Thérapeutique de A. Robin. Fascicule XI. page
1 Lorsque les palpitations sont d’origine toxique ou médicamenteuse, (abus du thé, du café, du tabac, du sulfate de quinine, etc) la suppression de la cause provocatrice fait disparaître l'effet d’ une manière assez rapide, à moins que ces substances aient déterminé un état
dyspeptique plus où moins accusé.
Cet abus des médicaments, capable d’amener une dyspepsie qui peut souvent être très grave est malheureusement plus fréquent qu’on ne le pense. Les ferrugineux, par exemple, ont été accusés à Juste titre de donner des palpitations. Et, de fait, chez les chlorotiques, dont l’estomac fonctionne mal, ils ont souvent augmenté les palpitations ; ils peuvent, au contraire, les faire cesser, en améliorant l’état général, si l'estomac est capable de. les supporter. Dans le cas contraire, le miéux est de soigner
l’état stomacal d’abord.
2 Les maladies de l'estomac et de l'intestin sont souvent la cause de palpitations et celles-ci sont d’autant plus rebelles que ces affections sont souvent latentes.ou méconnues. Ainsi, il y a des gastropathies dans lesquelles les symptômes cardiaques sont si prédominants qu'ils peuvent faire croire à une malad'e du cœur, alors même qu'il n’en existe pas. D'autre part, il suffit souvent, comme l’a dit Potain, d’une simple douleur intestinale au niveau de l’angle qui unit le côlon transverse aù côlon descendant pour produire des palpitations très rebelles, et M. Huchard a observé deux faits où ces dernières, existant depuis plusieurs années, ont subitement disparu
chez des malades atteints et opérés d’appendicite, On
ae de conçoit que, dans ces cas, la médication digitalique ne puisse pas produire d’effet utile.
Sénac rappelle le fait d’un malade qui n’avait des palpitations d’origine gastrique que pendant la nuit. Or, ül faut se souvenir que les palpitations noctures, regardées à tort comme d’essence toujours nerveuse ou arthritique,
doivent être attribuées très souvent à la dyspepsie hyperchlorhydrique et surtout à la variété de dyspepsie liée à l’hypersécution continue du suc gastrique. Les malades, pour une raison facile à comprendre, souffrent surtout quelques heures après les repas et pendant la nuit ; de là, par action réflexe ou toxique, une cause de palpitations ou de troubles fonctionnels du cœur. Dans ces cas, le traitément doit être dirigé contre l’hyperpepsie au moyen du régime alimentaire et des alcalins à haute dose. ;
On conçoit alors que l'estomac qui peut retentir d’une façon aussi intense sur un cœur sain puisse agir d’une façon beaucoup plus active encore sur un cœur malade. Par exemple, un malade atteint de rétrécissement mitral a des palpitations vite réprimées par la digitale. On continue la digitale, et elle devient inutile, nuisible même. C'est qu’alors les palpitations sont entretenues par un
fonctionnement défectueux de l’estomac. Dans ce cas, il
faut abandonner la digitale et soigner l’état dyseptique.
“ D’autres fois, le chimisme stomacal est bon; le malade
‘digère bien, et cependant la digitale ou les autres médi-
caments cardiaques n’agissent plus. On devra alors cher-
; cher ailleurs que dans l'estomac la cause des palpitations
et se souvenir de cette phrase de Senac : « 77 n’y a point
EE me dans le corps de partie qui ve puisse causer des palpi-
lations. »
b. — Palpitations traitées par la digitale et les
médicaments cardiaques.
Nous rappelons simplement que ce sont celles qui sont produites par l’une des affections suivantés : aortite aiquë au début, endocardite et péricardite aiguës, adhérences du péricarde ; affections valvulaires.
Leur cœxistence avec le R. M. n'est rue pas très rare. usé
Dans ces cas, d’après Huchard, l’éréthisme cardiaque
esttrès bien calmé par la digitaline à petite dose, (dix gout-
tes de la solution de digitaline cristallisée au millième (1),
tous les jours pendant 5 à 6 jours). On pourra aussi
prescrire le strophantus (2 et 4 granules d'extrait à un milligramme par jour, pendant 6 à 8 jours). D’autres fois on se trouvera très bien de Passociation de la digitale et
1. Cette dissolution au millième doit être telle que cinquante gout-
tes représentent un milligramme de Rene. Voici par exemple la
formule de A. Petit.
Digitaline cristallisee Mol alamme.
Glycérine pure (densité 1250) 333 cent. cubes. Eau dislillée. 147 Alcool! à 95° Q. S. pour compléter un nes à 15° centigrammes. On fait dissoudre la digitaline dans 450 centim. cubes d'alcool ; ajoute l’eau et la glycérine, puis on complète un Hire avec quantité suffisante d'alcool. Re SR
=Ÿ. 4e du bromhydrate de quinine, comme dans cette formule : Bromhydate de quinine 4 grammes.
Poudre de digitale à 2 grammes
Extrait de convallaria
Pour 4 pilules : deux à quatre par jour.
Les bromures seuls donneront souvent aussi de bons
résultats.
2, — Traitement de la tachycardie et de la bradycardie.
Nous serons bref sur ces deux complications relative-
ment rares de la sténose mitrale.
a) Traitement de la tachycardie.
2 Nous laisserons naturellement de côté la tachycardie physiologique, ainsi que la « tachycardie paroxystique essentielle ». :
Pour les autres cas il faudra souvent s’attaquer à l’état général : on soignera l’estomac, on Supprimera une cause
ce d’intoxication, comme le tabac. On recherchera sile système modérateur ou l'appareil accélérateur dû cœur ne sont
pas atteints. S'il y a lieu, l'état névropathe du malade
sera traité. Chez les artério-scléreux, on prescrira les
iodures.
b) Traitement de la bradycardie.
Nous ne nous arrêterons pas au traitement du « pouls
lent permanent ». Quant à la thérapeutique du système
CE bradycardie, elle se résume en quelques mots k
UC 2 OT LCR RE 6h RASE \ | |
TS
Il n'existe qu’un seul médicament pouvant accélérer les battements du cœur ; c’est l'atropine. La thyroïdine est bien capable de produire un résultat analogue ; mais On sait que cette médication est susceptible d’amener de graves accidents.
Quand on voudra soutenir et tonifier le cœur, on pourra, avec beaucoup de précautions, prescrire la digitale. Le strophantus, la spartéine, la convallamarine seraient ici plus nuisibles qu’utiles. On agira plus sagement en prescrivant la cafeire et l’infusron de café. L’iodure de sodium et les inhalations d’éther ou de nitrite d’amyle seront employés contre l’artério-sclérose et l’anémie bulbaire.
Le régime lacté seul, ou aidé de l’usage de la théobromine, en luttant contre l'insuffisance urinaire, améliore-
ront souvent. l’état du malade.
$S3. — Traitement de l'arythmie.
Ici encore, on s’attaquera à la cause.
. Dans les arythmies réflexes (gastro-intestinale, utérine, hépatique etc.) on soignera l'organe malade.
On n’oubliera pas que dans le rétrécissement mitral, Parythmie esttrès souvent d’origine gastrique. Oninstituera alors la médication soit de l’hypochlorhydrie, soit de l'hyperchlorhydrie suivant le diagnostic. Voici ce qu’en dit M. Hucherd (1).
< Dans une cardiopathie, l’arythmie n'indique pas tou-
jours que le cœur supporte mal salésion. Ila supporte mal,