PALPITATIONS, ARYTHMIE PALPITANTE
S {. — Gauses du rythme du cœur.
Le sang est chargé d'apporter à nos tissus les substances nécessaires à la nutrition, et de leur enlever les produits de dénutrition. Même à l’état de repos,ces tissus doivent recevoir une certaine quantité de sang, destinée à subvenir à leur entretien. Il en résulte que le cœur, organe central de la circulation, doit travailler d’une façon permanente.
Examinons brièvement comment il fonctionne : loreillette, passive, reçoit le sang ; parsa contraction, elle l’envoie ensuite dans le ventricule, passif. Puis, à son tour, le ventricule se contracte et envoie le sang soit dans la grande cireulation s'il s’agit du cœur gauche, soit dans les poumons s’il s’agit du cœur droit. Ainsi doncle muscle cardiaque est soumis à des alternatives de travail et de repos. A l’état normal, c: phénomène se produit environ 70 fois par minute chez Padulte. De plus chaque contraction est séparée de la suivante par un intervalle de
temps qui est toujours le même. =
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En un mot, les battements du cœur sont rythmés; ils se produisent à des intervalles égaux et un nombre déterminé de fois dans un temps donné. De plus, chaque battement a la même intensité. Rappelons en même temps,
comme conséquence de ce fait, qu'à l’état physiologique le pouls (radial ou autre) bat également d’une façon réqulière, c’est-à-dire que les battements se produisent à intervalles égaux, et qu'ils ont tous la même intensité. D'où vient cette régularité dans lès battements cardiaques ?
— : Denombreuses recherches ont été faites sur ce sujet dans __ces dernières années. Actuellement il paraît bien démon- ‘à tré que le nerf pneumogastrique est un nerf modérateur du cœur, c’est-à-dire que son action diminue le nombre - des battements cardiaques ; le grand sympathique, au contraire, est excrtateur du cœur ; il est, à ce point de he vue, antagoniste du pneumogastrique. Ces résultats . récemment acquis à la science , jettent un jour nouveau sur des faits cliniques dont la pathogénie était jusqu’a-
“lors bien obscure : nous aurons d’ailleurs à y revenir.
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Le cœur est encore sourms à l’action de petits centres réflexes qu il possède en lui-même et dont les principaux = sont les ganglions de Remak, de Bidder et de Ludwig, les deux premiers étant excitateurs et le dernier modérateur.
C'est grâce à eux que le cœur, arraché de la poitrine d’un
animal, peut continuer à battre quelque temps après Ja mort dePanimal.
- Quant à Ja cause même du rythme du cœur, c'est-à- . la raison pour laquelle les battements cardiaques
sont régulièrement espacés el tous semblables entre eux,
c'est là une question qui a exercé et exercera peut-être longtemps encore la sagacité des physiologistes: Toutefois Marey (1) en 1879 fit faire un grand pas à la question en démontrant expérimentalement que la propriété rythmique appartient en propre aux fibres musculaires du cœur. Puis vinrent les travaux de Dastre (2) et Morat etenfin les dernières recherches de Marey qui amenèrent
la découverte de l’inexcitabilité du cœur. On sait en
- effet maintenant qu’une exitation électrique ne produit
aucun effet sur le cœur si elle le surprend dans la phase systolique ; elle fait naître au contraire une pulsation soudaine si elle le surprend dans la phrase diastolique. Ainsi
donc le cœur est tellement bien adapté à la périodicité de
ses fonctions qu'une des propriétés les plus importantes
de la fibre cardiaque, s sa contractilité, estelle-même devenue une fonction périodique du temps. :
En résumé le cœur se contracte régulièrement. De plus chaque contraction ‘envoie dans l organisme une quantité de sang qui est constante pour chaque contrac-
tion.
1. Sur l'effet desexcitations électriques appliquees au tissu musculaire du cœur. Marey. Académie des Sciences, 28 juillet 1879.
2. Sur la loi de l’inexcitabililé du cœur. Dastre. Societé de bio- “ logie, 18 mars 1882, | Ë
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8 2. — Causes qui peuvent troubler le rythme du cœur. Définitions.
A l’état normal, il y a équilibre entre la puissance du
cœur et la quantité de travail qu'il doit fournir. Toute
cause qui viendra modifier l'un ou l’autre de ces facteurs
pourra altérer la régularité des battements cardiaques, ou
leur nombre. Il en sera de même des causes qui vien-
dront troubler lirnervation de cet organe. C’est ainsi que
- se produisent l’arythmie, la tachycardie, la bradycardie et les palpitations.
Qu'est-ce donc que l’'arythmie, et qu'est-ce que les pal-
pitations ?
En ce qui concerne l’arythmie, nous adopterons la déy ;
finition qu’en a donnée en 1893 M. le D, Huchard (1),
dans son 7raité des maladies du cœur : & L’arythmte
cardiaque est caractérisée par des battements d’inégale
cntensité, se succédant à des intervalles inéqaux, et sé-
parés-par des tatermittences vraies ou fausses ». Toute-
- fois nos ferois remarquer que l’on donne quelquefois
: = dans la pratique le nom d’arythmie aux cas relativement
rares où des battements d’égale intensité se succèdent à des intervalles /négaux.
Nous nous bornerons ici à rappeler que les arythmies
: se divisent elles-mêmes (2) en arythmies irrégulières ou
= arythmies proprement dites, et arythmies rythmées ou
© allorythmies.
1. Huchard. Maladie du cœur et des vaisseaux. 1893. Page 251.