de les confondre.

Cette larve m’a été envoyée de Corse par M. Revehôre, qui l’a trouvée dans les sables maritimes de Porto-Vecchio.

Je ne connais pas la nymphe.

Helops pelliicidus Muls.

LARVE

Cette larve, avec une taille encore plus petite, ressemble aux deux précédentes dont elle a la forme, la consistance, la couleur et presque tous les caractères. 11 est facile, néanmoins, de l’en distinguer et d’y trouver les différences suivantes : le troisième article des antennes est plus renflé, à peu près ovoïde, et il est à peine plus court que le précédent. Le sixième et le septième segment de l’abdomen offrent près de leur base deux points assez gros et rapprochés ; le huitième n’a ni tubercule dentiforme, ni dépression, et c’est à peine s’il est marqué, à la base seulement, de quelques points médiocres entremêlés de rides. Le neuvième segment est armé des deux crochets ordinaires, mais la dilatation latérale est presque insensible et pour ainsi dire nulle.

Je l’ai reçue de M. Valéry Mayet qui l'a trouvée dans les sables maritimes près de Montpellier.

Les larves de Helops, à en juger par celles qui sont connues, paraissent se différencier principalement par la forme du dernier segment abdominal et surtout par la ponctuation, les dents et les dépressions de ceux qui le précèdent. Celle du U, strialus est jusqu’ici la seule qui présente une série transversale de points à la base des segments et une dent à la base e.vtcrne des crochets terminaux.

L,VRVES DE COLÉOPTÈRES

Pour les trois que comprend ce travail, j’ai dit qu’elles sont dépourvues d’ocelles, et cependant j’ai mentionné, dans celle du H. striatus, deux ocèlles noirs, non saillants, situés obliquement près de l’insertion des antennes. Je viens de revoir quelques-unes de ces larves, et sur certaines j’ai aperçu, en effet, à l’endroit indiqué, deux points noirâtres qui manquent à d’autres. Ces points ne correspondent à aucune saillie, et je ne puis les considérer que comme des taches pigmentaires ocelliformes, qui disparaissent le plus souvent dans l’alcool.

Les larves de plusieurs Helops, comme du plus grand nombre des Ténébrionides, vivent sous terre, au pied des touffes de diverses plantes. On n’a jamais, que je sache, signalé ces sortes de larves comme nuisibles aux végétaux, et je suis porté à croire qu’elle se nourrissent de leurs détritus, ou des matières animalisées quelconques qui se rencontrent à peu près partout.

CISTÉLIDES

Mj^cetocliaresü (Helops) barbata Latr.

Long. 15-20 millim. Linéaire, lisse, luisante, subcylindrique, à peine déprimée en dessous, si ce n’est sur la poitrine ; entièrement de couleur roussâtre.

Tête convexe et lisse, un peu plus longue que large ; bord antérieur droit au milieu, déclive aux angles pour l’insertion des antennes, maculé de brun près des angles de l’épistome.

Épistome grand, transversal, droit antérieurement, oblique sur les côtés, ferrugineux avec le bord pâle, marqué de quatre points enfoncés peu sensibles, dont deux latéraux donnant naissance à un poil.

Labre transversal, semi-elliptique, ferrugineux, muni antérieurement de quelques cils et marqué de deux petites fossettes piligères.

Mandibules pas très-longues, fortes, lisses, plates et très-larges en dessus, terminées en pointe en arrière de laquelle se trouve une dent, ferrugineuses avec l’extrémité et le bord bruns ; vues de côté, elles sont étroites,

CISTlh.IDES. - IWYCÉTOCH\RES 295

triangulaires, terminées en pointe avec une dent un peu en arrière de chaque côté.

Mâchoires coudées, ne dépassant pas les deux tiers de la longueur de la tête, lobe cylindro-conique, pectiné, atteignant presque l’extrémité du second article du palpe.

Palpes maxillaires un peu arqués en dedans, de trois articles, dont le second un peu plus grand que les deux autres, et muni d’un poil en dehors et d’un autre en dessous.

Menton presque en losange tronqué aux deux bouts ; lèvre inférieure cordiforme.

Palpes labiaux droits, de deux articles égaux, ne dépassant pas les lobes des mâchoires.

Antennes longues, de quatre articles, le premier court, assez gros et entièrement rétractile, le second un peu renflé au bord supérieur externe, le troisième de moitié au moins plus long que le précédent, visiblement en massue et muni de quelques petits .poils raides, le quatrième plus court que tous les autres, très -grêle et terminé par un long poil et deux ou trois très-petits. Article supplémentaire nul, ou du moins invisible.

Sur chaque joue, un peu en arrière de l’antenne, un petit point transversal noirâtre, tantôt simple, tantôt paraissant formé de deux ou même de trois points, parfois même, mais très-rarement, avec un point noirâtre au dessous. Ces points semblent être pigmentaires et sont les indices d’ocelles qui n’existent pas en réalité.

Prothorax aussi long que large, mésothorax et métathorax sensiblement plus courts, ces segments à peine arrondis sur les côtés.

Abdomen de neuf segments, les huit premiers presque égaux au prothorax, lisses en dessus, marqués en dessous, près des côtés, d’un pli longitudinal destiné à faciliter des contractions et des dilatations; dernier segment obtus à l’extrémité, déprimé et presque plan en dessous, avec une cavité basilaire ogivale dans laquelle se loge le mamelon anal; celuici en carré long, terminé par deux papilles pseudopodes presque aussi longues (jue lui, un peu arquées, légèrement renflées à la base et terminées un peu en boulon.

A part la tête qui a deux ou trois poils de chaque côté, et le dernier .segment qui en a quelques-uns plus longs, à part aussi quatre poils sur chaque arceau pectoral et deux sur chacun des huit premiers arceaux inférieurs de l’abdomen, un de chaque côté près du pli dont j’ai parlé, tout le corps est glabre ; mais au microscope on constate que tous les seg-

LXIIVES 1)E COLÉOPTÈnES

ments, sauf la tête, sont parsemés de très- petits poils raides comme nous avons déjà eu occasion d’en voir dans d’autres larves.

Stigmates elliptiques, la première paire, un peu plus grande que les autres, près du bord antérieur du mésothorax, les autres au quart antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes assez longues, assez robustes, les antérieures un peu plus fortes que les autres, toutes de cinq pièces, ongle compris ; cuisses et tibias égaux en longueur, munis de quelques fines soies et sur la tranche inférieure de deux soies plus courtes, plus épaisses, spiniformes, sauf les tibias antérieurs qui en ont cinq ou six et paraissent comme pectinés; ongle long, un peu renflé inférieurement à la base.

M. Mulsant a donné la description de cette larve dans son Histoire naturelle des Pectinipèdes, page 21. Cette description provoque de ma part deux observations : la première est relative aux palpes maxillaires qui ont paru à mon illustre ami composés de quatre articles, et qui ne sont en réalité que de trois ; la seconde concerne le dernier segment qui serait cc presque plat à son extrémité, celle-ci munie de deux petites pointes. » Ce n’est pas là assurément le dernier segment de la larve du Mycetochares barbata que j’ai sous les yeux et dont je suis sûr; il n’est ni presque plat à son extrémité, ni muni d’une pointe quelconque. Ces caractères me reportent plutôt aux larves de Tenebrio.

Une autre chose me donne à penser : le savant entomologiste de Lyon dit que la larve du M. barbata vit dans les écorces des Saules, des Chênes et de diverses autres espèces d’arbres, et plus loin il ajoute qu’elle « creuse dans le bois des galeries qui s’allongent à mesure qu’elle ronge la matière végétale. » J’ai bien trouvé cette larve dans les arbres précités, et de plus dans le Châtaignier et le Robinier, mais elle vivait toujours soit sous 1 écorce, soit dans l’intérieur du bois, au milieu de la vermoulure produite par les larves lignivores qui l’avaient précédée, ou, pour mieux dire, de leurs déjections. C’est dans ce milieu et de cette substance qu’elle se nourrit, c’est avec elle que je l’ai plusieurs fois élevée chez moi, ainsi que les larves des Prionychus ater et levis et de ]! Hymenorus Doublieri, auxquelles elle ressemble tellement qu’il serait facile de les confondre. J’ajoute que, si l’occasion s’en présente et qu’elle rencontre une larve d’une autre espèce ou même de la sienne incapable de se défendre, ou une nymphe, elle en fait sa proie. Lorsqu’on la prend, elle se tortille vivement et glisse dans les doigts. Elle aime à entrer à reculons dans les détritus où elle se fraye assez rapidement un passage en taraudant avec son dernier segment, et

CISTKLIDES.

ALLECULA

elle y chemine avec prestesse, grâce à la forme de son corps et de ses pattes et aux petites soies dont elle est parsemée et qui sont, je n’en puis douter, des auxiliaires de la locomotion.

Lorsqu’elle veut se transformer en nymphe, elle se retire dans quelque recoin au milieu des détritus qu’elle tasse autour d’elle pour y former une loge, ou, si le bois est mou et spongieux, elle y pénètre et s’y installe ; puis son corps se courbe en arc, devient immobile, plus pâle et plus mat, et enfin la nymphe paraît.

Tous les détails qui précèdent s’appliquent aussi aux larves de Prionychus et d’ Hymenorus .

NYMPHE

Les antennes sont épineuses ; elle porte des poils fins et courts sur le front, le prothorax, les genoux, l’abdomen ; les segments abdominaux sont munis de chaque côté d’une lame charnue, presque membraneuse, dont le bord extérieur est découpé en dentelures inégales, la plupart surmontées d’une soie. Le dernier segment se termine par deux longues papilles grêles, effilées, droites et un peu divergentes.

Allccula (Cistcla) moriu F.

Fig. 318.

LARVE

En fouillant dans la vermoulure d’une souehe de Châtaignier et dans des conditions semblables à celles que recherche le Mijcetochares barbata, je trouvai, au mois de juin, une nymphe qui, par les lames latérales des segments abdominaux, me parut se rapporter à celle de VAllecida morio que M. Bauduer avait rencontrée dans le Chène-liége et qu’il m’avait donnée. Dans le voisinage se trouvait une larve déjà courbée en arc et près de se transformer et deux autres larves moins avancées. J’emportai le tout et je constatai que la nymphe était identique à celle de VAllecula. Elle me donna, du reste, quelques jours après, cet insecte, et je l’obtins aussi de la première larve dont j’ai parlé. Quant à ces larves, je leur ai trouvé exactement les mêmes caractères qu’à celles du Mijcetochares, y compris la forme, la consistance, la couleur, la structure du dernier seg-

menl et des deux pseudopodes papilliformes. La seule différence appréciable consiste dans la longueur des mâchoires, qui ne dépasse guère la moitié de la tête, tandis que, dans celte dernière, elle atteint les deux tiers.

Ainsi la larve de VAlkcula reproduit celle du Mycetochares au point de rendre toute distinction bien difficile.

NYMPHE

Elle ne diffère de la précédente que par la forme des lames des côtés l’abdomen, lesquelles sont simplement bisiriuées et brièvement ciliées aux bords an', u'ieur et latéral.

Les larves des Cistélides ou Pectinipèdes déjà connues sont les suivantes :

Mycetochares axillaris Payk., Bouché, Naturg , p. 197. — M. bipustulata III , scapularis Gyll., Waterhouse, Trans. of the entom. Soc. of London, 1836. p. 29. — M. barbata Latr., linearis Gyll., Bouché, loc. cit., p. 198, et Mulsant? Pectinipèdes, p. 21.

Hymenorus Doublieri Muls., Mulsant, l^'^’Opusc. entom., p. 70, et Terris, Soc. Enl., 1862, p. 221.

Cistela ceramboides L., la. lavve, Olivier, Entomol., t. III, p. 5, Waterhouse. loc. cit. p. 28, Westwood, Introd., t. I, p. 310, et Heeger, Isis, 1848, p. 982; la nymphe, Mulsant, Pectinipèdes, p. 47. J’ai moimême élevé cette larve, trouvée en assez grand nombre dans la vermoulure d’un vieux Châtaignier.

Hymenalia fusca III., Mulsant, Pectinipèdes, p. 50. M. Mulsant a trouvé cette larve, dont la description est très-exacte, dans des troncs de Marronniers dont elle mangeait le bois. Quant à moi, je Tai rencontrée plusieurs fois à une faible profondeur dans le sable, au milieu des détri tus et de l’humus accumulés au pied des touffes d’Artemisia campeslris.

La nymphe, que M. Mulsant paraît n’avoir pas connue et que j’ai trouvée aux mômes lieux, ressemble à celle du Mycetochares ; elle a les antennes un peu épineuses, des poils fins sur la tête, le thorax et l’abdomen, celui-ci terminé par deux appendices effilés et un peu divergents ; mais les lames latérales des segments abdominaux sont un peu moins larges et leur bord extérieur, très-peu sinué, est découpé en dents plus petites, beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus égales, et par conséquent

CISTÉLIDES

les poils qui surmontent ces dents sont en bien plus grand nombre ; les dents angulaires sont droites comme les autres et non déjetées l’une en avant, l’autre en amère.

Prionychus atey¥., Kvber, in Germar’s Magas,, t. II, p. I6, Bouché, Naturg., p. 194, Wateiîhoüse, loc. cit., p. 27, et Perris, Ann. Se. natur., 2® série, t. XIV, p. 83. — P. lævis Küster, sous le nom à’ater, rectifié depuis, Perris, Soc. Ent. 1857, p. 370.

Les larves des Cistélides doivent toutes se ressembler, si l’on en juge par celles que l’on connaît ; elles forment un groupe qui se rapporte évidemment, parles organes de la bouche, aux larves delà grande division des Ténébrioniens ou Latigènes, mais elles en différent au premier coup d’œil en ce que celles-ci ont toujours des épines ou pointes, ou des crochets au dernier segment de l’abdomen, tandis que dans les larves des Cistélides ce segment est postérieurement uni et inerme. Les deux appendices pseudopodes qui se trouvent sous ce dernier segment paraissent aussi être caractéristiques de ce groupe, seulement ils varient de longueur. Très-longs dans les larves d’Alleciila, d'Hymenorns, de Mycetochar es, ils sont très-courts dans celles de Prionychus et de Cistela et surtout dans celles du Prionychus ater et de VfJymenalia (usca. Il nous reste à connaître les larves des Podonta, des Cteniopus, des Omophlus, des Heliolaurus ; espérons que bientôt cette lacune sera comblée, du moins en partie.

Les larves dont il s’agit ici ont aussi de commun avec celles de la grande division à laquelle elles se rattachent d’aimer à se nourrir de substances décomposées ou de matières excrémentitielles ; mais, comme elles aussi, j’en suis convaincu, elles profitent des circonstances favorables à leurs appétits carnassiers. J’ai vu, en effet, des larves de Tenebrio, d'HcLops et d' llymenorus dévorer d’autres larves, et deux larves de Blaps similis ayant été mises ensemble, l’une a détruit l’autre. Ce qu’il y a de larves accidentellement carnassières dépasse de beaucoup ce qu’on a pu imaginer jusqu’ici.

SALPINGIDES Lacord. — ROSTRIFÈRES Muls.

BJss«&de«ïst (Salpiisg-sas) tlciiticolle Gyll.

Fig. 819-327.

LAUVK

Long., 3 1/2-4 raillim. Assez déprimée, surtout à la région céphalique et thoracique, linéaire, d’un blanc très-faiblement teint de jaunâtre ou de roussàtre et d’une consistance subcoriacée, surtout en dessus ; dernier segment denté au bord postérieur.

Tête franchement roussàtre, presque discoïdale, avec la partie postérieure un peu enchâssée dans le prothorax ; sur le front, une faible impression transversale antérieure sur laquelle s’appuient deux autres impressions longitudinales et arquées,

Êpistome court, labre semi-discoïdal et cilié.

Mandibules courtes, épaisses, subtriangulaires, bidentées à l’extrémité; ferrugineuses avec l’extrémité noirâtre.

Palpes maxillaires assez allongés, subconiques, très-peu arqués en dedans et de trois articles égaux ou à peu près, portés sur des mâchoires fortes dont le lobe cylindrique atteint l’extrémité du second article des palpes et est garni de petites soies.

L'evre inférieure insérée en arrière des mâchoires, tronquée antérieurement avec les angles arrondis et surmontée de deux palpes labiaux de deux articles.

Ces palpes ne sont visibles, lorsqu’on regarde la larve en dessus, que si celle-ci écarte les mandibules ; quant aux palpes maxillaires, le troisième déborde un peu la tète. Tous ces organes sont de couleur roussâtre.

Antennes de quatre articles, les deux premiers courts et d’égale longueur, mais le basilaire sensiblement plus épais, surtout à la base, le troisième presque aussi long que les deux premiers ensemble, le quatrième d’un tiers moins long que le précédent, terminé par une longue soie et deux ou trois petites, et accompagné d’un article supplémentaire placé un peu en dessous et de moitié moins long que lui.

SAIPINGIDES, - ROSTRIFÈRES. — LISSODEMA 301

Un peu en arrière des antennes, sur chaque joue, on voit cinq petits ocelles bruns et un peu ovales, trois antérieurs presque contigus et deux postérieurs un peu plus distants.

Corps de douze segments, trois thoraciques et neuf abdominaux, les premiers un peu plus grands que les autres, légèrement convexes en dessus, plans en dessous.

Prothorax marqué d’un léger sillon longitudinal.

Huit premiers segments abdominaux à peine plus convexes en dessus qu’cn dessous et pourvus d’un petit bourrelet latéral, rendu plus sensible du côté du ventre par une dépression assez visible. Sur le dos, comme sur la face ventrale, ces segments sont susceptibles de certaines dilatations produisant une double série d’ampoules ambulatoires ; mais ces auxiliaires de la locomotion sont très-peu apparents.

Dernier segment plan en dessus, où il est marqué d’une strie médiane et de deux faibles impressions longitudinales arquées, presque carré, mais se rétrécissant un peu de la base à l’extrémité; bord postérieur formé de deux arcs peu concaves, séparés par une échancrure assez étroite mais profonde, ces arcs terminés intérieurement par une dent ferrugineuse et cornée, convergeant vers sa similaire, sans pourtant l’atteindre, et extérieurement par une dent un petit peu plus saillante, un peu plus pointue, également ferrugineuse et cornée et légèrement arquée en haut.

Sous la face inférieure, un mamelon pseudopode rétractile au centre duquel est l’anus.

Stigmates au nombre de neuf paires, situées, la première sur le mésothorax, très-près de son intersection avec le prothorax, sous les premières hanches ; les autres un peu plus haut et au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes de moyenne longueur, formées de cinq pièces, ongles compris, et garnies de quelques soies, surtout à la tranche inférieure des cuisses.

Vue en dessous, cette larve montre quelques poils très-fins sur les côtés de la tête, deux ou trois poils semblables, dont un plus long, sur les côtés des onze premiers segments, et sur les bords du douzième des poils plus nombreux portés sur de très-petits tubercules; mais lorsqu’on l’examine dans tous les sens et avec un fort grossissement, on constate qu’il existe sur le dos huit séries de poils, ceux des deux séries médianes et des deux latéro- dorsales plus longs, sur les côtés trois séries très-rapprochées, ceux de la série du milieu plus longs, et en dessous six séries.

LARVES DE COLÉOPTÈRES ceux des deux séries médianes plus allongés. On constate aussi que le dernier segment est, sur ses deux faces, parsemé de poils semblables. J’ajoute que les poils de la région ventrale sont un peu arqués en avant et que, vus au microscope, ils sont tronqués à l’extrémité, ou même terminés par un tout petit bouton à peine plus- épais que le poil lui-même.

Le bois mort des échalas de Châtaignier, pourvus de leur écorce, ainsi que des branches de Chêne et d’Aubépine, est sujet, après un ou deux ans, à une altération favorable au développement d’une hypoxylée de couleur noire qui s’étend en plaques plus ou moins grandes, sous le nom de Sphæriastigma, et qui, de son côté, augmente l’altération du tissu ligneux, lui donne une texture particulière et le rend plus tendre. Si l’on fouille l’aubier au dessous des plaques formées par ce cryptogame, on a la chance d’y rencontrer, s’il s’agit du Châtaignier, les larves de VEnedreytes oxyacanthæ, s’il s’agit du Chêne, celles des Tropideres niveirostris ou sepicola, s’il s’agit de l’Aubépine, celles de VEnedreytes précité ou du Choragus Slieppardi qui aiment à se nourrir de ce bois ainsi attendri et rendu aussi peut être plus savoureux, plus de leur goût, par le cryptogame dont j’ai parlé. C’est aussi avec ces larves qu’on trouve celles du Lissodema denticolle qui vivent de leurs déjections et qui les dévorent elles-mêmes. Je les ai vues, en effet, le plus souvent au milieu de la vermoulure produite parles larves exclusivement xylophages, ou même occupées à se frayer un passage d’une galerie à une autre ; mais j’en ai vu aussi qui dévoraient une de ces larves ou qui en avaient opéré presque complètement la destruction. Elles sont donc du grand nombre de celles que j’ai appelées vidangeuses et qui, dans l’occasion, sont très- volontiers carnassières.

La durée de leur existence est d’environ dix à onze mois, et c’est au mois de mai qu’après s’être préparé une cellule, elles se transforment en nymphe aux lieux mêmes où elles ont passé leur vie.

NYMPHE

Elle présente, emmaillotées et repliées comme à l’ordinaire, les diverses parties de l’insecte parfait. Prothorax boi’dé de douze soies portées sur des tubercules coniques, les six soies supérieures et surtout les deux médianes sensiblement plus écartées que les latérales ; segments de l’abdomen dilatés aux angles postérieurs en une dent charnue un peu inclinée en arrière et terminée par une soie ; dernier segment entouré de soies insérées sur de petits tubercules subconiques et muni à l’extrémité de deux épines subcornées.

SALPINGIDES. - ROSTRIFÈRES. - LISSODEMA 303

Mon illustre et excellent ami, M. Mulsant, dans son travail sur la petite tribu des Rostnfèjxs, a tracé avec autant de charme que de talent, comme il le fait habituellement en tête des remarquables monographies qu’il publie de concert avec notre ami commun M. Rey, le tableau des habitudes et des évolutions des insectes de cette tribu, et a donné l’historique des vicissitudes qu’a subies son classement. A l'exemple de plusieurs de ses devanciers, il y a compris, mais, il est vrai, en en faisant le sujet d’une famille distincte, le genre Mycterus de Clairville, Rhinomacer de Fabricius et de divers autres. Latreille, en 1804, avait déjà opéré la même réunion, mais Leach ayant créé en 1852 la tribu des Salpingites, en laissant les iVycterus dans les CEdémérides, il modifia en 1817 et 1825 ses dispositions, sépara, même par un assez grand intervalle, les Rhinosimus et les Salpingus des Mycterus, et, à l’exemple de Leach, adjoignit ces derniers aux CEdéraérides. Le célèbre et si regrettable Lacordaire a suivi la même marche. Dans le cinquième tome de son Généra il a formé, page 520, sa cinquantième famille, celle des Pythides, composée de trois tribus, celle des Pythides vrais, celle des Salpingides et celle des Agnatides, et c’est beaucoup plus loin, page 718, qu’il colloque les Myctérides dont il fait une tribu de la soixantième famille, celle des Œdémérides, en rappelant les raisons qui ont déjà motivé leur séparation des Salpingides. « Je ne doute pas, ajoute-t-il, que lorsque leurs larves seront découvertes, on ne trouve qu'elles sont totalement différentes de celles des Salpingides. » Malgré l’autorité de ce grand maître, J. Duval, dans son Généra, (t. III, p. 452), a fait des Mycterus une famille au même titre que celles des Œdémérides et des Pythides, et a placé ces trois familles à la suite l’une de l’autre, celle des Myctérides se trouvant au milieu. M. de Marseul n’a pas été de l’avis de Duval, et dans ses catalogues il suit la classification de Lacordaire. Je trouve, quant à moi, qu’il a eu grandement raison, car je partage entièrement l’opinion du savant auteur qui lui a servi de guide. La phrase que j’ai citée un peu plus haut prouve le cas que Lacordaire basai i des caractères des larves au point de vue de la disposition méthodique des insectes parfaits, et l’on sait depuis longtemps que telles sont mes idées, dans lesquelles d’incessantes observations me confirment de plus en plus, quoique je ne méconnaisse pas que, dans l’état de la science sur ce point, on se heurte çà et là à des disparates plus ou moins embarrassants. Je ne désespère pas de prouver plus tard que Mycterus, si voisins des Œdémérides par leurs caractères propres, s’y rattachent par la forme de leurs larves ; or les larves des Œdémérides diffèrent tellement de celles des

Salpingides, que je ne vois pas entre elles même de l’analogie. Je trouve au contraire que les larves des Lü&odema et des Rhinosimus ont de grands rapports avec celle du Pylho et même, quoique à un bien moindre degré, avec celle de VAgnatlius.

La seule larve connue de la tribu des Salpingides est celle du Rhinosimus ruficollis L., roboris F., publiée par Erichson dans les archives de Wiegman, 1847 (t. I, p. 287) et dont le catalogue de MM. Chapuis et Candèze reproduit la description. En lisant cette description il me semblait relire celle que j’avais déjà rédigée moi-même de la larve du Lissodema denticoUe, tant les caractères se ressemblent. Je ne vois de diftérence que dans la forme du dernier segment.

J’ai eu plus d’une fois l’occasion de faire remarquer que les larves d’espèces différentes du même genre présentent ordinairement une telle uniformité de caractères qu’il est le plus souvent impossible de les distinguer, et que les larves de genres voisins du même groupe se différencient fréquemment par la forme du dernier segment. C’est ce que justifient, du reste, les notions que nous avons acquises sur les larves des familles suivantes, sans parler de plusieurs autres moins importantes : Carabiques, Nitidulaires, Lamellicornes, Élaterides, Ténébrionides. La petite famille des Pythides fournit, ainsi que je l’ai fait pressentir plus haut, de nouvelles applications de cette règle. Si, en effet, je compare la larve du Lissodema denticoUe avec celle du L. lituratum qui m’est aussi connue, je trouve identité complète; à peine pourrait-on dire que les dents cornées qui terminent le dernier segment sont dans la première un peu moins saillantes, lien est autrement lorsqu’il s’agit de la larve des Rhinosimus. Dans celleci le segment terminal, au lieu d’être, comme dans la larve des Lissodema, tronqué au bord postérieur avec trois échancrures, deux larges et peu sensibles et une médiane étroite et profonde, est, selon le langage d’Erichson, « muni à son sommet de deux cornes courtes et larges dont chacune se termine par deux crochets grêles et aigus, l’externe dirigé en dehors, l’interne en dedans et touchant presque son correspondant. » Pour mieux faire comprendre les différences dont il s’agit et les rendre palpables, je crois devoir, puisque la laive du Rhinosimus l'uficoUis na. pas été figurée, donner le dessin du dernier segment de la larve du R. planirostris qui lui est en tout semblable (fig. 328). Je me borne à ce segment parce que, pour tout le reste, on pourrait lui appliquer la des-

SERROPAIPIDES. — PHIOIOTRYA 305

cription qui précède, même en ce qui concerne les ocelles, sauf à donner à la longueur un demi-millimètre de plus.

Erichson n’a rien dit des appétits des larves des Salpingides, et M. Mulsant, sans pouvoir néanmoins se prévaloir de quelque observation positive, les considère comme vivant aux dépens des végétaux. Je serais tenté d’être de cet avis s’il s’agissait de la larve des Myclems que M. Mulsanl a placés, comme je l’ai dit, dans sa famille des Rostrifères, car n’ayant pu encore trouver ici celte larve, quoique le Myctenis curculionoides y soit excessivement commun, je suis porté à croire qu’elle vit dans la terre des racines des plantes ; mais il n’en est pas ainsi des larves des Salpingides, et ce que j’ai dit des goûts de la larve du Lissodema denticolle, je crois pouvoir l’affirmer pour toutes les larves du même genre et des gen res voisins. Celle du L. lituratum se trouve dans la vigne sauvage et le figuier morts, habités, la première par les larves du Xyloperlha sinuata, du Synoxylon sexdentatum et de YAgrilus derasofasciatus, le second par celles de VHypoborus ficns et du Synoxylon précité. Quant à celle du RMnosimus planirostris, je l’ai rencontrée sous l’écorce du Chêne, de l’Orme et de l’Aulne, dans les déjections des larves des Scolytides et autres xylophages parasites de ces arbres, et j’atteste que si elle peut faire son profit d’une de ces larves, elle n’en laisse pas échapper l’occasion. 11 y a donc plus que de l’analogie, pour la manière de vivre, entre les larves des Rhinosimus et des Lissodema, et cette analogie s’étend aux autres genres des Pythides, c’est-à-dire au Pytho et à VAgnathus.

SERROPAIPIDES Catal. Marseul. MELANDRYIDES Lacoud. BARBIPALPES Muls. Rey,

Pliloiotrya Vaudoiieri Mues.

Long. 12-17 millim. Linéaire, un peu rétrécie aux deux extrémités, subdéprimée, un peu convexe en dessus, bien moins en dessous, surtout à la région sternale, blanche, plutôt coriace que charnue, terminée par deux crochets.

Tête déprimée, un peu plus que semi-discoïdale. le reste enchâssé dans

PER

le pi’othorax, subcornée, d’un testacé pâle avec le bord antérieur plus

foncé, marquée sur le front de quatre fossettes disposées en carré.

Epistome transversal, peu distinct du bord antérieur ; labre semi-elliptique et cilié.

Mandibules de longueur et de force médiocres, munies d’une petite dent vers le tiers ou le quart de la tranche interne, larges à la base quand on les regarde en dessus, étroites et bidentées à l’extrémité si on les observe de côté.

Mâchoires coudées, assez robustes, avec un lobe large, tronqué et densement cilié au sommet.

Palpes maxillaires courts, à peine arqués en dedans, de trois articles égaux.

Support du menton presque lagéniforme ; menton un peu plus large antérieurement qu’à la base.

Lèvre inférieure très-courte, prolongée en un.e languette arrondie.

Palpes labiaux très-courts, de deux articles.

Antennes coniques, assez épaisses, les trois premiers articles égaux en longueur et dépourvus de soies, le quatrième grêle, cylindrique, surmonté d’une longue soie et de trois très-petites, et accompagné d’un article supplémentaire bien plus court et visible seulement de profd.

Immédiatement en arrière des antennes, cinq ocelles sur deux rangs, l’antérieur de trois sur une ligne transversale non oblique, l’autre de deux, placés de telle sorte que le plus supérieur du rang de devant se trouve vis à vis l’intervalle qui les sépare.

Prothorax aussi grand, ou bien- peu s’en faut, que les deux segments suivants réunis, de la largeur de la tête antérieurement, plus large en arrière, un peu avancé au milieu de son bord postérieur.

Mésothorax et métathorax égaux, ayant un petit bourrelet aux angles postérieurs.

Abdomen de neuf segments, les sept premiers à peu près égaux, montrant en dessus un étroit bourrelet de chaque côté et les indices de deux espaces dorsaux dilatables comme des ampoules arrondies, et en dessous un double bourrelet plus visible; huitième segment plus étroit que les autres, ayant à peine aux angles postérieurs la marque d’un bourrelet qui est bien apparent en dessous ; neuvième et dernier segment arrondi latéralement, d’une consistance plus solide qUe le reste du corps, marqué antérieurement de six petites taches rousses, subelliptiques, disposées en ligne transversale, de la même couleur sur plus de sa moitié postérieure,

SERROPALPIDES. - PHLOIOTRYA 307

et terminé par deux crochets cornés, ferrugineux avec l’extrémité plus foncée et recourbés en haut. Ces crochets déterminent une échancrure qui est plus profonde sur la plaque dorsale du segment que sur la plaque opposée, et l’intervalle de ces deux plaques est occupé par une cavité, un trou parfaitement rond.

Sous ce segment est un pseudope rétractile qui, contracté, semble formé de quatre mamelons inégaux au centre desquels est l’anus.

Une forte loupe montre quelques poils sur la tête et sur le dernier segment et un ou deux de chaque côté des autres segments. Au microscope on constate au moins deux séries longitudinales de ces poils tant sur la dos que sur le ventre, et l’on voit en outre qu’il existe, çà et là, sur le îace dorsale et sur les flancs, des poils très-petits, comme des cils tronqués. Ils m’ont paru situés sur les bourrelets et les ampoules et doivent avoir pour destination de faciliter les mouvements de la larve.

Stigmates au nombre de neuf paires, situées la première près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers le tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes de longueur médiocre, assez robustes, de quatre articles plus un ongle subulé. Hanches hérissées de poils spiniformes, trochanters et cuisses ayant des soies en dessous et les tibias une soie en dessus près de l’extrémité.

Mon ami M. Bauduer a trouvé cette larve dans un Chêne-liège mort depuis longtemps, et je l’ai rencontrée, avec des nymphes et des insectes parfaits, dans une branche de Châtaignier morte depuis deux ou trois ans et dont le bois était déjà très-ramolli. Elle se transforme dans la galerie qu’elle a creusée pour se nourrir, après y avoir pratiqué, en l’élargissant un peu, une loge convenable pour la nymphe.

NYMPHE

Elle porte de très-petites spinules, la plupart courbées en arrière, blanches avec l’extrémité rousse et un peu cornée, sur le front, et deux rapprochées au bord interne des yeux, d’autres autour du prothorax, celles ci éparses, quelques-unes vers la base des ailes, deux de chaque côté des segments abdominaux et deux au milieu. De la base de chacune de ces spinules s’élève un poil très-fm et blanchâtre, plus long qu’elle. Le dernier segment se termine par deux papilles ou épines coniques, courtes, verticales, un peu divergentes, blanches avec la pointe rousse et cornée.

Je lis dans VHistoire naturelle des Barbipalpes, par M. Mulsant, que M, Mac Leay a publié, comme appartenant à la Dircœa lævigata, la larve de la Phloiotrya rufipes Gyll, trouvée dans le tronc d’un Chêne. Cette larve serait écailleuse, aurait des antennes de trois articles, l’avant-dernier segment épineux, les pieds antérieurs comprimés et crochus, plus longs et plus robustes que les quatre postérieurs. Je ne vois rien de tout cela dans la mienne ; je crois à une erreur pour le nombre des articles des antennes, et j’en soupçonne une autre relativement à l’avant-dernier segment.

Lacordaire, dans son Généra (t. V, p. 546), traduit au sujet de la même larve, la description de M. Westwood et souligne les passages qui lui paraissent suspects, tels que la consistance écailleuse, les pattes antérieures grandes, comprimées, crochues et atteignant presque l’extrémité antérieure de la tête, les deux paires postérieures étant beaucoup plus courtes. J’oserais souligner aussi l’avant -dernier segment qui, dans la traduction de Lacordaire, n’est plus épineux, mais convexe et très-fortement ponctué, le dernier étant pourvu de deux crochets cornés, aigus et recourbés en haut. Je doute, avec Lacordaire, que cette larve soit authentique, et je suis convaincu qu’elle appartient à un Helops, quoiqu’elle ait été trouvée avec la Phloiotrya, ce qui n’a rien d’étonnant. Je persiste dans cette opinion, quoique J. Duval ait fait, sous le nom do Dolotarsus, un genre spécial de cet insecte, qu’il place même dans une autre division que celle des Phloiotrya.

Aitiisoi^ya (Serrogialims) fusciila III.

Fig. 338-339.

LARVE

Cette larve, longue de 4 à 5 millim., diffère sensiblement de celle de la Phloiotrya, mais elle a les plus grands rapports avec celles de l'Orchesia micans, de la Melandrya caraboides et surtout de la Carida flexuosa dont elle a l’air d’être une copie. Comme elle, en effet, si sa tète était pins enchâssée dans le prothorax, et qu’il y eût l’apparence d’un treizième segment, elle présenterait la physionomie d’une très-jeune larve deLongicorne, car elle a, comme ces sortes de larves, le corps charnu, le prothorax assez développé et un peu plus consistant, et une forme subtétraédrique due à des ampoules ambulatoires tant dorsales que ventrales sur les

SERROPALPIDES.

ANISOXYA

deux derniers segments thoraciques et les huit premiers segments abdominaux, et à des bourrelets latéraux. Ses antennes et surtout ses palpes maxillaires et les lobes des mâchoires sont sensiblement plus longs que dans la larve de la Vhloiotrya, et ses mâchoires sont moins coudées. En outre, la consistance un peu coriace de celle-ci et la forme du dernier segment constituent des différences si frappantes, qu’on ne croirait pas ces deux larves de la même famille. On a déjà deviné, en effet, que celle de VAnmxya a Je dernier segment charnu, arrondi et complètement inerme. Je me réfère donc à la description que j’ai donnée (Soc. Ent. 1857, p. 378,) de la larve de la Carida flexuosa dont elle a la forme, les pattes étalées et débordant un peu le corps, etc., sauf à y apporter, pour la larve qui m’occupe en ce moment, les modifications suivantes ; i° les mandibules, vues de côté, ne sont pas bifides, et malgré un long examen, elles m’ont paru simplement acuminées ; 2® le lobe des mâchoires, dont je donne le dessin, est subtronqué et non pas surmonté seulement de deux soies raides, mais pectiné. Je donne aussi la figure des ocelles qui sont au nombre de cinq de chaque côté et qui feraient croire, dès lors, à une différence de plus avec la larve de la Carida à laquelle je n’en ai donné que trois; mais soupçonnant en ceci une erreur, je viens de porter la loupe sur celte larve et je lui ai trouvé cinq ocelles comme à celle de YAnisoxya et disposés de même. Cela prouve qu’on voit ordinairement mieux lorsque, guidé par les règles de l’analogie, on se livre à un examen plus attentif et mieux dirigé ; il est vrai que, parfois aussi, des idées préconçues et la passion des analogies peuvent nous montrer ce qui n’ést pas, ou nous aveugler sur ce qui existe. Cela veut dire qu’il faut tâcher de toujours bien voir.

Je termine en disant que j’ai trouvé la larve de VAnisoxya dans des branches un peu pourries de Châtaignier et que j’ai obtenu aussi l’insecte parfait de branches de Robinier et de Noisetier.

Le 18 juillet 1875, j’ai rencontré dans des branches mortes de Pommier plusieurs individus de cette même larve avec des insectes parfaits et aussi, par bonheur, avec des nymphes. Voici le signalement de ce dernier état.

NYMPHE

Blanche et délicate. Sur le front, près des bords latéraux du prothorax et un peu en avant de l’écusson, quelques petits tubercules surmontés d’un poil fin. Un tubercule plus grand, conique, papilhforme vers les deux

tiers latéraux des segments de l'abdomen, ces tubercules portant un poil fin incliné en arrière. Dernier segment paraissant avoir dix tubercules semblables, mais bien plus petits, quatre de chaque côté et deux dorsaux, et terminé du côté du ventre par deux lobes coniques et du côté du dos par deux mamelons coniques aussi et relevés, finissant par une pointe un peu roussâtre et subcornée.

Le menu bois de Châtaignier et de Chêne m’a donné aussi VAbdera giiseogiittata, mais je n’ai pu encore mettre la main sur sa larve.

L’histoire des métamorphoses des insectes de la famille des Serropalpidæ du Catal. de M. de Marseul, Barbipalpes de M. Mulsant, Mélandryides vrais de Lacordaire, présente encore plus d’une lacune. Voici ceux dont les larves sont connues :

Orchesia micans Panz., Güérin-Mèneville, Waterhouse, Westvs'ood, Braselman et surtout Chapuis et Candèze dans leur Catal. p. 179.

Hallomenus humeralis Panz., Perris, Soc. Ent. 1857, p. 382.

Carida flexiiosaPAYS.., Perris, Soc. Ent. 1857, p. 378.

Dirccea lævigata Hellen, Perris, Soc. des Sc. de Liège, 1855. — D. Revelieri Müls., Mulsant et Revelière, 11' Opuscule, p. 94.

Serropalpus striatus Hellen, Assmuss, Wien., Ent. Monatschr, 1859, p. 255 et Erné, Bull, de la Soc. suisse d’entom. 1872, p. 525, qui ne dit que quelques mots de la larve à laquelle il donne à tort une paire de stigmates par segment.

Hypuliis bifasciatus F. Letzner, Arb. schles. Gesells, 1851, p. 96, et Heeger, Sitzber, Wien. Acad. Wiss. 1853, p. 474.

MM. Mulsant et Rey ont publié (13' Opusc. p. 187) comme appartenant au Hypulus quercinux, une larve de couleur testacée, subécailleuse, terminée par deux prolongements bifides et qui, à tous ces titres, me donnait d’autant plus à penser qu’en consultant les détails descriptifs des organes, je ne lui trouvais presque rien des larves des Serropalpides. J’étais en outre convaincu, ce dont j’ai eu plus tard la preuve, que la larve du Hypulus bifasciatus, antérieurement décrite, avait le dernier segment simple. Elle pouvait tout au plus être terminée par deux pointes ou crochets, mais ces prolongements bifides, sans parler du reste, me déroutaient comp’étement. Pour éclaircir mes doutes, j’ai demandé àM. Rey communication de sa larve qu’il a eu la bonté de m’envoyer avec l’empressement qui caractérise son obligeance. Il ne m’a pas fallu longtemps pour reconnaître que mes savants amis avaient été dupes, ce qui peut arriver à bien

SERUOPALPIDES.

TETRATOMV

d’autres, moi compris, de Ja coïncidence de cette larve et du thjpulus dans une souche de vieux Châtaignier, et que celle-là, loin d’appartenir à celui-ci, est une jeune larve d'Athoiis ou de Corymbytes.

Melandî'ya caraboides L., Perris, Ann. sc. natur. 1840, p. 86.

Il faut que je répare, à propos de cette larve, une inadvertance au sujet de la première paire de stigmates qui est placée au bord antérieur du mésothorax et non, comme je l’ai dit, au bord postérieur du prothorax, et de plus, une omission qui a induit en erreur Erichson. Dans les caractères généraux qu’il a donnés des larves des Mélandryades, d’après celles de Melandrya et de Dircæa, il met : ocelles nuis. Or la larve de la Melandrya caraboides a des ocelles, elle en a même cinq de chaque côté, savoir ; trois très-près de la base des antennes, fort rapprochés, en ligne droite un peu oblique et deux bien en arrière et écartés, dont l’un vis-à-vis le plus supérieur du premier rang et l’autre plus rapproché du crâne ; ces deux derniers presque obsolètes. Quant aux larves de Dircæa, ma description de celle de la D. lævigata porte qu’elle a également dix ocelles.

Je veux aussi, dans l’intérêt de la science, donner les caractèrres de la nymphe de la Melandrya dont je me suis borné à dire qu’elle ne présente rien de particulier. Il y a de ce)a bientôt trente-deux ans; je suis devenu plus méticuleux. Or, je constate que cette nymphe ressemble beaucoup à celle de la Phloiotrya. Elle a des spinules blanches, à pointe cornée et rousse, sur le front, autour du proihorax et quelques-unes au milieu; elle en a aussi de plus nombreuses que dans la nymphe précitée, sur le dos des segments de l’abdomen, où l’oim en voit deux petits groupes principaux placés sur deux tubercules; les deux derniers segments en ont aussi chacun six en dessous, sur le bord postérieur, et le dernier porte les deux épines verticales que présente aussi la nymphe susdite. De la base des spinules part également un petit poil, mais il est plus court et je ne le vois pas à côté de toutes.

Aux larves qui précèdent j’ajoute les suivantes.

Tctraloana Bauducri Perris.

Long., 4-5milUm., hexapode, ovale allongée, presque glabre, charnue, mais assez coriace, d’un blanc un peu jaunâtre, à bandes transversales brunes sur le dos ; dernier segment à deux lobes terminés par une épine relevée.

Tête à peu près libre, plus large que longue, assez fortement arrondie sur les côtés, luisante, très-finement ridée, très-peu convexe en dessus, marquée sur le front d’une impression elliptique assez profonde dont le centre est bombé ; teintée de brun roussâtre.

Épislome trapézoïdal, très-transversal, peu distinct du front, mais assez nettement séparé du labre, lequel est court, très- transversal, un peu inégal et à peine cilié.

Mandibules médiocrement robustes, susceptibles de se joindre sans se croiser, d’un testacé pâle avec l’extrémité noirâtre. Vues en dessus, assez larges, pointues avec une dent interne; vues de côté, assez étroites, assez longuement sub triangulaires , bidenlées au bout.

Mâchoires descendant jusque vers les deux tiers de la tête, coudées à angle droit, leur lobe court, assez élargi, cilié de quelques soies courtes et spinuliformes.

Palpes maxillaires courts, à peine arqués, de trois articles dont les deux premiers égaux, avec un petit poil sur le côté externe du second, le troisième un peu plus long, terminé par de très-petits cils.

Menton bien plus long que large, se rétrécissant de la base au sommet.

Lèvre inférieure prolongée en une languette arrondie.

Palpes labiaux courts, de deux articles égaux, le second couronné de très-petits cils.

Antennes coniques, non rétractiles, les trois premiers articles égaux en longueur, le troisième ayant un poil en dehors; quatrième un peu plus long et beaucoup plus grêle, terminé par un poil de médiocre longueur et trois autres beaucoup plus courts, accompagné d’un article supplémentaire bien plus grêle, de moitié plus court, pointu et visible seulement quand on regarde la larve de profil, parce qu’il est inséré au-dessous du dernier article.

Sur chaque joue, un peu en arrière de l’antenne, un groupé de cinq ocelles saillants comme de petits globules noirs et luisants, trois antérieurs en ligne transversale un peu oblique et deux postérieurs rapprochés des précédents.

Prothorax presque aussi grand que les deux autres segments thoraciques réunis, très-peu arrondi sur les côtés, marqué de points très- obsolètes, teinté de brun sur les deux tiers antérieurs, mais moins sur les côtés que sur le milieu et marqué d’une fine ligne médiane blanche qui se prolonge tout le long du corps.

Mésothorax et métathorax égaux, nuancés de brunâtre sur leur moitié

SEIll’.OPALriDES, — TETR4TOMA 313

antérieure, ce brunâtre moucheté de brun foncé près du bord antérieur.

Abdomen de neuf segments ; le premier de la dimension du métalhorax et coloré comme lui, les sept suivants un peu plus longs, ayant une bande brune d’autant plus étendue et d’autant plus foncée qu’on s’approche plus de reitrômitc, mais laissant toujours blanches la lisière postérieure et la fine ligne médiane. Tous ces segments ayant à droite et à gauche de cette ligne un pli transversal destiné ù faciliter des dilatations musculaires; munis en outre, sur chaque flanc, d’un bourrelet mameloniforme qui rend bien visibles leurs intersections. Dernier segment à peine plus long que le précédent, mais beaucoup plus étroit, jaunâtre avec la base brune, divisé postérieurement en deux lobes coniques, brunâtres, un peu divergents, terminés par une épine verticale, faiblement arquée, onguiforme, un peu gibbeuse postérieurement et ferrugineuse, et munis en dessous de deux ou trois granules piligères.

Mamelon anal cylindrique, placé sous le dernier segment, mais un peu plus près de l'extrémité que de la base, à trois et peut être quatre lobes marqués d’un pli au sommet, ces plis dessinant comme de petits tubercules qui paraissent en tout au nombre de huit.

Corps blanc en dessous, avec des plis favorisant des dilatations. Une forte loupe montre quelques poils sur la tête, sur le dernier segment et un ou deux de chaque côté des autres segments. Au microscope on voit trois séries longitudinales de poils tant sur le dos que sur le ventre, ceuxci plus longs, et, en outre, sur la face dorsale et sur les côtés, quelques poils très-courts et ciliformes, destinés sans doute à faciliter les mouvements de la larve.

Stigmates au nombre de neuf paires, la première près du bord antérieur du mésothorax, Tes autres vers le tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes écartées, de longueur médiocre, pouvant un peu déborder le corps, de cinq pièces, y compris un ongle corné, ferrugineux, grêle et subulé. Hanches hérissées de quelques soies spinuliformes, cuisses et tibias égaux en longueur et munis de quelques soies.

Lalreille a placé le genre Tetratoma dans ce milieu hétérogène d’insectes qu’il a désignés successivement sous le nom de Diapérales et de Taxicornes ; Rcdtenbacher l’a introduit dans les Cryptophagides, et Lacordaire, tout en adoptant l’opinion de M. Mulsant,qui l’a compris da is ses Barbipalpes, reconnaît que celte opinion peut être contestée, ce que n’admet

LAlWr.S T)R COl-ÛOPTÈliRS

pas J. Duval. Ces divergences, ainsi que la physionomie de ces insectes assez différente de celle des autres Mélandryides ou Barbipalpes, me faisaient désirer de connaître la larve d’une espèce du genre Telratoma, espérant y trouver la solution de la question, jusqu’à un certain point litigieuse, de sa classification. Je ne pouvais guère compter que sur la larve du T. Baudueri. et je la cherchais depuis longtemps sous les écorces tapissées de mycélium, dans les Mousses et les Lichens mêlés de moisissures, espérant la rencontrer là où parfois j’avais trouvé l’insecte parfait. Celui-ci étant bien moins rare à Sos qu’à Mont-de-Marsan, j’avais prié Bauduer d’appliquer à la découverte de cette larve son habileté et sa bonne chance.

Au mois de février 1876, mon ami m’envoya une assez copieuse provision à’Agaricus Jacq., recueillis sur une souche et qui, ayant

attiré des Tetratoma Baudueri, pouvaient avoir reçu leurs pontes. Quelques jours après, en effet, je constatai dans ces Champignons l’existence de toutes petites larves. Ces larves pouvant être de celles qui, aux approches de la métamorphose, quittent leur berceau pour s’enfoncer en terre,, je mis les Champignons sur une grande feuille de papier fort, de manière à pouvoir les déplacer tous à la fois, et je les installai ensuite dans une cloche de verre renversée. Tous les matins, je soulevais lés Champignons pour voir s’il y avait quelque chose au fond de la cloche. Le 10 mars, quelques larves apparurent. Leur forme, les bandes brunes de leur dos, les deux crochets postérieurs pouvaient faire croire à des larves de Triphyllus, ou de Mycetophagus, ou de Triplax, mais en les étudiant en détail, je vis qu’elles différaient de celles de ces genres.

Le lendemain matin, car c’est dans la nuit qu’elles quittent le Champignon, d’autres larves se trouvèrent dans la cloche, et le nombre s’accrut chaque jour jusque vers la fin de mars. Après en avoir mis environ deux cents dans des verres à moitié remplis de terre où elles s’enfonçaient assez rapidement, et avoir fait aussi une large part à ma collection, je jetai successivement le reste. Je crois bien que, si j’avais tout compté, je serais arrivé à plus de cinq cents. J’entretins dans mes verres une légère humidité, et le 13 mai, à bout de patience et désireux de voir s’il y avait du nouveau, je renversai un des verres. La terre qu’il contenait me montra tout aussitôt, à la surface qui touchait le fond du verre, des cellules toutes simples, sans aucune trace de matière soyeuse ou gommeuse, dans chacune desquelles était un insecte parfait bien mûr, et, à ma grande fatisfaclion, cet insecte se trouvait être le Tetratoma Baudueri. D’autres

siinaopvLPiDfis.

TET il A TOM \

étaient dans l’intérieur de la terre. Il me fallut, pour avoir des nymphes, explorer un des verres où j’avais mis des larves en dernier lieu, et là encore presque toutes les larves avaient subi leur dernière métamorphose, mais les insectes parfaits étaient encore mous et tout blancs. Je ne pus me procurer que quatre nymphes. En voici le signalement.

NYMPHE

Sur le front, quatre poils blanchâtres portés sur un petit tubercule, deux sur le vertex, d’autres près des bords antérieur et postérieur et sur les bords latéraux du prothorax, deux sur le métathorax, quatre, dont deux latéraux et deux dorsaux, sur chacun des six premiers segments de l'abdomen, les deux suivants n’ayant que des poils latéraux, dernier segment muni de deux papilles cylindriques, brusquement terminées par une petite épine fine, cornée et testacée. En dessous on voit aussi des poils sur les derniers segments de l’abdomen et une saillie denliforme en dehors de chacun des articles de la massue antennaire.

La larve du Tetra toma Baudueri a de tels rapports avec celle de la Phloiotrya Vaudoueri, que je crois pouvoir me dispenser d’en donner la figure. Sa forme est à peu près la même, ses mandibules, ses mâchoires, ses palpes, ses antennes, ses ocelles et ses pattes sont conformés de môme. Elle se rapproche beaucoup au.=si de celle du Ilallomenus hiimeralis que j’ai déjà publiée, mais elle diffère de l’une et de l’autre par les particularités du dernier segment. Elle appartient donc, à mon avis, à la tribu des Mélandryides ou Barbipalpes, mais elle se distingue de toutes les larves connues de cette tribu par son corps zoné de brun en dessus. Elle se courbe un peu en arc quand on l’inquiète. Comme on a pu le voir, ses évolutions sont assez rapides puisqu’elles n’exigent, même avec une température peu élevée, comme celle du printemps de 1876, qu’environ trois mois. J’eus d’abord la conviction que lorsque les insectes parfaits naissent en mai, comme cela est arrivé chez moi, il doit y avoir, si les circonstances la favorisent, une seconde génération dont 1rs produits hivernent, puisqu’on trouve assez fréquemment l’insecte durant la froide saison ; mais mes idées sur ce point ont été modifiées par ce qui s’est passé chez moi.

J’ai dit plus haut que, dès le 13 mai, j’avais trouvé les Tetraloma transformés sous terre et presque tous complètement mûrs ; je m’attendais

LARYES DE COLÉOPTÈRES donc chaque matin à les voir paraître au Jour, mais rien ne se montrait soit dans les verres de mon cabinet, soit dans ceux que J’exposais à l’air extérieur. Or ce n’était pas l’abaissement de la température qui retenait les insectes dans leur demeure souterraine, le plus souvent, au contraire, la chaleur était très-intense. J'en étais donc venu à croire qu’ils avaient péri, mais l’exploration d’un verre me convainquit qu’il n’en était rien. Enfin, le 6 octobre J’en vis paraître quelques-uns et les deux Jours suivants ils sortirent en très grand nombre. Une semaine après ils étaient tous dehors.

Je suis porté à conclure de ce fait que le Telratoma Baudueri n’a normalement qu’une seule génération, que celle-ci, déjà formée au mois de mai, c’est-à-dire à une époque peu favorable au développement des champignons et qui le devient de moins en moins, attend en chartre privée la saison des pluies, soit pour pondre dans les champignons coriaces qui naissent alors, soit pour se refaire d’un long Jeûne et choisir ses quartiers d’hiver, sauf à profiter ensuite des premiers beaux Jours et des premières conditions favorables pour s’occuper de la propagation de l’espèce.

Les larves que J’ai élevées s’étaient nourries de la substance charnue du Champignon, ainsi que de ses feuillets, mais en évitant toujours de se mettre à découvert.

L’insecte parfait est nocturne. Ceux que J’ai conservés dans un grand tube avec des rognures de papier étaient immobiles durant tout le jour et ne commençaient à s’agiter qu’aux approches de la nuit.

Oi'cliesia undiilata Kraatz

J’ai reçu, dans le temps, de M. Fauvel, avec l’insecte parfait, la larve de cette Orchesia trouvée par lui sous l’écorce d’un Cerisier qui recélait probablement quelque production de la nature des Champignons. Je viens de l’examiner et de la comparer avec celle de l’O. micans que Je possède aussi, et Je lui trouve une telle ressemblance avec celle-ci, que je me dispense de la décrire.

SERROPA.LPIDES. — MARQUA

Iflarolia (Serropalputi) varici^ata Bosc.

Fig. 340.

LARVE

Long. 8-9 millim. Blanche, charnue, assez molle, presque cylindrique, à peine tétraédrique, un peu atténuée et arrondie postérieurement, presque entièrement glabre.

Tête en grande partie libre, subdéprimée, peu convexe, sensiblement plus étroite que le prothorax, munie sur les côtés de quelques poils trèsfms, d’inégale longueur et blanchâtres.

Êpislome transversal, labre petit, semi-discoïdal et bordé de quatre ou cinq cils, ces deux organes roussâlres et paraissant en partie ferrugineux à cause des mandibules vues par transparence.

Mandibules peu allongées, ferrugineuses avec l’extrémité noire. Vues de côté elles sont assez étroites, triangulaires et pointues; vues en dessus elles se montrent larges à la base, crochues, acérées à l’extrémité, sans apparence de dent à la tranche interne.

Mâchoires peu coudées, n’atteignant pas la moitié de la longueur de la tête, leur lobe assez large, assez allongé, terminé par quatre ou cinq dents de peigne assez longues.

Palpes maxillaires droits, dépassant un peu le lobe, subconiques, de trois articles, le second muni d’un poil en dehors et le dernier terminé par des cils extrêmement courts.

Lèvre inférieure à peine plus large que longue, presque carrée, paraissant prolongée en une languette aussi large qu’elle et arrondie, sur laquelle sont appliqués les palpes labiaux courts et de deux articles.

Antennes de quatre articles, le premier large et un peu rétractile, le second de la longueur du précédent, mais sensiblement plus étroit et un peu renflé en dehors, le troisième plus court et cylindrique, entouré au sommet d’un verticille de quatre ou cinq petits poils ; le quatrième de la longueur du précédent, bien plus grêle, terminé par un long poil et deux ou trois plus petits, et accompagné d’un article supplémentaire un peu plus grêle et presque aussi long que lui, contre lequel il est appuyé, et visible seulement quand on observe la larve de côté.

Sur chaque joue, un peu en arrière des antennes, deux taches noirâtres qui semblent pigmentaires, mais où une forte loupe découvre, sur la

plus antérieure, trois ocelles noirs, sur l’autre deux, ces points disposés

comme l’indique la figure, et paraissant à peine saillants.

Prothorax aussi long, ou peu s’en faut, que les deux autres segments thoraciques pris ensemble.

Mésothorax et métathorax ayant sur le dos un pli transversal et sur les côtés un pli oblique dessinant une sorte de bourrelet.

Abdomen de neuf segments, le premier plus court que chacun des sept suivants qui sont à peu près égaux, ces huit segments pourvus sur chaque flanc d’un bourrelet longitudinal et sur le dos comme sur la face ventrale d'une petite ampoule ambulatoire transversale et ruguleuse.

Dernier segment plus court et plus étroit que le précédent, atténué d’avant en arrière, arrondi postérieurement et dépourvu de tout crochet ou appendice, marqué en dessous de plis qui dessinent comme un cercle de mamelons au centre desquels est l’anus.

Quelques poils fins, blanchâtres et d’inégale longueur se montrent sur les côtés des segments thoraciques et des segments abdominaux ; le microscope en fait voir aussi d’autres, mais plus courts et quelques-uns fort courts et raides sur le dos et sur le ventre ; j'ai même constaté sur certaines ampoules ambulatoires de petits cils spinuliformes très-fins et très-serrés. Quant au dernier segment, il est pourvu d’un assez grand nombre de longs poils.

Stigmates peu visibles, parce qu’ils ont la couleur du corps, au nombre de neuf paires ; la première, un peu plus grande et plus inférieure que les autres, près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers le tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes de longueur médiocre, assez robustes, mais non cornées, de quatre articles, plus un ongle subulé et corné, tous ces articles pourvus de quelques poils fins et assez longs, sauf ceux de dessous le tibia qui sont plus courts et plus raides.

La Marolia a été prise aux environs de Paris en battant un fagot de sarments. J’ai trouvé ici sa larve et sa nymphe dans l’aubépine et dans des branches mortes de Chêne, et mon ami M. de Bonvouloir m’a donné des nymphes extraites par lui des branches mortes du Sapin sur lesquelles, m’a-t-il dit, on prend souvent l’insecte parfait. Cette larve aime un bois ramolli par l’âge et en voie de décomposition, elle s’y pratique une cellule pour se transformer. La durée de ses évolutions est de moins d’un an.

SERROPALPIDES.

ZILORA

NYMPHE

Elle est hérissée de longs poils roussâtres disposés ainsi : plusieurs sur le front, une ceinture autour du prothorax et quatre en série transversale sur le disque; quatre sur le raésolhorax, autant sur le métathorax, tous ceux-ci arqués en avant; une série transversale sur la face dorsale des segments de l’abdomen, d’autres sur les bourrelets latéraux ; une série transversale de poils semblables, mais plus écartés, près du bord postérieur de la face ventrale des mômes segments, tous arqués en arrière ; un ou deux sur les genoux, trois ou quatre sur les élytres. Le dernier segment est muni postérieurement d’une touffe de longs poils entre lesquels on voit deux lobes charnus terminés chacun par un crochet subcorné et visiblement relevé.

tEilora (X.ylît«) fcrrug;inca Payk.

Fig. 341.

LARVE

Long., 11 millim., hexapode, blanche, charnue subtétraédrique, presque glabre, terminée par deux petites pointes très-courtes et cornées.

Tête en partie enchâssée dans le prolhorax, munie de quelques poils, déprimée; plus étroite antérieurement qu’à la base, à peine arrondie sur les côtés, subcornée, luisante et testaccc en dessus et en dessous, avec quelques rides transversales; marquée de deux sillons assez profonds formant un angle dont le sommet est presque au vertex et de quatre fossettes obsolètes et piligères près du bord antérieur.

Épistome trapézoïdal, deux fois au moins aussi large que long, trèspeu distinct du front. Labre assez développé, très-transverse, peu arrondi et même subéchancré antérieurement, muni d’un petit nombre dé cils.

Mandibules assez fortes, se joignant sans se croiser, ferrugineuses dans leur moitié basilaire, le reste noir. Vues de côté, paraissant longuement triangulaires, avec la moitié antérieure un peu guillochée et l’extrémité bidentée.

Mâchoires descendant jusques un peu au delà de la moitié de la tête, coudées à angle presque droit, leur lobe large, presque en forme de hache à angles arrondis et cilié de petites soies spinuliformes.

Palpes maxillaires un peu arqués, de trois articles dont le premier un peu plus court que les deux autres qui sont égaux. Un petit poil près de l’extrémité externe du second, de très-petits cils au bout du dernier.

Menton lagéniforme, lèvre inférieure assez développée, prolongée en une languette arrondie presque aussi longue que les palpes.

Palpes labiaux de deux articles, le premier sensiblement plus épais mais un petit peu plus court que le second.

Antennes coniques, non rétractiles, de quatre articles, le premier trèsgros, deux fois aussi long que le second, le troisième de la longueur du premier et muni à l’extrémité externe d’un petit poil, le quatrième trèsgrêle, plus court que le second, terminé par de très-petits poils et accompagné d’un article supplémentaire plus grêle encore, de moitié plus court et visible seulement lorsqu’on regarde la larve de profil.

Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, cinq ocelles noirs dont trois antérieurs assez rapprochés, en ligne un peu oblique, et deux postérieurs écartés, dont le premier est presque vis-à-vis le dernier de la série antérieure.

Prothorax très- transversal, plus large que la tête, arrondi sur les côtés, presque aussi long que les deux autres segments thoraciques réunis, lavé de roussâtre et marqué de deux dépressions obsolètes.

Mésothorax un peu plus court que le métathorax.

Abdomen de neuf segments, le premier de la longueur du métathorax, les six autres un peu plus grands et munis, ainsi que le premier et le métathorax, d une ampoule ambulatoire plissée et médiane et d’un bourrelet de chaque côté. Huitième segment sans ampoule, mais à bourrelets, plus étroit que les précédents. Neuvième segment encore plus étroit, ù peu près hémisphérique et terminé par deux courtes épines rapprochées , relevées et à peine arquées. Segments abdominaux ayant en dessous une ampoule et des plis ambulatoires.

Mamelon anal subcylindrique, placé sous le dernier segment et au milieu, quadrilobé, chaque lobe marqué d’un pli à l’extrémité.

Corps presque glabre, des poils fins et pâles sur les flancs, sur le dos, le ventre et le dernier segment, et, en outre, à la face ventrale, de petits poils ciliformcs destinés sans doute à faciliter les mouvements.

Stigmates au nombre de neuf paires ; la première, plus grande et un peu plus inférieure que les autres, très- près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers le tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

SERROPALPIDES. — DIRCÆA S?!

Pattes écartées, étalées, débordant le corps, de cinq pièces y compris un ongle assez long et subulô; hanches glabres, cuisses et tibias égaux en longueur, ayant à peine quelques poils fins et assez longs.

Je dois à l’extrême obligeance de mon ami M. Pandellé plusieurs individus de cette larve qui, d’après Gyllenhal, vit dans les troncs du Pin et du Sapin et qui se trouverait aussi sur notre Pin maritime puisque, selon le témoignage de M. Mulsant, M. Perroud a pris la Zilora sur ce conifère aux environs de Bordeaux. Les larves que j’ai reçues ont été recueillies dans les Pyrénées, vers la fin de septembre, accompagnées d’insectes parfaits ; elles étaient répandues sous l’écorce d’un Sapin déjà vermoulu, mais à vermoulure humide, condition hygrométrique qui paraît leur convenir, et elles se nourrissaient des couches du liber et de l’aubier.

A l’époque précitée, quelques métamorphoses avaient déjà eu lieu, mais je suis persuadé que les larves qui se trouvaient alors en retard étaient destinées à attendre le printemps suivant, car en général les larves de Coléoptères ne se hasardent pas à passer l’hiver à l’état de nymphe.

Quoique je ne connaisse pas cette nymphe, je n’hésite pas à rapporter à la Zilora la larve que je viens de décrire. La circonstance qu’elle a été trouvée avec des insectes parfaits est déjà une présomption, et l’on arrive à la certitude lorsqu’on la compare à celle de la Melandrya caraboides dont elle reproduit tous les principaux caractères. Elle en diffère cependant par la taille beaucoup plus petite, la tête plus aplatie, l’épistome plus grand, les ampoules ambulatoires dépourvues d’aspérités, les pattes moins étalées et surtout par les deux petites épines du dernier segment.

Dircœa (Hypulus) quadrlgattata Payk.

Je reçus, il y a plus d’un an, de mon ami M. Valéry Mayet, sous le nom de Dircæa quadriguttata, une larve qui fit naître dans mon esprit les doutes les plus sérieux et en apparence les plus légitimes, puisque, trèssemblable à la larve de la Melandrya, elle différait visiblement de cellesdes Dircæa lævigata et Revelierii qui, indépendamment d’autres caractères distinctifs, ont le dernier segment terminé par deux crochets, M. Mayet, à qui j’exprimai mes doutes, m’assura qu’il n’y avait pas d’erreur dans sa détermination, et il me le démontra quelque temps après, en m’envoyarit des fragments de bois de Saule dans lesquels se trouvaient des larves semblables, des nymphes et même une Dircæa à l’état parfait.

LAnyES DE COLÉOPTÈRES

Je laisse à mon obligeant collègue le soin de publier l’histoire des métamorphoses de cet insecte et je me borne à dire que sa larve ressemble à celle de la Melandrya caraboides, y compris son dernier segment inerme et les aspérités des ampoules ambulatoires. Elle n’en diffère guère que par le mamelon anal et par une plaque mate et- comme veloutée qui couvre les deux tiers postérieurs du prothorax, moins les côtés et un sillon médian, plaque qui, vue au microscope, est composée de spinules excessivement fines et extrêmement serrées.

Cette larve, sans offrir précisément des disparates choquants avec celles de Dircœa déjà connues, s’en éloigne cependant assez pour qu’il me fût permis de croire à des différences dans les insectes parfaits. Je me suis donc mis à les étudier comparativement, et cette étude m’a réconcilié entièrement avec la larve de la D. qmdriguttata, en m’apprenant que cette espèce ne doit pas appartenir au même genre que les D. lævigata, Revdierii et livida.

Paykull s’en était aperçu, car pour la quadriguttata il a fait le genre Hypvlus, et pour la lævigata, qui est son buprestoides, le genre Xylita. Pour Paykull, il y a, entre ces deux insectes, des différences dans les palpes, ce qui, du reste, est évident, dans les mâchoires, dans, la lèvre ; j en trouve aussi dans l’écusson et dans le dernier arceau ventral, et enfin M.Mulsant, dans ses Barbipalpes, en signale deux autres :\&D . quadriguttata, en effet, a le mésosternum prolongé à peu près jusqu’à l’extrémité des hanches intermédiaires et le corselet est uni, tandis que dans la lævigala et les deux autres citées plus haut, le mésosternum est à peine proongé jusqu’à la moitié des dites hanches et le corselet a deux fossettes écartées à la base. J’ajouterai, avecJ. Duval, que les cavités colyloïdes antérieures sont aussi très-différentes. On a fait assurément bien des genres sur des caractères différentiels de moindre valeur et moins nombreux.

La découverte de M. Mayet a ce grand intérêt scientifique qu’elle prouve la justesse des appréciations de Paykull et la nécessité de séparer génériquement les espèces précitées. Le genre Hypulus ayant été conservé à l’espèce quercinus, la quadriguttata devra être une Dircœa, la lævigata, la livida, la Revelierii seront des Xylita. C'est avec grand plaisir qu’après m’être prononcé pour ce classement, je l’ai vu adopté par Lacordaire et J. Duval.

Pareil démembrement a été provoqué par la forme des larves dans le genre Hallomenus. La larve de Vhumeralis étant terminée par deux cro-

SERROFALFIDES

chets, et celle d\i flexuosus ayant, au contraire, la forme d’une petite larve de Longicorne, j’avais prédit que ces insectes ne resteraient pas dans le même genre, et en effet, le premier est demeuré Hallomenvs, le second est devenu Carida. Je pourrais citer bien d’autres exemples, comme je pourrais conclure de l’identité des larves que l’on a eu tort de séparer génériquement un certain nombre d’espèces.

Les larves des Mélandryides ou Barbipalpes sont faites pour dérouter un peu les classificateurs de larves, et je reconnais qu’elles n’ont pas toutes cet air de parenté que l’on trouve ordinairement dans ^celles d’un même groupe.

Les unes, en effet, ont une consistance subcoriace, un corps linéaire ou un peu atténué aux deux extrémités, des antennes et des palpes courts, les mâchoires coudées très-sensiblement et à angle droit, avec un lobe large, des pattes munies de soies presque épineuses et se dérobant sous le corps, le dernier segment assez grand, subcorné et terminé par deux crochets (Tetratoma, Hallomenus, Xylita, Phloiotr-ya), pouvant enfin se comparer, pour la forme générale , à des larves de Trogositides , par exemple.

Les autres sont charnues, molles, un peu trapues, quelquefois un peu renflées antérieurement, avec des mamelons ou ampoules ambulatoires, des antennes et des palpes un peu moins courts, des mâchoires moins brusquement coudées et leur lobe plus étroit, des pattes moins solides, étalées, débordant le thorax, un dernier segment petit, arrondi, charnu comme le reste, inerme, sauf une bien faible exception offerte par la larve de Zilora; en un mot, présentant, quand on n’y regarde pas de trop près, la physionomie de larves de Longicornes.

Si maintenant nous rapprochons ces deux formes de larves des familles et des branches établies par Lacordaire et par M. Mulsant, nous trouvons encore quelques disparates. Suivons ce dernier auteur.

Première famille, celle des Tétratomiens : larves de la première forme, avec cette particularité qu’elles sont ornées de bandes noirâtres.

La deuxième famille, celle des Orchésiens, se divise en deux branches ;

Celle des Orchésiaires : larves de la deuxième forme ;

Celle des Halloménaires ; larves de la première forme.

La troisième famille, celle des Serropalpiens, se partage en deux branches :

1° Celle des Dircéaires, qui a deux rameaux ;

Celui des Dryalates : larves de la deuxième forme ,•

Celui des Dircéates (1) : larves de la première forme.

2® Celle des Serropalpaires : larves de la première forme.

La quatrième famille est celle des Mélandryens, contenant les genres Zilora, Hypuhis, Marolia, Dircæa et Melandrya. Les larves sont de la deuxième forme, avec cette légère exception que celle de la Zilora est terminée par deux petites épines.

La cinquième famille est celle des Mycétomiens, et ne comprend que le Mycetoma sulurale. J’ai vu, il y a de cela bien longtemps, chez Léon Dufour, des bolets venus des Pyrénées et farcis de larves qui donnèrent de nombreux individus de cet insecte, et si mes souvenirs sont fidèles, ces larves étaient coriaces et terminées par deux crochets. Elles appartiendraient donc à la première forme.

On ne sait rien de la sixième famille, les Conopalpiens, et de la septième, les Osphyens.

On voit donc, autant que les notions acquises le permettent, que les formes des larves correspondent assez aux divisions secondaires, mais sans suivre le même ordre et, pour ainsi dire, d’une manière capricieuse.

Au surplus, toutes ces larves, qu’on ne sera jamais tenté de confondre avec des larves de Longicornes, se séparent aussi, de prime abord, de celles des Trogositaires ou groupes voisins, par leurs mâchoires franchement coudées qui les reportent dans le voisinage -de la grande division des Ténébrionides. De plus, elles ont pour caractères communs le lobe des mâchoires assez large et plus ou moins obliquement subtronqué, des mandibules assez étroites, bidentées ou bifides à l’extrémité, sauf peutêtre celle de VAnisoxya et cinq ocelles de chaque côté. Ce caractère paraît être le plus constant, mais avec cette particularité que ces organes ne sont pas toujours disposés de la même manière, les deux postérieurs étant tantôt rapprochés entre eux et voisins des précédents, tantôt écartés et éloignés.

Les nymphes présentent, outre les spinules dorsales, deux épines terminales remarquables par leur position verticale. Ces épines néanmoins ne constituent pas un caractère uniforme, car dans les nymphes de Marolia variegata et de Tetratoma Baudueri, qui sont, à la vérité, hérissées de

(1) Il est bien entendu, après ce que j’ai dit plus haut, que j’en sépare la Dircæa t}uadriguttata pour la porter dans les Mélandryens, et que le nom de Dircéates devrait être remplacé par celui de Xylitates.

MORDElimES. - TOMOXIA.

longs poils roussâtres sans la moindre spinule, les épines terminales sont remplacées par deux papilles cylindriques à peine relevées et brusquement terminées par une petite pointe ou crochet.

MORDELLIDES- — LONGIPÈDES Muls.

Toiiioxia biguttata Gyl. — bucephala Costa.

Fig. 342-a51.

LARVE

Long., 10 millim. Corps blanc, charnu, en ellipse allongée, plus bombé en dessus qu’en dessous, revêtu, ainsi que la tête, de poils très-fins, courts, d’un blanc jaunâtre, plus nombreux sur les flancs et le dernier segment. Celui-ci conique, parsemé d’aspérités cornées et faiblement bifide à l’extrémité. Pattes ayant la forme de pseudopodes coniques, articulés.

Tête sensiblement plus étroite que le prothorax, inclinée en bas si on la regarde verticalement en dessus, ovoïde si on l’observe de face, lisse, convexe surtout sur le vertex, d’un roussâtre pâle avec le bord antérieur roux, marquée d’un sillon médian qui, partant du vertex, aboutit à une fossette frontale peu prononcée. Bord antérieur faiblement échancré au milieu, profondément sur les côtés pour loger les antennes.

Épistome assez grand, trapézoïdal, deux fois environ aussi large que long, à bord antérieur légèrement concave.

Labre plus que semi-elliptique, marqué de fossettes et cilié de soies roussâtres.

Mandibules fortes, ferrugineuses dans leur moitié basilaire, puis noires et luisantes jusqu’à l’extrémité qui est taillée en biseau.

Mâchoires un peu velues, assez fortes, visiblement coudées, descendant jusqu’à la base de la tête ; lobe un peu conique, muni intérieurement de cils roussâtres spinuliformes et dépassant le second article des palpes maxillaires.

Palpes maxillaires coniques, courts et cependant pouvant déborder la tête, droits, de trois articles dont le premier pluscourtque les deux autres qui sont égaux.

Lèvre inférieure charnue, épaisse, insérée fort en arrière, arrondie l’extrémité qui atteint à peine la base des lobes maxillaires.

Palpes labiaux courts, implantés un peu au-dessous du sommet de la lèvre, paraissant de trois articles qu’un examen bien attentif réduit à deux.

Antennes coniques, placées contre la face externe des mandibules, composées de quatre articles, le premier sensiblement plus grand que les autres qui sont égaux en longueur, le troisième surmonté de petits poils, et le quatrième très-grêle, souvent caché dans le précédent. Tous ces organes de couleur roussâtre très-claire.

Ocelles consistant en un tubercule lisse situé sur chaque joue, tout à fait sur le bord antérieur de la tête, un peu en dessous de l’antenne et vis-àvis le milieu de la mandibule ; sur ce tubercule on aperçoit le plus souvent trois points noirs très-rapprochés en ligne transversale.

Prothorax aussi grand que les deux segments suivants réunis, non plissé sur le dos, mais très- finement striolé en travers, marqué postérieurement d’un court sillon à droite et à gauche duquel se trouvent trois tubercules disposés en triangle et constituant des aspérités roussâtres et subcornées. En dehors de ces tubercules, placés sur une portion un peu tuméfiée du prothorax, on remarque quelquefois un petit trait roussâtre produit par une toute petite crête cornée.

Mésothorax et métathorax marqués en dessus de quelques plis assez profonds, obliques ou longitudinalement arqués, et munis latéralement d’un petit bourrelet qu’on observe aussi sur le prothorax.

Abdomen de neuf segments, les huit premiers plus grands que le dernier segment thoracique et plissés aussi ; trois de ces plis limitant, sur le milieu dii dos, un espace transversal au centre duquel se trouve une sorte d’ampoule rétractile, et deux autres dessinant sur les côtés un bourrelet bien prononcé ; ces mêmes segments ayant en dessous des soies courtes et nombreuses dirigées en arrière et couverts en partie, sur la face dorsale, de spinules très-serrées et extrêmement petites, visibles seulement au microscope. Dernier segment semi-corné, conique, parsemé d’aspérités piligères d’abord très-petites et de la couleur du corps, puis de plus en plus grandes, cornées, dentiformes et ferrugineuses ; terminé par un court appendice droit, ferrugineux, corné, paraissant tronqué, mais en réalité étroitement bifide. Dessous de ce segment occupé, depuis la base jusque vers les deux tiers de sa longueur et sur un espace semi- elliptique longitudinal, par un gros mamelon plissé et rétractile au centre duquel est l’anus.

MORDELLIDES.

TOMOXIA.

Stigmates au nombre de neuf paires, la première près du bord antérieur du mésolhorax, plus grande et située plus bas que les suivantes qui s’ouvrent au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes différentes de celles de toutes les larves qui précèdent, et semblables plutôt à celles des Tropideres , très-courtes , coniques , droites, charnues, me paraissant composées de cinq pièces, la basilaire consistant en une hanche épaisse, hérissée de poils antérieurement, les trois suivantes un peu inégales, tenant lieu de trochanter, de cuisse et de tibia, la première munie d’un poil antérieurement, la troisième de longs poils à l’extrémité ; la cinquième extrêmement petite, terminée par deux ou trois poils et remplaçant l’ongle.

J’ai trouvé cette larve au mois de mai dans le bois ramolli par le temps de vieux échalas de Châtaignier; je l’ai observée aussi en grande abonbondance dans la souche d’un vieux Marronnier abattu depuis deux ans et déjà en voie de décomposition. Elle creuse une galerie longitudinale cylindrique dans laquelle elle se tient droite, avec la partie postérieure un peu inclinée ; mais si on l’en retire, elle se courbe plus ou moins et prend même l’attitude des larves de Charansonides. Ses pattes, les aspérités du prothorax, les bourrelets latéraux, les plis des segments, les soies ventrales, les spinules dorsales et enlin les aspérités et l’épine terminale du dernier segment sont de puissants auxiliaires pour l’aider à prendre des points d’appui ét à cheminer dans sa galerie, et là ses mouvements sont assez faciles ; mais à l’air libre elle est presque incapable de se mouvoir. Elle se nourrit du bois lui-même, et ses déjections abondantes encombrent la galerie dont elle a consommé les déblais. Après avoir plongé dans les profondeurs du bois, elle remonte ou se dirige obliquement vers les couches voisines de la surface, s’y pratique une cellule et y subit sa métamorphose.

NYMPHE

Front parsemé de spinules droites et coniques, sauf le milieu qui est occupé par un sillon ; prothorax muni de spinules semblables sur les bords latéraux et postérieur et sur la moitié postérieure du disque, sauf le milieu, On voit de pareilles spinules, inclinées en arrière, sur le bord postérieur et dorsal des segments abdominaux, ainsi que sur les côtés où elles forment un petit groupe bien saillant. Pygidium et hypopygidium pourvus de spinules sur leurs bords, et le premier en outre sur le dos; dernier

segment terminé par deux appendices coniques, assez courts et très-divergents. Grâce aux spinules dont j’ai parlé et à la mobilité de son abdomen, cette nymphe pirouette sur elle-même avec une grande facilité.

Les larves connues de la tribu des Mordellides, Longipèdes de M. Mulsant, sont les suivantes :

MordeZia acîtZeaïa L., Erichson, Wiegra. Arch. 1842, p. 372. Je l’ai observée dans des branches mortes de Châiaignier et de Chêne.— M. fasciata F,, Dufour, Ann. Sc. natur., 1840, p. 225. Dufour l’avait rencontrée dans des souches de Peuplier ; je l’y ai recueillie également, ainsi que dans des souches de Saule; M. Goureau l’a trouvée dans du bois de Chêne en décomposition (Soc. Ent. 1842, p. 181). Les descriptions de la larve et de la nymphe ont été reproduites par M. Mulsant, Longipèdes, p. 43. — M. Gacognii Muus., Mulsant, Longipèdes, p. 33. Ces larves, qui me sont connues, ressemblent entièrement à celle delà Tomoxia; elles ne m’ont paru en différer qu’en ce que les aspérités du prothorax sont nulles ou oblitérées, que le dernier segment a moins d’aspérités et que la pointe qui le termine est plus grêle et non bifide, et encore ces différences ne s’appliquent-elles pas à la larve de la M. Gacognii.

MordeUistena pusilla Redt. , que M. M ulsant rapporte avec doute à Vinæqualis, et M. Émery à la parvula, Schelling, Beitr. zur Entom, 1829, p. 96, Vallot., Mém. de l’Acad. de Dijon, 1823, p. 30, et Frauenfeld, Soc. Zool. et Bot. de Vienne, 1863.

Voici les signalements d’autres espèces.

Hordelllsteua micans Germ., — grisca Muls., ex Emery.

Fig. 352-356.

LARVE

Long. 8 millim. Semblable à celles des Mordella. mais facile pourtant à distinguer par son corps de couleur jaunâtre, moins trapu, plus grêle, linéaire, plus raide, plus ferme, moins subcylindrique à cause de l’aplatissement de la région ventrale, par la tache rousse du dernier segment, par la corne apicale un peu plus courte et plus profondément bifide, par les pattes plus courtes et paraissant à peine biarticulées et enfin parle

MORDEELIDES. — MORDELLISTENA 329

nombre des ocelles qui est de deux bien dictincts de chaque côté, sans compter d’autres caractères moins apparents.

Tête bombée, presque verticale.

Êpistome et labre comme dans la larve du Tomoxia.

Mandibules de même, mais, vues de côté, non obliquement tronquées au sommet, plus régulièrement triangulaires et pointues.

Mâchoires^ lèvre, palpes et antennes de même, seulement les palpes et surtout les antennes sont peut-être encore plus courts relativement, et dans les palpes maxillaires le premier article m’a paru extrêmement court et les deux autres égaux entre eux.

Prothorax roussâtre antérieurement sur une bande transversale qui, à une forte loupe, semble très-finement chagrinée, mais qui en réalité est couverte de soies spinuliformes extrêmement courtes et excessivement serrées, visibles seulement au microscope.

Mésothorax et métalhorax marqués d’un pli semi-circulaire dont les extrémités s’appuient au bord antérieur et circonscrivent un espace convexe, lisse et un peu dilatable; le reste de leur surface, ainsi qu’un mamelon latéral couvert de soies spinuliformes comme celles dont j’ai déjà parlé.

Abdomen de neuf segments, les sept premiers pourvus sur chaque côté d’une forte ampoule velue, subconique, dilatable, marquée de deux plis obliques et contribuant à rendre très tranchée la séparation des segments ; au-dessus de cette ampoule, du côté du dos, des fossettes dont une plus apparente, indiquant les points où, à la volonté de la larve, peut s’opérer une dilatation ; ces segments couverts de soies spinuliformes microscopiques, plus visibles près du bord antérieur, sur les ampoules et sur la face ventrale qui est en outre munie de poils courts et raides, dirigés en arrière. Huitième segment visiblement plus court que les autres, avec les ampoules latérales bien moins saillantes. Dernier segment subconique, de couleur rousse et de consistance presque cornée sur un espace postéro-dorsal presque circulaire, parsemé en dessus et sur les côtes, avec un espace plus ou moins libre, d’aspérités piligères d’autant plus grandes, plus cornées et plus foncées qu’on s’approche plus de l’extrémité, et terminé par un appendice court, corné, ferrugineux et nettement bifide.

Mamelon anal semi discoïdal, ne s’appuyant pas à la base du segment et ne dépassant pas la moitié de sa longueur ; marqué d’un pli médian profond.

Stigmates comme dans la larve de Tomoxia.

Pattes ainsi qu’il a été dit plus haut.

Celte larve vit communément dans les tiges de VArtefnisia vnlgaris, et d’après M. Mulsant dans celles de VEtiphorbia Gerardiana. Il y en a quelquefois un grand nombre dans une même tige qu’elles sillonnent de galeries longitudinales et parallèles dont elles consomment les matériaux et qu’elles laissent derrière elles encombrées de déjections. Aux approches de la métamorphose, elles élargissent un peu la galerie enferme, déniché, ou même pratiquent une cellule spéciale et oblique se rapprochant de l’extérieur.

NYMPHE

Elle présente les caractères suivants ; sur le front et sur le vertex des poils courts et fins portés sur de très-petits tubercules, des poils semblables, mais sans tubercules apparents, sur le prothorax, épars sauf à chaque angle postérieur oü ils forment une petite touffe ; les six premiers segments de l’abdomen ayant de chaque côté et sur le bourrelet qui sépare le ventre du dos, une touffe de poils un peu plus épais, roussâtres et un peu arqués en arrière, et sur le dos, à droite et à gauche d’un sillon médian, un mamelon surmonté de deux ou trois poils ; septième segment (celui quiporte le pygidium) et huitième dépourvus de mamelons dorsaux, mais ayant quelques poils roussâtres sur les côtés et sur le pygidium ; dernier segment assez velu et terminé par deux pointes blanches et charnues, à sommet roussâtre et subcoiné, coniques, droites, relevées, entre lesquelles vient s’appuyer la pointe du pygidium.

Cette nymphe est assez vive, et grâce aux poils dorsaux et aux deux papilles terminales, elle exécute assez prestement des mouvements de rotation sur elle-même.

iriordellistcna iiiæqualis Muls. {Var. parviilæ ex Emery).

Fig. 357.

LARVE

Larve entièrement semblable à la précédente, dont elle ne diffère que par la taille un peu plus petite, les denlicules cornées et dorsales du dernier segment moins nombreuses, mais plus fortes, l’espace elliptique pos-

HORDELLIDES. - MORDEILISTENA

téro-dorsal beaucoup plus nettement dépourvu de toute aspérité, les côtés simplement velus et les pointes terminales un petit peu plus arquées en dehors.

La nymphe se distinguerait uniquement par les pointes terminales qui sont un peu crochues.

Je l’ai trouvée dans les tiges de Daucus carotta, d’Eupatorùim cannabinuw, à'Echium vulgare, de Cannabis sativa, de Cichorium intybiis, de Picris hieracioides , de Solidago virga aurea,de Cirsium arvense,d’Ononis spinosa, d'AchiUæa millefolium, d’Origanum vulgare.

Iffordellisfena nana Mots.

LARVK

Semblable à la précédente, mais plus petite ; dernier segment sans espace corné ; aspérités de ce segment très-petites ; pointes terminales droites et parallèles.

Elle vil souvent isolée dans les xigesdeV Artemisia camp es tris. La ponte a lieu vers le haut de la tige, et la larve ronge, en descendant, la partie centrale. La métamorphose a lieu près de la racine à la fin de juin et dans le courant du mois de juillet.

lYIurflcllieten» eplsterna1t«i Müls. — Morclcllistcna lii'cvicauda Bon. — sulttruncata Murs.

llordclliKteiia troglodytes Mann. — parvula Gyl. ex Em.

LARVES

Les larves de ces trois espèces ont la forme des précédentes, mais, ne les ayant plus sous les yeux, je ne puis signaler leurs caractères différentiels. Je me borne à dire que la première vit dans les tiges de la Centaure a nigra, la seconde dans celles de VEuphorbia par alias, la troisième dans celles de VOriganum vulgare.

ff ordellistena (Jflordella) pumila Gyl.

Fig. 358-361.

LARVE

Voici une larve qui constitue une exception à cette règle dont les arti-

LARVES DE COLÉOPTÈRES des précédents et ceux qui suivent fournissent la justification, que les larves d’un même genre sont semblables et même souvent presque identiques. La première fois que l’ai rencontrée j’ai cru voir une larve de Cephus, mais j’ai dû bien vite renoncer à, cette idée. Je me demandai plus tard si elle ne serait pas d’une Agapanthia ou d’un genre voisin ; cette opinion ne résistait pas à un sérieux examen des organes. Ceux-ci me reportaient toujours à la famille des Mordellides, mais il existait par ailleurs de telles différences avec les autres larves de cette famille qui m’étaient connues, que je ne savais trop à quoi m’arrêter, et je me persuadais que j’en obtiendrais un insecte du même groupe, mais d’un genre particulier. La solution de cette question était dans l’éducation de la larve. M. Revelière, de qui je l’avais reçue après l’avoir trouvée moi-même, et que j’avais initié âmes préoccupations, voulut bien essayer de l’élever; cette tentative demeura sans succès. J’écbouai moi-même ici, mais en 1872, ayant constaté que ladite larve se trouvait assez habituellement dans les tiges du Dianthns armeria, je fis à l’automne assez bonne provision de pieds de cette plante, et je les laissai dehors jusqu’au commencement de juin, sachant par expérience que les larves de Mordellides, comme bien d’autres, du reste, mais plus que beaucoup d’autres, avortent si les substances dont elles vivent se dessèchent. Le mois de juin venu, j’enfermai mes plantes dans des boîtes et dans des bocaux, et vers la fin de juillet je vis apparaître quelques insectes noirs qui avaient tout à fait l’air de Mordellistena. Je fus un peu déçu, mais pourtant l’espoir d’une bonne trouvaille ne m’abandonna pas, et je me hâtai de m’emparer des insectes éclos et de les étudier. J’eus beau les tourner dans tous les sens en les soumettant aux plus forts grossissements, il me fut impossible d’y voir autre chose que la vulgaire Mordellistena inscrite en tête de cet article. Était-ce bien là le représentant de cette larve qui m’avait tant intrigué et dont j’attendais autre chose ? 11 n’a plus été possible d’en douter après la naissance, en août et même en septembre, ainsi que dans les années suivantes, d’un assez grand nombre d’individus de cet insecte et de celui-là seul.

La larve dont il s’agit appartient donc à la M. pumila. Les différences qu’elle présente avec ses congénères sont, à première vue, très-tranchées, mais, au fond, elles ne portent pas une bien sérieuse atteinte à la règle générale, car cette larve reproduit ce qui caractérise spécialement celles de Tomoxia, Mordella et Mordellistena. Comme dans ces larves, en effet, le corps est charnu, la tôle est libre, les pattes sont charnues, coniques, velues et dépourvues d'ongle ; le dernier segment est terminé par un

MORDELllDES. — MOKDELLISTEK A 3H3

appendice corné et peu profondément bifide. Elle se rapproche des larves de Tornoxia et de Mor délia par ses mandibules obliquement tronquées au sommet, quand on les observe de côté, et non pointues, par ses ocelles au nombre de deux seulement, c’est-à-dire un au bord antérieur de chaque joue, marqué d’un point noir et presque aussi gros que les deux à peu près contigus que présentent sur ce point les autres larves à&Mordellütena{{)] enfin par les pattes qui, au lieu d’être courtes et bi-articulées comme chez ces dernières, ou de trois articles, si on considère comme une hanche le mamelon basilaire, sont assez longues et ont un article de plus. Elle s’assimile aux autres larves de Mordellistena par la brièveté des antennes qui sont presque entièrement rétractiles, et elle a de commun avec les unes et les autres les mâchoires, la lèvre inférieure et les palpes.

Les dissemblances, qui affectent plutôt l’aspect général que les détails organiques, senties suivantes :

Le corps, moins ferme et plus cylindrique que celui des autres larves de Mordellistena qui me sont connues, est habituellement un peu courbé en arc, et il l’est sensiblement lorsque la larve est libre ; les côtés de l’abdomen sont parcourus par un bourrelet visible mais étroit, bien moins sensible que dans les larves précédentes et dépourvu de cils spinuliformes ; sur le dos des six premiers segments abdominaux surgit une ampoule ambulatoire très-saillante, peu rétractile, bilobée par une dépression médiane, munie de petits poils et couverte de cils spinuliformes microscopiques très-denses; en arrière de l’ampoule la face dorsale du segment est revêtue de cils semblables; le septième et le huitième segment ont, au lieu d’ampoule, une touffe transversale de longs poils dirigés en arrière. Le dernier segment, vu en dessus, a la même forme que celui des autres larves de Mordellistena, et il est terminé de même par un appendice corné et bifide au sommet, mais ce segment, plus velu, est blanc et charnu au lieu d’être roux et presque corné, il est dépourvu d’aspérités piligères et et il présente seulement, vers Ig tiers postérieur, deux petites épines inclinées en arrière et assez rapprochées. Ce même segment, vu de côté, n’a pas une forme à peu près régulièrement conique, il est épais, à section trapézo’idale et parcouru par un pli profond longitudinal qui postérieurement le coupe en deux lobes. En dessus il est conformé à peu près comme

(1) Fréquemment cependant on remarque que l’ocelle de chaque joue paraît double et comme formé de deux ocelles elliptiques accolés. Je suis porté à croire que c’est là la structure normale et qu’il y a en réalité quatre ocelles soudés deux à deux.

LARVES DE COLÉOPTÈRES dans les larves précédentes de Mordelliste^ia. Quant à l’appendice corné terminal vu de côté, au lieu d’être conique, il est comme tubuleux, mais plus ou moins obliquement tronqué ou échancré. Le dessous du corps est dépourvu de cils spinuliformes microscopiques, il est parsemé, comme le bourrelet latéral, de poils fins et raides différents de ceux qui constituent la villosité du corps.

L’attitude de cette larve, la forme et les deux épines dorsales de son dernier segment, mais surtout les singulières ampoules ambulatoires des six premiers segments abdominaux la distinguent de prime abord des autres larves de la famille, et ce qu’il y a de remarquable sans être sur • prenant, c’est que sa conformation concorde avec un genre de vie spécial. J’ai dit que cette conformation rappelle celle des larves d’Agapanthia et de certains Ceplius. et précisément comme ces larves elle vit dans des liges plus ou moins fistuleuses. M. Revelière l’a trouvée en Corse dans l’Asphodeliis micro car pus, la Ccnlaurea calcitrapa et une Psoralea qui doit être la plumosa; je l’ai vue dans des tiges d'Euphorbia characias qui m’ont été envoyées par M. Valéry Mayet, et je l’ai rencontrée ici dans le Picrishicracioides, la Saponaria officinalis, les Scabio;a succisa et columbaria, VÉuphorbia amygdaloides, le Dianthiis armeria,\a. C kir onia centauriiim, le Lycopiis Europæiis et la Chlora perfoliala.

Ainsi, sa structure, comme celle des larves que je viens de citer, exige que sa galerie soit plus large que son corps, et précisément à cause de cette structure, car tout s’enchaîne, la femelle, comme pour économiser du travail à la larve et lui assurer, dès le début, des conditions favorables, pond sur des plantes qui ont une galerie centrale naturelle plus ou moins étendue.

Les ressemblances de cette larve avec les larves d’ Agapanlhia ont pour conséquence d’autres ressemblances dans les mœurs. Ainsi, contrairement à ce qui s’observe pour d’autres larves de Mordellistena, elle vit toujours seule dans une tige. Ses congénères, plus raides et non mamelonnées, sont habituellement étroitement emboîtées dans leur galerie encombrée de déjections et de détritus, où elles ne cheminent qu’avec beaucoup de lenteur; elle, au contraire, se meut dans une galerie relativement large et libre dans une assez grande partie de sa longueur ; elle la parcourt, soit en montant soit en descendant, avec une assez grande agilité, grâce à la souplesse de son corps et à ses mamelons dorsaux.

La ponte a lieu vers le haut de la tige, la larve pénètre, dès sa naissance, dans le canal médullaire et elle rouge en descendant jusqu’au collet de

MORDEILIDES. — MORDEILISTENA. - ANASPIS 335

la racine où elle arrive adulle ou à peu près. Elle s'installe en ce poùit, y pratique une assez large cellule et y passe l’hiver; c’est là aussi qu’habituellement elle accomplit ses métamorphoses.

Je n’ai pas vu la nymphe.

Iflordcllisfcua Pcrrisii Muls.

LAKVE

Elle ressemble 'i celle de la li. pimüa. Elle a comme elle, sur chaque joue, un ocelle noir unique paraissant parfois formé de deux ocelles accolés, les ampoules si remarquables de la face dorsale des six premiers segments abdominaux, le dernier segment conformé de même, non corné et dépourvu d'aspérités, les pattes de quatre articles. Elle diffère par la taille beaucoup plus petite et par l’absence des deux petites épines au tiers postérieur du dernier segment. L’appendice corné terminal, vu de côté, est conique et pointu et non tubuleux et tronqué.

Cette larve se développe dans la tige en partie fistuleuse de la Jasione montana où elle est toujours seule. Ses habitudes et ses manoeuvres sont celles de la larve de la H. pumila. L’insecte parfait éclôt en juin et juillet.

Aiiasplü (Jflordclla) flava L.

Fig. 3G2-S70.

LARVE

Long. 6 millim. Hexapode, d’un joli blanc, avec la tête roussâtre, charnue, très-peu coriace, assez convexe en dessus, un peu moins en dessous, visiblement mais modérément pourtant plus étroite en avant et en arrière qu’au milieu, hérissée de poils blanchâtres assez longs mais clair-semés. Dernier segment terminé par deux crochets tuberculés extérieurement.

Tête- déprimée, roussâtre, un peu plus large que longue, marquée sur le haut du front d’un trait en fer à cheval et de quelques rides transversales très-fines ; bord antérieur sinueux, légèrement échancré vis-à-vis l’épistorae.

Êpistome transversal, surmonté du labre en demi-ellipse transversal, un peu tuméfié et cilié de petites soies roussâtres.

Mandibules assez courtes, crochues, larges, très- déprimées, lestacées avec le bord interne et l’extrémité d’un noir ferrugineux. Vues en dessus elles sont larges, pointues à l’extrémité, leur tranche interne est un peu sinueuse et vers le tiers postérieur se dilate à angle droit ; observées de profil elles sont très-étroites, leur extrémité est obliquement échancrée, comme bidentée, et de cette échancrure part une fine rainure qui se prolonge sur une partie de la face externe.

Mâchoires libres, coudées, descendant jusqu’aux deux tiers de la face inférieure de la tête, leur lobe très-court, cilié de quelques soies spinuliformes.

Palpes maxillaires assez courts, arqués en dedans, de trois articles égaux.

Menton subelliptique ; lèvre inférieure courte, prolongée au milieu en une petite languette et portant deux palpes labiaux courts, de deux articles égaux et ne dépassant guère les lobes maxillaires.

Antennes assez longues, paraissant peu rétractiles, de quatre articles, les deux premiers à peu près égaux en longueur, le troisième un peu fusiforme, aussi long que les deux précédents réunis et muni de quelques petits poils, le quatrième beaucoup plus court, très-grêle, portant à l’extrémité un long poil et deux ou trois très-courts. Pas d’article supplémentaire.

Sur chaque Joue, en arrière de la base des antennes et vers le milieu de la longueur latérale de la tête, on aperçoit un point noir, noyé dans les tissus sans aucun tubercule ocelliforme au dehors. Je ne puis y voir que des vestiges d’ocelles.

Corps de douze segments, prothorax à peu près de la largeur de la tête, carré ou plus long que large, tandis que les dix segments suivants sont plus ou moins transversaux et marqués de chaque côté d’un pli longitudinal qui dessine un bourrelet latéral. Dernier segment plus étroit que tous les autres et se rétrécissant même un peu d’avant en arrière. Vu en dessus il semble très-profondément échancré, avec les deux pointes de l’échancrure cornées et ferrugineuses, une callosité ferrugineuse et comme tranchante au fond de l’échancrure et une dépression longitudinale qui n’atteint pas le bord antérieur ; si on l’examine de profil> on voit qu’il est terminé par deux crochets assez longs, bien recourbés en haut et dont le tiers apical seul est corné et coloré. Une forte loupe montre sur le côté

MORDËILIDES. — ANASPIS

externe de chacun de ces crochets trois tubercules et quelquefois quatre surmontés d’un long poil. Au bord interne on observe un tubercule plus petit qui, sur quelques rares individus, se dilate en une dent triangulaire assez forte. En dessous et sur un espace basilaire à peu près semi-discoïdal, ce segment se dilate en un gros mamelon au milieu duquel on en voit surgir un autre à surface tuberculée et au centre duquel est l’anus. Dessous du corps marqué de plis longitudinaux ou de fossettes indiquant les points où peuvent se produire des dilatations, des boursouflures propres à faciliter les mouvements.

Stigmates peu apparents, blanchâtres, au nombre de neuf paires, la première, un peu plus grande et un -peu plus inférieure, située très-près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers le tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes médiocrement longues, médiocrement robustes, blanches comme le corps, de cinq pièces, y compris un ongle roussàtre et subcorné, hérissées non de soies, mais de quelques poils blanchâtres; cuisses et tibias d’égale longueur.

La larve de VA. flava aime les bois ramollis par le temps et en voie de décomposition où elle creuse lentement, car elle est peu agile et peu active, des galeries irrégulières et sinueuses. Je l’ai trouvée dans de vieux sarments de Vigne qu’avaient habités les larves du Sinoxylon sexdentatum et du Xylopertha sinuata, dans des branches presque pourries de Châtaignier qui avaient nourri diverses larves et qui en recélaient encore, dans des troncs vermoulus de Chêne en compagnie de larves du Rhyncolus punctulatus et de Mycetochares, et jelsuis bien persuadé qu’on la rencontrerait en bien d’autres lieux analogues. Son développement ne paraît exiger que quelques mois, car l’insecte parfait, que j’ai obtenu plus d’une fois en avril, se montre habituellement dans les Landes dès le commencement de mai, La ponte a donc lieu dans ce mois, et la larve est presque adulte quand l’hiver arrive. Les froids l’engourdissent plus ou moins, et au retour de la belle saison elle complète sa nutrition, puis se rapproche de la surface du bois, s’y pratique une loge et se transforme en nymphe.

, NYMPHE

Elle a la forme de l’insecte parfait dont elle présente les diverses parties disposées comme à l’ordinaire. La seule particularité à signaler réside dans les longs poils blanchâtres qui se dressent sur le front, le vertex, le

PER

L4RVES DE COLÉOPTÈRES dos et les bords du prothorax, les genoux et sur toute la surface de l’abdomen, mais moins nombreux en dessous et plus serrés à l’extrémité qui est obtuse et dépourvue de toute papille. Beaucoup de ces poils sont bulbeux à la base.

Anafspis subtestacea Stepb.

LARVE

J’ai observé la larve de cette espèce dans des branches de Châtaignier, dans des sarments de Vigne et des tiges de Lierre mortes depuis environ deux ans. Si je n’avais obtenu l’insecte parfait, il me serait impossible de la distinguer de la larve précédente dont elle a la taille, la forme, la couleur et tous les autres caractères sans la moindre exception. Je me dispenserai donc de donner son signalement et celui de sa nymphe.

Auaspis maculata Fourcr.

J’ai publié dans Annales de la Société entomologique, 1847, p. 29, comme appartenant à cette espèce, une larve que j’avais trouvée, avec l’insecte parfait, dans de vieux sarments de Vigne sauvage. Des observations ultérieures m’apprirent que cette larve était celle du Lissodema lituratum dont j’ai dit plus haut quelques mots. Je n’ai eu ni paix ni trêve que je n’aie découvert la larve véritable ; je l’ai rencontrée et élevée dans la Vigne, le Châtaignier, le Chêne et même la Ronce, et maintenant que je suis sûr de son authenticité, je puis dire que celte larve et sa nymphe reS' semblent tellement, à la taille près qui est naturellement un peu plus petite, à celles de l’i. flava, que je ne pourrais en rien dire sans me répéter,

Anaspis niclanostoina Costa. — monilicornis Muis.

J’ai suivi les métamorphoses de cette larve, que j’ai trouvée dans une souche de marronnier en voie de décomposition. Je me borne à la signaler, car, si je voulais la décrire, ainsi que sa nymphe, il me faudrait reproduire, sans y rien changer, ce que j’ai dit de la larve et de la nymphe de VA. flava.

HORDELLIDES.

SIIARIA

Stlarla varlans Muls.

Gelle-ci vient d’une vieille tige d’Âubépine vermoulue, qui eu contenait plusieurs. Deux ont servi pour l’étude et pour ma collection, et des autres j’ai obtenu deux insectes parfaits. Je ne connais pas la nymphe, mais la larve est, un peu en petit, l’image fidèle de celle de l’A. {lava.

Les Mordellides, à l’état d’insectes parfaits, offrent deux types bien distincts, caractérisés à première vue, l’un, qui constitue la famille des Mordelliens, par le pygidium prolongé en pointe conique et par les crochets des ongles bifides ou pectinés, l’autre, qui forme la famille des Ânaspiens, par le pygidium non prolongé en pointe et par les ongles simples. Les larves de ces deux groupes diffèrent plus encore que les insec* tes parfaits. Ceux-ci, du moins, présentent une certaine ressemblance de physionomie, et il est aisé de voir qu’ils appartiennent au même groupe ; mais il n’en est pas ainsi des larves, et celles des Ânaspiens contrastent tellement avec celles des Mordelliens, qu’on serait tenté de les placer à une grande distance les unes des autres. Ces dernières ont un cachet tout particulier, une structure qui leur est propre ; elles sont trapues, surtout celles des Mordelles, leur tête très-convexe est inclinée, leurs mandibules sont épaisses et robustes, leur dernier segment est conique, plus ou moins couvert d’aspérités, et leurs pattes courtes et dépourvues d’ongles, ressemblent plutôt à des pseudopodes qu’à de véritables pattes ; elles ont deux ou quatre ocelles caractérisés par des tubercules placés très-près de la base des antennes, et en dehors de leurs galeries elles sont presque incapables de se mouvoir. Les premières, au contraire, celles des Anaspiens, sont presque linéaires, sveltes et sinon agiles, du moins d’une locomotion facile à l’air libre. Leur tête est déprimée et non inclinée, leurs mandibules sont larges et très-minces, le dernier segment, subdéprimé et subcanaliculé en dessus, est terminé par deux crochets recourbés ; les pattes ressemblent à celles de beaucoup d’autres larves marcheuses, ce sont de vraies pattes terminées par des ongles, et leur deux ocelles problématiques sont à peine indiqués par deux points noirs d’apparence pigmentaire, situés sensiblement en arrière des antennes. Enfin elles ont, par leur forme générale, leur consistance, leur couleur, de tels rapports avec les larves des Cryptophagus, qu’il faut presque le microscope pour

apprécier les caractères qui les distinguent. Celles-ci en diffèrent par les caractères suivants : le lobe des mâchoires est plus long et plus épineux, les mandibules sont plus épaisses, les palpes sont un peu plus longs et le dernier article des maxillaires est surmonté de tout petits cils ; le troisième article des antennes n’est pas fusiforme et il porte à son extrémité, sous le quatrième, un petit article supplémentaire qui manque aux larves d'Anaspis ; les deux ocelles sont manifestés par deux points noirs assez grands, subconvexes et très -visibles, situés contre la base des antennes ; le mamelon anal fait saillie non à la base du dernier segment, mais plus en arrière ; ce segment n’a pas de callosité au fond de son échancrure, et enfin ses crochets ne présentent pas ces tubercules latéraux que j’ai trouvés dans toutes les larves d’Anaspis, et qui, comme les ocelles et l’absence d’article supplémentaire aux antennes, constituent un caractère facile à apprécier. Ces tubercules sont comme un vestige des aspérités du dernier segment des larves des Mordelliens et le seul trait d’union bien apparent entre ces larves et celles des Anaspiens.

De quoi viventles larves des Mordellides? Aucun doute n’est possible en ce qui concerne les larves des Mor délia; il est évident, en effet, car souvent on ne trouve pas d’autres larves avec elles, qu’elles se nourrissent de substance ligneuse ; mais elles aiment les bois naturellement tendres et d une facile décomposition, tels que ceux du Saule, du Peuplier, du Marronnier, ou si elles attaquent des bois plus durs comme le Chêne elle Châtaignier, elles préfèrent les branches qui ont plus d’aubier que les troncs, et elles attendent que cet aubier soit ramolli parle temps. Comme elles ne sont pas obligées de passer une partie de leur vie sous l’écorce, et que, dès leur naissance, elles plongent dans les couches ligneuses, les femelles pondent aussi bien sur les souches et les branches dépouillées de leur enveloppe corticale que sur celles qui en sont pourvues.

Quant aux larves des Mordellistena, il y a quelque incertitude, car M. Goureau, en parlant (Société entomologique, 1868, Bull., p. cxiii)des larves qui habitent les tiges du Senecio aquaticiis, signale l’une d’elles, appartenant à la Mordellistena subtruncata, comme étant carnassière et dévorant celles du Lixus bicolor et de V Agvomyza cenea qui vivent avec elle. J’ai cru devoir publier dans les mêmes annales (1 869, p. 466) une note par laquelle, sans contredire formellement l’assertion de mon honorable ami, j exprime néanmoins des doutes sur la légitimité de son opinion et je réclame des vérifications nouvelles. Ces vérifications je les ai faites de mon mieux, et je suis de plus en plus porté à croire que les larves de

MORDELLIDES. - SCRAPTIIDES. - SCRAPTIA .‘341

Mordellistena sont phytophages. Les deux premières espèces dont j’ai parlé plus haut vivent ordinairement seules, mais non solitaires, bien s'en faut, dans les tiges de l’Armoisd et de la Carotte, et elles y creusent de longues galeries dont elles consomment évidemment les déblais. Qu’elles respectassent une larve de Curculionide ou de Diptère qui se trouverait sur leur passage, je n’oserais l’affirmer, car j’ai vu des larves lignivores devenir carnassières par occasion, mais ce qu’il y a de certain, c’est que, le plus souvent, elles sont plusieurs dans la même tige et qu’elles s’y développent sans paraître se rechercher et sans se nuire. Du reste, l’ana* logie de conformation entre les larves positivement lignivores de Mordella et les larves de Mordellistena est un motif de plus de croire que les goûts de celles-ci sont conformes aux appétits de celles-là.

En ce qui concerne les larves &' Anaspis, ce dernier raisonnement n’est pas applicable, car on n’a pas oublié qu’elles diffèrent des précédentes par leur structure générale et par plusieurs caractères particuliers. Elles sont conformées comme plusieurs autres larves carnassières ou vidangeuses, et si je considère qu’elles vivent dans les bois vermoulus encore occupés par d’autres larves ou pleins de leurs déjections, je me sens porté à penser qu’elles se nourrissent de ces détritus et qu’elles ne laisseraient pas échapper l’occasion d’un repas plus succulent.

SCRAPTIIDES

Scraptia minuta Mues.

Fig. 371-379.

LARVE

Long. 4 1/2 milliin. Hexapode, d’un blanc à peine jaunâtre, luisante, déprimée, un peu convexe en dessus, plate en dessous, étroite, linéaire, à peine un peu renflée vers le milieu de l’abdomen, assez ferme et subcoriace. Dernier segment très-grand et caduc.

Tête presque carrée, à peine plus large que longue, très -peu arrondie sur les côtés, déprimée, lisse, de la couleur du corps, avec le bord antérieur roux ; celui-ci droit.

Bpistome transversal, labre semi-elliptique, bordé de quelques cils.

Mandibules ferrugineuses avec l’extrémité plus foncée, larges, assez courtes, se joignant sans se croiser, arrondies sur la tranche externe, avec une légère sinuosité un peu en arrière du sommet ; celui-ci acéré et au-dessous, sur la tranche interne, deux petites dents suivies d’une échancrure après laquelle la mandibule s’élargit en s’arrondissant jusqu’à la base. Telle est la forme de la mandibule droite, la gauche en diffère en ce que la dent la plus postérieure manque.

Mâchoires un peu convexes extérieurement, comme coudées intérieurement, munies d’un lobe cylindrique terminé par quelques petits cils spiniforraes un peu crochus en dedans, se prolongeant un peu au delà du second article des palpes maxillaires.

Palpes maxillaires assez courts, ne dépassant pas au repos les mandibules, coniques, un peu arqués en dedans et de trois articles dont le second un peu plus long que le premier et un peu plus court que le troisième.

Menton de deux pièces, la première ou basilaire deux fois et demie plus grande que l’autre, à côtés sinueux, la seconde presque carrée, portant la lèvre inférieure laquelle est courte, transversale, ,'un peu échancrée antérieurement avec un prolongement médian constituant une toute petite languette conique.

Palpes labiaux courts, atteignant le niveau du sommet des lobes maxillaires et de deux articles égaux.

Antennes de quatre articles, le premier court, sensiblement plus large à la base qu’au sommet, le second à peu près de la longueur du précédent, ayant un petit poil de chaque côté, le troisième trois fois au moins aussi long que le second, en ellipsoïde très-peu ventru, muni de quelques petits poils de chaque côté, le quatrième plus court qu’aucun autre, légèrement conique, émoussé à l’extrémité qui porte trois ou quatre soies dont la centrale est longue. Pas d’article supplémentaire apparent.

Ocelles nuis ou invisibles.

Région thoracique un peu plus étroite que l’abdomen, longue et égalant avec la tête au moins les six premiers segments abdominaux. Profftoraa: plus long que large; mésothorax et métathorax d’une longueur égale à la largeur, un peu arrondis latéralement.

Abdomen de neuf segments augmentant un peu en longueur jusqu’au quatrième, puis égaux, plutôt un peu obliques qu’arrondis sur les côtés, de sorte que les intersections ne sont mises en relief que parce que chaque segment déborde un peu la base de celui qui le suit. Huit premiers segments lisses en dessus et en dessous, sans aucun pli visible, mais parais

SCRAPTIIDES. - SCRAPTIA

sant avoir sur les côtés un imperceptible bourrelet. Neuvième ou dernier segment se détachant parfaitement du précédent, ellipsoïde et d’une longueur tout à fait insolite, puisqu’elle égale presque celle des trois segments précédents réunis. A la base ventrale de ce segment, sur lequel je reviendrai plus tard, un mamelon transversal un peu extractile, susceptible de s’appuyer sur le plan de position et que je ne puis considérer que comme la ventouse anale.

Sur les côtés de la tête on aperçoit trois ou quatre petils poils ; il y en a un assez court de chaque côté des segment thoraciques, et sur les côtés des huit premiers segments abdominaux un très-long et un plus court ; le dernier segment est hérissé de poils très- longs, surtout postérieurement* Si à l’aide d’une très-forte loupe on observe la larve dans le sens de la longueur, on constate qu’elle porte tant sur la face dorsale que sur la face ventrale quatre séries de poils assez longs et assez raides, mais très-fins.

Stigmates au nombre de neuf paires et presque visibles en dessus, mais très-difficiles à apercevoir, la première paire près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes longues, débordant de beaucoup le corps, de cinq articles ongle compris,- hérissées de quelques soies principalement sur le côté supérieur.

Cette larve, peu agile du reste, a la faculté de marcher à reculons avec une grande facilité comme les larves des Cisteüdes.

Vers la mi -mai 1871, mon ami et élève M. Émile Gobert, ayant rencontré une colonie populeuse de Lasius fuliginosus établie dans le creux d’un Châtaignier, se mit en devoir de l’explorer. Pendant qu’il en épluchait les débris tamisés sur lesquels couraient effarés de nombreux Staphylinides et où se promenaient Itébræus globosus et le Scydmænus cerastes Saule., il aperçut de petites larves, et comme il sait le prix que j’attache à ces objets, il les mit, à mon intention, dans un tube avec de l’alcool. Lorsque je les examinai, j’y trouvai des larves de Scathopse et d’un autre diptère, probablement la Pkyllomyza flavitavsis que j’ai plusieurs fois trouvée dans les fourmilières, des larves de Staphylinides très-reconnaissables à la forme de leurs antennes et aux appendices de leur dernier segment et enfin d’autres larves qui, à première vue, piquèrent vivement ma curiosité et qui étaient de deux sortes. L’une était celle que je viens de décrire, et ceux qui ont quelque expérience des larves comprendront que j’aie été quelque peu surpris et intrigué par les dimensions de ce dernier segment que je voyais tel pour la première fois. L’autre sorte de

L4RVES DE COLÉOPTÈRES larves ressemblait à celle-ci par tous ses caractères, sauf que le dernier segment, au lieu d’être très -grand et ellipsoïdal, était au contraire trèspetit, moins que semi-discoïdal et même incliné vers le plan de position. M. Gobert fut témoin de ma surprise et de mon désir d’avoir d’autres de ces larves vivantes, d’avoir surtout leur nymphe, et il repartit pour se livrer à de nouvelles recherches. 11 revint portant les débris qu’il avait recueillis. Leur exploration minutieuse nous fit découvrir plusieurs larves de la seconde forme, deux de la première et des larves de VAbrceus globosus, plus un individu du batrisus venustus, le seul qui ait été rencontré dans cette fourmilière. J’étais donc ainsi en possession d’un certain nombre de larves à dernier segment très-grand, dont trois vivantes. Je commençai mon étude par celles-ci et j’en mis une sous le microscope. Pour la contenir et la contraindre à mettre en évidence les organes de la bouche, je posai sur elle une petite et légère plaquette de verre ; mais à peine se fut-elle débattue un moment, que le dernier segment se détacha, et alors elle m’apparut entièrement semblable aux larves de la seconde forme, autant du moins que j’avais pu juger de celles-ci avec la loupe. J’en soumis alors deux au microscope, une morte et une vivante, je les comparai point par point avec celle qui venait de se mutiler sous mes yeux, et il me fut impossible d’y trouver la moindre différence. J’examinai,- à l’aide d’une très-forte loupe, la larve mutilée : le détachement du dernier segment avait laissé une faible cavité au-dessus du segment beaucoup plus petit qui 1 avait remplacé, mais il ne s’était pas opéré le moindre écoulement et une légère pression n’en déterminait pas non plus ; la cavité était parfaitement sèche et comme tapissée d’une membrane. Le segment détaché, examiné à son tour, se montra aussi comme n’ayant reçu aucune blessure, son bord antérieur était très -régulièrement échancré, et en 1 examinant de profil on constatait qu’il était aminci de manière à avoir la forme de la cavité que son ablation avait produite. Je pris alors deux larves à long segment terminal conservées dans l’alcool, et sans presque y mettre d’intention je fis détacher ce segment de l’une d’elles en la couvrant de la petite plaquette de verre, et de l’autre en la frottant tout simplement avec un petit pinceau. Il est résulté pour moi de ces expériences que les deux sortes de larves sont absolument de la même espèce, que le dernier segment qui a, même à l’état vivant, une attache très-peu solide, est caduc et que le petit segment qui reste après la chute de celui qui le recouvrait n’est autre chose que le mamelon anal. Ces mêmes expériences expliquent aussi pourquoi, sur une vingtaine de larves recueillies par

SCRAPTIIDES.

SCRAPTIA

M. Gobert ou par moi, il n’y en avait que six qui eussent conservé leur dernier segment; il est en effet incontestable pour moi que le ballottement, les secousses du tamisage et le choc des matières au milieu desquelles se trouvaient ces larves ont été plus que suffisants pour le faire détacher, et que si quelques-unes l’ont conservé, c’est une bonne fortune sur laquelle il ne faudrait pas compter, à moins d’user de beaucoup de ménagements. Voilà un fait aussi curieux que l’est la larve elle-même, et dont je m’estime heureux d’avoir pu faire la constatation, tout en reconnaissant mon impuissance à expliquer les motifs, à discerner le but d’une pareille bizarrerie.

Mais à quel insecte appartenait cette curieuse larve? Je ne pouvais l’attribuer à un Staphylinide et elle n’était pas non plus celle de XAhræus ijlobosiis sur laquelle j’étais déjà fixé. Restaient donc les Scydmænus cérastes et Perrisii qui cohabitent avec le Lasius fuliginosus et le Batrisus venustüs dont nous avions recueilli un individu. Pour être, jusqu’à un certain point, fixé à cet égard, il aurait fallu une nymphe dont la forme aurait pu me dire celle de l’insecte parfait ; mais les détritus explorés n’en avaient fourni aucune. Je me décidai alors à essayer l’éducation des deux seules larves vivantes qui me restassent et je les installai dans un tube, avec des débris. Quatre jours après l’une était morte et l’autre était devenue nymphe. Ma joie fut bien grande, car je crus le problème résolu, mais j’étais dans l’erreur. L’examen auquel je me livrai me convainquit, en effet, que celte nymphe ne pouvait être de Scydmœmis ou de Batrisus. Tout au plus pouvait-on y voir un semblant à'Eutheia. mais la longueur de son corselet m’interdisait de lui donner ce nom. Sa dernière métamorphose pouvait seule me fixer; malheureusement, comme je l’avais quelque peu tourmentée pour l’étudier et la décrire, elle échoua.

Je songeai alors à mon ami Bauduer. Sachant qu’il avait de fréquentes occasions de rencontrer des nids de Lasius fuliginosus, je lui fis connaître la larve en question et le priai de la rechercher et de l’élever pour obtenir l’insecte parfait. L’obligeance de M. Bauduer ne se démentit pas dans cette occasion, et un jour du mois de juin que j’étais chez lui, il me montra des larves en volière et une nymphe en tout semblable à celle que j’avais observée. Quelques jours après il m’annonçait la naissance d’une Scraptia minuta. Je ne m’attendais pas, je l'avoue, à ce résultat, mais, loin d’être tenté de le contester, je le trouvai, au contraire, parfaitement en rapport avec la forme de la nymphe qui m’aurait conduit, sans doute, à le deviner, si j’avais pu me douter que l’insecte dont il s’agit, qu’oq

n avait jamais signalé comme se trouvant avec des fourmis, vivait en leur société.

Voici, en quelques mots, les caractères distinctifs delà nymphe.

NYMPHE

Les diverses parties de son corps sont disposées comme à l’ordinaire, et elle est hérissée de longs poils blanchâtres et mous sur le vertex, autour du pro thorax, sur le mésothorax et le métathorax, sur la face dorsale et les côtés des segments abdominaux. Un poil semblable existe sur chaque genou. Les segments de l’abdomen, du moins les deux ou trois qu précèdent les derniers, ont aux angles postérieurs un petit tubercule surmonté d’un poil. Le dernier segment se divise en cinq lobes, deux latéraux très-peu saillants et presque tronqués et trois intermédiaires beaucoup plus grands, bien détachés, mammiformes, sauf le médian, qui est bifide à l’extrémité.

M. E. Revelière m’a envoyé de Corse des larves tout à fait semblables, recueillies par lui dans les détritus au pied des Cistes et appartenant probablement à la Scraptia voisine de la minuta, mais formant une espèce nouvelle, qu’il m’a envoyée aussi et qu’il a prise, je crois, en fauchant. J’ignore si les détritus des Cistes étaient habités par une fourmi; la chose est loin d’être impossible. Quoi qu’il en soit, je crois que la larve que j’ai décrite est simplement vidangeuse et que si, comme celle de Revelière peut-être, elle n’est pas essentiellement myrmécophile, elle se nourrit de détritus.

Dans mes Promenades entomologiques de 1874 j’ai cité le fait de deux Scraptia minuta observées à la fin de juin et s’introduisant dans les galeries d’une fourmilière de Lasius fuliginosus établie dans un Chêne creux et vermoulu. Ce fait confirme les habitudes et les relations de cet insecte.

Plusieurs auteurs, et notamment Erichson, ont classé les Scraptia parmi lesMélandryides. Redtenbacher les avait d’abord mises dans les Mordellides, et cette opinion a été adoptée par M. Mulsant (Longipèdes). Lacordaire en a fait le type de ses Scraptiides, formant la 2® tribu des Pédilides, et J. Duvala accepté ce classement. Si d’autres larves de Pédilides étaient connues, je me hasarderais à donner mon avis. Ce que je puis dire seulement, c’est que si la larve de la Scraptia minuta n’a presque pas de

OEDBMÊHIDES. — OEDEMERA 347

points de comparaison avec celles de Mordclla et de Mordellistena, elle offre cependant d’assez nombreux rapports avec celles d’Anaspis dont elle diffère essentiellement' par la forme et la caducité du dernier segment.

ŒDÉMÉRIDES des Auteurs. — ANGUSTIPENNES Muus.

CEdcmcra (üTecydalis) flavipes F.

Fig. 380-386

LARVE

Long. 10-13 millim. Hexapode, charnue, blanche ou d’un blanc légèrement jaunâtre, peu ou point renflée antérieurement, cylindrique, sauf qu’elle est un peu atténuée postérieurement, parsemée de poils fins de diverses longueurs, ceux de l’abdomen inclinés en arrière et disposés en verticille autour de chaque segment.

Tête subcornée, roussâtre, presque carrée, un peu plus large que longue si l’on s’arrête au bord antérieur, très-peu convexe, marquée sur le front d’une dépression ovale qui se prolonge jusqu’au vertex en un sillon assez profond ; fort peu arrondie sur les côtés. Bord antérieur un peu sinueux, de même consistance que le reste, avec une petite tache noirâtre contre la base de chaque mandibule.

Épistome avancé, trapézoïdal, à bords latéraux obliques et conséquemment plus large en arrière qu’en avant.

Labre étroit, plus que semi-discoïdal, cilié de petits pbils raides.

Mandibules, vues en dessus, très-larges à la base jusque vers le milieu de leur longueur, puis largement et profondément échancrées en dedans, acuminées à l’extrémité au-dessous de laquelle on voit deux petites dents ; vues de côté, assez longues, sub triangulaires , avec la tranche inférieure légèrement concave, terminées par trois dents dont l'intermédiaire est la plus saillante, lisses, ferrugineuses avec les bords noirâtres jusqu’au delà du milieu, noires ensuite jusqu’au bout.

Mâchoires assez fortes, médiocrement coudées, leur lobe déprimé, large, obliquement arrondi au sommet qui est cilié ou plutôt pecliné de soies roussâlres et dépasse un peu le premier article des palpes maxillaires-

Palpes maxillaires grêles, de trois articles dont les deux premiers d’égale longueur et le troisième plus court.

Menton presque en losange, lèvre inférieure prolongée en une trèscourte languette arrondie.

Palpes labiaux de deux articles, dont le premier deux fois plus long que le second qui affleure l’extrémité du lobe maxillaire.

Tous ces organes très-mobiles et roussâtres.

Antennes de même couleur, mobiles aussi et de quatre articles, le premier assez gros, un peu plus large à la base qu’au sommet, le second presque cylindrique, une fois et demie au moins aussi long que le précédent dans lequel il peut rentrer en partie et portant deux petits poils latéraux ; le troisième une fois et demie aussi long que le second, un peu plus large à l’extrémité qu’à la base, avec trois poils de chaque côté; le quatrième grêle, beaucoup plus court, cylindrique, terminé par une longue soie et au moins trois bien plus petites, accompagné d’un article supplémentaire visible surtout quand on regarde la larve de profil, et qui est effilé avec la base un peu renflée, et plus long que son voisin.

Sur les joues, très-près de la base des antennes et en suivant le bord antérieur de la tête, on aperçoit deux ocelles convexes, ordinairement tachés de noir, écartés et situés l’un presque vis-à-vis l’axe de l’antenne, l’autre, un peu plus gros et plus convexe, au-dessus de la base de l’antenne, dans un angle formé par une sinuosité du bord antérieur.

Prothorax aussi grand que la tête Jusqu’au bord antérieur de celle-ci, un peu plus large que long, un peu anguleusement arrondi au bord postérieur, lisse, nuancé de roussâtre et paraissant avoir une consistance un peu plus ferme que le reste du corps,] mésothorax et métathorax lisses aussi, plus courts mais pas moins larges. Ces trois segments ont des poils roussâtres disposés en verticille sur les deux derniers, et formant sur le dos du premier deux séries voisines l’une de la base, l’autre du sommet et se réunissant sur les côtés.

Abdomen de neuf segments, un peu plus étroits que le métathorax et se rétrécissant un peu plus à partir du septième segment. Les huit premiers segments ayant une sorte d’ampoule contractile sur chaque côté, un verticille de soies inclinées en arrière un peu après le milieu de leur longueur et de très-petits poils raides, épars en avant de ce verticille. Neuvième segment plus court que les autres, muni de soies et de poils semblables, mais plus petits, très-arrondi postérieurement et suivi d’un faux petit segment qui n’est autre chose qu’un mamelon anal incliné sur 1 plan de position, à bord postérieur presque ogival et cilié d’assez longues soies roussâtres. Ce mamelon, vu en dessous, est comme fendu en travers, et

OEDÉMÉRIDES. - OEDEMERA 349

dans cette fente se trouve l’anus. Dessous du corps lisse comme le dessus, non visiblement déprimé à la partie sternale.

Stigmates elliptiques, au nombre de neuf paires, la première, plus grande et plus inférieure que les autres, près de l’insertion des premières pattes, sur un petit espace triangulaire qui a l’air de dépendre du prothorax, les autres un peu après le tiers des huit premiers segments abdominaux.

Pattes assez longues et assez robustes, hérissées de quelques soies et composées de cinq pièces, savoir : une hanche très-saillante en dessous, un trochanter, une cuisse grossissant de la base à l’extrémité, un tibia un peu plus court que la cuisse et atténué de la base au sommet et enfin un ongle subulé, corné, à extrémité ferrugineuse. Vu leur longueur et leur écartetement à leur insertion, ces pattes débordent de beaucoup le corps.

J’ai trouvé plus d’une fois cette larve dans des branches de Châtaignier mortes depuis assez longtemps pour que le bois fût devenu mou et comme spongieux. Elle y creuse pour vivre une galerie plus ou moins sinueuse qu’elle laisse derrière elle encombrée d’excréments granuleux. Elle se transforme dans une loge voisine de la surface du bois.

NYMPHE

Elle se distingue par les caractères suivants : des poils roux nombreux sur le front, en série transversale près du bord antérieur du prothorax, en groupe assez étendu près de chaque angle postérieur, en groupe trèsclair sur le mésothorax et le métathorax, en bande assez touffue sur le dos des segments de l’abdomen, presque en touffe sur les genoux, peu nombreux sur la face ventrale. Tous ces poils portent sur un petit tubercule subconique, charnu et glanduliforme, visible à une forte loupe et surtout au microscope. Le dernier segment, parsemé de poils semblables, porte en dessus à son extrémité, comme la nymphe du Phloiotrya, deux épines blanches, avec l’extrémité cornée et noirâtre, verticales et à peine diver gentes, et en dessous deux papilles épaisses, charnues et obtuses.

Les larves connues d’CEdémérides se rapportent aux espèces suivantes :

Calopus serraticornis h. qui forme avec les Sparedrus une branche, celle des Calopaires, et dont la larve, brièvement décrite par Gyllenhal. (Act. Upsal,, t. Vf et Ins. suec., t. II, p, 513) et mentionnée par Erichson,

constitue déjà une division spéciale, puisqu’elle est, jusqu’ici, la seule dont le dernier segment soit armé de deux petites cornes recourbées.

mtylus lævis F. Kolenati, Bull. Soc. impér. des natur. de Moscou, 1847, p. 137. Description très -étendue et sans doute complète, reproduite par M. Mulsant.

Nacerdes maritima Coq., Coqüerel, Soc. Eut. 1848, p. 177. — iV. hyturoidesTnvm., Perris, Soc. Ent. 1857, p. 392, sous le nom de mêlanura, etHERKLOTS, Tydschr. Nederl. ent. ver. 1861, p. 171, sous le nom d’Anoncodes melanura. J’ai donné à cette larve deux vestiges d’ocelles de chaque côté; vérification faite je ne trouve aucune trace de ces organes, et je n’en vois pas non plus à celle de la Nacerdes maritima dont je possède deux exemplaires. Ces vestiges n’étaient peut être que pigmentaires, et il est possible que l’alcool les ait décolorés.

Anoncodes amæna Schmt., Bispar. Due., Dufour, Soc. Ent. 1841, p. 5. La description et la figure donnent à tort trois articles aux palpes labiaux qui n’en ont que deux. Deux nymphes de VA. ruficollis ont été trouvées par M. Franz. Loew dans le bois d’un vieux baquet pourri (Abeille, 1869, p. 98).

Asclera cœrulea L., Heeger, Sitzber, Wien. Acad. Wiss. 1853, p. 932.

Xanthochroa carniolica Gistl., Perris, Soc. Ent. 1857, p. 387.

Chrysanthia viridissimah. , Westwood, Intr., t. I, p. 305.

Je crois devoir profiter de l’occasion pour faire connaître trois autres larves de ce groupe.

Cüdeiiiera (Canttiaris) vireacens L.

larve

Cette larve, longue de 10 à 14 millim., est facile à distinguer de celle d’ÛB. flavipes, non par ses organes, mais par sa couleur. Relativement aux organes, je ne vois, en y regardant bien et en me montrant fort scrupuleux, que deux petites différences. J’ai dit que les mandibules, vues de côté, se montrent terminées par trois dents dont la médiane plus longue que les autres ; la dent latérale la plus voisine du labre me paraît plus petite qu’à l’ordinaire dans la larve dont je m’occupe. D’autre part, l’article supplémentaire des antennes est un peu moins long, moins régulièrement effilé, parce qu’il se dilate à la base plus brusquement et sur une plus grande longueur. Quant à la couleur, voici ce qu’il en est :

OEDÉMÉRIDES. — OEDEMERA 351

La tête est en dessus d'un brun livide, avec un trait blanc partant du vertex et se bifurquant au milieu du front vers les deux antennes lesquelles sont, ainsi que les palpes, nn peu annelées de brunâtre. Le prothorax est brun avec une ligne blanche au milieu ; sur les deux autres segments thoraciques la couleur brune, coupée aussi par une ligne blanche, n’atteint pas le bord postérieur, et sur les segments abdominaux, qui n’ont pas de ligne blanche, elle s’arrête au delà du milieu, juste au verticille de poils. Le neuvième segment est entièrement brun et le mamelon anal aussi, moins la base. Les ampoules latérales, qui ont la forme de tubercules elliptiques, sont brunes pareillement. Le dessous de la tête et du corps est d’un blanc livide, avec des traces brunâtres sur le devant du sternum et sur les hanches. Celte larve est donc annelée de brun, et cela suffit pour la distinguer.

En ce qui concerne la nymphe, je dois dire qu’elle est en tout comme la précédente, même pour la couleur.

Au mois de juillet 1870, durant une excursion dans les Pyrénées avec mes amis MM. de Bonvouloir et Abeille de Perrin, je m’avisai d’explorer des tiges d’ Aconitum napellus de l’année précédente et gisant à terre; je pensais y trouver quelque larve retardataire de YAgapanthia angusticolUs qu^ aime à pondre sur celte plante lorsqu’elle est fraîche. Mon espoir ne fut pas déçu et il fut même dépassé, car j’y rencontrai de plus, et assez communément, la larve dont je viens de parler. Je la reconnus sur le champ comme appartenant à une CEdéméride, mais la couleur m’intriguait, et je m’attendais à en obtenir autre chose qu’une (Edemera, peut-être le Mycterus curcalionoides qu’on a mis dans cette famille, qui est si commun dans notre contrée, et dont je ne puis découvrir la larve, qu’il serait pourtant, à plus d’un titre, si intéressant de connaître. Je soupçonne, je Fai déjà dit, qu’elle vit sous terre. Je fis donc un fagot de tiges sèches, et au mois de mai 1871, je vis apparaître des individus des deux sexes de l’Œdémère montagnarde appelée uirescens. J’étais fixé sans doute, mais un peu désappointé cependant, car j’aurais désiré encore mieux que cela.

Je ne dois pourtant pas bouder ma larve, et je veux dire qu’elle vit de de la moelle desséchée par la mort et ramollie par le temps des tiges herbacées de l’Aconit. Plus d’une se trouve ordinairement dans une même tige. Lorsqu’elle doit se transformer en nymphe, si la tige a encore des parties pleines, elle creuse une loge entre les fibres ; si elle est creuse, elle la bouche avec des fibres sur deux points assez rapprochés, et c’est dans l’intervalle qu’elle subit sa métamorphose. Même durant sa vie active,

352 lAKVES DE COLÉOPTÈRES

si la tige est tronçonnée, elle bouche les ouvertures pour se préserver du

mauvais temps ou de l’invasion de quelque ennemi.

AnoncodeH viridipcs Schmidt

Voici une larve dont M. Revelière m’a envoyé de Corse plusieurs individus et qui vit dans les tiges d’une Carduacée, comme la précédente dans celles de l’Aconit. Il m’est impossible de lui trouver, quoiqu’elle appartienne à un genre différent, le moindre caractère qui la distingue de celle de VŒ. flavipes. Elle est seulement un peu plus grande, ce qui est sans importance. Je renvoie donc, ne pouvant mieux faire, à la description que j’ai donnée.

Stenostoina (Leptnra) rostrata F.

Fig. 387-388

Cette larve est encore un fac-similé de celle de l’CEdemera flavipes, et je n’ai pas, dès lors, beaucoup à en dire. Je suis parvenu pourtant à lui trouver deux caractères différentiels qui ne sont pas à dédaigner : le premier réside dans les mandibules qui, en arrière de la dent apicale, m’ont paru avoir quatre autres dents internes, au lieu de trois, les trois premières presque égaies et obtuses, la quatrième très-petite ; le second se trouve dans les antennes dont l’article supplémentaire est de la longueur du quatrième, à côté duquel il se trouve, et au lieu d’être effilé, il est cylindrique presque autant que son voisin, et seulement plus grêle. Les ocelles ne présentent pas de différence.

J’ai rencontré cette larve au bas des tiges et dans les racines de VEryugiim maritimum sur les fleurs duquel l’insecte parfait aime tant à se poser, ainsi que dans les tiges du Diotis candidissima.

Erichson, et d’après lui MM. Chapuis etCandèze, ont indiqué les caractères généraux des larves des Œdémérides. Plus tard, dans son Histoire naturelle des Angustipennes, M. Mulsant a reproduit ces caractères en les modifiant sur quelques points et les mettant en harmonie avec les nouvelles notions acquises. Les larves dont il s’agit ont un air de famille qui, avec un peu d’expérience, les fait aisément reconnaître. Elles présentent cependant des différences remarquables. La tête, habituellement large, déprimée sur le devant du front, sillonnée en arrière, est généralement

OEDÉMÉRIDES

libre, ou bien peu s’en faut; mais dans la larve du Ditylus elle est, d’après la description de M. Kolenati, enchâssée dans le prothorax. La partie antérieure du corps, ou thoracique, est souvent plus large que l’abdomen, et ce renflement antérieur était même considéré comme un caractère constant ; or, la forme presque cylindrique des larves d’Œdemera et de Stenostoma lui enlève une partie de son importance. Les organes de la tête ont une grande uniformité, les mandibules sont tridentées à l’extrémité, dentelées sur leur tranche interne ; les mâchoires sont larges, les palpes longs et grêles ; les antennes, habituellement droites, sauf dans les larves de Xanthochroa et de Nacerdes qui les ont un peu coudées à partir du second article, sont assez longues, le troisième article est le plus grand, le quatrième est le plus petit ; mais personne, que je sache, n’a parlé, pas même moi, de l’article supplémentaire, qui est pourtant bien visible surtout dans les larves d'CEdemera, et dont la forme et la longueur servent à différencier des genres. Cet article supplémentaire existe, quoique je n’en aie rien dit, sur la larve du Xanthochroa, il est un peu moins long que le quatrième article, étroitement conique et pointu. Les premiers segments du corps ont sur le dos deux groupes d’aspérités séparés par la ligne médiane dans les larves de Ditylus, de Xanthochroa et de Nacerdes, mais les six premiers segments, c’est-à-dire les trois thoraciques et trois abdominaux en seraient pourvus dans celle du premier genre et les cinq premiers seulement en ont dans celles des deux autres. Ces aspérités paraissent manquer dans les autres genres ; cependant M. Westwood dit, pour la larve de la Chrysanthia viridissima, que les cinq segments antérieurs sont munis en dessus d’une double série de plaques ovales, et il les a représentées dans sa figure. La larve du Ditylus possède, sous le troisième et le quatrième segments de l’abdomen, une paire de mamelons charnus armés de trois rangées distinctes de petites pointes cornées brunes ; j’ai signalé à la même place, dans les larves de Xanthochroa et de Nacerdes deux mamelons pseudopodes coniques, obtus et divergents, dont la surface inférieure est couveite d’aspérités et de poils 'très-fins.- M, Westwood donne aussi à la larve de la Chrysanthia de petits prolongements ou tubercules charnus, mais il en compte trois paires au lieu de deux, placées sous le cinquième segment et les deux suivants, c’est-à-dire sur les deuxième, troisième et quatrième segments abdominaux ; enfin les mamelons ambulatoires ont été vus par Dufour sous les troisième et quatrième segments de l’abdomen de la larve de YAnoncodes dispar. Je déclare qu’ils n’existent pas dans les larves que j’ai décrites ici, pas même dans

PER, 23

L.4I\VES DE COLÉOPTÈRES celle de Anoncodes viridipes, à moins qne leur séjour dans l’alcool n’ait opéré leur rétraction au point de les rendre invisibles.

Il résulterait de ces rapprochements que la larve du Dilylus formerait une section à part à cause des crochets du dernier segment, qu’une section voisine embrasserait les larves de Xanthochroa, de Nacerdes et de Chrysanthia, et que toutes les autres constitueraient une autre section dans laquelle la présence ou l’absence des pseudopodes ventraux, la forme et la longueur relative de l’article supplémentaire des antennes détermineraient certaines divisions.

Les larves d’Ædémerides présentent enfin un caractère qui mérite d’être signalé : il consiste dans la position de la première paire de stigmates. Ceux qui étudient les larves sont habitués à trouver, le plus ordinairement, ces stigmates près du bord antérieur du mésothorax, ou sur ce bord même, ou sur la ligne de séparation du prothorax et du mésothorax; il n’y a guère d’exception que pour la presque généralité des larves qui ont une forme particulière, qui sont courbées en arc, comme celles des Lamellicornes, des Apatides, des Curculionides, lesquelles ont ces organes sur le prothorax, de sorte qu’en dehors de ces groupes, on serait tenté d’admettre en principe que le prothorax est dépourvu d’ostioles respiratoires. Ici cependant on les voit sur une sorte de mamelon triangulaire déterminé par deux plis formant un angle rentrant dans le pro thorax, et par le bord postérieur de ce segment qui constitue le troisième côté du triangle. Ce mamelon paraît donc faire partie du prothorax, aussi Dufour dit-il que la première paire de stigmates est placée sur ce segment.

M, Westwood dit que Ingpen a trouvé la larve de la Chrysanthia dans la sanie découlant des plaies d’un Peuplier ; les autres larves connues sont phytophages ou lignivores, et jusqu’ici il est constaté qu’elles aiment k se nourrir de substances qui n’exigent pas un trop grand effort de man dibules. Il leur faut la moelle des végétaux herbacés, ou des bois presque pourris. La durée normale de leurs évolutions est d’un peu moins d’un an.

ANTHUIBTDES

ENEBRETTES

ÂNTHRIBIDES Lac.

Encdreyfefl omyacanthæ Ch, Bris.

Fig. 389-396 LARVE

Long, 4 millim. Blanche, charnue, renflée antérieurement et courbée en arc comme les larves de Charansonides, des Scolytides et des Ânobiides. Pattes ayant la forme de pseudopodes.

Tête luisante, roussâtre, subcornée, parsemée de points enfoncés d’où sortent des poils courts, blanchâtres et très-fins, médiocrement convexe et marquée sur le vertex d’un sillon peu apparent qui se perd dans une fossette frontale. Bord antérieur plus foncé, très-légèrement échancré visà-vis l’épistome qui est peu large et un peu plus étroit antérieurement qu’à la base.

Labre presque semi-discoïdal, frangé de poils très-fins.

Mandibules fortes, se joignant sans se croiser, ferrugineuses avec le tiers supérieur noir. Vues en dessus, leur tranche interne est taillée en biseau un peu concave jusqu’aux deux tiers de leur longueur ; vues de côté, elles sont subtrapézoïdales avec les côtés sinueux et l’extrémité obliquement échancrée.

Mâchoires fortes, coudées, hérissées de soies ; lobe large, subarrondi à l’extrémité et frangé de soies dorées et touffues. A la base interne du lobe, sur un renflement de la mâchoire, surgit une épine assez longue, ferrugineuse, cornée, dirigée obliquement en dedans, munie à la base de deux soies au moins. Un peu en arrière de cette épine, le bord interne de la mâchoire porte deux soies rousses, assez longues et presque spiniformes.

Paly es maxillaires droits, de trois articles égaux.

Les mâchoires sont susceptibles de se rapprocher, de manière à mettre leurs lobes en contact. Elles forment alors une voûte au-dessus de la lèvre inférieure qui est roussâtre, petite, insérée fort en arrière, échancrée antérieurement, arrondie postérieurement, surmontée de deux palpes labiaux très- courts et de deux articles égaux.

Les antennes sont très-difficiles à voir et j’avoue que si, par analogie

3ij6

avec les larves de Charansonides et d’Anobiides, je n’avais su la place oü je devais les chercher, ou bien si j’avais eu quelque exemple de larve dépourvue de ces organes, je ne les aurais pas découvertes ou j’aurais renoncé à les chercher. On finit parles voir, à l’aide d’une très-forte loupe, dans une petite cavité contre la base des mandibules, et j’y ai compté deux articles très-courts dont le premier assez gros et l’autre grêle ; mais je soupçonne qu’il y en a plus de deux.

Près du bord de cette cavité on remarque un point noir et elliptique qui semble formé de deux points contigus ; j’ai même vu sur une larve ces points séparés. Ils occupent la place des ocelles, mais je n’oserais garantir qu’ils en remplissent les fonctions.

Corps parsemé de poils très-fins et peu allongés, ventru à la région thoracique.

Prothorax plus grand que chacun des deux segments suivants et trèspeu plissé ; mésothorax et métathorax marqués de plis transversaux qui simulent des intersections et rendent les séparations véritables difficiles à saisir.

Abdomen de neuf segments plus plissés encore, sauf le dernier, que les segments thoraciques et muni sur les flancs d’un bourrelet formé par une double série de mamelons. Dernier segment un peu plus étroit sinon plus court que les précédents, arrondi en arrière, marqué sur le dos de deux sillons écartés et parallèles et à l’extrémité inférieure de quatre plis convergents à l’intersection desquels est l’anus.

Stigmates au nombre de neuf paires, la première, plus grande et plus inférieure que les autres, près du bord antérieur du mésothorax, les aulres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes assez semblables à celles des larves de Mordella, placées, comme d'ordinaire, sous les segments thoraciques et consistant en des moignons coniques formés en apparence de trois articles, mais plus sûrement de deux, le premier épais et velu, se rétrécissant assez brusquement pour constituer un semblant de second article, l’article suivant plus étroit et un peu plus court, terminé par une touffe de soies divergentes. Pas la moindre apparence d’ongle.

Tout le corps, sauf quelques parties qui paraissent absolument lisses, se montre, à un fort grossissement du microscope, couvert de très- petites aspérités extrêmement serrées.

A l’occasion de la larve du Lissodema denticolle, j’ai dit dans quelles conditions vit celle de VEnedreytes oxyacanthæ; il faut la chercher dans

AJNTHRIBIDES. — ENEDREYTES.

CHORAGUS

les tiges mortes d’Aubépine et surtout dans les échalas de Châtaignier, mais principalement aux endroits où s’est développée, après un certain temps, une production cryptogamique du nom de Sphæria stigma, indice d’une altération déjà subie parle bois et cause d’une altération plus grande encore. C’est dans les couches de l’aubier ramolli que la larve dont il s’agit creuse une galerie longitudinalement parabolique qui, plongeant d’abord dans le bois, revient, après un parcours peu étendu, près de la surface. C’est là que, dans une cellule façonnée à cette intention, s’opère la transformation en nymphe.

NYMPHE

Deux séries longitudinales de petites soies blanches sur le front; près du bord antérieur du prothorax deux mamelons écartés, hérissés de spinules blanches et de soies ; sur chaque côté, à la suite des mamelons, cinq spinules blanches, quelquefois moins, très-légèrement arquées en arrière, puis deux longues soies portées sur de petits tubercules ; une très-petite soie sur chaque genou, une autre semblable sur les côtés de chaque segment de l’abdomen, sauf le dernier qui est revêtu de quelques poils trèsfins ; sur le dos des six premiers segments abdominaux de petites soies presque spinuliformes, dirigées en arrière ; dernier segment terminé par deux papilles courtes, écartées et un peu divergentes. Àu microscope, plusieurs parties du corps, le prothorax, les pattes, les élytres et la face ventrale paraissent couvertes d’aspérités semblables à celles de la larve, mais plus fines encore.

Sliepparcli Kirby.

Fig. 397.

LARVE

Léon Dufour a publié dans les Annales de la Société entomologique (1843, p. 314), l’histoire des métamorphoses de cet insecte. Si j’en parle ici, c’est que sa larve vit dans le Châtaignier et que j’ai en outre quelques additions ou corrections à faire à la description donnée par mon maître regretté, et dont voici la reproduction :

« Cette petite larve, à texture souple et tendre, est courbée en hameçon

LARVES DE COLÉOPTÈRES OU en C, à la manière de celles des Lamellicornes et de plusieurs Curculionites. Elle a plus d’épaisseur à la région thoracique, ce qui la fait paraître bossue. Son corps, au lieu d’offrir un nombre déterminable de segments, a des plis transversaux, des rides qu’il est impossible de compter et qui sont loin d’être régulières et uniformes. Toutefois, dans des circonstances favorables, je lui ai trouvé le nombre normal de segments, c’est-à-dire douze. Le microscope y décèle des poils très-fins et assez longs.

« Tête ronde, convexe, velue, inclinée en bas, à bord occipital entier, souvent en évidence. Quoique delà couleur du reste du corps, elle a néanmoins une consistance cornée. Nulle trace d’antennes ni d’yeux, malgré l’existence d’un petit point noir de chaque côté, près de l’angle antérieur, Épistome transversal, linéaire. Labre un peu plus que demi- circulaire, cilié. Mandibules brunes, robustes, triangulaires, à pointe bifide. Mâchoires oblongues, semi-cornées, hérissées, sans lobe interne marqué. Palpe maxillaire subterminal, cylindroïde, de deux articles, dont le basilaire plus court. Lèvre peu distincte ou rudimentaire. Peut-être a-t-elle éludé mes recherches, et il ne faut sans doute pas considérer comme telle une plaque cornée, brune, appliquée au milieu de la face inférieure de la tête, en forme d’écusson arrondi en arrière et tronqué en avant, sans aucun vestige de palpe labial,

« Segments thoraciques ne se distinguant des autres que par plus de grosseur et d’élévation. Le premier plus large que les suivants, en forme de plaque un peu plus consistante. Point de pattes articulées, mais il existe trois paires de pseudopodes thoraciques, dq texture tégumentaire, rétractiles, énormes, de configuration variable suivant leur degré de contraction, tantôt conoïdes, tantôt en forme de mamelon dont le bout semble articulé au centre de celui-ci de manière à pouvoir y rentrer.

« La portion de la larve correspondant à l’abdomen s’atténue à peine en approchant du bout postérieur. Celui-ci est très-obtus, entier et sans aucun appendice. »

On voit par là que la larve à\xChoragus est bien voisine, par sa configuration, de celle del’Enedreî/ies.Les rapports paraîtront encore plus intimes lorsque J’aurai dit que, contrairement à la manière de voir de Dufour, il existe des antennes au moins biarticulées et presque invisibles dans une petite cavité près de la base externe des mandibules ; que les mâchoires ont un lobe peu développé, il est vrai, mais visible et cilié ; que cet écusson qu’il a vu entre les mâchoires n’est autre chose que la lèvre inférieure

ANTIIRIBIDES. — CHORAGUS.

au-dessus de laquelle les lobes rapprochés forment un arceau, et qui porte deux très-petits palpes biarticulés ; qu’ enfin le corps paraît au microscope couvert, du moins partiellement, d’aspérités d’une finesse extrême. 11 n’y a donc, pour distinguer cette larve de celle de VEnedreyles, que la petitesse de la taille (2 1/2 — 3 millim.), l’extrémité bifide des mandibules et la conformation du premier article des pseudopodes, qui ne se rétrécit pas de manière à faire croire à trois articles au lieu de deux.

La larve du Choragiis vit soit dans l’Aubépine, soit dans les échalas de Châtaignier, dans les mêmes conditions que celle de VEnedreytes. « Elle habite isolément, dit Dufour, dont j’ai bien des fois vérifié les observations , une galerie simple droite ou à peine courbe, creusée dans le liber pour les grosses branches et pénétrant l’axe même pour les rameaux de petite dimension. Elle s’y nourrit de la substance même du bois qu’elle ronge petit à petit, et elle doit être fort sobre, puisque, dans les quatre ou cinq mois de son existence comme larve, sa galerie n’acquiert pas plus de7 à 8 millimètres de longueur. Aux approches de sa transformation en nymphe, son instinct la porte à ronger sa cellule de manière à faire aboutir celle-ci à l’écorce où l’insecte ailé pratique un trou rond pour prendre son essor. »

NYMPHE

Elle est, comme celle de VEnedreytes, couverte d’aspérités presque imperceptibles et terminée postérieurement par deux papilles divergentes; mais elle en diffère par les 'caractères suivants : elle a, de chaque côté du prothorax, au tiers supérieur, quatre papilles ou bulbes surmontés d’une soie, et à la base du même segment une rangée d’assez longues soies dirigées en avant. Je n’ai pu apercevoir de soies ni sur les côtés des segments ni sur leur face dorsale.

Les espèces de la famille des Anthribides dont on connaît les métamorphoses sont les suivantes :

Cratoparis lunatus F., espèce des États-Unis, CnAPUiset Candèze, Calai, des larves, p. 200.

Brachylarsus scabrosus F., Fiîistcii, Beschreib. von ail. Insekt. Deutsch. 1720, p. 36. — Latreille, llist. nat. des crust. et des ins, t. H, p. 37, fl Valllot, Ann. des sc. nalur. 1868. p. 68, sous le nom de Ânthrïbus inarmoratus.

B. varhis F. Dalman, Swedish. Trans,, 1824. — Ratzeburg, DieForst., t. I, p. 99 et Nordlinger, Eutomol. zeit. zu stett, 1848, p, 230.

Arœcerus coffeæ F., fasciculatus De Geer. — Lucas, Soc. Ent. 1861, p.399.

Je puis y ajouter les espèces suivantes :

Tropideres (Antliribus) albirostrls Herbst.

Fig. 398-399.

LARVE

Cette larve, longue de 6 à 7 millim., est d’un blanc pur avec la tête roussâtre; elle ressemble tellement à celle de YEnedreytes, que je pourrais lui appliquer mot à mot la description que j’en ai donnée, sauf un seul point qui concerne les mandibules. Celles-ci, vues en dessus, sont moins pointues et leur tranche interne est taillée en biseau non concave et un peu sinueux à cause d’une petite entaille qui existe vers le tiers du biseau; vues de côté, elles sont un peu plus étroites, triangulaires avec les côtés à peu près droits, le sommet un peu arrondi et une fossette oblique et et bien limitée près de la base. J’ajoute 1 ° que le labre est marqué de deux fossettes ; 2“ qu’aux pseudopodes, au point où, dans la larve de l’Ewedreytes, se rétrécit le gros mamelon basilaire, il existe un pli, de sorte que les pseudopodes paraissent formés de trois articles ; 3® que les aspérités qui couvrent le corps sont plus apparentes, ce qui tient uniquement à la taille de la larve. L’épine interne des mâchoires est bien visible dans cette larve.

Vers la fin du mois de juillet, j’en ai trouvé plusieurs individus, avec des nymphes et des insectes parfaits récemment éclos, dans l’aubier d’un Peuplier d’Italie abattu depuis plus d’un an. La galerie que la larve creuse dans le bois est longitudinale, peu étendue et peu profonde, et la métamorphose s’effectue près de la surface.

NYMPHE

La nymphe diffère très- sensiblement de celle de YEnedreytes. Le rostre porte, sur deux rangs, des épines sétacées, subcornées, roussâtres, verticales et de grandeur très-inégale, dont deux basilaires longues ; on voit

ANTHftlBIDES.

TROPIDERES

aussi de petites épines sur le front et sur les côtés; derrière les yeux et sur le vertex s’élèvent, semblables à deux cornes, deux épines subulées et divergentes. Le prothorax est simplement parsemé de poils blanchâtres, très-courts et d’une finesse extrême. L’abdomen paraît composé de neuf segments ; les huit premiers ont de chaque côté un mamelon surmonté d’une épine subulée, arquée en arrière et entourée de poils très-fins. Le dernier segment se termine par deux épines subulées et un peu divergentes placées une à chaque angle et sous laquelle se trouve une autre épine bien plus courte. Au microscope, on voit de petits poils sur le dos, et toutes les parties du corps, y compris les pattes, les élytres, etc., couvertes d'aspérités.

Tropideres (tlutliribus) sepicola Herbst

Fig. 400-401

LARVE

Larve entièrement semblable à la précédente et à celle à^VEnedreytes. Elle diffère seulement par les mandibules qui, vues en dessus, ont le biseau sensiblement sinué et, vues de côté, sont plus près de la forme triangulaire que dans cette dernière larve et non arrondies au sommet, comme dans celle du T. albirostris, mais tronquées obliquement et même un peu échancrées, avec une courte rainure. Elles ont aussi près de la base une fossette oblique. Les pseudopodes sont conformés comme dans cette larve, et les aspérités qui couvrent le corps sont bien visibles.

.l’ai observé la larve du T. sepicola dans des branches mortes de Charme et de Chêne, et je suis convaincu qu’elle vit aussi dans celles du Châtaignier dont les fagots m’ont quelquefois donné l’insecte parfait.

Je ne connais pas la nymphe.

Tropideres (il.nihril»u8) niveirostrigi F.

Fig. 402-403.

LARVE

Voici une autre larve dont la description est inutile, à cause de sa ressemblance avec les deux précédentes. On y retrouve la soie spiniforme de

la base interne des lobes maxillaires, le point noir ocelliforme près du bord de chaque cavité antennaire, les aspérités du corps. Un seul caractère permet de la distinguer : il réside dans les mandibules qui, vues en dessus et surtout de côté, sont au sommet franchement bifides ou divisées en deux dents dont l’inférieure un peu plus longue que l’autre. Les pseudopodes, y compris le gros mamelon qui servirait de hanche, sont nettement de trois articles.

J’ai trouvé plusieurs de ces larves dans des branches mortes de Chêne; celles que j’ai laissées en repos m’ont donné l’insecte parfait, mais je n’ai pas vu la nymphe.

Enedreytes, hilaris Sch.

LARVE

Sa larve et sa nymphe sont les images fidèles de celles de \’E. oxyacanthæ, et comme je n’ai pu y trouver la moindre différence, je m’abstiens de tout détail et je me borne à dire que cet Ânthribide pond ses œufs sur tiges mortes du Genêt à balais, surtout vers le collet de la racine. On le prend en battant les pieds morts ou mourants de cet arbre, et mon ami Bauduer en a capturé, à la fin de juin 1870, plus de deux cents par ce moyen.

Anthrilius albiiins L.

Fig. 404-406.

LARVE

Long. 9-10 millim. Elle ressemble beaucoup aux précédentes; comme elles, elle est très-convexe en dessus, presque plane en dessous, plissée, brièvement pubesceiite, courbée en arc ; mais sa partie thoracique étant plus renflée, elle a, plus encore qu’elles, la physionomie d’une larve d’Apate.

"Sa tête est luisante, d’un jaunâtre pâle, avec le bord antérieur liseré de ferrugineux ; elle est sur son tiers antérieur marquée de points plus serrés sur les côtés, et le milieu du front a deux fossettes oblongues.

Vêpislome n’est guère plus large que le cinquième de la largeur antérieure de la tête et le labre, frangé de poils roussâtres, est un peuples que gémi elliptique.

ANTHRIBIDES.

ANTHRIBÜS

Les mandibules, noires avec la base ferrugineuse et luisantes, sont, vues en dessus, étroitement bidentées, et, vues de côté, très-nettement divisées en deux dents coniques, la supérieure un petit peu plus longue que l’autre ; la face externe porte deux fines carènes, une transversale arquée, une autre longitudinale partant de celle-ci et aboutissant à la base. Près de la base de la tranche supérieure on remarque une apophyse dentiforme.

Les mâchoires sont obliques, mais non coudées, très-velues, roussâtres et un peu rugueuses, leur lobe est large, très-frangé de poils fauves, mais je n’ai pu voir à sa base interne cette épine que présentent d’autres larves de la même tribu, et j’ose affirmer qu’elle n’existe pas dans celle-ci.

Les palpes maxillaires sont de trois articles égaux.

La lèvre inférieure est carrée, sans languette apparente, et surmontée des palpes labiaux de deux articles à peu près égaux, le premier beaucoup plus gros que le second.

Dans cette larve, relativement de grande taille, on constate, de manière à ne plus conserver aucun doute, l’existence des antennes ; elles sont logées dans une cavité étroite, placée près du milieu de la base des mandibules et bordée supérieurement d’une callosité roussàtre un peu élevée ; elles sont complètement cachées dans cette cavité, et on ne peut guère les voir qu’en regardant verticalement. Je n’ai pu compter le nombre de leurs articles, mais je suis porté à croire qu’il est de plus de deux.

Je n’ai trouvé aucun vestige à’ocelle.

Le corps ne donne lieu à aucune observation, je dirai cependant que les spinules qui le couvrent sont extrêmement fines et moins visibles que dans la larve bien plus petite du Tropideres albirostris. Le dernier segment vu de face par derrière, est trilobé, il a sur le dos une dépression carrée, limitée de chaque côté par un pli profond, et il est marqué en arrière d’un sillon assez fin ; vu en dessous, son bord supérieur est bisinueux, et son aire est marquée d’un pli arqué en ogive dans lequel sont trois autres plis convergents dont la jonction indique la place de l’anus.

Les stigmates sont verticalement elliptiques, la première paire, sensiblement plus grande et à peine plus inférieure que les autres, est placée très -près du bord antérieur du mésothorax.

Les pseudopodes sont plus courts qu’à l’ordinaire et très-velus ; ils m’ont paru formés de trois articles, si l’on considère comme une hanche le mamelon charnu qui les porte sur le second et le troisième segment, mais qui est bien insignifiant ou nul sur le premier.

j’ai trouvé cette larve dans une branche morte d’ Aulne de quatre cenli-

mètres environ de diamètre, et j’ai pris quelquefois, au mois de mai, l’insecte parfait sur des pieux de cette essence. Elle passe sa vie dans l’intérieur du bois où elle creuse une galerie longitudinalement sinueuse et peu étendue, qui se rapproche de la surface lorsque la métamorphose doit avoir lieu.

Je n’ai pas vu la nymphe.

Comme on a pu le voir par ce qui précède, les larves des Anthribidcs forment, ainsi que les insectes parfaits, un groupe très-naturel et parfaitement circonscrit. Leur forme arquée les rapproche des larves d’Anobiides, d’Apatides, de Ptinides et de Curculionides, mais leur faible villosité, la ■ forme de leurs mandibules, etc., les détachent des trois premières, les palpes maxillaires de trois articles et la forme de la lèvre inférieure les séparent des dernières, et elles se distinguent de toutes ces catégories par ces pseudopodes dont nous ne trouvons guère les analogues que dans les larves des Mordellides. Sur huit genres européens on connaît les larves de sept, et si on les compare entre elles, on trouve de bien faibles différences consistant dans la forme des mandibules et un peu aussi des pseudopodes. Celles-là sont bifides ou simples, arrondies ou tronquées au sommet, et leur biseau est uni, ou sinueux, ou entaillé ; ceux-ci sont de deux ou paraissent de trois articles, et tous sont dépourvus d’ongle ; mais il en serait autrement pour la larve de YArœcerus. «. Les pattes allongées, dit M. Lucas, assez robustes, sont d’un testacépâle; les tubercules pédigères sont saillants et les deux articles qui composent ces organes locomoteurs sont hérissés de soies très-fines et allongées ; quant à l’article terminal ou l’ongle, il est court, légèrement courbé et aigu. » Il est à regretter que mon savant ami n’ait pas, par une figure, rendu cette partie de sa description plus intelligible, et je crois qu’il y a là matière à révision. Il donne comme moi trois articles aux palpes maxillaires, mais nous sommes sur ce point en désaccord avec MM. Chapuis et Candèze qui n’en ont compté que deux dans la larve deCratoparis hmatus.NovtS, sommes également en dissidence en ce qui concerne les palpes labiaux qui, d’après ces derniers savants, seraient uni-articulés, tandis que, dans les autres larves connues, ils ont deux articles. Il y a donc, là aussi, une double vérification à faire.

La question des antennes a d’autant plus d’importance qu’il n’existe pas, que je sache, de larve qui en soit dépourvue. Or Dufour a déclaré, mais à tort, comme je l’ai dit plus haut, que la larve du Choragus est privée de ces organes. Selon MM, Chapuis et Candèze, les antennes sont « re-

AÎSTIIRIRIDES

présentées par un petit tubercule mousse situé en dehors des mandibules, » et M. Lucas dit à ce sujet : « Sur les côtés latéro-antérieurs, pris de la naissance des mandibules, on aperçoit une petite saillie d’un jaune testacé et qui, exposée à un fort grossissement, m’a paru composée de deux articles dont un basilaire très-court ; quant au second, il est plus allongé et implanté dans la partie médiane du premier article; ne faudrait- il pas considérer ce petit appareil comme étant le représentant des antennes ? » Je crois avoir levé toute incertitude à cet égard en assurant que j’ai vu ces organes sur toutes les larves que j’ai observées, et en précisant la place qu’ils occupent.

En ce qui concerne les ocelles, presque tous les observateurs ont vu un point noir près de la base de chaque mandibule ; mais nul n a osé affirmer que ces points sont des ocelles. Je ne serai pas, à cet égard, plus affirmatif, parce que les points dont il s’agit ne sont pas ordinairement saillants, tuberculiformes, et qu’ils ressemblent plutôt à des taches pigmentaires ; mais je les ai vus quelquefois convexes, et s ils ne constituent pas de véritables organes de vision, ils en sont du moins des indices qui ont leur valeur caractéristique dans le diagnostic de ces sortes de larves. On a déjà vu que la larve de YAnthribus albinus en est dépourvue, et il en serait de môme de celle du Cratoparis lunatus; mais il est très-possible que cette exception ne soit pas constante.

Aucune divergence n’existe sur la position des stigmates et en particulier de la première paire qui est invariablement située près du bord antérieur du mésothorax. Ce fait n’est pas dépourvu d’intérêt si l’on considère que, dans les larves courbées en arc, telles que celles des Lamellicornes, des Apatides, des Anobiides, des Ptinides, des Charansonides, des Scolytides, des Bruchides, ces orifices respiratoires débouchent près du bord postérieur du prothorax, ou sur la ligne qui sépare ce segment du méso thorax. Cette particularité m’avait d’abord paru commandée par certaines nécessités physiologiques propres aux larves de cette structure, et digne dès lors des recherches des anatomistes; mais les larves des Anthribides déroutent cette hypothèse. Il n’en reste pas moins établi que la plupart des larves à corps arqué échappent à cette règle à peu près générale qui veut que la première paire de stigmates soit, dans les larves de Coléoptères, placée sur le mésothorax.

La difficulté que présente, vu leur ressemblance, la distinction même générique des larves des Anthribides, diminue lorsqu’on peut observer les nymphes. On a vu que celles des Tropideres, des Enedreytes et des Cho-

I.4(\VES DE COLÉOPTÈRES ragus offrent des différences très-appréciables, et d’après la description donnée par M. Lucas, celle de YAræcerus serait aussi très-facile à distinguer par sa tète entièrement glabre, par son abdomen parcouru de chaque côté par des saillies charnues hérissées de poils et terminé par deux tubercules.

Généralement parlant, les larves des Anthribides européens sont lignivores ; elles vivent, celle dü Platyrhinus latirostris dans le Hêtre, l’Aulne, le Bouleau ; celle du Tropidôres albirostris dans le Peuplier ; celle du T. sepicola dans le Charme, le Chêne et très-probablement le Châtaignier; celle du T. piidens dans le Chêne vraisemblablement, puisque je l’ai pris, et Bauduer aussi, en battant des branches sèches de cet arbre ; celle du T. niveirostris dans le Chêne et dans le Coudrier ; celle du T. curtiroslris dans le Chêne vert, le Chêne tauzin et le Lentisque ; celle du T. maculosus dans l’Orme, M. Bauduer en ayant obtenu un grand nombre d’un Orme mort ; celles des Enedreytes hilaris et oxyacanthce, la première dans le Genêt à balais, la seconde dans le Châtaignier et l’Aubépine ; celle de VAnthrïbus albinus dans le Chêne, le Bouleau, l’Aulne et le Saule ; celle de VArœcenis coffeæ dans les tiges d’une espèce de Gingembre et même, d’après M. Lucas, dans les graines du Café, du Cacao, etc.; celle de mon Brachytarsus fallax dans les branches du Chêne tauzin et du Chêne-liége ; celle àviChoragus Sheppardi dans le Châtaignier et l’Aubépine; celle du Choragus piceus dans les branches mortes du Prunier épineux, selon la constatation de Bauduer. .

Mais, d’après les observations de plusieurs naturalistes dignes de foi, Dufour, Dalman, Vallot, Ratzeburg, Leunis, il y aurait une exception à faire pour les larves des Brachytarsus scabrosus et varias qui auraient été observées dans des Coccus vivant sur l’Orme, la Spirœa salicifolia et le Pin. M. Bellevoye a pourtant affirmé, sans avoir convaincu M.Laboulbène, (Soc. Ent,, 1858, p. cxl) que les larves du B. varias « se nourrissent du bois de vieux Poiriers à l’endroit où les branches ont été coupées ras du tronc, » Dans tous les cas, il reste à faire, sur les mœurs de ces insectes, des observations qui, de ma part, sont demeurées sans résultat, mes recherches dans les Coccus des arbres ne m’ayant conduit à la découverte d’aucune espèce de ce genre intéressant. Pour la première fois, au mois d’avril 1872, j’ai pris, et cela en assez grand nombre, le R. scabrosus sur des Pommiers en fleur dépourvus de tout Coccus. On ne peut, à la vérité, en rien conclure de positif, mais ce fait appuierait, jusqu’à un certain point, l’affirmation de M. Bellevoye.

AiNTHRIBIDES - CÜRCUlIOîilDES 367

Plusieurs auteurs d’un haut mérite, Latreille, Schônherr, J. Ditval, ont compris les Anthribides et les Bruchides dans les Curculionides ; d autres, et notamment M. Redtenbacher, ont formé une famille à part de ces deux groupes réunis. M. Jekel seul, si compétent pour cette catégorie d’insectes, a pensé que chacun d’eux devait constituer une famille spéciale, et Lacordaire a complètement adopté cette opinion. Elle se trouve confirmée par l’étude des larves, et, après ce qui précède, nul ne contestera que celles des Anthribides, par plusieurs caractères et en particulier par les palpes maxillaires tri-articulés, par leurs pseudopodes et par leurs nymphes, n’aient le droit de former une famille distincte de celles des Curculionides et des Bruchides.

Quant aux Bruchides, probablement tous spermophages, leurs larves ressemblent extrêmement à celles des Curculionides. Comme elles, elles sont apodes et me paraissent avoir les palpes maxillaires biarticulés ; mais elles s’en séparent, à mon avis, par leurs mâchoires un peu moins coudées, leur lèvre inférieure moins cordiforme et surtout par le segment anal qui, au lieu d’être quadrilobé, est seulement marqué d’un petit pli transversal.

Je suis donc d’avis que les Bruchides doivent constituer une tribu distincte.

CURCULIONIDES

Arrivé à cette partie de mon travail, je crois devoir modifier momentanément mon plan, sauf à y revenir ensuite.

J’ai dit, en commençant, que mon premier but avait été de publier l’histoire des insectes vivant dans les échalas de Châtaignier, puis que j’avais agrandi mon cadre de manière à embrasser tous les insectes du Châtaignier, et qu’enfin, pour donner à mon œuvre plus d’importance scientifique et plus d’utilité, et pour- pouvoir me permettre quelques observations comparatives et quelques généralités, je m’étais laissé entraîner à décrire les larves nouvelles indépendantes du Châtaignier, mais dont les familles avaient un représentant dans les insectes de cet arbre. Jusqu’ici j’ai été fidèle à mon programme; mais en face de l’immense cohorte des Curculionides, je sens que je dois m’en écarter.

Ce n’est pas que le Châtaignier ne nourrisse aucune larve de cette cohorte ; il y en a une, en effet, dans son fruit, celle du Balaninns elephas, mais je ne lui connais que celle-là, de sorte qu’il est plus pauvre que le Chêne, où l’on trouve celles du Balaninus glandium, du Magdalinus flavicornis et de pîusieurs Orchestes. Ce n’est pas non plus, bien s’en faut, que les matériaux me manquent. J’aurais, au contraire, bien des larves à ajouter à celles qui sont connues ; mais ces larves, malgré la différence des genres et même des groupes, ont le plus souvent une telle ressemblance, qu’il serait sans intérêt de les décrire ou fastidieux d’en donner la nomenclature en répétant presque toujours les mêmes choses, en reproduisant les mêmes caractères, sauf quelques différences de forme et de couleur.

Les larves des Longicornes, dont il sera question ci-après, ont aussi, à la vérité, une grande uniformité de structure, si bien qu’à première vue on reconnaît presque toujours la tribu à laquelle elles appartiennent; mais la longueur ou l’extrême brièveté de leurs pattes ou même l’absence totale de ces organes, les variations dans la forme de leur tête et en particulier de leurs mandibules, dans la largeur de l’épistome, dans la longueur des antennes, les caractères remarquables que présentent, d’un genre à l’autre, et plus encore d’une famille à l’autre, la plaque dorsale du prothorax et ce que j’ai appelé les ampoules ambulatoires, donnent à l’étude de ces larves l’intérêt qui résulte de la variété, la valeur scientifique qui naît de la précision et de la constance des caractères, l’importance philosophique des vues et des déductions comparatives.

Il n’en est pas ainsi pour les Curculionides où une larve de Balaninus ou de Bhijnchites ressemble à s’y méprendre à celle d’un Thylacites ou d’un Strophosomus, une larve de Magdalinus à celle d un Ceutorhynchus, etc. Il n’est pas à dire cependant que toutes les larves soient jetées au même moule. 11 y a, au contraire, dans le nombre, des différences très-tranchées, mais elles n’ont pas l’intérêt scientifique que présentent les larves de Longicornes, par exemple, lesquelles vivant dans le même milieu, dans le bois, sous les écorces, dans les tiges des plantes, offrent néanmoins, selon les genres, des particularités très-appréciables et trèsdistinctes. Généralement ces différences tiennent plutôt au genre de vie des larves qu’à la famille dont elles dépendent.

Ainsi que je l’ai dit à propos de la larve du Brachycerns albidentatus (Soc. Eut. 1874, p. 127), « il est assez naturel que dès larves mineuses de feuilles, comme celles des Bamphus et des Orchestes^ ne soient pas

CURCÜLIONIUES

constituées comme celles des Phytonomus et des Cionus, qui vivent à ciel ouvert sur des plantes exposées à de violentes oscillations; que celles-ci diffèrent de celles des Pixsodes qui rampent sous les écorces, ou des Lixv„ qui cheminent dans des galeries cylindriques; que ces dernières enfin, pour ne pas pousser plus loin mes comparaisons, aient une autre structure, d’autres attitudes que celles qui, comme les larves des Balnnims, des Anthonomiis, de certains Ceiitorhynchus, vivent dans des milieux très-limités, tels que des fruits, des boutons à fleurs, des galles. »

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui qu’on a décrit cés formes diverses auxquelles probablement l’élude des larves exotiques en ajoutera d'autres, et n’ayant aucune forme nouvelle à y ajouter, je n’ai vu aucun intérêt à me lancer dans la monotonie de signalements uniformes. J’ai mieux aimé suivre une autre marche qui est celle-ci ;

Comme type de la structure du plus grand nombre des larves de Curculionides et de la forme de leurs organes les plus essentiels, forme constante dans celles qui sont connues jusqu’ici, je donnerai la description détaillée de la larve du Balaninus elephas, puisqu’elle vit dans le fruit du Châtaignier, puis, comme pour les autres tribus, je produirai, autant qu’il me sera possible, la nomenclature des espèces dont les larves ont été plus ou moins décrites, enfin je passerai sommairement en revue les différentes familles pour dire ce que l’on sait déjà et ce que mes observations personnelles m’ont appris de leurs mœurs. Je me persuade que cette manière de procéder aura son utilité et son intérêt.

Bnlaninus clejplias Gyll.

LARVE

Long. 16 à 17 millim., si l’on parcourt la courbe dorsale du corps depuis le bord antérieur de la tête jusqu’à l’extrémité du dernier segment et seulement 6 à 7 millim. en suivant une ligne idéale qui traverserait longitudinalement le corps dans sa position normale. Apode, très-arquée, charnue, mais un peu ferme, blanche, avec la tête testacée; parsemée de poils courts, roussâtres, droits et assez raides, un peu plus longs sur les côtés et à l’extrémité du corps, plus courts et plus raides sur la face ventrale.

Tête testacée, ainsi que je l’ai dit, subcornée, un peu plus foncée anté rieurement, luisante, circulaire, assez convexe, marquée d’un sillon mé-

rKB.

dian depuis le vertex jusque vers le milieu du front, d’où naissent deux traits blanchâtres aboutissant aux angles antérieurs. Dans le triangle formé par ces deux traits et le bord antérieur, deux fossettes un peu ruguleuses, et, au-dessus de ce triangle, quatre pores piligères disposés presque en carré. Bord antérieur largement échancré dans son ensemble, avec deux petites saillies embrassant la base de l’ épis tome.

Êpistorne très-transversal, près de trois fois aussi large que long, légèrement inégal à sa surface, plus étroit antérieurement qu’a la base.

Labre subsemi-discoïdal, déprimé, avec les bords et le milieu plus saillants, très-brièvement et peu densément cilié.

Mandibules noires à base un peu ferrugineuse, assez robustes, se joignant sans se croiser; vues en dessus, échancrées à l’extrémité, un peu sinueuses, arrondies en dehors, très-concaves en dedans jusques un peu au delà de la moitié de leur longueur, puis droites ; vues de côté, subtrapéziformes avec le sommet bifide, le bord inférieur un peu concave, le supérieur convexe ; marquées vers les deux cinquièmes antérieurs d un fin sillon transversal, avec une fossette et une autre fossette plus profonde en arrière, en dessous de laquelle sont quelques stries transversales; région basilaire profondément excavée au milieu.

Mâchoires très-coudées, très-obliquement convergentes, cylindriques, roussâtres avec l’extrémité blanchâtre et deux ou trois poils en dehors.

Lobe des mâchoires court, assez large, arrondi, caché souvent derrière la lèvre inférieure, frangé de cils dorés.

Palpes maxillaires courts, de deux articles, le premier roussâtre, avec l’extrémité blanchâtre, bien plus gros et un peu plus long que le second, qui est entièrement roussâtre.

Lèvre inférieure charnue, cordiforme, avec une tache roussâtre à la base , un filet de même couleur dans son pourtour et la partie antérieure avancée en languette arrondie.

Palpes labiaux insérés à droite et à gauche de la languette, de deux articles conformés et colorés comme les palpes maxillaires et à peine plus petits qu’eux.

Antennes le plus souvent invisibles à cause de leur complète rétractilité, placées près de l’angle supérieur des mandibules et, dans des circonstances favorables, laissant voir deux articles, dont le premier sensiblement plus gros que le second, qui est grêle.

Tout près de la base de chaque antenne, un petit point noir qui peut passer pour un vestige déocelU.

CURCUIIONIDES 371

Corps de douze segments, épais surtout à la région thoracique, trèsbombé en dessus, presque plan en dessous et très-arqué.

Prothorax plus étroit que tous les autres segments, sauf le dernier, et à peine plus long que chacun des deux autres segments thoraciques, deux fois environ plus large que la tête, largement et faiblement échancré antérieurement, teinté de roussâtre en avant, marqué d'une fossette près de chaque côté, paraissant à une forte loupe très-finement réticulé.

Mésothorax marqué antérieurement et jusqu’à la moitié de sa longueur d’un pli profond arqué en arrière, lequel, avec l’intersection du segment précédent, forme un bourrelet transversal elliptique.

Métathorax semblable au précédent, mais avec le bourrelet antérieur beaucoup plus transversal.

Abdomen de neuf segments, les sept premiers ayant un bourrelet antérieur très-transversal comme celui du métathorax, mais différant de ce segment, indépendamment d’une plus grande longueur, par un pli qui coupe en travers la moitié postérieure du segment et ayant, de chaque côté, un autre pli oblique qui dessine un bourrelet latéro-dorsal. Huitième segment marqué simplement d’un pli transversal qui n’atteint pas les côtés. Neuvième segment lisse avec deux sillons longitudinalement obliques, échancré postérieurement pour recevoir le mamelon anal qui est peu développé, un peu extractile et paraissant alors formé de quatre lobes disposés en croix.

En dessous, tous les segments sont beaucoup plus courts et peu ou point plissés. Le long des flancs abdominaux et jusqu’au huitième segment de l’abdomen inclusivement, règne, indépendamment des bourrelets latôro -dorsaux dont j’ai parlé, un double rang de mamelons très-bien marqués.

Stigmates placés au-dessus du rang supérieur de ces mamelons, longitudinalement elliptiques, à péritrème ferrugineux, au nombre de neu. paires ; la première, à peine plus grande et plus inférieure que les autres, sur la ligne qui sépare le prothorax du mésothorax et, à la rigueur; plutôt sur le bord postérieur du prothorax, les autres au tiers ou au quart antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes nulles.

La femelle du Balaninus perfore sans doute, au moyen de son long bec, le jeune hérisson de la Châtaigne et y introduit ensuite un œuf, La jeune larve pénètre ensuite sous la peau très-tendre encore du fruit et creuse dans sa sûbstance une galerie superficielle irrégulière de plus en plus

LAKVES DE COLÉOPlisRES

large et profonde, et qui demeure encombrée de ses déjeciions; puis elle disparaît dans l’intérieur pour y achever son développement qui est complet d’octobre à décembre. Elle revient alors vers la surface, perce l’épisperme et se laisse tomber à terre pour se transformer. Il est rare qu’elle ait alors à percer l’enveloppe épineuse du hérisson qui renferme le fruit, parce que quand celui-ci est mûr, cette enveloppe s'ouvre et la Châtaigne tombe. Cet obstacle cependant ne l’empêcherait pas de se rendre libre, ainsi que je l’ai expérimenté plus d’une fois.

Il y a des larves de Curculionides, surtout parmi celles qui ne doivent pas quitter leur berceau pour se métamorphoser, qui, en dehors de leur domicile, sont presque incapables de se mouvoir. Ce n’est pas tout à fait le cas de celle qui nous occupe, et l’on conçoit qu’il doit en être ainsi parce que, d’une part, si le lieu où elle tombe ne lui convient pas pour s’enterrer, il faut qu’elle puisse aller à la recherche d’un endroit plus propice, et d’autre part, pour fouir le sol avec sa tête, il faut qu’elle puisse prendre les positions les plus favorables à son travail et déployer même une certaine activité. Aussi, lorsqu’on l’observe après sa sortie du fruit, on voit qu’elle s’allonge presque on ligne droite, se met sur le ventre et rampe avec assez de rapidité en se servant du mamelon anal, de sa tê*te, des saillies et des petits poils de ses segments. Parvenue à la profondeur ou dans la couche de terre qui lui convient, elle s’y façonne, par la compression qu’exerce son corps, une cellule qu’elle badigeonne d’un mucilage émis sans doute par l’anus comme c’est le propre de ces larves, passe l’hiver engourdie, puis se transforme en nymphe.

NYMPHE

Blanche, fragile, molle, ayant ses diverses parties disposées comme â l’ordinaire et son long bec couché sur la poitrine, et présentant les particularités suivantes : deux poils roux à la base du rostre, deux sur le front, deux sur le vertex et un sur chaque joue; sur le prothorax, naissant d’un petit tubercule conique, quatre poils sur chaque côté, quatre à une petite distance du bord postérieur et quatre au milieu en carré; sur le dos de chacun des segments de l’abdomen quatre poils semblables disposés par paires ; dernier segment terminé par deux papilles coniques subcornées portant un poil à la base ; en outre, un poil semblable sur chaque cuisse et un sur chaque genou.

L’insecte parfait ne se montre guère qu’en juin ou juillet.

CÜRCULIONIDES

• Je vais maintenant donner, autant que je le pourrai, la nomenclature des espèces dont les larves sont connues et ont été plus ou moins décrites. Pour celles qui sont mentionnées dans le Catalogue de , MM. Chapuis et Candèze, je me bornerai, afin d’abréger, à citer leu rs noms en renvoyant à la page du Catalogue où l’on pourra retrouver les noms des auteurs et l’indication des ouvrages et recueils à consulter. Je ne donnerai des renseignements plus détaillés que pour les espèces qui n’ont pu trouver place dans ce Catalogue.

Sitones hispidulus F., Brischke, Entom. Monatsblseiter, 1876, p. 38.

Polydrosus oblnngus F. (probablement PhyllobiiisJ. — P. cervinus L., Catal. Chap. et Cand. p. 206. — P. micans Sch., Goükëaü, Insectes nuis, aux forêts, p. 49, se borne ù dire que la larve vit sous terre.

Otiorhynchus sulcatus, F. — O. ater, Herbst, Calai, p. 210. — O. siilcatus F., Boisduval, Entom. Hortic. p. 154.

Peritelus Imcogrammus , Germ., Frauenfeld, Soc. Zool. et Bot. de Vienne, 1861.

Phyllohiiis oblongus L., Catal. p. 209. Nordlinger croit que sa larve forjne des paquets de feuilles sur les rameaux du Populus Canadensis. Je suis persuadé qu’il est dans l’erreur, que la larve qu’il a observée appartient à un Rhynchites et que celle du Phyllobius est souterraine. — P. argentatus L. — P. pyri L. — P. calcaratus F., Gocreau, 1ns. nuis, aux forêts, p. 49. Cet auteur se borne à dire que leurs larves vivent sous terre.

Brachycerus albidentatiis Gyl., Perris, Soc. Ent. 1874, p. 125. — B.undatus F., Laboulbène, Soc. Entom. 1875, p. 95. — B. Pradieri Fairm., Soc. Ent. 1875, p. clv et clxu,

Meleus Fischeri Germ., Mærkel, Alig. d. Nat. Z. 1857, p. 180. — M. MegeHei Panz., Frauenfeld, Soc. Zool. et bol. de Vienne, 1854, p. 350, et Schmidt, ibid. p. 102.

Hypera oxalü, Herbst, sous le nom de Viennensis. — H. palumbaria, Germ., Frauenfeld, Soc. Entom. et Bot. de Vienne, 1863. — H. tessellata Herbst, Heeger, Sitzungs Bericht der Wien. Acad. VH, p. 138. — H. intermedia Boh., sous le nom de fuscescens, Goureaü, Soc. Ent. 1856,

p. XVIII.

Phytonotnus rnmicis L. — P. plantaginis de G. — P. murinus F. — P. arundinis F. — P. vicice Gyl., Catal. p. 209. — P. punctatus F. (ex Monogr. Cap. Soc. Ent. 1867, p. 428). — P. arundinis F., Boie, Stett. Ent. Zeit. 1850, p. 359. — P. pollux F., Boie, ibid. — P. variabüis

L\RVES BR COLÉOPTÈRES

Herbst. Aüdouin. Ann. Sc. Natur, 2® série, t. XI, p. 107. — P. polygoni F., Boisdüval, Eiitom. hortic. p. 141. — P. meles F., Laboulbène, Soc. Ent. 1862, p. 659.

Coniùüis chrysochlorus Luc. smûuîs, var. ex Cap., Catal. p. 225. — C. lætii&MiLL., Frauenfeld, Soc. Zool. et Bot. devienne, 1868, p. 887.

Anchonus cribricollü Coq. (exot.), Catal. p. 220.

Cleomis sulciroslHs L., Coret, Soc. Entom. 1876, p. clxviu. — C. marmoratus F., Regimbart et Leprieur, ibid.

Rliinocyllus Lalirostris Latr., Catal. p, 213. — R. antiodontalgicus Gerb., Gerbi, Storia Natur. di un nuovo Insetto, Florence, 1794. .

Larinus vidpes Ol., sous le nom de macidosus. — L. maurtis Ouv., Catal. p. 212. — L. Carlinæ Oliv., Laboulbène, Soc. Ent. 1868, p. 279, et Frauenfeld, Soc. Zool. et Bot. de Vienne, 1863. — L. jaceœ F. - L. lurbinattis Gyl., Fr.auenfeld, ibid.

Lixus paraplecticiis L. — L. Iridis Oliv. turbatiis Gyl. — L. junci Bon. — L. bardance F. — L filiformis F. — L. octolineatus, Oliv. — L. algivus L. angustatiis F., Catal. p. 211. — L. mucronalus Latr. veniistalus Bon., Dufour, Soc. Ent. 1854, p. 656. — L. pollinosus Germ. — 7. turbatus Gyl., Frauenfeld, Soc. Zool. et Bot. de Vienne, 1863. — L.pa~ raplecticus L., Goureau, Ins. nuis, à l'homme et aux anim. p. 44,

Hylobiiis abietis L., Catal. p. 207, et Perris, Soc. Ent. 1856, p. 431. — H. pales Herbst (exot.), Catal. p. 207.

Pissüdes notatns F. — P. picece Gyl. — P. Harcynue Gyl. — P.pini h., Catal. p. 214. — P. notatns, Perris, Soc. Ent. 1850, p. 423, et-GouRE.\r, Ins. nuis, aux forêts, p. 56. — P. pini, Goureau, ibid.

Erirhimis festucæ Herbst, Catal. p. 215. — E, iœniatus F,, Goureau, Soc. Ent. 1858,, p. xi. — E. maciilatus Marsh., H, Brisout, Soc. Eut, 1864, p. XIX. — E, dorsaiis Herbst, Brischke, Entom, Monatsbl^elter, 1876. M. Doumerc (Soc. Ent. 1856, p. lxx.mv) a signalé, comme appartenant à \'E. vorax, que plus tard M. Chevrolat a dit être le fUirostris, une larve qu'il avait trouvée dans les gousses du Cytüus lakirmm. Malgré les précisions qui accompagnent cette communication, je suis porté à croire à une erreur de M. Doumerc, parce que, d’une part, je doute fort que les larves d’Erirhinus vivent dans des gousses de la nature de celle du Cytise dont il s’agit, et, d’autre part, je suis sûr que la larve dont il a parlé et qu’il dit être d’un blanc fauve avec les yeux noirâtres et hexapode, n’appartient pas à un Curculionide. C’était sans doute une chenille de Microlépidoptère.

CÜRCULIONIDES

Mecimis collaris Germ., Catal., p. 226,

Brachonyx indigena Herbst, Catal. p, 215.

Apion craccæ L. — A. radiolus Kirb. — A. scutellare Kirb., ulicicola Perr. — A. lUicis Forst. — A. [agi L. apricans Herbst. — A. Sayi Sch. (États-Unis). — A. flavipes F. — A. flnvofemoratum, Herbst, Catal. p. 205. A. sorbi Herbst, Letzner, Arb. Schles. Gesells, 1851, p. 94. — A. basicorne III., Heeger, Silzber, Wien. Acad. Wiss. 1857, p. 317. — A. apricans Herbst, Cürtis, Ins. nuis, à l’Agric. et Goüreau, Ins. nuis, aux arbres fruit, et aux plant, fourrag. p. 247. — A. violaceum. Kirb., Laboülbène, Soc. Eut. 1862, p. 565 j Goureau, Ins. nuis, aux arbres fruit, 2” Supplément, p. 61, et Boisduval, Entom. hortic. p. 143. — A. fritmentarhm L. hœmatodes Kirb,, Laboulbène, loc. cit. p, 567. — A. craccæ L., Gouread. loc. cit. U' Supplément, p, 71. — A. caripes, Fraüenfeld. Soc. Zool, et Bot. de Vienne, 1864. — A. radiolus, Marsh. — A. Meliloli Kirb. — A. seniculus Kirb. — A. elongatum Germ. — A. vernale F. — A. penelrans Germ. — A. simum Germ. — A. fagi L. — A. ononidis Gyl. — A. assimile ILiHB., Fraüenfeld, Soc. Zool, et Bot. de Vienne, 1866, — A. loti Kirb. — A. Schmidti Mill. — A. carduorum Kirb. — A. miniatum Germ. — A. onopordiKiRB., Fraüenfeld, loc. cit. 1868. — A. æneum F., Goureau, Ins. nuis, aux parterres, etc,, p. 12, et Boisdltal, Entom, hortic. p. 143. — A. violaceum Kirb., Boisduval, loc. cit. p. 143. — A. curvirostre Gyl., Heeger, Sitzber. Wien. Acad. Wiss. 1859.

Apodcrus coryli L., Catal. p. 202.

Attelabus curculionndes L., Calai. p,202.

Rhynchites betulce L. — fi. cupreus L. — fi. allinriæ, Paye. — fi. Betu~ leti F. — fi. Bacchus L., Catal. p. 203. — fi. conicushi. — fi. BetuletiF., Goureau, Ins. nuis, aux arbres fruit, etc. p. 45, Géhin, 1ns. qui attaquent le Poirier, p. 53 et 57, et Boisduval, Entom. hortic. p. 138 à 139. — fi. Bacchus L. — fi, pauxillus Germ,, Géhin, loc. cit. p. 49 et 64. — fi, Bacchus, Boisduval, loc, cit. p. 137. ~ fi. Betulce, Goureau, Ins. nuis, aux forêts, p. 47. — fi. cupreus L., sous le nom d’auratus, Goureau, Soc. Ent. 1860, p. V.

Rhinomacer aUelaboides F., Perris, Soc. Ent. 1856, p. 434.

Magdalinus (Thamnophilus) violaceus L., Catal. p. 215. — M. Memnonius Fald., sous le nom de carbonarius-, rectifié depuis, Perris, Soc. Ent. 1856, p. 253.

Balanimis nucum L. — B. glandium Marsh. — B.BrassicæF. salicivorus Gyll. — B.cerasorum Herbst, Calai, p. 217. — B. villosus F., Goureau.

larves t)r coléoptères Soc. Ent. 1856, p. civ, et Ins. nuis, aux forêts, p. 202. — B. glandmm Marsh., Goureau, ibid., p. 59. — B. nucum L., Goureaü, Ins. nuis, aux arbres fruit, p. 14, et Boisduval, Entom. hortic. p. 152. — B. elephas Gyl., Just Bigot, Soc. Ent. 1874, p. cxxm.

Anthonomus pomorum, L. — A. pyri Keller. — A. druparum L. — A. inciirvus Panz. — A. pedicularms L. — A. ulmi, de G., Catal. p. 216.

— A. pomorum, Frauenfeld, Soc. Zool. et Bot. de Vienne, 1861, Gou- REAu, Ins. nuis, aux arbres fruit, p. 11, Géhin, Ins. qui attaquent les Poiriers, p. 85 et Boisddvae, Entom. hortic. p. 148.— A. pyri.— A. druparum, Goureaü, loc. cit. 1®*' Suppl, p. 1 1 et,12, et Boisduval, loc. cit. p. 150.

Orchestes scutellaris F. — 0. fagi L. — 0. alni L. — O. ulmi (probablement ru/iisj. — O. quercush., Catal. p. 219. — O. saliceti? Swam- MERDAM, Biblia naturæ, t. Il, p. 744, d’après la monogr. de H. Brisout.

— 0. rufus Oliv., Laboulbène, Soc. Entom. 1858, p. 286. — 0. alni, Frauenfeld, Soc. Zool. et Bot. devienne, 1863. — 0. quercus. — O.alni, Frauenfeld, ibid. 1864. — 0. alni. — 0. fagi, Goureau, Ins. nuis, aux forêts, p. 61 et 66. — 0. pratmüs Germ., Letzner, Verhand. d. Schles. Gesells. 1851, p. 93, et Heeger Sitzber. Wien. Acad. Wiss. 1859, p. 212. — 0. populi F., SwAMMERDAM, Biblia Raturæ p. 294, Letzner, loc. cit. 1858, p. 98, et Heeger, Beitr. zur Naturg. der 1ns. 1853, p. 21.

Cionus scrophulariæ L. — C. verbasci F. — G. thapsus F. — G. olens F. — C. ungulatus, Germ. — G. fraxini de G., Catal. p. 223. — C. fraxini, Suellen, Tijdschr. Nederl. Ent, Ver. 1858, p. 156.

Nanophies tamariscis Gyl., Catal. p. 223. — N. hemisphæricus Oliv., Dufour, Soc. Ent. 1854, p. 651.

Gymnetron (CleopusJ, linariæ Panz. — G. villosulus Gyl. — G. asellus, sous le nom de verbasci, Catal. p. 225. — G. Campanulæ L., de Geer, t. V, p. 236, et Laboulbène. Soc. Ent. 1858, p. 900. — G, teter F,, Heeger, Sitzber. Wien. Acad. Wiss. 1859. — G. noctis Herbst. — G. linariæ. — G. Campanulæ, Frauenfeld, Soc. Zool. et Bot. de Vienne, 1863.

— G. noctis. — G, netus Germ., Frauenfeld, loc.' cit. 1866. Cryptorhynchus lapathiL., Catal. p. 221, Goureaü, Soc. Ent. 1867,

p. Lxxxiv, Boisduval, Soc, Ent. 1873, p. cxxxvn, et Erné, Soc. Entom. de Suisse, 1873.

fiawp/iws /laaicorms Clairv,, Heyden, Berlin. Entom. Zeitschr. 1862. Mononychus pseudoacori F., Catal. 221.

Cleogonus Fairmairei Coq. (exot.), Catal. p. 222. Gono<rac/ietoswe»MpAarHERBST(exot,).— C.arâ'îtiaF.(exot.),Catal.p.222.

CURCULIONIDES

Ceutorhynchvs contraclus Marsh. — C. assimUis Payk. — C. macula alba Herbst. — C. sulcicolUs Gyl., Catal. p. 222. — C. raphani F., Cus - SAC, Soc. Ent. 1855, p. 241. — C. cynoglossi Mii.l., Miller, Soc. Zoo), et Bot. devienne, 1866, p. 970. — G. conlractus Marsh., drabæ Lab., Laboulbène, Soc. Ent. 1856, p. 145. — C. trimaculalns L., Fraüenfeld, Soc. Zool. devienne, 1868. — C. sulcicoUis, Goureau, Ins. nuis, au.x arbres fruit., etc. p. 148, Heimhofen, Soc. Zool. et Bot. devienne, 1855, p. 128, et Boisdüval, Entom. hortic. p. 147. — C. assimUis, Goureau, )oc. cit. 2^' Suppl, p. 69 et Boisdüval, Entom. hortic. p. 147. M. Laboulbène avait déjà signalé (Soc. Eut. 1857, p. 792) une larve de Curculionide vivant dans les siliques du Colza et qu’il n'osait attribuer à un Ceutorhynclms. M. Goureau affirme avoir obtenu des ossbnito des siliques de la même plante où il avait observé des larves. Son observation doit lever les doutes de M. Laboulbène et contredit Kirby, qui prétend que cette espèce produit, comme le contraclus, des tubercules sur les racines de la Moutarde. — C. napi Germ., Goureau, loc, cit. 1®' Suppl, p. 54, et Bois- DUVAL, Entom. hortic. p. 146. — C. floralis P.ayk. — C. pnlvinatus Gyl., Heeger, Sitzber. Wien. Acad. Wiss. 1859. — C. punctiger, Gyl., Kawall, Stett. Entom. Zeits. 1867.

Poopliagus nastiirtii Germ., Goureau, lus. nuis, aux arbres fruit, etc. 2® Suppl, p. 67.

Phyiobius notula Germ., Catal. 218. — P. velatus, Beck., Perris, Soc. Ent. 1873, p. 88.

Baridius chloris F. — B. chlorizans Germ. — B. picinus Germ. — B, ciiprirostris F. — B.cærulescens Stürm., Catal. p.220. — B. lepidii Germ., Heeger, Beit. zur Nalurg. der 1ns. 1854. — B. morio Boh., Bach. Stett. Entom. Zeit. 1846, p. 243. — B. uhrotani Germ., piuictatus Gyl., Frauen- FELD, Soc. Zool. et Bot. de Vienne. 1866. — B. chlorizans, Goureau, Ins. nuis, aux arbres fruit., etc, 2® Suppl, p. 62, et Boisdüval, Entom. hortic. p. 144.

Calandra Sommeri Bürm. (exot.), Catal. p. 228.

Bhynchophorus palmarum L. (exot.), Catal. p. 228.

Bhina nigra Drury (exot.), Catal. p. 228.

Sphenophorus liratus Sch. — S. Sacchari Guilding (exot.), Catal.

Sitophilus granarius L. — S. orizæ L., Catal. p. 227. — S. granarius. Goureau, Ins. nuis, aux arbres fruit., etc. p. 249. — S. orizæ, Goureau, Ins. nuis, à l’homme et à l’économie domest. p. 47.

•J78 iAHVES DE COLÉOPTÈnES

Dryophthorus lymexylon F., Perris, Soc. Ent. 1856, p. 245.

Cossonus ferrugineus Clairv., Frauenfeld, Soc. Zool. et Bot. devienne, 1864, p. 380.

Mesites Aquitanus Fairm. sous le nom de pallidipennis rectifié depuis, Perris, Soc. Ent. 1856, p. 251.

Rhyncolus porcatus Müll. — R. strangidatus Perr., Perris, Soc. Ent. 1856. p. 247 et 249. — R, trunconm Germ., Heeger, Sitzber. Wien. Acad. Wiss, 1858.

Les mœurs des Curculionides sont très -variées, mais cette épithète ne me semble pas pouvoir s’appliquer aux genres nombreux qui constituent presque toute la division des Brachyrhynques de Schœnherr, ou la Cohorte des Adelognathes Cyclophthalmes de Lacordaire, c’est-à-dire aux genres qui, dans le catalogue de M. de Marseul, vont jusqu’aux Phyllobiiis inclusivement. J’ai, en effet, tout lieu de croire que les larves des espèces de ces divers genres vivent toutes sous terre des racines des plantes. Je puis l’affirmer du moins pour celles du Cneorhinus gemivaHs et du Strophosomus faber que j’ai trouvées en soulevant des gazons et que j’ai élevées, et pour celle du Brachyderes Lusitanicus que j’ai déterrée au pied des Chênes.

Si l’opinion que j’exprime n’était pas fondée, la science ne serait certainement pas restée aussi arriérée dans la connaissance des premiers états des insectes de ce groupe, et il me paraît impossible que les recherches de tant d’entomologistes pleins de sagacité et d’ardeur ou des circonstances fortuites n’eussent pas, jusqu’ici, fait découvrir bien des larves de genres populeux comme Sitones, par exemple, Polydrosus, Qliorhynçhus, Periteliis, Omias, Phyllobiiis, qui n’ont pas seulement beaucoup d'espèces, mais dont bien des espèces sont très-communes,

Les larves souterraines sont celles dont la découverte est le plus tardive, parce que les recherches dans les profondeurs du sol présentent de grandes difficultés, exigent des outils et un temps dont on ne dispose pas toujours et qu’on est sans direction. Si l’on sait qu’un insecte qu’oa trouve dans une localité vit sur un végétal, on peut, en cherchant avec soin sur ou dans les plantes et les arbres de ce lieu, s’initier au secret de ses évolutions. On est encouragé dans ces recherches par les indications que l’on a reçues ou recueillies, par des notions tirées des règles de l’analogie, on est excité par l’espoir de trouver sur telle plante ce qu’on a

CURCULIONIDES

vainement cherché sur telle autre. La variété même des investigations alimente l’ardeur, entretient le courage ; une feuille rongée ou minée, un trou dans une écorce, une excroissance sur une tige, de la sciure, des déjections, un air de maladie, tout sert de repère ou de jalon. Mais quand il faut bouleverser tout un terrain à l’aveugle, sans savoir même quelquefois à quelle profondeur on doit aller, la monotonie, la lenteur et le plus souvent l’insuccès d’un travail aussi fatigant rebutent et découragent. On n’a quelque chance d'arriver à un résultat quelconque qu’en suivant des ouvriers qui piochent la terre ou un laboureur qui retourne le sol avec sa charrue. Quand, par ce moyen, on est arrivé à trouver quelque larve, on n’est pas au bout de ses peines, car il faut élever cette larve, lui donner une nourriture appropriée, sans savoir au juste quelles sont ses exigences, la conserver dans des conditions équivalentes aux conditions naturelles, ce qui est un tel embarras, d’une telle difficulté, qu’on échoue presque toujours. De plus, comme les larves souterraines de Curculionides se ressemblent toutes, on ne sait pas même alors à quel genre on a affaire.

Voilà pourquoi on a été si longtemps à découvrir les larves des Vesperus, pourquoi on n’a pas encore trouvé celles des Dorcadion, de tant de Carabides, d’Élatérides, de Ténébrionides, d’Alticides, etc., ou si on los a rencontrées, on ignore à quels insectes elles appartiennent. Voilà pourquoi aussi, dans la nomenclature qui précède, il n’y a presque aucune larve appartenant à la division dont je m’occupe en ce moment.

Cela dit, voyons quelles sont les mœurs des insectes parfaits. A ce point de vue, je serai l’interprète des observations d’autrui qui me sont connues et le simple narrateur de celles que j’ai faites moi-même. Je risque beaucoup d’être incomplet dans ma relation, mais je serai allô jusqu’à la limite des ressources qui sont à ma disposition, et je fais des vœux pour qu’un autre contrôle rectifie et étende mon œuvre,

€neorhinus Sch.

Se tiennent habituellement au milieu des herbes ou sur les arbrisseaux* En juin 1854, j’ai pris abondamment le C. dispar Graells, différent du pyriformis, sur le Genêt à balais dans les montagnes du Guadarrama. près de Navacerrada. J’ai plus d’une fois recueilli la larve et la nymphe du C. geminatus en faisant retourner des gazons. Cette larve n’offre rien de

particulier. Les insectes de ce genre se nourrissent de feuilles et de jeunes bourgeons.

Uoiililœus Germ.

Ils vivent aussi dans les herbes, sur les sentiers et sur les arbrisseaux.

Baryiiotus Germ.

Insectes lucifuges et la plupart montagnards, qu’on trouve le jour dans les herbes, sous les pierres. On a cité les B. obscurus et mœrens comme nuisibles aux parterres.

lStro|ihos>omus Bilb,

Habituellement sur les arbres, principalement les Chênes, ainsi que dans les tas de branches garnies de feuilles, sauf le limbatus, qui aime les bruyères, et le faber qui se plaît sur les herbes basses, dans des lieux secs. J’ai trouvé plusieurs fois des larves de ce dernier en retournant des gazons.

Setaplillus ScH.

Ils vivent dans les herbes, sur les arbrisseaux et parfois sur les arbres. J’ai pris en très-grande quantité le S. carimila à l’Escurial, en battant des Chênes tauzins.

Chiloneiis ScH.

J’ai recueilli un assez grand nombre de C. costulatus dans des sapinières des Pyrénées, en tamisant des mousses.

BarypeitlteB J. Duv.

J’ai capturé plusieurs individus du B. sulcifrons, en juin 1854, en Espagne, sous les pierres, près du sommet de la montagne de Penalara, loin de toute végétation arborescente et dans un endroit très-rocailleux.

CURCULIOJNIDJKS

Bracliyderes Scn.

Se tieunent volontiers sur les arbres et sur les arbrisseaux. J’ai pris en nombre le B. gracüis en Espagne en battant des Chênes tauzins. C’est sur ce même arbre, ainsi que sur les jeunes Pins que se trouve très-communément, dans les Landes, au mois de juin, le B. Liisitanicus dont j’ai trouvé la larve et la nymphe en fouillant à l'entour des Chênes. L’insecte parfait nourrit dans son corps, sans que rien en révèle la présence, la larve d’un joli diptère publié par L. Dufour sous le nom de Hyalomya dispar et que j’ai obtenu moi-môme plus d’une fois en conservant des Brachyderes que je nourrissais avec des feuilles de Chêne. Le B. cribricollis se trouve sur les Chênes-lièges, le B. alboguttatus sur les Chênes tauzins, le B. siUiiralis sur les Pins, ainsi que le B. marginelliis et le lepidopterus.

Caulostroplius Fairm.

Le G. Ddarou%ei se trouve en Provence, sur les Pins.

Sitones Germ.

Insectes amis, pour la plupart, des herbes basses et des arbrisseaux. Beaucoup d’entre eux affectionnent surtout les Légumineuses, Luzernes, Trèfles, Ononis, Mélilots, Lotiers, Pois, Genêts, Ajoncs, etc., dont ils rongent les feuilles.

Metallitcs Germ.

Ce sont aussi des mangeurs de feuillages; aussi les trouve-t-on sur les arbres et les arbrisseaux.

Polytirosus Germ.

Mœurs des précédents ; certains nuisent aux arbres fruitiers en rongeant les bourgeons et les boutons à fleurs.

TltylacitciB Germ.

Insectes de mœurs peu intéressantes qui vivent parmi les herbes, sur les chemins, etc.

14RVES DE COLÉOPTÈRES

diloropli'nniiii Germ.

Généralement amis des arbres et surtout des Saules.

Otiorliyiiclius ScH.

La plupart nocturnes comme un grand nombre des précédents et beaucoup d’entre eux habitants des montagnes. On les trouve sur les heibes, les arbrisseaux, sous les pierres et sur les sentiers, comme l’O. ligustici, commun aux environs de Paris. On a cité comme nuisibles l’O. meridio nalis aux Oliviers, l’O. raucus et l’O. sulcMus à la Vigne, l’O. vülosopunctatus aux Sapins, et M. Laboulbène a trouvé plusieurs 0. ovalus dans autant de fruits perforés de Neottia nidtis-avis.

Cœnoftsis Bach.

Se réfugient le jour au milieu des herbes, au pied des arbres, dans les tas de bourrées, sous les pièces de bois. J’ai pris plusieurs fois au mois de juin et assez abondamment le C. fissirostris dans de petits tas de branches feuillues que j’avais coupées quelques jours avant et laissé flétrir.

Periteliis Germ.

Stationnent et se nourrissent sur les herbes, les arbrisseaux et le.ï arbres. Certains, comme le P. griseiis, connu des horticulteurs sous le nom de JÂsette et de Grisette donné, du reste, à d’autres Charançons vêtus de gris comme lui, fait parfois beaucoup de mal aux arbres fruitiers, aux Mûriers, etc. , dont il ronge les bourgeons pendant la nuit. C’est sans doute à des habitudes semblables qu’une des espèces a dû d’être appelée noxius.

Tracliyphlœus Germ.

Mœurs des Cœnopsis.

Pliylloblus Germ.

Ils ont le genre de vie des Polydrosus et des Peritelus et vivent, comme

CURCULIONIDES

leur nom l’indique, des feuilles des plantes, des arbrisseaux et des arbres. Je lis dans le Catalogue de MM. Chapuis et Candèze que, d’après M. Nordlinger, la larve du P. oblongus formerait des paquets de feuilles sur les rameaux du Popidtis Canadensis. Je crois erronée, je l’ai déjà dit plus haut, cette opinion que rien n'est venu confirmer. Dans aucun cas, d’ailleurs, les larves de Curculionides ne forment des paquets de feuilles. Ce travail peut provenir d’un insecte parfait et alors il s’agirait peut-être d'un Rhynchites; mais, s’il faut s’en tenir à une larve, je crois qu’on peut s’arrêter à une chenille de la catégorie des rouleuses.

Uracliycerus F.

Les larves des genres qui précèdent sont, comme je l’ai déjà dit et que tout porte à le croire, souterraines, mais nous ignorons si elles vivent indifféremment de toutes les racines qui sont à leur portée, ou, ce qui est probable pour un certain nombre, si elles sont plus ou moins exclusives dans leur mode d’alimentation. Nous voici arrivés à un genre qui nous oft're aussi des larves souterraines, mais avec cette particularité qu elles ne s’attaquent, du moins celles qui sont connues jusqu'ici, qu’aux racines bulbeuses des plantes d’une seule famille, celle des Liliacées, peut-être d’une autre, celle des Aroïdées, et qu’au lieu de vivre en liberté, elles se cloîtrent jusqu’à ce qu’elles aient atteint tout leur développement, sauf à quitter ensuite leur berceau où elles ne sc croient plus sans doute assez en sûreté et à se réfugier dans les profondeurs du sol pour y accomplir les dernières évolutions. J’ai publié, en tête de la monographie deM.Bedel, l'histoire complète d\xB.albidmtatns dont la larve se développe dans les bulbes de l’Ail ordinaire. Déjà on avait dit que le B. algims rongeait les feuilles d’une Liliacée maritime qui pourrait bien être la Scilla marüima ou le Pancratium marilimum, le B. barbants celles de la Scilla et le B. iindatiis celles de [’Arum arisarum dont la racine est tuberculeuse et pourrait bien nourrir celte espèce. Plus tard, après avoir entendu dire à tort que le B. Pradieri s’attaquait à la Centaiirea aspera, ce que personne n’a cru, on a découvert que la larve de cette espèce vit dans le bulbe de VAlliim sphærocephahim.

Rhytirliiiius ScH. — Groiiops Scii. — Stypliliis Sciî.

Un trouve les espèces de ces trois genres au pied des herbes, en secouant les tas de branches ou de feuilles sèches ou eu retournant les piè-

LARVES DE COLEOPTERES ces de bois et les pierres. Leurs métamorphoses s'accomplissent assurément sous terre et leurs larves doivent y vivre aussi, mais elles sont inconnues et l’on ignore si elles se développent dans l’intérieur des racines de plantes spéciales.

Aiiisorliynclius Sch. — llolytcs ScH.

D'après Ghiliani, les A. coronatus et Germanus sortent en très-grand nombre de dessous terre, lorsqu’on arrose les prairies. Cela veut-il dire que ces insectes, qui errent habituellement sur le sol, ont coutume de s’enterrer pendant le jour? Cela est possible, mais il est au moins aussi probable que, l’époque des arrosements printaniers correspondant avec celle où ils prennent ordinairement leur essor, l’invasion de l’eau provoque et peut même hâter leur sortie. Dans tous les cas, j’ai la conviction que leurs larves sont aussi souterraines, sauf le point de savoir si elles sont affectées aux racines de plantes déterminées.

liiosoatius Sch.

La restriction qui termine l’article précédent n’esl pas sans motif, car pour le L. ovatulus, qui est comme une miniature de Molytes, j’ai découvert que sa larve, souterraine â la vérité, se développe dans les racines du Ranunciilus repens au pied duquel j’ai trouvé bien des fois l’insecte parfait. On arrivera certainement de même à connaître les plantes qui nourrissent les autres espèces.

Plintlius Gf.hm.

Sous les pierres, sur les sentiers. MM. Chapuis et Candèze décrivent brièvement et comme appartenant au P. caliginosus, une larve trouvée dans la souche d’un Pin abattu l'année d’avant et sous l’écorce de laquelle elle avait creusé des galeries sinueuses dans le genre de celles des Hylobius et des P modes. Malgré la grande confiance que m’inspirent et que méritent mes deux savants amis, je voudrais, je l’avoue, que cette observation fût contrôlée. Le Plintkus dont il s’agit n’a été trouvé dans les Landes que loin de la contrée pinicole; le P. imbricatus habite la région alpine des Pyrénées où il n’y a pas d’arbres. Je serais, dès lors, tenté de

GUKCUIJONIDES

croire que les larves de ce genre vivent dans des racines de plantes. On s’abuse quelquefois (soit dit sans mauvaise intention pour les deux auteurs précités), lorsque, observant une larve avec un insecte, on attribue l’une à l’autre.

HypcB*» Germ. — Pliytonoiiius Scn.

Voici deux genres à larves bien décidément aériennes. Elles vivent, en effet, au grand air, sur les feuilles des plantes herbacées (jui leur servent d’aliment. Cette manière d’être, si peu en rapport avec l’organisation de larves complètement apodes, serait de nature à surprendre si l’on ne savait qu’elles peuvent s’allonger comme des chenilles, au lieu de rester forcément arquées comme tant de larves de leur tribu; qu’il leur est cependant très-facile de se courber en arc pour embrasser les tiges, ainsi que les pétioles et le limbe des feuilles; qu’elles ont été pourvues d’ampoules ambulatoires ventrales bilobées, ayant un faux air des pattes membraneuses des chenilles, et que, pour compléter et rendre plus efficaces les avantages dont la nature les a douées, elles ont la faculté de sécréter par l’anus une substance mucilagineuse et visqueuse qui se répand en couche trèsmince sur leur corps et principalement sur la face ventrale et concourt puissamment à les maintenir sur le plan de position. Ce même mucilage, complètement insoluble à l’eau, ce qui devait être, leur sert aussi, lorsqu’elles veulent se transformer, à se fixer sur un point quelconque de la plante nourricière ou de toute autre, et enfin elles l’emploient pour s’entourer d’un élégant cocon irrégulièrement réticulé qu’elles façonnent en étirant le mucilage en filaments à l’aide de leurs mandibules, de leurs palpes et des mouvements de leur corps.

Les plantes dont ces larves se repaissent sont assez variées : pour le Hypera tessellata, c’est le Verbascum thapsus, d’après M. de Heyden ; pour le H. Barnevillei la Saxifraga autumnalis, d’après M. de Bouvouloir ; pour le Phytonomus rumicis, l’Oseille, des Chénopodes et même des Uenouôes; pour le P. plantaginis les Plantains; pour le P, miirims les Luzernes, les Trèfles ; pour le P. polLux, le Ciicnbalus behen, d’après Boie, mais il pourrait y avoir ici une erreur d’espèce, car j’ai trouvé la larve du P. pollux sur V Helosciadium nodiflorum ; pour le Phytonomus dont j’ai publié la larve sous le nom de viciæ et qui est plutôt Varundinis ou le pollux, le même HeÂosciadium; pour le P. anindinis, le Sium latlfolium ; pour le P. meles, les Trèfles ; pour le P. pastinaao, un Panais ;

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