INTRODUCTION
CE QU’IL V A DANS UN ÉCHALAS DE CHATAIGNIER! Tel devait être le titre d’an travail entomologique dont l’idée m'était venue des résultats de mes recherches de plusieurs années sur les échalas de mes vignes, j’entendais donner non pas seulement la liste, mais l'histoire aussi complète que possible des insectes qui vivent aux dépens ou à l’occasion de ces échalas, depuis la première année de leur coupe et de leur installation dans les vignes, quand ils reçoivent les pontes des Callidinm, des Exocentrus, des Leiopiis, jusqu’au moment où, minés par les insectes de diverses sortes, altérés ou décomposés par les agents atmosphériques, ils servent de berceau aux larves de Mordellides et d’Œdemérides, après avoir nourri successivement, suivant leur état de dépérissement progressif, celles du Valgus hemipterus. de V Acmæops coliaris. de Cucujides, d’Anobides, de Ptinides, d’Anthribides et d’autres, ainsi que de leurs parasites.
Puis, je ine dis que, puisqu’il s’agissait du Châtaignier, j’aurais mauvaise grâce à m’en tenir aux produits des taillis, laissant de côté l’arbre luimême dont la faune entomologique ne peut se trouver tout entière dans des pieux de sept à huit ans. Je me résolus donc à faire l’histoire des in-
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sectes du Châtaignier, comme j’ai fait celle des insectes du Pin maritime et d’après le même plan, c’est-à-dire en ajoutant aux espèces qui dépendent de l’arbre lui-même celles qu’une fourmilière installée dans une cavité, ou un champignon développé sur une souche peuvent attirer accidentellement.
Je me mis donc à l’œuvre sur ces bases, et le premier insecte dont j’eus à m’occuper, en suivant l’ordre du dernier catalogue de M. de Marseul, fut la Soronia grisea avant laquelle sont venues plus tard se placer deux autres espèces. L’article terminé, il me parut convenable et utilèj" tant pour rendre hommage à mes devanciers que pour faciliter les recherches de mes successeurs, auxquels ne suffit plus le catalogue, excellent pourtant, de MM. Chapuis et Candèze, de donner la liste de toutes les larves de Nitidulides décrites ou signalées, à ma connaissance du moins. J’entendais agir de même pour toutes les autres familles dont un représentant, tire du Châtaignier, figurerait dans mon travail.
Je voulus ensuite aller plus loin ; il me sembla bon de faire suivre chaque famille de quelques généralités, tant sur la conformation des larves que sur leur manière de vivre, mais je m’aperçus bientôt que, lorsque le Châtaignier ne me fournissait qu’un spécimen du groupe, ces généralités se trouvaient bien peu justifiées. De là l’idée d’ajouter aux larves du Châtaignier celles des mêmes familles venues d’aüleurs.
C’est ainsi que, de proche en proche, j’ai été conduit à donner à mon travail une extension qui n’étaitpas d’abord dans mes projets. On ne m’en fera pas sans doute un grief, car la science n’a qu’à gagner à la connaissance des faits. Plus on lui en apporté, plus on lui est utile, puisque c’est sur la multiplicité des faits, convenablement étudiés, bien coordonnés, sainement appréciés et comparés, cela va sans dire, que se fondent les règles, les principes, les idées générales.
Avant d’entrer en matière, disons, au point de vue qui nous occupe, quelque chose du Châtaignier, Castanea vulgaris Lam., Castanea vesca Gœrtn. Fagus castaneaL. Comme on le voit, Linné l’avait associé au Hêtre, mais on l’en a détaché avec raison, pour en faire un genre spécial, et les botanistes le placent généralement entre le Hêtre et le Chêne. Ces trois sortes d’arbres ont en effet de grandes affinités organiques, et ces affinités nous sont aussi révélées par les insectes dont les indications ont, comme on sait, une assez grande valeur. Beaucoup d’insectes, en effet, sont coin-