‹ Lauriers et feuilles d'érable [microforme]Chapitre 67 sur 72 · APRÈS LA PLUIE · texte numérisé non relu

APRÈS LA PLUIE

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La délicieuse pluie Du ciel bas, couleur de suie, A glissé Comme un bienfait sur la terre; De sa bonté le parterre Est traversé,

Et le parfum qui s'élève

Caresse comme un beau rêve D'amour pur,

Et monte en emportant l’âme

Légère comme une flamme, Jusqu'à l’azur!

LES ARBRES DORMENT

Les arbres dorment au soleil.

Rien n'y bruit, rien n’y remue.

En file, le long de la rue, Ils goûtent un profond sommeil.

L'air est chaud, et la brise absente.

Sous le ciel vaste où midi boût, Les beaux arbres dorment debout, Sans une feuille frémissante,

Ils se reposent de l'effort

Qu'ils ont fait par toutes leurs branches, Et prennent de justes revanches

Contre le gel et le vent fort.

LES ARBRES DORMENT

Ils derment parfaitement calmes, Dans le rêve oubliant leurs maux, — Pareils aux hommes! — leurs rameaux Ployés parfois comme des palmes.

A leurs pieds monte la rumeur

Du travail qui bourdenne et gronde:

Eux, ils ne sont plus de ce monde!

Le fracas dans leurs feuilles meurt.

Rien ne trouble leur quiétude Ê Et les oiseaux respectueux S'ils volent se poser sur eux, Ont pitié de leur lassitude.

Dormez, beaux arbres verts, dormez!

Avec leur plainte monotone,

Voici bientôt les vents d'automne

Et puis l’hiver, arbres aimés!

LES ARBRES DORMENT

RE pe

Dormez sous le soleil torride, Vêtus de vivante splendeur; Dormez sous l’implacable ardeur Où l’âme de l’Été réside.

Et quand vos feuilles tomberont, Après tant de jours de souffrance, Nous gai derons la souvenance De leur ombre sur notre front.

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