NOTA£-DAM
chemise de vieux cuir, une série de feuillets de parchemin coDteDant les dessins, les essais, toutes les notes, toutes les confidences d'un architecte du XIIl® siècle , Villard de Honnecourt. Le docte et pénétrant investigateur auquel l'histoire de France doit tant de judicieuses recherches décrivit ce curieux document; M. Lassus en entreprit la publication intégrale et y trouva une excellente occasion pour développer ses idées favorites; la mort le surprit dans ce travail, que les soins d'un de ses élèves viennent de mettre au jour. »
c L'album de Villard est le plus curieux miroir de Tétat d'esprit où vivait un artiste du temps de St-Louis. Villard était originaire de Honnecourt, village situé entre Cambrai et Vaucelles. C'est un Picard, et il écrit dans le dialecte de la Picardie. Sa vie fut celle d'un artiste du moyen-âge, agitée, mobile, toujours nomade. Il voyagea, comme il nous le dit lui-même, «en beaucoup de terres. » On trouve dans son album les égUses de son pays natal, Vaucelles et Cambrai, la rosace occidentale de l'église de Chartres, l'église St-Etienne de Meaux et la rosace de Lausanne. » (Revue des Deux-Mondes, l^r juillet 1862. L'Art du moyenâge, par Ë. Renan.)
Extrait d'un mandement fait en 1^16 par l'évéque de Grenoble pour ordonner une collecte en faveur de l'église de Lausanne incendiée la même année (Conservateur misse, tome III, page 30) :
« Pierre, par la miséricorde divine, évèque désigné de » Grenoble, à tous, etc Le bruit s'est déjà répandu
> dans tous les pays, soit voisins, soit éloignés, comme
> quoi l'église de Lausanne, si admirablement constrnite, » à l'aide de vos aumônes et de celles des autres siècles i chrétiens, a été détruite par une incendie si déplorable, » que c'est une pitié seulement d'en parler, et à plus forte » raison , une source de larmes d'en avoir été témoins ;
NOTRE-DAME
> car les toits de cette église couverts de plomba ses fené-
> trages de verre peint, ses cloches harmonienses , ses
* chapes de soie, ses précieuses tentures sur lesquelles
> étaient représentées des tiistoires da vieux et du noo- » veau Testament, tontes ces richesses dont l'église avait » été décorée en riionneur de la bienheureuse Vierge I Marie « de même que plusieurs livres» ont été entièrei ment consumés. >
Le volume quatorzième des Mémoires et Documents de la Société archéologique de Genève renferme aussi un man- ' dément de révéque de Genève Martin, du 30 novembre pour autoriser dans son diocèse une collecte en fa* veur de la reconstruction de l'église de Lausanne, « flam-
> mis voracibus iucendii horribiiiter deformata. >
En 1975, l'église de Lausanne était assez avancée pour pouvoir être consacrée et le concours des circonstances fournit l'occasion d'en faire la dédicace avec la plus grande solennité. Grégoire X, élu pape en 1371, n'avait rien de plus à cœur que de soutenir les intérêts de la Terre-Samte, et bientôt il convoqua à cet efîet un concile général qu'il tint à Lyon depuis le 7 mai 1374 jusqu'au 17 juillet de la même année. Rodolphe de Habsbourg avait été élu roi d'Allemagne, le 30 septembre 1273 et le pape l'avait reconnu dès l'année suivante. Rodolphe saisit cette occasion pour rencontrer Grégoire X, auquel il devait sa couronne, il se rendit donc dans cette ville où le pape était déjà arrivé le 6 octobre 1275.
Consécration de la cathédrale de Lausanne (traduit du latin). Conservateur suisse, tome XII, p. 404.
« L'an du Seigneur mil deux cent septante-cinq, le quatorze des Kalendes de novembre (19 octobre), fut faite la
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NOTRE-DAME
consécration de Ste-Marie de Lausanne, par notre St-Père, le Pontife Grégoire dixième, en présence de Tillustre liomme Rodolphe, roi d' Aiiemanie, et de l'illosUre reine Anne, femme in dit roi, ayec leors enfants Albert, Hartmann, Rodolphe et Samson, et les autres quatre filles du dit roi.
Assistèrent aussi à la dite consécration :
Denx 4»rdinaQx-prétre8:
Guillaume, du titre de St-Marc, et Aucherius, du titre de Ste-Praxède.
Ciaq cardinaux-diacres :
Othobon de St-Adrien, Humbert de St-Eustache, Jaques de Ste-Marie in Gosmedin , Matthieu de Ste-Marie in Porticû» Godefroi de St-George, au voile d'or.
Cinq archevêques, savoir :
De Lyon, de Besançon, deRavenne, d'Embrun, de Milan. Dix-sept évéques, savoir :
De Lausanne, de Valence en Espagne, de Sisteron, de Venose en Pouille, de Genève, d'Avienne en Crète, de Valence (en Dauphiné), deCrotone, de Liège, de Spire, de Paris, de Constance, de Marseille, de Trente, de Grè* mone , de Bâle , de CoHioure.
Ët plusieurs abbés, religieux et personnes ecclésiastiques.
Y assistèrent aussi les ducs venus avec le dit roi au
nombre de sept :
Le duc de Garinthie, le duc de Theck, le duc de Lorraine, le duc de Bavière, le marquis de Hochberg, le landgrave de l'Alsace inférieure, le landgrave de Buchegg.
Y étaient aussi présens les comtes (quinze) :
Albert de Hochenberg, Burcardde Hochenberg, Frédéric burgrave de Nuremberg, Emicon de Linange, Frédéric de Linange, le comte de Ferrette, le comte de Hombourg, le comte de Habsbourg, le comte de Lœwenstein, le comte E3>erhard de Katenelsenbogen, le comte de Nellenbourg,
NOTKË-DAME
le comte de Bar, le comte 4e Blamont, le comte d'Ariai, le^mte de Montbelliard*.
Et une multitude iDDombrable de barons.
Voici quelles sont les reliques que le souverain pontife Grégoire X a déposées et renfermées sous le grand atUd** qu'il a oint et consacré de ses propres mains: un morceau de la sainte croix, des cheveux de la bienheureuse vierge Marie, une côte de Marie-Madelaine, une côte de St-Laurent, un fragment du saint sépulcre» un autre du sépulcre de la bienbeureuse vierge, un morceau de TétaUe o& J.- Ghrist est né, du bois de la croix de St-André et de celles de plusieurs autres.
Le lendemain delà consécration, une autre cérémonie non moins solennelle eut lieu dans la cathédrale. L'Empereur fit, entre les mains du pape, le serment de âdélHé à TEglise, et délivra au Souverain Pontife un diplôme par lequel il lui rendait, ou s'engageait à lui [faire rendre, les provinces enlevées au St-Siége en Italie, Ravenne, la Marche d'Àncône et le duché de Spoléte. Par ce même diplôme l'Empereur s'engageait à défendre les droits du pape dans le royaume de Sicile, à prendre part aux croisades, et à faire la guerre pour l'Eglise si cela devenait nécessaire.
Les solennités furent si brillantes pendant les vingt jours que durèrent les fêtes, que Tempéreur dépensa, pour son
* On consultera avec intérêt la Dissertation faite sur ce sujet par Tabbé Fontainë. Fribourg 1791. Bibliothèque cantonale, U. 333.
Pendant lliiTer de 1668^ 00 chevaux transportaient à Berne, sur on traîneau, le inaitre-antel de la cathédrale de Lausanne. IX. EE. le iSrent placer dans l'Eglise collégiale de Berne pour servir de table pour la eommtmîon. Cette table subsiste encor^i d'est un magn^ue morceau de marbre noir de 8t-Triphon qui a dix pieds et demi de longueur, cinq pieds et 4emi de largeur a^vee une épaisseur de sU popceSt
ISOTR£-DAME - 105
costume, neuf cents marcs d'argent, somme qu'égalait à peine le revenu du plus riche baron de celte époqu». L'abbé de St-Gall fut obligé de vendre à la maison de Habsbourg les fiefs (le sa riche seigneurie de Gruningen, dans l'impossibilité où il se trouvait de payer les dépenses qu'il ayait faites à Latisanne pendant ces fêtes splendides/ >
On ne sait pa9 fH^éeisément tont ce qui tel décidé dans celte mémorable entrevue ; ce qui est certain c'est qu'elle foi an des évéoements les pins importants de cette époque.
11 serait à désirer que le souvenir de cette réanion solennelle fut conservé dans le monument même où elle eut lieu et que ce grand fait historique fut rappelé dans ^ le travail 9 aiqourd'hai commencé, de la restauration des ▼ffranx dé la cathédrale. On ponnraH consacrer à ce sujet les trois fenêtres placées dessous la rose au chœur *\
par E.*H. Gauluiub.
De temps immémorial, il y avait en, an sommet des hauteurs escarpées qui dominent Lausanne, une diapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié. On attribue la fondation ou plutôt la restauration de cette chapelle à l'évéque Marins. Vers Tan dOOO de notre ère, les peuples manifestaient partout leur recuiHjai:>sance envers Dieu, qui avait prolongé l'existence du monde, que la croyance vulgaire regardait
* Jeao de MûUer, Histoire de la CkmfédéraitiQn amaae, II, 224.
Duis la fip&tra do minea on Temiitle Souverain Fonlife eomacrant la cathédrale; dans céllo de ganehe l'Empereur faisaniiott entrée
à Lvusanne, la fenêtre de droite représenterait l'entrevue de Grégoire X et de Kodolphe de Habsbourg,
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106 NOTRE-DAME
comme devant finir à cette époqae. Ce fut alors que Tévéqoe Henri, l'on des pins illastres parmi tee prélats do
diocèse de Lausanne, fonda une première église sur le lieu même où avait été érigée la modeste chapelle. A plusieurs reprises, dans le courant du XIII« siècle, ce temple fot détruit par l'incendie. Des quêteurs parcoururent les divers pays de la chrétienté» portant l'image de Notre-Dame de Lausanne, afin de recueillir les soflunes nécessaires pour relever le monument sacré. Déjà avant la fin de ce même siècle, la cathédrale de Lausanne avait été reconstruite plus spacieuse et plus belle qu'auparavant, tant était grande la dévotion des peuples de l'Helvétie occidentale et de la partie des Gaules qui était voisine. Le 19 octobre 1275, le pape Grégoire X fit la dédicace solennelle de la nouvelle église de Notre-Dame de Lausanne. L'empereur Rodolphe de Habsbourg, nouvellement élu, s'était aussi rendu dans cette ville pour y conférer avec le pontife sur les grands intérêts de l'empire et du sacerdoce.
Le plan sur lequel s^élève l'église cathédrale de Lausanne est celui de toutes les cathédrales construites à la même époque ; elle repose sur la croix latine, symbole de la rédemption. La base de la croix est au grand portail, situé au couchant ; l'un des deux bras porte la rose, tournée au soleil de midi, et le chœur figure la tête du Christ, penchée sur le bois. L'idée de l'ensemble se reproduit dans toutes les parties de la cathédrale. Partout la pensée se trouve en présence de l'infini. 11 semble même que le temple se perde, à son extrémité, dans les profondeurs d'un ciel sans horizon ; l'architecte a attrât cet effet en s'écartant de la symétrie et cachant à demi , derrière les colonnes du chœur, les croisées par lesquelles il se ter- , mine.
Le portail du couchant, placé entre deux énormes tours, est de la fin du XV^ et du commencement du XVI® siècle.
NOTRE-DAME
La porte, aux battants de bronze, est surmontée d'une baie et d'un réseau flamboyant. Cet ensemble est entouré de bandaax et de voussures ornées de sujets religieux. C'est Samson déchirant le lion de Fimna ou renversant le temple de Dagoo; c'est le sacrifice d'isaac; c'est le prophète JoDas^ englouti par une baleine; ce sont des scènes de la vie de Jésus-CbHàl. Sur les côtés, des pinacles et des clochetons s'élèveul. jusques sous une balustrale en quatre feuilles , qni termine l'ordonnance du frontispice et qoe surmontent six niches trilobées, ornées de statues. Plus haut courent deux galeries. La plus élevée était autrefois recouverte de terre ; on y cultivait des fleurs et on la nommait le Jardin des moines ; mais le jar^ a été enlevé en 1803 pour arrêter la dégradation de la voûte qui le soutenait.
La tour du midi, la seule terminée, est rectangulaire et flanquée de contre-forts, sur lesquels reposent des tourelles, carrées au midi et circulaires au nord. D'une architeclure très simple dans sa partie inférieure, où se trouvent les belles archives cantonales', la tour est décorée à ses deux étages de baies, de colonnes, d'une babistrade et de quatre clochetons octogones , ornés chacun d'une arcade ogivale surmontée d'un fronton, qui varie à chaque face. La terrasse, construite au-dessus des deux étages, est élevée de 150 pieds (lâ9 pieds 5 pouces de roi) audessus du sol , et Fon y arrive par 246 marches. La flèche, à huit pans, qui s'élance de la terrasse, la surpasse de plus de 40 pieds. Considérée dans son ensemble, cette
* Ces archives, qui sont très bien tenues, renferment une immense quantité de documents précieux poar l'histoire du Pays de Y&iid et de l'Helvétie occidentale. L'un des titres les plus antiques et les plus curieux est celui qui est connu sons le nom de Testament de la reine Berthe, de l'année 9(>1. Les archives particulières de la ville de Lausanne, conservées dans l'hôtel-de-ville, sont muai riches et emieuses.
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NOTRE-lAHE
Cour gigantesque» que Too voit de toutes parts domioer la eontrée, étalant» sons des aspects divers » sa masse» ses
colonnes nombreuses, ses jours, ses aiguilles, ses dentelures, sa riche broderie » est à la fois imposante, hardie et légère.
Les étages renferment le beffroi. Cinq cloches y sont suspendues. On sonne X^ Marie-Madelaim pour convoquer le Grand Conseil; la secïonde» nommée Glémence, pour les assemblées électorales et dans les cas dincendie; les trms dernières au réveil et à la retraite du jour, à midi et à trois heures. Les cinq cloches se font entendre à la fois dans -les grandes solennités.
La Clémence, qui sonnait autrefois lors de l'exécution des criminels, porte l'image d'une femme à genoux» près de recevoir le coup de la mort» quand un ange apporte ^a grâce. Deux autres figures représentent, l'une la Vierge tenant Tenfant Jésus sur ses genoux, et F autre Jésus- Christ marchant au Calvaire. Selon la légende» le Christ» chargé de la croix, s'étânt arrêté sur le chemin pour reprendre haleine, sainte Véronique prit ce moment pour lui présenter un mouchoir» afin qu'il pût essuyer la sueur de sang qui couvrait son visage ; ce mouchoir est représenté sur la cloche , porté par des anges. Sur la Marie-Maddaine, on voit les armoiries de Berne et celle de Lausanne» surmontées les unes et les autres d'un écusson, où l'on trouve l'aigle déployée à deux têtes avec la couronne impériale. Sur le haut se dessinent plusieurs figures de chérubins. Le diamètre est d'envhron 7 pieds. Les autres cloches portent diverses inscriptions.
La tour du couchant, restée inachevée, renferme la chapelle qui sert au culte en hiver.
L'intérieur du temple n'est pas ce qu'il a été ; il a été couvert de badigeon; la lumière diaprée des vitraux ne vient plus Tinonder ; plusieurs fenêtres ont été murées ;
NOTIiE-DAMK 109
bien d'aatres mutilations encore Tont priré d'une partie
de sa beauté, mais il reste toujours admirable par son unité* sa simple grandeur et sa vaste étendue. Nous suivrons rponr le décrire , Télégante notice de M. le professeur Vulliemin et la description savante de M. Blavignac :
Un vestibule» entre deux chapelles, conduit à la nef, divisée en huit travées, ou plutôt, comme Ta fait observer M. Blavignac, en quatre grandes travées partagées en deux par des piliers plus légers que ceux des travées ellesmêmes. Les arches des travées sont ogivales. Au-dessus de ces arches s'élève un triforium, puis une galerie à claire-voie, qui termine l'ordonnance de la nef. Sauf quelques exceptions, cette ordonnance se retrouve dans le transsept et dans le sanctuaire. Autrefois un jubé se trouvait à l'entrée du cbœui, et, partageant Fégiise en deux vases, ne permettait pas d'en embrasser l'ensemble ; ce jubé a été remplacé par une grille qui laisse le regard errer librement sur tout Tintérieur de la cathédrale et sur ses belles proportions. Lo transsept est accompagné de deux chapelles, pratiquées au pied de deux clochers, et, plus haut, de deux autres chapelles, placées à la hauteur du Iriforium, et qui, probablement , furent autrefois consacrées au culte des auges. Le sanctuaire est entouré d'un dMmbulatorium, passage destiné aux procesâons. Une petite chapelle circulaire, située à l'extrémité orientale du déambulatoire, termine i édifice.
La longueur de l'église, prise dans Tœuvre, est de 303 pieds; la longueur du transsept, de 113 pieds, et la largeur de la nef, de 75 pieds 4- pouces, à l'entrée de l'église, de 2 pieds 7 pouces de moins vers le transsept ; cette diminution de largeur ne parait pas avoir eu d'autre but que l'efTet perspectif. M. Blavignac a fait remarquer que la longueur de la croisée, qui est de 87 pieds 7 pouces, a servi d'unité de mesure pour la construction du temple;
ilO
NOTR£-OABt£
que, prise deux fois, elle donne la largeur de la nef; placée deux fois, joignant la croisée, la longueur du transsept; et, répéûie huii fois, la loogoeur de l'ii^ise; enfin, que si, aux longueurs réunies de Téglise et du transsept, 415 pieds 8 pouces, on ajoute la hauteur des bas côtés, S9 pieds 7 Vt pouces, celle de la nef, 60 pieds 9 Vi pouces, et ceUe de la lanterne, 97 pieds 7 V, pouces, on obtient 604 pieds 2 */, pouces, quantité sjç^lblable à la longueur de la croisée, prise seize fois.
La simplicité du vase en relè?e la beauté. On n'y trouve aucun détail qui ne se rattache à l'ensemble et ne réfléchisse la pensée qui a conçu le plan de rédiûce. Soixante et dix fenêtres y répandent le jour. Presque toutes celles qui datent de la construction primitive sont sans menaux et ornés de colonnettes aux angles. Plus de mille colonnes ornent l'intérieur. Les principaux piliers sont formés de douze colonnes diversanent assemblées. Vers la croisée, ce nombre est porté à seize. Des piliers portent les ogives, qui se croisent avec harmonie sous le ciel de la voûte, éievée de 56 ineds 4 pouces au-dessus du sol. L'ornementation, presque tout entière du genre végétal, est variée à riofini*.
La chaire est en pierre, ornée d'armoiries" et de découpures ; rabat-vofx, en noyer poli, décoré de sculptures.
Les belles orgues anciennes, enlevées en 1536, et vendues à la ville de Sion, ont longtemps laissé un vide dans le temple; enfin, dans le XVIII^ siècle, elles ont été remplacées par celles que l'on voit étabhes entre les clochers
♦ Beaucoup d'ornements ont été enlevés. On voit encore, à droite de la chaire et à la hauteur du triforium, le<! bases sur lesquelles étaient placées les statues en argent des douze apôtres, obfrage dont on vantait la beauté.
** Celles de Bod. Bâcher, trésorier du Pays de Vaud, et de Boricard- Fischer, bailli de Laosanne en 1688, se TOient sor la balustnde.
NOTRE-DAME
occideotaux» et qui soot l'œuvre du facteur Scherrer» de GjBiièTe. On y monte par deux escaliers placés dans des
tours ornées d'arcades cl de colonnettes. Jadis, une balustrade en pierre se projetait devant la tribunç de l'orgue, et suivait, an milieu de la longueur, le contour d'un culde-lampe saillant, orné des armoiries de l'évéque Aymon de MoDtfaucon ; mais aujourd'hui la balustrade a été démolie, et le cul-dqi|if|npe est masqué par un plafond qui s'avance dans réglise d'une manière qui n'est pas très gracieuse.
Les stalles de la nef, placées contre le mur du collaté^ ral de Tépître, datent de 1509. La profusion des> orner ments qui les couvrent contraste avec la sévère simplicité de celles, bien plus anciennes, qui se trouvaient dans le chœur*. On y voit répétées les armoires des Montfaucon et leur devise : Si quâ futa sinanl (si les destins le permettent). Les dossiers portent, sous un dais de branches, de fleurs et de fruits entrelacés, les figures des apôtres et celles des saints. Sur les larges pfailactères des apôtres sont écrits les passages du Credo. L'évéque Aymon se trouve représenté deux fois : ici, à genoux devant la Sainte- Vierge et assisté de saint Benoît et de saint Baptiste; là, à genoux aussi, et soutenu par trois saints de Ja légion thébéenne, saint Maurice, saint Exupère et saint Second, pour lesquels il parait avoir eu une dévotion particulière. Deux autres saints de la même légion, saint Candide et saint Victor, sont sculptés sur une stalle voisine. On voit encore sur ces .stalles sainte Catherine, avec la roue de son martyre; un roi, prosterné à ses pieds, rappelle la haute origine de cette sainte. Sur les faces latérales des stalles sont reproduits des sujets variés. Les accotoirs sont formés de colon-
♦ Les stalles du chœur, rare exemple de la sculptare sur bois du XIII" siècle, ont été déposées dans la chapelle supérieure du midi. — . Quatorze sUUes sur oinqoante-six ont échappé à la deatruction.
M NOTHE-DAME
nés de fûts divers. Les museaux ofireot des sculptures capricieuses, la plupart satyriques.
Le sol est dallé en partie eo grès et en partie en roche.
Le sanctuaire est exhaussé de 3 pieds i Vt pouces audessus du sol dallé du temple» et il est de 5 pieds 7 % pouces plus élevé que celui de ranièreH^hônir. On n'y ?oit phisle maHre-ante! consacré par Grégoire X, et snr lequel le souverain pontife avait déposé, de sa main, du bois de la vraie croix, un morceau du saint suaire, des fragments de la crèclie de Bethléem et dn sépulcre de Jésus-Christ; la trace laissée dans les dalles par des milliers de fidèles qui, pendant des siècles, ont ployé les genoux devant ce-s objets de la vénération commune, en rappelle seule le souvenir. Les treize lampes d'argent qui formaient le luminaire, les soixante ot dix tapisseries de Perse, couvertes de broderies, les tableaux, les anges d'argent massif, le missel écrit en lettre d'or et orné de miniatures, tout a pris en 1537 le chemin de Berne, avec le trésor de la cathédrale. Les chasubles mêmes, au nombre de 800, et qui étalent enrichies de perles et de pierreries, ont été emportées comme faisant partie du butin. On ne voit plus dans le sanauaire que les deux tables de communion, de marbre noir, onvrage du XV1« siècle. Les coupes sont des oeuvres élégantes de l'orfèvrerie du moyen-âge ; on volt au fond les anciennes armoiries de Lausanne et la date de
Des tombeaux placés autour du sanctuaire, les plus anciens ont disparu, sans qu'on sache en retrouver la trace. On ignore où reposait Rodolphe II, Tépoux de Berthe la filense. Deux tombeaux d'évéques, dont on ne sait pas les noms avec certitude , se voient à l'extrémité méridionale du transsept; des tours et des murs crénelés, sculptés sous la figure du dernier, ont fait supposeï; qu'elle représentait les traits de Jean de Cossonay, qui releva la ville et
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Féglise après rîncendie de 1385. On dit le monament fli-
Déraire qui se trouve près de la porte du transsept celui du pape Félix V ; mais ce pontife, mort à Genève, fut eDtanré dans cette viUe, ou, selon d'autres, i Ripaille, dans on tombeau brisé en 1536 par les Bémols; ses restes ont été plus tard transportés à Turin, et inlàumés daos la métropole de St-Jean.
A côté est un quatrième tombeau, celui de la prioeesse Orlow, morte le 27 juin 1781. Près de ce tombeau est la chapelle dédiée à Saiut-Maire.
Aymon de Montfaucon, Tun des restaurateurs du temple» repose contre le chœur, à rentrée du déambulatoire ; les armoiries du prélat, gravées près de la statue, conservent encore quelques traces du mastic colorié qui les recou- ▼rait.
Vis-à-vis on voit la pierre tumulaire de Jean-François Gaudard» mort en 1662. A côté repose Emmanuel-David Steiger (1704).
En suivant la balustrade du chœur, une inscription de 1600 est consacrée à la mémoire de Barbara Windenbach.
Le tombeau voisin renferme la dépouille de Marie Stfir- 1er, épouse de Gabriel Gross, bailli en 4730.
Une dalle placée devant est consacrée à la mémoire de Jacob de Gryers, bailli de Chilien.
Sous la fenêtre en face on lit : Pour les nobles de fioMmoens, 1483, avec la devise : Vertu surmonte envie.
Sous la troisième fenêtre repose Jean-Pierre de Grousaz, professeur de philosophie et de mathématiques. En face de ce monument une inscription sur marbre jaune a été dédiée au colonel Abram de Grousaz.
Prés de la chapelle de Tabside, une pierre tumulaire représente un évéque avec sa crosse. On croit que c'est le tombeau d'HËJsni, fondateur de la cathédrale ; c'est le monument le plus ancien.
NOTRE-DAME
Le tombeau qui est en face est consacré à la mémoire de L. de Wattenwyl , bailli de KomaiDmôtier, mort ea
Loys de Bochat, professeur de droit, repose à cAté de lui. U mourut en 1754
Une urne en marbre blanc rappelle la mémoire de CarolîDe, dnchesse de Courlande, morte en 1748. Une inscription latine placée près de cette urne indique le nom de Marie Locher, baronne de CoppeU décédée en 1771.
Samuel Constant de Rebecqne, seigneur d'Herm^ches». se trouve à côté du professeur de Bochat. En face on voit le monument de Philippe-Germain Constant de Rebecque, tous dei» sont morts en 1756.
Vient ensuite le tombeau d'Abraham-Daniel Clavel, de Brenles, professeur de droit à Lausanne, mort en 1 771 .
Tout prés repose le corps de dame Henriette Burton de Berschamsted, en Angleterre.
Mais, de ces monuments funéraires, le plus remarquable est celui d'Othon de Grandson, fils d'Amédée*. Une statue en marbre blanc représente le cbevaUer armé de toutes pièces. Les mains ont été brisées par quelque accident. Sur le tombeau s'élève un dais formé d'ogives trilobées, de frontons et pinacles, formes légères et gracieuses, symboles de religion et d'espérance.
Des monuments modernes, celui qui a le plus de caractère porte une urne et un cippe en marbre blanc de Carrare, placés sur trois degrés en marbre noir, il rappelle la mémoire de Henriette CanDing, morte à la Chablière, près de Lausanne, en 1817. Le cippe est orné de riches guirlandes, de la figure d'Apollon et de celles des Muses ; Fume est entourée d'un serpent, symbole de l'éternité. Ce tombeau est l'œuvre du sculpteur Bartholini de Florence.
* Yoyeila note de M. d« Oingins, page 61.
NOtRfi-DAlftE
Soos la feoéire qui éclaire ce moDument est un marbre consacré à la mémoire de Robert Ellison, écuyer anglais, mort en 1783.
Sur la pierre voisine» on Ut: c A la mémoire de Guillaume Calderwood, Ecossais, lieutenant-colonel des gardes du corps, mort en 1787. »
La troisième inscription rappelle le souvenir de Guillaume Legge , second fils de Guillaume comte de Dartmouth, chambellan du prince de Galles, mort en 1784.
Le monument voisin rappelle le souvenir de Christine, comtesse de Walmoden-Gimbom, de la famille de Waguenbeim, décédée en 1783.
Une table incrustée contre le mur du transsept rappelle la mémoire de Davel, martyr des droits et de la liberté du peuple vaudois*.
La chapelle absidale qui termine l'édifice, et qui, comme nou3 l'avons dit, ne se trouve pas sur le prolongement de Taxe, mais dévie du cdté du nord, est ornée de pilastres cannelés et de charmants chapiteaux.
Par-dessus ces monuments et par-dessus le sanctuaire, le ciel de l'abside s'élève presque à la hauteur des voûtes de la nef. Celui de la lanterne s'élève à près de iOO pieds au-dessus du sol**. Sous ce dôme ra>i)iration est plus libre encore, et le jour descend de plus haut que dans la nef. La lumière qui de la rose se répand dans cette partie de l'église, s'y brise en mille reflets et en mille arcs-en-ciel, rayonnements divins, biiliantes apparitions, messagers d'un monde supérieur.
' * Plnnenn pierres tonidures ont été placées dans le mur extérieur du chœar. On Ùt: S^puttwra Jaeobi J^pia. — 8qp9^lura Peraeoms» — SpvM, F. Deg^tesBog» — £Re jaeet Dcmmm Amadeua mSea, ete.
** Il est à regretter que de huit fenêtres qui formaient la lanterne, •ix aient été bouchées, probablement ^our arrêter la dégradation de •ttte partie de la cathédrale.
MOTR£-i)AM£
La verrière qui transforme ces rayons du jour et leur prête ses vives couleurs^ est tout ua poëme; ou y voil retracée rœuTre da Créateur : le soleil, sons la figure d'an jeune homme, conduisant un char; la lune, sous l'image d'une femme> couronnée d'un croissant d'argent; les saisons, les douze mois de l'année et les signes du zodiaque: puis les flenves du paradis, les vents personnifiés, et tous les êtres fantastiques dont l'imagination des âges d'enfance de rhumanité a peuplé des contrées merveilleuses ; ce sont des cynocéphales, des blemmys ; c'est un pygmée combattant une grue: enfin "se montre le Sauveur, que Jean-Baptiste désigne comme tel à la foule assemblée.
La rose a été restaurée à diverses reprises: elle Ta été dernièrement en 1817 et en 1822; telle qu'on la voit encore, elle est un des plus beaux, exemplaires qui aient été conservés de vitraux du X11I« siècle.
La tour qui porte la lanterne est rectangulaire jusqu'à la plate-forme qui la couronne ; plus haut, elle devient octogone» et chacun de ses pans est orné d'un vaste fronton placé sur trois arcades soutenues par des colonnes. Une balustrade règne autour de la plate-forme, et des clochetons sont établis à chacun de ses angles. Une aiguille en charpente, haute de 1^0 pieds, termine cette partie de rédifice. Cette flèche élancée a pris la place de celle que le feu du ciel consuma tout entière en 1825, et elle a été exécutée, sur les plans de M. l'architecte Perregaux, par les frères Bohy, habiles charpentiers établis à Lausanne.
La tour octogone qui sert de base à la flèche avait été plus élevée qu'elle n'était, lorsque cette restauration a été hite. Les huit frontons dont elle était décorée se sont trouvés tronqués. Peut-être, à la suite des incendies précédents, aura-t-on cru devoir diminuer la charge qui reposait sur les murs inférieurs, lézardés de toutes parts. Même les murs du sommet du chœur, écartés par la poussée de la voAte.
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NOTRE-DAME
da (Mime, menaçaient ruine, et la flèche, mal affermie, balançait au vent et ébranlait sa base toujours davantage. Poar arrêter ce mouvement, M. Perregaux fit, en 1810, enfermer le mur dans deux cercles de fer, et rendit la flèche immobile au moyen d'une charpente intérieure qu'il sut combiner avec Tancienne. Après Tincendie de 1825, il lia les murs du dôme par de nouilles pièces de fer, releva la tour et flt la flèche, dont il avait assuré la base, plus élevée qu'elle n'était. *
Deux clochers, restés inachevés, accompagnent la lanterne. Us sont établis près des transsepts. L'un des deux, celui du midi, s'appuie sur une petite chapelle en plein cintre, que Ton croit avoir été dédiée à saint Maure* Peutêtre est-elle celle que le saint évêque éleva dans ce lieu. Une figure de saint Nicolas se trouve sculptée près de l'ancienne porte, murée aujourd'hui, qui conduisait de la chapelle dans le temple.
Tout autour du chœur, comme il en est aujourd'hui des deux faces extérieures de la nef, des arcades aériennes, s'élançant avec hardiesse des parties basses de Tédifice, viennent butter les parties supérieures de l'abside, et complètent l'admirable ensemble que présente à l'extérieur la tête de la cathédrale.
Entré dans l'église par le grand portail, on en sort par celui du midi, nommé la porte des Apôtres. Ce nom vient d'un porche, étabh sur un plan quadrangulaire, qui est surmonté d'un fronton aigu, par-dessus lequel s'élève mie aiguille octogone. Ce petit monument, dans lequel on compte soixante et douze colonnes, en y comprenant celles qui, agroupées et au nombre de trente-deux, forment les contre-forts des angles extérieurs, est orné intérieurement de douze grandes statues, placées trois à trois, et qui représentent, non pas, il est vrai, les douze apôtres, mais Moïse tenant les tables de la loi, saint Jean-Baptiste «
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saint Pierre, saint Christophe portant l'enfiint Jésus, et
d'autres statues de saints. Quatre-vingt figures de rois, de prophètes, de saints, de pontifes, tapissent les youssures de ce porche admirable. Un trumeau, auquel est adossée une statue, sépare la porte en deux parties; au-dessus sont représentés Christ, la mort, la résurrection et le couronnement de la Vierge.
La cathédrale est construite, en grande partie, en grès tendre ou molasse, assise sur un soubassement fait en blocs calcaires du Jura. Ces blocs calcaires paraissent avoir été tirés des ruines de l'ancien Lausonium. Plusieurs portent des entailles oblongues, pratiquées pour introduire la louve, espèce de pince destinée à sonder les pierres et à les poser comme le faisaient les Romains*.
Les évéques de la maison de Montfaucon, le gouvernement bernois et celui du canton de Vaud ont fait subir à cette cathédrale, le plus beau des édifices religieux de la Suisse romane, des réparations plus on moins heureuses.
Il existe aux archives de l'Etat m plan général de la Cathédrale
de Lausanne levé et dessiné en 1763 per l'arehiteete Emmanuel
RiTTER. C'est ce plan photographié quo nous publions, il paraît qu'à cette époque de grandes réparations ont éié faites à rédifice. L'architecte a indiqué par des teintes plus pâles les modifications faites par Aimon de Montfaucon, et par un poîntUlé les travaux &its alors par le gouvernement de Berne.
a) Le plan nous montre qu'Aimon de Monfaucon avait fait fermer la ienêlre du chœur située au levant (au soaitnet de la croix). Il en
* Un de ces blocs, détachés de l'édifice lors de sa restauration, était la ooraiclie d'un entablement corinthien, on Pa placé dans le chœur.
On va le déposer avec une inscriptionà la salle des marbres an Musée eantonal.
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était de même des deux fenôtrcs latérales placées, l'une via-à-vîs du tombeau du chevalier de Grandsoa et l'autre devant la tombe d'Âimon de Montfiiueoii. Cette partie du choBur n'était done éclairée que
par les quatre fenêtres intermédiaires.
L'évêque Airaon avait rriini par des murs les quatre colonnes placées à l'angle nord de la croix attenant à la sacristie (à la place où se trouve aujourd'hui le tombeau delady Ganniog); il avait construit là un escalier probablement pour le service d'un orgue placé dans cette partie de l'édifice.
L'évêque Aiinon avait réuni par deux cloisons d'orient en occident les quatre grands piliers qui se trouvaient sous le dôme près de la rose; et si ce n'est pas lui qui a fait les anciennes stalles (que l'on a enlevées en 18S0), c'est du moins ce prélat qui les avait placées dans cet endroit. Cette cloison se prolongeait en avant et atteignait les deux premières colonnes d'un volume moins considérable, de manière à former un jubé dans l'intérieur de la nef (ce jubé a été reporté en arrière , entre les deux grands piastres, par LX*. ££. de Berne).
C'est Âimon qui a cke par un mur et une porte la communication de la Chapelle de la Ste-Vierge avec la grande nef , 0 a de même fermé par une cloison la communication de la môme chapelle avec le porche de la Cathédrale ; sa devise et ses armes l'allestent avec profusion. Enfin les plans nous indiquent que l'espace situé sous le bef* firoi, à l'angle sud-ouest de l'édifice, était anciennement en communi» cation directe avec la nef et que ce dernier évéque a fermé de la même manière les communications avec la nef et avec le porche.
bj Ce fut au milieu du siècle passé ijue le gouvernement de Berne fil construire le jubé placé entre les deux grands pilastres , comme nous l'avons indiqué plus haut. Ce jubé du côté de la nef était en marbre noir poli ; devant ce Jubé on plaça les deux tables de la corn* munion.
LL. EE. de Berne ont fait placer des bancs dans toute la nef avec une distribution telle qu'elle existe de nos jours.
Avec les pièces dont nous venons de parler, on trouve aux archives un compl&-rendu des réparations et débours faits dans la grande Eglise en 1747, 48 et 49, par l'architecte os la Grahgb» s'é» levant i la somme de 23,738 francs 2 sols.
Voici quelques détails de ces dépenses :
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On a remis en bon état loua les bas côtéa de Tédifieeeteii pirtienlier an grand nombre de eolonnea.
La grille de fer qui sépare la nef do ehmnr pesait 1886 livres ^/^
Elle a coûté 778 francs 10 sols et avec la serrure et les accessoires 880 b. 10 sols.
Le marbre du jubé a coûté 90 francs.
Dans les bas eôtés da ebevet. les répamionB se sont élevées à la sonine de 2,455 fr. 10 sols.
Le rapport dit que par économie , des fenêtres à grands earreaui ont remplacé les vieilles à losanges.
A la porte, dite des Âpôtres, la restauration en maçonnene a coûté 751 fr. iS sols.
P^ar les répentions dites à tous les toits an nombre de dôme, on
a payé aux cbarpenliers et anx couvreurs la sonune de 1,540 fr*
12 sols.
Les matériaux pour les dits toits, bois, tuiles ont coûté 2,595 Ir: i4sob.
Le fer-Manc et la douterie ont été achetés dm M. Mareel I la
Palud.
On a enlevé de dessus les reins des voûtes 3,805 tombereaux de terre cpii ont été menés en Couvaloup. ,
La porte du portât! a coûté 654 fr. li sols, y compris 16 fr. pear avoir nettoyé les muffles de cuivre; celle des Apéires 488 fr. 09 sols.
Le rfiservoir neuf en cuivre à la tour du elocber a pesé 821 livres 3 onces à 1 fr. 2 sols la livre, 353 fr. 6 sols.
Le devis qui suit ce compte propose une somme de 27,000 francs peur acbever les travaux proposés par Tarcbitecte de la Grange.
Comme on vient de le voir, le gouvernement de Berne a fait son possible pour maintenir la cathédrale en bon état de conservation.
Il est bien à désirer que le gouvernant yaudois continue Tœuvre et veille à la conservation du plus beau monument de la piété de nos ancêtres. Le Conseil d'Etat a
demandé un rapport circonstancié à MM. les architectes Braillard et Maget ; ce travail a été remis dernièrement
à l'autorité supérieure ; tout nous fait donc espérer que le Grand Conseil allouera une somme convenable afin de pré- Tenir la dégradation uitériem^ de notre magnifique édifice nafionaî.
Copié de Viwentairê de$ omMMiiff , rdiquu, «foltiM, tm^ti, wtm êt bijoux de la grande Eglise de notre Dame de Laueamie
1 . Le chef de notre Dame pur or pesant 230 onces, dans un reliquaire enrichi de pierreries.
2. Une monstrance pesant 166 onces d'or de Turquie avec une perle de grand prix sur le font.
5. Une statQe de la Vierge, pur or, haute de deux coudées pesant 80 livres avec couronne d'or, garnie de pierres précieuses.
4. Une statue de Jésus Christ pur or, haute de deux coudées pe-sant 51 livres.
5. StatQes des 12 Apôtres, toutes également hautes, du plus pur argent, chacune pesant 24 livrés.
6. Un reliquaire d*or avec reliques de la Ste-Groix, des 12 Apo- 1res, des épines de la couronne de Jésus Christ, des morceaux du St-Sepulchre, de fouets, verges et quantité d'auUes reliques, estimé 6000 écûs d'empire.
7. Un autre reliquaire d'argent enrichi de pierreries, contenant 500 pièces de reliques il pesoit 190 fivres , outre la valeur des pierreries.