INTRODUCTION
muns h ces trois essences, mais comme le Hêtre est rare dans les Landes, tandis que le Chêne y est fort répandu, c’est surtout avec ce dernier que j’ai pu établir une comparaison, et j’ai constaté que presque tous les Coléoptères vivant aux dépens du Châtaignier se trouvent aussi sur le Chêne. La réciproque n’est pas complète, le Chêne est plus riche que son voisin, et en outre certaines particularités tracent, entre les trois arbres que je viens de citer, une ligne de démarcation assez tranchée.
1“ Le Chêne est un arbre fertile en galles de plusieurs sortes et d’une diversité de formes très-remarquable; elles se constituent aux dépens des fleurs mâles, des ovaires, des glands même développés, des nervures des feuilles, des bourgeons, des racines, pour donner naissance à un grand nombre d’espèces d’hyménoptères des genres Cynips, Neiiroterus, Biorhiza, Aphilothrix, Andricus, Spathegaster, Dryocosmiis, Dryophanta, Dry Oteras, Sinop finis , Sinergus avec leurs parasites plus nombreux encore, et même à quelques espèces de diptères du genre Cecidomyia,
Je ne puis citer pour le Hêtre que la galle produite sur les feuilles par la Cecidomyia fagi et depuis longtemps décrite par Réaumur, Quant au Châtaignier, je ne lui connais ni par ouï-dire, ni par moi-même, de galle d’aucune sorte.
2® Sur les feuilles du Chêne se rencontrent bien des chenilles de Microlépidoptères, la plupart rouleuses, plieuses ou mineuses, des genres Bucciilatrix, Coleophora, feras, Cheimatophüa, Hyponomeuta, Gelechia, Psoricoptera, Coriscium, Grapholita, Gracillaria, Neptiada, Nemophora, Cerosloma, Ornix, Lithocolletis, Tischeria, d’après le calendrier de M. Jourdeuilhe, et mon ami M, Lafaury, l’habile observateur et éducateur de micros aux environs de Dax, qui admet la liste précédente sauf le genre Hyponomeuta dont je doute aussi, a constaté que ces feuilles nourrissent aussi les chenilles de Myelois didcella, Acrobasis consociella, Eudemis hotrana, Tortrix politana, Diurnea fagella, Phibalocera quercana. A part quelques espèces polyphages, on n’en signale sur le Hêtre que des six derniers genres mentionnés plus haut, et c’est à peine si, en parcourant la longue liste du calendrier précité, j’ai pu trouver la Tischeria dodonœa comme appartenant au Châtaignier. J’ajoute que mes recherches confirment, sous ce rapport, la pauvreté relative de ce dernier. Je lui attribue seulement, indépendamment de l’espèce dont je viens de parler, la Tische^
4 INTRODtJCÏlON
ria complanella si commune sur le Chêne, et M. Lafaury une Nepticula, une LithocoUetis et un Botys ? Le Châtaignier paraît privé aussi de presque toutes les chenilles de Bombycide communes au Chêne et au Hêtre, et celui-ci manque de la chenille la plus caractéristique du précédent, celle du Cnethocampa processionea. Mais M. Lafaury me signale celle de Dasychyra pudibunda qu’on rencontre assez souvent sur le Châtaignier, celle du ÎAparis dispar et celle de VEiipithecia pumüata, qui vit aussi bien sur les fleurs mâles de cet arbre que sur celles de VUlex et du Sarothamniis.
Quant au Cossits ligniperda, il envahit les trois essences.
Une autre particularité, c’est que les feuilles du Hêtre nourrissent la larve mineuse de ÏOrchestes fagi, et les feuilles du Chêne celles de plusieurs autres espèces, quercûs, rufus, ilicis, irroratiis, sparsus,pubescenS; erythropits, tricolor, cineretis, avellance, en y comprenant le Chêne-liége, tandis qu’aucun insecte de ce genre ne paraît s attaquer au Châtaignier.
3° Il est à remarquer que, des trois sortes d’arbres dont il s’agit, le Chêne est le seul qui possède une espèce du genre Scolytus, Vintricatus Ratz., qu’au Hêtre seul appartient une espèce du genre Cryphaliis, le fagi. Le Xyleborus saxesenii, un des scolytides les plus polyphages, est commun aux trois, le monographus au Châtaignier et au Chêne, mais ce dernier aurait seul le Dryographus. Celui-ci et le Châtaignier se partagent les Dryoccetes villosus et capronatiis, qui préfèrent pourtant le Chêne, et pour le Dryoccetes bicolor, le seul rival de l’Âulne est le Hêtre.
4» En ce qui concerne leurs fruits, chacun de ces arbres nourrit une Carpocapsa. mais je ne connais de larve de Balaninns que pour le gland et la châtaigne.
Je pourrais terminer ici mon préambule et peut-être ferais-je bien de renvoyer à la fin de mon long travail les considérations qu’il serait aisé d’en déduire au point de vue de la science appliquée, c’est-à-dire du bien-être et de la conservation des forêts. Un motif sérieux me porte à les reproduire, car on connaît mon opinion sur ce principe que les arbres ne sont attaqués par les insectes xylophages que lorsqu’ils sont malades. Cette opinion a été maintes fois citée, plus d’un s’en est prévalu, mais plus d’une fois aussi on lui a donné une extension qui n’était pas dans ma pensée et un caractère trop absolu. C’est pour cela que je crois, une fois de plus, et
INTROnUCTfON
ce sera probablement la dernière , devoir dire quelles sont à cet égard mes idées, en leur donnant assez de précision pour qu’elles échappent à une interprétation erronée.
Sous l’influence de l’autorité de Ratzeburg et des faits mal observés et mal appréciés, selon moi, sur 1‘^squels il appuyait son opinion, les écoles forestières et bien des entomologistes d’Allemagne et même de France avaient admis que les insectes lignivores attaquaient les arbres sains et que, dans certaines conditions, par exemple lorsque des éclosions innombrables produisaient l’invasion par essaims, ces arbres périssaient et quelquefois en si grand nombre, qu’on citait, à ce sujet, de véritables désastres.
Dans mon travail sur les insectes du Pin maritime (Soc. mt. 1852, p. 511 ; 1856, p. 232) je combattis cette manière de voir, appuyé, je le sais, des sympathies et de l’adhésion de quelques amis dont le premier fut Aubé, le second, Guérin Méneville, et quoique les idées générales sur ce point se fussent sensiblement modifiées et s’accordassent de plus en plus avec les miennes, j’y revins dans le préambule des Diptères du Pin (Soc. ent. 1870, p. 137). Si j’y reviens aujourd’hui encore, c’est toujours pour dire la même chose, toujours pour affirmer que les insectes xylophages qui attaquent ordinairement en grand nombre et comme de concert et qui, par conséquent, sont les plus dangereux, ne s’adressent qu’aux arbres affaiblis et malades, et que si, par une impérieuse nécessité plutôt que par mégarde, car je n’admets guère qu’ils se trompent, ils envahissent des arbres sains, ceux-ci, sans autre secours que l’abondance de leur sève, découragent leurs attaques ou en triomphent. Cette règle, car c’en est une, s’applique sans exception, que je sache, aux insectes dont les larves passent leur vie entière ou une partie de leur existence sous les écorces, c’est-à-dire à ceux qui sont les plus nombreux et les plus dangereux. C’est que, dans les couches inférieures de l’écorce des arbres sains, la circulation de la sève, naturellement très-active, serait surexcitée encore par la présence des larves, et celles-ci seraient étouffées, comme j’en ai vu des exemples. Les insectes savent parfaitement discerner ces conditions et apprécier ces dangers, ils ne s'y exposent pas de gaieté de cœur, ils meurent sans avoir pondu, plutôt que de les affronter, ou s’ils pondent c’est en pure perte.
6 lATUODUCTIOlS
S’il en était autrement, on aurait eu, à coup sûr, plus d’une occasion de le constater. Plus d’une fois, en effet, des arbres abattus, même en grand nombre, sont restés sur le sol de la forêt assez longtemps pour que les innombrables insectes dont ils étaient devenus le berceau aient pu prendre leur essor; tout cependant est resté intact autour d’eux. J’ai parlé ailleurs d’établissements industriels existant en assez grand nombre dans les Landes et s’approvisionnant, pour leurs fourneaux, de telles quantités de bois, qu il en sort chaque année, et depuis bien des années, des essaims d’insectes xylophages, principalement dePissodes, de Bostrichiis et de BlastopJiagus ; or, quoiqu’il y ait habituellement des forêts de Pins tout autour, aucun arbre n’en souffre, si ce n’est dans les brindilles terminales qu’attaquent et font ÿéviv Iqs Blastophagiis piniperda et minor\ Le nombre de ces brindilles desséchées est quelquefois tel, et certains arbres sont à ce point maltraités, qu’on pourrait les croire malades et exposés à être envahis par les mangeurs d’écorces ; il n’en est rien cependant et pas un de ces arbres ne périt. Leur mort d’ailleurs ne serait qu’une confirmation de mon principe, puisqu’elle aurait été précédée d’une maladie.
Je puis citer des faits encore plus concluants. Nous avons eu dans les Landes des incendies qui ont détruitdes forêts de Pins par milliers d’hectares. Les insectes ne dédaignent pas les arbres dont les couches corticales extérieures et les menues branches ont seules été carbonisées, mais il était permis de se demander s’il y aurait assez de bourreaux pour tant de victimes. Durant deux années, leur affluence de toutes les contrées voisisines a été si empressée et leur multiplication a été telle, que tous les arbres dont on a retardé l’exploitation, et Dieu sait s’il y en avait, ont été atteints. De ces arbres sont nés par millions, par milliards peut-être, des, Melanophila cyanea et appendicidata , des Anthaxia sepiilchralis et praticola, des Pissodes notatus, des Bostrickus divers, des Monohammus gallo-provincialis, des Astynomus ædilis eXgriseus, des Magdalinus memnonius, que sais-je encore? Puis tout à coup ces insectes en nombre incalculable, qui pullulaient partout où se trouvaient des restes de ces forêts incendiées, se sont trouvés dans l’alternative ou de ne pondre que sur les branches malades que présentent parfois les sujets vigoureux, ce qui était insignifiant pour tant de concurrents, ou de s’adresser aux arbres sains des forêts du voisinage épargnées par le feu. Si la thèse qu’a soutenue Ratze-
)>iTRODUCTlO>
burg était vraie, nous en aurions vu assurément l’application dans de paleilles circonstances, et jamais nos forêts n’auraient couru un aussi grand danger. Or, qu’est-il arrivé ? Que pas un arbre n’a été attaqué, du moins avec succès, car pas un n’est mort, de sorte que cet ouragan d’insectes, si je puis ainsi dire, a passé inoft’ensif.
Après un lait aussi concluant, une démonstration aussi péremptoire, j ai, ce me semble, plus que jamais le droit d’affirmer que les insectes xylophages n’attaquent que les arbres malades.
11 ne faudrait pourtant pas donner à cette affirmation une extension illimitée, une signification trop absolue. On verra, en effet, dans la suite de ce travail, que l’Anærea carcharias et la Compsidiu populnea confient leurs larves, la première, comme certaines Sésies, aux troncs, la seconde aux branches des Peupliers vivants et bien portants, l’Oberea oculata et VAromia moscfiala aux Saules j mais en énonçant mon principe, j’ai toujours ajouté, connaissant les mœurs de certains insectes, que si des arbres sains sont chargés de nourrir des larves, si même ils souffrent un instant de leurs atteintes, ils ne tardent pas à se remettre et ils n’en meurent que dans des circonstances tout h fait exceptionnelles. Ces insectes, en très-petit nombre d’ailleurs, ne pondent pas indifféremment sur les arbres morts, mourants ou vigoureux, ils n’en veulent, sauf pourtant VAromia.qu'k ces derniers, ils constituent une exception non variable et capricieuse, mais permanente, et dès lors ils ne contredisent en rien la règle quej’ai établie. Ils ne sont pas non plus une cause immédiate et nécessaire de ruine pour les arbres, c’est tout au plus si, sur quelques points insignifiants, leur bois se ressent de leurs atteintes. Si les larves n’ont pas à souffrir de la circulation et des extravasations de la sève, c’est que, d’une part, le liquide séveux est fhoins abondant dans le bois que sous l’écorce, et que, d’autre part, la sève surabondante s’écoule, pour les unes, par une ouverture qu’elles ont le soin de laisser béante, et que, pour les autres, elle s’emploie à développer une sorte de galle.
On verra aussi qu’il y a des Buprestes dont les larves vivent habituellement sous les écorces et plongent dans le bois d’arbres malades ou tout récemment abattus, et qui, lorsqu’ils ne trouvent pas ces conditions normales pour eux, pondent sur des sujets vivants et sains, à écorce épaisse, et que leurs larves se développent dans les couches extérieures ou moyennes de
INTRODUCTIOX
ces écorces, sans attaquer les couches inférieures où circule la sève, et par conséquent sans qu’il en résulte du danger pour ces larves et du malaise, du moins apparent, pour les arbres ainsi attaqués.
. Je ne dis rien des insectes qui confient leurs œufs aux tiges vigoureuses des plantes herbacées, car ici le dommage est nul ou à peu près, puisque ces tiges sont destinées à périr après avoir accompli leur végétation que la présence des larves ne contrarie guère ou même pas du tout. Il en survient seulement parfois une diminution dans la production du fruit.
Je ne dis rien non plus des insectes qui vivent des feuilles comme tant de chenilles et autres et de ceux qui se nourrissent de la sève comme les Pucerons, les Phylloxéra, les Coccides et tant d’autres Hémiptères. Je suis convaincu que les premiers exigent des feuilles bien constituées et que les seconds, s’ils envahissent des végétaux que des circonstances météorologiques ou autres ont affaiblis, s’attaquent aussi à ceux qui sont dans de meilleures conditions; si bien qu’en tenant compte des analogies ainsi que dos faits observés, je demeure persuadé que le Phylloxéra est la cause et non un effet de la maladie de la vigne. Mais comme ces divers insectes ne sont pas des xylophages, ce que j’ai dit de ces derniers ne les regarde pas, Aucun d’eux d’ailleurs, à part le Phylloxéra de la vigne, n’entraînerait peut-être la mort d’une plante.
J’ai déclaré tout à l’heure que les la ves qui s’établissent dans un arbre sain ne sont pas pour lui une cause nécessaire et immédiate de ruine. Je dois cependant, pour tout dire, reconnaître que leur présence n’est pas sans inconvénient et que, dans certains cas, elle peut présenter des dangers sérieux. Ce dernier point s’applique plutôt à des chenilles de Lépidoptères qu à des larves de Coléoptères; mais comme, relativement aux insectes xylophages, je n ai pas fait d’exception, il faut bien que je me préoccupe aussi des Lépidoptères xylophages. Or il arrive souvent qu’un arbre fruitier ou autre, bien portant ou paraissant l’être, car mes observations m’ont laissé souvent des doutes à cet égard, est attaqué par une chenille de Zenzera æsculi, par exemple, qui, après avoir fait à l’arbre, sous l’écorce, une plaie le plus souvent incicatnsablc, plonge dans le bois et y creuse une longue galerie longitudinale. Les ravages creusés par cette chenille sont une cause d’affaiblissement qui, si on n’y veille, peut provoquer des pontes de Sesia et même de Cossus. Le mal alors fait des progrès rapides,
tNTRODUCTION
la maladie s’aggrave, le Pæcilonota decipiens, les Scolytua destructor et multislriatus, les Hylesinus vittatiis et Kraatzi arrivent, s’il s’agit d’un Orme, le Scolytus rugulosus si c’est un arbre fruitier, et alors la mort est certaine. Le Cossus seul peut aussi provoquer les mêmes effets.
On voit donc dans quelles limites et sous quelles réserves j’ai affirmé le principe rappelé plus haut. Je me persuade qu’ainsi expliqué il ne provoquera pas d’objection sérieuse et que la science forestière trouvera dès lors rationnel le conseil que j’ai donné autrefois et que je renouvelle aujourd’hui de songer avant tout à planter et à semer dans les conditions de climat et de sol les plus favorables, puisque les arbres vigoureux bravent leurs*ennemis, ou bien à planter des essences qui, comme le Platane, n’ont pas chez nous des parasites, et qui, dès lors, s'ils deviennent malades, ont le temps de se remettre. A ce conseil j’en ajoute un autre qui m’est inspiré par la Zeuzera et le Cossus, c’est celui de veiller sur les arbres auxquels on a des raisons de tenir plus particulièrement, afin de les délivrer, dès qu’on peut s’en apercevoir, de l’ennemi qui compromet leur bienêtre.
Et maintenant j’entre en matière.
SCAPHIDIDES
Scapliisoma (silplia) agarleinuiii, L.
Fig. 1-8.
LARVE
Long. 3 millim. hexapode, charnue, assez délicate, un peu déprimée, ovale oblongue, presque linéaire, blanche en dessous, roussâtre en dessus, avec le bord des segments blanchâtre, hérissée de poils fins, assez raides et peu serrés.
Tête un peu plus que semi-discoïdale, roussâtre avec la lisière antérieure à peine plus foncée, subconvexe, lisse ; épistome très-peu distinct, presque soudé avec le front; labre transversal, semi-elliptique.
Mandibules teslacées, peu saillantes, assez larges, pointues à l’extrémité, avec une dent assez forte un peu en arrière, sur la tranche interne.
Mâchoires droites, descendant jusqu’à la base de la tète, leur lobe long, cylindrique, cilié; palpes maxillaires longs, débordant la tète, de trois articles, le premier assez court, le second beaucoup plus long, le troisième plus long encore et effilé.
Lèvre inférieure prolongée au milieu en une languette triangulaire; palpes labiaux grêles, de deux articles dontle second m’a paru le plus long.
Antennes de quatre articles, les deux premiers courts, le troisième bien plus long que ceux-ci réunis, en massue, un peu plus renflé en dehor.s. muni de deux soies, portant tout près de son extrémité interne un article supplémentaire grêle, cylindrique, inséré un peu en dessous; quatrième
r.VRVES DE COLÉOPTÈRES
article ovale, hérissé d’un verticille de soies et terminé par deux ou trois cils très-courts. Sur chaque joue, un peu en arrière des antennes, cinq ocelles noirs, obliquement elliptiques, disposés sur deux lignes un peu obliques, trois devant dont deux presque contigus et deux plus petits derrière, comme l’indique la figure que j’en donne.
Pi O thorax plus long et plus large que la tête, s’élargissant un peu d’avant en arrière, subarrondi sur les côtés, roussâtre avec la ligne médiane et le bord postérieur blanchâtres.
Mésothorax et métathorax égaux entre eux, plus courts que le pro- Ihorax, mais plus grands que les segments abdominaux, colorés absolument comme le prothorax.
Abdomen de neuf segments, à côtés parallèles jusqu’au cinquième inclusivement, puis se rétrécissant graduellement, ces segments roussâtres avec la lisière blanchâtre, sauf les deux derniers qui sont entièrement roussâtres. Neuvième segment assez court, incliné vers le plan déposition, muni à ses angles postérieurs d’une petite papille terminée par un poil.
Mamelon anal assez développé , assez épais, servant de pseudopode. Vu par derrière il paraît tronqué, et vu de profil il se montre comme fendu en travers.
Sur la tête et sur tout le corps se dressent des poils fins et blanchâtres clair-semés, mais symétriquement disposés.
Stigmates au nombre de neuf paires, la première au bord antérieur du mésothorax, les autres vers le tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Pattes longues, assez grêles, de cinq pièces, ongle compris ; cuisses ayant deux soies en dessous et une en dessus, près de l’extrémité ; tibias un peu sinueux en dessus, munis vers le milieu d’un verticille de soies assez courtes.
Cette larve a mis ma persévérance à une assez longue épreuve. Le nom spécifique de l’insecte parfait et, mieux encore, sa présence sur certaines productions fongueuses, principalement celles qui se développent sous les écorces soulevées, sous les pièces ou fragments de bois couchés sur le sol, me disaient que c’était là qu’était son berceau, là que je m'initierais à ses premiers états ; mais j’avais beau explorer tous les champignons, vainement je soulevais toutes les planches, je roulais tous les troncs, je déta chais toutes les écorces, je n’arrivais à rien. Je me livrais habituellement à ces recherches au printemps et à l’automne, saisons favorables au développement des mycélium, des champignons et des moisissures; mon insuc-
SCAPIllüIUKS. - SCAPIIISOMV 13
cès tenait-il à cette circonstance ? Je serais tenté de le croire et voici pourquoi.
Au commencement du mois d’août 1871, quelques pluies étant survenues, des champignons naquirent, et dans une excursion je rencontrai, sur une souche de Châtaignier, un Agaric sessile en voie de formation et d’une consistance d’abord tendre, mais qui devient ensuite assez coriace. D’assez nombreux Scaphisoma se promenaient sur les feuillets, et je me persuadai qu’ils étaient là pour pondre. Je m’abstins de les déranger, et huit jours après, malgré une distance de 8 kilomètres, je revins sur les lieux. Je détachai une portion de champignon et j’y trouvai plusieurs très-petites larves ayant quelques rapports avec des larves de Staphylinides, mais que je soupçonnais appartenir au Scaphisoma; je les emportai chez moi, et craignant que la dessiccation du champignon ne nuisît à mon éducation, je laissai le reste en place. Dix jours plus lard je refaisais la course, et j’emportais tout, heureux d’avoir constaté la présence d’un certain nombre de larves en bonne voie de développement, ou même presque adultes et qui promettaient de bien tourner. J’observai chez moi leur manière de vivre ; elles ne pénétraient [las dans la partie charnue, mais coriace de l’Agaric, elles se tenaient entre les feuillets, qui étaient assez serrés, et c’était le tissu des feuillets qu’elles mangeaient. Leurs érosions n’étaient que superficielles et constituaient une sorte de gravure irrégulière. Elles étaient peu actives, et si je les détachais, elles commençaient par se courber en arc, puis elles fuyaient d’une démarche beaucoup moins vive que celles des larves de Staphylinides. Après trois ou quatre jours d’une patience assez difficile à supporter, je n’y tins plus, et au risque de tout détraquer, je voulus voir s’il n’y aurait pas quelque nymphe; je déchirai donc prudemmentle champignon, et j’en trouvai plusieurs au fond des feuillets. Elles étaient fixées au plan de position parle mamelon anal de la larve et par la dépouille chiffonnée de celle-ci dans laquelle s’emboîtait la partie postérieure de leur corps. Leur forme me dit tout de suite qu’elles appartenaient au Scaphisoma, et les dépouilles prouvèrent très -péremptoirement que les larves observées étaient bien celles d’où provenaient les nymphes. Quelques jours après des Scap/iisoma bien alertes vinrent m’apporter leur irrécusable témoignage.
11 semblerait résulter de ce fait que c’est vers la fin de l’été que ce fongivore effectue sa ponte et que toutes ses évolutions s’accomplissent avant l’automne, ou au commencement de cette saison. Faut-il en conclure qu’il s’en tient là et qu’il passe, sans songer à se reproduire, indépendamment
14 LinVES DE coekoptèkes
de l’automne et de l’hiver, ce qui ne serait pas étonnant, le printemps et une partie de l’été? Quand on sait qu’il y a des insectes, même à premiers états très-peu durables, comme certains Antlionomus, par exemple, qui ne se montrent qu’une fois l’an, on ne voit rien d’extraordinaire à ce qu’il en soit de même du Scapkisoma; mais cet insecte apparaissant à plusieurs époques de l’année et n’étant pas, comme les Anthonomus et bien d’autres phytophages, inféodé à des productions qui ne sont à leur disposition qu’une fois par an, pouvant au contraire trouver presque continuellement les substances dont vit sa larve, je suis disposé à admettre qu’il ne fréquente pas au printemps les champignons uniquement pour se promener ou pour manger, et qu’il a une génération printanière.
Ses diverses parties sont emmaillotées comme à l’ordinaire, et elle se fait remarquer par des soies blanches, très-courtes et raides sur le front, sur le pourtour du prothorax, sur le mésothorax et le métathorax, sur toute la face dorsale et sur les côtés de l’abdomen ; ces dernières et celles des segments thoraciques sont un peu moins courtes. Le dernier segment est terminé par quatre appendices charnus, deux aux angles postérieurs, épais à leur base, puis subulés, arqués en dedans, roussâtres et subcornés, et deux intermédiaires, ellipsoïdaux et terminés par une soie excessivement courte.
HISTÉRIDES
Ahræus Hoffm.
Fig. 9-12.
LARVE
Long. 4 1/2 millim., subdâprimée surtout antérieurement, charnue, grêle, linéaire, mais un peu atténuée en avant et en arrière.
Tète plate, ferrugineuse, cornée, luisante, en parallélogramme plus long que large ; concave antérieurement, marquée dans cette concavité de deux sillons longitudinaux dont l’intervalle convexe représente une car rêne; marquée aussi d’une fossette vis-à-vis chaque mandibule et munie
ABREUS
IIISTÉUIDES. -
latéralement de quelques poils. Bord antérieur un peu avancé au milieu et dentelé.
Êpistome et labre nuis ou se confondant avec le bord antérieur. Dessous de la tête de meme couleur que le dessus, marqué de deux sillons longitu dinaux.
Mandibules ferrugineuses, longues, susceptibles de se croiser entièrement, étroites, acérées, arquées en faucille, munies en dedans, vers le milieu de leur longueur, d’une dent bien saillante, un peu arrondie sur sa tranche antérieure, pourvues en dehors de quelques soies.
Mâchoires très-longues, subcylindriques, de deux articles, le premier trois fois aussi long que l’autre, un peu convexe en dehors, sinueux en dedans, le second plus étroit à la base qu'à l’extrémité, portant intérieurement un lobe papilliforme terminé par un poil et extérieurement un petit poil.
Palpes maxillaire?: droits, de quatre articles dont les trois premiers vont progressivement en s’allongeant, mais en se rétrécissant, et le dernier, le plus court de tous, grêle et surmonté d’un tout petit poil. On voit aussi un petit poil au sommet externe du troisième article.
Lèvre inférieure soudée au menton, longue, atteignant rextrémitô du premier article des mâchoires, un peu arrondie au bord antérieur, plus large à la base, à côtés un peu sinueux, surmontée de deux palpes labiaux droits, un peu divergents et de trois articles, le premier un peu plus court que les autres qui sont égaux, le dernier terminé par un très-petit poil.
Antennes de quatre articles, le premier très-court et rétractile, le second de trois à quatre fois plus long, subarrondi au sommet, un peu convexe en dedans, et plus encore en dehors et portant vers le sommet de la convexité externe deux articles supplémentaires, le postérieur de moitié plus court que l’autre, et sur le sommet interne un poil. Quatrième article étroit, cylindrique, incliné en dehors, beaucoup plus court que le précédent avec lequel il fait un coude, subtronqué à l’extrémité qui porte trois ou quatre soies dont la centrale plus longue. Tous ces organes sont subcornés, ou du moins coriaces et roux avec l’extrémité des articles plus claire.
Ocelles nuis ou non apparents.
Prothorax bien plus long que la tête, de sa largeur antérieurement, s’élargissant singulièrement d’avant en arrière, ferrugineux et subcorné en dessus, moins le bord antérieur et les angles postérieurs; mésolhoraxoj •métathorax plus courts que le précédent, égaux entre eux et convexes sur les côtés, le premier un peu roussâtre sur le dos; ces trois segments plats
16 LillVES UE COEÉOPïÈUES
et blancs en dessous et munis sur les côtés d’un ou deux poils assez courts.
Abdomen d’un blanc un peu jaunâtre, de neuf segments à peu près égaux en longueur et un peu plus longs, du moins ceux du milieu, que le métathorax ; les huit premiers ayant quelques poils de diverses longueurs sur les côtés, en dessus et en dessous, à bords latéraux sinueux par suite de la dilatation de certaines parties, et marqués sur leurs deux faces de trois plis transversaux déterminant aussi des dilatations qui ont pour but de seconder les mouvemenls de la larve, favorisés en outre par de petits poils courts et raides qui paraissent correspondre aux intervalles des plis. Neuvième segment velu, déclive postérieurement, ayant à la naissance de la déclivité deux appendices charnus subconiques, très -divergents, hérissés de longs poils et formés de deux articles dont le premier épais, beaucoup plus long que le second qui est court et arrondi au sommet. En dessous une ampoule anale rétraclile, servant à la progression.
Neuf paires de stigmates, une près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Pattes assez courtes, grêles, munies de quelques poils et composées de cinq articles, ongle compris.
J'ai trouvé cette larve dans une souche de Châtaignier, avec la Formica [ïdiginosa. Je ne puis avoir aucun doute sur son authenticité, quoique, parmi de nombreux Abræus, se soit trouvé un Paromalus flavicovnis, car la larve de ce Paromalus^ qui figure dans mon Histoire des insectes du pin maritime, Ann. Soc. ent. 1854., p. 91, ressemble à celle du Platysomaoblongum et a, comme celle-ci, les appendices du dernier segment longs et nullement coniques, les palpes maxillaires de trois articles et les labiaux de deux. La larve de ï Abræus a au contraire les plus grands rapports avec celle du Plegaderus discisus que j’ai publiée aussi, loc. cit., p. 92; elle a comme elle les palpes maxillaires de quatre articles, les labiaux de trois, les appendices terminaux courts, subconiques et divergents; mais elle est un peu plus atténuée antérieurement, le prothorax est coloré sur une plus grande étendue et le mésothorax est un peu roussâtre sur le dos au lieu d’être blanc.
De quoi vit cette larve? Organisée comme elle l’est et ayant toutes les apparences d’une larve carnassière, dévore-t-elle les larves des fourmis? Cola n’est pas impossible, mais il peut se faire aussi qu’à l’exemple d’autres larves analogues, elle se nourrisse de matières excrémentielles. Les lois du parasitisme imposent, il est vrai, au plus grand nombre des espèces et
H1STJ3RIÜES. - ABROEUS 17
peut-être à toutes des ennemis chargés de prévenir leur excessive nuilliplrcation, mais il est à remarquer que ces ennemis n’attaquent ordinairement leurs victimes que lorsque la mère n’est plus là pour protéger ses petits. A l’égard des insectes sociaux, la situation n’est pas la même elles choses dès lors sembleraient devoir se passer autrement. 11 n’en est pourtant pas ainsi, et bien des étrangers s’introduisent dans ces sociétés si chatouilleuses à l’endroit de leurs nourrissons et .si bien armées pour les défendre. Ils y séjournent même en paix et je crois pouvoir en dire la raison.
Si la chenille de la Galleria cereella attaque une ruche, c’est que les Abeilles se trouvent dans un tel état d’épuisement et de désarroi qu’elles sont complètement indifférentes au bien-être de leur petit royaume. Si le Vespa crabro vit en bonne intelligence avec le Qiiediiis dilatatus, le Crt/ptophagus scanicus el leurs larves; d'autres Guêpes avec le Cryptophagus pubescens et des Anthomyia; les Bombus avec les Antherophagus et des Cryptophagus ; si ces insectes, toujours prêts à attaquer même les plus grands animaux assez mal avisés pour troubler leur repos ou inquiéter leur sollicitude, respectent les êtres chétifs qui ont l’air de les braver, ils doivent y avoir un intérêt. Cet intérêt je le trouve dans la nécessité, pour des colonies aus.si populeuses que les guêpiers, où se produisent tant d’immondices, d’avoir des agents qui les débarrassent de ces causes de malpropreté et d’infection. Il leur faut des vidangeurs et je les vois dans ces larves la plupart carnassières au fond^ mais toutes disposées, ainsi que j’en ai signalé de nombreux exemples dans mon Histoire des insectes du, Pin et ailleurs, à vivre exclusivement de déjections. Elles consomment donc, elles détruisent ce qui est une gêne, une incommodité, ce qui serait un danger pour la salubrité publique, et voilà pourquoi elles vivent en parfaite tranquillité dans ces milieux où l’activité est si grande, la vigilance si clairvoyante, la sollicitude si susceptible et où de redoutables colères s’allument si facilement.
Ce que je dis pour les Guêpes je puis, à plus forte raison, l’appliquer aux fourrais. Chez celles-ci, en effet, les insectes que l’on pourrait considérer comme des intrus sont nombreux et variés (1); mais les uns, comme les Pucerons, les Claviger, les, Lomechusa et peut-être d’autres, sont chargés de satisfaire leur gourmandise; les autres, tels que certains Staphyli-
(P M. Ernest AnJré, dans sa brochure intitulée ; Manuel descriptif des Ponrmis ctÉwope, a donné de ces insectes une très-longue liste qui dépassé assurément de beaucoup les lilhlles de lu réalité, ainsi qu'il le reconnaît lui-nième, mais qui est néanmoins fort appréciable à cause des recherches qu'elle a coûtées et des renseignements qu’oh peut y phiser.
PBR-
LARVES DE COLÉOPTÈRES nides, divers Psélaphides et Scydménides, les Abræus, les Catopsimorphus, les Merophysia, les Colovocera, etc., plusieurs petits Diptères, Scathopse, Phyllomyza, Phora, des Cloportes, des Podures, des Psoques et certainement aussi les larves de Cétoines que Pon y trouve fréquemment et celles des Clythres, sont des vidangeurs, et voilà pourquoi on choyé les premiers, on respecte les seconds.
Mais à côté des insectes que je viens de citer, et qui sont pour leurs hôtes des locataires ou des serviteurs utiles, il en est d’autres qui leur sont incommodes et nuisibles. Le Rlüpipkoras paradoxus et les Volucelles maltraitent plus ou moins les familles des Guêpes, le Cryplxis vesparum se joint à eux, et il est probable que les Pachylomma etVElasmosoma Berolinense qu’on voit voltiger autour des Fourmis et les Arachnides du genre Enyo qui vivent avec elles, ne sont pas tout à fait inoffensifs. Mais ces antagonismes sont la conséquence de ces" lois du parasitisme que j’ai signalées plus haut et qui sont des lois d’équilibre et d’harmonie générale. Les insectes sociaux, contraints de s’y soumettre, s’aveuglent sur le rôle que jouent ces ennemis faits pour eux, ou subissent fatalement leur inévitable intervention.
Paykull, dans sa Monographie des Hütérides, a décrit et figuré une larve qu’il attribue à la Hololepta qmdridentata Fab. Leach, Latreille et Erichson ont jugé que cette larve était d’un Diptère, et dans V Histoire des insectes du Pin j’ai démontré qu’elle appartenait à un Sargxts, ou à un Diptère voisin.
Les larves connues d’Histérides sont les suivantes ;
Hister merdarius Ent. Hefte. , Paykull, Monogr. p. 22, Audouin et Brullé, Hist. natur. des Ins., t. Il, p. 416 et Westwood, Introd., t. II, p. 182. Ces derniers auteurs n’ont fait que reproduire Paykull, mais M. de Marseul, dans sa Monographie des Hislérides , Soc. Ent. 1854, p. 167, a donné de cette larve une description et des figures plus complètes et plus exactes.
H.cadaverinus Paye. Latreille, Nouv. Dict. d’ Hist. natur., X. X,p.429. M. de Marseul, loc. cit. dit connaître la larve du H. unicolor L. qui ne différerait de celle du H. merdarius que par la dent des mandibules plus obtuse. Cette larve dirH. unicolor a été décrite et figurée par M. Schiôdte, de Metamorphosi Eleutheratorum Observationes, 1862-64, p. 62, pl. 1, avec cetie -précision de style, cette vérité, ce luxe et cette admirable perfection de détails iconographiques qui caractérisent l’éminent auteur.
PLatysoma obtongum F . , Perris, Soc. Ent. 1853, p. 275. — P. depressum F., ScHioDTE, lue. cit., p. 63, pl. 2.
HISTÉRIDES. - HISTEll
Paromalus flavicornis Herdst., Perris, Soc. Ent. ISôi, p. 91. Teretrius parasita Mars., Leprieur, Soc. Ent. 1861, p. 457. Plegaderus discisus Er., Perris, Soc. Ent. 1854, p. 92.
Voici le signalement de quatre autres larves.
llistci* flnodeciin-strintus, Schrk.
LARVE
Je donne la description détaillée de cette larve pour faire ressortir cer tains caractères importants omis par M. de Marseul dans sa description excellente, du reste, de la larve du H. merdarius.
Long., 10 millim. Hexapode, subcylindrique, d’un blanc roussâtre et charnue.
Tête aplatie, cornée, ferrugineuse, luisante, plus large que longue, un peu arrondie sur les côtés. Bord antérieur droit au milieu, avec trois dentelures triangulaires, au lieu de quatre indiquées pour la larve du H. merdarius, puis largement et obliquement échancré vis-à-vis les mandibules.
Épistome et labre nuis, celui-ci remplacé, sans doute, par les trois dentelures. Front creusé de quatre sillons, comme dans la larve du H. mer darius, ces sillons marqués de quelques petites fossettes.
Mandibules assez robustes, longues, arquées, pointues, munies vers le milieu de leur tranche interne d’une dent petite mais très-visible, un peu inclinée en arrière. Dessous delà tête formé, comme le dessus, d’une plaque cornée et luisante, marquée aussi de quatre sillons dont les deux médians sont convergents. Les pièces basilaires des mâchoires et du menton sont donc soudées et indistinctes ; ce qui reste libre de ces organes est implanté au bord antérieur de la plaque et se trouve, par conséquent, bien en saillie.
Mâchoires cylindriques, hérissées de quelques longues soies, de deux articles dont le second, bien plus court que le premier, porte en dedans un lobe papilliforme terminé par une longue soie.
Palpes maxillaires assez grêles, de trois articles, le dernier le plus long. A la base des mâchoires surgit une toulfe, un pinceau de soies jaunâtres d’inégale longueur et paraissant rameuses au microscope.
Menton à peine visible; lèvre inférieure cordiforme, sans languette, surmontée de deux palpes labiaux de deux articles, dont le dernier, le plus long, est terminé par de très- petites soies.
L\RVES DE COLÉOPTÈRES
Antennes do quatre articles, le premier court et rétractile; le second, le plus long de tous, un peu en massue; le troisième s’élargissant de la base à l’extrémité qui est obliquement tronquée, muni en dehors de deux sortes d’articles supplémentaires inégaux, entre lesquels on voit quelquefois une soie, et de une ou deux soies très-courtes au sommet interne.
Ocelles nuis.
Prothorax un peu plus large et au moins aussi long que la tête, de la même couleur et presque de la même consistance, sauf le bord antérieur qui est blanchâtre et submeinbraneux ; marqué de cinq sillons dont deux latéraux arqués, avec quelques rares poils de même que la tête.
Mésothorax et métathorax très-courts, plus larges que le prothorax, charnus avec un bourrelet latéral et quelques poils plus longs que ceux du premier segment.
Abdomen de neuf segments, le premier un peu plus court que les autres qui sont aussi longs que le prothorax; les huit premiers munis de quelques poils sur les côtés, en dessus et en dessous, d’une fossette de chaque côté, dessinant un bourrelet latéral et sur le dos de trois plis transversaux favorisant certaines dilatations qui ont pour but de seconder les mouvements de la larve. Dans les plis une forte loupe montre de petites granulations qui, sous le microscope, deviennent des soies spinuliformes la plupart arquées en avant. Sur le bord antérieur de ces segments se trouvent quelques petites plaques luisantes du centre desquelles sort un poil, et le bord postérieur est un peu tuméfié. Sur la face ventrale ces mêmes segments portent un ou deux plis transversaux ou obliques et arqués, très-fins, sans spinules, et un certain nombre de plaques luisantes. Antérieurement on voit une ou deux séries transversales de très-petites soies spinuliformes. Dernier segment assez velu, arrondi sur les côtés, échancré postérieurement, terminé par deux longs appendices bi-articulés dont chaque article est terminé par deux longs poils. Le premier de ces articles est renflé à l’extrémité.
Mamelon anal assez peu saillant, rétractile, marqué d’un pli transversal où se trouve l’anus.
Pattes courtes, très-grêles, deux ou trois soies assez fortes à la hanche, deux extrêmement courtes à l’extrémité de la cuisse; ongle représenté par une soie subulée, plus longue que le tibia, à la base de laquelle on en voit deux ou trois autres beaucoup plus courtes.
Stigmates comme dans la larve d'Abrcetis.
J’ai reçu quelques individus de celte larve, ainsi que deux nymphes, de
TIISTIÎRIDKS. - SVPRINUS
M. Tournier, de Genève; il les a trouvées les unes dans des bouses, les autres dans un compost formé de terre et de fumier. Les larves y avaient vécu, sans doute, d’autres larves, probablement de Diptères, qui se développent en si grand nombre et si rapidement dans ces milieux.
NYMPHE
Elle présente les caractères suivants : d’un blanc roussâtre ; deux soies roussâtres sur le devant du front, quatre sur le verlex, d’autres tout autour du prolhorax sauf le bord antérieur, deux sur l’écusson, huit, dont deux latérales, près du bord postérieur de chaque arceau dorsal de l’abdomen ; celui-ci un peu arqué en dessous. Dernier segment petit, mameloniforme, portant verticalement sur le dos une pièce constituée presque entièrement par deux crochets larges et membraneux à la base, acérés et un peu convergents au sommet. Les stigmates abdominaux sont très-visibles ; le dessous du corps est dépourvu de toute soie; les stries des élytres sont indiquées.
lIîMtci* (guadi'imaculatufs L.
Vers la fin de juin j’ai trouvé dans une bouse déjà sèche deux larves de cette espèce dont l’une m’a donné en juillet l’insecte parfait sans que j’aie pu étudier la nymphe. Cette larve ressemble tellement à la précédente que je n’ai pu y voir d’autres différences que les suivantes : taille, 17 millim., dent interne des mandibules peu ou point inclinée en arrière, appendices du dernier segment relativement un peu plus courts.
Sa|iriii»8 l'otuiidaiu^ Ile,
LARVE
Long., 8 millim. Sa comparaison avec les deux larves précédentes fait ressortir, indépendamment de la taille, les différences ci-après :
La Tête n’est pas longitudinalement sillonnée, elle présente seulement deux fossettes antérieures. En dessous cependant on voit un sillon médian longitudinal. Le bord antérieur m’a paru avoir quatre dents au lieu de trois. Le troisième article des antennes porte près du sommet extérieur deux articles supplémentaires bien visibles au microscope et presque égaux.
LAnVES DE COLÉOPTÈRES
\J abdomen, dépourvu de plaques luisantes, est beaucoup moins plissé sur le dos, et sur la face ventrale les plis sont droits et transversaux.
Tout le corps, sauf la face dorsale du protfiorax (et ce caractère est le plus saillant de tous), paraît, à une forte loupe, couvert d’aspérités ponctiformes très-petites, très-serrées etroussâtres ; au microscope, ces aspérités sont des spinules très-pointues, la plupart verticales, d’autres un peu inclinées en avant ou en arrière. On en voit aussi quelques-unes, mais bien plus petites, .sur le mamelon anal.
Enfin les articles des pattes portent à leur extrémité des soies plus longues et l’ongle, au lieu de se présenter sous la forme d'une soie plus longue que le tibia, a la forme normale et est à peine aussi long que la moitié du tibia.
Les métamorphoses des Saprinus sont, je crois, inconnues. M. de Marseul se borne à dire que leur larve, si les individus qu’il présume être des Saprinus le sont réellement, diffère très-peu de celles des Hister. Je ne puis, quant à moi, affirmer absolument que celle dont je viens de parler appartient à ce genre, mais comme elle est très-positivement de Histéride, que je l’ai rencontrée dans un poulailler au milieu des fientes de volaille et seulement avec des Saprinus rotundatus, je crois pouvoir, sinon avec certitude, du moins avec grande probabilité, l’attribuer à cette espèce. Les caractères différentiels qu’elle présente justifient le genre Saprinus-, reste à savoir si, par la comparaison avec d’autres larves de ce genre, ils justifieraient aussi le genre Gnathoncus créé par J. Duval et non admis par M. de Marseul.
La nymphe m’est inconnue.
J’ai également pris plusieurs fois l’insecte parfait sur les murs intérieurs de lieux d’aisance.
Teretriiis picipes F.
LARVE
Ainsi que je 1 ai dit plus haut, mon ami M. Leprieur a décrit la larve du Teretrius parasita. Cette larve m’est inconnue, mais j’ai reçu de Corse, de mon obligeant ami, M. Revelière, celle d’un Histéride qui", vu les circonstances où elle a été trouvée, ne peut appartenir qu’au Teretrius picipes qui habile, du reste, aussi la Corse. Elle a d’ailleurs ce caractère des man-
mSTKRIDES. - TERETRIUS 23
dibules complètement inermes que jusqu’ici présentent seules les larves de Teretriiis, mais en la comparant à celle du T. parasita dont elle a la forme générale et la couleur, on trouve les différences suivantes :
La tète n’est pas précisément lisse, sa surface est ruguleuse et striolée, et sur le front on voit deux ou trois petites inégalités. La face inférieure est subconvexe, unie, avec un faible sillon médian et de très-fines strioles. Le bord antérieur a des dentelures peu apparentes.
Les palpes maxillaires sont bien de quatre articles et les labiaux de trois, mais le dernier article est très-petit et à peine visible au micros-’ cope, soit qu’il existe naturellement ainsi, soit qu’il se trouvât accidentellement rentré dans le précédent.
Les antennes n’ont pas la forme que leur donnent la description et la figure delalarvede M. Leprieurj elles sont conformées comme celles des autres Histérides, et notamment celles de la larve du Plegaderiis discisus ; le troisième article est sensiblement élargi d’arrière en avant, et près du sommet extérieur il porte comme trois articles supplémentaires, l’antérieur bien saillant, les deux autres de grandeur décroissante.
Les pattes ne sont ni de longueur moyenne, ni robustes, ni trèsépineuses, elles sont assez courtes, grêles, et pour ainsi dire inermes, car c’est au microscope seulement que l’on aperçoit de très-petites soies sur les hanches et deux très-petits poils à l’extrémité des cuisses. L’ongle n’est pas muni en dessous de deux ou trois denticules aigus, il est inerme avec la base un peu dilatée. Sa longueur excède la moitié du tibia.
J’ajoute, pour mentionner un caractère important qui ne se trouve pas dans la description de M. Leprieur, qu’en dessus les huit premiers segments de l’abdomen ont un ou deux plis transversaux près du bord postérieur qui est un peu tuméfié, et que, près du bord antérieur, ils sont pourvus d’une ampoule ambulatoire qui, lorsqu'elle se dilate, ressemble assez à celles de certaines larves de longicornes. Cette ampoule est alors un peu déprimée au milieu, et à droite et à gauche de la ligne médiane on aperçoit, principalement sur les segments postérieurs, deux ou trois tubercules calleux. Sur la face ventrale ces segments m’ont paru n’avoir qu’un pli médian transversal qui disparaît lorsque la larve les dilate pour marcher. Le corps, muni de poils comme à l’ordinaire, est dépourvu de toute spinule.
M. Revelière a trouvé cette larve dans des sarments de vigne avec le Synoxylon sexdentatim dont elle est assurément parasite.
Je ne connais pas la nymphe.
Toutes les larves connues de Histérides se font remarquer par le bord antérieur de la tète qui est pourvu de dents, sans épistoine et labre distincts, par les mandibules falciformes, les mâchoires biarticulées avec un lobe relativement très-petit et par les appendices biarticulés du dernier segment; elles se rapprochent ainsi en partie des larves de certains Carabiques et de certains Staphylinides, dont elles se distinguent, du reste, à première vue, par la lenteur extrême de leur démarche ainsi que par la petitesse relative et l’écartement de leurs pattes étalées. Elles sont dépourvues d’ocelles. Leur corps est blanc et charnu avec la tête plate^, parfois même un peu concave antérieurement, ferrugineuse et cornée, et le prothorax partiellement de la même couleur et presque de la même cousis lance. Elles ont entre elles de très-grandes ressemblances, mais elles présentent pourtant des caractères différentiels assez remarquables, et qui deviendront probablement plus nombreux et plus saillants à mesure qu’on découvrira les larves de certains genres, surtout des exotiques. Ainsi, les larves de Ilister sont moins déprimées que celles de Platysoma, de Parornalus et de Plegaderus qui, vivant sous les écorces, devaient être moins cylindriques, et elles ont aussi la dent interne des mandibules beaucoup moins saillante. Mais ces différences ont bien moins d’importance que celles qu’offrent les larves de Plegaderus, lesquelles ont les palpes maxillaires de quatre articles au lieu de trois, les palpes labiaux de trois articles au lieu de deux, les appendices du dernier segment raccourcis, épais et coniques, au lieu d’être longs et effilés, et le mamelon anal plus développé. Ces caractères semblent, jusqu’ici, propres au groupe que M. de Marseul a nommé Abréens, car on les retrouve, comme on a pu le voir, dans la larve de VAbræus globosus, et ils existent aussi dans celle du Teretriiis parasita, sauf pourtant celui qui concerne les appendices du dernier segment qui sont semblables à ceux des larves des autres groupes de Histérides. Cependant on pourrait conclure de ce que j’ai dit de la larve du Teretrias picipes, que, dans cette larve, le caractère tiré des palpes semble perdre de son importance, puisque le dernier article de ces organes est très-petit. Ce serait là une larve de transition. Je dois rappeler aussi que les larves de Teretrius sont jusqu’ici les seules dont les mandibules soient inermes à leur tranche interne.
J’essaye provisoirement, et jusqu’à ce que d’autres genres soient connus, un tableau synoptique des larves de cette famille.
A Palpes maxillaires de trois articles, labiaux de deux.
JKSTIÎfllDES.
TERETRIUS
a Larve cylindrique, épaisse ; tête sillonnée en dessus et en dessous , son bord antérieur tridenté ; segments de l’abdomen avec des plaques luisantes ; ongles remplacés par une longue soie. Hister.
Tête avec deux fossettes seulement en dessus et un sillon médian en dessous-, segments de l’abdomen sans plaques luisantes ; ongles normaux. Saprinus (Gnathoncus)'!
aa Larve subdéprimée, allongée, bord antérieur de la tête raultidenté, ces dents bien apparentes; appendices biarticulés du dernier segment longs, ongles normaux. Platysoma.
Dents du bord antérieur de la tête peu apparentes, appendices du dernier segment courts. Paromahis,
AA Palpes maxillaires de quatre articles, labiaux de trois.
b .Mandibules munies d’une forte dent interne; appendices biarticulés du dernier segment très-courts, épais et coniques.
Larve peu atténuée antérieurement; sillons du dessus de la tête atteignant la moitié de celle-ci; prothorax blanc sur son tiers postérieur, mésothorax blanc, une plaque luisante visible sur le milieu des premiers segments de l’abdomen. Plegaderus.
Larve sensiblement atténuée antérieurement ; sillons du dessous de la tête extrêmement courts ; prothorax presque entièrement ferrugineux; mésothorax avec une bande roussâtre; plaques luisantes nulles ou peu visibles. Abrœus.
bb Mandibules sans dent interne, appendices biarticulés du
dernier segment assez longs, linéaires. Teretrius.
L’étude des larves des Histérides se recommande à l’intérêt des entomologistes. La plupart, en effet, de celles qui sont cannues sont des agents de cette loi du parasitisme qui joue un rôle si important dans l’harmonie et l’équilibre des productions de la nature. Elles sont probablement toutes carnassières, et si beaucoup d’entre elles, comme celles des Phelister, des Omalodes, des Hister, des Saprinus, des Onthophilus, des Bacanius, des Abrœus, desAcritus, vivent aux dépens des larves et des animalcules quels qu’ils soient qui se multiplient dans les déjections des grands animaux, les cadavres et les champignons en putréfaction, les détritus végétaux, les plaies purulentes des arbres, il en est un grand nombre, comme celles des Hololepta, des Leionota, des Macrostermis, des Platysoma, des Epierus, des Carcinops, des Teretrius, des Paromalus, des Trypanæus, des Piegaderus qui, se développant sous les écorces, ont pour mission de mettre un frein à la multiplication des insectes xylophages.
Il y a même ceci de particulier, et les observations ultérieures ajoute-
ronf des faits nombreux et probablement très -intéressants à ceux que j’ai le premier constatés, que les larves parasites des Xylophages paraissent affectées à des espèces déterminées. Ainsi, le Plalysoma oblongum et le Pavomalus flavicornis sont parasites, dans les Landes du moins, du Bostrichus stenograpims, le Plegaderus discisus dn Cryptiirgus pusillus, le Teretîius paranta de VApate xyloperthoides, le Teretrius picipes du Synoxijlon sexdentatum et probablement aussi du Xylopertha sinuata. D’autres appartenant aux genres Heloerius, Eretmotes, Dendrophilus, Myrmetes, Bacanius, Abvæiis, habitent les fourmilières où je crois qu’elles rendent des services au lieu d’y faire des victimes. J’ai constaté, en effet, en étudiant les larves subcorticales, que, lorsque les proies vivantes leur manquent, elles complètent leur développement en consommant les matières excrémentitielles des larves xylophages, à moins qu’elles ne trouvent dans ces substances des animalcules qui échappent à nos regards. C’est ce qui m’a fait dire que certaines larves myrmécophiles, susceptibles probablement de vivre des déjections des fourmis et de remplir dans leurs hal)itations le rôle de vidangeurs, s’attachent encore plus, peut-être, à les débarrasser d’hôtes incommodes.
Quant aux insectes parfaits sur lesquels on n’a aussi que trop peu d’observations, ils paraissent être généralement carnassiers. J’ai publié, d’après M. Revelière, le fait curieux du üister piistulosus faisant la chasse à des chenilles d'Agrotis. et le même savant a trouvé en grand nombre, en Corse, le Hister helhio occupé à dévorer, sur les feuilles de l’aulne, des larves de VAgeLastica alni. Évidemment les Histérides doivent être classés dans la catégorie des insectes utiles.
NITIÜULIDES
Sioi'onia (silplia) g:ri!«ea L.
LARVE
Dans mon travail sur les Insectes du Pin et à propos de la larve de [’Epuma obsoleta, j’ai mentionné celle de la Soronia grisea, dont M. Westwood a dit quelques mots et donné la figure, et dont la description, due à Erichson, a été reproduite dans le catalogue de mes amis, MM. Chapuis et Candèze. J’ai cru devoir critiquer quelques points de cette description et élever des doutes sur quelques autres. Je ne connaissais pas alors cette
^[TII)TILinES.
larve, mais je l’ai rencontrée depuis sur un écoulement de sève purulente provenant d’un ulcère d’un Châtaignier, et j’ai pu me convaincre que mes critiques étaient justes et mes hypothèses fondées.
Ainsi les antennes ont bien non pas seulement deux articles mais quatre, le premier gros et court, le second plus long, le troisième aussi long que les deux autres ensemble, le quatrième grêle, de la longueur du second, accompagné d’un article supplémentaire très-court, placé en dessous.
Les palpes maxillaires (dans la traduction de la description, il y a labiaux, sans doute par distraction) sont de trois articles et non de quatre;
Lù. lèvre inférieure, qu’Erichson n’a pas vue, est petite, transversale, et logée, presque cachée, ainsi que les deux palpes labiaux très-courts et de deux articles, dans l’arceau formé par les deux lobes maxillaires.
Les Mandibules sont conformées comme le dit cet auteur ; mais examinées de face, elles m’ont paru très -étroitement échancrées â l’extrémité.
Les ocelles, sur lesquels il est exprimé un doute, sont bien au nombre de trois de chaque côté, deux près de la base de l’antenne, assez rapprochés, et le troisième un peu obliquement en arrière ; ils ont bien l’air d’ocelles, car ils sont convexes.
Le prothorax est couvert d’une large bande d’un ferrugineux sale, n’atteignant pas les bords antérieur et postérieur, et interrompue au milieu par une ligne blanchâtre.
Quant aux segments abdominaux, chaque arceau dorsal, dit la description que je contrôle, présente une série transversale de points cornés bruns, et sur les côtés, un petit prolongelhent charnu, subconique, terminé par une soie blanche. Ce dernier caractère est exact, mais les points cornés bruns sont des aspérités qui ne forment série que sur la déclivité des segments et qui, à droite et à gauche de la ligne médiane, sont groupés presque en cercle. Ces aspérités, qui existent aussi sur le mésothorax et le métathorax, et qu’on voit d’autant plus saillantes qu’on s’approche plus de l'extrémité postérieure du corps, sont toutes surmontées d’une très-courte soie épaisse et spatulée, bien visible au microscope. Le dernier segment porte quatre cornes, deux à l’extrémité, assez longues, ayant quatre ou cinq petits tubercules piligères, et deux un peu plus courtes en avant sur le disque. La figure de M. Westwood les représente assez exactement. Tout le corps est couvert de cils spinuliformes extrèmemenis courts et serrés, mais bien visibles au microscope.
En ce qui concerne les stigmates, Erichson se borne à dire qu’ils sont
L\KVES DE COLÉOPTÈRES
au nombre de neuf paires, la première située inférieurement dans le pli qui sépare le prolhorax du mésothorax, les autres placées sur les huit premiers segments abdominaux, un peu en avant des prolongements latéraux. Cela est exact, mais comme je le soupçonnais en tenant compte du milieu dans lequel vit la larve, ces stigmates ne sont pas sessiles, ils sont tubuleux et saillants comme dans les larves d'Epuræa.
Voilà donc réglés, je crois, les caractères de cette intéressante et curieuse larve qui mériterait d’exercer le talent d’un habile iconographe.
(lyctus) uitidiilu» F.
l-’ig. 13-16.
LARVE
Long., 5 millim. Hexapode, blanche avec des bandes roussâtres peu sensibles, coriace, linéaire, sauf qu’elle est un peu atténuée vers les deux extrémités ; terminée par deux appendices cornés, trilobés.
Tête transversale, s’élargissant en s’arrondissant d’avant en arrière, roussâtre, marquée de deux impressions arquées et pourvue de quelques poils roussâtres.
Êpistome soudé au front, labre à suture presque indistincte,, semidiscoïdal, et ne paraissant pas cilié.
Mandibules peu épaisses, testacées avec la partie antérieure ferrugineuse, acérées si on les examine en dessus, et échancrées au sommet si on les examine de face.
Mâchoires grandes, assez épaisses, descendant un peu au delà de la moitié de la tête, libres, leur lobe assez long, arqué en dedans et surmonté de quelques petites soies extrêmement courtes.
Palpes maxillaires pouvant déborder la tète, de trois articles, dont le troisième un peu plus long que chacun des deux autres et terminé par de petits cils.
Lèvre inférieure transversale, un peu prolongée au milieu en une languette arrondie.
Palpes labiaux très-courts, de deux articles.
Antennes de quatre articles, plus un article supplémentaire de moitié au moins plus court que le quatrième.
Sur chaque joue deux points noirs représentant deux ocelles, un près de la base de l’antenne et un, beaucoup plus petit, obliquement un peu en arrière.
NITIDUHDES. - PflIZOPnAGÜS 29
Pvothorax plus grand que chacun des autres segments, antérieurement pas beaucoup plus large que la tête, mais s’élargissant un peu d’avant en arrière, lavé de roussâtreavec la lisière postérieure blanche et trois ou quatre poils roussâtres de chaque côté ; mésothorax et métathorax ayant deux ou trois poils de chaque côté et une bande d’un roussâtre pâle très-près du bord antérieur; sur la ligne antérieure de cette bande règne une sorte de crête fine et peu saillante, et la ligne postérieure est occupée par un pli.
Abdomen de neuf segments, les huit premiers ayant la bande d’un roussâtre pâle, la crête, le pli et les poils que l’on voit sur le métathorax. Dernier segment entièrement teint de roussâtre, muni sur le dos de deux tubercules cornés, en cône tronqué, et sur chaque bord latéral de deux tubercules dentiformes surmontés d’un jioil ; divisé postérieurement en deux lobes sépai-és par une échancrure profonde et arrondie, et chacun d’eux terminé par trois dents cornées, disposées en triangle, dont les deux supérieures sont échancrées et portent un poil assez long et l’inférieure est conique avec un poil beaucoup plus court.
Mamelon anal placé au milieu de la face inférieure de ce segment, rétractile, mais susceptible de devenir très-saillant, un peu en cône tronqué, sa face inférieure montrant de petits mamelons au centre desquels e.st l’anus.
Le corps, vu au microscope, est dépourvu do ces cils spinuliforines que j’ai signalés dans la larve précédente.
Stigmates au nombre de neuf paires, la première très-près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers le tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Pattes de médiocre longueur, pouvant un peu déborder le corps, de cinq pièces, ongle compris, hérissées de quelques courtes soies.
Dans mon Histoire des Insectes du Pin maritime, j’ai publié les métamorphoses du Rhizophagiis depressiis, dont la larve vit sous l’écorce du pin avec celles des Blastophagus piniperda et minov. Cette larve ressemble tellement à celle du Pi. nitidulus que je ne vois entre elles qu’une seule différence. Dans cette dernière, les deux dents supérieures des lobes postérieurs sont échancrées, tandis qu’elles sont entières et coniques dans celles du jR. depressiis.
J’ai trouvé au mois de mai la larve que je viens de décrire sous l’écorce d’un Châtaignier abattu depuis quatre ou cinq mois, en compagnie des larves du Dryocætes capronatns, Elle n’épargne pas celles qu’elle rencontre et elle vit aussi de leurs déjections. Comme sa congénère du Pin, elle s’enfonce dans la terre pour se transformer.
NYMPHE
Des soies blanches et bulbeuses à la base sur le front, sur le bord et sur le dos du prothorax et non du vertex, comme je l’ai dit par distraction dans la description de la nymphe du R. depressiis ; d’autres soies près du bord postérieur des segments abdominaux et deux sur chaque genou. Dernier segment divisé en deux lobes tronqués, dont chacun est terminé par une papille conique et deux longues soies.
Les larves de Nitidulides (catal. de Marseul) déjà connues sont les suivantes ;
Brachijpterus linarice, Cornélius, Ent. Zeit. dem Ent. Ver. zu Stelt.
Carpophilus 6 pusiiilatus F., Perris, Soc. Ent. 1853, p. 593.
Epiiræa obsoletaF., Bouché, Naturg. p. 188, et Perris, Soc. Ent. 1862,
Soronia grisea L., Cürtis, Linn. trans. vol. 1, Westwood, Introd. t. I, p. 141. — Audoüin et Brullé, Hist. nat. des ins. t. V, p. 397, etERiCHSON, Naturg. der. ins. Deutsch. p. 163.
Amphicrossus discolor Er., Candèze, Hist. des métam. de quelques Coléop. exotiques, p. 13 (de Ceylan).
Lordites glabriciila Murray, Candèze, loc. cit. p. 16 (de Ceylan).
Meligethes æneus F., Heeger, Sitzber. Wien. Acad. Wiss. 1854. — M. Symphiti Heer, Cornélius, loc. cit.
Pocadius ferruginciis F., Bouché, Naturg. p. 188, Westwood, d’après Bouché, Introd. t. I, p. 142, et Letzner, Berlin, Ent. Zeitschr. 1859.
Ips 4 pustulata. F., Frisch, Beschreib. von ail. Ins, p. 165, et Hbrbst, Naturg. ail. bek. ins. t. IV, p. 165, d’après Frisch. — /, ferruginea L., Perris, Soc. Ent. 1853, p. 596, et Letzner, Berlin, Ent. Zeit. 1859, p. 304 (1).
Bhiz-ophagus depressiis F., Erichson, Naturg. der. ins, Deutsch. t. III, p. 227, et Perris, Soc. Ent. 1853, p. 599.
En voici quelques autres.
(l)Ce que j’ai appelé l/s ferruginea csl l’espèce (|ue M. Abeille de l'eiiin en a délaeliée sous le nom d’i. kcvior. Le ferruginea parait propre aux ïoncs moins méridionales, et il est probable que la larve publiée par Jl. Leizner apparUenl à ce dernier.
NITIDULIDES.