C. ericæ — Bruyères diverses
Plusieurs des larves que je viens de signaler se transforment dans leur berceau même, accidentellement ou normalement, mais la plupart le quittent pour s’abriter sous terre.
Poophagus ScH.
Le P. nasturtii accomplit ses évolutions dans les tiges du Cresson et très-probablement le P. sysimbrii dans celles du Roripa amphibia.
Taplnotus Sch.
Le T . sellatus est un insecte des lieux marécageux que j’ai pris une seule fois. On le trouve, paraît-il, sur les Lisymachia.
Litodactylus Red. et Pliytobius Sch.
J’ai fait connaître les mœurs de deux espèces. La larve du L. velatus passe sa vie sous l’eau sur les feuilles des Myriophyllum. Elle est cou-
L\RVES DE COLÉOPTÈRES verte, comme les larves des Cionus, d’un mucilage qui finit par lui servir de cocon. Le L. leucogaster pourrait avoir les mêmes mœurs. Celle du P. notula vit de même, mais non dans l’eau, sur les feuilles du Polygonum hydropiper.
Barldias SCH.
Ce sont des hôtes des plantes herbacées. Les larves connues vivent toutes et se transforment dans les tiges, au collet de la racine. Elles habitent :
Celles des B. chlorü, chlorizans, laticoUis, cuprirostris, lepidii, qmdraticollis, opiparis et probablement prasiniis, les Choux, Colzas, Moutardes et autres Crucifères.
Celle du B. Arternisiæ, VArtemisia vulgaris.
Celle du B. analis, l'inula dysenterica, d’après mes observations.
Le B. spoliatus fréquente le Campliorosma Monspeliaca ; le B. T. album, les Joncs et les Cypéracées des marais; le B. scolopaceus, les Salsolacées; le B. nitens, les plantes aquatiques, d’après Miller, les Mauves en Corse, d’après Raymond ; le B. nivalis a été pris en abondance dans la région alpine des Pyrénées sur le Trèfle des Alpes. Ces indications pourront servir à la découverte de leurs larves.
Splienophorus Sch.
On ne sait rien sur les espèces européennes de ce genre. D’après les observations de Coquerel, les larves du S. lyratus, de la Martinique, se développent et se transforment dans les troncs morts des Bananiers. Celles de nos espèces sont probablement aussi lignivores.
Sitopliilus Sch.
Tqut le monde sait que le S. granarius attaque les grains du Froment, de l’Orge, du Maïs, et le S. oryzæ, ceux du Riz. J’ai reçu de M. Revelière des graines de Tamarinier de l’Inde peuplées de S. linearis, dont plusieurs occupaient la même graine.
Dr^^ophthorns ScH.
Le D. lymexylon ne détruit pas seulement le bois mort du Chêne, comme son nom générique l’indique, je l’ai trouvé aussi dans l’Aulne.
CURCULIONIDES
diserorbinus Fairm.
Encore un genre lignivore. Les larves du G. squalidus ont été trouvées dans l’Orme et celles du G. brevirostris dans le Figuier.
Cossonas Clairv.
M. Frauenfeld a trouvé la larve du G. ferrugineus dans un tronc mort de Peuplier et j’ai observé celle du G. lineafis dans un tronc pourrissant de Peuplier du Canada.
ITIesites ScH.
Les larves du M. Aquitanus pullulent parfois dans les souches de Pin qui. après avoir séjourné en mer, ont été jetées à la côte, et je ne les ai jamais rencontrées que dans ces conditions. M. Bauduer a trouvé en quantité celles du M. cunipes dans un tronc mort de Saule.
Pblceophagus ScH.
Ce sont, malgré leur nom, des mangeurs de bois plutôt que d’écorce. J’ai recueilli et parfois abondamment le P. œneopiceus dans les celliers, grignotant, ainsi que ses larves, et sculptant de vieilles douves et des pièces de Chêne posées à terre.
Rbyncolua Creütz.
Tous vivent de la substance ligneuse des arbres morts. Ils attaquent ;
Les R. cylindricus. elongatus, porcatus et strangnlatus, les Pins, et ce dernier, en particulier, les bois de charpente ; le R. chLoropus, les Sapins ; le R. simus^ les Peupliers ; le R. culinaris, l’Aubépine, le Cerisier, l’Orme: le R. submiiricatus , le Peuplier, le Saule, l’Aulne; le R. cylindnrostris, le Peuplw, le Marronnier ; le R. reflexus. le Chêne-liége, l’Orme; le R. punctulatus, le Peuplier, le Marronnier, le Chêne, l’Orme, le Sycomore; le R. gracüis, l’Orme (Damry); le fi. grandicoUis, l’Orme également (Damry); le R. exiguus, le Hêtre et le Tilleul (Bellevoye).
ii2
SCOLYTIDES
Erichsonet Redtenbacher ont réuni les Scolytides aux Curculionides et je n’ai vu dans les auteurs, pas même dans Lacordaire et J. Duval, aucune raison sérieuse de les en séparer. Je trouverais plutôt dans leur embarras à signaler des caractères différentiels, la preuve de la légitimité de cette réunion. J’ai voulu chercher un contrôle dans les larves, mais ici encore j’ai échoué. Érichson dit bien que la tête est, en général, plus allongée et plus forte ; que les mandibules sont un peu plus longues, les téguments plus fermes et toujours étiolés ; que le corps est cylindrique et son extrémité postérieure obtuse ; que les segments thoraciques sont plus grands et que l’ouverture anale est en forme de X ; mais en opérant des comparaisons, on voit bien vite qu’il n’y a rien d’absolu dans ces caractères et qu’on ne peut, d’une manière générale, en trouver un seul qui puisse justifier la séparation des deux cohortes. La forme, en exceptant la larve du Platypus cylindriis qui a une structure un peu anormale, est la même, peut-être avec les plis et les mamelons moins tranchés, le plus souvent, dans les larves des Scolytides ; la tête est aussi habituellement plus pâle, mais les mandibules n’off’rent normalement rien de particulier ; les antennes, presque invisibles, montrent à peine deux articles ; les palpes maxillaires sont, comme les palpes labiaux, biarticulés, et l’anus est en X, si l’on veut, dans les deux groupes, parce qu’il est quadrilobé. Je considère donc les Scolytides comme une section, une sous-cohorte des Curculionides motivée un peu par la forme des insectes parfaits, quoiqu’il n’y ait pas bien loin, sous ce rapport, des-Rhyncolus aux Hglastes, et principalement par les habitudes des insectes parfaits et des larves.
Ces habitudes, en effet, offrent quelque chose de particulier. Les Curculionides lignivores, à l’exception pourtant des derniers genres qui pénètrent jusqu’au bois ou dans le bois pour pondre, percent superficiellement l’écorce de petits trous dans lesquels ils déposent leurs œufs. Le.'^ larves plongent dès leur naissance, et les galeries qu’elles creusent sous l’écorce, pour vivre, sont d’une irrégularité telle, qu’on voit évidemment qu’elles n’ont été soumises à aucune règle. Une irrégularité moindre à la vérité, mais pourtant manifeste, caractérise les galeries de ponte et les galeries des larves des Phlæophagus, Rhyncolus, etc.
Les Scolytides, au contraire, perforent tous les écorces, le bois ou les
SCOIYTIDES
tiges des plantes herbacées pour déposer leurs œufs, et ils ont presque tous une règle invariable pour tracer leurs galeries de ponte, comme les larves en ont une dans leur œuvre d’alimentation. Tout le monde a vu sous les écorces des Ormes, des Chênes, des Pins, des Sapins, des arbres fruitiers, ces ravissantes arborisations, ces arêtes de poisson, ces étoiles rayonnantes qui sont le double résultat du travail de la mère pondeuse et de ses larve» ; tout le monde a pu constater la régularité des galeries creusées dans les profondeurs du bois par la femelle et les larves du Pla~ typus cylindrus, des Xyloteriis, des Xyleboru<i. Aucune larve de Curculionide, à ma connaissance, ne présente au même degré des caractères de mœurs aussi frappants, et voilà surtout en quoi les Scolytides se distinguent.
Et cependant cette distinction n’est pas absolue, car dans cette dernière section il est des espèces, en très-petit nombre il est vrai, mais il en est dont les galeries présentent de l’irrégularité et semblent être l’œuvre du caprice plutôt que la conséquence d’une règle immuable ; de sorte qu’alors il faudrait reporter ces espèces dans les Curculionides ou rattacher aux Scolytides les genres de la famiUe des Cossonides. Cela veut dire que, même sous ce dernier rapport, la ligne de démarcation ne saurait être tracée d’une manière rigoureuse, sans compter que les particularités du travail ou de l’industrie des insectes ne suffisent pas pour établir ou pour justifier les classifications méthodiques.
Ce n’est pas uniquement parce que les Scolytides me paraissent appartenir aux Curculionides que j’en parle à la suite de ces derniers. Le plan de mon œuvre m’y a conduit naturellement, car le Châtaignier nourrit chez nous, sous son écorce, les Dryoccetes villosus et capronatus, si communs sur le Chêne, et dans son bois le Xtjleborus saxesenii qui attaque des arbres si divers. J’ai dit en commençant qu’il paraît absolument réfractaire aux espèces du genre Scolylus. Dans mon travail sur les insectes du Pin maritime, j’ai publié assez de larves de Scolytides, et elles ressemblent d’ailleurs assez à celles des Curculionides pour que je m’abstienne ici d’une description nouvelle. Je passe donc à la nomenclature des espèces dont les larves sont connues.
Hylastes trifolii, Müll. — H. ater, Pays. — H. palliatus Gyll. — H. cunicularius, Ea,, Catal. p. 240. — H. ater, Payk., Perris, Soc. Ent. 1856, p. 233, et Goureau, Ins. nuis, aux forêts, p. 90. — H. palliatus Gyll. — H. angiistatus Herbst, — H. attenuaius Er. — H. linearis Er., sous le nom de variolosus Perr., Perris, Soc. Ent, 1856, p. 224-229.
Hylurgus ligniperda F. — H. dentatus Say (exot.), Catal. p. 239. — H. ligniperda, Perris. Soc. Ent. 1856, p. 204.
BUistophagus (Hylurgus) piniperda F., Catal. p. 230, et Goüreau, loc. cit. p. 87. — B. piniperda. — B. minor Hart., Perris, Soc. Ent. 1856, p. 208 et 221.
Kissophagus (Dendroctonus) hederce, Schmidt, Catal. p. 239.
Dendroctonus micans Kugel., Catal, p. 239, et Kollar, Sac. Zool. et Bot. devienne, 1858, p. 23.
Hylesinus oleiperda F. — H. vittatus F. — H. crenatus F. — fl. fraxini F. — fl. spartii Nordl. Catal. p. 238. — fl. fraxini. — fl. crenatus. — fl. oleiperda, Goüreau, 1ns. nuis, aux forêts, p. 92.
Phlceotribus oleæ F., Catal. p. 238.
Polygraphus pubescens F., Catal. p. 238, et Heeger, Sitzber. der Kaiserl. Acad, der Wiss. 1866.
Scolytus intricatus Ratz. — S. multistriatus Marsh. — S. pygmæus Herbst. — S. rugulosus Ratz., hæmorrhous Meg. — S. pruni Ratz. — S. caipiniP.n. — S. destructor Ol. — S. amygdali Guér.-Mén. — S. Strobi (exot.). — S. pyri (exot.), Catal. p. 237. — S. destructor Ballinger, Wollst. Gesch. d. Borkenkæf. 1798, p. 720; Jænsch, Arb. Schles. Gesells, 1869, p. 3, et Letzner, ibid. 1844, p. 65. — S. pygmæus, Letz- NER, ibid p. 68. — S. destructor. — S. pygmæus. — S. multistriatus — S. ulmi Redt. — S. Ratzeburgi Janson.— S. intricatus, Goüreau, 1ns. nuis, aux forêts, p. 97-106. — S. rugulosus. — S. pruni, Goüreau, Ins. nuis, aux arbres fruitiers, p. 6 et 22.
Xyloterus lineatus Ol. — X. domesticus L., Catal. p. 236, et Goüreau, Ins. nuis, aux forêts, p. 85.
Crypturgus cinereus Herbst. — C. pusillus Gyl., Catal. p. 236. — C. pusillus, Perris, Soc. Ent. 1856, p. 201.
Cryphalus abietis Ratz. — C. piceæ, Ratz. — C. tiliæ F. — C. (Crypturgus) fagiF., Catal. p. 235. — C. granulatus Ratz., Heeger, Sitzber. derKaiserl. Acad, der Wiss. 1866.
Hypoborus mori Aube, Goüreau, 1ns. nuis, aux arbres fruit., 2® suppl. p. 9.
Bostrichus typographus L. — B. laricis F. — B. curvidens Germ,, orthographus Dufts. — B. cembræ Heer. — B. stenographus Dufts. — B. chalcographus L. —, B. bidens F. — B. quadridens Haas. — B. acuminatus Gyl. — B. bispinus Dufts. — B. exesus Harr. (exot.). — B.pini Say (exot.), Catal. p. 233. — B. (Tomicus) stenographus. — B. laricis.
SCOLYTIDES
— B. bidens, Perris, Soc. Ent. 1856, p. 173-187. — B, bispinus, Gou- REAiT, Ins. nuis, aux arbres fruit, p. 17. — B. typograpkus. — B. chalcographus. — B. stenographus. — B. laricis. — B. bidens. — B. curvidens, Goureaü, Ins. nuis, aux forêts, p. 68-81. — B. cembræ. — B.chalcographus. — B. typograpkus. — B. laricis, Bischoff-Ehinger, Mitheil. der Schweiz. Entomol. Gesells. t. IV.
Pityophthorus (CrypturgusJ pityographus Ratz. — P. Lichtensteini Ratz., Calai, p. 236. — P. (Tomicus) ramulorum Perr. Perris, Soc. Ent. 1856, p. 191. On croit que cette espèce est la même que le pityographus ; j’en doute encore à cause de ses mœurs.
Dryocœtes (Boslrichus) autographus Ratz. — D. bicolor Herbst. — D. villosus F. — D. dactyliperda F., Catal. p. 234.
Xyleborus (Bostrickus) dispar F. — X. monographus F. — X. (Xyloteres) Saxesenii Ratz., Catal. p. 234 et 237.— X. eurygraphus Er., Perris, Soc. Ent. 1856, p. 194, et Goureau, 1ns. nuis, aux forêts, p. 83. — X. dispar, Klingelhceffer, Stett. Ent. Zeit. 1843, p. 85.
Thamnurgus (Bostrickus) Kaltenbachii Bach., Catal. p. 235.
Platypus cylindrus F., Catal. p. 232.
Les mœurs des Scolytides sont assez connues, et j’en ai dit assez également dans mes Insectes du Pin maritime pour que je puisse me dispenser de traiter ici longuement ce sujet. Je me bornerai donc à faire connaître les habitudes des espèces non comprises dans la nomenclature qui précède et que j’ai été à même d’observer.
Hylesinus thuyœ et Aubei, sous l’écorce des Thuyas et des Genévriers. Les galeries de ponte sont longitudinales et par suite celles des larves transversales. — H. Perrisi Chap. sous l’écorce du Lentisque en Corse.
H. Kraatzi, sous les écorces lisses de l’Orme. Comme celles du H. vittatus, ses galeries de ponte sont longues et transversales.
Trypophlæus (Cryphalus) binodulus, sous les écorces lisses des Peupliers. Galeries de ponte longitudinalement irrégulières.
Hypoborus ficus et genistæ, le premier sous l’écorce du Figuier, le second sous celle du Genista scorpius. Galeries de ponte assez larges et transversales comme celles de VH. mori.
B. bidens. D’après Ratzeburg, il ne vivrait que sur le Pin; or, j’ai trouvé des générations très-prospères et qui ont fort bien réussi sous l’écorce de jeunes Epicéas de cinq ou six ans morts à la suite de leur transplantation.
Dryocœtes capronatus, sous l’écorce des Chênes et plus rarement des Châtaigniers. Galeries de ponte transversales.
D. coryli, sous l’écorce du Noisetier. Galeries de ponte sinueusement longitudinales.
Xyleborus dryographus , dans l’aubier du Chêne. Galeries de ponte plongeantes.
Carphoborus minimus sous l’écorce des Pins.
Thamnnrgus Ruphorbiæ, dans les tiges vUa.ntes deVEuphorbia amygdaloides. La femelle pénètre dans la tige sur un ou deux points et dépose ses œufs. Plusieurs larves peuvent vivre dans la même tige. CelleT-cine meurt pas ordinairement avant le temps, mais sa floraison avorte presque toujours. C’est, avec le T. Kaltenbachii, le seul Scolytide connu d’Europe dont les larves vivent dans une plante franchement herbacée. Après avoir ailleurs exprimé des doutes, j’admets, puisque des témoignages non suspects l’affirment, que le H. trifolii, dont j’ai observé les larves sous l’écorce du Genêt à balais, pond dans les racines du Trèfle et de la Luzerne, et je m’en étonne peu, du reste, sachant que ces racines acquièrent presque la dureté du bois.
PLatypus oxyurus, espèce des Pyrénées occidentales, qui vit dans le bois du Hêtre.
LONGICORNES
Dans l'ouvrage de mon illustre ami M. Mulsant, le premier groupe des Longicornes est celui des Cérambicides qui se divise en Spondyliens, Prioniens, Cérambycins.
La famille des Spondyliens ne renferme qu’un seul genre et une seule espèce d’Europe, le Spondylis bupre&toides L. J’ai décrit, dans mon Histoire des insectes du Pin maritime, sa larve et’ sa nymphe, déjà connues par les travaux de MM. Ratzeburg et Westwood. La larve a la tête assez saillante, les mandibules pointues et en biseau très-oblique, des pattes assez longues, le prothorax assez fortement ponctué antérieurement, la plaque méta-prothoracique très-finement et très-densément chagrinée, les ampoules ambulatoires chagrinées aussi et plissées, le dernier segment muni de deux épines coniques.
La nymphe est spinuleuse.
J’appelle très-spécialement l’attention sur les considérations critiques
LONGICORNES 417
que j’ai exposées, au sujet de la classification de cette famille, dans les généralités qui suivent l’article relatif au Sympiezocera.
Les larves déjà connues de la famille des Prioniens sont les suivantes ;
1° Celle du Prionus coriarius L., dont se sont occupés Rœsel, West- \vood et même, dans son Hist. Nat. des Crust. et des Ins. Latreille, qui considérait alors le prothorax comme faisant partie de la tête.
2® Celles des Macrotoma corticina Klug , de Madagascar, et héros Graeffe, des îles Viti, décrites la première par Coquerel, Soc. entom. 1862, p. 107, et la seconde par Dohrn, Entom. Zeiî. 1868, p. 201.
3® Celle du Prinoàius Germari Muls., aujourd’hui Ifi/ardi Muls., dont MM. Mulsant et Revelière ont publié une description détaillée (9® opusc. Entom. 1859, p. 184), à laquelle je ne trouve rien à redire si ce n’est qu’elle donne quatre articles aux palpes maxillaires, tandis qu’ils n’en ont que trois comme dans toutes les autres larves de Longicornes, et d’après la vérification que je viens d’en faire sur la larve même du Prinobius. M. Lallemant a fourni {Soc. Ent. 1859, Bull., p. cxxxvii), quelques indications sur les métamorphoses d’un autre Prinobius que M. Fairmaire décrit aussitôt après sous le nom de lethifer, et que M. de Marseul, dont, comparaison faite des deux espèces, je serais assez disposé à admettre l’opinion, porte dans son catalogue comme étant le même que le Myardi. M. Fairmaire néanmoins a cherché à faire ressortir les différences qui séparent les mâles de ces deux espèces et il a fait remarquer que le lethifer vit en Algérie dans le Frêne, tandis que le Myardi se développe en Corse dans le Chêne vert. Plus loin (loc. cit., p. cxlix) il revient sur les différences qui concernent les femelles et il parle des œufs qui sont longs de 3 millim., d’un blanc d’ivoire, avec la surface finement réticulée.
La nymphe n’ayant pas encore été décrite, je crois devoir donner le signalement de celle du P. Myardi que je dois, ainsi que la larve, à M. Revelière. Elle présente, disposées comme à l’ordinaire, les diverses parties de l’insecte parfait. Le prothorax est ruguleux et ridé en divers sens; l’écusson est couvert de callosités tuberculeuses; la face dorsale des segments de l’abdomen est parsemée de spinules cornées, dirigées en arrière, qui en font une sorte de râpe ; les côtés sont parcourus par des rides sinueuses et serrées ; le dernier segment est inerme.
4“ Celle de VErgates Faber, dont mon ami M. Lucas a publié avec de
PER
L4RVES DE COLÉOPTÈRES grands détails la larve et la nymphe dans les Ann. de la Soc. Ent. p. 169, et plus tard,- avec figures, dans l’Exploration scientifique de l’Algérie, p. 481, pl. 41, et dont j’ai assez longuement parlé moi-même dans mon Histoire des insectes du Pin maritime (Soc. Ent. 1856, p. 444. Je ferai remarquer que l’œuf de cet insecte, dont j’ai donné le dessin, a les plus grands rapports avec celui du Prinobius.
5“ Celle de YÆgosoma scabricoxne par MM. Mulsant et Gacogiie (Sixième Opiisc. Entom. p.79) et Dôbncr ("Ber/m. Entom. Zeitschr. 1862).
C’est tout ce que l’on sait, à ma connaissance, sur la famille peu populeuse, du reste, des Prioniens. Voici ce que je puis y ajouter :
ÆgoiSiOB»» (Prionus) gcabricornc FaB.
rig. 407-410
Ainsi que je viens de le dire, M. Mulsant a donné, de concert avec M. Gacogne, la description de la larve brièvement hexapode et de la nymphe de VÆgosoma scabricorne, et je ne puis qu’y renvoyer, en priant de tenir compte des indications suivantes :
Je ferai observer d’abord que la larve ressemble beaucoup à celle de Y Ergotes Faber, remarquable, entre autres caractères, parles sinuosités et les profondes échancrures du bord antérieur de la tête. Je donne, par un dessin, l’idée de ces sinuosités dans la larve de VÆgosoma. Les mandibules, obliquement coupées à leur tranche interne, comme le disent les auteurs cités, sont, vues de côté, très-émoussées et arrondies à l’extrémité, selon toutes les apparences par suite de l’usure ; elles sont parcourues au milieu par une crête transversale obtuse et marquées ensuite jusqu’à la base de deux dépressions. Le lobe cilié qui forme la partie antérieure de la lèvre inférieure (languette de MM. Mulsant et Gacogne), et qui, dans les larves de plusieurs autres groupes, est petit et peu saillant, est ici épais, charnu, arrondi et atteint l’extrémité des palpes labiaux. Ces derniers sont bien de deux articles, mais, en ce qui concerne les palpes maxillaires, les entomologistes lyonnais s’en sont laissé imposer par un pli profond qui existe à la face externe des mâchoires, et qui des sine, à s’y méprendre, un article basilaire ; ils ont, dès lors, donné à ces palpes quatre articles, mais ils n’en ont en réalité que trois. Les
LONGICORNES
antennes, insérées dans une profonde échancrure du bord antérieur, n ont que quatre articles, ti en les observe en dessus, mais quand on les examine de côté, on constate que, sous le quatrième article, il en existe un autre bien plus petit qui lui est adossé. Cet article supplémentaire, dont il n’est point parlé, se trouve dans toutes les larves de longicorne que j’ai observées. Il n’existe aucun point ou tubercule ocelliforrae.
Le prothorax est antérieurement ruguleux et postérieurement réticulé, avec la partie ruguleuse seulement parsemée de poils roussâtres, dressés et très-courts. Le reste du corps est à peu près glabre. Le mésothorax en dessous et le métathorax sur ses deux faces, ainsi que les sept premiers segments abdominaux ont une ampoule ambulatoire peu déprimée au milieu, lisse, circonscrite par des plis profonds. Ces ampoules n existent pas sur les deux derniers segments où elles sont remplacées par des bourrelets latéraux. Le septième segment abdominal possède à la fois les ampoules et les bourrelets. Tout le corps, vu à un très-fort grossissement, est couvert d’une granulation extrêmement serrée et de la plus grande finesse.
Les stigmates sont roussâtres, à péritrème elliptique, au nombre de neuf paires placées, comme le disent MM. Mulsant et Gacogne, sur le mésothorax et sur les huit premiers segments abdominaux.
On remarque, à une forte loupe, sur les six premiers segments abdominaux, ceux qui n’ont pas de bourrelet latéral, et à une petite distance au dessous du stigmate, une aréole à contour subelliptique au centre de laquelle est une faible dépression arrondie d’où rayonnent des lignes très fines et un peu sinueuses. Du côté inférieur ces rayons sont trèscourts et se perdent dans des rides longitudinales. J’observe pour la première fois cette modification locale du tissu externe et j’appellerai aréoles ridées ces auxiliaires probables des agents de la progression. Elles se retrouvent dans les larves d’Ergates, et jusqu’à un certain point, mais sur les trois premiers segments abdominaux seulement, dans les larves des Cerambyx, où elles sont elliptiques, mates, avec des rides concentriques presque imperceptibles.
D’après MM. Mulsant et Gacogne, cette larve vit dans le Tilleul, le Marronnier, le Sycomore, l’Orme, etc. ; je l’ai trouvée dans une souche de Châtaignier et dans des troncs de Chêne, de Saule et de Pommier où elle se conduit comme les larves d’Ergates et de Cerambyx. Selon M. Buysson (Pe.t. Nouv. Entom.. n" 168), elle habite dans l’Ailier le Noyer et en Auvergne le Peuplier.
NYMPHE
Elle a été très-bien décrite par les entomologistes de Lyon ; elle ne se fait remarquer que par les petites épines qu’elle porte sur le dos des segments de l’abdomen.
Tragosonia (Cerambyx) depeariuiii L
Long. 40 millim., semblable à celle de l’Ægosoma scabricorne, non pas glabre, ou à peu près, comme elle, mais ayant des poils roussâtrcs assez longs et assez nombreux, sans être serrés.
Tête roussâtre avec le bord antérieur noir, corné, sinué comme l’indique la figure que j’en donne, et derrière ce bord une crête à quatre dentelures obtuses.
Ëpistome un peu plus étroit relativement que celui de la larve précitée et d’une largeur égale au quart de la largeur antérieure de la tête.
Mandibules robustes, longues, d’un noir luisant dans leur moitié antérieure, mat dans leur moitié postérieure, pointues de quelque côté qu’on les regarde, extérieurement marquées de stries sur une bande médiane transversale, et, en arrière, d’une dépression qui s’étend jusqu’à la base ; très-semblables, en un mot, à celles de la larve d’Ergates.
Languette un peu moins saillante que dans la larve de YÆgosoma.
Au dessous des antennes, sur une sorte de biseau du bord antérieur, trois tubercules arrondis, ferrugineux, lisses, bien saillants et qui ne peuvent être que des ocelles.
Prothorax ruguleux et ridé, ainsi que tout le reste du corps, mais beaucoup plus fortement.
Pattes exactement semblables à celles de la larve de l’Œgosoma, ainsi que les ampoules ambulatoires, mais celles-ci ruguleuses et ridées comme les surfaces ambiantes.
Stigmates identiques. Au dessous de ces stigmates, sur les six premiers segments abdominaux, on retrouve les aréoles ridées, mais les rayons sont tous très -courts et les limites des aréoles sont indéterminées et sc confondent par leurs rides avec les rides générales.
LONGICORKES
Cette larve vit dans les Pyrénées du bois des souches du Pinus uncinata, où elle creuse de larges et profondes galeries. Elle se transforme en nymphe près de la surface.
NYMPHE
Elle n’est remarquable que par les épines cornées, coniques et la plupart inclinées en arrière qui existent sur la face dorsale des segments abdominaux. Ces épines forment sur chaque segment, sauf le dernier qui en est presque dépourvu, six groupes, deux médians, deux latéro-dorsaux et deux latéraux. L’extrémité de l’abdomen est divisée en lobes surmontés de papilles coniques coriaces, mais n’ayant pas la consistance des épines. Ces épines et papilles servent à la nymphe à se hisser en avant et lui permettent de pirouetter assez rapidement sur elle -même.
En résumé, les larves des Prioniens forment un groupe naturel comme les insectes parfaits. Les différences qu’elles présentent sont spécifiques ou génériques, mais elles se ressemblent par les principaux caractères. La largeur de leur épistome est du tiers au quart de la largeur du bord antérieur de la tête ; ce bord antérieur est sinué ou denté, mais à un moindre degré dans la larve du Prinobius ; les mandibules sont robustes, bosselées ou striées extérieurement et pointues à l’extrémité ; la lèvre inférieure s’avance en un lobe épais, arrondi et cilié, qui atteint l’extrémité des palpes labiaux ; le prothorax est rugueux avec quelques points épars ; les ampoules ambulatoires sont lisses ou superficiellement ruguleuses comme le reste du corps, marquées seulement d’un pli de chaque côté, et en outre les supérieures de deux plis transversaux, les inférieures d’un seul ; les paltes sont très-courtes et velues ; enfin ces larves sont presque glabres, ce qui est peu commun dans les larves de Longicornes.
Après les Prioniens de M. Mulsant viennent les Cérambycins, divisés en huit branches dont la première, les Cérambyçaires, correspond aux Cerambycidæ du Catalogue de Marseul.
Les premiers états du Cerambijx cerdo L., héros Scop., ont été décrits par MM, Ratzeburg et Westwood, et MM. Chapuis et Candèze, dans leur Catalogue des larves, ont suffisamment décrit la larve du C. Scopolii Laichart. cerdo Scop., en disant qu’elle ne diffère que par la taille de celle
du G. cerdo L. Us auraient même pu se dispenser de signaler, comme caractère différentiel, les stries longitudinales de la plaque méta-prothoracique, attendu que ces stries grossières et sinueuses existent aussi dans cette dernière, quoiqu’elles ne se trouvent pas indiquées dans la figure de Ralzeburg, qui ne met pas non plus assez en relief les tubercules des ampoules ambulatoires. Pour en donner une idée, ainsi que des mandibules et en outre des spinules de la nymphe, je dirai quelques mots des états du G. Mirbecki.
M. Candèze (Soc. des Sc. de Liège, 1861) a publié la larve du Trichodcres fini Chevr., du Mexique.
C/'craiiibyiL Mîrbecliî Luc.
Fig. 417-i20
LARVE
Très-semblable à celles des G. cerdo et ScopoHi; comme elles un peu velue et hexapode ; comme elles tête noire, grossièrement et inégalement marquée de points écartés, rugueuse sur les côtés, bord antérieur un peu sinué ; épislome étroit, d’une largeur égale au cinquième de la largeur de la tête; labre plus que semi-discoïdal ; mandibules assez courtes, arrondies à l’extrémité, marquées en dehors d’un sillon assez profond; prothorax ti'ès-foncé, en partie sub corné, ponctué sur sa moitié antérieure, avec quelques rides transverses, et postérieurement fortement marqué de stries sinueuses d’inégale longueur; ampoules ambulatoires à peine déprimées au milieu, couvertes de tubercules comme l’indiquent les figures que j’cn donne.
Elle vit d’abord sous l’écorce puis dans l’aubier du Chêne-liége, en Algérie. Je l’ai reçue de Bône de mon ami M. Leprieur.
NYMPHE
Semblable à celle du G. cerdo ; elle est glabre, mais sur la face dorsale des segments de l’abdomen, marquée de quatre fossettes réunies par des dépressions arquées, on voit de petites spinules cornées, disposées comme on peut le voir dans mon dessin.
LONGICORISES
Purpiiricemis (Ceranibyx) kcebleri L.
Fie. 421-420.
LARVE
Long. 15- 20 mülim. D’un blanc un peu jaunâtre, sublélraédrique,. ayant des poils voussâtres dont quelques-uns longs et peu serrés sur les flancs, plus nombreux sur le prolhorax et sous les segments thoraciques ; ceux-ci munis chacun d’une paire de pattes assez courtes, de quatre articles presque égaux, y compris un ongle subulé, et hérissées de quelques poils.
Tête profondément enchâssée dans le prothorax, saillante d’une longueur égale au quart de sa plus grande largeur, lisse, luisante, roussâtre avec le bord antérieur d’un brun ferrugineux et marqué d’une série de points enfoncés. Ce même bord étroitement et très-peu profondément échancré au milieu, puis subsinueux et enfin déclive vers les angles.
Êpistome transversal, d'une largeur égale au cinquième de la distance qui existe entre les antennes, subarrondi antérieurement, surmonté d’un labre presque discoïdal, densément cilié de roussâtre.
Mandibules d'un noir luisant, avec la base un peu ferrugineuse, assez courtes, non échancrées età peine taillées en biseau quand on les examine en dessus, et, vues de côté, se montrant très-obtusément arrondies à l’extrémité, avec un sillon transversal et un autre longitudinal.
Mâchoires assez robustes, obliques, comme coudées sur une pièce cardinale et munies d’un lobe interne large, épais, cilié de soies roussâtres et atteignant le niveau du sommet du second article des palpes maxillaires.
Palpes maxillaires à peine arqués en dedans, coniques, de trois articles égaux ou à peu près en longueur. Un pli externe de la mâchoire et fortement prononcé porterait à croire que ces palpes ont quatre articles, mais un examen attentif montre que ce pli appartient à la mâchoire et qu’il s’efface avant d’arriver à la face interne de celle-ci.
Menton transversal, surmonté de la lèvre inférieure, transversale aussi, divisée par une dépression médiane en deux lobes sur chacun desquels s’élève un palpe labial subconique et de deux articles égaux. Entre ces' palpes surgit une languette arrondie et ciliée. Tous ces organes sontrous-
L\RVES BE COlÉOPTÈaES
sâtres, avec une nuance plus foncée sur les mâchoires, et hérissés de quelques poils roussâtres.
Antennes assez longues, coniques, en partie rétractiles, placées sur la déclivité des angles antérieurs, de quatre articles, le premier le plus long de tous et assez épais, les trois autres égaux en longueur, mais le quatrième bien plus grêle et accompagné d’un article supplémentaire encore plus grêle, bien plus court et visible seulement lorsqu’on regarde la larve de côté.
Sur les joues, pas le moindre indice ^ocelle ou de tubercule ocelliforme.
Protliorax roussâtre antérieurement, une fois et demie au moins aussi large que la tête, presque aussi long que les trois segments suivants pris ensemble, parcouru au milieu par un fin sillon longitudinal, presque lisse sur sa moitié antérieure, avec quelques points vagues et épars à la base de cette moitié, puis assez fortement et subréticuleusement strié sur un espace transversal s’avançant en pointe au milieu, limité latéralement par deux sillons assez profonds et un peu arqués qu’on pourrait caractériser par le nom de parenthèses et qui sont communs à toute la famille des Longicornes, et postérieurement par un pli transversal parallèle au bord postérieur. En dessous le prothorax présente un pli profond de chaque côté, sur le milieu deux sillons formant un angle, et avant la base un pli transversal comme celui de dessus ; sa surface est ruguleuse et luisante, sauf le bourrelet postérieur formé par le pli transversal, et qui est en partie mat. C’est ce bourrelet qui porte la première paire de pattes.
Mésothorax et métathorax très-courts, le premier ayant en dessous et le second sur ses deux faces les vestiges d’une ampoule ambulatoire analogue à celles de l’abdomen, mais moins saillante et bien moins com plète.
Abdomen de neuf segments à peu près égaux, sauf le dernier qui est un peu plus court, plus un mamelon anal simulant un [dixième segment, presque trilobé par trois plis convergents, à l’intersection desquels est l’anus. Les sept premiers segments munis, tant sur le dos que sur la face ventrale, d’une ampoule ambulatoire assez élégante, la dorsale limitée à droite et à gauche par un pli arqué, sillonnée au milieu, entourée de deux rangs de petits tubercules formant 'deux ellipses concentriques dont l’intérieur est mat et quelquefois un peu tuberculé ; la ventrale limitée latéralement par un pli arqué, marquée d’un pli transversal des deux côtés duquel règne un chapelet de tubercules ; le reste de l’ampoule, qui
LOiVGICORÎNES
a la forme de deux triangles opposés, occupé par quelques autres tubercules moins réguliers. Huitième et neuvième segments dépourvus d’ampoules, mais ayant un bourrelet latéral visible surtout en dessous. L’action des ampoules est secondée, indépendamment des pattes, par d’autres ampoules latérales, moins saillantes et lisses.
Stigmates à péritrème roussâtre et verticalement elliptique, au nombre de neuf paires : la première, plus grande et plus inférieure que les autres, située très-près du bord antérieur du mésothoras, les suivantes au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Pattes comme je l’ai dit plus haut.
D’après M. Mulsant (Hist. Nat. des Longic., p. 71), la larve du Purpuricefius Kœhleri, que personne n’a encore publiée, vit dans les Saules, dans les pieux vieillis, etc. Je l’ai observée dans des échalas de Châtaignier et de Robinier et dans des branches de Chêne et de 'J’riacanthos mortes de l’année précédente. La diversité de ces essences me donne lieu de penser que son habitat est assez varié et qu’elle est peu exclusive dans ses goûts. Elle passe la plus grande partie de sa vie dans l’intérieur des couches ligneuses, oû elle creuse une galerie longitudinale rarement sinueuse et asse^ régulièrement cylindrique, dont la longueur peut dépasser vingt centimètres et dont la largeur maximum est de sept millimètres. Elle l’élargit à l’endroit o.ü elle doit se transformer en nymphe et qui est toujours voisin de la surface, et lui donne quelquefois en ce point jusqu’à treize millimètres de diamètre. L’endroit où, après avoir vécu sous l’écorce, elle s’est enfoncée dans le bois, est indiqué par un trou elliptique que bouche un tampon de détritus et de paillettes détachées du bois. Ce trou s’observe assez souvent à la base d’un rameau, et si la larve, au lieu de se maintenir sur la branche qui l’a d’abord nourrie, pénètre dans le rameau, ce qui paraît assez lui convenir, elle le creuse comme un tube sur une longueur qui dépasse quelquefois trente centimètres.
C’est en mai et juin que's’ opère la première métamorphose.
NYMPHE
Elle présente, emmaillotées comme à l’ordinaire, toutes les parties de l’insecte parfait. La tête et le thorax sont glabres et lisses, mais les segments abdominaux portent sur le dos, et groupés en deux cercles, des aspérités épineuses, rousses et cornées, dirigées un peu en arrière. Le pénultième segment n’a que deux arcs d’aspérités, au lieu de deux cercles
le surplus est remplacé par huit épines longues et grêles, dressées et môme un peu arquées en avant. Deux autres épines médianes se voient un peu au dessus. Le dernier segment porte quelques petites aspérités. L’insecte parfait naît en juin et juillet. On le rencontre sur les fleurs.
Aromia (Cci'aBïibjx) moiscbata L.
Fig. m-h-iS,.
LARVE
Long. 30-35 millim. Robuste, blanche, revêtue d’une pubescence serrée mais très-courte ; les trois segments thoraciques pourvus d’une paire de pattes courtes.
Tüe, saillante hors du prothorax d’une longueur égale au quart environ de sa plus grande largeur, obliquement striée des côtés de la ligne médiane, roussâtre avec le bord antérieur ferrugineux, celui-ci largement mais très-peu profondément échancré, déclive aux deux extrémités.
Êpistojne d’une largeur égale au sixième environ de la largeur antérieure de la tête, subarrondi antérieurement, surmonté d’un labre presque discoïJal et cilié de soies fauves.
Mandibules robustes, de médiocre longueur, arrondies à l’extrémité, si on les regarde de côté, ferrugineuses dans leur moitié inférieure, le reste noir, assez lisses extérieurement, mais marquées vers le milieu d’un sillon transversal interrompu par une fossette oblongue, et de là jusqu’à la base creusées d’un sillon.
Près de leur base, un peu en dessous, on aperçoit un tubercule lisse peu saillant, obliquement elliptique, simulant un ocelle.
Protliorax marqué postérieurement et sur un espace limité latéralement par deux sillons en parenthèse, de rides sinueuses bien visibles mais peu serrées et en avant très-finement striolé en travers.
Ampoules ambulatoires transversales, coupées longitudinalement par une dépression médiane, à peu près lisses mais entourées de plis trèssensibles et marquées sur leur disque de plis transversaux peu apparents. Dernier segment complètement inerme.
Pâlies très-courtes, coniques, hérissées de quelques petites soies et terminées par un ongle très-grêle et droit.
Stigmates comme à l’ordinaire.
J’ai trouvé cette larve dans deux circonstances : la première fois dans.
LO.NGICORINKS
un Saule raarceau réceniinent mort et de vingt centimètres environ de diamètre. Elle avait vécu quelque temps sous l’écorce qui portait.- ainsi que la couche superficielle de l’aubier, de larges traces de ses érosions, puis elle avait plongé dans le bois à une profondeur de cinq à six centimètres, et devenue adulte, avait élargi le fond de sa galerie, avait refoulé derrière elle les paillettes détachées des parois et s’était ensuite retournée dans sa cellule de manière à ce que l'insecte parfait pût sortir par où elle était entrée.
La seconde fois je l'ai rencontrée, en cherchant des larves d’Oberea oculaia, dans une branche vivante et de trois centimètres de diamètre d’un Saule pleureur jeune encore et en apparence bien portant. Ici elle avait dû respecter l’écorce, beaucoup trop mince pour se prêter à des travaux de mine, et avait pénétré dans le canal médullaire. Elle avait laissé libre pendant quelque temps et avait même élargi le trou d’entrée pour la vidange de ses excréments, puis l’avait bouché pour continuer sa galerie qui avait fini par atteindre une longueur d’environ vingt centimètres, avec une largeur égale au plus grand diamètre de son corps. Le tond de la galerie avait été élargi et séparé du reste par une épaisse couche de paillettes, elle y avait fait volte-face, et c'est dans cette cellule que, la branche ayant été transportée chez moi après ligature, elle s’est transformée en nymphe au mois de juin.
NVMPHE
Celle-ci reproduit parfaitement toutes les parties de l’insecte parfait, y compris les inégalités et les dents du corselet et les articulations des antennes. Ces dernières passent le long des côtés derrière les quatre pattes antérieures, puis sur les cuisses postérieures, pour remonter le long des élylres, qui sont couchées obliquement sur la poitrine. Le corps est ent.è • rement glabre et la face pectorale et ventrale est lisse, mais sur le dos. chaque segment de l’abdomen porte deux groupes d’épines séparés par une dépression médiane. Ces épines sont coniques, ferrugineuses, cornées, dressées et même un peu arquées en avant. Elles sont précédées de quelques spinules beaucoup plus petits.
Les larves des Cérambyçaires, qui ont bien des caractères communs
LVRVES DE COEÉOPTÈRES
avec celles des Pi’ioniens,s’en distinguent néanmoins aisément par le bord antérieur de la tête beaucoup moins ou même nullement sinué, l’épistome plus étroit, puisqu’il n’a guère qu’une largeur égale au cinquième de la largeur antérieure delà tête, et surtout par les ampoules ambulatoires qui, au lieu d’être lisses, sont munies, ou, pour mieux dire, ornées de granulations symétriquement disposées. Ces caractères ne s’appliquent pourtant pas tous aux trois genres dont je viens de parler; ainsi, la larve deVAromia, avec la tête et tous les organes qui en dépendent, conformés comme dans les larves de Cerambyx et de Purpuricenus, en diffère par un caractère que je considère comme important, la forme des ampoules ambulatoires et l’absence sur ces ampoules de toute granulation.
Cette différence n’est pas de nature à m’étonner, lorsque je vois les divergences qui existent entre les auteurs, pour la place assignée, dans le classement méthodique, aux trois genres dont il s’agit. M. Mulsant range dans la même famille, celle des Cérambyçaires, les Cerambyx, les Purpuricenus et VAromia; M. Fairmaire, dans le Généra de Duval dont il a été le continuateur, place dans la première section des Cérambycites le genre Callichroma (Aromia), dans la deuxième le genre Cerambyx, et dans la troisième section le genre Purpuricenus avec les Anoplistes et les Calchænestes. Quant à Lacordaire, il colloque les Cerambyx dans les Cérambycides vrais, presque au commencement de sa grande division des Cérambycides, il installe au milieu, c’est-à-dire beaucoup plus loin, VAromia dans la famille des Calliciromides, et il renvoie à la fin la famille des Sténaspides, comprenant les Purpuricenus, Anoplistes et Calchænestes. Je ne prendrais pas l’engagement de justifier ce dernier classement, mais je n’entends pas non plus le combattre. Je me borne à dire que l’étude des larves ne paraît pas le ratifier, et je laisse aux monographes que n’effrayeront pas les difficultés immenses avec lesquelles l’illustre Lacordaire a été aux prises, le soin de contrôler et de perfectionner son œuvre.
La seconde branche, d’après M. Mulsant, est celle des Callidiaires, comprenant les genres des CaUididæ du catalogue de Marseul jusqu'à Anisarthron inclusivement.
Les larves connues de ce groupe sont les suivantes : Callidium violaceuniL., Kirby, Trans. ofihe Linn. Soc. 1800, p. 246; C. dilataturn, Payk., Heeger, Sitxb. Wien. Acad. Wiss. 1858, p. 935 ; C. sanguineum L.,
LONGICORNES
Goedart, t. III, p.21, et Goureau, Soc. Ent. 1849, p. 99. C’est le genre Pirrhidium de Fairmaire. 11 resterait encore bien des choses à dire sur le compte de cette dernière larve; je me bornerai à faire connaître que ses antennes sont saillantes, ses mandibules courtes et arrondies à l’extrémité, l’épistome et le labre étroits, et que les ampoules ambulatoires, pourvues à peine de quelques plis, sont très-finement chagrinées. Quant àla nymphe, que M. Goureau dit être dépourvue de crochets et d’épines, elle porte un groupe transversal et très-visible de s piaules ferrugineuses, cornées, dirigées en arrière, sur le dos des segments de l’abdomen, et près du bord antérieur du prothorax, un mamelon très- saillant, parsemé de callosités roussâtres, ponctiforraes.
Dans le compte rendu de l’excursion entomologique de Grenoble (Soc. Ent. 1858, p. 841), mon ami Laboulbène a mentionné ce fait que la larve du C. rufipes F. vit dans les tiges mortes de la ronce, et qu’après avoir acquis tout son développement entre le bois et l’écorce, elle pénètre dans la moelle pour se changer en nymphe. Je sais aussi par M. Grouvelle que la larve du C. caslaneim vit de la même manière dans le Genevrier commun.
D’après le supplément au catalogue des larves par M. Hagen, les métamorphoses du Semanotus Russicm F. ont été publiées par Âssmuss, Wien. Entom. 1858, p. 181, et dans mon Histoire des insectes du Pin maritime j’ai donné celles du Hylotrupes bajulus dont s’est occupé un an plus tard Heeger Wien. Acad. Wiss., 1857, p. 323). Le prothorax
de la larve de ce dernier insecte est marqué postérieurement de stries inégales, et ses ampoules ambulatoires sont formées, les supérieures de quatre mamelons de chaque côté de la ligne médiane et les inférieures de deux mamelons, tous déterminés par des plis et subréticuleusement ridés. Tout à fait contre la base de chaque antenne et sur la tranche même du bord antérieur de la tête on voit tr'ois tubercules lisses, bien convexes, très -rapprochés et roussâtres qui ont l’apparence d’ocelles.
Dans le sixième cahier de ses Opuscules entomologiques,\SbD, page 91, M. Mulsanta donné une excellente description de la larve àoY Oxypleurus Nodieri, trouvée à la Seyne dans des souches de Pin.
Nous devons à Ratzeburg de connaître la larve et la nymphe du Tetropium (Criomorphus) luridum L., mais ses descriptions comme ses figures sont bien insuffisantes et ne me dispensent pas de dire au moins que les. mandibules sont médiocrement longues, semblables à celles de la larve de YAsemum striatum dont il va être parlé, mais moins pointues, non
LARVES DE COLÉOPTÈRES sinuées à la tranche supérieure et non striées; que les antennes ont, indépendamment de l’article supplémentaire, quatre articles et non trois, que le prothorax et les ampoules ambulatoires sont comme dans cette dernière et que, comme celle-ci encore, elle a près du bord du dernier segment deux épines cornées, mais très-rapprochées.
Quant à la nymphe, elle est en tout semblable à celle de VAsemum. MM. Chapuis et Candèze ont décrit dans leur catalogue (p, 24.4.) la larve de VAsemim striatum L., que j’ai reçue de la Loire-Inférieure où elle paraît commune dans les souches du Pin maritime, et que je n’ai jamais trouvée dans les Landes. Les auteurs précités ont considéré comme de simples appendices du troisième article des antennes le quatrième article et l’article supplémentaire qu’ils qualifient de rudimentaires ; ils les auront sans doute observés lorsqu’ils étaient rétractés en grande partie dans l’article précédent et auront été ainsi empêchés de leur donner l’importance qu’ils ont en réalité. J’ajouterai à leur description quelques caractères utiles à connaître, savoir : que les mandibules dont je donne h figure (429) sont passablement longues, pointues, très -concaves sur leur tranche inférieure, convexes et sinuées sur la tranche opposée et finement striées en dehors sur une portion de leur moitié antérieure. Les ampoules ambulatoires sont presque imperceptiblement chagrinées, et le dernier segment porte, très-près du bord postérieur, deux épines coniques, dressées, à pointe ferrugineuse et cornée.
La nymphe, dont il n’a pas été parlé et qui ressemble beaucoup à celle du Criocephalus riisticus, a sur le prolhorax des poils très-courts, sur le dos des segments de l’abdomen un groupe de spinules de chaque côté de la ligne médiane, avec quelques spinules isolées vers les côtés et deux groupes écartés sur la face ventrale. Le dernier segment est terminé par deux épines plus longues, relevées et arquées en dedans.
Je suis en mesure d’ajouter les espèces suivantes
Pliyiiiatofles (Calildium) melaiicholicns F.
Fig. 430-436
LARVE
Long. 9-11 millim. Sublétraédrique, assez sensiblement en massue antérieurement, d’un blanc un peu jaunâtre, revêtue de poils fins et blonds,
LONGICORNES 431
munie de trois paires de pattes extrêmement courtes et ù peine visibles, même à une forte loupe.
Tête en grande partie enchâssée dans le proiborax, lisse, luisante, d’un blanc roussâlre, avec le bord antérieur ferrugineux, celui-ci légèrement échancré vis â vis l’épistome, en saillie subtriangulaire en regard du bord externe des mandibules, puis obliquement et profondément échancré pour loger les antennes.
Èpistome trapézoïdal, â peine transversal, tout au plus égal au cinquième de l’intervalle qui sépare les antennes, à angles antérieurs arrondis.
Labre plus que semi-discoïdal et antérieurement chargé de petites soies roussâtres.
Mandibules courtes, robustes, noires avec la base ferrugineuse; vues en dessus, subtriangulaires, à pointe un peu émoussée; vues de côté, larges, très -arrondies à l’extrémité et légèrement sinuées sur les deux tranches, marquées d’un sillon transversal ondulé près de la base et d’une fossette mate au dessus.
Mâchoires et leur lobe, 'palpes maxillaires de trois articles, lèvre inférieure et palpes labiaux de deux articles ne présentant rien de particulier, si ce n’est que la languette est à peu près nulle.
Antennes ordinairement saillantes, mais susceptibles de rentrer à moitié dans l'intérieur de la tête; formées de quatre articles, le premier en cône tronqué, assez grand, le second beaucoup plus court, le troisième de la longueur du premier, le quatrième grêle, un peu incliné en dehors, pas guère plus long que le second, terminé par deux ou trois soies dont une plus longue et accompagné d’un petit article supplémentaire.
Pas à'ocelle ou de point ocelliforme'sur les joues.
Prothorax aussi grand au moins que les deux segments suivants réunis, en dessus lisse au bord antérieur, puis subruguleux, puis très-finement réticulé avec de nombreuses stries longitudinales et enfin lisse postérieurement ; en dessous ruguleusement subréticulé.
Abdomen de neuf segments, plus un mamelon anal marqué de trois plis convergents au centre desquels est l’anus. Ampoules ambulatoires un peu plus étroites et plus plissées en dessus qu’en dessous, couvertes d’une réticulation fine et très-serrée. Huitième et neuvième segments sans ampoules, mais munis d’un bourrelet latéral bien visible et permanent.
Stigmates au nombre de neuf paires ; la première, plus grande et plus inférieure que les autres, placée très-près du bord antérieur du méso-
thorax, les suivantes vers le milieu des huit premiers segments abdominaux.
Pattes extrêmement courtes, comme je l’ai dit, charnues, coniques, probablement de quatre articles, mais n’en montrant que trois dont le dernier est terminé par un tout petit poil.
La femelle du P. melancliolicus pond ses œufs sur les pieux récemment coupés ou les branches récemment mortes du Chêne et du Châtaignier ; mais elle paraît donner la préférence à ce dernier, et je ne lui en fais pas mon compliment, car cette prédilection la rend très-désagréable aux propriétaires viticulteurs et aux négociants de vin, surtout dans notre contrée où les cercles des futailles sont presque exclusivement de Châtaignier. Ces cercles sont ordinairement confectionnés vers la fin de l’hiver, et dans le courant du printemps, qu’ils soient en magasin ou adaptés aux barriques, ils reçoivent les germes des larves lignivores de cet insecte. Ces larves, souvent très-nombreuses, cheminent durant plusieurs mois sous l’écorce, sillonnant profondément l’aubier de cannelures longitudinales mais sinueuses, enchevêtrées, lorsque les travailleurs sont en nombre, et alors tellement rapprochées que la ténacité du cercle en est sensiblement affaiblie et que son écorce est presque entièrement détachée. Mais ce n’est pas tout : quelque temps avant leur développement complet, ces larves, qui veulent mettre la nymphe future à l’abri de tout danger, pénètrent dans les couches ligneuses et y creusent une loge oblique dans laquelle elles se retourneront la tète en dehors aux approches de la métamorphose, ou bien elles y pratiquent une galerie longitudinale qui débouchera à quelque distance du point de départ. Ces cavités, ces galeries diminuent encore d’autant la résistance du cercle, et au bout d’un an ou deux, car il y a encore des larves la seconde année, les cercles sont hors de service. Heureux s’ils n’éclatent pas aux époques de la fermentation, ou durant les transports, et si l’on ne doit pas, comme cela m’est arrivé, à cet insecte malfaisant et à la Graciliapygmæci, ordinairement sa complice, la perte instantanée d’une barrique de vin.
Nous devons donc ranger le P. melancholiciis au nombre des insectes réellement nuisibles, puisqu’il s’attaque aux produits d’une de nos industries, qu’il expose les propriétaires à des pertes, et qu’il les oblige, dans tous les cas, au fréquent renouvellement des cercles do leurs vaisseaux vinaires. 11 ne faut pas songer à débarrasser les cercles des larves dont ils ont reçu les germes, mais j’ai observé que lorsqu’on les enferme en lieux obscurs et que les celliers sont inaccessibles à la lumière, les
lONGICORNES
inconvénients que je viens de signaler sont beaucoup moindres et quelquefois presque nuis. On a donc intérêt à réaliser ces conditions préservatrices. Ce qui serait encore mieux, ce serait d’écorcer les cercles. Cette opération en augmenterait sans doute le prix, mais, à coup sûr, ils offriraient tn revanche plus de durée et plus de sécurité.
NYMPHE
Elle est complètement glabre. Du côté du dos on voit, sur le devant du prothorax, un assez gros mamelon tuberculeux, suivi d’une dépression transversale; deux tubercules sur le raétathorax, deux aspérités spiniformes, rapprochées de la ligne médiane, sur les trois premiers segrnen*' abdominaux ; ces mêmes aspérités sur les quatre segments quatre ou six autres plus en arrière et disposées en arc . huitième
segment et extrémité du corps inermes.
Phymatotles varlabilis L.
Eig. 437-438.
LARVE
hong, 10-13 millim. La description delà larve du P. melancholicus lui convient parfaitement, et je puis me borner à signaler les différences suivantes : la taille est naturellement beaucoup plus grande ; le bord antérieur de la tête est plus largement échancré ; un peu en arrière de ce bord et vis-à-vis de chaque mandibule existe une fossette transversale assez profonde ; les ampoules ambulatoires sont semblables, mais leur surface, en réalité couverte d’une réticulation très-serrée, semble, à cause des dimensions de la larve, très-finement granulée. Les pattes, quoique fort courtes, sont très-apparentes, et j’y ai compté quatre articles.
Le P. variabilis est tellement répandu et si commun, et il attaque des arbres si vulgaires, tels que le Hêtre, le Chêne, le Châtaignier, que j’allais exprimer mon étonnement de ce que aucun entomologiste n’eût parlé de ses métamorphoses, lorsque je me suis aperçu qu’il en est question dans le livre de mon honorable ami M. le colonel Goureau sur les insectes nuisibles à l’homme et à l’économie domestique (1866, p. 53). Sa larve, dont il ne dit que quelques mots, a été observée en 1847 à Cherbourg, où elle avait détruit les cercles en chêne des barils à poudre d’un magasin de la guerre. Mes observations personnelles sont celles-ci ;
LARVES DE COLÉOPTÈRES La femelle pond ses œufs sur les arbres que je viens de citer et probablement sur d autres, mais il ne lui faut pas absolument, comme à son congénère le melancholiciis, des arbres ou des branches à écorce lisse; les écorces les plus épaisses et les plus raboteuses lui conviennent comme celles qui le sont moins ; les branches d’un certain âge, comme les troncs les plus vieux sont chargés de nourrir sa progéniture, pourvu qu’ils soient malades, ou récemment morts, ou abattus depuis peu.
Ces préférences et ces conditions sont la conséquence de la manière de vivre des larves. Celles-ci, en effet, ont besoin d’une écorce assez fraîche encore, parce que c’est des couches inférieures de l’écorce qu’elles se "rissent. Elles y creusent, pour leur alimentation, des galeries larges, sinueuses, ;'’'*‘égulières qu’elles laissent derrière elles bourrées de détritus et de déjections, sont quelquefois si nombreuses qu’elles se touchent en beaucoup de points b* ^ écorce se soulève par larges plaques avec une grande facilité. Elles préfeiii"^^ aussi une écorce un peu solide, parce que c’est sous l’écorce même, lorsqu’eux'"' qu’une importance moyenne, ou, dans son épaisseur quand il leur est ®’y ^og^r, qu’elles
subissent leurs métamorphoses, ce qui a lieu dans u courant d’avril et de mai. Elles ne s’enfoncent dans le bois que lorsque l’^i’corce est trop mince, comme dans le cas cité par M. Goureau.
-NYMPJJE
Elle est glabre ; ses caractères distinctifs sont un mamelon tuberculeux sur le devant du prothorax, suivi d’une dépression transversale, et sur le dos des segments de l’abdomen, de très-petites aspérités épineuses disposées en ellipse non fermée antérieurement. Le dernier segment en est dépourvu.
L’insecte parfait se montre 'en juin. On le trouve quelquefois sur les fleurs et le hasard m’a permis de constater son goût pour les substances sucrées, même alcooliques. Un jour après déjeuner, on avait servi chez moi des liqueurs, un Pliymatodes pénétra dans la salle à manger et se posa sur la table où se trouvaient les flacons et sur laquelle étaient tombées quelques gouttes de curaçao. Dans le cours de sa promenade, l'insecte rencontra une de ces gouttes ; il n’alla pas plus loin et se mit à la boire avec avidité. Un Callidium sanguineum m’a rendu témoin d’un fait semblable avec de l’anisette.
LONGICORNES
Rltopaloiins (Ocrainbjx) fenioratus L.
Fig. 439-442
LARVE
Elle est longue de 20 à 25 millim. et a les plus grands rapports avec celles des Phymatodes dont je viens de donner la description, ce qui me dispense de bien des détails. Le bord antérieur de la tête est visiblement échancré au milieu, puis très -légèrement concave à droite et à gauche, avec une saillie denüforme vis à vis la base externe des mandibules, et enfin oblique et très-profondément échancré pour loger les antennes. Les mandibules, largement arrondies à l’extrémité, ont leur sillon transversal un peu moins rapproché de la base et leur surface externe est en entier luisante, sans aucun espace mat. Il n’exisle pas de trace d’ocelles.
La première moitié du prothorax, roussâtre antérieurement, est ruguleuse et visiblement ponctuée, et la seconde moitié, sauf une étroite bande basilaire qui est lisse, est couverte d’une réticulation très-serrée, élégante et comme squammeuse, marquée de quelques stries inégales. Ce caractère est le plus. saillant.
Les ampoules ambulatoires, analogues à celles des larves des Callidiaires, sont telles- que les indique la figure que j’en donne et couvertes d’une réticulation squammeuse semblable à celle du prothorax.
Les pattes sont comme celles de la larve du Phymat. variabilis et de quatre articles dont le dernier est terminé par un poil assez épais.
Cette larve vit dans les branches récemment mortes et les échalas coupés depuis peu du Châtaignier; je l’ai trouvée aussi dans des branches de Chêne et dans la tige, de trois centimètres de diamètre, d’un rosier noisette de mon jardin, ce dont je ne puis douter, puisque j’en ai obtenu cinq insectes parfaits. Je l’ai vue également, ainsi que l’insecte, dans des ramilles de Prunier, de Pommier et de Pêcher. Elle se développe d’abord sous l’écorce qu’elle respecte ou peu s’en faut, mais elle creuse à la surface de l’aubier des sillons assez profonds, longitudinaux ou obliques, mais toujours sinueux, faisant quelquefois le tour de la branche, de largeur très-irrégulière, très-inégale et quelquefois considérabje. Elle les laisse derrière elle encombrés de déjections. Aux approches de l’hiver, elle plonge dans le bois. Si, en février, je veux me procurer la larve adulte, en mars la nymphe et en avril l’insecte parfait, voici le procédé que j’emploie et qui
LARVES DE COLÉOPTÈRES est applicable à d’autres insectes des familles des Buprestides et des Longicornes. Je recherche des branches ou des pieux dont l’écorce soulevée ou facile à détacher prouve que des travaux considérables se sont accomplis sous son abri ; si je mets à découvert une galerie large et irrégulière remplie de détritus, je la poursuis jusqu’à ce que j’arrive, soit en descendant, soit en montant, à un point oü elle finit et où se trouve un bouchon de fibres ligneuses fermant une ouverture transversalement elliptique. C’est là le point où la larve a pénétré dans le bois. J’entame ce bois avec une hachette, et à une profondeur de un et quelquefois de deux centimètres, je rencontre une galerie longitudinale, peu sinueuse, creusée soit au dessus, soit au dessous du bouchon obturateur, ce qui prouve que, dans les échalas fichés en terre, la larve travaille indifféremment la tète en haut ou en bas. Cette galerie a une longueur variable, mais qui atteint souvent dix, douze, quinze centimètres. Vers son extrémité et sur une longueur supérieure à celle de la larve, elle est sensiblement plus large, afin que la larve, qui est épaisse et peu souple, puisse se retourner si elle le veut. Elle le fait le plus souvent avant sa métamorphose, mais d’autres fois elle se borne à rapprocher l’extrémité de sa galerie de la surface du bois ; de cette façon l’insecte parfait n’aura plus, dans le premier cas, qu’à désagréger le bouchon dont j’ai parlé, et dans le second, qu’à ronger une faible épaisseur de bois. Cela fait, elle se transforme en nymphe. Toutes ces évolutions s’accomplissent en moins d’une année.
NYMl'îlE
La tête, les membres et tout le dessous du corps sont absolument glabres et inerraes. Sur le prothorax, qui n’a pas de mamelon antérieur comme dans certaines nymphes de Callidium et de Phymatodes, on voit au milieu du disque et séparés par la ligne médiane, deux groupes de quatre aspérités coniques, blanches, avec la pointe rousse et subcornée, et assez près du bord postérieur une série transversale d’aspérités spiniformes plus saillantes et plus foncées, disposées en arc renversé interrompu au milieu et avant chaque extrémité. Le mésothorax a, sur la région de l’écusson, trois groupes de très-petites aspérités, disposés en triangle, et sur le métathorax on en observe deux groupes allongés, séparés par la ligne médiane. Les sept premiers segments de l’abdomen présentent une série transversale peu régulière et en arc renversé d’aspérités semblables, mais plus visibles sur les trois premiers que sur les
IOx\GICOR.\ES
suivants et précédés de quelques autres aspérités à peine appréciables ; le huitième segment en porte aussi un petit groupe près de sa base. L’extrémité du corps est inerme.
Rbopalopiis (Callicliiini) clavipej^ F.
LARVE
Cette larve ressemble tellement à la précédente, y compris la taille, qu’il m’est impossible d’y trouver la moindre différence, même dans les plus petits détails ; d’où l’inutilité de sa description.
M. Mulsant dit qu’elle vit principalement dans les Saules et qu’il l’a trouvée également dans la vigne. Je l’ai rencontrée dans un cep de vigne qui m’a donné, comme contrôle, un insecte parfait. Elle se conduit comme sa congénère dont je viens de décrire les habitudes.
Cnllidiiim niiifagciatiiin Oliv.
Long. 8-11 millim. Blanche, trapue, assez fortement épaissie antérieurement, assez densément revêtue sur tout son corps de poils fins et blanchâtres, pourvue de trois paires de pattes extrêmement courtes.
Tête très-enchâssée dans le prothorax, s’élargissant en s’arrondissant d’avant en arrière, roussâtre avec la bordure ferrugineuse, lisse mais souvent marquée de deux points enfoncés près du bord antérieur ; celui-ci à peine et très-largement échancré, anguleux vis à vis les mandibules, puis fortement oblique vers les angles.
Êpistome transversal, assez avancé au milieu, puis s’effaçant insensiblement pour disparaître à la base des mandibules, d’une largeur dépassant à peine le sixième de l’intervalle qui sépare les antennes.
Labre plus que semi-discoïdal, tuméfié et cilié.
Mandibules, vues de côté, assez courtes mais larges et épaisses, trèsarrondies et tranchantes au sommet, noires, à base ferrugineuse, luisantes avec un espace mat vers le milieu, marquées près de la base d’un sillon transversal subsinueux sur lequel repose un autre sillon longitudinal.
438 LOUVES DE COEÉOl’TÈUES
Mâchoires, menton, lèvre inférieure et palpes comme dans les larves précédentes.
Antennes assez longues, ordinairement saillantes, même après la mort de quatre articles, le premier, le plus long de tous, épais et conique, les deux suivants égaux entre eux, le quatrième de même longueur mais considérablement plus grêle, incliné en dehors et accompagné d’un trèspetit article supplémentaire implanté, un peu en dessous, à l’extrémité du troisième article, mais visible pourtant lorsqu’on regarde la larve verticalement.
Sur chaque joue, au bord de la cavité qui loge l’antenne, un ocelle saillant, lisse, arrondi, tuberculiforme, rarement incolore, le plus souvent d’un beau noir, quelquefois pupillé seulement de cette couleur.
Prothorax deux fois aussi large que la tête, très-transversal et pourtant aussi long que les deux autres segments thoraciques réunis, très-arrondi sur les côtés, marqué antérieurement de quatre taches roussâtres médiocrement apparentes dont les deux médianes forment ordinairement une bande à peine interrompue ad milieu ; subruguleux antérieurement et sur les côtés, et sinueusement striolé sur une partie postérieure assez étendue, limitée à droite et à gauche par un pli arqué (parenthèses).
Mésothorax et métathorax très-courts, ce dernier ayant en dessous un pli médian transversal obsolète.
Abdomen de douze segments plus un mamelon anal trilobé ; les sept premiers pourvus en dessus et en dessous d'une ampoule ambulatoire coupée par un pli transversal et très-finement réticulée ; huitième et neuvième segments dépourvus d’ampoules, mais ayant en dessous, près des côtés, un pli longitudinal profond qui forme un bourrelet latéral.
Stigmates verticalement elliptiques, au nombre de neuf paires, la pre ■ mière, plus grande et plus inférieure que les autres, près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Pattes extrêmement courtes, ainsi que je l’ai déjè dit, et très- écartées ; la première placée, comme dans la plupart des autres larves de Longicornes, sur une espèce de faux segment qu’un pli transversal produit sous le prothorax. Elles sont coniques, de trois articles apparents, mais probablement de quatre dont le dernier est surmonté d’un poil.
' Si l’on soumet cette larve à plat aux verres amplifiants du microscope, on voit qu’à la base latérale des segments abdominaux, le derme est couvert de cils spinuliformes d’une finesse et d’une densité extrêmes ; le reste
LOlNGICORiNES 439
du corps est parfaitement lisse. Cette organisation paraît commune aux larves de ce genre.
M. Mulsant, dans son Histoire naturelle des Longicornes dit que cette larve « vit dans les rameaux sarmenteux de la vigne, surtout dans ceux d’un à deux ans, » C’est en effet dans la vigne sauvage que je l’ai maintes fois trouvée et jamais ailleurs (1), mais, chez nous du moins, si elle ne dédaigne pas absolument les sarments d’un ou de deux ans, pour lesquels il y a plusieurs concurrents, elle paraît préférer les ceps d’un certain âge, et je ne l’ai jamais rencontrée aussi abondamment que dans un cep énorme qui avait peut-être cinquante ans. Elle est intéressée, en effet, à être protégée par l’écorce, car elle passe une partie de sa vie sous les couches corticales, dévorant la surface de l’aubier qu’elle creuse de cannelures assez profondes et très-irrégulières. C’est même souvent sous l’écorce qu’elle se transforme, lorsque celle-ci est assez épaisse pour lui inspirer de la confiance ; dans le cas contraire, elle plonge dans le bois, aux approches de la mauvaise saison ou dans le courant de l’hiver. Quand l’époque de la métamorphose est prochaine, elle se retourne dans sa galerie, ou bien elle la prolonge vers la surface du bois. Ses diverses évolutions durent moins d’un an.
NYMPHE
Entièrement glabre et lisse sur la tête, le thorax, les membres et tout le dessous du corps ; un mamelon tubercule sur le devant du prothorax ; sur le dos des deuxième à septième segments de l’abdomen des aspérités roussâtres et subcornées, spiniformes, dirigées en arrière et disposées en une sorte d’ellipse dans l’intérieur de laquelle sont deux autres spinules. Souvent la ligne antérieure de l’ellipse est trè,s- peu indiquée, et dans tous les cas les aspérités sont plus nombreuses sur la ligne postérieure où l’on en compte de huit à dix. Sur le septième segment les épines, surtout les postérieures, sont plus grandes et plus verticales ; plusieurs au moins de ces spinules ont un petit poil partant de leur base. Sur le huitième segment on voit quatre épines verticales, disposées en carré ; l’extrémité de l’abdomen est inerme.
L’insecte parfait naît en avril et mai.
(1) Mon ami M. Fabre, dans son Gataloÿue de la Faune a.iiignonaise, dit qu’elle vit sous l’écorce du Peuplier blanc. Je ne me hasarderais pas à le contester, mais j’ai peine à le croire.
LARVES DE COLÉOPTÈUES
UO
Callidiuni (I^eptura) alnl L.
Genre Pæcilium, Fairm.
Fig. 449
Long. 6-7 millim. Elle ressemble tellement à celle du C. imifasciatiim que je ne pourrais que reproduire presque tous les détails de la description que j’ai donnée de celle-ci. La tête et tous ses organes s(>nt conformés absolument de même, y compris le quatrième article des antennes incliné en dehors ; mais il y a une différence qui mérite d’être signalée, c’est qu’il n’existe pas d’ocelle, je ne puis, du moins, en voir la moindre trace.
Le prothorax est comme dans la larve précédente, mais les quatre taches dorsales antérieures sont plus grandes, plus distinctement séparées, plus nettement et plus fortement colorées.
L’abdomen est aussi fait de même, mais les ampoules ambulatoires sont moins fortement plissées, souvent elles ne le paraissent pas du tout, et leur surface est beaucoup plus densement réticulée.
Je n’ai rien de particulier à dire sur les stigmates ; quant aux pattes, malgré les plus scrupuleuses recherches, j’ai été longtemps sans les voir, et je les considérais comme nulles; mais trouvant toutes les autres larves de Callidiaires pourvues de ces organes, et ne voulant pas, sans une certitude complète, admettre une pareille exception, j’ai recommencé mes explorations et j’ai fini par apercevoir sur chacun des segments thoraciques, et à la place ordinaire, une paire de pattes tellement insignifiantes qu’elles ne font guère plus d’effet qu’un tout petit tubercule. Elles m’ont paru triarticulées, mais il est probable qu’elles sont formées de quatre pièces et qu’elles sont en partie rétractiles.
Cette larve que j'ai trouvée, mais rarement, dans l’Aulne, l’Orme et même le Rosier, est très-commune ici dans les branches mortes du Chêne et du Châtaignier ; on la rencontre même dans les brindilles d’un an. On la chercherait vainement, je crois, dans le tronc de ces arbres. Il faut, pour que la femelle y ponde ses œufs, que l’écorce soit lisse et non cre vassée, ce qui suppose l’âge de dix ou douze ans au plus pour le Châtaignier et de six ou sept pour le Chêne ; il faut aussi que la mort soit assez récente, et mes observations, applicables du reste à plusieurs espèces, me portent à penser que, si elle remonte à plusieurs mois et si la dessiccation
LOJSGICORNES
est trop avancée, les conditions ne sont plus favorables à l’existence des jeunes larves. On comprend, en effet, que celles-ci, appelées à vivre un certain temps de l’écorce, aient besoin qu’elle soit encore pourvue des sucs nutritifs accumulés par la sève dans son tissu. Ces sucs s’altèrent ou s’évaporent par la dessiccation et les matériaux de l’écorce deviennent moins assimilables. Le discernement instinctif de la femelle la détourne de pondre dans ces conditions, ou si elle commettait la faute de confier ses œufs à des branches impropres au développement des larves, celles- ci périraient bientôt après leur naissance.
Ainsi que je l’ai dit, le Callidium alni est très-commun dans les Landea. Dès la fin de mars ou le commencement d’avril on le rencontre principalement sur les échalas de Châtaignier provenant d’une coupe toute récente ; il n’est pas rare d’en voir une vingtaine sur un seul échalas. Il est diurne et c’est en plein jour et même au soleil qu’il s'accouple et qu’il pond. Je me suis, plus d’une fois, amusé à observer cette ponte. La femelle parcourt assez rapidement l’écorce, principalement sur la face qui n’est pas exposée au midi, car elle paraît donner la préférence à celles qui sont à l’ombre du moins une partie de la journée. Au surplus, dans notre chaud climat, cette prédilection de la part des espèces dont les larves sont subcorticales s’observe assez fréquemment, surtout quand il s’agit de sujets à écorce peu épaisse et offrant un obstacle insuffisant à la transmission d’une chaleur qui, durant certains mois de l’année, et lorsque les larves sont jeunes encore, doit être incommode. J’ai vu, du reste, plus d’une fois, la chaleur compliquée de sécheresse occasionner, malgré la protection d’écorces assez épaisses, de grandes mortalités parmi certaines larves et même des insectes parfaits.
La femeUe du Callidium- parcourt donc l’écorce, et si elle rencontre une fissure, une crevasse ou le stigmate d’une brindille morte et détachée, ou les rides de l'empâtement basilaire d’un bourgeon, d’une petite branche, ou une entaille faite par la serpe, elle s’arrête, se dresse un peu sur ses jambes, dégaine son oviducte, le plonge dans la cavité et bien au fond dépose un œuf d’un blanc un peu jaunâtre, ellipsoïdal et parfaitement lisse. Elle en pond un autre à côté, quelquefois un troisième, puis elle recom mence ses explorations pour répéter la même manœuvre. Mais une autre femelle, pressée par un semblable besoin, cherche comme la précédente, rencontre le même point favorable, le trouve à sa convenance et v pond à son tour. Ainsi les œufs s’accumulent dans un même endroit où naîtront bientôt de nombreuses larves.
L\RVES DE COLÉOPTÈRES
Chaque larve, dès sa naissance, travaille à s’enfoncer dans l’écorce, puis elle creuse entre celle-ci et l’aubier, en naontant ou en descendant, une galerie qui intéresse l’une et l’autre, et ce dernier assez profondément. Cette galerie, dont elle proportionne le diamètre à celui de son corps, n’est pas irrégulière dans sa largeur comme celle de beaucoup de larves de Longicornes, elle est linéaire et à côtés presque parallèles, mais sa direction initiale n’est pas toujours la môme. 11 y a des larves qui, dès le début, tracent leur galerie longitudinalement, c’est-à-dire parallèlement aux fibres du bois et ne dévient plus de cette direction ; d’autres, au contraire, commencent par creuser leur tunnel transversalement et avec des sinuosités plus ou moins prononcées ou même des retours d’équerre - très-brusques, mais toutes, à bien peu d’excèplions près, finissent par adopter la direction longitudinale. Si, à l’automne, on soulève l’écorce à un endroit où des œufs ont été pondus en certain nombre, on trouve cette écorce et la surface ligneuse correspondante sillonnée de galeries d’abord enchevêtrées, puis parallèles et tellement rapprochées quelles constituent des cannelures profondes très-serrées, relativement trèsrégulières et encombrées de détritus et de déjections.
Au déclin de la saison, les larves pénètrent dans l’aubier, mais à une faible profondeur, et elles continuent à y travailler, toujours longitudinalement, jusqu’au moment de la transformation en nymphe qui a lieu dès la fin de février, dans une cellule en ellipse très-allongée.
Lorsque les œufs ont été déposés sur des brindilles dont le diamètre n’excède pas quelquefois quatre millimètres, les larves vivent peu de temps sous l’écorce qu’elles jugent sans doute trop faible pour les protéger, elles plongent bientôt dans le bois, et leur galerie occupe le canal médullaire ou une couche très-voisine.
NYMPHE
Elle offre seulement cette particularité qu’elle est très-glabre, qu’elle n’a pas de mamelon sur le devant du prothorax et que, sur la face dorsale, les deuxième à septième segments de l’abdomen portent de quatre à huit très -petites spinules coniques, à peine roussâtres et verticales, disposées transversalement, deux, le plus ordinairement trois, rarement quatre de chaque côté de la ligne médiane. Les spinules du septième segment sont plus grandes, plus solides, plus colorées. Le huitième segment et l’extrémité du corps sont complètement inermes.
LOA’GICOnMÎS
^ympiezocera liaurasi Luc. — C^alliilîuiu Vcrneti Pellet.
LARVE
Long. 18-22 millim. A la forme do l’insecte parfait on devine que sa larve doit ressembler à celle des Callidiides. Elle a, en effet, les plus grands rapports avec celles de cette famille et en particulier avec celles des Rhopalopus. Elle a, comme elles, la tête fort enchâssée, fort élargie d’avant en arrière, l’épistome ôt le labre étroits, le bord antérieur de la tète noir, subcorné, largement échancré avec une saillie dentiforme en regard des mandibules. Celles-ci, vues de côté, sont larges, très-arrondies et tranchantes au sommet, lisses et luisantes extérieurement, avec une rainure transversale sur laquelle s’appuie un court sillon longitudinal. Lalèvre inférieure n’a pas de languette apparente; il n’existe pas d’ocelles, l.es pattes sont très-courtes quoique très-visibles et de quatre articles. Le prothorax, roussâtre antérieurement, est dans sa première moitié rugu- Icux et parsemé de points, et dans sa seconde moitié, sauf une bande basilaire, il est couvert, entre les deux parenthèses, d’une réticulation très-fine et très-serrée, traversée de quelques stries longitudinales. Mais elle diffère par le labre non arrondi antérieurement, mais subéchancré ; les antennes sont très-peu rétractiles et bien saillantes dans tous les individus que i’ai examinés, même après la mort. Dans leur plus grande extension, le premier article est te plus long de tous, le second est un peu plus long que le troisième, le quatrième est le plus petit, un peu incliné en dehors et l’article supplémentaire est presque invisible.
Le caractère le plus distinctif et même, à proprement parler, le seul véritablement distinctif de cette espèce réside dans les ampoules ambulatoires, et CO caractère môme n’est pas très-saillant. Ces ampoules sont, comme à l’ordinaire, marquées d’un pli transversal, et leur aspect est mat; les dorsales sont, en avant du pli, très-fmement alulacées, et en arrière elles sont couvertes d’une réticulation extrêmement fine et serrée ; les ventrales sont simplement alutacées avec quelques vestiges de réticulation très-fine aux deux extrémités latérales. Ainsi la différence absolue ne consisterait guère que dans une réticulation à peu près absente en dessous, à peine visible en dessus et seulement en arrière du pli transversal.
NYMPH E
La tète et tout le dessous du corps sont glabres et inermes. Sur le'ftro-
L4RVES DE COLÉOPTÈRES
thorax, dépourvu de tout mamelon antérieur, on voit au milieu du disque, de chaque côté de la ligne médiane, deux ou trois très-petites aspérités roussâtres surmontées d’un petit poil, et assez près du bord postérieur une dizaine d’aspérités semblables en ligne transversale. De pareilles aspérités se trouvent aussi sur le mésothorax, disposées en deux groupes au-dessus de l’écusson et sur le milieu du métathorax, rangées sur deux lignes longitudinales presque régulières. Les sept premiers segments de l’abdomen en présentent, assez près de leur bord postérieur, une série transversale en arc renversé, à peine visible sur les quatre derniers ; le huitième segment en a aussi un très-petit nombre près de la base ; l’extrémité du corps est inerme.
Comme on le voit, cette nymphe ressemble extrêmement à celle du Rkopalopus femoratiis et même de presque tous les autres Callidiaires. Je' remarque seulement que les aspérités piligères sont d’une petitesse presque exceptionnelle.
A la fin de septembre et au commencement de décembre 1872, M. A. Grouvelle eut l’obligeance de m’envoyer plusieurs larves de Sijmpiezocera et des fragments de Genévriers habités par d’autres larves vivantes dont une m’a donné la nymphe que je viens de décrire. Mon attentionné collègue voulut bien m’informer en même temps que cette larve vit dans toutes les parties du Genevrier, depuis les branches de deux centimètres de diamètre jusqu’aux troncs de quinze à vingt centimètres. L’examen dos fragments dont j’étais en possession me convainquit en outre qu’elle se développe sous l’écorce, en pratiquant aux dépens des couches les plus inférieures de celle-ci quand elle est assez épaisse et toujours aux dépens de l’aubier, une galerie large et sinueuse qui demeure encombrée de déjections, puis elle achève de se nourrir en plongeant dans le bois, bouche l’orifice d’entrée avec de petits copeaux et sq retourne dans sa galerie avant de se transformer, à moins qu’elle ne la prolonge en se rapprochant delà surface vers un autre point. Elle se conduit enfin comme d’autres larves de Callidium.
Deux questions ont été soulevées au sujet de l’intéressant insecte dont il s’agit. On s’est demandé en premier lieu s’il est la cause de la mortalité des Genévriers dans la forêt de Fontainebleau. M, Grouvelle paraissait d’abord pencher pour l’affirmative, mais mes objections ayant provoqué de sa part de sérieuses investigations, il m'écrivait : « Les Genévriers poussent en général à Fontainebleau dans des terrains rocheux qui se prêtent mal à leur développement. Il ne serait donc pas juste de dire que
LONGICORINES
les arbres attaqués sont parfaitement sains ; il faut au contraire penser que le manque de circulation de la sève est la cause prédominante de la mort de ces arbres et que l’insecte vient se développer dans les parties que la sève ne vivifie plus suffisamment. J’ai vu des sujets parfaitement verts attaqués au pied par le Sympiezocera, mais alors la larve vivait dans une partie sèche et le plus souvent elle avortait. »
Dès ce moment je me suis trouvé d’accord avec M. Grouvelle. Dans mon opinion, en effet, les Genévriers ne sont attaqués que parce qu’ils sont affaiblis, malades, à circulation de sève presque nulle ou récemment morts ; mais j’admets parfaitement que l’invasion des larves achève ceux qui n’ont pas tout à fait cessé de vivre.
La seconde question est relative à l’époque de l’apparition annuelle du Sympiezoctra. Voici les faits et les opinions qui se sont produits ;
Dans les Annales de la Soc. Âgric. et Scientif. des Pyrénées -Orientales, 1871 et dans les Petites Nom. Entomol. du D*" décembre 1871, n“ 41, p. 164, M. Pellet décrit, sous le nom de Callidium Verneti, un Longicorne qui n’est autre que le Sympiezocera. Il dit en avoir pris trois exemplaires le 27 et le 28 mai 1870, au Vernet, sur le tronc d’un Cyprès récemment abattu. Un des individus était mort et il suppose, dès lors, que l’apparition de celte espèce était déjà fort avancée.
A la séance de la Société entomologique de France du 24 avril 1872 (bail. p. xx.xv), M. Albert Leveillé, montrant à ses collègues un Sympiezocera, disait que son oncle en avait tout récemment trouvé une trentaine, tous morts, dans le tronc d’un vieux Genevrier. Le 28 avril, M. Leveillé allait à Fontainebleau avec M. Grouvelle et dans le même Genevrier ils trouvaient quelques exemplaires également morts. Dans les autres Genévriers, les insectes avaient pris leur essor, car les galeries de deux centimètres de profondeur que les larves creusent dans le bois étaient vides. M. Leveillé pensait que cette espèce se métamorphose à l’automne et qu’elle passe l’hiver dans les galeries pour apoaraître probablement dès le mois de février,
A la séance du 28 août 1872 (Bull., p. lxvii), M. Prosper Leveillé exhibait un individu vivant, pris par lui à Fontainebleau vers le commencement de ce mois dans le tronc d’un Genevrier. 11 avait recueilli en même temps une demi- douzaine de nymphes. Dès les premiers jours de septembre, dit-il, il n’y a plus de nymphes.
En dehors de la question qu’il s’agit de résoudre, M. Leveillé concluait des avortements nombreux observés tant par lui que par son oncle, que
LARVES DE COLÉOPTÈRES sur cent larves de Sympiezocera, trente ou quarante à peine arrivent à l’état parfait et que, sur ces derniers, dix à quinze seulement peuvent se mettre en liberté, ce qui semblerait indiquer qu’à Fontainebleau cet insecte est à la limite extrême de sa zone.
M. A . Grouvelle, dans les lettres qu’il a bien voulu m’écrire à ce sujet, confirme tout ce qui précède, et il ajoute les faits et considérations qui suivent:
« Il me semble difficile d’admettre que les insectes découverts en avril se soient transformés au printemps; je crois beaucoup plus rationnel de fixer au mois d’août l’époque des métamorphoses du Sympiezocera et d’expliquer par les conditions spéciales dans lesquelles se trouve Fontainebleau les singulières anomalies que semble présenter cet insecte. On peut d’ailleurs, en admettant que Fontainebleau soit à l’extrême limite de la zone où il peut vivre et en tenant compte de la grande variété que présentent, au point de vue de la chaleur, -les diverses parties de la forêt, expliquer les divers faits que je viens de vous signaler.
« Dans les parties bien exposées, les diverses phases de la vie des Sympiezocera s’accomplissent régulièrement : au mois d’août on trouve dans le bois l’insecte parfait et les nymphes, et plus tard on ne rencontre que des larves malades. Dans les parties moins bien exposées, les larves compensent le manque de chaleur par un retard dans leur développement; elles ne peuvent se transformer qu’en septembre ; les insectes qui en naissent n’ont pas, par suite de la fraîcheur des nuits et de l’abaissement général de la température, la force de sortir du bois ; ces insectes et les larves non transformées meurent pendant l’hiver. »
Voici donc, selon moi, d’après les observations recueillies, quelles sont les évolutions du Sympiezocera. L’insecte parfait quitte son berceau en avril ou mai ; la femelle pond sur les Genévriers malades ou récemment morts ; les larves qui naissent de ces pontes acquièrent tout leur développement d’avril ou mai à la fin de juillet, au mois d’août ou au commencement de septembre, suivant l’exposition, car elles no pourraient, paraît-il, passer l’hiver sans périr; elles plongent alors dans le bois, se transforment et deviennent insectes parfaits avant la fin de l’été ; ceux-ci restent dans leur cellule pour ne sortir qu’au printemps ; le tout à traversdes chances qui fout périr maint sujet à ses divers états. Les choses se passent ainsi pour bien d’autres insectes et notamment chez nous pour le précoce Callidiurn sanguineum, avec cette double différence qu’il n’en échoue presque aucun parce que le climat lui convient, et qu’il apparaît dès le mois de février, quelquefois avant.
LONGICORNES
Vient ensuite dans le livre de M. Mulsant la troisième branche, celle des Hespérophanaires, comprenant les genres Criocephalus. Stromatium et Ilesperophanes.
Dans mon travail sur les Insectes du Pin maritime, j’ai donné l’histoire des métamorphoses du premier, et quand Je m’y reporte, j’ai peine à comprendre qu’on puisse séparer les Criocephahis des Tetropium et de VÂRemum. Leurs larves du moins ont des points de contact nombreux et que je considère comme significatifs. Je ferai de plus remarquer que les caractères qui leur sont communs les rapprochent aussi beaucoup des larves du Spondylis qui ont, à vrai dire, la tête un peu plus saillante. Dans toutes ces larves, en effet, on voit un épistome dont la largeur dépasse le tiers de l’intervalle qui sépare les antennes, des mandibules assez longues, pointues à l’extrémité, larges à la base, concaves à leur tranche inférieure, la plaque méta- prbthoracique et les ampoules ambulatoires, très-finement et très-densément chagrinées, les pattes un peu plus longues que dans les autres larves dont j’ai parlé, le dernier segment pourvu de deux épines ; si bien que je ne pourrais aider à les distinguer que par les caractères suivants :
Tète un peu plus saillante, mandibules, vues en dessus, s’élargissant brusquement à angle droit vers les deux cinquièmes de leur tranche interne, pointes du dernier
segment sensiblement écartées . Spondylis.
Tête un peu moins saillante, mandibules, vues en dessus, simplement sinueuses à leur tranche interne, pointes du dernier segment très-rapprochées.
Pointes fines, presque contiguës, taille très-petite. . . Tetropium.
Pointes fines, un peu écartées, taille plus grande. . , . Criocephalus.
Pointes coniques, un peu écartées, un peu arquées. . . Asemum.
Quant aux nymphes, elles sont spinuleuses sur leurs deux faces abdominales et terminées par deux crochets. Au surplus, les conséquences que je déduis des caractères des larves et des nymphes de ces trois genres concordent avec le classement adopté par M. Fairmaire et surtout par Lacordaire. Le premierfait de V Asemum le type de la famille des Aséraites, et aussitôt après, avec la simple intercalation du genre Anisarthron, il établit la famille des Criocéphalites, comprenant les genres Criocephalus elTeiropium. Le second comprend dans les Asémides les trois genres précités.
et ce qu’il y a de remarquable, c’est que cette famille vient immédiatement après celle des Spondylites. Les caractères des larves et des nymphes donnent à celte dernière classification la sanction la plus formelle.
Mais revenons aux Hespérophanaires et disons que M. Mulsant, dans le sixième cahier de ses Opusmiles entomologiques (p. 158), a longuement et fidèlement décrit la larve du Hesperophanes cinereus de VilL, nebulosus üliv. Je rectifierai seulement le nombre des articles des palpes maxillaires qui est de trois et non de quatre, et j’ajouterai que l’épistome est à peine d’une largeur égale au sixième du bord antérieur de la tête ; que les mandibules sont assez courtes et largement arrondies à l’extrémité ; que la plaque métaprothoracique est striée et en arrière subréticulée; que les ampoules ambulatoires sont couvertes d’une sorte de réticulation confuse formant comme des tubercules aplatis ; qu’ enfin le dernier segment est inerme.
Quant à la nymphe, que M. Mulsant n’a point décrite, elle a sur le prothorax des spinules cornées entremêlées de poils roussâtres, disposées pour ainsi dire en trois bandes transversales, et sur le dos des segments de l’abdomen des épines assez fortes, surtout les postérieures, dirigées en arrière, divisées en deux groupes séparés par la ligne médiane un peu enfoncée et desquels se détachent quelques rares spinules en série transversale vers les côtés. Les épines du pénultième segment sont fortes, relevées et même un peu crochues en avant, comme celles du dernier segment. La face ventrale est dépourvue de toute spinule ; les côtés seulement sont marqués de fines stries sinueuses.
M. Mulsant dit que, suivant MM. Myardet Coste, cette larve se nourrirait du Peuplier dans les environs de Châlons, mais que, dans le midi, elle vit principalement aux dépens du Figuier. Je l’ai reçue, ainsi que la nymphe, de M. Revelière qui l’a trouvée en Corse dans le Chêne vert. J’ai moimême obtenu l’insecte parfait d’un Peuplier mort.
Un autre Longicorne de la branche des Hespérophanaires de M. Mulsant, d’accord'en ceci avec les auteurs déjà cités, est le Stromatium unicolor Oliv., dont je suis en mesure de décrire la larve et la nymphe.
StroBiiatiiiBii (Calliflium) uulcoloi' Oliv.
Fig. 450-453 LARVE
Long. 20-25 millim. Elle ressemble beaucoup à celle des Rhopalopus. Le bord antérieur de la tête est droit avec les angles obliques comme é
LONGICORINES
l’ordinaire ; les mandibules sont courtes, très- arrondies à l’extrémité quand on les regarde de côté, et marquées extérieurement de deux dépressions transversales. La seconde moitié du prothorax, sauf la portion tout à fait postérieure qui est lisse, est couverte d’une réticulation très-serrée, comme squammeuse et élégante, marquée de quelques stries inégales, et la première moitié est ruguleuse avec une ponctuation éparse et bien visible en avant de la réticulation.
Les ampoules ambulatoires sont circonscrites et parcourues par des plis ou des sillons dont je donne la figure et couvertes d’une réticulation squammeuse semblable à celle du prothorax. On voit que, pour ce segment et pour les ampoules, sauf une modification dans la forme de celles-ci, cette larve a les plus grands rapports avec celle du hhopalopus femoratus. Aussi je crois que le genre Stromatium devrait figurer à côté du genre Hhopalopus.
NYMPHE
La nymphe a des poils très-fins et assez longs sur le prothorax, le nrétathorax et les côtés des segments abdominaux, et sur le dos de ces derniers des spinules cornées et ferrugineuses, dirigées en arrière et disposées en ellipse transversale. Celles de la courbe antérieure sont sensiblement plus petites, et dans l’intérieur de l’ellipse on en voit six, trois de chaque côté de la ligne médiane. Le pénultième segment, indépendamment des spinules en ellipse un peu irrégulière, en porte, près du bord postérieur, huit autres plus longues, dressées et même un peu courbées en avant. Le dernier segment est muni d’un groupe de spinules et terminé par de légères callosités.
Je dois les sujets sur lesquels j’ai fait ces descriptions au zèle obligeant de mon ami M. Revelière qui les a recueillis en Corse et qui a bien voulu m’envoyer en même temps des fragments de Quercus ilex travaillés par les larves. L’examen de ces fragments m’a démontré que la larve du Stromatium vit dans les troncs morts de cet arbre, en société de la larve du Prinobius Myardi, comme dans le Pin des Landes les larves de Crtocephaliis rusticus et de Spondylù buprestoides avec celles àeYErgates faber, et qu’elles sont quelquefois en tel nombre, que le bois est taraudé de galeries longitudinales presque contiguës. Celles du Prinobius, naturellement beaucoup plus larges et sillonnées transversalement parles vigoureux coups de dent de l’ouvrière mineuse, m’ont paru aussi plus irrégulières,
PER. 29
LARVES DE COLÉOPTÈRES La surface' du bois n’est creusée que de galeries très-élroiies, ce qui me donne à penser que la larve du Stromatium vit peu de temps sous l'écorce et qu’elle pénètre jeune encore dans les couches ligneuses.
Cet article était déjà transcrit lorsque m’est parvenu le quinzième cahier des Opuscules entomologiqiies qui contient (p. 9G), la description de la larve et de la nymphe de cette espèce, par MM. Mulsant et Valéry Mayet. Le double emploi ne fera pas de tort à la science, d’autant que j’indique certains caractères bons à constater et qu’en outre j'ai à relever deux petites inadvertances de mes savants amis qui donnent quatre articles aux palpes maxillaires, composés de trois seulement, et qu’ils n’en accordent que trois aux antennes, lesquelles en ont quatre plus un article supplémentaire.
La larve qu’ils ont décrite vivait dans le tronc d’un vieux Abricotier mort.
En résumé, il résulte pour moi des faits et des observations qui précèdent, relativement aux Callidiaires et aux Hespérophanaires de M. Mulsant, que les larves de l’ancien genre Callidiim qui me sont connues justifient parfaitement la famille des Callidiites ou Callidiides établies par Fairmaire et Lacordaire, que celle des Hespérophanites ou Hespérophanides devrait se borner au genre Hesperophanes et faire le sacrifice du genre Stromatium en faveur des Callidiides, et qu’il y a lieu, à l’exemple de Lacordaire, de placer dans une même famille distincte, contiguë aux Spohdylides, les genres Asemum, Tetropimn et Criocephalus.
La quatrième branche, celle des Clylaires, n’embrasse que le genre Clytus du catalogue de Marseul.
La larve du Plagionotus (Clytus) arcuatus paraît avoir été décrite par Newman f'E/ztom. Magaz. t. I, p. 213 et t. IV, p. 222; M. Goureau en a dit quelques mots dans les Ann. de ta Soc. Ent. 184'2, p. jl76, et MM. Chapuis et Candèze donnent, dans la planche VIII de leur Catalogue, la figure des deux ampoules ambulatoires d’un segment de l’abdomen. Cette larve et sa nymphe ressemblent, à s’y méprendre, à celles du P. détritus dont il va être parlé, et les habitudes sont les mêmes. J’ai, de
lONGICORNES 451
mon côté, fait connaître la larve du Clytus arietis dans les Annales de la Société entomologique, 1847, page 547.
PltigioiiotUjs (Leptiira) iletritns L.
Fig. 4S4-460.
Long., 18-20 millim. D’un blanc un peu incarnat, tétraédrique, sensiblement renflée antérieurement, denseraent revêtue de poils fins et blonds, pourvue sous chacun des trois segments thoraciques d’une paire de pattes extrêmement courtes, coniques et de quatre articles l’ongle compris.
Tête aux deux tiers enchâssée dans le prothorax, d’un blanc roussâtre avec le bord antérieur noir, marquée antérieurement, sur la partie noire, de points transversaux très -visibles, et sur le reste de sa surface d’une ponctuation un peu inégale, moins apparente et médiocrement dense. Bord antérieur largement et visiblement échancré, un peu saillant vis à vis les mandibules, puis déclive autour de ces mêmes organes.
Êpistome presque carré, relativement très-petit et d’une largeur égale au sixième de la largeur de la tête.
Labre un petit peu plus large que l’épistome, plus que semi-discoïdal et frangé de soies rousses.
Mandibules noires avec la base un peu ferrugineuse, courtes, ne dépassant guère le labre, mais robustes ; subtriangulaires si on les voit en dessus, très-éraoussées et largement arrondies à l’extrémité quand on les examine de côté.
Mâchoires, lèvre inférieure et palpes comme à l’ordinaire.
Antennes assez longues, à moitié rétractiles, de quatre articles dont le premier et le troisième sont deux fois aussi longs que chacun des autres, et dont le dernier, surmonté de deux soies, est accompagné d’un article supplémentaire excessivement petit.
Sur les joues, pas la moindre trace de point ou tubercule ocelliforme.
Prothorax aussi grand que les trois segments suivants réunis, une fois et demie au moins aussi large que la tête dans sa plus grande largeur, arrondi latéralement, lisse antérieurement sur un petit espace limité par un sillon transversal, puis, jusqu’au delà du milieu, subruguleusement ponctué sur un autre espace limité par deux arcs renversés se réunissant à un sillon médian; le surplus, compris entre ce que j’ai appelé les parenthèses, marqué de stries sinueuses et en partie anastomosées.
LARVES DE COLÉOÎTÈRES
Mésothorax en dessous et métathorax sur les deux faces marqués d’un pli transversal un peu plus compliqué sur la face dorsale de celui-ci.
Abdomen de neuf segments plus le mamelon anal, les sept premiers pourvus, tant sur le dos que sur la face ventrale, d’une ampoule ambulatoire circonscrite ou parcourue par des plis variables suivant la face qu’elle occupe, et dont j’aime mieux donner le dessin que la description. La surface de l’ampoule est couverte d’une rugosité réticulée très-fine. Huitième et neuvième segments munis d’un bourrelet latéral.
Stigmates roussâtres, au nombre de neuf paires : la première, plus grande et plus inférieure que les autres, très-près du bord antérieur du mésothorax, les suivantes vers le milieu des huit premiers segments abdominaux.
Pattes ainsi que je l’ai dit plus haut.
La larve du Plagionotus détritus vit dans les troncs et les branches du Châtaignier et plus fréquemment du Chêne. Comme celle du P. arcüatus dont elle est l’image, elle aime les bois récemment morts et je ne l’ai pas observée dans ceux qui, lors de la ponte, avaient été dépouillés, de leur écorce, ou même qui avaient plus d’un an de coupe. Il lui faut, en effet, une écorce encore fraîche dont elle ronge les couches inférieures en y pratiquant une galerie sinueuse et irrégulière. Vers la fin de l’été elle pénètre dans les profondeurs de l’aubier, devenu nécessaire, à ce qu’il paraît, à son alimentation, et ses robustes mandibules y creusent une galerie parabolique ordinairement dans le sens longitudinal et formant un arc plus ou moins régulier dont une des extrémités se reconnaît à un trou d’entrée bouché par des déjections, et dont l’autre se révélera plus tard, à quelques centimètres de distance, par un orifice bien plus grand, fermé de paillettes ligneuses et correspondant le plus souvent à une cavité de l’écorce. La larve, en effet, qui pressent instinctivement ses futures évolutions, sait aussi qu’elle ne doit pas rester indéfiniment dans les couches profondes d’où l’insecte parfait aurait de la peine à sortir et elle dirige son boyau de mine vers la surface. Si l’écorce est mince, elle la respecte ; mais si elle est épaisse, elle la taraude aussi en grande partie, puis rentrant à reculons dans le bois, elle s’installe dans la partie supérieure de sa galerie, l’élargit un peu pour y être sans doute plus à l’aise, mais aussi pour se procurer les matériaux du bouchon obturateur qui doit la protéger contre les dangers que lui ferait courir l’enlèvement accidentel de l’écorce, et puis se transforme en nymphe.
Moins d’un an suffit pour toutes ces opérations.
LONGICORKES
NYMPHE
Elle offre sur le prothorax des aspérités spinuliformes, rousses, cornées à l’extrémité, un peu inclinées en arrière et disposées avec une certaine symétrie ; on en voit aussi sur le métathorax une série transversale interrompue au milieu. Sur le dos des segments abdominaux elles sont presque sur deux rangs, mais plus nombreuses et plus régulièrement disposées près du bord postérieur. L’avant- dernier segment présente au milieu quatre spinules plus longues, disposées en carré et un peu convergentes deux à deux, et près du bord postérieur sept épines,- les plus longues de toutes, non-seulement dressées mais recourbées en avant. Le dernier segment a aussi quelques épines dont les postérieures sont également courbées en avant. Ces épines servent à la nymphe à se hisser et à se retourner au besoin dans sa galerie, ce qu’elle fait avec une assez grande facilité, grâce à la flexibilité de son abdomen.
L’insecte parfait sort en juin et juillet par un trou à peu près rond.
Clytus (lieptnra) arletls L.
LARVE
Ainsi que je l’ai dit plus haut, j’ai publié dans les Ann. de la Soc. Ent., 1847, p. 547, cette larve que j’avais trouvée dans des branches ou de jeunes tiges mortes de Mûrier, de Sycomore et de Mérisier à grappes ; M. Mulsant y ajoute le Pommier, ainsi que le Chêne où je l’ai rencontrée aussi, de môme que dans les branches du Châtaignier et du Figuier; ce qui veut dire que les pontes de cet insecte ne risquent pas de manquer de quoi vivre. MM. Chapuis et Candèze ont figuré ses ampoules ambulatoires à la planche VIII de leur Catalogue.
La description que j’ai donnée de la larve est, à bien peu de chose près, suffisante ; je dois seulement y ajouter que la partie postérieure du pro thorax est finement striolée, et la modifier en ce qui concerne les ampoules ambulatoires que je dis nullement rugueuses ou tuberculeuses, tandis qu’elles sont couvertes d’une rugosité fine et réticulée comme celles dè la larve précédente et conformées de même. Au surplus, cette larve ressemble tellement à celle du PI. détritus, qu’elle ne me paraît en différer que par
une taille plus petite et par ses mandibules plus étroites et moins largement arrondies à l’extrémité.
Sa manière de vivre est la même, mais elle ne paraît attaquer que le menu bois.
NYMPHE
Elle diffère de la précédente, à part la taille, en ce que le prothorax n’a que fort peu de spinules et que le métathorax en est complètement dépourvu.
Cljtufs (lieptura) veritasci L. — Ornatus F.
Genre Clytanthus, Thoms.
Fig. 461-462.
LARVE
Long. 14-18 millim. Elle ressemble tellement, même quant aux caractères que présente le prothorax, à la larve du P. détritus, que je ne pourrais que répéter ce que j’ai dit de celle-ci, sauf pourtant les différences suivantes : le bord antérieur de la tète est plus étroitement échancré, avec une saillie visiblement plus faible vis à vis les mandibules; les pattes sont presque une fois plus longues ; les ampoules dorsales sont marquées de plis différents dont je donne la figure, mais elles sont recouvertes d’une même rugosité réticulée très-fine.
La larve du G. verbasci, que j’ai trouvée dans des échalas de Châtaignier et de Robinier, n’est pas aussi exigeante que celles des Plagionotiis, elle se contente de bois vieillis, quoique peu altérés par le temps, et c’est tout au plus s il faut à ces bois un peu d’écorce pour recevoir la ponte. Cette écorce, du reste, ne sert pas à l’alimentation de la larve, celle-ci plonge de prime-abord dans le bois et s’y conduit exactement comme celle du détritus. Toutefois, dans dès parties de pieux où les larves étaient assez nombreuses, où il y avait dès lors un peu d’encombrement, j’ai remarqué que certaines larves, pour ne pas déranger leurs voisines, creusaient leurs galeries non en parabole, mais en ligne droite ou un peu sinueuse. Les galeries sont toujours encombrées d’une poussière fine qui n’est autre chose que les déjections de la larve.
LONGICORNES
NYMPHE
Elle a sur le front quelques poils courts et blonds, arqués en avant. Le prothorax, dépourvu de spinules, est revêtu de poils semblables et arqués en arrière sur sa moitié antérieure, l’autre moitié demeurant glabre, trèslisse et très-luisante. Ces poils sont la plupart disposés en deux bandes transversales assez touffues, l’une près du bord antérieur, l’autre vers le milieu. Le mésothorax et le mélathorax sont inermes mais parsemés de poils. L’abdomen a aussi sur le dos des poils inclinés en arrière; le premier arceau et le second ont à peine quelques petites spinules ; les quatre suivants en ont deux séries transversales plus fortes, précédées de quelques autres sans ordre, avec deux ou trois écartées de chaque côté. Le septième arceau est armé de même, sauf que les spinules sont encore un peu plus fortes et que les deux dernières séries sont dressées et un peu arquées en avant. Le dernier segment montre près de son bord postérieur deux ou quatre spinules semblables, mais de grandeur variable. La face ventrale est mate et presque glabre.
L’insecte parfait sort en juin et juillet par un trou très-rond.
Clytufii ciuadi'îiBUiictatus F.
Genre Clÿtant/ias, Thoms.
Fig. 463-464.
LARVE
Long., 14-18 millim. Elle est entièrement semblable à celle du P. détritus, ce qui me dispense d’en donner la description. Je signalerai seulement les différences suivantes : les pattes sont presque invisibles; la moitié postérieure du prothorax, au lieu d’être simplement striée, est munie de quelques stries longitudinales noyées dans une très-fine réticulation ; les ampoules ambulatoires, dorsales sont marquées de plis formant quatre arceaux dont rintérieur est très-üneraent réticulé. , .
D’après M. Mulsant, la larve du C. A-punctaLus vit dans le Sycomore, le Noyer, etc. ; je l’ai, en effet, rencontrée dans ce dernier arbre, mais aussi dans des pieux de Châtaignier et de Robinier. Pour ne pas me répéter, je dirai qu’elle vit exactement comme celle du G. verbasci et
qu’elle présente les mêmes particularités. .
NYMPHE
Elle a des poils courts et roussâtres sur le front et sur le vertex. Le prothorax, complètement dépourvu de spinules, est couvert, sauf un espace basilaire qui est lisse et très-luisant, de poils semblables, touffus et arqués en arrière. Le mésolhorax et le métathorax sont inermes mais parsemés de poils et ce dernier e.5t en outre canaliculé dans toute sa longueur. Le premier segment abdominal présente un rang transversal et interrompu au milieu d’aspérités à peine visibles et le second une étroite bande de spinules cornées et testacées ; sur les quatre segments suivants, les spinules, de plus en plus grandes, sont disposées de manière à former deux sortes de circonférences irrégulières, séparées par la ligne médiane. Sur le septième segment on voit deux séries longitudinales de spinules encore plus grandes, inclinées transversalement et au bord postérieur de ce segment une rangée de fortes spinules dressées et arquées en avant. Le huitième segment est terminé par quatre spinules semblables. Les spinules, surtout sur les segments antérieurs, sont entremêlées de petits poils. La face ventrale est parsemée de poils très-courts et très-fins.
L’insecte parfait sort en juillet par un trou très-rond.
Clytus (lieptiira) inassilleusiis L.
Genre Clytanthus, Thoms.
Long. 10-12 millim. Tout à fait semblable, à la taille près, à la larve du C. ^-functaUis, avec les ampoules ambulatoires encore plus finement réticulées.
Je l’ai trouvée dans des échalas de Châtaignier et de Robinier en place depuis deux ans au moins. Comme les deux précédentes elle creuse dans l’aubier une galerie longitudinale ordinairement peu sinueuse, qu’elle dirige vers la surface aux approches de la métamorphose.
NYMPHE
Elle a de. petites spinules cornées et testacées sur le prothorax; le mésothorax et le métathorax sont inermes, ainsi que le premier segment
LONGICOUNES
abdominal. Le deuxième segment a quelques aspérités à peine visibles ; sur le troisième et le quatrième il y en a six sur deux rangs, deux au rang antérieur et quatre, disposées deux à' deux, au rang postérieur; le cinquième et le sixième segments en présentent dix dont quatre, deux à deux, au rang antérieur et six, trois à trois, au rang postérieur, mais pas toujours avec une régularité absolue. En avant du premier rang on voit en outre, sur quelques segments, deux autres spinules. Sur le septième segment on en observe trois rangs, deux de deux bien plus longues que les précédentes et inclinées l’une vers l’autre, et un postérieur de quatre, relevées et même un peu arquées en avant. En arrière de celles-ci et tout à fait sur le bord du segment, se trouve une autre spinule semblable à ces dernières. Le dernier segment est terminé par deux spinules pareilles. Les flancs présentent en outre quelques poils.
J-’insecte parfait sort en juin et juillet par un trou très-rond.
Ctlytus rliaiiiiii, Germ.
LARVE
Elle ressemble entièrement, même pour les ampoules ambulatoires, à celle du G. i-punctatus. Je l’ai observée dans un échalas de Robinier coupé depuis deux ans au moins et qui m’a donné une vingtaine d’insectes parfaits. Le dessous de l’écorce et la surface de l’aubier n’étaient pas entamés. Je conclus de ces faits que cette larve, comme les trois précédentes, n’exige pas des sujets récemment morts, qu’elle vit dans les bois vieillis et que, dès sa naissance, elle plonge dans l’aubier. Elle y pratique une galerie longitudinale parabolique et peu sinueuse qui pénètre quelquefois jusqu’au cœur et qu’elle finit par rapprocher de la surface.
NYMPHE
Elle a le proihorax épineux, ainsi que la face dorsale des segments abdominaux, sauf le premier qui est inerme comme le mésothorax et le métathorax. Les épines sont d’autant plus nombreuses et plus saillantes qu’on s’approche plus de l’extrémité ; elles sont inclinées en arrière, à l’exception de celles du dernier rang du pénultième segment qui sont crochues en avant.
LARVES DE COLÉOPTÈRES J’ai trouvé des nymphes dès le commencement d’avril, mais les insectes parfaits ne sont nés chez moi qu’au commencement de juin.
Cly tHS (Calïidium) avvicol» , Oliv.
Genre Xylotrechiis, Fairm. et Lacord.
Sa larve, que je n’ai point vue, et qui, d’après M. Mulsant, se développe dans le Tremble, le Charme et le Tilleul, vit aussi dans le Mûrier où j'ai trouvé l’insecte parfait venant d’éclore. Elle creuse à la surface de l’aubier des galeries profondes et sinueuses, longitudinales ou transversales qui, derrière elle, sont bourrées de déjections et de vermoulure. Elle paraît se transformer à l’extrémité de sa galerie sans disparaître dans les profondeurs du bois.
L’insecte parfait naît en juin.
C/lytus antilope, Illig.
Genre Xylotrechus, Fairm. et Lacord.
La larve de cette espèce vit dans les branches du Chêne ; j’en ai extrait deux fois l’insecte parfait. Elle paraît se conduire comme la précédente, et tout me porte à croire que, comme elle, elle passe sa vie dans une profonde cannelure de l’aubier à l’extrémité de laquelle elle subit sa métamorphose. C’est, enmffet, dans ces conditions qu’à la fin de mai j’ai rencontré l’insecte parfait.
Les larves des Clytaires ont avec celles des Callidiaires des analogies nombreuses et même telles qu’il est difficile de les distinguer. Les unes et les autres ont la tête profondément enchàtonnée ; le bord antérieur peu profondément échancré; les mandibules, vues de côté, larges à la base, très-arrondies au sommet ; le prothorax tantôt striolé, tantôt très-finement réticulé sur sa moitié postérieure; les ampoules ambulatoires trèsfmement réticulées et comme chagrinées, avec une petite particularité dans celles de la -larve du Sympiezocera ; les pattes t.ès-courtes. Un caractère différentiel^ assez appréciable résiderait dans l’épistome .que les larves des Clytaires ont plus étroit, presque carré et non transversal.
LONGICORNES
Les nymphes des Clytaires se différencieraienl par leur prothorax muni de spinales ou de poils et par les crochets arqués en avant du huitième segment abdominal, et pourtant les nymphes de Rhopalopus ont aussi de petites aspérités sur le prothorax.
Les trous de sortie des Clytiis sont bien plus largement elliptiques que ceux des Callidium et souvent même ils sont parfaitement ronds.
Les coupes génériques que l’on a établies dans l’ancien genre Clytiis de Fabricius sembleraient jusqu'à un certain point justifiées sinon par la forme des larvées et des nymphes, du moins par les goûts et la manière de vivre des larves. Ainsi, celles des Plagionotus et des Clytiis n’aimeraient que des bois récemment morts et ne plongeraient dans l’aubier qu’après avoir vécu quelque temps sous l’écorce ; celles des Clitanthiis se développeraient dans des bois plus vieux et dès leur naissance disparaît' aient dans l’aubier ; celles des Xylotrechus naîtraient dans des branches ou des tiges d’arbres de mort récente et laboureraient l’écorce légèrement, le bois profondément sans s’y enfoncer. 11 ne serait pas sans intérêt de constater si cette diversité dans les habitudes est bien constante.
La cinquième branche de M. Mulsant est celle des Graciliaires qui se divise en deux rameaux : les Deilates, comprenant uniquement le genre Deilus, etles Graciliates, embrassant les genres /cosium, Exilia, Gracilia, Leptidea et Axinopalpis. La seule larve connue est celle de la Gracilia pygmœa publiée par M. Schmidt, Entom. Zeit. 1843, p. 105. J’en reparlerai plus bas et j’y ajouterai celles du Deiliis fugax, de Ylcosiim tomentosum et de la Leptidea brevipennis.
Rcilns (Callidium) fugax F.
Fig. 464 bis-464 ter,