NOTIS
gnie, changer d(; lieu, ne paraître craindre ni <^lre incommodées du chaud , du froid, de Tair, de la poussière, et tout cela précisément aux jours et aux heures marquées, sans déranger rien d'une minute. Ses filles, il les a traitées toutes pareillement. On a vu en son temps qu'il n'eut pas plus de ménagement pour madame la duchesse de Berry , ni même pour madame la duchesse de Bourgogne , quoi que Fagon et madame de Maintenon pussent dire et faire , quoiqu'il aimât madame la duchesse de Bourgogne aussi tendrement qu'il en était capable, qui toutes les deux s'en blessèrent, et on a vu ce qu'il en dit avec soulagement, quoiqu'il n'y eût point encore d'enfants. » ( Mémoires de Saint Simon, vol. xii, p. 138.)
M. de Saint-Simon termine ainsi le portrait de Louis XIV.
« . . .Voilà au moins de quoi la mémoire du roi ne peut être lavée devant Dieu ni devant les hommes ! V^oilà le dernier abîme où le conduisirent la superbe et la faiblesse, une femme plus qu'obscure, et des doubles adultérins à qui il s'abandonna, dont il fit ses tyrans après l'avoir été pour eux et pour tant d'autres, qui en abusèrent sans aucune pudeur ni réserve, et un détestable confesseur du caractère du Père Tellier. Tel fut le n^pentir, la pénitence, la réparation publique d'un double adultère si criant, si long , si scandaloux à la face de toute l'Europe, et les derniers sentiments d'une âme si hautement pécheresse , prête à paraître devant Dieu, et de plus chargée d'un règne de 56 ans, pendant le(juel l'orgueil, le luxe, les bâtiments, les profusions
en tout genre , et les guerres continuelles et la superbe, qui en fut la source et la nourriture, avaient coûté tant de sang, consumé tant de milliards au dedans et au dehors, mis sans cesse le feu par toute l'Europe , confondu et anéanti tous les ordres, les règles , les lois les plus anciennes et les plus sacrées de rÉtat, réduit le royaume aune misère irrémédiable et si imminemment près de sa totale perte , qu'il n'en fut préservé que par un miracle du Tout-Puissant.» (Mémoires de Saint-Simon, vol. xiii, p. 172.)