RÉSULTATS OBTENUS DANS DIVERSES AFFECTIONS EN DEHORS DE L'ÉPILEPSIE
L'association tartrate borico-potassique, phényléthylmalonylurée a été expérimentée dans un certain nombre d'affections nerveuses n ayant aucun lien avec le mal comitial. Elle a été utilisée notamment dans les insomnies, les états nerveux, les migraines et toute une série de maladies que nous allons passer en revue dans ce chapitre.
Insomnies.
Le sympôtme « insomnie » est celui que le praticien doit le plus souvent combattre ; aussi n'est-il pas étonnant que nous ayons vu naître toute une gamme de calmants, d’hypnotiques, de sédatifs destinés à être prescrits les uns à la suite des autres lorsque le malade a été accoutumé à une première médication devenue sans effet.
La phényléthylmalonylurée figure parmi les hypnotiques les plus en vogue dont les indications thérapeutiques sont le plus étendues. Elle fut d’ailleurs expérimentée, lors de son apparition, contre l'insomnie, et son action antiépileptique ne fut découverte que quelque temps après. Mais beaucoup de médecins hésitent à la prescrire dans la crainte de manifestations d'asthénie et de lassitude hors de proportion avec le but à atteindre.
Nous avons essayé de joindre l’action du tartrate borico-potassique et des correctifs à celle de la phényléthylmalonylurée en vue d'enrayer ces effets d'accoutumance ou d'intolérance. Les résultats obtenus ont été très favorables et méritent de retenir l'attention : dans 40 p. 100 des cas, les malales ont retrouvé un sommeil paisible sans aucune torpeur cérébrale ou physique au réveil et l’on peut dire que, contrairement à beaucoup d'hypnotiques, l'association médi-
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camenteuse est exempte de nocivité. Cependant le sommeil est souvent moins prolongé qu'avec d’autres sédatifs (6 à 7 heures au lieu de 7 à 9 heures) ; il est malgré tout amplement suffisant de l'avis même des malades. De plus il réussit là où certains autres hypnotiques ont échoué.
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Vient consulter pour des insomnies tenaces datant d’un an et survenues sans raison apparente. Elles se produisent dès la première partie de la nuit
et ont été rebelles à toutes thérapeutique essayée depuis leur apparition. L’examen clinique est absolument négatif : Rien au cœur, aucun trouble digestif. Foie, rate normaux. Aucune lésion du système nerveux. Bien réglée.
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Examen des urines : Rien de particulier.
Azotémie : Oo gr. 27 par litre. B.-W. sang. négatif.
Cette personne est une nerveuse mais avec manifestations assez discrètes. On conclut à Insomnies sine materia, essentielles.
Traitement : On conseille l’Association T'art.-bor.-pot.-Phén.-éth.-mal.urée à la dose de 3 comprimés le soir au souper, en augmentant si nécessaire.
Revue un mois après, la malade se trouve très améliorée mais le sommeil n’est pas encore complet. On augmente d’un comprimé.
Un mois après l’insomnie a complètement disparu.
Six mois après, la malade prend toujours 4 comprimés et dort parfaitement.
On commence par prescrire 3 comprimés que l'on fait ingérer avant le coucher dans une infusion chaude, on augmente ou on diminue suivant l'effet obtenu. Il ne faudra guère dépasser 8 comprimés, dose considérée comme maxima dans les cas particulièrement rebelles.
États anxieux.
Le traitement par l'association médicamenteuse a été également essayé dans les états d'anxiété nerveuse. Les sujets instables, abouliques, découragés, en proie aux inquiétudes, aux angoisses même et chez lesquels se greffent souvent des paroxysmes obsédants, en un mot les petits mélancoliques chroniques comme les dénomme Lévy-Valensi, sont notablement améliorés par une médication sédative. Chez les psychasthéniques vrais et les neurasthéniques le complexe tartr.-bor.-pot.-phén.-éth.-mal.-urée est aussi un heureux
adjuvant de la psychothérapie et de l'hygiène générale.
Il est à remarquer cependant que le résultats les plus favorables sont obtenus chez les petits obsédés et chez les anxieux conscients qui, contrairement aux mélancoliques et aux persécutés négativistes, demandent la guérison de leurs troubles et par là facilitent à leur entourage l'administration de leur drogue.
Il semble que la sédation des phénomènes morbides soit liée à une action profonde sur l'équilibre humoral qui se modifie dans le sens de l'acidose grâce au tartrate borico-potassique ; la phényléthylmalonylurée et la belladone agiraient en combattant le déséquilibre neuro-végétatif.
La dose de début sera de 4 comprimés par jour : 2 à midi, 2 le soir.
Dupouy et MOoNTASSUT ont préconisé dans les états anxieux le gardénal à doses « réfractées », méthode qui consiste à donner régulièrement durant l'état de veille un centigramme du produit toutes les heures. En cas d’insomnie, le malade prend encore | centigramme toutes les heures jusqu'à obtention du sommeil. Les résultats seraient ainsi bien supérieurs à ceux obtenus par l’administration des doses en 2 ou 3 fois dans la journée. Nous n'avons pas l'expérience suffisante de cette méthode mais elle serait très facile à appliquer pour l'association médicamenteuse en divisant les comprimés par moitiés ; chacune contiendrait alors | centigramme 25 de gardénal.
Voici l'observation d’une malade dont l'amélioration a été telle depuis 2 ans, que l’on peut la considérer comme guérie.
OBSERVAMION NDS, 78
Mne U..., 37 225, est adressée pour des troubles nerveux caractérisés par :
1° Un état d'inquiétude allant jusqu’à l’anxiété et l’angoisse, sensation d’étreinte précordiale surtout, que la malade attend et redoute.
4° Asthénie motrice et tremblements.
3° Vertiges.
2° Gêne respiratoire.
5° Crampes dans les mains et les jambes.
6° Diarrhées paroxystiques.
7° Polyurie, sialorrhée, hyperhydrose.
8° Inquiétude, ennui, tristesse, inscmnies, craintes de toutes sortes sans phobies véritables ni obsessions.
Examen clinique : Aucune lésion organique du côté du système nerveux.