LADY LAURIER
douceurs aux petits déshérités de la fortune à Arthabaska, chez elle.
distribuant des
Laurier intime
Généralement, les hommes perdent à être vus de trop
[ n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre, dit-on. angereuse, compromettante, révèle des défauts abile sait dissimuler aux c'est différent, il gagne à Connu intimement : plus on connaît plus on peut en admirer la richesse,
Il est grand dans la vie publique.
près.
L'intimité est souvent d elle trahit des secrets e:
et des faiblesses qu'un homme h yeux du public. Pour Laurier, être vu de près, à étre le fond de sa nature, privée comme dans la vie À le voir chez lui, si doux, si modeste, si aimable pour tout le monde, si Patient, si facile à approcher, on a de la peine à se croire en face de l'homme le plus puissant du Pays. Il est bon, charitable, bienveillant, sans ostentation, sans démorstrations exagérées, avec réserve, mesure, délicatesse et dignité. Il est plein de charité pour les fautes ct les défauts des autres. toujours prêt à pardonner, même à des gens qui ne le méritent pas. On se demande si, dans la vie publique, cette condescendance, doublée d'opportunisme, n'est pas quelquefois exagérée. Il n'y a pas de doute que, grâce’à cette condescendance, il se laisse circonvenir assez facilement PAT LeUX qui savent l'entourer et lui
au jour où le sentiment du devoir
inspirer conance. jusqu’ et l'intérèt public Jui ouvrent les veux et lui
commandent
de se ressaisir. I] déploie alors une énergie dont on ne le croyait pas capable.
Il aime à rendre hommage au talent, à la vertu, à la sobriété, au travail, à reconnaître le mérite de ses adversaires, de ses ennemis même. Il fuit la calomnie, la médisance, il a horreur de tout ce qui est vil, grossier, de tout ce qui offense la raison et amoindrit l’homme.
Il aime la vie, il l'aimait surtout avant qu'il devint malade, il la voudrait bonne, heureuse pour ses parents, ses amis, pour ses semblables.
[1 y a chez lui de l'artiste, du poète, du philosophe et du philanthrope, du grand seigneur et du bon bourgeois, tous les raffinements de l'esprit le plus cultivé et la bonhommie du caractère le plus aimable, les dehors de dignité du premier ministre et l’affabilité de l’homme le plus modeste,
Son esprit souple descend facilement de la discussion des problèmes les plus élevés de la philosophie à la conversation la plus enjouée.
L’entendre rire et parler fait du bien, sa voix est douce comme sa nature, sa parole gracieuse comme son caractère.
La compagnie des femmes d'esprit lui plait, et il est avec elles d’une délicatesse, d’une politesse exquises. Il aime les enfants et n’en ayant pas à lui, il veut avoir ceux de ses frères et de ses amis autour de lui, à sa table: leur babil et leur naïveté l’enchantent ; il s'intéresse à eux, les amuse, les gâte même. Malheur à ceux qui leur font de la peine en sa présence! il a une manière de dire: “ Pauvre petit!” qui désarme les cœurs les plus endurcis.
IT s'intéresse à la jeunesse, aux jeunes gens de talent, à ceux qui travaillent et dont la conduite est bonne, honorable. Il s’informe de ceux qui vont s'établir dans les centres anglais, et il est heureux lorsqu'il apprend qu'ils se
font estimer; il dit que c'est le meilleur moyen de faire respecter notre nationalité.
“Je voudrais, dit-il Souvent, voir un bon nombre de los jeunes gens de talents, avocats ou médecins, aller planter leur tente dans les provinces anglaises, et s’y faire, par le travail et la vertu, une belle position ; rien ne contribuerait plus efficacement à détruire les préventions et les préjugés nationaux, à nous créer dans toutes les parties du Canada, des sympathies précieuses.”
C'est dans des questions de cette nature qu'il ne craint pas d'affirmer son patriotisme et de manifester l'intérêt qu’il porte à l'avenir des nôtres.
———————— nes po
Madame Laurier
Madame Laurier a plus d'un point de avec son mari. Comme lui, elle est douce, bienveillante, modeste, bonne pour ses Parents, pour ses amis, pour tout le monde, et ne recule devant aucune fatigue pour aider ceux qui s'adressent à elle, à obtenir l'emploi qu'ils sollicitent, la faveur qu'ils demandent. Elle donne alors l'as- Saut aux places fortes du Souvernement avec une énergie et une impétuosité qui forcent les ministres à Capituler.
Elle se plait à favoriser les musiciens, les artistes, achète et fait acheter leurs Compositions, ouvre des souscriptions pour leur permettre d'aller compléter leurs études en Europe, se rend à Montréal ou à Québec pour assister à des soirées organisées à leur profit,
Elle est généreuse sans exagération, économe sans avarice, pieuse sans affectation, gaie et rieuse avec réserve, franche et sincère dans ses affections. Les compliments, les éloges, les hommages et les honneurs ne lui tournent pas la tête, elle les reçoit, les juge et les pèse à leur juste valeur. Comme son mari, elle les reçoit par bienveillance et les accepte sous bénéfice d'inventaire, l’'encens ne les grise pas plus l’un que l’autre.
Elle aime les fleurs, les enfants, les oiseaux, toutes les créatures, toutes les bêtes du Bon Dieu, elle les entoure de soins délicats et assidus. Elle a des larmes pour toutes les souffrances, des SYmpathies pour tous les êtres faibles, malheureux.
ressemblance
“Ma femme est une vraie Madeleine, dit Laurier: un
Oiseau qui meurt, un chien qui se fait écraser une patte lui foït verser des Jarmes.”
Et, pourtant, elle ne manque pas d'énergie: forte, vi- Soureuse et pleine de courage, elle est toujours prête à suivre son mari partout, à l'accompagner jusqu’au bout de la terre. C'est elle qui s'occupe de tous les détails ennuyeux du voyage, qui devient Premier ministre pour l'occasion, Souverne et pilote son mari, veille sur sa bourse, son repos et sa santé, le protège contre les importuns et les imposteurs, tient note des visites reçues et des visites à faire, et règle la dépense.
Elle a beaucoup de bon sens, de jugement et de prudence, sait se taire et parler à propos, et ne cherche pas à se donner de l'importance et à se rendre intéressante, en tenant des conversations qui seraient plus ou moins indiscrètes.
C'est en résumé une femme de cœur et de jugement digne de la confiance et de l'estime de tous ceux qui la conaissent, une femme que la vanité, l'orgueil et l'ambition
n’ont pas envahie dans la haute position où le talent de son mari l’a portée,
Laurier homme d'Etat
La conclusion de tout ce qui précède est claire: c'est qu non seulement Laurier est un grand orateur parlementaire, un avocat remarquable, mais aussi un homme d'Etat de premier ordre.
Il a la justesse et la souplesse d'esprit, le flair, le juge-
1ent, les connaissances, la fine diplomatie, les hautes conceptions et le contrôle de soi-même qui constituent l’homme d'Etat.
Sa nature et son caractère le portent peut-être trop, quelquefois, à compter sur le temps, sur l’imprévu, pour régler les difficultés, à ajourner les résolutions énergiques, à jouer le rôle patient de Fabius, mais il prétend que la temporisation lui a rendu de grands services.
C'est dans les grandes questions, dans les circonstances difficiles où il est forcé de faire appel à toutes ses facultés. de mettre en mouvement toutes les forces, tous les ressorts de son mécanisme intellectuel, qu’il faut’ l’observer et le juger. Le terre-à-terre de l'administration, la cuisine de la politique le laissent plus ou moins froid, indifférent, les questions de patronage l’ennuient profondément. Mais plus une situation est corsée, hérissée de difficultés, plus elle exige un grand effort d'esprit et de volonté, plus il est heureux, plus ses ressources diplomatiques et oratoires se manifestent de la manière la plus brillante. Son indifférence apparente fait place alors à l’activité, à l'énergie, aux conceptions les plus habiles, aux résolutions les plus hardies, ; ct rien ne peut Îe détourner de la voie qu'il s’est tracée, du but qu'il veut atteindre.
AURIER — CHAMBERLAIN
De tous les hommes d'État qui ont illustré la politique canadienne, quel est celui qui aurait pu traverser et régler des difficultés religieuses et nationales si dangereuses, parler et agir avec autant de franchise, sans laisser aux épines du chemin des lambeaux de sa popularité ?
Qui aurait pu faire accepter aussi facilement ses Opinions Où sa manière d'agir, dans la guerre du Transvaal, par la province de Québec, et ses idées d'indépendance, dans la grande question de l’Impérialisme, par les Anglais du Canada et de l'Angleterre ?
Ses campagnes dans les provinces anglaises sur les Questions du Nord-Ouest et des jésuites, et sa lutte contre les projets de Chamberlain démontrent que son courage et
son talent sont à l'épreuve de tous les dangers, de toutes les influences.
Dans tous ses discours, dans tous ses écrits comme dans ses Conversations, il ne cesse de faire l'éloge de la Constitution anglaise, des bienfaits qu'elle a procurés au monde, des libertés que nous lui devons. Il a plus d'une fois exprimé l'opinion que la reconnaissance et Ja loyauté nous faisaient un devoir de donner à l’Angleterre des rreuves tangibles de Sympathie, mais il s’est imposé une limite qu'il ne veut pas franchir, I1 refuse d'aliéner la liberté et l'indépendance du Canada, de le lancer dans les voies tortueuses de l'Impérialisme, d'engager l'avenir. Il veut que ceux qui viendront après lui, aient les mains libres, qu’ils n'aient pas le droit de dire que les engagements contractés les rendent impuissants. incapables de résoudre li-
brement ies grands problèmes que les destinées du Canada feront surgir.
Quelles seront ces destinées ?
Laurier lui-même, malgré sa clairvovance, ne peut le dire. Ii dit souvent que c'est un mystère impénétrable, qu'à une épcque où l'imprévu joue un si grand rôle, où les
événements se précipitent et changent si rapidement la situation d’un pays, tout est possible.
Pour le moment, il croit que notre intérêt comme notre devoir est de continuer à faire partie de l'empire britannique, en cherchant à obtenir toutes les libertés compatibles avec l'état colonial. Et, sous ce rapport, il a contribué plus que tous les hommes d'Etat qui l'ont précédé, à donner cette patriotique orientation à notre politique. La dénonciation des traités de commerce de l’Ang! terre avec l’Allemagne et la Belgique, la reconnaissance de notre droit de taxer, à notre guise, les produits Allemands, les opinions qu'il a exprimées au sujet de nos relations commerciales avec les autres nations, et sa lutte énergique contre l’impé-
rialisme militaire, sont des points de repère importants dans cette orientation.
Le joug de l'Angleterre devient de jour en jour plus léger, le lien colonial moins lourd, l’évolution vers l’indépendance commerciale de plus en plus rapide.
Les complications que la rupture complète du lien colonial entraïinerait et la gravité Les problèmes qu'elle soulèverait, font croire à Laurier que le statu quo sera la situation la plus avantageuse aussi longtemps qu’il pourra se concilier avec cette politique d'orientation et d'évolution, de progrès et ‘de développement commercial et industriel.
Tous les projets d'impérialisme politique où commercial sont plus acceptables en théorie qu'en pratique, salués, au premier abord, comme des manifestations de icyauté, ils soulèvent ensuite toutes sortes d'objections, quand on Constate qu'ils viennent en conflit avec des intérêts puissants. Par exemple, le consommateur anglais refuse de se taxer pour favoriser les produits coloniaux, et le manufacturier canadien s'oppose à ce qu'on favorise, à son détriment, le manufacturier anglais. Et puis, il en est encore qui croient que c’est en regardant les Etats-Unis que nous devons chercher notre orientation Commerciale et indus-
trielle. Cependant, vû le refus Constant des Américains de faire des concessions Convenables, il a bien fallu à nos hommes d'Etat chercher ailleurs le marché dont nous avions besoin. Il semble que la meilleure manière de résoudre ce problème serait de garder le tarif de faveur vis-à-vis de l'Angleterre, et d'élever les droits sur tous les produits manufacturés venant des Etats-Unis ou d’ailleurs, pendant que le gouvernement anglais favoriserait nos produits naturels en imposant une taxe sur les mêmes produits importés des autres pays.
Mais qui réussira à convaincre le consommateur anglais qu’il doit, dans l'intérêt de l'empire, consentir à payer plus cher le pain qu’il gagne si péniblement ? Les grands sentiments de patriotisme et de loyauté laissent froids les estomacs vides, Mais Chamberlain est encore debout, plein de vie et d'énergie, il finira, peut-être, par trouver la solution du problème qui le préoccupe si profondément.
A Londres, au banquet présidé par le prince de Galles, Laurier disait :
“Le Canada est une nation, sa population est supérieure à celle de plusieurs nations européennes. Les colonies britanniques sont faites pour devenir des nations libres ; la nation canadienne l’est, et la liberté voilà sa natio-
nalité. La séparation ne nous donnerait pas un seul droit que nous n’ayons déjà.”
En réalité, est-il sur la terre un pays plus heureux que
le Canada, un pays où l’on trouve plus abondamment tous les éléments de progrès et de prospérité ?
Lorsqu'on voit tous les autres pays constamment exposés aux horreurs de la guerre et surchargés d'impôts pour soutenir des armées permanentes, on a bien le droit de faire cette question et de réfléchir avant de se jeter dans l'inconnu.
Laurier a plus que personne contribué à convaincre les
——————e esprits récalcitrants que le pays, sous la Confédération, peut marcher dans la paix, l'harmonie et Je progrès.
Comme Lafontaine, il à accepté le fait accompli, et entrepris d'en tirer le meilleur parti possible, en invitant les hommes de toute race et de toute religion à mettre leurs aptitudes et leurs facultés si diverses au service de l'intérêt commun, à unir leurs forces pour faire du Canada l'un des pays les plus riches, les plus heureux de a terre.
Il devrait maintenant Entreprendre d'assurer l'autono-
mie et l'avenir des Provinces, en leur donnant les moyens
de faire les choses les plus nécessaires à leur développement.
Il est un fait incontestable et regrettable : la population du Canada n'augmente pas en Proportion de son commerce et de son industrie, Et Pourtant, il y a dans les vieilles Provinces, dans celle de Québec en Particulier, des territoires immenses inhabités, où des millions d'hommes pourraient vivre heureux et Contribuer à la prospérité générale, Les gouvernements de ces provinces disent avec raison que les auteurs de la Confédération, en leur enlevant les droits de douane et d’accise, les ont dépouillés de leurs principales Sources de revenu, que la Compensation qui leur a été accordée, sous forme de subside fédéral, est devenue insuffi- Sante et ne leur permet pas de faire les sacrifices que demandent Ja colonisation, l’agriculture, l'instruction pu-
blique, tout ce qui aurait pour effet d'augmenter le chiffre et la richesse de leur population.
Il est certain que l'allocation annuelle de 80 cents par tête, basée sur le chiffre de la population de 1868, a cessé depuis longtemps d'être en l'apport avec l'augmentation des droits de douane et d’accise, avec les besoins des provinces.
Un remanieme
nt du subside fédéral s'impose dans l’intérèt même du Souvernement fédéral qui profitera plus directvment que les provinces de l’ Pulation, et dans l'imérèt de ]
accroissement de leur poa paix et de l'harmonie, afin
tm
de faire disparaitre une Source de mécontentements et de Plaintes légitimes.
L'honorable M. Gouin, qui sera bientot premier ministre de la province de Québec, a fait dernièrement sur
cette question, un travail rempli de faits et d'arguments irréfutables.
Quoi qu'il en soit. les dernières élections sont une éclatante démonstration de Ja Popularité de Laurier et de son influence dans toutes les parties du Canada. Jamais homme public ne reçut de ses concitoyens un témoignage plus flatteur et plus mérité d'estime et de confiance.
Il en coûte de penser qu'une carrière si noble, si utile, si nécessaire même. devra prendre fin. mais il faudra bien qu'elle subisse le sort de tout ce qui est humain.
C’est une pensée inquiétante Pour ses amis, pour tous ceux qui s'intéressent à l’avenir du pays.
On dit souvent qu'il n'y a pas d'homme nécessaire, qu'il se trouve toujours quelqu’un Pour remplacer celui qui s'en va, et c’est l'opinion de Laurier qui est optimiste, et répète souvent qu'il y aura toujours parmi les Anglais comme parmi les Canadiens-français, des hommes assez
sages pour faire triompher les idées de justice, de conciliation et de fraternité.
TT'est permis d’être moins confiant, moins optimiste.
Il sera toujours si facile, dans un milieu comme le nôtre, soit par ambition Où fanatisme, de soulever et d'exploiter les sentiments où les préjugés nationaux et religieux.
La période d’accalmie que nous traversons ne doit pas nous empêcher de voir les dangers, les éléments de conflit que renferme la Confédération.
Si la question nationale ou religieuse ne Surgissait que dans de rares et exceptionnelles circonstances. ce serait moins inquiétant, mais non, elle se dresse constamment comme un spectre d vant ceux qui gouvernent, à j'occasion
d'une simple nomination de commis comme à propos d'un projet de loi important,
Tous les jours, elle fait surgir une nouvelle difficulté, un nouveau problème qu'il faut résoudre par la conciliation, par le compromis.
Le compromis a engendré la Confédération et il la fait vivre,
Et comme c'est la minorité qui est appelée à faire la plus grande part de sacrifices et de concessions, les hommes publics qui la représentent demandent constamment juqu'où ils peuvent aller dans la voie de la conciliation, sans froisser leur conscience ou le sentiment public, sans violer un droit, un principe.
C’est une politique énervante.
Qu'arrivera-t-il le jour où la minorité blessée dans son honneur et ses sentiments les plus chers, refusera de se soumettre à la volonté d’une majorité tyrannique ?
Nous aurons l'union de toutes les provinces anglaises contre la province de Québec,
Certes nos hommes publics doivent tout faire pour éloigner ce jour fatal, pour éviter ce danger alarmant, Mais le pourront-ils toujours ?
Où est l’homme qui aura comme Laurier, la force, l'autorité nécessaire pour faire entendre aux heures d’excitation, le langage de la raison aux uns et aux autres, aux Anglais comme aux Canadiens-français. pour apaiser les passions religieuses ou nationales ?
Quand aurons-nous un Canadien-français, réunissant tant de talents et de qualités, si complet, si parfait, si habile et si honnète cn même temps, que tous, Anglais comme Canadiens-français, catholiques comme protestants, reconnaitront son mérite et le jugeront digne d’être leur chef.
. À tout événement, ses œuvres et ses discours resteront comme un flambeau pour les générations futures, et sa vie sera une leçon, une glorieuse leçon pour la jeunesse : elle
sera une démonstration convaincante de ce que peut devenir l'homme de talent, qui depuis son enfance jusqu'à sa vieillesse, travaille tous les jours à développer les dons de Dieu, à perfectionner son esprit €; son caractère.
Ajoutons que son nom sera pour ses compatriotes un titre de gloire, un symbole d'espérance, un drapeau, une Couronne immortelle de laurier,
On parle d'élever à 1a mémoire de Lafontaine ct de Baldwin, un monument qui serait l'expression de leur politique d'union, de fraternité nationale. Laurier aurait bien Sa place sur ce monument, à côté de ces deux grands hommes d'Etat, car il a été le continuateur intrépide de leur œuvre, l'héritier légitime de leurs pensées généreuses, l'exécuteur testamentaire de leurs volontés patriotiques,