ANSE
x ; & S k ke É Pia
Œ se à
17 Add hapegradtas | 3 bag sn lt
écart. À
ue ——— :
NRA VA ter canin diner FA
Après des tentatives inutiles de conciliation, des coups de fusil retentirent sur les bords de la Saskatchewan ; l'insurrection se propagea jusque parmi les sauvages, qui prirent les armes, et des faits regrettables eurent lieu. É
Les insurgés furent écrasés, et les chefs des sauvages et des Métis furent arrêtés.
C’est alors que M. Blake, le chef de l'opposition, demanda compte aux ministres, dans un réquisitoire formidable, de leur conduite envers ies Métis, et mit devant la Chambre la proposition suivante :
Que dans l'administration des affaires du Nord-Ouest par le gouvernement actuel, antérieurement au dernier soulèvement, il s'est produit des cas de négligence, d'inaction‘et de maladministration d'une nature grave dans des matières affectant la paix, le bien-être et le bon gouvernement du pays.
Sir John Macdonald répondit à M. Blake avec son habileté ordinaire, et Laurier prit la parole.
Il fit un tableau touchant de la situation des Métis au Nord-Ouesi, des injustices dont ils avaient été victimes ; il parla de leurs plaintes inutiles, de leurs efforts pour émouvoir le gouvernement et ses représentants, et termina son discours au milieu des applaudissements de la Chambre, par la péroraison suivante :
Le gouvernement savait ce qui se passait, et au lieu de redresser ces griefs, il envoyait la police à Carlton, afin d'en imposer au peuple. Voilà l'espèce de justice que ce peuple a reçue du gouvernement tant
ee
Russie répond aux demandes de la Pologne. Chaque fois que les Polonais se lèvent pour réclamer leurs droits, les Russes font exactement ce qu'a fait le gouvernement canadien : ils envoient des troupes armées à Varsovie.
Ce n'est pas tout : il y a dans toute cette affaire un autre point auquel on n'a pas touché, à ma Connaissance, et qui cependant paraît avoir frappé l'esprit de bon nombre de gens. On n'a pas exprimé ce sentiment, mais on dirait qu'il est dans l'atmosphère, non seulement dans cette Chambre, mais aussi dans le pays. On ne l'a pas dit, mais il y en a beaucoup qui croient que, si ces gens se sont révoltés, c'est parce qu'ils sont, jusqu'à un certain point, d'origine française.
Le premier ministre a dit hier que Gabriel Dumont et ses amis sont ce qu'ils ont toujours été, des rebelles. 1] n'est pas à ma connaissance que Gabriel Dumont ou aucun de ceux qui ont pris les armes sur la Saskatchewan ou sur la rivière Rouge aient jamais songé à se révolter contre l'autorité de Sa Majesté. ©e n'est pas contre Sa Majesté la Reine qu'ils se sont révoltés : c'est contre la tyrannie du 8&ouvernement canadien. I] est très possible que les Métis, à peine sortis d'une vie nomade, n'ayant pas vécu en réalité plus de sept ou huit ans sous le régime britannique, n'aient Pas encore appris à aimer le drapeau britannique, parce que, jusqu'à présent, ce drapeau, confié aux mains des députés de la droite, ne leur a pas apporté cette justice qui a partout accompagné le drapeau britannique depuis cinquante ans. Mais je dis ceci, moi qui viens d’une Province où il y a moins de cinquante ans tous les hommes de la race à laquelle j’appartiens étaient des rebelles, et où tous ceux de cette race sont aujourd'hui des sujets aussi fidèles et aussi loyaux que les autres, — je dis : Rendez justice à ces hommes, accor-
EDS ÉD M a RS be mu
dez-leur leurs droits, traitez-les comme vous avez traité le peuple du Bas-Canada depuis quarante ans, et bientôt vous aurez le contentement, la paix et l'harmonie dans toute l'étendue de ces territoires, où règnent aujourd'hui la discorde, la haine et la guerre, au détriment du pays.
L'éloquence de Laurier n’empêcha pas la majorité de repousser la motion de censure de M. Blake.
Riel fut arrêté dans les bois environnant Batoche, où il errait, ou plutôt, il se rendit au moyen d’une lettre qu’il écrivit au général Middleton. Pourquoi ne prit-il pas la route des Etats-Unis, comme Lépine ? Il crut, dit-on, qu’on lui tiendrait compte de sa reddition volontaire, Ses actes de confiance lui ont été souvent funestes. Dans la première insurrection, il mettait bas les armes, sur des promesses verbales d'amnistie, lorsqu'il était en possession de Fort Garry et pouvait défier la force armée envoyée par le gouvernement pour s'emparer de ce fort et mettre fin à l'insurrection.
Il fut transporté à Régina et subit son procès pour meurtre et haute trahison.
L'opinion publique s'émut dans la province de Québec en sa faveur ; des assemblées eurent lieu, et un comité fut organisé pour prélever des souscriptions afin de donner à Riel les moyens de se défendre, et aussi afin de contrecarrer l'influence des loges orangistes qui ne cessaient, depuis l'exécution de Scott, de poursuivre le chef des Métis de leur haine et de demander sa mort. Riel fut déclaré coupable et condamné à mort, et la sentence fut exécutée, malgré les
Fr *
supplications et les protestations de ia province de Québec tout entière.
Les loges orangistes l'emportèrent.
C'est l'exécution de Riel qui a commencé et précipité la démolition du parti conservateur, en donnant à Mercier l’arme dont il avait besoin pour accomplir cette oeuvre de démolition, et qui a puissamment aidé Laurier à conquérir le pouvoir.
Le tocsin sinistre de la cloche qui accompagna Riel à l’échafaud a été le glas funèbre du parti conservateur. Ce grand parti illustré par tant d'hommes éminents, avait cessé de représenter le sentiment national des Canadiens-français, une tache de sang ineffaçable souillait son drapeau.
Deux causes seulement peuvent, dans la province de Québec, transformer l'opinion publique: une grande crise financière ou une importante question religieuse ou nationale.
Le sentiment a plus d’effet sur nos gens que les questions ordinaires d'argent ou de politique, que les théories les plus brillantes.
La question de l'exécution de Riel ne pouvait manquer de venir devant le Parlement. L'opposition, renforcée par l'adhésion temporaire d’un certain nombre de conservateurs, demanda compte au gouvérnement de cette grande injustice.
M. Blake avait, dans un discours de treize heures, chargé à mitraille, entrepris de prouver que le gouvernement était plus coupable que Riel. Plusieurs autres
députés importants avaient pris la parole et plaidé avec éloquence la cause de Riel Lorsque Lauier se leva pour parler, il Y eut un grand mouvement de curiosité dans la Chambre et les galeries, et tous les yeux se tournèrent avec symapthie vers l'orateur à
la belle prestance, à l'air distingué, aux manières si délicates, si raffinées.
On supposait que, vu l'importance du sujet et les circonstances, il allait faire un grand effort et par conséquent remporter un grand succès.
L’attente du public ne fut pas trompée ; du commencement à la fin de son discours, durant deux heures, Laurier tint son auditoire sous l'effet de sa parole merveilleuse, au milieu d’un silence respectueux, interrompu de temps à autre par des applaudissements chaleureux. L’auditoire était tellement charmé, fasciné, et craignait tant de perdre un mot, une des perles qui tombaient de la bouche de l’orateur, qu'il applaudissait sans le vouloir, sous le coup seulement d'une émotion trop vive.
Quelques extraits donneront une idée de la beauté de ce discours.
NE y