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■i. Ihid., IX, vin. 1724.
372 OIUGINALfTÉ Ï)V HOMAN l»K LESAfiK.
affaissé sur son grahat, tenJanl sa main amaigrie au fidèle Scipion et, dans son découragement, recourant aux médecins pour sortir do la vie, comme d'autres au [)oison ou aux vapeurs d'un réchaud, La satire prend l'aspect sinistre d'un drame, et la robe noire de médecin se teint de lueurs rouges comme celle d'un tortionnaire.
Le taldeau redevient comique aussitôt. Lesage n'a jamais la mélancolie persistante.
Nous voici au chevet de don Vincent, le triste vieillard. « Dès le commencement du mal, on fit venir les deux plus fameux médecins de Madrid, l'un s'appelait le docteur Andros, et l'autre le docteur Oquetos.
« Ils examinèrent attentivement le malade et convinrent tous deux, après une exacte observation, que les humeurs étaient en fougue; mais ils ne s'accordèrent qu'en cela l'un et l'autre. L'un voulait qu'on purgoAt le malade dès ce jour-là, et l'autre qu'on différât la purgalion '.
« Il faut, dit Andros, se hâter de purger les humeurs, quoique crues, pendant qu'elles sont dans une agitation violente de flux et de reflux, de peur qu'elles ne se fixent sur quebjue partie noble, Oquetos soutint au contraire qu'il fallait attendre que les humeurs fussent cuites, avant que d'employer le purgatif. Mais votre méthode, reprit le premier, est directement opposée à celle du prince de la
médecine Là-dessus, nos docteurs s'échauffent. L'un
rapporte le texte grec, et ils en viennent aux cheveux*. »
Cette discussion savante, d'une information précise qui
1. Voy. p. 102 : Lesage semble avoir pris l'idée de cette dispute dans le Journal </<;>• Sçavan^-.