‹ Laurier, sa vie, ses œuvresChapitre 29 sur 55 · LES FUNERAILLES · texte numérisé non relu

LES FUNERAILLES

J’emprunte au “Droit’',, d’Ottawa, le récit des funérailles :

“ Si jamais la capitale mérite son nom ce fut bien ce matin. De tous les endroits du pays les représentants de toutes les associations gouvernementales, professionnelles, de toutes les classes de la société, sont venus rendre un dernier hommage à sir Wilfrid Laurier et recueillir la dernière leçon du maître, la leçon de la mort. Il serait difficile d’apprécier le chiffre de la population qui a pris part aux funérailles. On peut dire que personne, qui n’était pas empêché par les plus graves raisons, ne s’est privé d’assister au dernier triomphe du grand disparu. Sur tout le long du parcours les foules se massaient en rangs compacts sur le bord des rues, maintenues par les agents de service. Le cortège lui-même constituait une foule qui couvrait plusieurs rues du parcours.

“ Comme au jour des grands triomphes toutes les rues étaient pavoisées, mais de noir, presque toutes les demeures portaient le drapeau, mais en berne, plusieurs fenêtres montraient son portrait, mais cerné de deuil.

“ Sur le parcours on remarquait des femmes qui voulaient montrer à leurs mioches le cercueil de celui qu’ils n’auront pas connu mais dont ils entendront

LAURIER

parler et dont le nom restera dans toutes les bouches, pendant des siècles. Des vieillards courbés par le temps, les contemporains du défunt, avaient traîné leurs vieux membres pour “le” voir passer une dernière fois.

“ La pompe des cérémonies, l’affluence de toutes les têtes dirigentes et de toute la population autour du cercueil de cet homme marquaient quelle perte le pays a faite et correspondaient à la grandeur de l’homme qui vient de disparaître. Depuis les chefs de l’Etat, le représentant de Sa Majesté, jusqu’au plus humble enfant de l’école tous se sont donné la main autour de cette mort et ont conduit ensemble le défunt

à sa dernière demeure.

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