LETTRE LL
Frédéric à Laure.
J jE trouble où me jette la nouvelle que vous m'apprenez , chère Laure, me met hors d'état de répondre avec quelque suite à votre lettre ;.... des pleurs de rage coulent de mes yeux, en lisant celle
de ce misérable ! et le désir
de venger l'insulte faite à ma famille, est la seule pensée qui m'occupe !... Je vais me précipiter aux genoux du maréchal de V***. Je lui demanderai de m'accorder un congé pour voler au secours de nia mère;.... de ma sœur... Il ne
le refusera pas à mon désespoir , et je partirai aussitôt pour A*** , je me présenteiai chez l'archevêque , lui montrerai le titre qui accuse son infâme neveu, et je réclamerai contre lui toute la rigueur des lois. Si la faiblesse de son parent veut le soustraire à ma venceance , je n'attendrai pas qu'un arrêt le condamne , j'irai moimême plonger mon épée dans son
sein.
Faites chercher ma sœur
Prenez soin de ma mère
Je n'ai d'espoir qu'en vous !
Adieu.