APRÈS LA PLUIE
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La délicieuse pluie Du ciel bas, couleur de suie, A glissé Comme un bienfait sur la terre; De sa bonté le parterre Est traversé,
Et le parfum qui s'élève
Caresse comme un beau rêve D'amour pur,
Et monte en emportant l’âme
Légère comme une flamme, Jusqu'à l’azur!
LES ARBRES DORMENT
Les arbres dorment au soleil.
Rien n'y bruit, rien n’y remue.
En file, le long de la rue, Ils goûtent un profond sommeil.
L'air est chaud, et la brise absente.
Sous le ciel vaste où midi boût, Les beaux arbres dorment debout, Sans une feuille frémissante,
Ils se reposent de l'effort
Qu'ils ont fait par toutes leurs branches, Et prennent de justes revanches
Contre le gel et le vent fort.
LES ARBRES DORMENT
Ils derment parfaitement calmes, Dans le rêve oubliant leurs maux, — Pareils aux hommes! — leurs rameaux Ployés parfois comme des palmes.
A leurs pieds monte la rumeur
Du travail qui bourdenne et gronde:
Eux, ils ne sont plus de ce monde!
Le fracas dans leurs feuilles meurt.
Rien ne trouble leur quiétude Ê Et les oiseaux respectueux S'ils volent se poser sur eux, Ont pitié de leur lassitude.
Dormez, beaux arbres verts, dormez!
Avec leur plainte monotone,
Voici bientôt les vents d'automne
Et puis l’hiver, arbres aimés!
LES ARBRES DORMENT
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Dormez sous le soleil torride, Vêtus de vivante splendeur; Dormez sous l’implacable ardeur Où l’âme de l’Été réside.
Et quand vos feuilles tomberont, Après tant de jours de souffrance, Nous gai derons la souvenance De leur ombre sur notre front.