Voy. p
Monlménil n'est pas le seul des fils de Lcsage qui ail adopté la profession de comédien. Leur père les y avait pourtant mal préparés. Son troisième fils, François- Antoine, né le 22 février 1700, fut acteur, mais bien inférieur à son aîné. Il joua surtout en province. Il avait pris le nom de Pittenec. Il revint à Paris en 1734, et nous le voyons jouer dans le Testament de In Foire, dans le Miroir véridiqiie, aux Jeux forains. On lui attribue un opéra-comique (1 a. pros, et vaud.), VAudietice magique (La Haye, 1731), et deux remaniements de pièces de son père, le Testament de la Foire et le Miroir magique, non imprimées.
Il se maria, et, par la loi des contrastes sans doute, son fils imita son oncle le chanoine, il fut clerc tonsuré'. La famille de Lesage s'élevait à l'ombre de l'église et du théâtre, entre l'archevêché de Grenade et le salon d'Arsénié.
Un troisième fils *, le second en date, est Julien-François, chanoine de la cathédrale de BouIogne-sur-Mer, né le 24 avril 1698. Comment ce Parisien quitta-t-il Paris pour Boulogne? on s'en rendra aisément compte, si l'on réfléchit que depuis 1724 l'évèque de Boulogne-sur-Mer, successeur de Pierre de Langle, est cet Ilenriau que nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises sur le chemin de Lesagc, Henriau, le tuteur de l'abbé de Lyonne,le pro-
1. Acte de décès de Mme Lesage, registres de la paroisse de Saint- Joseph, Boidofrne, 1752.
2. M. V.-J. Vaillant a dépouillé les registres capitulaires de Notçe- Dame de Boulogne depuis 1"33; les années précédentes manquent depuis niO. Qu'il nous permette de lui emprunter ou de lui restituer une partie des détails qui suivent.
tégé lie Pontchartrain, le protecteur de Lesage ', l'un des premiers évêques que le cardinal Fleury voulut sacrer, « au scandale universel », dit Saint-Simon. Nous avons déjà dit quel piètre sire fut cet intrigant de bas étage. Il signala son épiscopat par de nouveaux abus, et fut en guerre perpétuelle avec son chapitre. Il prétendait avoir sur ce dernier la juridiction immédiate, pour le tenir en bride et le mener à sa fantaisie. Le chapitre se défendait. Henriau s'était assuré le concours de quelques chanoines par des moyens qui n'étonnent point de sa part. Il dépouille presque le doyen François Abot, l'accusant d'être en enfance, pour donner cette haute position à son parent Voisenon. La fonction de grand chantre était élective. Elle vint à vaquer, mais les élections donnant un résultat qui le gênait, il les fait casser. C'est évidemment l'histoire de cette élection toute récente, et que son fils lui a contée, qui a fourni à Lesage, dans le Bachelier de Salamanque, l'épisode des élections d'une supérieure, aux filles de la conception de Guatemala. « Je voudrais bien, dit l'évêque, que leur choix tombât sur la mère de Montalvan. Il faut former en sa faveur une faction vigoureuse. » (LIX.)
Quant à Lesage, il en disposait pleinement, en ayant fait son secrétaire -. Les deux amis, Lesage et Voisenon, étaient , et pour cause , des créatures à sa dévotion. M. Vaillant regrette de ne pouvoir « apprécier les motifs qui guidaient Lesage ». Ils sont bien clairs à présent. L'abbé Luco connaissait bien peu l'évêque pour avoir essayé sa défense ^ Dès le 12 octobre 1735,