C. — Épilepsies Bravais-Jacksoniennes et Traumatiques
Dans les épilepsies partielles localisées, les résultats ont été satisfaisants, en ce sens que des accalmies parfois considérables ont pu être obtenues. Mais il faut avant tout connaître et traiter la cause même du Jacksonisme ; la thérapeutique par l'association médicamenteuse ne sera qu'une thérapeutique d'attente, dont les effets seront certes parfois surprenants, où une thérapeutique de fond
chez les malades rebelles à toute intervention chirurgicale. Il est aisé de comprendre, que dans ce dernier cas, les résultats seront insufhsants ou éphémères, en particulier s'il s'agit de tumeurs cérébrales.
Le malade dont nous relatons l'observation présentait une plaque de méningite circonscrite de la convexité, de nature syphilitique, avec véritable état de mal nécessitant un traitement d'urgence. L'association tart.-bor.-pot.- phén.-éth.-mal.-urée a produit immédiatement l'arrêt des crises et un traitement spécifique a été institué dans la suite :
OBSERVATION No #5
Jules F... 33 ans.
Ce malade présente depuis 4 mois des céphalées violentes localisées du côté gauche du crâne; il aurait eu deux vomissements en fusée.
I1 y a un mois, il fait un premier accès jacksonien classique à début par la main droite gagnant rapidement l’avant-bras, le bras et la face et se généralisant ensuite avec perte de connaissance. Cet accès dure une demi-heure; dans la suite, il se répète de plus en plus fréquemment. Lorsqu'il est examiné pour la première fois, le sujet se trouve dans un véritable état de mal : les crises durent très longtemps : 3/4 d’heure à 1 heure et reparaissent 7 à 8 fois par jour.
Cliniquement, on constate une hémiparésie et une hyperréflectivité bilatérale à prédominance droite. Clonus du pied et de la rotule; Babinski.
Le fond d’œil est normal.
L’examen albumino-cytologique du L. C. KR. ne décèle rien de pathologique mais le B. Wasserman est positif dans le sang.
Le diagnostic est orienté vers une plaque de méningite circonscrite et le traitement spécifique s’impose; mais, pour agir rapidement et supprimer dans les plus brefs délais possitles la répétition des accès, on conseille le tart.-bor.-pot.-phén.-éth.-mal.-urée à la dose de 3+3+3 comprimés par jour et le lendemain 4+4+4.
Les crises sont arrêtées presque immédiatement et la médication est continuée pendant un mois. À cette époque, on diminue les doses mais on continue un traitement spécifique intensif.
Les accidents comitiaux consécutifs aux traumatismes crâniens, en particulier chez les trépanés de guerre, ont été très amendés. Les résultats obtenus corroborent l'opinion de M. REGNARD sur cette question : ( Certains de nos blessés des Invalides, dit celui-ci, qui avaient eu des accès à peu près quotidiens, n'ont plus, après un an environ de traitement, que 5 ou 6 crises par mois; d’autres qui étaient moins atteints, et qui ne présentaient que 2 ou 3 crises par mois n'ont plus eu d'accès depuis 5 ou 6 mois. »