‹ Lasage, remancier, d'après de nouveaux documentsChapitre 26 sur 99 · Voy. p. 97, sur Montniénil · texte numérisé non relu

Voy. p. 97, sur Montniénil

2. Hédolin, Lettre au bibliothécaire d'Angers, 1853. — Le même, Mosaïque, Peintres, inusiciens, littérateurs, etc., 1856, p. 433 sq. — Bnllef. de la Soc. poh/mathique. Vannes, 1882, les Enfants d'Alain-René Lesuge et la maison uii il est mort à Boulofjne-sur-Mer, par l'abbé Luco, sur les noies de M. Vaillant, de Boulogne.

Sous l'inscription, on a déposé dans la muraille des pièces de monnaie et une boite en plomb contenant un exemplaire sur vélin d'une notice sur Lesage par Hédouin, C'était une petite maison à un seul étage, pignon sur rue, porte cintrée, précédée de marches en pierre, ilanquée de deux colonnes.

C'est là, chez son fils, que, vers la fin de 1743, Lesage vint habiter avec sa femme et sa fille. Il trouva le meilleur accueil dans sa nouvelle résidence. Le commandant de la ville de Boulogne était en 1746 le comte de Tressan, homme d'esprit et de goût, très versé dans la littérature, grand amateur de romans, ce qui le désignait pour être l'ami du romancier. Il venait souvent le voir. M. Hédouin, qui tient ses renseignements d'un vieil ami de Lesage, Dutertre du Wast, notaire du chapitre de la cathédrale de Boulogne, conte comment Tressan réconcilia Lesage avec son fils Montménil, qui s'était fait acteur sans l'aveu paternel. Montménil faisait partie d'une troupe en tournée qui vint à Amiens, puis à Boulogne. Le comte de Tressan emmena Lesage au théâtre. L'affiche portait Crispin rival. Montménil joua si bien que Lesage lui pardonna de s'être fait comédien. Il lui ouvrit les bras en lui disant : « Je te voulais avocat et me voilà satisfait, car tu viens de gagner la plus difficile des causes. » Lesage a-t-il dit cela? Ses paroles, tamisées par Dutertre, puis par Hédouin, n'ont-elles point été modifiées? Ce ton emphatique et précieux est peu <lans ses habitudes. La mémoire de Hédouin parait bien infidèle, d'ailleurs, si l'on songe que M. de Tressan ne fut appelé au commandement de la ville de Boulogne qu'en

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soplenibre 1746, cl que Monlménil était mort depuis trois ans'. C'est encore une anecdote à rayer des biographies, qui la rapportent toutes.

C'est au comte de Tressan que nous devons les plus précieux détails sur les dernières années de son ami. Il les a réunis dans une lettre célèbre, adressée à l'éditeur dos Œuvres choisies de Lesage, Paris, 1783 :

« Vous m'avez prié, monsieur, de vous donner quelques notions sur les derniers jour du célèbre auteur de Gil Jilas et de plusieurs ouvrages estimés. Voici, monsieur, les seules que je puisse vous donner.

« Après la bataille de Fontenoi, à la fin de 1745, le feu roi m'ayant nommé pour servir sous les ordres de' M. le maréchal de Richelieu, les événements et de nouveaux ordres m'arrêtèrent à Boulogne-sur-xMer, où je restai commandant en Boulonnois, Ponthieu et Picardie.

i( Ayant su que M. Lesage, ûgé d'environ quatre-vingts ans, et son épouse, à pou près du même âge, habitaient à Boulogne, un de mes premiers soins fut de les aller voir et de m'assurer, par moi-même, de leur état présent. Je les trouvai logés chez leur fils, chanoine de la cathédrale de Boulogne, et jamais la piété filiale ne s'est occupée avec plus d'amour à soigner et embellir les derniers jours d'un père et d'une mère, qui n'avaient presque comnie autre ressource que les médiocres revenus do ce fils.

« M. l'abbé Lesage jouissait à Boulogne d'une haute

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