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APRÈS LA PLUIE

La délicieuse pluie

Du ciel bas, couleur de suie,

A glissé Comme un bienfait sur la terre; De sa bonté le parterre

Est traversé.

Et le parfum qui s'élève Caresse comme un beau rêve

D'amour pur.

Et monte en emportant l'âme Légère comme une flamme,

Jusqu'à l'azur!

Les arbres dorment au soleil.

Rien n'y bruit, rien n'y remue.

En file, le long de la rue, Ils goûtent un profond sommeil.

L'air est chaud, et la brise absente.

Sous le ciel vaste où midi bout, Les beaux arbres dorment debout, Sans une feuille frémissante.

Ils se reposent de l'effort Qu'ils ont fait par toutes leurs branches, Et prennent de justes revanches Contre le gel et le vent fort.

Ils dorment parfaitement calmes, Dans le rêve oubliant leurs maux, — Pareils aux hommes! — leurs rameaux Ployés parfois comme des palmes.

A leurs pieds monte la rumeur Du travail qui bourdonne et gronde:

Eux, ils ne sont plus de ce monde ! . . Le fracas dans leurs feuilles meurt.

Rien ne trouble leur quiétude; Et les oiseaux respectueux S'ils volent se poser sur eux, Ont pitié de leur lassitude . . .

Dormez, beaux arbres verts, dormez!

Avec leur plainte monotone.

Voici bientôt les vents d'automne Et puis l'hiver, arbres aimés!

Dormez sous le soleil torride, Vêtus de vivante splendeur; Dormez sous l'implacable ardeur Où l'âme de l'Été réside...

Et quand vos feuilles tomberont, Après tant de jours de souffrance, Nous garderons la souvenance De leur ombre sur notre front.

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