‹ Laurier [microforme]Chapitre 10 sur 69 · TROUBLES DANS LE NORD-OUEST · texte numérisé non relu

TROUBLES DANS LE NORD-OUEST

Les troubles du Manitoba et du Nord-Ouest fournirent plusieurs fois à Laurier l’occasion de déployer

les ailes de son éloquence et de voler vers les sommets les plus élevés.

Des bords de la Saskatchewan, comme autrefois des rives de la rivière Rouge, s'élevaient depuis longtemps des protestations et des plaintes sérieuses contre la manière dont les Métis étaient traités.

C'étaient les mêmes griefs.

Une nuée d’arpenteurs s'était abattue sur les champs des Métis comme en Pays sauvage, et jetait partout le trouble, la confusion et l'indignation. On Coupait, taillait et rognait les terres suivant le mode d'arpentage américain, le mode rectangulaire ou par carrés, sans égard pour les justes droits de ceux qui avaient adopté, pour leurs établissements, le système de division par lisières ou bandes étroites, de façon à être aussi proches que possible les uns des autres.

C’est le système en vigueur au Canada, et celui qui convient le mieux au Caractère sociable de notre population, à son besoin de relations intimes avec les parents et les voisins.

Pendant plus de cinq ans, les Métis s’adressèrent #u gouvernement pour le supplier de mettre fin à ces

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procédés injustes et vexatoires, et de leur assurer la jouissance paisible de leurs champs.

Pétitions, délégations, représentations, tout fut inutile ; le gouvernement resta sourd à toutes les plaintes, à toutes les demandes : ses arpenteurs continuaient de bouleverser les propriétés des Métis, et ses officiers et représentants répondaient aux protestations de ces pauvres gens par des paroles pleines d’arrogance.

Quelques-uns des agents du gouvernement, des missionnaires, suppliaient les ministres d’acquiescer aux justes demandes des Métis. En 1882, ces pauvres colons s’adressèrent eux-mêmes au gouvernement dans les termes suivants :

Nous désirons que vous donniez des ordres pour que les terres soient arpent{e; le long de la rivière en lots de 10 chaines de large et de 2 milles de long. C'est un ancien usage de diviser ainsi les terres, et ce serait un moyen facile de nous faire connaître les limites de nos terres respectives.

Le département de l'Intérieur leur répondait :

Quant à l'arpentage du territoire en question, toutes les terres dans les territoires du Nord-Ouest doivent être arpentées d'après le mode actuellement en vigueur.

Est-il étonnant que les Métis aient perdu patience ? Ù

Ils allèrent chercher Riel, qui vivait tranquillement avec sa famille aux Etats-Unis, où il était maître

d'école, et le décidèrent à venir les aider à défendre leurs droits.

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