SIR LOMER GOUIN
À la Chambre d'Assemblée de Québec, sir Lor Gouin se faisant l'interprète de ses collègues p nonça l’éloquent discours qui suit :
La nation canadienne vient d’être cruellem éprouvée. Notre grand compatriote, sir Wilf Laurier, vient de nous être ravi en un coup foudre. Le
Dimanche, on nous disait discrètement que Wilfrid avait été subitement frappé de malad Dans la soirée, on nous communiquait l'espoir qi se rétablirait bientôt. Le lendemain matin, on nc disait qu’il fallait renoncer à toute espérance. À tr heures, il rendait son âme au Créateur et la nc velle funèbre, répandue par tout le continent, sem: la douleur et l’affliction.
C’est sous le coup de cette douleur que je deman à cette Chambre de rendre à la mémoire du gra: homme un suprême hommage.
Il est bon de mourir à son rang de soldat, so l’armure du combat. C’est ce que l’on appelle mo rir en beau temps. Sir Wilfrid a été grand tou
sa vie; il devait mourir en beauté, en grandeur. La Providence lui a donné la fin belle et glorieuse qu’il éritait. | | Sa mort est une perte irréparable pour tout le pays, \ qu’il a tant aimé et qu’il a servi inlassablement toute | | sa vie. il [1 y a cinquante ans, il commençait sa carrière. Son début dans ce Parlement fut un premier triom- 4 phe.
Ses triomphes se succédèrent dans tout le pays, et ellementA'on se rappelle les grandioses manifestations de Wilfridksympathie que l’orateur à langue d'argent, comme coup deBon l’appela, s’attira à Londres et à Paris, où toutes es foules l’acclamaient en un véritable délire d’en-
r Lomer ues pro-
que sir Éthousiasme. il maladie. L Dieu me garde de vouloir diminuer la valeur des ‘1 oir qu’il Jgrands hommes qui l’ont précédé dans l’histoire de on nous
ce pays. Je ne veux pas froisser les susceptibilités de personne, mais je crois pouvoir dire que nul n’a été supérieur à sir Wilfrid Laurier parmi les grands hommes qui ont dominé leur époque.
Sans doute, ce que j'ai toujours admiré davantage encore, c'est son jugement, sa largeur de cœur et d'esprit. |
C'est par ses qualités qu’il a conquis tant de place at, sousEdans l'estime des gens de sa race et de gens de toutes le mou-Bles races du pays.
À trois la nou- , Semait
lemande u grand
Héritier de Ja Confédération, il ne s’est tenté de continuer l'œuvre des Cartier, des donald et des Brown, mais il l'a complétée.
de ceux qui croyaient à la durée de la Confédér
dienne. :
C'est ainsi que dans un discours prononc … 1884, à la Chambre des Communes, sur une pt
sition de Dalton McCarthy, relative à Ja Loi Licences, sir Wilfrid Laurier S'U. -sait en ces mes à ce qu’il croyait être un acheminement l’Union Législative.
“Dans mon humble Opinion, cette question très grave, (C’est un pas vers l’Union Législat Comme on l’a dit cette après-midi. Je dis que to
que plusieurs députés dans cette Chambre sont pl * favorables à l’Union Législative qu'à l’Union Féd
Ce n’est pas l'heure de dire ici l'œuvre de sir Wil frid Laurier, Qu'il suffise de faire observer qu'il : réalisé son Programme, qui était de Saüvegarder jes droits des Provinces dans toute leur étendue.
st pas con Comme il le disait à Somerset en 1887, alors des Mach] prenait la direction du Parti libéral :
tée. Il SSÈ ‘ Apprenons au peuple à aimer nos institutions ; fédération aisons-lui voir qu’elles sont excellentes; que la 1iberté de nos concitoyens qui ne pensent pas comme OUS, nous soit aussi chère que la nôtre. Il faudrait, "e Propo-R, cas d'attaques, défendre l’une avec autant d’arà Loi desk... que l’auire.
nm ces ter «I ect essentiel que les droits des provinces nent versk jenit sauvegardés dans toute leur étendue. Là se rouve la garantie de autonomie des différents Stion est Bgroupes de notre population. Dans l'expression de
Ononcé en
gislative, Mnos Opinions, tenons partout le même langage; n’a-
[ue toute Eyons pas des discours spéciaux pour Ontario et d’au- Jour pri: Etres pour Québec. :
elque in- E “ Gouverner, c’est travailler à l'amélioration son pas de Bciale et économique de la condition du peuple ”, ais bien Me sera-t-il permis, en hommage à sa mémoire, nt plus de dire au nom de toutes les provinces du Canada, 1 Fédé- que c’est sir Wilfrid Laurier qui a conservé leur “hange- principe de vie, leur juridiction, leurs pouvoirs et art, je leur autonomie, en leur accordant en 1907, une augte l'on Ementation du subside fédéral.
Pour lui, la grande pierre d’assise de notre confé-
r Wil- Edération, c'était l’harmonie parmi les races. Il était qu'il a Rau-dessus de tous les préjugés. Il a prêché la tolé. ler les Hrance et la conciliation dans des limites telles que
ses meilleurs amis le Jui ont reproché; il les a pra-
tiquées quelquefois, Contrairement à ce que pensa: ceux de sa province, mais toujours dans l'intérêt pays. |
Il a charpenté le Pays d’un océan à l’autre e avait bien le droit de dire le premier que le Can: était une Nation.
Sir Wilfrid Laurier peut dormir en paix dans tombe. La bonne semence qu'il a jetée en terre « nadienne germera et portera des fruits.
Il est disparu. Nous ne pouvons pas encore m surer son absence.
Son souvenir restera impérissable, Il entre da: l'histoire universelle, pour prendre place parmi] plus grands de son temps et de son époque.
Je ne sais pas de meilleur moyen d’honorer :
mémoire que de suivre les exemples de sa brillant Carrière.
“ La mort a toujours pour cortège inséparable, ] douleur et les chagrins, mais ce qu'il y a de piu triste dans la mort, c’est le sentiment qu’elle fai naître en nous d’une éternelle séparation, séparatior de tout ce que nous aimons dans la vie; c’est là « qui rend la mort si poignante pour l’homme qu’elle frappe, s’il est encore en pleine maturité, Mais lorsqu'elle est la fin naturelle d’une existence bien remplie pendant laquelle celui qui vient de disparaître a
donné toute la mesure de ses talents et 4 accompli tout ce qu’on attendait de lui e .-Us encore, la dou-
rillante
ble, la e pius le fait ration là ce qu’elle lors-
remître a ompli dou-
leur de la mort n’est plus pour celui qui s’en va. Sous ce rapport, je suis certain que le peuple canadien accordera une sympathie sans bornes aux amis de sir Wilfrid Laurier et surtout à la brave et noble femme, sa compagne en cette vie et son meilleur soutien.”’
Ce que sir Wilfrid Laurier disait aux amis de. sir John MacDonald, nous pouvons le répéter à l’occasion du deuil profond de la noble compagne du grand Canadien. |
Sir Lomer Gouin proposa ensuite, appuyé par M. Sauvé, la résolution suivante :
“Que, Lorsque la Chambre s’ajournera vendredi, elle soit ajournée à lundi à quatre heures, par respect
pour la mort üu Très Honorable sir Wilfrid Laurier, ancien député de Drumondmond-Arthabaska, et ancien Premier Ministre du Dominion.
or ME NÉ NÉ SE JE dd 6 RS