I-ONGICORNES
ment et obliquement tronquée ; leur face externe est un peu inégale et le milieu de leur base est creusé d’une large et profonde cavité. Tous les autres organes de la bouche, y compris l’épistome et lé labre, sont aussi comme dans les larves de Monohammus. Comme elles pareillement elles sont sans ocelles et sans pattes.
Son corps est également pourvu, principalement sur les côtés et sur le mamelon anal, de poils assez fins et roussâtres ; la plaque métaprothoracique est mate, sinueusement et vaguement striée, avec des points enfoncés postérieurement plus grands, plus serrés et même souvent oblongs. Les stigmates sont aussi de même ; mais elle diffère : 1° par la partie antérieure du prothorax qui est visiblement ridée en travers, avec des points superficiels, la plupart transversalement elhptiques ; 2“ par le dessous de ce même segment qui est ruguleux et non à peu près lisse ; 3“ par les ampoules ambulatoires qui, au lieu d’être munies, les supérieures de quatre rangs, les inférieures de deux rangs de tubercules ou granulations symétriquement disposés, sont organisées comme l’indique la figure que j’en donne et couvertes d’aspérités excessivement serrées, parfaitement visibles à la loupe.
. M. Mayet a trouvé cette larve dans le Figuier. Elle vit en outre, d’après M. Mulsant, dans le Cyprès et d’autres arbres.
La troisième branche, celle des Astynomaires, comprend les genres Astynomus et Leiopus.
A propos des insectes du Pin, j’ai décrit les larves et les nymphes des Astynomus ædüü L. et griseus F. sous le nom à’Ædilis montana et grisea. Pour rappeler leurs principaux caractères, je réserve quelques lignes à la larve et à la nymphe de YA. atomarius F., qui ne sont que des copies des précédentes. — M. Candèze fSoc. des Sc. de Liège) a décrit la larve de YA. Sallei Cand., de Caracas.
M. Westwood (Introd., t. I, p. 365) a consacré quelques mots seulement à la larve du Leiopus nebulosus L. dont il n’est pas inutile que je parle à mon tour.
Astynomns (liamia) atoiuarins F.
Fig. 479-482.
LARVE
Très-semblable à celles des autres Astynomus. Long. 20-25 millim. Assez velue, apode.
Tète assez saillante, parallèle sur les côtés, d’un blanc roussâtre avec le bord antérieur ferrugineux. Celui-ci droit ou avec une déclivité peuprononcée vers les angles; quelques points transversaux un peu en arrière.
Epistome trapézoïdal, d’une largeur à peu près égale à celle du bord antérieur.
Labre un peu plus que semi-elliptique.
Mandibules taillées en biseau et obliquement tronquées quand on les examine de côté.
Antennes rétractiles, pourvues d’un article supplémentaire.
Pas la moindre trace de point ou de tubercule ocelliforme.
Plaque métaprothoracique arrondie au milieu et non avancée en pointe ; marquée de stries espacées et sinueuses sur un fond très-fmement chagriné, mate et couverte de poils plus courts que les autres.
Ampoules ambulatoires bilobées, à lobes arrondis, marqués de deux plis arqués et très-finement chagrinés.
Dans une agréable excursion que j’ai faite dans les Pyrénées en juillet 1870, avec mes amis MM. de Bon vouloir et Abeille de Perrin, nous avons trouvé, sous l’écorce d’un vieux sapin abattu de l’année précédente, de nombreuses larves et nymphes de cet insecte, accompagnés d’une quarantaine d’insectes parfaits. C’était la première fois que nous voyions cette espèce vivante et elle nous fit grand plaisir. Sa larve creuse dans les couches inférieures de l’écorce des galeries larges, sinueuses, irrégulières, comme celles de ses congénères et, à l’exemple de VA. griseus,e\k se transforme sous l’écorce ou dans l’épaisseur de celle-ci.
Ces habitudes paraissent être communes aux larves d’ Astynomus, car il est bien rare que VA. cedilis y déroge. M. Baudi, qui a recueilli dans les Hauts-Apennins l’d. xanthoneurus Muls. dont la larve vit dans le Hêtre, dit qu’il a trouvé, vers la fin de juillet, l’insecte sous l’écorce de grands Hêtres abattus depuis deux ans au moins, vers le bas de l’arbre, oh
LONGICORNES 477
l’écorce est assez épaisse, car la larve ne s’enfonce pas dans le bois. (Pet, Nouv. ent., n° 141),
NYMPHE
Elle a des spinules cornées et mêlées de poils très-fins, droites ou relevées sur l’épistome, le front, le prothorax et le métathorax, dirigées en arrière sur l’abdomen dont chaque arceau dorsal en porte quatre groupes et une série transversale, celles des deux groupes postérieurs plus nombreuses. Le dernier segment est tronqué et entouré d’une couronne de spinules plus longues et un peu arquées en dedans.
lieiopns (Cerambyx) ncbulosus L.
Fig. 48i-i90.
LARVE
Long. 10-12 millim. Subtétraédrique, assez sensiblement en massue antérieurement, d’un blanc un peu jaunâtre, couverte d’assez longs poils d’un blond pâle ; complètement apode.
Tête en grande partie enchâssée dans le prothorax, lisse, luisante, testacée avec le bord antérieur subcorné, d’un ferrugineux foncé, largement et peu profondément échancré ; un peu en arrière six points enfoncés.
Êpistome très -transversal, environ aussi large que la moitié du bord antérieur.
Labre semi-discoïdal et cilié de petites soies roussâtres.
Mandibules noires avec la base ferrugineuse, assez longues ; vues en dessus, pointues à l’extrémité et très-faiblement échancrées en dedans au dessous de la pointe ; vues de côté, un peu sinuées latéralement et tronquées obliquement à l’extrémité.
Antennes rétractiles, ordinairement cachées dans la tête et ne laissant saillir que l’article terminal et l’article supplémentaire qui l’accompagne.
Ocelles nuis.
Prothorax aussi grand au moins que les trois segments suivants réunis, luisant en dessus et très-finement subréticulé dans sa moitié antérieure, puis mat et comme velouté sur la plaque métaprolhoracique, et en dessous
entièrement et plus fortement subréticulé, ainsi que le mésothorax et le m étathorax.
Abdomen de neuf segments comme à l’ordinaire, plus un mamelon anal marqué postérieurement de trois sillons convergents à l’intersection desquels est l’anus. Les sept premiers segments, ainsi que le métathorax pourvus, tant sur le dos que sur la région ventrale, d’une ampoule ambulatoire sur laquelle on observe deux groupes réniformes et séparés par un sillon médian, de granules les uns ronds, les autres un peu allongés et obliques, ceux des ampoules ventrales plus régulièrement en deux séries transversales. Huitième et neuvième segments munis d’un bourrelet latéral très-visible et permanent.
Stigmates au nombre de neuf paires, la première très-près du bord antérieur du mésothorax, plus grande et plus inférieure que les autres qui sont situées vers le milieu des côtés des huit premiers segments abdominaux.
Pattes nulles.
D’après M. Mulsant, cette larve vit dans le Charme, le Chêne et plusieurs autres espèces d’arbres ; elle est assez commune ici dans les pieux et les branches du Chêne et du Châtaignier, et je l’ai rencontrée en outre dans l’Aulne, le Robinier, le Noyer, le Pommier, le Pêcher, le Rosier et dans un arbrisseau exotique de la famille des Synanihérées, le Baccharis halimifolia. H lui faut du bois récemment mort et recouvert d'une écorce peu épaisse. C’est sous cette écorce qu'elle vit d’abord, en consommant les déblais d’une galerie assez large, irrégulière et sinueuse qui entame un peu l’aubier, et plus tard elle se loge dans le bois pour achever son développement et creuser une niche qui servira de domicile à la nymphe.
NYMPHE
Elle présente les caractères suivants : des spinules accompagnées de poils assez longs sur le front, l’épistome, le thorax et les genoux, ces dernières presque en verticille ; sur le dos des segments de l’abdomen de petites spinules roussâtres, entremêlées de poils, inclinées en arrière et groupées en une sorte d’ellipse transversale ; au bord postérieur du dernier segment six épines subcornées, trois de chaque côté de la ligne médiane, un peu arquées en dedans et précédées de deux épines dorsales en forme de crochets convergents.
lONGlCORNES
La quatrième branche a reçu de M. Mulsant le nom de Pogonochéraires, et les genres Acanthoderes , Oplosia, Exocentrus, Pogonocherus eiStenidea y ont trouvé place.
M. Candèze, loc. cit., a décrit la larve mexicaine de VAcrocinus Iongimanus F., appartenant à ce groupe,
V Acanthoderes varias est connu depuis longtemps et depuis longtemps aussi on sait que sa larve vit dans les Peupliers morts. Personne, que je sache, n’ayant parlé de ses métamorphoses, je me décide à les faire connaître.
M. Perroud (Ann. delà Soc. Linn. de Lyon, 1854-55, p. 321), a décrit la vie évolutive de V Exocentrus LusitanicusL. balteatus Serv., et MM. Mulsant et Guillebeau, septième Opusc. Entom., 1855, p. 103, celle de l’E. punctipennis Mais. J’y ajouterai celle de l’Ë. adspersus Muls.
Quant aux Pogonocherus, on ne connaît jusqu’ici qu’une seule larve, celle du P. dentalus Fourc., pilosus F., mais comme Bouché (Ent. Zeit., 1847, p. 165) n’en a dit que quelques mots, je crois pouvoir en reparler sans qu’il y ait véritablement double emploi. A la suite viendra la larve du P. decoratus, Fairm. et celle du P. hispidus F.
AeantUoderes (liamta) varias F.
Genre Psapharochrus Thomps.
Fig. 491-494.
LARVE
Long, 15-18 millim. Corps finement velu, robuste et apode.
Tête peu saillante en dehors du prothorax, à côtés parallèles, roussâtre avec le bord antérieur noirâtre ; celui-ci trois fois échancré, avec l’échancrure médiane large et peu profonde, assez fortement déclive aux angles qui portent les antennes. En arrière de ce bord antérieur quatre fossettes dont les deux médianes plus grandes et transversales.
Antennes assez, courtes, presque entièrement rétractiles, de quatre articles, plus un article supplémentaire très-grêle comme son voisin et aussi long que lui.
Êpistome transversal, d’une largeur égale au tiers du bord antérieur.
Labre un peu plus que semi-elliptique.
L\RVES DE COLÉOPTÈRES
Mandibules assez longues, pointues lorsqu’on les voit en dessus et, vues de côté, obliquement tronquées.
Contre la base de chaque antenne et un peu en dessous, un assez gros tubercule ferrugineux, lisse et très-convexe qui a tout l’air d’un ocelle.
Prothorax vaguement et finement ridé en travers jusqu’au milieu, puis réticulé sur la plaque métaprothoracique, limitée latéralement par les parenthèses et dont le bord antérieur est vague au lieu d’être nettement dessiné comme dans les larves précédentes.
Ampoules ambulatoires munies de tubercules disposés comme on peut le voir dans les figures que j’en donne.
Cette larve vit dans les Peupliers morts et, comme le dit M. Mulsant, principalement dans ceux qui ont péri sur pied ; je l’ai observée aussi dans des Noyers et des Cerisiers, dans le Saule marceau, dans un Tilleul, et elle a été trouvée dans le Bouleau. Elle se nourrit des couches infé rieures de l’écorce dans lesquelles elle creuse une galerie large, sinueuse et irrégulière qu’elle laisse derrière elle encombrée de déjections assez grossières. Aux approches de la métamorphose elle s’enfonce dans l’aubier à une faible profondeur et s’y pratique une niche où elle se transforme en nymphe.
NYMPHE
Elle n’est remarquable que par les aspérités spinuliformes qu’elle porte sur le front et le thorax, aux genoux et sur le dos des segments de l’abdomen où elles sont rangées en deux séries transversales et parallèles. Sur le pénultième segment elles sont éparses, et le dernier, qui est tronqué, est entouré d’une sorte de couronne de spinules plus longues.
MM. Mulsant et Fairmaire ont maintenu cette espèce dans le genre Acanthoderes. Lacordaire l’a placée, ainsi que le Kruperi, dans le genre Psapharochrus, de la famille des Acanthodérides, et n’a compris dans le genre Acanthoderes que deux espèces d’Amérique.
Exocentrus adspersua Mots. Rey.
Fig. 49S-499.
LARVE
Long. 7-8 millim. Blanche, sub tétraédrique, assez renflée antérieurement, densement revêtue, principalement sur le prothorax, de poils fins et d’un blanc roussâtre -, complètement apode.
lONGICORNES
Tête enchâssée dans le prothorax, à côtés parallèles, lisse, d’un blanc un peu roussâtre avec le bord antérieur ferrugineux, celui-ci largement et peu profondément échancré au milieu et avancé en forme de dent vis à vis les mandibules.
Épistome presque carré, de la longueur du quart de la tête ou un petit peu plus.
Labre semi-elliptique et cilié de petits poils roussâtres.
Mandibules assez longues, taillées en biseau à l’extrémité, quand on les observe en dessus et, vues de côté, obliquement subéchancrées ; noires avec la base un peu ferrugineuse.
Mâchoires, lèvre inférieure et palpes comme à l’ordinaire.
Antennes courtes, rétractiles, susceptibles de rentrer entièrement dans la tête, de quatre articles égaux, plus l’article supplémentaire qui est très-petit.
Pas de point ocelliforme.
Prothorax aussi grand que les trois segments suivants réunis, arrondi latéralement, s’élargissant d’avant en arrière, à peu près lisse sur plus de la moitié antérieure; plaque métaprothoracique un peu boursoufflée, trèsavancée et parcourue par des stries longitudinales un peu sinueuses, assez écartées, un peu plus profondes à la base.
Mésothorax en dessus, métathorax sur ses deux faces marqués d’un pli transversal.
Abdomen de neuf segments plus le mamelon anal ; les sept premiers munis, tant sur le dos que sur la face ventrale, d’une ampoule ambulatoire plissée en aréoles subelliptiques ou arrondies que la figure que j’en donne fera mieux comprendre qu’une description. Huitième et neuvième segments pourvus d’un bourrelet latéral et munis, près du bord postérieur dorsal, le premier d’une crête transversale rousse, subcornée, obtuse et cannelée ou dentelée ; le second d’une toute petite épine conique, cornée, ferrugineuse, un peu inclinée en arrière.
Stigmates au nombre de neuf paires, la première, plus grande et plus inférieure que les autres, très-près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers la moitié des huit premiers segments abdominaux.
Pattes nulles.
Elle présente les caractères suivants : la tête, le prothorax, les pattes et l’abdomen, celui-ci en dessus, en dessous et sur les côtés, portent non
LARVES DE COLÉOPTÈRES des spinules cornées, mais des poils assez longs et mous, disposés avec une certaine symétrie, du moins sur la tête et le thorax. Le dernier des segments abdominaux est terminé par sept spinules subcornées, une médiane un peu relevée en crochet et trois de chaque côté, la première un peu dirigée en dedans, la seconde plus courte, quelquefois à peine visible, la troisième ou la plus extérieure arquée vers le plan de position. Les deux extérieures et la médiane sont sensiblement plus larges que les autres.
J’ai dit que l’histoire de deux espèces du genre Exocentms est déjà connue. M, Perroud a donné, dans les Annales de la Société linnéenne de Lyon, 1854-55, une description fort détaillée de la larve de YE. lusitaniens et à peu près suffisante de la nymphe, et nous devons à MM. Mulsant et Guillebeau (septième Opusc. ent.J, la description et l’histoire des métamorphoses de VE. punctipennis. La première de ces deux larves vit dans les branches mortes du Tilleul, où je l’ai trouvée, il y a déjà bien longtemps, et elle paraît être exclusive dans ses goûts, car je ne sache pas qu’on l’ait observée dans une autre essence. M. Perroud a vu ses antennes, mais il ne leur donne que trois articles, lorsque, en réalité, elles en ont quatre, plus le petit article supplémentaire placé en dessous et qu’il ne mentionne pas. Cette erreur dans le nombre des articles antennaires n’a rien qui m’étonne, car le premier article est ordinairement caché dans la tête, et souvent aussi, surtout après la mort, les antennes y disparaissent en entier. Pour les bien voir, il faut tenir la larve vivante entre les doigts ; tourmentée alors, agitée, pressée d’échapper à l’étreinte, elle met en relief tous ses organes. Pour des larves plus petites, c’est entre deux plaques de verre et sous le microscope qu’on obtient le même résultat. M. Perroud ne parle pas des palpes maxillaires qui sont de trois articles, et il ne donne pas, ce que je considère pourtant comme digne d’intérêt, la configuration des ampoules ambulatoires, S'e bornant à dire que. les segments abdominaux sont creusés dans leur milieu, sauf les deux derniers, d’une ligne transversale n’atteignant pas les côtés ; je dirai donc que ces ampoules sont en tout semblables à celles de la larve que je viens de décrire. Mais M. Perroud a vu uh caractère qui n’est pas sans importance au point de vue du diagnostic des larves à’Exocentrus, et qui consiste dans la présence, près du bord postérieur du dernier segment, d’après lui, d’une « petite carène transversale légè-
LONGICORNES 483
rement arquée, cornée, d’un marron clair et rayée de petites stries longitudinales. »
En ce qui concerne la nymphe, j’ajoute à la description de M. Perroud qu elle porte des poils disposés comme dans celle ci-dessus, et je la modifie en ce que le dernier segment, au lieu de deux épines seulement, en a cinq disposées comme les cinq les plus grandes de celle de YE. adspersus.-
Quant à la larve de VE. punctipennis, qui se développe dans les branches de 1 Orme, MM. Mulsant et Guillebeau considèrent les antennes comme nulles et indiquées seulement par une petite fossette ponctiforme, et ils disent des palpes labiaux qu’ils sont peu apparents. Leur description a été faite sans doute sur une larve morte ayant rentré ses antennes rétractiles ; ils auraient autrement constaté qu’elles sont formées de quatre articles plus l’article supplémentaire. Des conditions plus favorables leur auraient montré aussi des palpes labiaux de deux articles, et s’ils avaient attaché aux ampoules ambulatoires l’importance que je leur accorde, ils auraient pu en donner une description qui nous ramènerait aux ampoules de la larve de YE. adspersus.
Je ne veux pas omettre d’ajouter que MM. Mulsant et Guillebeau paraissent n’avoir pas remarqué le caractère que présente le pénultième segment, c’est-à-dire la crête transversale et cornée qui existe près du bord postérieur de ce segment et non du dernier, comme le dit M. Perroud.
Voilà donc les trois larves connues d’Exocentrus qui offrent sur ce point une particularité bonne à noter puisqu’elle sert non-seulement à distinguer les larves de ce genre, mais aussi à justifier la distinction des trois espèces. La crête, ou mieux la callosité transversale, évidemment auxiliaire des organes de la locomotion, est plutôt chagrinée que striée dans la larve de VE. punctipennis; dans celles des E. Lusitaniens et adspersus, elle est striée ou cannelée, mais cette dernière possède en outre, comme caractère distinctif, près du bord postérieur du dernier segment, une petite épine cornée qui manque aux deux autres.
La larve de cette dernière espèce vit dans les branches et ^es pieux de Châtaignier ou de Chêne récemment morts et dont l’écorce est encore lisse. On a dit l’avoir trouvée aussi dans le Noyer (Feuille des Jetines flatur., 1874, p.83), et je l’ai obtenue en outre du Robinier. Après avoir séjourné quelque temps sous cette écorce où elle laisse des traces sinueuses de ses érosions, elle pénètre dans les couches ligneuses où elle creuse une galerie longitudinale à peu près cylindrique et qu’elle
LARVES DE COLÉOPTÈRES prolonge tant que son développement n’est pas complet. Lorsque le moment est venu, si la galerie n’est pas voisine de l’écorce, elle l’j conduit par un boyau oblique, puis rentre un peu dans le bois, élargit l’endroit où elle doit séjourner à l’état de nymphe et y subit sa métamorphose. Dès la mi-avril dans notre climat, presque toutes les larves sont devenues des nymphes. Ce dernier état dure de quinze à vingt jours, puis l’insecte parfait laisse ses membres se fortifier et c’est ordinairement à la fin de mai ou au commencement de juin qu’il prend son essor et qu’on le trouve fréquemment sur les pieux coupés l’hiver précédent et qui deviennent le théâtre de ses amours pour être plus tard le berceau de sa progéniture.
J’ai dit que la larve de l’E. Lusitaniens est exclusive dans ses goûts parce qu’elle ne vit, à ma connaissance du moins, que dans le Tilleul ; j’en aurais dit autant de celle de VE. punctipennis que je croyais n’en vouloir qu’à l’Orme; mais, d’après M. Mulsant, M. Revelière aurait obtenu en Corse cet insecte du Chêne vert. Quant à VE. adspersus, il accepte indifféremment le Châtaignier, le Chêne et d’autres essences.
J’ai dit aussi que la femelle de VE. adspersus (et je pourrais le dire des deux autres) aime à pondre sur les branches récemment mortes, et cependant, soit qu’elle consente à déposer ses œufs sur des bois qui ont cessé de vivre depuis un certain temps, soit plutôt que toutes les larves n’accomplissent pas leurs évolutions dans la même période, on trouve de ces larves dans des branches labourées par d’autres qui n’y sont plus et. mortes depuis deux ans, si bien qu’on n’a qu’à recueillir du menu bois détaché par le vent des Tilleuls, des Ormes, des Châtaigniers et des Chênes et par conséquent altéré le plus souvent par le temps et par les hôtes qu’il a nourris, pour obtenir les Exocentrus désirés. A une époque où le punctipennis était rare dans les collections, quelques petits fagots de bûchettes d’Orme m’ont donné plus de cent cinquante individus de cette espèce, et un jeune Orme mort m’en a fourni plus de quatre cents.
Je l’ai, du reste, dit ailleurs : un excellent moyen de se procurer de bonnes espèces et souvent en quantité, c’est de recueillir des bois morts, même depuis longtemps, et de les enfermer dans des sacs, dans des boîtes ou dans une pièce close, mais éclairée par une fenêtre qui attire les insectes éclos.
Cet article était rédigé lorsque M. E. Revelière, avec sa générosité et son obligeance accoutumées, m’a envoyé de Corse six individus de V Exocentrus Revelieri publié par MM. Mulsant et Rey dans le seizième cahier des Opuscules entomologiques (p. 77) et de plus un certain nombre
LONGICORNES
de larves de cet insecte, mêlées à des larves et des nymphes à' Anæsthetis ti'stacaa, les unes et les autres extraites de branches mortes de YAlnus gliUinosa. L’examen des larves de Y Exocentrus , en tout semblables à celles de YE. adspersus, m’a permis de constater que, comme ces dernières, elles ont près du bord postérieur du huitième segment abdominal une crête transversale subcornée et cannelée ou dentelée, et près du bord postérieur du neuvième, une petite épine conique, un peu inclinée en arrière. J’en ai conclu que YE. Revelien est le même que YE. adspersus.
Ceux qui ont parcouru ce travail ont pu voir que, dans bien des cas et pour des espèces incontestablement distinctes, j’ai parlé de leurs larves respectives comme ôtant à ce point identiques, que la description de l’une dispenserait de décrire l’autre. Ils pourront, dès lors, s’étonner de la conclusion que j’ose déduire de la ressemblance des larves des deux Exocentrus dont il s’agit. Je rappellerai, pour ma justification, que les larves d' Exocentriis, contrairement à ce qui a lieu pour bien d’autres, présentent un caractère spécifique qui permet de les distinguer individuellement, caractère résidant, ainsi que je l'ai dit, dans une particularité du huitième segment abdominal et même du neuvième pour celle de Y adspersus. Je me suis cru, dès lors, autorisé à exiger un caractère différentiel spécial de la larve de l’E. Revelieri, et ne le trouvant pas, j’ai jugé rationnel de rapporter cette espèce à celle dont la larve reproduit absolument les mêmes caractères.
Je ne me suis pas borné là, La description de YE. Revelieri sous les yeux, j’ai étudié comparativement cet insecte ainsi que l’Ë. adspersus, et je n’ai pu trouver un seul mot qui ne convînt à I'uq et à l’auire en l’appliquant à plusieurs individus, parce qu’il y a quelques petites variations de fraîcheur et de pubescence. La seule différence que je remarque, en comparant les six E. Revelieri que je possède avec de nombreux E. adspersus, c’est que ceux-ci sont de couleur un peu moins brune que ceux-là qui ne constitueraient, d’après moi, qu’une variété parasite de l’Aulne.
Je me prononce d’autant plus pour cette solution, que le Revelieri pond en Corse, comme Yadspersus ici, sur les mêmes branches que Y Anæsthetis testacea, ce qui n’a pas lieu, que je sache, pour les autres espèces,
14RVES DE COLÉOPTÈRES
Posonoehernis (Cerambyx) dentatas Foürcr.
Fig. 500.
LARVE
Long. 7-8 millira. Apode, très-semblable à celle de VExocentrus adspersus.
Tête conformée de même, à côtés parallèles, bord antérieur marqué de quelques points, largement et peu profondément échancré, avec une saillie vis à vis les mandibules.
Êpistome plus large, plus transversal, trapézoïdal avec les angles antérieurs un peu arrondis.
Labre semi-elliptique, frangé de petits poils roussâtres.
Mandibules, mâchoires, palpes et antennes comme dans la larve précédente.
Un point noir ocelliforme bien visible sur chaque joue, un peu en arrière de l’antenne.
Prothorax comme dans la larve de VExocentrus, seulement l'élévation postérieure est plus étendue, presque pas anguleuse et s’avance bien plus près du bord antérieur. Sa surface, au lieu d’être striée, est très-finement réticulée à larges mailles.
Mésothorax en dessous et métathorax sur ses deux faces marqués d’un pli transversal avec quelques granulations obsolètes.
Abdomen avec les sept premiers segments munis d’ampoules ambulatoires semblables à celles de la larve précitée, mais les aréoles qu’elles présentent ont plus visiblement la forme de granulations obliques et déprimées. Huitième segment dépourvu de. toute pièce cornée; neuvième muni, très-près du bord postérieur, d’une plaque cornée, testacée, elliptique, transversale et un peu convexe. Mamelon anal peu saillant.
Stigmates comme dans la larve de VExocentrus.
Pattes nulles.
La larve du P. dentatus vil, d’après M. Mulsant, dans le Chêne, et je la connais depuis longtemps pour l’avoir observée dans les tiges du Lierre, où MM. Chapuis et Candèze l’ont trouvée aussi. M. Fairmaire l’a vue dans le Guy et je l’ai rencontrée communément dans les branches mortes du Pommier et de l’Aulne, ainsi que dans les tiges du Houx. Elle est loin, comme on le voit, d’être exclusive, mais elle ne paraît exister que dans
LONGICORNES
le menu bois. Elle passe une partie de sa vie sous l’écorce, puis elle s’enfonce dans l’aubier. Elle se conduit enfin comme celle de VExocentrus.
NYMPHE
Comme celle de ce dernier insecte elle a non des spinules mais des poils fins et mous sur la tête, le thorax, les genoux et l’abdomen; seulement ces poils sont moins nombreux. Les deux bosses dorsales et les deux épines latérales du prothorax de l’insecte parfait sont très-apparentes. Le dernier segment est terminé aussi par sept spinules dont la médiane, plus grande que les autres, est relevée, mais les deux extérieures ne sont pas plus fortes que leurs voisines et ne sont pas inclinées vers le plan de position.
Pogonocherns deeoratus pAmM.
LARVE
Elle est semblable à celle du P. dmtatus, sauf que l’élévation postérieure du prothorax est moins étendue, plus anguleuse, très-visiblement striée avec quelques mailles de réticulation, et que les ampoules ambulatoires sont plus visiblement divisées en deux par une dépression médiane ; en outre, le dernier segment porte non une plaque, mais une petite épine cornée comme dans la larve de VExocentrus adspersus, le segment précédent demeurant complètement inerme.
Cette larve avait le droit de trouver place dans mon travail sur les Insectes du Pin maritime, mais elle s’est dérobée, jusqu’à ces derniers temps, à mes recherches. Ayant réuni, en 1869, dans mon dépôt de vieux bois, espoir d’éclosions intéressantes, quelques fagots de ces branches de Pin qui meurent successivement à mesure que l’arbre s’élève, j’en obtins une trentaine d’individus du P. decoratus dont précédemment il m’était tombé sous la main deux sujets. Je me mis alors à rechercher la larve que je ne tardai pas à trouver, et je me suis ainsi initié aux mœurs de cet insecte. 11 résulte de mes observations que la femelle du Pogonocherus aime à pondre non dans les souches ou dans les troncs des vieux Pins, ou même sur les tiges des sujets plus jeunes, mais sur les branches mortes et souvent très-élevées des arbres de divers âges, desséchées depuis peu.
LARVES DE COLÉOPTÈRES Les larves qu naissent de sa ponte vivent quelque temps sous l’écorce en y creusant des galeries sinueuses et irrégulières qui entament à la fois l’écorce et l’aubier ; puis elles pénètrent dans le bois et s’y pratiquent, jusqu’à la profondeur de un centimètre et au delà, un gîté ordinairement oblique et plus large que leur corps. Devenues adultes, elles se retournent dans leur loge de manière à avoir la tête dirigée vers l’extérieur, le trou d’entrée se trouvant déjà bouché par les déjections. C’est dans ce réduit que s’accomplit l’évolution nymphale à l’abri de tout danger, alors même que les intempéries ou toute autre cause, par exemple les érosions des larves du Bostrichus bidens, détermineraient la chute de l’écorce.
Elle est en tout semblable à celle du P. dentatus.
Les insectes parfaits naissent l’année qui suit la ponte, depuis le corn mencement de juin jusque vers la fin d'août.
Posonocherus (Ceranibyx) hispidus F.
LARVE
Long. 10-12 millim. Apode et semblable aux précédentes.
Tête parallèle, plus colorée de roux, plus cornée, marquée antérieurement d’une ligne de points assez gros d’où partent des stries longitudinales.
Épistome, labre, organes de la bouche et antennes comme dans la larve du Pogonocherus dentatus.
Près de la base de chaque antenne une sorte de granule transversal, lisse, luisant, enchâtonné, ocelliforme et de couleur testacée.
Prothorax comme dans la larve précitée, avec la plaque postérieure étendue, luisante et obscurément réticulée.
Mésothorax en dessous et métaihorax sur ses deux faces marqués d’un pli transversal assez long, entouré de granules réguliers et bien apparents.
Abdomen ayant les sept premiers segments munis d’ampoules ambulatoires non aréolées, mais pourvues de granules bien distincts, ceux de la face dorsale arrondis, ceux de la face ventrale obliquement ovales, dans le
LONGICOmVES
genre de ceux de la larve du Leiopus nebuLosus. Huitième segment privé de toute pièce cornée, neuvième muni au milieu du bord postérieur non d’une plaque mais d’une petite épine cornée, testacée.
Cette larve se rapproche de la iprécédente par la petite épine dont je viens de parler et qui termine le dernier segment; mais elle se distingue de ses deux congénères parla taille plus grande, par la tête plus colorée et plus cornée, par les points plus nombreux et plus forts qui avoisinent le bord antérieur et par les stries qui les suivent, enfin et surtout par les granules qui ornent les ampoules ambulatoires, granules qui sont ici bien distincts et régulièrement disposés, tandis que dans celles dont il s’agit ils sont confus, déprimés, sensiblement moins caractérisés.
Ces mêmes granules, joints à la pointe du dernier segment, pourraient faire croire qu’on a sous les yeux la larve de VAnæsthetis testacea; mais celle-ci en diffère par les caractères suivants : la tête est plus étroite, d’un blanc à peine roussâtre, sans points et sans stries ; les mandibules, vues de côté, sont tronquées carrément au lieu de l’être en biseau; la plaque métaprothoracique est moins large, plus régulièrement subtriangulaire et très-visiblement striolée au lieu d’être vaguement réticulée ; enfin les ampoules ambulatoires n’ont que deux séries transversales de granules, tandis que dans la larve du Pogonocherus hispidus il y en a quatre, avec cette particularité que les antérieures sont interrompues au milieu.
Ces granules, ainsi que leur disposition, rappellent aussi la larve du Leiopus nebulosus, mais celle-ci a la tête bien plus pâle, dépourvue de points et de stries ; la plaque métaprothoracique est mate et comme veloutée au lieu d’être luisante et subréliculée ; les granules des ampoules ambulatoires paraissent un peu plus petits, et enfin il n'existe pas de pointe à l’extrémité du dernier segment.
Durant l’hiver de 1875 je remarquai dans mon bois de chauffage une petite bûche d’Aulne de quatre centimètres environ de diamètre et de quatre-vingts de longueur dont l’écorce, parsemée de petits trous, indiquait qu’elle avait nourri une génération de Dryoccetes bicolor représentée encore par plus d’un individu vivant. Mes explorations me mirent bientôt en présence d’une larve de Longicorne dont je ne pus déterminer l’espèce et dont je conservai quelques sujets pour l’étude. Je plaçai la bûche en plein air et au mois de mai je la tronçonnai et j’enfermai les fragments dans une grande boîte. Dans le courant du mois de juillet, je vis apparaître des Pogonocherus hispidus, insecte assez rare ici, et tout aussitôt je me mis à débiter mes morceaux de bois dans l’espoir de trouver une
L4RVES DE COLÉOPTÈRES nymphe. Il était trop tard-et je ne recueillis que des insectes parfaits, au nombre de trente-sept, presque tous bien mûrs et d’une admirable fraîcheur. En y ajoutant les quelques larves primitivement extraites, les Dryocetes bicolor, trois Nemosoma elongatum qui avaient été attirés par ces derniers et des la.vwe& d’Annspis dont je n’ai pas obtenu l’insecte, on voit que cette petite bûche avait été le siège d’une population nombreuse et assez variée.
Revenant à la larve du Pogonocherus, j’ajouterai qu’après avoir vécu presque jusqu’à son entier développement sous l’écorce, en creusant à la surface de l’aubier, pour son alimentation, une rainure large, irrégulière, sinueuse et peu profonde, elle pénètre dans le bois jusqu’à une profondeur d’environ un centimètre, bouche l’orifice d’entrée avec des détritus, élargit assez sa galerie pour pouvoir faire volte face, puis se transforme en nymphe dans sa cellule, la tête tournée vers l’extérieur, de sorte que l’insecte parfait n’a qu’à déboucherie trou ou qu’à forer une mince couche d’aubier et l’écorce pour jouir de la liberté. Moins d’une année ^uffit pour toutes ses évolutions.
Les larves des Lamiens se distinguent nettement de celles des familles précédentes ; elles sont apodes, leur tête est plus étroite et à côtés parallèles, au lieu de s’élargir en s’arrondissant d’avant en arrière; l’épistome et le labre sont transversaux ; les mandibules sont plus longues et, vues de côté, elles sont plus étroites et tronquées ou échancrées obliquement au sommet, au lieu d’être arrondies ; les mâchoires sont moins coudées, ou, si l’on veut, moins obliques ; la languette paraît plus saillante, plus large et densément ciliée ; les antennes sont plus courtes et rétractiles ; la plaque métaprothoracique est striée avec des vestiges de réticulation, et les ampoules ambulatoires sont presque toujours munies de granulations ou d’aréoles comme en produiraient des granulations affaissées ou usées. Je ne connais à cet égard d’autre exception que celle que présentent les larves d’ Astynomus .
Les larves des Lamiens forment donc un groupe naturel comme les insectes parfaits; aussi, pour le classement de ces derniers, y a-t-il peu de divergences parmi les auteurs. Celui qu’a adopté M. Fairmaire, dans le Généra de Duval, me paraît, d’après les larves, le plus rationnel. 11 y aurait seulement à examiner si les Astynomus et les Leiopus, que tous ont réunis dans le même grouoe, ne devraient pas être séparés.
lONGICORNES
La seconde famille des Lamiides, celle des Saperdins. toujours d’après M. Mulsant, se divise en quatre branches dont la première est celle des Mésosaires qui, elle-même, se partage en deux rameaux, les Mésosates etles Polyopsiates, Le premier comprend les genres Mesosa et Albana dont les larves trouveront place dans ce travail, et le genre Niphona, ne contenant qu’une espèce, la picticornis, dont M. Mulsant a publié la larve dans le onzième cahier de ses Opuscules, page 92. La description qu’il en donne est parfaite et je me borne à dire que cette larve est semblable à celle de la Mesosa dont il sera question tout à l’heure, que ses ampoules ambulatoires sont presque identiques, et qu’elle diffère seulement en ce que la tête est dépourvue de stries et que les points disposés en ligne près du bord antérieur sont plus nombreux.
Quant à la nymphe, jusqu’ici inédite, je la caractériserai suffisamment en disant qu’elle porte sur le dos des trois segments thoraciques, avec des poils fins et mous, des aspérités subcornées qui, sur le prothorax, forment deux bandes étroites, une au bord antérieur, l’autre vers le milieu ; que la face dorsale des segments abdominaux est pourvue d’aspérités spiniformes, roussâtres et subcornées, entremêlées de poils, dirigées en arrière, d’autant plus grandes qu’on s’approche plus de l’extrémité du corps, et dont la figure que j’en donne fait connaître la disposition. La face postérieure du dernier segment est entourée d’une couronne de ces spinules.
Les Polyopsiates se composent des genres Anœsthetis, Menesia et Polyopsia. Je donnerai l’histoire des métamorphoses du premier et du troisième.
jïlesosa (CJerambyx) nnbila Ouv.
Fig. S01-50S
LARVE
Long. 18-23 millim. D’un blanc souvent un peu incarnat, subtétraédrique, sensiblement renflée antérieurement, revêtue d’une villosité peu dense, fine et roussâtre, et complètement apode.
Tête en grande partie enchâssée ‘dans le prothorax ; presque parallèle, roussâtre, avec le bord antérieur assez largement ferrugineux et tout le dessous de la même couleur; marquée antérieurement de quelques points
lARVES DE COLÉOPTÈRES enfoncés et finement et doiisement striée jusque près de la base, à l’exception des régions latérales. Bord antérieur largement et peu profondément échancré.
Èpistome trapézoïdal, de la largeur du tiers de la tête.
Labre presque elliptique et antérieurement cilié de petites soies roussâtres.
Mandibules noires avec la base un peu ferrugineuse, assez longues, en biseau au sommet, vues en dessus, et vues de côté, très-obliquement tronquées.
Mâchoires, lèvre inférieure et palpes analogues ù ceux des larves précédentes de la famille des Lamiens, c’est-à-dire que les mâchoires sont droites et que la languette est saillante, arrondie, longuement et très-densement ciliée.
Antennes fort peu développées, presque complètement rétractiles, de quatre articles très courts, plus un article supplémentaire très-peu apparent.
Sur chaque joue, assez près de la mandibule, un tubercule lisse, ocelliforme.
Prothorax de la grandeur des trois segments suivants réunis, un peu plus large antérieurement que la tête, s’élargissant, en s’arrondissant, d’avant en arrière, lisse sur sa moitié antérieure, puis sur un espace à bord antérieur bisinueux et limité latéralement par les deux parenthèses (plaque métaprothoracique), marqué de stries très-fines, enchevêtrées et parsemées à leur intersection de points bien visibles.
Mésothorax en dessous et métathorax sur ses deux faces ayant deux séries latérales de tubercules, séparées par un pli.
Abdomen de neuf segments plus un mamelon anal. Les sept premiers munis, tant sur le dos que sur la face ventrale, d’une ampoule ambulatoire, la supérieure ayant deux groupes arqués de tubercules allongés et un peu obliques, séparés par une dépression médiane, et suivis d’une série en arc de tubercules arrondis, divisée aux deux bouts en deux branches dont la postérieure a les tubercules plus petits; l'ampoule inférieure présentant, séparées par une dépression, deux ellipses de tubercules dont les antérieurs sont ordinairement précédés d’une ligne de tubercules plus petits. Huitième et neuvième segments munis d’un bourrelet latéral.
Stigmates roussâtres, au nombre de neuf paires, la première, plus grande et plus inférieure que les autres, très-près du bord antérieur du
LONGICORNES 493
mésolhorax, les suivantes vers le milieu des huit premiers segments abdominaux.
Pattes nulles.
La femelle de la Mesosa nnbila paraît aimer à pondre dans les branches de Châtaignier et de Chêne de quatre à dix centimètres de diamètre, lorsqu’elles sont mortes depuis un ou deux ans et que le bois a été ramolli par un commencement de décomposition. C’est du moins dans ces conditions que je trouve habituellement la larve qui, d’après M. Mulsant, se développerait aussi dans le Saule, et que j’ai également observée une fois dans une branche morte de Robinier, et une autre fois dans une branche d’ Aulne. Si on explore la branche où elle a vécu, on constate qu’elle ne commence pas, comme bien d’autres, par ronger, sur une surface assez large et inégale, les couches superficielles du bois, mais que, dès le début, elle plonge dans ses profondeurs où elle creuse une galerie cylindrique, ordinairement très-peu sinueuse et suivant quelquefois le canal médullaire. Quand le besoin de la métamorphose se fait sentir, elle dirige ordinairement sa galerie vers l’extérieur, afin que l’insecte parfait ait moins de besogne pour jouir de sa liberté, après quoi elle rentre dans la galerie centrale préalablement élargie, et c’est là que s’opèrent les transformations.
NYMPHE
Je n’ai pas eu occasion de l’observer, mais comme la larve de la Mesosa est, à très peu de chose près, la fidèle image de celle de la Nipliona picticornis, décrite, ainsi que je l’ai dit, par M. Mulsant, je suis porté à penser que sa nymphe doit ressembler beaucoup à celle de celte dernière dont j’ai indiqué plus haut les caractères.
L’insecte parfait prend son essor en juin et juillet.
Alliana II grîscwm Fairm.
Fig. 506-507.
LARVE
J’ai reçu dans le temps de Delarouzée, comme appartenant au Deilus fiigax, quelques individus d’une larve trouvée à Hyères dans les tiges du Genet d’Espagne (Spartiim junceumj, et qui diffère des larves de
LARYES DE COLÉOPTÈRES GracUia et de LepUdea par des caractères assez saillants pour me donner quelques doutes, malgré le sagace et consciencieux esprit d’observation de mon regrettable ami, et quoiqu’il soit reçu que la larve du Deiliis vit dans les Genets.
La larve dont il s’agit se distingue, en effet, de celles de la division à laquelle appartient le Deilus par une tête bien plus saillante, plus étroite et presque parallèle; les mandibules, au lieu d’être courtes et très-obtuses, sont assez longues, et, vues de côté, elles sont obliquement tronquées à l’extrémité ; l’épistome est plus transversal et d’une largeur égale au tiers de la largeur du bord antérieur ; les pattes manquent entièrement, et enfin les ampoules ambulatoires, tant en dessus qu’en dessous, au lieu de former deux mamelons finement réticulés, sont très-peu déprimées au milieu et munies d’une ellipse transversale de tubercules ; autant de caractères qui éloignent cette larve de celles des Graciliaires pour la rapprocher de celles des Lamiens et des Mésosaires. Le dernier de ces caractères, celui des ampoules ambulatoires, se retrouve, il est vrai, dans la larve de VIcosium, mais celle-ci, en supposant même qu’on puisse la maintenir dans les Graciliaires, est hexapode et se refuse à toute autre assimilation.
J’ajoute, pour achever de faire connaître la larve dont je m’occupe, qu’elle est longue de 8-12 millim., que les poils fins qu’elle présente sont peu denses, que le bord antérieur de la tête est étroitement échancré au milieu, qu’elle montre, en arrière de chaque antenne, un point noir sur un très-petit tubercule lisse, ocelliforrae, qu’enfin son prothorax est striolé sur sa moitié postérieure.
Voilà ce que j’écrivais sous l’empire des doutes que m’inspiraient les caractères de cette larve ; mais ces doutes ont été levés tout récemment par la communication qu’a bien voulu me faire M. Valéry Mayet d’une larve trouvée à Montpellier dans un Genêt épineux et qu’il attribuait ..à VAlbana Mgriseum, larve qui ultérieurement a été suivie de plusieurs autres ainsi que de la nymphe. Grâce à la découverte de notre collègue, les disparates s’effacent, les anomalies disparaissent, et de même que VAlbana appartient aux Mésosaires, de même aussi je trouve une larve que d’avance je plaçais dans ce gïoupe, où elle a comme similaires celles de la Mesosa, de la Niphona, de VAnæsthetis, de la Polyopsia. La communication de M. Valéry Mayet, en me permettant de rectifier l’erreür de Delarouzée, en justifiant mes prévisions et en me fournissant une nouvelle preuve des relations qui existent entre les larves et les insectes darfaits, m’a procuré un vif plaisir dont je le remercie.
lONGICORNES
La larve de l’ALbam vit dans le bois mort de divers Genêts ; je présume qu’elle se nourrit quelque temps sous l’écorce et qu’elle s’enfonce dans le bois pour compléter son développement et accomplir ses métamorphoses.
NYMPHE
De fines soies roussâtres sur les palpes, au bord du labre/ sur l’épistome, sur le front, d’autres sur le prothorax en trois séries dont une au bord antérieur, une vers le milieu et une autre à la base. Sur le dos des sept premiers segments de l’abdomen de très-petites épines à pointe subcornée et rousse, dirigées en arrière et disposées en deux séries ou bandes transversales un peu irrégulières, ces épines entremêlées de fines soies, et celles du dernier rang du septième segment relevées et un peu arquées en haut. Huitième segment tronqué, ayant six ou huit spinules écartées et en série transversale vers le tiers antérieur et d’autres plus grandes et rapprochées, entremêlées de soies, tout autour de la troncature postérieure, sauf du côté du ventre. Face ventrale à peu près glabre.
Anœstlietiis (.^apeirda) testacca F.
LARVE
Long. 8-10 millim. Blanche, tétraédrique, médiocrement renflée antérieurement, densement revêtue de poils fins et blanchâtres, complètement apode.
Tête bien enchâssée dans le prothorax, à côtés parallèles, lisse, d’un blanc un peuroussâtre avec le bord antérieur ferrugineux, celui-ci droit et à peine échancré au milieu.
Êpistome trapézoïdal, transversal, égal en largeur au tiers de la largeur de la tête.
Labre un peu plus que semi-elliptique, cilié de poils roussâtres.
Mandibules assez longues, pointues quand on les voit en dessus, un peu tronquées ou émoussées quand on les examine de côté, noires avec la base un peu ferrugineuse.
Mâchoires, lèvre inférieure et palpes comme dans la larve de Mesosui
Antennes très-courtes, rétractiles, souvent entièrement cachées dans la tête, de quatre articles, plus l’article supplémentaire, fort difficile à constater à cause des petites soies que porte l’extrémité du troisième article.
Sur chaque joue, un peu en arrière de l’antenne, un point noir placé sur ou contre un petit tubercule lisse, ocelliforme.
Prothorax aussi grand au moins que les trois segments suivants réunis, sinueux sur les côtés, à peine un peu plus large antérieurement que la tête, s’élargissant sensiblement d’avant en arrière, lisse sauf la plaque métaprothoracique un peu convexe et subtriangulaire qui est finement striolée en long. Aux deux extrémités du triangle aboutissent deux sillons assez prononcés.
Mésothorax en dessous et métathorax sur scs deux faces ayant deux séries transversales et très-rapprochées de tubercules arrondis.
Abdomen de neuf segments plus le mamelon anal, les sept premiers pourvus, tant sur le dos que sur la face ventrale, d’une ampoule ambu • latoire ornée de deux séries transversales de tubercules comme ceux du métathorax, mais un peu plus distincts et moins rapprochés; huitième et neuvième segments munis d’un bourrelet latéral. Ce dernier armé, au milieu du bord postérieur, d’une épine très-visible, conique, cornée, testacée avec le bout plus foncé.
Stigmates au nombre de neuf paires, la première, plus grande et plus inférieure que les autres, très-près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers la moitié des huit premiers segments abdominaux.
Pattes nulles.
Voici encore un insecte qui adopte indifféremment les pieux et les branches récemment mortes et à écorce lisse du Châtaignier et du Chêne, et je tiens de M. Revelière qu’en Corse il s’adresse très-fréquemment à l’Aulne. Sa larve vit peu de temps sous l’écorce, elle aime à pénétrer dans le bois oü elle creuse une galerie longitudinale peu sinueuse et assez régulièrement cylindrique. On peut la trouver dans des pieux de huit à dix centimètre.^ de diamètre, mais on la rencontre plus souvent encore dans les rameaux plus jeunes et jusque dans les plus petites brindilles, celles qui n’ont pas plus de trois millimètres et dont elle occupe alors presque tout l’intérieur. C’est là aussi qu’elle se transforme sans le moindre préparatif; mais lorsque des branches plus épaisses lui ont permis de pénétrer plus profondément, elle se rapproche de la surface avant sa métamorphose qui a lieu dans le mois d’avril.
tONGICORNES
NYMPHE
Elle se distingue par des soies roussàtres répandues sur les diverses parties du corps de la manière suivante ; deux sur chaque mandibule, six en ligne transversale sur l’épistome, deux groupes sur le front un peu en avant de la base des antennes, trois séries transversales sur le prothorax, la postérieure très-largement interrompue, deux séries sur le dos de chaque segment abdominal et des soies éparses sur la face ventrale. A l’extrémité tronquée du dernier segment on voit une couronne d’épines cornées et ferrugineuses, étalées et de longueur inégale.
L’insecte parfait naît en mai et juin.
Tetrops (licptiira) prænsta L.
Genre Polyopsia Mülsant.
Fig. 51^517
LARVE
Long. 5-6 millim. Très-semblable, à la taille près, à la larve d'Anœsthetis; comme elle blanche, médiocrement renflée en avant, revêtue de poils fins et blanchâtres et complètement apode.
Tête et organes de la bouche comme dans la larve précitée, avec cette différence que le bord antérieur est visiblement et largement échancré et que les angles sont plus arrondis.
Antennes très- courtes, presque toujours cachées, coniques et de quatre articles plus un très-petit article supplémentaire.
Sur chaque joue, un peu en arrière de l’antenne, un point noir sur ou contre un petit tubercule lisse, ocelliforme.
Prothorax comme dans la larve susdite, s’élargissant sensiblement d’avant en arrière et très-finement striolé sur la plaque métaprothoracique limitée latéralement par les deux sillons en parenthèse.
Méso thorax en dessus et métathorax sur ses deux faces ayant deux séries transversales et trôs-rapprochées de tubercules arrondis, séparés par un pli.
Abdomen comme celui de la larve de YAnæsthetis, ampoules ambulatoires conformées de même, sauf que les tubercules, disposés sur des
PER
LARVES DE COLÉOPTÈRES lignes un péu différemment, arquées (V. la figure) sont moins saillants, et que, sur la face ventrale, la série antérieure de chaque ampoule est beaucoup moins apparente et souvent obsolète.
La larve de la Tetrops vit, d’après M. Mulsant, dans le Chêne, le Charme et le Poirier; je l’ai observée dans le Pommier, l’Aubépine et le Rosier, et jusqu’ici je ne l’ai trouvée que dans le menu bois. Ses manœuvres sont celles de la larve de.l’Anœsthetis. La métamorphose en nymphe a lieu dès le mois de mars.
NYMPHE
Elle a de grands rapports avec celle de YAnæsthetis et présente les caractères suivants : deux soies roussâtres très-fines sur chaque mandibule, six sur l’épistome, deux groupes sur le front, un groupe transversal arqué sur le prothorax, deux très-séparées sur le mésothorax et le métathorax, six très-distantes sur le dos des six premiers segments abdominaux et dirigées en arrière, toutes ces soies bulbeuses à la base ; quatre épines verticales et subcornées au bord postérieur du septième segment, placées deux à deux sur deux mamelons ; dernier segment muni de petites callosités tuberculiformes, rousses, disposées avec une certaine symétrie et comme en couronne.
La seconde branche des Saperdins, celle des Agapanthaires, renferme les genres Agapanthia et Calamobius.
Les Annales de l’Académie de Liège ont publié, en 1855, sous le tiire d’Histoire des métamorphoses de divers insectes, un travail dans lequel je décris, avec les plus grands détails, les divers états de Y A. cardui, sous le nom, admis alors, d’d. suluralis, et dont la larve se trouve ici dans le Melilotus macrorhi<ia et le Cirsiim arvense. Je n’ai pas manqué d’y rappeler que déjà mon ami M. Graells avait décrit et figuré avec le plus grand soin les métamorphoses del’d. irrorata qui s’accomplissent en Espagne dans les tiges de YOnopordon lllijriciim.
M. Mulsant (page 365), dit, à propos de Y A. micans, que sa larve est jaune avec la tête noire, qu’elle est pourvue sur le dos de mamelons rétractiles, que, d’après M. Millière, elle vit dans les tiges de la Valériane rouge (Cmitranthus ruber), et qu’aux approches de sa métamorphose,
lONGICORNES
elle quitte la plante qui l’a nourrie pour s’enfoncer dans la terre. Sans que je puisse me prévaloir d’observations personnelles sur l’espèce dont il s’agit, je crois devoir, sous toutes réserves, contester ce dernier fait. Les larves de Longicoraes lignivores ou phytophages, dans le sens que nous attachons à ces mots, se transforment habituellement dans le végétal même où elles se sont développées, et aucune des larves d’Agapanthia que je connais ne s’alfranchit de cette règle. L’erreur de M. Millière vient sans doute de ceci : les larves de ce genre, afin que la nymphe ait la double protection de la plante et du sol, descendent et s’installent le plus souvent, avant leur transformation, au collet de la racine et quelquefois peut-être dans la racine elle-même. En arrachant la Valériane, M. Millière l’aura rompue à l’endroit où était la nymphe, celle-ci sera sortie de sa loge, et ne se doutant pas de l’accident qui avait pu survenir, il aura pensé que la nymphe se trouvait dans la terre, « au pied du végétal, » comme le rapporte M. Mulsant, et s’y trouvait par suite d’une manœuvre préméditée de la larve. Il peut se faire aussi qu’un accident ait rompu la tige desséchée juste là où se trouvait la larve prête à se transformer, et que cette dernière, tombée sur le sol, ait réussi à s’y enfoncer et s’y soit métamorphosée.
Dans la Revue agricole de 1847 (page 285), j’ai trouvé la reproduction du rapport présenté par Guérin Méneville, au sujet de l’Aiguillonnier (Calamobius gracilis), qui causait des dommages aux blés dans les départements de la Charente et de la Charente- Inférieure. Ce rapport, dont une analyse figure dans les Annales de la Société entomologique, 1847. page xviii, est le résultat d’observations très -sérieuses, et renferme des détails pleins d’intérêt qui prouvent que la larve du Calamobius se conduit absolument comme celles dont j’ai moi-même suivi les manœuvres. Je n’ai pu encore me procurer cette larve, dont malheureusement Guérin Méneville ne dit que quelques mots au point de vue descriptif ; mais en déclarant qu’elle est cylindrique avec le premier anneau un peu plus gros et la tête petite et qu’elle a « la forme d’un ver allongé et mince qui ne ressemble que très-médiocrement aux autres larves connues de Longicornes, » il me donne lieu de penser qu’elle a les plus grands rapports avec celles dugenv^ Agapanthia dont le Calamobius faisait partie jusqu’en
Voici maintenant le signalement des autres larves qui me sont connues.
.%S;aiiaiithia aspliodelt Latr.
Fie. 518-522.
LARVE
Long. 20-24 millim. Apode, d’un blanc jaunâtre; revêtue de poils blonds assez nombreux sur la tête, moins sur la région dorsale, beaucoup plus denses en dessous.
Tête ovale, luisante, d’un marron clair, presque entièrement libre, marquée sur le devant du front d’une impression subtriangulaire et un peu ruguleuse d’où part un sillon médian très-fin qui se prolonge Jusqu’au vertex. Bord antérieur droit au milieu, avec une saillie obtuse vis à vis les mandibules, et un peu déclive de ce point jusqu’aux angles.
Êpistome d’une couleur plus claire que la tête, transversal, d’une largeur égale au tiers de la plus grande largeur de la tête, à côtés obliques et angles antérieurs arrondis.
Labre marron foncé, ruguleux, convexe, en ovale transversal, plus large que l’épistome à son sommet, revêtu en dessous et densement cilié de poils roux.
Mandibules noires avec la base ferrugineuse ; vues en dessus, elles sont larges, très-obliquement subéchancrées en dedans et pointues à l’extrémité; vues de côté, elles sont assez étroites, obliques, subtriangulaires, sinuées à leur tranche inférieure et bifides au sommet.
Mâchoires roussâtres, droites, assez fortes et courtes, leur lobe subconique, ne dépassant guère le premier article des palpes et hérissé de soies rousses.
Palpes maxillaires presque roux, droits ou peu s’en faut, peu allongés, ne débordant pas les mandibules, de trois articles dont le second un peu plus long que les deux autres qui sont égaux.
Lèvre inférieure roussâtre, large, déprimée au milieu, prolongée en une languette obtuse et velue.
Palpes labiaux de la couleur des palpes maxillaires, dépassant à peine les lobes des mâchoires et de deux articles égaux.
Antennes très-courtes, rétractiles, rarement complètement saillantes, de quatre articles dont le dernier, ainsi que l’article supplémentaire sont très-petits.
Un peu en arrière des antennes, la larve del’/l. cardui montre un très-
LONGICORNES ’ 501
petit point noir non saillant, simulant un ocelle, celle que je décris n’a i-ien de semblable et ne présente aucune trace d’ocelles.
Prothorax de la longueur de la tète, d’un tiers plus large qu’elle, presque imperceptiblement ridé postérieurement, subcorné et marron clair en dessus, sauf les bords antérieur et postérieur qui sont de la couleur et de la consistance du corps, plan et déclive en dessous, de sorte que, vu de profil, il a beaucoup plus de diamètre à la base qu’à son extrémité antérieure.
Mésothorax et métathorax de moitié moins longs que le prothorax, l’un et l’autre très-ventrus en dessous et munis sur ce renflement anormal d’une touffe transversale de poils longs, assez raides, serrés et roussâtres. Sur le dos du métathorax on voit une ampoule ambulatoire transversale dont la crête est entourée d’un rang de petits tubercules.
Abdomen s’atténuant un peu de la base à l’extrémité et formé de neuf segments dont les quatre premiers un peu plus longs que les suivants ; tous munis d’un bourrelet latéral peu saillant, occupant toute leur Ion gueur ; les sept premiers segments pourvus sur le dos d’une ampoule ambulatoire non bilobée, semblable à celle du métathorax mais plus développée, et marqués en dessous d’un pli transversal relevé aux extrémités et d’un autre petit pli médian longitudinal. Dernier segment s’élargissant un peu de la base à l’extrémité qui est tronquée et hérissé postérieurement de poils roussâtres et touffus, surtout au bord inférieur. Milieu de la face postérieure occupé par un petit mamelon trilobé, médiocrement saillant et un peu rétractile, au centre duquel est l’anus.
Stigmates un peu ovales, au nombre de neuf paires, la première assez près du bord antérieur du mésolhorax, à peine plus bas que les autres, qui sont situés au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Pattes nulles.
Cette larve, reçue de Delarouzée qui l’avait recueillie à Hyères, vit dans les tiges deVAsphodelus ramosus. M. Mulsant dit, page 356, que, d’après les observations de M. Rodrigues, la femelle dépose ses œufs au pied des Asphodèles dans le courant du mois de mai. Mes constatations sur d’autres larves du même genre me portent au contraire à penser que les œufs sont déposés vers le sommet de la tige et que cette larve se conduit comme celle de VA. angusticollis dont je parlerai tout à l’heure.
NYMPHE
Elle a des poils roussâtres clair-semés sur toute la tète, plus touffus sur le prothorax; on en voit aussi quelques-uns sur le métathorax. Sur le
LARVES DE COLÉOPTÈRES dos de l’abdomen, les poils sont très-couris, ils sont plus longs et plus nombreux en dessous, sur les côtés et postérieurement. Les segments abdominaux, sauf le premier qui a simplement deux petits mamelons transverses et sauf aussi les deux derniers, sont pourvus sur le dos d’une ampoule ambulatoire bilobée, dont chaque lobe, ayant la forme d’un mamelon arrondi, porte une série transversale de fines spinules cornées, trèscrochues en arrière. Un peu en avant on observe, sur la ligne médiane, deux spinules droites. L’avant-dernier segment offre à la base une saillie surmontée de trois épines assez fortes et sur le reste de sa surface dorsale de petites aspérités éparses. Le dernier segment est denliculé à son bord supérieur et pourvu en dessous de deux touffes épaisses de poils.
Ces descriptions étaient faites lorsque j’ai reçu le quinzième cahier des Opuscules entomologiques, dans lequel j’ai trouvé (p. 98), le signalement détaillé de la même larve, par MM. Mulsant et Valéry Mayet, qui paraissent n’avoir pas connu la nymphe. Je ne me trouve en désaccord avec mes savants collègues que sur la composition des palpes maxillaires et labiaux et des antennes ; ils donnent aux premiers quatre articles lorsque je ne puis en compter que trois, et aux seconds trois articles quand je n’en puis voir que deux. Quant aux antennes, qui n’auraient, d’après eux, que trois articles, elles en possèdent quatre plus un très-petit article supplémentaire.
Agapantbia lineatocollis, Donovan
Il m’est impossible de lui trouver d’autre différence avec la précédente qu’un point enfoncé et une rainure bien plus nette et plus profonde sur la face externe des mandibules, au dessous de la dent supérieure ou la plus voisine du labre.
M. Mulsant dit qu’on trouve l’insecte parfait sur les chardons ; la larve a été, en effet, recueillie en Corse par M. Revelière, dans les tiges du Cirsium Ualicum.
Je ne connais pas la nymphe.
LOINGICORNES
Agapaniltia augusticollls, Gyll.
LARVE
Elle se distingae des précédentes en ce que 1° le corps est d’un blanc sale ; 2° la tête est d’un brun noirâtre ainsi que le labre, avec l’épistome, les mâchoires et les palpes pâles et deux arcs blanchâtres partant d’un point commun du vertex et aboutissant aux angles antérieurs ; 3® les mandibules sont moins profondément bifides et les deux dents sont un peu émoussées ; 4® la partie du prothorax des précédentes qui est marron clair est ici d’un brun noirâtre, avec une ligne longitudinale blanchâtre au milieu, et ce même segment présente en dessous deux taches noirâtres.
Au mois d’août 1865, m’étant avisé, dans une excursion aux Pyrénées, avec mes amis MM. de Bonvouloir, Charles Brisout et de Saulcy, d’ouvrir des tiges vertes d'Aconitum anthora, je fus agréablement surpris d’y trouver des larves, jeunes encore, que je jugeai, au premier coup d’œil, appartenir à une Agapanthia. J’emportai un petit fagot de ces tiges, j’observai mes larves à plusieurs reprises, et, durant l’été suivant, il me naquit un certain nombre d’insectes parfaits auxquels une étude sérieuse me fit attribuer, avec une entière conviction, le nom d’angusticolLis.
En juillet 1870 je retournai au même lieu, et cette fois j’explorai les tiges sèches d’Aconit de l’année précédente. Un trou rond pratiqué sur la plupart m’apprit que l’habitant avait vidé les lieux, d’autres contenaient une larve en apparence adulte, mais qui ne paraissait pas avoir l’intention de se transformer, sans doute à cause de la sécheresse exceptionnelle de l’année. Je fis encore mon petit fagot, je laissai ces tiges dehors jusqu’à la rai-avril 1871, époque à laquelle je constatai qu’elles renfermaient des nymphes, et dans le courant de mai j’obtins des insectes parfaits qui n’éclosent sans doute qu’en juin aux lieux élevés et plus froids où vit l’Aconit montagnard.
J’oubliais de dire qu’à la même époque, ayant ouvert des tiges d’/feradeum sphondylium, voisines des Aconits jeunes encore, je trouvai dans deux d’entre elles une larve de la même Agapanthia.
M. Goureau dit l’avoir rencontrée aussi dans les tiges du Senecio aquations (Soc. Ent. 1863, p. cxm), et en octobre 1874 je l’ai trouvée ici dans les tiges del’Eupatomm cannabinum d’où l’insecte parfait, que jen’avais jamais pris dans le département, est né chez moi en m^i 1875.
Enfin, une de nies notes m’a reporté à une communication faite à la Société entomologique par M. Rouget, de Dijon, et insérée dans le Btdletin de 1870, page xlviii. Notre savant collègue annonce, sans donner aucune description, que, du 18 avril au 1'^*’ mai, il a observé la larve, la nymphe et l’insecte parfait de l’i. angusticoUis dans les tiges de V Heracleum. 11 n’a vu qu’une seule larve dans une tige, et il a remarqué qu’elle part du sommet et se développe en descendant jusque près du collet de la racine où elle se transforme dans un espace limité en haut et en bas par des débris de moelle. M. Rouget ajoute qu’on a déjà signalé cette Agapanthia comme vivant dans les tiges du Cardmis niitans ; on voit qu’elle a des goûts assez variés.
Voici les particularités que présente la larve dont il s’agit.
La femelle pond vers le haut de la tige de la plante, mais elle n’y dépose qu’un seul œuf, et, chose remarquable, aucune ponte rivale n’est faite par une autre femelle, car jamais on ne trouve deux larves dans la même tige. Ainsi, à moins de supposer que si plusieurs larves occupent le même domicile, l’une d’elles se débarrasse bientôt de toute concurrence, il faut admettre que la femelle explore avec soin la plante qu’elle a d’abord jugée propice à son dessein, qu’elle constate infailliblement si elle a été devancée et que, dans ce cas, elle s’éloigne, comme si elle savait que toute la longueur de la tige est nécessaire au développement d’une seule larve et qu’elle condamnerait sa progéniture à une mort certaine si elle empiétait sur les droits du premier occupant. Bien d’autres insectes, du reste, donnent l’exemple d’un pareil instinct, d’une aussi sage réserve.
Dès sa naissance, la jeune larve pénètre dans le canal médullaire et le ronge en descendant. Elle parvient ainsi jusqu’au collet de la racine. Arrivée là, elle se retourne et se met à ronger en remontant, et en conservant à sa galerie une largeur bien supérieure à celle de son corps. Les parties qu’elle détache sont presque entièrement utilisées pour son alimentation, car la galerie demeure libre sur une grande étendue et l’on n’y trouve de petits dépôts de détritus et d’excréments qu’à d’assez grands intervalles. A l’automne, cette large galerie existe sur la plus grande partie de la longueur de la tige. La larve la parcourt, soit en avant, soit à reculons, avec une facilité et une rapidité surprenantes, ce qu’il est facile de voir, lorsqu’on fend la tige de manière à n’ouvrir la galerie que sur le tiers de son pourtour. Quand elle veut avancer, elle appuie sa tête et sa ■poitrine contre les parois inférieures de la galerie, contracte son corps, ramène autant qu’elle le peut le dernier segment qui s’applique contre ces
LONGICORNES
mômes parois par sa face postérieure, et à l’aide de ce point d’appui et des ampoules dorsales, elle se pousse en avant pour recommencer le même exercice. Quand elle veut reculer, elle allonge son corps autant que possible, relève la tète contre les parois supérieures, se sert de celle ci et de tous ses pseudopodes pour se contracter en arrière, et ainsi de suite. Ces mouvements de progression et de recul sont la conséquence de la privation des ampoules ventrales, et c’est pour les favoriser que la poitrine est dilatée et munie de poils touffus, que le dernier segment, large, tronqué et frangé de poils, enchâsse le mamelon anal et s’applique, â l’instar d’une ventouse, sur le plan de position, et comme il faut pour cela que la partie postérieure de l’abdomen se courbe en dessous, la larve est conduite à donner à sa galerie un diamètre beaucoup plus grand que celui de son corps.
Cette larve, si agile dans sa galerie parce quelle est constituée pour vivre dans ces conditions, est incapable, lorsqu’elle est dehors, de tout mouvement de progression, elle ne peut que s’agiter sans résultat aucun, et elle prend habituellement l’altitude que je lui ai donnée dans mon dessin.
Lorsqu’un accident a rompu la tige où elle vit, elle se hâte de boucher l’orifice par un fort tampon de petits copeaux qu’elle détache des parois de sa galerie. Elle établit enfin, ordinairement assez près du collet de la racine, si la plante reste sur pied, ou le long de la tige dans le cas contraire, deux tampons analogues, à une distance un peu supérieure à la longueur de son corps ; c’est dans cette cellule qu’elle passe l’hiver et une partie du printemps, et le mois d’avril ou de mai venu, elle accomplit sa métamorphose en nymphe.
NYMPHE
Elle est en tout semblable â celle de l’/l. asphodeli. Les poils et les aspérités dont elle est pourvue lui donnent les moyens de monter et de descendre dans sa galerie avec assez de prestesse.
Dans la troisième branche des Saperdins, celle des Saperdaires, sont les genres Compsidia, Anœrea, Amilia et Saperda.
Bouché et Ratzeburg. ont dit quelques mots de la larve de la Compsidia populnea, et ce dernier l’a figurée, à la planche xvi de son premier tome ; mais dans son livre sur les Insectes nuisibles aux forêts (1867), M. Gou-
LARVES DE COLlîOPTÈRES reau en donne, page 120, une description assez étendue. La tête est assez saillante, subparallèle, le prothorax porte des aspérités rousses et les ampoules ambulatoires ont deux rangs transversaux d’aspérités semblables. M. Goureau dit avec raison qu’il n’a pas vu de pattes; mais les antennes, qu’il n’a pas vues non plus, existent, seulement elles sont le plus souvent cachées dans une cavité de la tête. Elles ont quatre articles trèscourts, plus l’article supplémentaire. Déjà, et en 1847(SocEwL, pagexLvn), M. Lucas avait donné, sur les mœurs de l’insecte parfait, sans décrire la larve, des renseignements pleins d’intérêt et de vérité.
D’après le catalogue de MM. Chapuis et Candèze, Gœdart a publié, sur la larve del’dwœrea corc/mms, une description etdes figures qui laissent beaucoup à désirer. Ratzeburg l’a décrite brièvement et figurée à la planche précitée. La description de M. Goureau (Loc. cit., p. 118), quoique plus étendue, est insuffisante et de plus erronée en ce qu’elle dit qu’il n’existe pas d’antennes. Elles sont, il est vrai, courtes et rétractiles, mais leurs derniers articles surgissent en dehors de la cavité où elles se logent, La tête est relativement petite, parallèle, les mandibules sont robustes, assez longues, pointues, taillées en biseau intérieurement ; l’épistome et le labre sont à peu près comme dans les larves à! Agapanthia ; le prothorax, subcorné et roux en dessus, est, sur les deux tiers postérieurs, et dans un espace limité à droite et à gauche par d’assez profondes parenthèses, couvert d’aspérités granuleuses; Les ampoules ambulatoires, un peu déprimées au milieu, sur la face dorsale, sont couvertes d’aspérités rousses, pointues, très-petites et très-serrées. La première paire de stigmates est presque sur la même ligne que les suivantes.
M. Goureau fSuc. Eut.. 1844, page 431), a parlé des métamorphoses de la Saperda scalaris, dont il avait trouvé la larve dans un Poirier, et que j’ai observée dans des Cerisiers et dans un Noyer mort qui m’a fourni plus de deux cents individus de l’insecte parfait. La description qu’en donne mon honorable ami ne saurait suffire, car il se borne presque à la comparer à la larve du Morimus lugiibris dont elle diffère par des caractères très-importants. Il commet de plus une erreur en lui donnant des pattes dont elle est complètement dépourvue. Je la caractériserai suffisamment en disant qu’elle ressemble, pour la forme et pour ses divers organes, aux deux larves précédentes, mais qu’elle en diffère visiblement en ce que les granulations du prothorax sont très-petites ef très-serrées et que les ampoules ambulatoires sont couvertes d’aspérités extrêmement denses et d’une excessive finesse.
lONGICOBNES
Quant à la nymphe, voici les particularités qu’elle présente et qui se retrouvent généralement dans les nymphes des Saperdaires. Elle a quatre soies roussàtres sur chaque mandibule et deux de chaque côté de l’épistome, ces soies portant sur un petit tubercule ; trois spinules cornées, en série longitudinale, de chaque côté du front, très-près des yeux ; deux épines assez longues au dessus de la base des antennes ; des spinules, dont cinq médianes plus longues, au bord antérieur du prothorax ; un peu plus en arrière, quatre ou cinq spinules semblables, et sur le reste du prothorax des spinules plus petites et éparses ; d’autres autour de l’écusson et sur le métathorax, ces spinules thoraciques un peu arquées en haut. Les sept premiers segments de l’abdomen, lisses sur le ventre, ont sur le dos, assez près du bord postérieur, une série transversale de spinules inclinées en arrière, sauf le sixième et lé septième où elles sont plus longues, dressées ou un peu arquées en avant. Le dernier segment a un petit arc de spinules à la base, une assez longue épine de chaque côté et six semblables à l’extrémité qui est tronquée. Chacune des spinules dont je viens de parler est accompagnée d’une soie roussâtre partant de sa base et plus longue qu’elle.
J’ai décrit, dans les Annales de la Société entomologique (1847, page 549), la larve de la Saperda pnnetata qui vit dans l’Orme, et je viens de constater que je l’ai fait avec assez de soins et de détails pour n’avoir pas à y revenir ; je dois seulement rectifier le nombre des articles des antennes qui est de quatre au lieu de trois, mais l’article basilaire est rarement appréciable. Au surplus, la forme de cette larve est celle des précédentes, son prothorax est couvert, sur sa moitié postérieure, de granulations cornées, et les ampoules ambulatoires sont munies d’aspérités fines et serrées. M. Mulsant m’apprend (p. 384), que M. Hammerschmidt a postérieurement et dans la réunion des naturalistes à Breslau, communiqué un travail sur cette même larve.
M. Âsa Fitch, dans son ouvrage sur les insectes nuisibles et utiles de l’État de New-York, a décrit et figuré la larve de la S. bivittata Say, qui vit dans un Pommier.
M.Erné adonné une courte description de la larve de la S.pkoca, parasite du Saule marceau, dans le Bulletin de la Société entomologique suisse, 1873.
La quatrième branche, celle des Phytœciaires, réunit les genres Ste~ nostola, Oberea, Phyteecia eiOpsüia,
Une larve d’Oberea, la. linearis, qui vit dans les jeunes pousses du Noisetier, a été mentionnée et figurée par Rœsel, et Ratzeburg (pl. xvi), en a donné le dessin. La description la plus étendue est celle qu’en a donnée M. Goureau dans son livre sur les insectes nuisibles aux arbres fruitiers, etc. (186-2, p. 29). Il n’a pas omis de parler des aspérités qui couvrent une partie du prothorax et les ampoules ambulatoires, seulement, il place à tort ces aspérités sur la tête. Je prends en outre la liberté de rectifier l’erreur qu’il a commise en donnant à cette larve six pattes, très-petites, il est vrai, mais qu’il m’a été impossible de découvrir, et qui n’existent pas plus dans cette espèce que dans celles du même groupe.
Le même auteur, dans son livre sur les insectes nuisibles aux arbustes et aux plantes de parterre (p. 20), a décrit avec soin ce qui concerne la larve do l’O. pupallita, qui se développe et se transforme dans les tiges vivantes du Chèvre-feuille (Lonicerfl caprlfoliumj, et, d’après M. Mulsant, dans celles du Lonicera tatarica. Mon savant et laborieux ami signale la granulation cornée et rousse qui couvre la partie postérieure du prothorax, mais il ne dit rien des particularités, très peu apparentes probablement, que peuvent présenter les ampoules ambulatoires. Cette fois, et avec raison, il supprime complètement les pattes.
Je décrirai la larve de l’O. ^dilata.
Le genre Phytæcia, quoique représenté par un assez grand nombre d’espèces, paraît avoir défié jusqu’ici les recherches des amateurs de larves, et les seuls renseignements qu’ait pu fournir M. Mulsant pour diriger les investigations sont que la P. e.phippium se trouve sur VEuphorbia dulcis et que la larve de la P. nigricornifi vit, d’après Linné, dans les rameaux du Prunier et du Poirier. Lareynie avait déjà signalé la larve de la première comme très nuisible à la partie souterraine des carottes cultivées CSoc. ÆlwL, 1851, p. Liv).
Je ferai connaître la larve de la P. lineola.
On a été plus heureux pour deux espèces du genre Opsilia, détaché par M. Mulsant des Phytæcia : la première est l’O. virescens, dont la larve vit dans les tiges de [’Echium viilgare. MM. Chapuis et Candèze ont décrit et figuré cette larve dans leur catalogue (p. 247, pl. vin). Je rectifierai leur description en donnant quatre articles aux antennes au lieu de trois, sans parler de l’article supplémentaire, et je la compléterai utilement en disant que la tête, par sa forme et ses organes, rappelle entièrement les larves précédentes, que la moitié postérieure du prothorax est couverte
lONGICORNES
de granulations cornées et que les ampoules ambulatoires, lisses et exemptes de toute aspérité visible, sont très-dilatables, bilobées et marquées, les supérieures d’un pli elliptique et d’un autre médian longitudinal, les inférieures d’un pli transversal.
La larve de la seconde espèce, l’O. molybdœna, vit dans les tiges du Lithospermum officinale; elle a été publiée par M. Von Frauenfeld dans les Mémoires de la Société de Zoologie et de Botanique de Vienne, 1868-69.
Oberea (Cerainbyx) oculata L.
Fig. 523-S26
LARVE
Long. 25-30 raillim. Subtétraédrique, relativement un peu étroite et peu renflée antérieurement, peu densement revêtue d’une villosité pâle ; complètement apode.
Tête i-elativement étroite, presque parallèle, saillante en dehors du prothorax, d’une longueur égale à la moitié de sa plus grande largeur, lisse, luisante, jaunâtre avec le bord antérieur ferrugineux ; marquée en arrière de ce bord d’une rangée de points écarlés de chacun desquels sort un poil dirigé en avant.
Épistome trapézoïdal, à angles un peu arrondis, d’une largeur égale au quart de la largeur antérieure de la tète.
Labre un peu plus que semi -elliptique, cilié de poils roussâtres.
Mandibules assez longues, noires avec la base un peu ferrugineuse; vues en dessus, largement triangulaires, avec le bord externe arrondi et la tranche interne sinuée ; vues de côté, étroitement subtriangulaires, obliques, avec la tranche supérieure convexe et la tranche inférieure concave, et le dos un peu en carène.
Mâchoires, lèvre inférieure et palpes comme dans la larve de Mesosa.
Antennes courtes, rétractiles.
Pas de trace d’ocelles.
Prothorax marqué en dessus de deux sillons parallèles aux côtés qui sont un peu arrondis et y dessinant une sorte de bourrelet, et plus en
LARVES DE COLÉOPTÈRES dedans de deux autres sillons plus courts, plus profonds, arqués et obliques; orné postérieurement et sur un espace sub triangulaire qui s'avance jusqu’au delà du milieu, de tubercules cornés, ferrugineux, lisses, assez serrés, d’inégale grandeur et dont les plus petits sont à l’extérieur du groupe.
Ampoules ambulatoires du métathorax et des sept premiers segments de l’abdomen semblables sur les deux faces, petites, arrondies, non ou obsolèlement bilobées, très-sensiblement dilatables et munies de deux étroites bandes parallèles et en arc renversé, l’antérieure plus large et plus interrompue au milieu, d’aspérités roussâtres, extrêmement fines et très-rapprochées, disposées en lignes transversalement sinueuses.
Stigmates de forme ordinaire, la première paire plus grande et un peu plus inférieure que les huit autres, située pour ainsi dire sur la ligne qui sépare le prothorax du mésothorax.
Pattes nulles.
Cette larve se distingue, comme celle de VOberea linearis, par le peu de largeur de la tête et par la structure de ses ampoules. Je l’ai trouvée dans des tiges de Saules pleureurs cultivés en pépinière, parfaitement vivants et ne paraissant pas même souffrir de ses attaques. Comme il n’existe pas de traces d’érosion sous l’écorce, j’en conclus que, dès sa naissance, elle plonge dans les couches ligneuses. Le point par lequel elle a pénétré dans le bois se reconnaît à des déjections d’abord fraîches que, pendant quelque temps seulement, elle rejette au dehors, puis par des déjections assez sèches, enfin par un petit bouchon de détritus. Sa galerie, d’un diamètre un peu irrégulier, est longitudinale et creusée dans l’aubier quand la tige a quelques centimètres de diamètre, dans le canal médullaire lorsqu’elle a une faible épaisseur. Cette galerie, qui dépasse quelquefois une longueur de trente centimètres, et qu’elle creuse indifféremment la tête en haut ou la tête en bas, c’est-à-dire en montant ou en descendant, est encombrée de déjections mêlées de quelques débris. Elle la dévie vers la surface aux approches de la métamorphose, en l’élargissant pour que la nymphe soit plus à l’aise, et les déblais résultant de cette appropriation sont rejetés et entassés derrière elle sous forme de paillettes. D’autres paillettes, en moindre quantité, sont accumulées devant elle et contre l’orifice futur de la galerie. L’état de larve dure environ dix mois.
J’ai observé la nymphe au commencement de juin.
LONGICOMES
NYMPHE
Des poils très-lins et roussâtres sur le front, sur le vertex et sur les trois segments thoraciques. Premier arceau dorsal lisse, les six suh'anls pourvus d’un groupe transversal de spinules assez nombreuses, subcornées, à pointe ferrugineuse, inclinées en arrière et d’autant plus grandes qu’on s’approche plus de l’extrémité du corps ; ces spinules entremêlées de quelques poils fins et très-courts, les postérieures du septième arceau relevées et quelques-unes même un peu arquées en avant. Dernier segment spinuleux avec de petits poils, sans que je puisse dire au juste la disposition des épines, parce que les deux nymphes que je possède sont un peu altérées sur ce point.
L’insecte parfait naît à la fin de juin ou au commencement de juillet.
l*liytæcia (lSa|iei'cla) liiieola F.
Fig. S27-530.