‹ Lasage, remancier, d'après de nouveaux documentsChapitre 76 sur 99 · G. B., Vil, XII, 1724. Rantzau csl mort en lOr.O · texte numérisé non relu

G. B., Vil, XII, 1724. Rantzau csl mort en lOr.O

Quaiul on le voyait arriver, on pensait inévitablement an maréchal doRantzau, celui dont Voltaire disait : « Il iw lui restait qu'un de tout ce dont les hommes ont deux. » On chantait :

Et Mars ne lui laissa rien d'entier que le cœur.

Mais voici (jui vient moins encore de l'Espagne. C'est une clé peu connue que nous révèle la Biof/mjjhie hretf»/a/f. Il existait encore à Sarzeau vers 1847 une vieille famille de procureurs attachés au barreau royal de Rhuys, les Uolando. Ils étaient au xvni" siècle en rivalité locale et on procès avec les Lesage, contre lesquels ils gagnèrent une assez grosse affaire. La promotion de Uolando au grade de chef des brigands qui engagèrent (îil Blas, ne serait qu'une vengeance d'un plaideur débouté!

Quand Gil Blas, secrétaire du duc de Lerme, fait l'homme d'importance dans son antichambre et se pavane le |»oing sur la garde de son épée qui relève son manteau, disant aux solliciteurs : « Donnez-moi un mémoire », il se j)ouvail faire que les contemporains songeassent à la cour de Louis XIV, à son valet de chambre, l'illustre Bonlems, qui disait à tout le monde en tranchant de l'inij^ortant : « J'en parlerai au roi. »

Tandis que le doc'tour Sangrado s'inonde l'estomac de pintes d'eau et veut convertir Gil Blas à la doctrine de la Ikmssoii fréquente, Lesage n'a qu'à rassembler ses souvenirs pour copier son modèle : il lui suffit de se rappeler, avec quelques phrases de Ilecquet, ce «[u'il a vu chez son jirotecleur et ami. l'abbé Jules de Lyonne, dont

Saint-Simon conte à «leux reprises ' qu'il buvait « tous les matins plus de vingt pintes d'eau de la Seine. »

Cette traduction nouvelle d'Horace affichée en gros caractères, c'est celle de Tarteron; et le « petit homme » (jui la critique, c'est Boindin, assure Neufchâteau d'après ses souvenirs.

Que dit donc l'oncle Thomas, avant la })ièce qu'on va jouer pour les noces de sa nièce Thérèse : « C'est un de ces sujets tragiques qui remuent l'âme par les images de mort qu'ils offrent à l'esprit. Je suis du sentiment d'Aristote : il faut exciter la terreur. Ah ! si je m'étais attaché au théâtre, je n'aurais jamais mis sur la scène que des princes sanguinaires, que des héros assassins; je me serais baigné dans le sang. On aurait toujours vu périr "dans mes tragédies non seulement les principaux personnages, mais les gardes même, j'aurais égorgé jusqu'au souffleur, enfin je n'aime que l'effroyable *. » De qui parle-t-on ainsi en 1715? La chose n'est pas douteuse. Quel est l'homme qui vient de mettre la terreur au théâtre? qui fait pleurer, crier et saigner les acteurs? de qui on a donné en 1707 un Atrée et T/iyeste où. l'on boit àa sang et en 1711 une Rhadamiste horrible? Eh! parbleu, c'est Crébillon.

La vente des honneurs, le trafic du crédit et les hontes ■du pot-de-vin sont choses communes à l'Espagne et à d'autres pays comme à d'autres époques; il n'est pas plus besoin pour les rencontrer en Espagne de remonter au ministère du duc de Lerme, qu'il ne le serait en France

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