‹ Latréaumont (volume 2)Chapitre 9 sur 64 · LA GAZETTE DF. HOLLANDE · texte numérisé non relu

LA GAZETTE DF. HOLLANDE

licnce, — je m'appelle Duhamel d(; Latréaumont 5 je vous l'ai dit.

M. de Châteauvillain se tourna vers le vicomte, et lui dit avec une rare expression de mépris , en montrant Latréaumont d'un geste de tête des plus impertinents: — Et ça ose se nommer encore! se nommer tout haut! devant une compagnie d'honnêtes gentilshommes ! — Puis regardant Latréaumont en face : — Puisque vous avez eu vous-même l'impudence de vous nommer! que voulezvous, monsieur Duhamel de Latréaumont? il n'y a pas ici de joueurs friponnes à intimider par ces forfanteries-là.

Ce dernier sarcasme fît perdre à Latréaumont le calme qu'il avait conservé jusque là; ses yeux étincelèrent , il frappa violemment du pied , et s'approchant plus près encore du marquis^ il lui dit d'une voix terrible et écla^ tante : — D'abord, monsieur deChâteauvillain! quand je me suis nommé , et que je parle debout! je veux qu'on me réponde debout!!

— Il dit, je veux ! répéta le marquis en haussant les épaules et s'adressant à l'abbc.

— Oui, et je veux ce que je dis ! Allons, debout, mort-Dieu, debout ! s'écria Latréaumont exaspéré; et ce disant, il saisit le mar-»

^l\ LATRÉAUMONT.

quis par les épaules, et d€> force le planta sur ses deux pieds.

Lors de l'espèce de lutte qui se passa avant que le marquis ne fut levé, à cette voie de fait de Latréaumont enfin , plusieurs amis de M, de Châteauvillain , se jetant entre lui et son adversaire, l'arrachèrent des mains du colonel , auquel ils reprochèrent sa brutalité.

Ce pendant le marquis s'écria au milieu d'épouvantables emportements :

— Et ce misérable a osé me toucher ! être obligé de croiser mon épée avec un pareil drôle î

De son côté Latréaumont répondait en le bravant du poing.

— Il a bien fallu du temps pour te décider à te mettre debout , impertinent faquin !

— Oui... et vous allez payer cher cette of-* fense! — dit le jeune gentilhomme, pâle de colère.

— Payer? payer? j'y serai pour mon écot, et vous pour le vôtre... mais, comme je tiens fort à la peau dont maman m'a fait cadeau le jour de ma naissance; je ferai de mon mieux, mort-et-Diable ! pour que vous n'y fassiez pas d'accroc 1 vu que je n'ai pas de quoi en changer! — dit le colonel de son air

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