‹ Larves de ColéoptèresChapitre 7 sur 41 · NYMPHE DE LA C. SERRATA · texte numérisé non relu

NYMPHE DE LA C. SERRATA

Invaginée postérieurement dans la peau chiffonnée de la larve, laquelle s est fixée sur le plan de position par son mamelon anal, blanche, munie de poils de diverses longueurs sur le front, au pourtour et sur le dos du prothorax, à la face dorsale et aux angles latéraux des segments de l’abdomen, ainsi qu’aux genoux. Si on la retire de son fourreau, on constate que son dernier segment est bilobé.

La structure de la bouche des larves de Lathridius et de Corticaria semble repousser l’idée qu’elles soient lignivores ou carnassières. Leurs mandibules, que l’on pourrait appeler de fausses mandibules, sont incapables d’attaquer le bois, et les animaux de proie sont habituellement beaucoup mieux armés. De Geer, qui a décrit les premiers états du Lathridius lar-

tVTHRlDUDES.

CORTICARr.4

dai\us, a observé sa larve sur une vessie de porc desséchée. Il est plus que probable qu’il s’y était développé des moisissures dont elle se nourrissait.

Kyber, qui a fait connaître dans le Magazin entomologique de Germar, 1817, t. II, p. 1, la larve du Lathridius porcatus Herbst, lequel n’est autre que leminutiis L., dit qu’elle vit des moisissures qui se forment sur les substances animales ou végétales, et en effet, on rencontre cet insecte ou sa larve presque partout où naissent de semblables productions, ainsi que sur des matières fermentées telles que les marcs de raisins et sur les liés de vin qui, ayant débordé de barriques en fermentation, se sont desséchées sur les futailles.

C’est aussi dans les mêmes conditions, c’est-à-dire sur les bois couverts de moisissures, que j’ai maintes fois rencontré la larve du Lathridius nodifer, et de nombreux individus de cette espèce me sont nés de fruits mûrs de rosier qui, étant demeurés quelque temps entassés, avaient fermenté et s étaient moisis. Celle du L. rugosus pullule dans un champignon d’un genre particulier, le Reticulariahortensis, qui se produit sur les souches des arbres et qui finit par n’être plus qu’un amas d’une poussière noirs extrêmement fine. Celles des Corticaria pubescens, seirata, truncMella , melanophlhalma,crenicoUis, vivent ici dans les toitures de chaume si abondamment pourvues de détritus et de végétations cryptogamiques ; celles des C. distinguenda et fiiscipennis se trouvent dans les Lierres touffus qui tapissent les murs, et celles des C. gihbosa et transversalis se montren dtans une foule de conditions en apparence diverses et au fond semblables, dans les hérissons secs des châtaignes, dans les vieilles galles, dans les fleurs de trèfle, dans les calathides des carduacées, dans les calices ou les corolles des malvacées, des roses doubles, etc,, lorsque la dessiccation et l’humidité y ont provoqué l’apparition de mucédinées.

M. Théveneta trouvé et élevé les siennes sur des racines de Gypsophila sti’uthiuTU venues de Constantinople. Elles se promenaient activement sur ces racines et s’arrêtaient parfois sur un point, sans qu’il ait pu constater si elles en attaquaient la substance. Je suis convaincu qu’il y avait là des moisissures dont elles faisaient leur profit.

Si maintenant l’on compare les larves des Lathridius et des Corticaria avec celle de la Langelandia qui figure dans la famille des Lathridides, on remarque entre elles d’assez notables différences. La larve de la Langelandia est d’une couleur moins terne, elle est plus linéaire, plus déprimée sensiblement moins velue et ses poils sont simples. Les pattes elles an-

leiines sont plus courtes et l’article supplémentaire do celles-ci est aussi long que le quatrième article, tandis qu’il est beaucoup plus court dans les larves de Lathriclius. Elle a de véritables mandibules, les mâchoires descendent jusqu’à la base de la tête au lieu de s’arrêter au milieu, la lèvre inférieure et les palpes labiaux sont bien visibles, les ocelles font délâut, et enfin le dernier segment, arrondi et nautique dans les larves de Lathridius, est ici terminé par deux crochets .

MYCÉTOPHAGIDES

ILitargus (inycetopliagus) bifasciatiis, F.

Fig. 6S-71.

LARVE

Long. 3 l/2millim. hexapode, subdéprimée, coriace, linéaire, peu velue, fasciéede noirâtre, terminée par deux crochets.

Tête déprimée, un peu plus large que longue, un peu arrondie sur les côtés, noirâtre en dessus, avec une ligne blanche partant du vertex et se bifurquant sur le milieu du front pour se diriger vers les angles antérieurs.

Epistome transversal, allant presque d’une antenne à l’autre, et de la couleur de la tête ; labre pâle, semi-elliptique, bordé de quelques cils. Mandibules, autant qu’il m’a été possible d'en juger en les observant fermées, sur des larves conservées dans l’alcool, arquées, médiocrement larges, pointues à l’extrémité, sans dent sur la tranche interne ; mais elles sont probablement bifides.

Mâchoires courtes, leur base ne dépassant guère la moitié de la tête, munies d’un lobe peu épais, à peu près cylindrique,, terminé par quelques soies spinuliforraes, pas guère plus long que les deux premiers articles des palpes maxillaires; ceux-ci longs , débordant les mandibules fermées, un peu arqués en dedans et de trois articles, le premier un pou plus court que le second, le troisième de la longueur des deux autres réunis et terminé par deux très-courtes soies tronquées et d’inégale longueur.

Menton assez grand ; lèvre courte, transversale, surmontée de deux palpes labiaux très-courts et de deux articles égaux, ne dépassant pas

MYCÊTOPHAGIDES. - IITARGUS 85

le lobe des mâchoires, et entre lesquels se trouve une languette trèscourte, subarrondie et un peu ciliée.

Antennes de quatre articles, le premier épais, en cône tronqué etcourt, le second cylindrique, à peine plus long, ces deux articles glabres ; le troisième trois fois au moins aussi long que le précédent, très-légèrement en massue et muni d’un certain nombre de poils courts ; le quatrième égal â la moitié du précédent, grêle, cylindrique, terminé par un poil long et deux on trois beaucoup plus petits; tous ces organes, sauf les mandibules, de couleur pâle. Après un assez long examen j’allais déclarer l’absence de tout article supplémentaire aux antennes, lorsque, ayant mis quelques larves sous le microscope, de manière à les voir de profil, j’a constaté que le quatrième article est sensiblement excentrique, et j’ai aperçu au sommet inférieur du troisième article un petit tubercule qui ne peut être que l’article supplémentaire cherché.

Sur chaque tempe, très-près de la base de l’antenne, cinqocrWes ronds, sur deux rangs, trois presque contigus en ligne transversale, un en ar rière, vis-à-vis celui du milieu du rang de devant et un assez éloigné^ en allant vers le crâne; les trois premiers noirs et convexes, les deux autres non colorés et déprimés.

Prothorax de la longueur de la tête, plus large qu’elle, arrondi sur les côtés, brun noirâtre, avec une ligne médiane très -fine, le bord antérieur et le bord postérieur blanchâtres ; mésolhorax et métathorax semblables au prothorax, à peine moins longs que lui, de même couleur avec les bords antérieur, postérieur et latéraux, blanchâtres.

Abdomen de neuf segments, le premier de moitié plus petit que le prothorax, le second et le troisième grandissant progressivement, les autres égaux jusqu’au huitième; tous ces segments ayant une large bande brun noirâtre, ou plutôt entièrement de cette couleur, sauf le bord postérieur qui est blanchâtre, et montrant sur les flancs un ou deux mamelons dépûmés et brunâtres , susceptibles de dilatation et servant incontestablement aux mouvements de la larve; le neuvième segment un peu plus long que le précédent, se rétrécissant sinueusement d’avant en arrière, profondément échancré postérieurement et terminé par deux crochets cornés, légèrement relevés.

Dessous du corps uniformément pâle ; face inférieure du dernier seg ment occupée en partie par un mamelon anal.

Deux longs poils de chaque côté de la tête, un encore plus long de chaque côté des segments thoraciques et des huit premiers segments ab-

dominaux; le dernier hérissé de quelques longs poils. Indépendamment de ces poils, peu nombreux, comme on voit, le microscope montre , répandus sur tout le corps, depuis la tête jusqu’au dernier segment, mais très-peu serrés, de tout petits poils fins et raides, ceux de la partie postérieure du corps un peu inclinés en arrière. Ces petits poils me paraissent destinés à faciliter la progression de la larve. Ils manquent au bord antérieur et au bord postérieur des segments.

Stigmates roussâtres, au nombre de neuf paires, la première, un peu plus inférieure que les autres, très -près du bord antérieur du mésothorax ; les suivantes vers le tiers des huit premiers segments abdominaux.

Pattes assez longues, débordant le corps de beaucoup, de cinq pièces, ongle compris ; cuisses et tibias hérissés de petites soies égales et nombreuses. Ce caractère du nombre, de la brièveté et de l’égalité |des soies des pattes mérite d’être noté.

Cette larve vit sous l’écorce du Châtaignier, de l’Orme, du Chêne, de l’Aulne, du Peuplier, du Figuier, parmi les déjections laissées par d’autres larves, principalement de Scolytides, lorsque surtout cette écorce est tapissée de quelque mycélium, ou quand l’humidité y a développé certaines Mucédinées. Elle paraît aimer, en effet, à se nourrir de substances fongueuses. Je l’ai pourtant souvent rencontrée là où ne semblait exister aucune production de cette nature, et je suis porté à croire qu’elle vit aussi des déjections dont j’ai parlé, quoiqu’il ne soit pas impossible que des cryptogames imperceptibles lui servent de pâture. Elle se transforme en lymphe sans déplacement.

NYMPHE

Elle se distingue par les caractères suivants : massue des antennes épineuse ; tête et prothorax revêtus de très-petits poils fins et très-serrés ; deux soies assez longues sur le front, deux encore plus longues au bord antérieur du prothorax, une à chaque angle antérieur, une vers le milieu de chaque bord et une à chaque angle postérieur; toutes ces soies portées sur en petit tubercule; de petits poils aux genoux; abdomen à peu près glabre au dessous, les six premiers segments revêtus en dessus de très-petits poils et d’autres un peu plus longs et inclinés en arrière, disposés en série transversale un peu au delà du milieu ; sur chaque côté une papille subco nique surmontée d’une longue soie; dernier segment hérissé de petits poils, ayant en outre de chaque côté, près de sa base, une soie moins Ion-

MycÈTOPHAGIDES. — MYCETOPHAGUS 87

gue que les précédentes et sans papille, et terminé par deux appendices fins, subulés et divergents.

Plusieurs larves du petit groupe des Mycétophagides sont déjà connues. Erichson a donné (Archiv. de Wiegm. 1847, p. 283), la description de celle du Mycetophagus mnltipunctatus Hellw. ; cette description ne prête à la critique que relativement au nombre des articles des antennes qui est de quatre et non de trois. Je regrette en outre qu’Erichson n’ait pas mentionné les bandes d’un brun roussâtre qui ornent les segments du corps ; il y a des cas où la couleur atteint presque la valeur d’un caractère générique. 11 est possible que les larves qu'il a étudiées fussent conservées dans l’alcool, et l’on sait que cette liqueur exerce parfois une action décolorante.

M. Westwood, dans son Introduction, etc., a dit quelques mots, d’après M. Waierhouse, de celle du M. 4 pustulatus L. qui a été décrite, ainsi que la nymphe, mais insuffisamment, par M. Frauenfeld (V. Abeille, 1869, p. 107).

De mon côté, j’ai publié dans les Annales de la Soc. entom. les larves des genres suivants : Triphijllus pimctatns, 1851, p. 39, Biphyllus liinatus ^ 1851, p. 42, Bergimis tamariscis, 1862, p. 194. Pour que l’on puisse donner plus de précision aux généralités sur ces sortes de larves, j’en signalerai deux autres.

miycetophnsua |ilc«i«a F.

LARVE

Très-semblable à la larve du Litargus dont la description lui convient parfaitement, sauf les différences ci-après : longueur 6 millim., corps et tête nn peu moins déprimés; mandibules bifides à l’extrémité; mâchoires relativement un peu plus courtes; troisième article des palpes maxillaires un peu moins long; ocelles au nombre de quatre de chaque côté, ocelle unique du second rang placé vis-à-vis celui du milieu du rang antérieur; troisième article des antennes un peu plus en massue. A cela près, tout est semblable; le troisième article antennaire porte en dessous, à son bord antérieur, le petit mamelon que j’ai considéré comme l’article supplémentaire ; les segments thoraciques et abdominaux ont les mêmes dimensions relatives et leur coloration est semblable, seulement la couleur

des bandes est brun roussâtre ; le dernier segment et ies pattes sont conformés de même, et on retrouve exactement la même villosité, c’est-à-dire de longs poils assez rares et de très-petits poils assez serrés dont quelquesuns, un peu plus longs et dirigés en arrière, en ligne transversale un peu au delà du milieu des huit premiers segments abdominaux. Stigmates semblables et semblablement disposés.

Le bois de l’intérieur des vieux Chênes et des vieux Châtaigniers dans lesquels pénètre l’humidité contracte à la longue une altération qui le rend rouge, crevassé, feuilleté et spongieux. Dans les crevasses ou entre les feuillets se forme, lorsque l’humidité est considérable, une substance byssoïde et papyracée de la nature des champignons, et c’est là que vit, quelquefois en grand nombre, la larve dont je viens de parler; c’est là aussi, et dans une petite cellule, que s’opère la transformation en nymphe.

NYMPHE

Antennes épineuses, des soies longues sur le front, sur les bords antérieur et latéraux du prothorax, quatre au bord postérieur et huit ou dix en ligne transversale au milieu, quatre sur le mésothorax, quatre sur le métathorax, trois plus petites sur les genoux, deux sur chaque côté des huit premiers segments abdominaux, sur un bourrelet, et deux voisines de celles-ci. l’une sur le dos, l’autre sur le ventre, plusieurs sur le dernier segment, lequel est terminé par deux appendices coniques, subulés, parallèles, un peu relevés et légèrement crochus à l’extrémité qui est roussâtre et subcornée. Toutes les soies dont j’ai parlé sont portées, savoir : celles de la tête et des genoux sur de petits tubercules, les autres sur des papilles coniques^ dont les plus longues sont celles du bord antérieur du prothorax.

Les larves et les nymphes des Mycetophagus 4 pustulatus et miiltipunctatns sont tout à fait semblables ; la première de ces deux larves est naturellement un peu plus grande et ses bandes sont plus foncées. Je l’ai trouvée fréquemment dans le Boletiis imbricatus et une fois dans un agaric développé sur une souche d’ Aulne, et j’ai rencontré l’autre en très-grand nombre dans le Boletiis suberosus vivant sur le Hêtre.

MYCÉTOPHAGIDES. — TYPHÆA

'l\y|ili(ea (Dernics(es) rtiniafa L.

LARVE

Voici encore une larve très-semblable aux précédentes : forme subcylindr'.que et linéaire du corps, organes de la bouche, ocelles, crochets terminaux, stigmates, poils longs et courts, dimensions relatives des segments, tout est semblable. Les seules différences que je constate sont les suivantes : taille de 4 à 4 1/2 millim., troisième article des antennes un peu plus court, mais muni de l’article supplémentaire tuberculiforme ; quatrième article de la longueur des trois quarts du précédent; palpes maxillaires un peu plus épais; pattes plus robustes et plus hérissées; bandes dorsales réduites à une simple nuance roussâtre. Ce dernier caractère est le plus saillant, la larve paraissant presque blanche,

J’ai trouvé assez abondamment cette larve, ainsi que la nymphe et l’insecte parfait, au mois d’octobre, dans du marc de raisin entassé dehors depuis un mois, et où la fermentation avait produit des moisissures abondantes. C’est peut-être de ces Cryptogames que la larve faisait sa nourriture, ce dont je n’ai pu m’assurer parce que, ennemie de la lumière, ellese hâte, lorsqu’on la découvre, de fuir le jour et se dérobe ainsi à toute observation. La transformation en nymphe n'exige aucun préparatif, elle se fait dans -le premier recoin venu.

NYMPHE

C’est exactement la nymphe du MyceAophagus. sauf les différences suivantes : les papilles sétigères sont un peu moins longues; le microscdpe me montre trois soies sur les côtés des segments, au lieu de deux; les appendices du dernier segment sont droits, à peine relevés à l’extrémité et divergents ; ils ressemblent à ceux de la nymphe du Lilargua, mais ils sont un peu plus longs et plus coniques parce qu'ils sont sensiblement plus épais à la base.

Par ce qui précède et par les descriptions antérieurement publiées, on peut voir que les larves des Mycétophilides ont une telle unité de conformation qu’elles constituent un groupe aussi naturel que celui des insectes parfaits. ’Poutes sont linéaires, subcoriaces, ornées de bandes transversa-

L4RVJÎS DE COLÉOPTÈRES

les plus OU moins foncées; leurs mandibules sont bifides, leurs mâchoires courtes avec le lobe assez étroit, ne dépassant pas le second article des palpes maxillaires ; ceux-ci ont le deuxième article tantôt beaucoup plus long, tantôt un peu plus long seulement, tantôt de même longueur que chacun des deux articles précédents, mais toujours terminé par de trèspetits cils; dans les antennes, constamment de quatre articles, le troisième article, ordinairement aussi long que les deux précédents réunis, n’a quelquefois que la longueur du second, mais invariablement il porte à son sommet, sous la base du quatrième article, un article supplémentaire tuberculiforme dans les larves de Lüargiis, de Mycetophagus, et de Typhæa, grêle et allongé dans celles de Triphyllus et de Biphyllus, et même, quoique j’aie dit autrefois le contraire, dans celle du Berginus où il est presque de moitié aussi long que son voisin. Les ocelles sont tantôt au nombre de cinq de chaque côté, trois très rapprochés et convexes près de la base des antennes et deux écartés, un peu en arrière, ceux-ci déprimés et presque oblitérés, tantôt au nombre de quatre dont un isolé au second rang. Je n’en ai même compté que trois dans la larve du Berginus, et malgré un nouvel examen, je n’ai pu en voir davantage. Le dernier segment du corps est toujours terminé par deux crochets cornés, arqués en haut, ordinairemen un peu divergents quand on observe verlicalement, sauf dans la larve du Berginus, où ils sont un peu arqués l’un vers l’autre. Toutes ont le corps hérissé de poils de deux sortes, les uns longs, flexibles et peu nombreux, les autres courts, raides et assez serrés, à l’exception de la larve que je viens de citer et qui les a plus clairs. Les pattes sont régulièrement hérissées de soies courtes, quelquefois entremêlées de soies plus longues.

Ces larves sont toutes assez agiles, mais cette épithète appartient surtout à colles des Mycetophagus, qui sont d’une prestesse de mouvements presque égale à celle des insectes parfaits.

Les nymphes sont toutes symétriquement hérissées de longues soies portées sur des tubercules ou des papilles coniques plus ou moins développées, et toutes aussi sont terminées par deux appendices coniques tantôt droits, tantôt un peu, crochus, parallèles ou divergents.

Les habitudes ne sont pas les mêmes pour la transformation en nymphe. Les larves du Triphytlus et du Biphyllus quittent alors le champignon où elles ont pris leur développement et s’enfoncent dans la terre ; les autres restent et se métamorphosent au milieu des substances qui les ont nourries.

De quoi vivent les larves des Mycétophilides ? Je ne puis avoir deg

L\nFJ,LICOn:\'ES ET PECTIMCORNES

doutes, en m’en tenant, bien entendu, aux larves connues, que pour celles de Typhæa et de Berginus. J’ai dit cependant, relativement à la première, que la fermentation du marc de raisin dans lequel je l'ai rencontrée y avait développé d’abondantes moisissures dont probablement elle tirait parti ; mais ce marc était peuplé de bien d’autres insectes et d'innombrables larves de Staphylinides, de Carpophiliis hemipterus et de Drosophila cellaris, diptère que les vendanges attirent et multiplient h millions; il pourrait donc se faire qu’elle se nourrît des déjections de ces insectes.

Quant à la larve du Berginus, je l’ai trouvée d’abord dans les chatons vieillis du Pin, qui avaient servi de pâture à la larve de Rhinomacer attelaboides; mais depuis, je l’ai vue au moins aussi abondante dans la galle en pomme du Chêne, celle que forme YAndricus terminalis, où se loge le Sinergus socialis et où l’on trouve comme parasites le Callimome admirabilis et les Pteromalus papaveris et ripariiis. Ces sortes de galles avaient été recueillies plusieurs mois après leur formation et lorsque la plupart de ses habitants primitifs les avaient quittées. Les larves de Berginus qu’elles contenaient et qui ont accompli chez moi toutes leurs évolutions, y trouvaient-elles des moisissures? Vivaient' elles des déjections et des dépouilles des larves qui les avaient précédées? Se contentaient-elles, au contraire, de la substance presque fongueuse des galles ? Je ne saurais le dire au juste ; ce que je sais, c’est que deux autres fois des galles recueillies plus récentes et bien sèches ne m’ont pas donné de Berginus. Je ne puis sans doute en rien conclure, mais comme les premières galles étaient dans un tel état qu’elles contenaient probablement des moisissures, comme il en existait, à coup sûr, dans les vieux châtons du Pin, je ne serais pas éloigné de croire que ces productions servent d’aliment à la larve dont il s’agit.

LAMELLICORNES ET PECTINICORNES

Grâce à la larve du Hanneton, connue de tous et malheureusement si commune dans beaucoup de contrées, grâce aussi aux larves des Cétoines, décrites et figurées tant de fois, il n’est presque personne et, dans tous les cas, il n’est pas un savant qui ne connaisse la forme des larves des Lamellicornes, Celles des Bnprestides et des lyongicornos sont aujourd’hui

92 L4RVES DE COLEOPTERES

assez bien connues aussi ; mais il existe, dans l’une et l'autre de ces deux tribus, certains types, tels que les larves des Aphanisticus et des Trachys^, pour la première, des Vesperus et des Pachyta ou Acmæops, pour la seconde, qui, du moins en apparence, s’éloignent tellement du type général, que l’incertitude, l’hésitation sont non-seulement permises , mais presque inévitables, tandis que la tribu des Lamellicornes ne présente pas, que je sache, une seule larve dont la physionomie et les caractères généraux soient de nature à provoquer le moindre doute. Pas un entomologiste, qu’il l’ait trouvée sous terre, dans le bois, dans les détritus, dans les matières animales ou stercorales , ne pourra se méprendre et n’hésitera sur le nom de famille de cette larve courbée en arc ou en hameçon, à tête grosse et rousse, à partie postérieure souvent plus épaisse et ordinairement d’une autre couleur que le reste du corps, à pattes bien articulées, assez longues, coudées et presque toujours très-hispides.

Je n’ai donc pas l’intention de décrire dans tous ses détails chacune des larves de cette tribu qui doivent trouver place dans ce travail ; j’aime mieux donner une description générale, sauf à y rattacher ensuite chaque espèce en mentionnant seulement les caractères particuliers qui la distinguent.

Cette description générale a été donnée au moins deux fois : d’abord par Érichson, et on en trouve la traduction dans l’estimable catalogue de MM. Chapuis et Candèze, page 112, en dernier lieu par MM. Mulsant et Rey, dans la deuxième édition des Lamellicornes, page 15. Je vais essayer à mon tour, parce que le sujet n’a pas été entièrement épuisé.

Tête grande, mais plus étroite que le corps, convexe, cornée, blonde ou testacée, rarement plus foncée, peu enchâssée dans le prothorax, marquée, comme dans presque toutes les larves, d’un trait blanchâtre, souvent enfoncé, partant du vertex et se divisant sur le front en deux branches qui se dirigent vers la base des mandibules. La surface est quelquefois rugueuse ou ruguleuse, mais le plus souvent elle est lisse avec quelques points ou fossettes sur le front et sur les côtés antérieurs.

Êpistome distinct, transversal, séparé du front par une suture, ordinairement lisse, parfois néanmoins rugueux ou ruguleux. 11 est transversalement bombé, quelquefois même d’une manière exagérée comme dans la larve du Pachypus Candidæ.

Labre très-apparent, convexe, soit entier et arrondi ou un peu en ogive antérieurement, soit crénelé ou divisé en trois lobes ; ordinairement lisse avec deux fossettes ou une dépression transversale arquée, parfois rugueux

LAMELLICORNES ET PECTINICORNES 93

OU ruguleux ; toujours garni de poils épars en dessus et cilié antérieurement de soies plus ou moins raides.

Mandibules robustes, plus ou moins longues, médiocrement arquées, terminées en dedans par une tranche oblique quelquefois simple, plus habituellement munie de dents presque toujours au nombre de deux à la mandibule droite et de trois à la gauche, creusées en dessus ou latéralement, et quelquefois sur çes deux faces, de sillons longitudinaux ou de fossettes, ou relevées d’une arête longitudinale ; toujours pourvues en dedans, assez près de la base, d’une forte dent molaire, rarement de plusieurs. Dans certains genres Oryctes, Cetonia. Osmoderma, on voit en dessous à la base et près du côté externe, une cavité toute couverte de stries transversales très-régulières et très-serrées.

Mâchoires assez fortes, très-coudées, leur lobe, presque aussi long que les palpes maxillaires, divisé en deux dans certains groupes, simple ou un peu échancré dans d’autres, et dans certains ayant la soudure des deux lobes indiquée par une suture ; toujours terminé par une, deux ou plusieurs épines ou crochets cornés, toujours aussi cilié en dedans de soies raides.

Palpes maxillaires non de trois ou de quatre articles comme l’ont dit Erichson et MM. Mulsant et Rey, mais toujours de quatre articles de longueurs variables selon les groupes.

Menton charnu, ordinairement en parallélogramme transversal, portant la lèvre inférieure habituellement transversale aussi, un peu arrondie antérieurement et ciliée entre les deux palpes.

Palpes labiaux uniformément de deux articles.

Antennes toujours de cinq articles, sauf jusqu'ici les genres Copris et Trox qui n’en ont que quatre. Ces articles, ordinairement obconiques, sont de forme et de dimensions variables.

D’après Erichson et les savants naturalistes de Lyon, ces organes seraient composés de trois à cinq articles, le premier n’étant pour eux qu’une saillie tuberculeuse qui simule un article. Je ne puis me ranger à cette opinion. Je ne prétends pas dire qu’elle constitue une appréciation erronée de la structure des antennes, mais comme cette saillie tuberculeuse existe dans toutes les larves, que si, par suite de sa rétractilité ou autrement, elle laisse quelquefois place au doute, elle présente habituellement la physionomie d’un véritable article; comme aussi la plupart des auteurs, y compris les entomologistes éminents que je viens de citer, lui ont le plus souvent donné ce caractère dans leurs descriptions, je crois qu’il faut le lui maintenir sous

94 LAllVES DE COLEOPTÈkES

peine d’avoir à rectitier presque tout ce qui a été dit jusqu'ici sur les antennes. Je ferai remarquer en outre que, si cet article basilaire devait être retranché, il serait inexact de dire que les antennes des larves de Lamellicornes ont de trois à cinq articles, car alors il y aurait des larves qui, avec l’article basilaire, en auraient six, ce que je n’ai jamais vu.

J’ajoute que, dans cette tribu, les organes dont il s’agit offrent un caractère que M. Laboulbène a fait remarquer à l’occasion de la larve du Calicnemis Latrellei; ils sont arqués en haut, ou plus ou moins coudés à l’intersection qui sépare les deux derniers articles du précédent. Je ferai observer aussi que l’avant-deimier article est souvent prolongé en dessous en une sole triangulaire plus ou moins prononcée. Ce caractère se présente surtout dans les larves des Mélolonthides.

Ocelles complètement nuis, dit Erichson, même chez les larves les plus jeunes. Cela est vrai, sauf, jusqu’ici, deux exceptions, car les larves de Gnorimus et de Trichiiis ont sur chaque joue, très-près de la base de l’antenne, un ocelle ou un granule ocelliforme très-visible.

Segments thoraciques au nombre de trois, comme toujours. Prothorax plus grand que chacun des deux autres, coupé par un pli profond transversal en deux parties dont la plus grande de beaucoup est l’antérieure, laquelle porte habituellement de chaque côté, en avant du stigmate, une tâche ou plaque subcornée, roussâtre, luisante, souvent enfoncée. Mésothorax et méiathorax également divisés par un pli profond, mais avec cette différence que la portion la plus grande est antérieure dans le premier et postérieure dans le second.

Abdomen de neuf segments, les sept premiers de longueur progressivement croissante, divisés transversalement sur le dos en trois parties par deux plis profonds, surtout les six premiers. Le huitième segment n’a qu’un seul pli arqué et peu apparent, et le neuvième est lisse, sauf un bourrelet latéral. Les plis sont un peu arqués en sens contraire et, en se croisant près des flancs, ils circonscrivent une sorte de mamelon qui est le siège d’un stigmate. Sur chaque ligne latérale existe une série de mamelons qui constituent un bourrelet bien marqué. Les proéminences transversales déterminées par les plis sont lisses dans un très-petit nombre de genres, dans les autres elles sont couvertes et comme sablées, sur les six premiers segments et sur la proéminence antérieure du septième, de petites spinules ou de très-petits granules surmontés de très-courtes soies spinuliforraes qui sont de puissants auxiliaires pour la progression. Ces soies se trouvent exceptionnellement sur tous les segments dans les larves des

tAMÉLLICORlNES ET PECTIlVICORNES

Cétonides, mais il y en a à peine une rangée transversale peu apparente sur les segments thoraciques, et elles sont plus clair-semées sur les trois derniers segments abdominaux.

Quant au neuvième ou dernier segment de l’abdomen, appelé sac par Érichson, il est très-développé et entier dans les Cétoniaires et le genre Osmoderma, coupé en deux par un pli, mais en dessus seulement, dans les genres Gnonmiis, Trichius et Valgus, dans tout le pourtour chez toutes les autres larves connues, ce qui a fait croire à quelques naturalistes que l’abdomen a dix segments. J’ai déjà discuté cette question dans mon Histoire des Insectes du Pin, et je me suis arrêté à l’opinion que le nombre des segments doit être fixé à neuf, sauf à appeler les deux divisions, première partie et deuxième partie du dernier segment, ce qui vaut mieux, je crois, que de nommer la deuxième partie mamelon anal, puisque toutes les larves ne la possèdent pas.

A l’extrémité de ce segment se trouve l’anus quelquefois un peu en dessous, plus rarement un peu en dessus, le plus souvent au bout. Il est indiqué tantôt par un seul pli ou transversal ou en angle assez peu ouvert, tantôt par deux plis transversaux plus ou moins arqués, ce qui a inspiré les noms peut-être un peu impropres d’anus bilobé et d’anus trilobé. La disposition transversale de ces plis a servi de caractère pour distinguer les larves des Lamellicornes de celles des Pectinicornes qui ont la fente anale longitudinale ; mais il faut renoncer aujourd’hui à ce caractère, car on le retrouve dans les larves du Triodonta aquila, du Trox hispidus qui ne sont probablement pas les seules dans ce cas. Les environs de l’anus sont assez fréquemment pourvus de petites soies spinosules; presque toutes les larves présentent en outre, en avant de l’anus en dessous, des soies rousses, la plupart terminées en croc dirigé en arrière, et dans plusieurs genres on voit entre ces soies deux séries de spinules cornées convergentes, bordant un petit espace lisse linéaire, ou triangulaire ou même un peu elliptique.

Le dessous du corps est presque plan, sauf ordinairement sur les deux derniers segments. La couleur générale est blanche ou d’un blanc jaunâtre à l’exception des derniers segments qui sont plus ou moins brunâtres ou ardoisés, à cause des matières contenues dans l’intestin ou dans le sac stercoral et visibles par transparence. Des poils blonds et fins plus ou moins nombreux existent sur les diverses parties, ils sont toujours plus serrés sur les bourrelets latéraux et à l’extrémité anale. Quant à sa consistance, le corps est charnu, quelquefois assez flasque fCopm, dpàodms;,

d’aulres t'ois irès-terme, coriace fCetoninj, le plus ordinaii'ement d’une

résistance moyenne.

Les stigmates sont au nombre de neuf paires, la première, un peu plus grande, mais pas plus inférieure que les autres, à l’inverse de ce qui a lieu dans tant de larves, est située près du bord postérieur du prothorax, lorsque presque partout ailleurs on la voit sur le mésothorax, les huit autres se trouvent sur les huit premiers segments abdominaux. Ces stigmates ont une forme particulière qui les a fait comparer à un fer à cheval ; mais quand on y regarde de près, on voit qu’ils sont habituelkment constitués par un tout petit bouton lisse ou ruguleux et ferrugineux entouré d’un péritrème blond, tantôt circulaire avec un petit bombement qui a l’air de produire une échancrure plus ou moins profonde, tantôt réellement échancré ou même interrompu, tantôt réduit à un croissant. Ce qu’il y a de particulier, c’est que toujours l’échancrure regarde la partie postérieure du corps dans la première paire et la partie antérieure dans les autres.

Les pattes, au nombre de trois paires, sont écartées, assez longues et assez robustes; elles sont presque toujours de quatre pièces: une hanche ordinairement bien développée, un trochanter, une cuisse et un tibia de dimensions variables, presque constamment hérissés de soies ayant quelquefois une apparence spiniforme. La dernière pièce est très-rarement inerme, elle est normalement terminée par un ongle tantôt assez grêle et subulé, tantôt plus épais et même muni en dessous d’une ou de deux petites dents ; mais dans les larves adultes et surtout dans les larves lignivores, on trouve parfois cet ongle réduit et émoussé par un long usage. Dans le genre Cetonia l’ongle n’est précisément pas nul, comme on l a dit, il est remplacé par une pièce cylindrique et obtuse beaucoup plus grêle mais de même nature et consistance que les autres. Dans deux genres, Copris et Onthophagus, les pattes sont anormales, difformes et de deux ou trois pièces seulement, sans vestige d’ongle. 11 y a des genres où la première paire est plus longue que les autres, dans le plus grand nombre c'est la dernière paire. Celle-ci est comme atrophiée dans les larves de Copris ou de Geolrupes, et l’avant-dernière pièce est munie antérieurement d’un rang de petites dents cornées. Les pattes sont égales dans les larves des Cétonides et des Trichiides.

Les larves des Lamellicornes sont généralement impropres à la marche ou ne s’y prêtent que difficilement à cause de la courbure prononcée de leur corps Dans leur jeune âge cependant elles peuvent redresser assez leur abdomen pour se servir de leurs pattes, et j’ai maintes lois vu des

LAMELLICORNES ET PECTINICORNES 97

larves à'Aphodiiis regagner la bouse d’où je les avais éloignées. Dans tous les cas, les larves des Cétoines feraient exception. Grâce à la courbure beaucoup moindre de leur corps, elles marchent avec assez de facilité. 11 y a plus, et ce fait a déjà été observé par de Geer, elles cheminent aisément couchées sur le dos, les poils spinosules dont cette face du corps est couverte facilitant ce genre de progression. On dirait même qu’elles s’y complaisent, car une larve qui se trouve le ventre en l’air ne prend pas la peine de se retourner, et il m’a paru aussi que, dans cette position, elle n’a pas plus de difticultés, tant elle sait faire un bon usage de sa tête, à s’enfoncer dans les détritus où elle aime à vivre, et même dans la terre.

Les nymphes sont, cela va sans dire, l’image de l’insecte parfait emmailloté. Elles sont ordinairement un peu roussàtres et présentent cette particularité qu’elles sont entièrement glabres ; seulement les six premiers segments abdominaux sont le plus souvent relevés, près du bord postérieur, en crête transversale, et dans la plupart des genres le dernier segment est terminé par deux lobes obtus ou par deux papilles subulées.

En parlant des larves des Lamellicornes je puis bien y comprendre, sans trop risquer de me compromettre, celles des Pectinicornes, qui sont longtemps restés mêlés avec les premiers. Leurs larves d’ailleurs ont la même physionomie, les mêmes caractères, et, absolument parlant, elles n’offriraient que trois différences bien appréciables et probablement constantes: 1° l’absence de toute spinule ou soie spinuliforme sur la partie antérieure du septième segment abdominal ; 2® l’absence de tout pli en travers des segments ; 3“ l’échancrure du péritrèrae de là première paire de stigmates tournée en avant comme celle des autres paires, tandis qu’elle est en sens inverse dans les larves des Lamellicornes. Je pourrais ajouter que le prothorax est dépourvu de toute tache ou plaque luisante et que le péritrème des stigmates accomplit à peine une demi-circouférence; mais je ne veux pas omettre de dire que la plupart de ces larves ont sur la face antérieure du trochanter des pattes de la troisième paire une crête cornée et ferrugineuse, très-élégamment et très-finement crénelée, allant obliquement presque de la base jusqu’au sommet, et sur le côté postéroexterne des hanches intermédiaires une crête transversale de même nature, mais plus tranchante et encore plus finement crénelée.

En observant avec étonnement et sans en deviner l’usage, les stries de la base inférieure des mandibules des larves à'Oryctes et autres, et les crêtes des pattes de celles de Lucanus et de Dorcus, j’étais loin de me douter du parti qu’en tirerait un savant dont j’ai eu plus d’une occasion de

PER

vanter l’habileté. Depuis que ceci est écrit, une note publiée dans les Annales delà Société Entomologique de France, 1874, page 39, m’a appris que M. Schiôdte considère ces objets de ma surprise et de ma curiosité comme des organes de stridulation, et qu’il a sous presse un mémoire étendu sur cette question. Je n’ai pas besoin de dire avec quel intérêt je lirai ce mémoire, alors même que je n’y trouverais par la raison pour laquelle les larves dont il s’agit ont été douées d’organes de cette nature.

Quelques savants ont essayé une classification méthodique des larves qui font l’objet de ce chapitre, et l’indication de ces essais se trouve dans l’introduction de la deuxième édition des Lamellicornes, par MM. Mulsanl et Rey. Ils ont eu uniquement pour objet la division de la famille en groupes. Je vais tenter moi-même une division, d’abord en groupes, puis en genres, et je donnerai quelques figures caractéristiques sur les genres dont j’ai pu étudier un type.

I. — Corps lisse ou parsemé de soies spinosules plus ou moins denses; dans ce dernier cas, ces soies sur la face dorsale de tous les segments ou plus souvent sur les six premiers segments abdominaux et sur l’élévation transversale antérieure du septième ; un au moins et presque toujours deux plis transversaux sur le dos des segments, sauf Us deux derniers -, échancrure du péritrème de la première paire tes stigmates en sens inverse de celle des autres paires.

Lamellicornes, Lacord., Müls., Rey.

A Lobes des mâchoires très-profondément bifides.

a Antennes de quatre ou cinq, articles , pattes anormales sans ongle, les sept premiers segments abdominaux à un seul pli transverse au lieu de deux. Copriates, Müls., Rey.

Coprites, J. Duv.

aa Antennes de cinq articles, pattes normales, pourvues d’un ongle.

6 Mandibules tridentées, ongle des pattes simple. Sist/^j/iaires, Muls.,Rey.

AfeMcAites, J. Duv.

bb Mandibules finement et à peine crénelées, onglem uni

en dessous d'une dent ou de deux. Aphodiates, Uvis., Rey-

Aphodiites, J. Duv.

aaa Antennes de quatre articles, les sept premiers segments abdominaux à deux plis transverses.

c Mandibules tridentées, pattes bilobées à l’extrémité, anus simple à pli transversal. Géofrwpatres, Müls., Rey.

Geotrupites, J. Duv.

<c Mandibules non dentées, pattes normales termi-

LAMELLlCOfiNES ET PECTIMCORNES

nées par un ongle bien marqué, anus trilobé à

pli longitudinal. Sabulicoles. Muts., Key.

Tro gîtes, J. Duv

AA Lobes des mâchoires simples ou faiblement bitides ou échancrés au sommet.

a Dernier segment divisé en deux par un sillon annulaire simulant un faux segment.

b Mandibules obtusément dentées à leur extrémité, largement triangulaires, à deux ou trois dents molaires, anus visible seulement en dessous, labre, épistome et tête rugueux, l'erricolesel partie des Arénicoles, Mols. Key.

Dynastites, J. Duv.

bb Mandibules aigument bi-tridentées au sommet, largement et profondément échancrées en dedans, ce qui leur enlève la forme triangulaire; une seule dent molaire très-près de la base; anus non visible en dessous, un petit peu visible en dessus; labre, épistome et tête lisses, épistome Irès-tuméfié.

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