‹ Lasage, remancier, d'après de nouveaux documentsChapitre 87 sur 99 · Cf. Sainte-Beuve, C. L., II, 161 sq · texte numérisé non relu

Cf. Sainte-Beuve, C. L., II, 161 sq

3. La médaille est gravée dans le Magasin pittoresque, XIII, p. 72, et dans les Récréations numismaliques de Tobiesen Diiby. Paris, 1786, in-4*.

rituels et inconvenants impromptus, où, durant les Grandes Nuits \ on tirait une loterie pour savoir qui amènerait un A et ferait une Ariette, ou une Apothéose, qui un O pour une Ode ou uu F pour une Fable.

En 1704, l'éditeur français Fidel n'hésite pas à publier un roman inédit de Mlle de Scudéry, les Jeux de MathUde d'Afjuilar, histoire espagnole et française, véritable et galante, et parce qu'il est espagnol, et parce qu'il est précieux. Le prologue de cette histoire nous conduit dans une compagnie composée de cinq hommes et de quatre (lames; ils vont faire une partie de plaisir sur les bords de la Seine, et là s'amusent à des jeux d'esprit pour demeurer fidèles aux bonnes habitudes de la rue de Beaune. Ils font des portraits, des descriptions « pompeuses et agréables », des parallèles, des élégies, madrigaux, chansons, énigmes, rébus. Chacun tire sa tâche au sort. Plotine ouvre un billet et trouve qu'elle est obligée de répondre à une question. Noromate la lui pose : « Pourquoi un beau sot et une belle sotte sont-ils plus sots que d'autres? » Elle répond si bien qu'on lui en pose une autre : <( Quelle différence y a-t-il entre un flatteur et un complaisant? » Cléorite est condamné à un madrigal; Arlimas, à une description : il fait celle de Saint-Cloud et l'éloge de Monsieur. Noromate doit conter une histoire : et c'est celle de Mathilde d'Aguilar. Cette partie de plaisir n'est qu'un samedi supplémentaire sur les berges de la Seine.

Par réaction contre ces compagnies éclairées et ma-

1. Cf. lea Divertissements de Sceaux, Trévoux cl Paris, 1712, la Suite en n25, et le livre d'Ao. Jlllien sur ces Grandes Nuits.

410 ORIGINALITÉ DU ROMAN 1)K LESACiK.

niérées, un prêtre, précepteur de M. le président de Luberl, chapelain de l'église de Paris, auteur dramatique ', éprouva le besoin, en 1716, de rédiger les statuts d'une académie plus ou moins imaginaire, la coterie des Antifaronniers, d'où tout cérémonial et même toute politesse étaient bannis -. Le lieu de réunion était une tente mobile en forme de ballon, qu'on déplaçait à chaque séance. On y faisait bien aussi, comme ailleurs, des romans et de la critique, mais chaque académicien était tenu de dire et de s'entendre dire sans scrupules toutes les vérités même désagréables. En 1719, le livre avait déjà sa troisième édition ', preuve ({u'il fut goûté, et qu'il ne s'attaquait pas à un travers « en l'air ».

Les associations se formaient avec une facilité dont peut donner idée celle de VÂTinable Commerce. Lors du passage de la duchesse d'Orléans à Verdun, en 1724, on lui donna des fêtes, et chacun portait un ruban bleu céleste, couleur favorite de la princesse. Celle-ci voulut rendre durable la compagnie qui s'était réunie pour la recevoir. Sur-le-champ les statuts furent dressés et les insignes dessinés : deux mains unies, avec la légende : En tout fidèles *.

Le xvn" siècle avait mis à la mode l'allégorie, le symbolisme le plus raffiné ^. On n'a pas renoncé, en 1727, à ce

\. Cf. Beauchamp, Recherches sur le théâtre français, II, 446.

2. Relation où l'on traite de rétablissement des anti façonniers. Paris, 1"16, in-12.

Page 1