Archives Nationales; Marine, BB
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(lant la l'réf^ate la /ioiidcusc, de l'escadre de la Médilenaiiée, adresse à Dalharade, coinniissaire à la Marine :
Dans la nuit le 25 (messidor an II) à quatre heures du matin étant au Sud de Mahon distant de 10 lieues, je m'emparai d'un hriek an^^lais venant de Falmouth allant à Palerme, étant sur son lest et é(|ui|)é de onze hommes. Je fis venir l'éciuipafçc à bord que je fis fusiller d'a|)rès le décret que le commandant des armes m'avait remis qui porte de ne faire aucun prisonnier anglais ni hanovrien, et je coulai le navire à fond.
II s'afjit du décret du 7 prairial, dont le texte aurait été remis avant son (lé[)arl au lieutenant Charbonnier : ni le commaiulanl des armes, ni luimême n'auraient c-om|)ris (ju'il ne pouxail s'agir, dans celte cruelle disposition, tl'un équipage de bateau marchand, et il semble c[ue le (lomilé de salut iniblic se soit ému de cette inhumaine inler- |)rétation d'une mesure implacable; un projet d'arrêté, le 2Ii thermidor, excepte les navires marchands « de la loi du sept |)rairial (jui défend de faire des prisonniers anglais et hanovriens ». Le triste exploit n'en était pas moins accompli, et dans des conditions justifiant assez l'indignation d'un vieux marin tel que Bougainville (qui ivail lait sur 1(1 lioudciisc son fameux voyage d'exph)ralion) et l'émotion rétrospective de son parent longtemps après... D'ailleurs, les archives du i)orl de Brest
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ne renferment rien, parmi les ordres envr)yés de Paris à l'ordonnateur de la Marine, qui eoncerne une mission confiée à un navire de cette escadre. Le capitaine de vaisseau .1. P. Charbonnier mourut le 5 prairial an IV « par suite des fatigues de service ».
Vigny, jeune mousquetaire rouge, a bien suivi la retraite de la Maison du Roi, en mars 1815, sous une pluie et par des chemins dont tous les historiens des Cent-Jours nous ont dit l'horreur. A-t-il vraiment rencontré la charrette mystérieuse qu'escortait un officier d'infanterie? Il l'affirme encore dans une lettre adressée à un de ses anciens compagnons d'armes du 55' (communication de M. Bordes de Portage). N'oublions pas qu'en 1832- 1833, il entend sans doute décrire à M"^ Dorval la « grande carriole d'osier » dans laquelle ellemême, jadis, avait traversé la France de l'Océan au Rhin'. Encore peut-on noter, puisque Vigny a tenu à attribuer au 1" léger son brave fantassin, jadis marin, que ce régiment comptait dans ses cadres à partir de 1809 un chef de bataillon, Charles Holtz, né à Versailles le 16 février 1777, timonnier sur le Patriote en 1792, lieutenant à la Légion nautique en Egypte et présent à Aboukir, avant de poursuivre dans l'armée de terre une destinée parfaitement obscure. D'autres traits de détails relatifs à l'humble héros — la démarche, la
1. F. CouPY, « Marie Dorval » (1798-1849). Paris, 1868 p. 4o3.
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Pa^c du niaïuibcrit de « Laurcttc ».
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coupe (le coco — sont empruntés à une réalité observée au régiment.
Laurellc se rattache d'ailleurs à sa manière, qui est merveilleuse d'adresse et de pathétique, à ces histoires de « folles» que le xv!!!*^ siècle avait pratiquées, à l'anglaise.
Laurellc parut pour la première fois, dans la Revue des Deux Mondes^ le 1''" mars 183.'i, « Histoires de régiment », portait le manuscrit de V Ordre cachelé.
M. Tréfeu — à qui les éditeurs tiennent à marquer ici toute leur gratitude — a bien voulu les autoriser à prendre connaissance de ce qui, dans les papiers de Louis Ratisbonne, subsiste du manuscrit de Seroilude el Grandeur. C'est une suite de hautes feuilles détachées, couvertes de la grande écriture montante du Vigny de la maturité, avec ses belles hampes et ses larges interlignes, ses S et ses P caractéristiques, feuillets assez modérément raturés en général, offrant cependant des surcharges en interligne et des parties qui sont des brouillons authentiques.
Ce manuscrit a servi, pour Laurelle, à l'impression de la Revue des Deux Mondes, paginé alors de 1 à 43; avec une Tiouvelle pagination, 16 à 61, il a été employé ensuite pour l'impression du volume. « J'ai fait quelques changements sur
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les épreuves », observe rauteur au haut de la première |)a^e. (les elian^enienls eoncernent surtoul des tlélails île |)<>iu-tuati()n ou de slyl»'. Plusieurs ne laissent pas d'intéresser la psychologie des personnages et les connaissances nautiques de l'auteur, l^e capitaine du A/aral semble avoir eu d'abord quelque chose de plus iiule et de plus rébarbatif; le flibustier, en lui, paraissait davantage. On s'asseyait, dans sa chambre, sur des afVùts de canon qui y pénétraient. Son dé|)orlé « en savait plus (jue lui » en fait de marine thé()ri(|ue. Il ne songeait pas à détourner le condamné à mort d'embrasser Laurette pour ne pas sj'émouvoir, et ne le voyait pas, de loin, s'agenouiller devant la pauvre femme. Ce n'était déji\ point son fort « de faire des phrases aux gens », mais il s'avisait d'une consolation singulière pour la traversée qui allait ramener Laurette veuve :
(F" 1^0). « Elle ne reviendra pas de ce coup-là, |)auvre petite femme. Si toutefois je me trompe, vous pouvez compter que je lui serai aussi agréable que |)ossibIe, je l'amuserai de mon mieux pendant la traversée, je lui ferai voir tout ce qu'il y a de curieux, ;\ la mer, je la mènerai à la pèche de la bah'ine, enfin, des plaisirs, pour la distraire un |)eu. Pau\re |)etite femme, nous allons lui faire tant de peine, c'est vraiment contrariant. Il était bon gar çon, mais je crois un peu moqueur, car il se mit à me rire au nez comme si je lui avais dit une gaudriole... »
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Quant au jeune déporte'', Vij^nv ajoutait d'aljortj, à sa (|ualité d'homme de lettres, d'autres distinctions encore, puisque « cette main-Ifi ne devait porter qu'une ép6e » et qu' « il en savait plus que moi en marine ». Mais c'est l'auteur même, à vrai dire, qui parfait son éducation et précise, au cours de son travail, le détail de ses connaissances nautiques. Il laissait d'abord en blanc le chifï're des n(euds filés par le Menai. Ce j)auvre bateau, ((uand il se penchait à bâbord, laissait voir par la tente du pont, vraiment démesurée, tout ce qui se passait dans la cabine, « la petite chambre » des déportés. On mettait « la chaloupe en mer », et ce sont ici les malelols, plus de huit rameurs — détails corrij^és après la publication dans la Herue — et non l'officier du canot, qui ont la malheureuse idée de conduire cette embarcation à l'avant du brick. Pour manifester son obéissance aux ordres reçus, le marin faisait cette profession de foi qui ne manque pas de simplicité :
« Moi, je suis capitaine, je ne sais pas seulement ce que vous avez fait, on n'a pas jugé à propos de m'en informer. Seulement j'obéis strictement à mes chefs et quand un Amiral me dira de tourner virer à bas-bord, il n'y a pas de danger que je vire à tribord. Une fois l'épaulette de côté par exemple, je ne connais plus personne. »
Quelques-uns de ces détails nautiques n'ont été modifiés qu'après la publication dans la Rerue. Si
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l*ai;c du inaïuisciit tic « Laiircltc »
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■:>^ NOTKS KT KCI.AIHCISSKMKNTS
le vent nord-nord-of/cs/ continue à pousser le Mdrcil de Hresl à la (îuyanc, il file ses n(euds l'cnl en ixtupc cl non plus rcnl arrière. Le capitaine fume sa pipe seul sur son lilUic^ et non plus sur le /gaillard, et n'a plus besoin de prendre sa petite lanterne de nuit pour descendre dans sa cabine. C'est r/z/ lar/^e que le canot entraîne Laurette; ce n'est plus la chaloupe en ramant toujours. Voici enfin quelques corrections caractéristiques :
Manuscrit
et lîevue
des Deux Mondes :
Elle s'amusait à tremper dans la mer son autre robe au bout d'une corde et riait de voir que l'Océan était tranquille et pur comme une source dont elle voyait le fond.
— Viens donc voir le sable, viens donc vite...
Manuscrit :
Elle ne les quitte même pas pour se laver les mains. Car elle se lave les mains, elle est très-
Manuscrit,
en surcharge,
et 1'^'' édition :
Elle s'amusait à tremperdans la merson autre robe au bout d'une corde, et riait en cherchant à arrêter les goémons, plantes marines semblables à des grappes de raisin et qui flottent sur les eaux des Tropiques.
— Viens donc voir les raisins, viens donc vite...
Revue et l'^*^ édition, p. 112 :
...elle ne les quitte pas.
Du reste, elle ne se plaint
NOTES ET ÉCLAIliCISSKMKNTS
propre, malf^ré son état, cl (ri's-l)()mH'. I^llc lail me sert à bien des |)etites choses . Elle ne se plaint jamais et c'est elle qni raccommode mes bas de tems en tems.
jamais, et elle peut loudre de temps en temps.
Manuscrit et l"^*" édition, p. 1 1.) :
La pluie tombait toujours tristement. Le ciel gris et la terre grise s'étendaient sans fin.
licriic :
La pluie tombait toujours tristement; nous ne trouvions sur nos pas que des chevaux morts abandonnés avee leurs selles. Le ciel gris et la terre grise s'étendaient sans lin.
Le deuxième récit est rattaché au premier i)ar un chapitre dont le manuscrit a servi à l'impression de la première édition et olVie cjuekiues variantes permettant de suivre le mouNcmenl de la pensée de Vigny :
M s, 1" rédaction, f-62 (I) :
Correction :
...ce fut peut-être le ...ce fut peut-être là le
premicigermededécou- principe de ma lente ragement par lequel la guérison, |)()ur cette ma- I*rovidence voulut bien attaquer en moi la ina-
-S^-. NO I i:s i:t k(:i.aii{(:isskmknts --ê>^
ladic (le rcnlhovisiasiiK' militaire.
F"G2 (III et IV) :
...je savais la Bible par c(x;ur et |ne pouvais, j'étais, barré] ce livre et moi étions tellement inséparables que dans les lonj^ues marelles, il me suivait dans le sac d'un soldat |si inséparables qu'en allant en Espagne je le mettais dans le sac d'un soldat de ma compagnie barré].
Je cherchais ainsi à capituler avec les monstrueuses résignations de V obéissance passwe en considérant à quelle [haute barré] source divine elle remontait...
Je la trouvais admirablement sage [de moi, au dessous de moi,6arre.v. ;
huile (le l'enlhousiasine militaire.
V édition, p. \?>2 :
Je savais la Bible par e(fcur, et ce livre et moi étions tellement inséparables que dans les plus longues marches il me suivait toujours.
Je cherchais ainsi à capituler avec les monstrueuses résignations de V obéissance passive, en considérant à quelle source divine elle remontait.
(Divine ne se trouve plus dans la correction.)
Admirablement sage sous mes pieds.
Tout le paragraphe de la première édition, p. 133 : « Nous sommes vraiment sans pitié de vouloir... »
Untversjgj
BIBLIOTHECA Ottaviensis
<i-^- NOTi:s r/r kclaiiuiisskmknts -<5<^
jus(ju'à : « ... la coinniolion doniu-e (I\*m haut » maiiquc dans le iiianiiscrif .
Serritudc et (irnndcur militaires parut pour la première lois en librairie en 1885, in-S", Paris, Félix Bonnaire, éditeur.
ACHEVÉ I) imi»kimi:k
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SUR LKS PKHSSKS DE PII. RENOUA Kl)
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MAKCOl, FONDEUR