DE L'ANTIQUITÉ
DE Lâ ville de LAUSANNE (Tfr6 dn nnincrit de Doupierre. )
La ville de Lausanne, de même que les plus grandes ( de runivers^ a eu de faibles commencemeDU. Le temps, 'i qui dévore tout, ne nous a pas laissé des monumeDts cari tains de sa première fondation. 11 y a cependant plusieurs 1 raisons qui peuvent prouver son antiquité. Quelques-uns l tiennent que Lausanne a pris les commencements d'Ar- ^ pentras , ville autrefois située proche du lac , où se voit maintenant le petit village de Vidy. Qu'il y ait eu là one Tille» il est évident, tant par un grand nombre d'anciennes médailles qu'on y a trouvé, comme par la grande î quantité de tuiles brisées qu'il y avait parmi les champs \ et par TeiDgie d uu taureau avec son sacrificateur qui est d'airain, et fût trouvé par un paysan Tan 1629, en labourant la terre, que l'on voit avec un tableau et un discours en latin sur ce sujet. Au même endroit il y avait une grande pierra élevée hors de terre, où il y avait trois vi-
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sages d'hommes engravées (Plan iet. 1), dont deux éloyeût comme effacés; le troisième» qui regarde éu côté de Lausanne, paraissait fort bien il n'y a pas longtemps. Cette pierre est appelée par le vulgaire la pierre Ouppin, comme qui dirait la pierre de lupin. 11 n'y a pas longtemps qu'auprès de cette pierre, en creusant en terre, on y trouva les fondements d'un édifice carré, non pas beaucoup grand, qui pouvait avoir été un temple dédié à quelque idole des payens.
Mercator dit qu'Ârpentras fut bâtie par Arpentin, Tun des centeniers de Hercules, qui en jetta les fondemens l'an du monde i2790, et qu'elle changea de nom quand elle fût transportée sur la montagne, ou sur les éminences où elle est à présent, du temps de Martin, évôque de Lausanne, environ l'an de Ch. 593. Les chroniques de Vaud disent que l'empereur Aurelian, qui régnait en Tan grâce 274, restaura la ville de Genève, désolée auparavant par un extraordinaire incendie , et qu'il commença de bastir la ville de Lausanne des ruine? d'Arpentras; mais le nom de Lausanne est plus ancien , déjà cent ans auparavant Antonin en avait fait mention. A supposé, selon ses chroniques, que l'empereur qui a été le restaurateur <le Genève ait été le fondateur de Lausanne, il sera manifeste que C'O n'est pas Aurelian, mais bien Marc Aurèle Antonin, qui vivait environ l'an du Seigneur 163, comme cela se peut se vériOer par une inscription qui est à Genève.
r Guilliman croit que Lausanne estait déjà du temps de
/ Jules César, et que les Suisses la brôlèrent avec les autres villes, et que depuis elle fut rebâtie, et que Ptolémée en a fait mention, l'appelant Diasanium, ou plustôt Lausanium. Cette faute s^étant glissée par l'ignorance des libraires, qui ont my en grec ^ pour A- Quant aux autres opinions ■. fabuleuses ou ridicules, soit de l'origine de cette ville, soit S de rétymologie de son nom , nous n'en voulons pas en-
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nuyer le moiule. iNous dirons seulemonl que Lausanne n*a proprement paru sous ce nom que depuis qu'elle receut le christianisme. Avant qu'elle en fut éclairée , son nom» ni son renom ne se rencontrent que peu ou point chez les anciens auiliours; elle a seulement commencé de paraître lorsqu'elle a cessé d'être payenne. Ça été sous l'empire de Dioclétien et de Maximien Herculéen qu'elle a veu les premières étincelles de la religion chrétienne, par la dissipation de la légion de Thèbes^ de laquelle St-Mauris était le chef» et dont la plus grande part souffrit le martyre au pays du Valey. Or comme sous ]'em[)ire d'Arcadius et d'Honorins, de Théodose le jeune, et de Valentinien, l'empire romain fut déchiré en plusieurs pièces par ces débordements de peuple qui se jetèrent dès les Allemagnes septentrionales en les Gaules et en Italie. Le Pays de Vaud et la ville de Lausanne ne furent pas exepipts de cette tempeste : Les Vendales ayant déchassé» au moins en partie» les premiers habitants , s'emparèrent du pays. Quelque temps après, les Francons qui, sous Mérovée leur roy, s'étoyent jettes en la Gaule; puis après, sous Chilpéric» ' s'assujetirent les villes du Rhin» les Grisons» les Valeysans» et ceux de Lausanne. Ânsel. Ryd. Gat. an. et Prin.
Ainsi Lausanne a été parfois sujette aux rois de France» et fort longtemps aux rois de Bourgogne» jusque à ce que, parla libéralité des empereurs'» les évéques s'en appelèrent princes spirituels et temporels, sous les reserves, toutefois, de diverses concessions impériales faites à la dite ville» et cité de Lausanne» de laquelle nous allons donner une description comme elle est aujourd'huy. 11 ne sera pas cependant hors du propos de dire en passant quelque chose du pays où cette ville se trouve. C'est le Pays de Vaud» duquel le Ghappusean» en son Europe vivante» parle en celte sorte.
Ce Pays de Vaux (ou plutost de Vaud) qui règne en
DE l'antiquité
partie le long du lac Léman, est un des plus beàux pays do monde. C'est une coste agréable , qui court en demi cercle plus de 15 lieui (ou lieues), exposé à rorieoi et au midy et qui oe peut de la sorte que produire d'excelleots vins, qui particulièrement 3 ou 4 lieues portent le surnom de vins de la Coste ; aussi est-elle couverte d'une iofiuité de châteaux et de très-belles maisoos, qui paroissent en amphithéâtre sur un doux panchant, et qui, pouvaut se découvrir d'un coup d'œil de sur le lac et de la Savoye, donnent à la vuê le plus riant et le plus magnifique objet* qui soit au reste de l'univers ; il n'y a point d'hyperbole en ce que je dis, et de quelque côté qu'on prenne ce pays qui occupe tout un côté de cette vaste ouverture des montagnes entre les Alpes et le Jura où l'œil se peut porter à un circuit de plus de 50 lieuês et découvrir une mer, des coteaux et des campagnes, des vignobles, des villes et des forêts» de quelque c6té, dy je> qu'on jette la vuë, il ne se peut rien imaginer au monde qui soit phis digne de l'arrêter, de plus diversifié et de plus riant. C'est le sentiment général de tous ceux qui ont voyagé dans toutes les parties de l'Ëurope et qui avouent» quand ils passent le long du lac et à Genève, d*où Taspect est le plus beau, qu'après celuy de Conslantinople il n'y a point de pareil en toute la terre. Voilà ce qu'en dit le susdit autheur, qui ne parle proprement que dë la Côte, ou du pays qui s'étend depuis Morges à Genève. Il a raison de louer ce pays là, mais je ne saurais luy avouer que l'aspect de la Treille à Genève se puisse égaler à celui de la Baragne à Lausanne , ni au regard de l'étendue , ni au regard de la diversité des objets^ montez même sur la Tour de Sl-Pierre, Vous verrez véritablement un assez beau pays , soit du côté de la Savoye, soit du côté du baillage de Nyon, mais la vue ne s'étend pas guères plus de 3 ou A lieux ; là où c'est que dès la tour du grand temple de Lausanne l'on
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découvre toute cette étendue du pays qu'il y a depuis Lausanne jusqu'à la Clute, tout le long du MatU' Jura, du côté d'orient, on peut voir jusques en Aigle, qui est éloigné de Lausanne plus de 8 lieues. Si vous jettés les yeux aux midy» vous voyez distinctement cette partie de la Savoye qui s'élève peu à peu dés le lac jusques aux montagnes où paraissent, outre les villes d'Evian et de Thonou, plusieurs châteaux et villages. Disons aussi quel* * que chose du pays de Lavaux, qui est du baillage de Lausanne : il n'est pas certainement si uni et plain , on n'y voit pas des prés et des champs comme en la Côte; le pays est raboteux et plain de collines, qui portent un vin plus fort et généreux que celuy de la Coste. Les habitants dû pays y sont aussi meilleurs soldats, plus laborieux et faits à la fatigue. Tout y est en vigne depuis le bord du lac jusques bien en haut dans les collines; partout on y void de belles maisons, plusieurs jolis villages et des villettes et bourgs bien agréables, qui paroissent à ceux qui vont sur le lac depuis Ochi, au-dessous de Lausanne» jusques à Yevey tout le long de cette coste du lac par l'espace de quatre lieuës.
Maonserit de Domptae à la BibUothèqne Cantonale, page Ij on trouve dans ee manmerit pins de renseignements qiie dans l'original de Plantin. (F. 1071.)
Note. Pour ce document ainsi que pour les antres pièces anciennes, noos avons conservé rorthogmphe de Tépoqne.
LAUSOOUNUM, LAUSONIUM
Depuis Plantin, Loys de Bocbat avait donné quelques détails sur le vieux Lausoiiium ; dès lors nous n'avons pas entendu dire que de nouvelles recherches aient été publiées en vue âe> donner des renseignements plus circonstanciés sur celte ville. Le D^" Levade, dans son dictionnaire géographique, donne des indications sur les trouvailles faites à Vidy au conunencement de ce siècle. Nous en parlerons plus tard. Nous avons fait pendant les années 1861 et 1862 plusieurs courses à Vidy en vue d'étudier cette ancienne station ; les circonstances ne sont pas favorables aux recherches; le terrain est partout recouvert de magnifiques vergers , fertilisés en grande partie par les eaux du Flon, et il est très rare d'y voir ouvrir le sol pour des cultures spéciales. Par ces motifs on ne peut parvenir à la connaissance des choses cachées sous les gazons. Il serait cependant à désirer que le Conseil municipal de Lausanne chargeât un de ses membres de surveiller les travaux que l'on peut faire dans les limites que nous indiquons dans la carte ci-jointe, afin de pouvoir arriver à donner un jour des renseignements plus précis.
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La situation de cotte ancienne ville était du reste charmante et d'un abord facile ; la rivière coulait à l'orient; le monticule du Bois de Vaud formait un abri du côté du nord; diverses routes conduisaient aux principales stations voisines ; à Genève, à Orbe ; le long du chemin du Bois-de-Yaud dans la direction de Sauvabelin ; du côté du levant , à Yevey et à la ville d'Octodure. Le lac permettait le transport de gros matériaux. On ne sait d'où les pierres de taille ont été tirées ; probablement du côté de Divonne ou de La Sarraz; dans tous les cas» le lac offrait une communication fàcile. On m'a affirmé que Ton retrouve à l'église d'Evian des soubassements analogues à ceux que nous avons signalés à la base de la cathédrale: quelques personnes croient que les matériaux proviennent de Lausonium et qu'ils auraient ainsi traversé le lac.
L'ancienne ville était en grande partie située entre les deux routes qui partent du pont de la Haladiére pour aller.
Tune à Morges en longeant le Jac, l'autre à Ghavannes en passant par la Bordonnette. La bifurcation a lieu visà-vis de la chapelle des Lépreux; tout le terrain situé entre les deux chemins offre des restes de débris de constructions romaines. Le fermier de la campagne de de M. de Loys, à Vidy» qui exploite le domaine depuis une vingtaine d'années , nous a dit qu'on ne pouvait creuser autour de la maison, et surtout le long du chemin de Ghavannes, à quelques pouces de profondeur, sans y rencontrer des restes de murs, de maçonneries et des tuiles romaines ; il nous a même indiqué une place au levant du bâtiment de la ferme où il a découvert (plan, lettre G), à une légère profondeur, un pavé à la mosaïque formé de pierres de différentes couleurs. En cherchant moi-même dans cette partie du jardin, j'ai ramassé de petits carrelets taillés de marbre du Jura. £n observant avec atten-
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tion la partie du verger située derrière la maison, on voit, sur une étendue assez grande , une série d'emplacements nivelés daos rioteation, parait-îl, d'y construire des habitations.
J'ai aussi trouvé, sur la place indiquée dans les plans par la lettre  , une quantité de fragments de tuiles , de poterie romaine, et en particulier deux conduits de chaleur (d'hypocauste) parfaitement conservés.
On y observe aussi, dans les vergers situés en dessous de la route» depuis la chapelle jusque devant la maison de Loys , une série d'esplanades qui paraîtraient avoir été destinées à recevoir des maisons. Pendant Thiver de Tannée 1861 à 1862, Monsieur Masson, de Chavannes, a fait des travaux de nivellement dans un pré (lettre B) qu'il possède près de la route, à la partie du grand tertre dont nous venons de parler. Nous avons trouvé à la surface du sol des restes de constmctfons romaines^ des briques variant de formes et de grandeur ; elles étaient encore reliées par du ciment. On voyait sur ce ciment l'empreinte de conduits de chaleur tels qu'ils sont figurés dans les ouvrages sur les antiquités romaines.
On a remarqué tout un ensemble de constructions romaines sur la partie droite du chemin qui va de la Maladiére à Ghavannes dans le terrain situé au-dessous du 6ois-de-Vaud (plan, lettre D), inscrit dans les plans communaux sous le nom de Champ du Chêne. On m'a rapporté que M. Joseph avait fait, en 1804, des fouilles dans ce terrain, à l'endroit où le chemin se bifurque pour aller au Bois-de-Vaud , et qu'il y avait trouvé un certain nombre d'amphores et autres objets dont on trouvera plus tard Ténumération; à Toccident, entre le chemin du Bois-de-Vaud et la continuation du chemin de Ghavannes (plan, lettre E), on a longtemps exploité une graviére qui a servi de cimetière sous les Romains. Je me souviens d'y avoir vu une
lAirSODUNUM, LAUSOiSlUM
tranchée dans le so! sablonneux ; à quelques pieds de profondeur^ j'ai remarqué une série de places rouges distancées régulièrement et intercallées dans le sable ; on aurait dit que c'étaient des fosses dans lesquelles on avait placé la terre rouge prise à la surface, après que le cadavre eût été déposé au fond. J'y ai trouvé une petite iiole en verre ; on a extrait du sol an certain nombre de médailles. C'est près de cette localité qu'ont été recueillis les objets achetés de M. Grenier et dont nous donnerons plus tard l'in- ' ventaire. On a observé des débris romains jusqu'à la Bordonnette. Le fiois-de-Vaud , qui se relie au terrain dont nous venons de parler, et qui domine toute cette partie dupays> nous offre aussi un ensemble de monuments romains. On a bien déterré plus haut, à Malley, quelques objets, mais cette localité ne paraît pas se rattacher directement à l'ancienne station romaine. On peut évaluer Tétendue de l'ancienne Lansonium à 60 poses.
M. le docteur Msircel me communique les renseignements suivants :
<{ L'ancienne ville s'étendait aussi à l'orient du Flou ; le long du talus du chemin de Cour (en F) on voit affleurer, sur une longueur de dix à quinze toises, des pavés et débris de brique, indices d'un alignement ou d'un chemin bordé d'habitations. Près du Champ d'asile on a extrait des amphores qui sont actuellement chez M. Ernest Dappies. Dans la vigne de la même campagne existait encore il y a deux ans une muraille bien conservée qui a été détruite par un minage. C'est là que ma belle dams lacmica (bronze, fer et étain) a été trouvée.
» G indique la place où, il y a 40 ans, mon père vit découvrir un sarcophage, forme bassin de fontaine, avec couvercle.
» Plus haut, prés de la route neuve, on a extrait différents objets que l'entrepreneur doit avoir déposé au Musée.
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> Entre la route et le lac, en-dessous de la chapelle des Lépreax, était an alignement assez considérable, placé à angle droit; an printemps dernier^ on y voyait encore de
bonnes et solides fondMtions (voyez le plan, lettre II.) » * Je me résumerai de la manière suivante. J'ai remarqué que la plupart des villes et viUages ont ea, pour première condition de leur existence, un pont snr une rivière ou une bifurcation de route. Vevey, en latin Vibiscuni ou fiisvium, était située à Tembrancbement de la route romaine qui allait d'un ^Até sur Lausonium et de l'autre sur Minnodunum (Moudon); Ocloilurum, Martigny était à l'embranchement des routes du Simplon et du St-Bernard. Le nouveau Lausanne doit son origine en grande partie à la bifurcation des chemins allant, d'un côté de Vevey à Orbe, et de l'autre de Genève à Avencbes ; c'étaient les l àutes du moyenâge. Brugg, dans le canton d'Argovie ; Broe, dans le canton de Fribourg ; Brieg, dans le canton du Valais, ont dû leur origine probablement au pont placé dans leur voisinage. Il résulte des recherches que j'ai faites sur les chemins romains, qu'ils ont été superposés aux anciens chemins helvétieiis. Nuus sommes conduits à cette conclusion, c'est que la station romaine de Lacu Lausonio a été placée à la bifurcation des chemins de l'époque» et que de plus, du côté du levant, un pont sur la Laus (Flon)» reliant la route, conduisait alors à Vibiscum.
11 y a quelques années, en faisant des fouilles près de la chapelle de la Ifaladiére , on a trouvé un bout de chemin romain qui traversait les terres situées entre le chemin de Morges et le bord du lac. Aujourd'hui les conduits d'irrigation de ces vergers passent sur une espèce de chaussée à une certaine hauteur; on pourrait conjecturer que ce sont les restes de l'ancienne voie romaine.
Je partage l'avis de Plantin ; le Lausonium romain a été détruit par les populations germaniques qui envahirent
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notre pays à la chnte de l'empire romain ; la plupart des anciennes villes des pays voisins ont subi un sort analogue à la même époque. Je ne pais comprendre qae cette ville ait été détroite par la chate dn mont Tanredonmn. Lausonium n'était pas situé au bord du lac , il était placé à environ quarante pieds de hauteur sur le revers occideu^ tal do cône du Flon. La vague aura tout au plus atteint les parties les plus voisines du lac.
L'ancien Lausodunum, la ville helvétienne, était probablement à la même place; elle aura été détruite par les Helvétiens lors de leur émigration du temps de Jules César.
Dans l'acte de donation du bois de Sauvebeiin à la ville de Lausanne par Leurs Excellences de Berne, en date do 26 août 155^, on trouve la phrase suivante : « Le bois de Sauvabelin est six jouxte Veau, soit le Flon, appelée Laus et certaines vaux devers orient, i II paraîtrait donc qu'à cette époque la rivière avait conservé Tancien nom de Laus... Voyez le manuscrit sur Lausanne, bibliothèque cantonale, F. 1063, page 78, verso.
6or une carte déposée aux archives de Laosanne et faite à la main au commencement du mois d'août 1761 par F. Crud, commissaire-arpenteur, nous trouvons que le Flon* prend sa source Es Planches André, au-dessus du
* Il est aussi question dans les mteiin da Flon Morand, ainsi Zapf parle du Fonta Maorona. A« 906.
Dans In même carte dont nous venons de parler, à environ deux oent cinquante tolaeB de la source du Ruisseau des Sept Fontaines, sort un autre ruisseau portant tout le long de son cours le nom de Rmisteau de FUm-'Martmd. Cette dénomination est répétée trois fois en toutes lettres. Cette eau coule dans les Costes en Bovéréas, se joint à Montmoirin à la Chandelas, soit Pierre Aisaire, pour former In Pandèie.
Levade dit quH y a plusieurs autres ruisseaux dans le canton, qui portent le nom de Flon, comme près de BoUe, à ViUette, à Oron, à Montreux, etc. Ce nom lui parait Tenir de la langue celtique oà Fkm signifie un ruisseau. Le Flendrui près Chàteau-d'Œx.
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village d'Epalinges ; sur le territoire de celte commune, le ruisseau porte le nom de ruisseau des Sept-Fontaines ; près des Roches, celui de rumeau du FUm; enfin, prés du Calvaire, rukseau appelé le FUm, autrefois appelé le Laus.
Loys de Bochat formule son opinion de la manière suivante :
f C'était bien un témoignage de ranllquité de celte ville que la mention qui en est faite dans ritinéraire d'Antonin ; mais il ne faisait pas connaître avec certitude le nom qu'elle portait alors. Les différentes manières dont ce nom est écrit dans les diverses copies de cet ouvrage, laissaient dans le doute» si c'était Lausonium, Lausinium, Lausimum, ou Laumnum que l'on disait. Il faut bien qu'il n'y eût nen de sûr à cet égard, puisque Guillimann, qui y avait vn le dernier de ces noms, préférait celui de Lausodunum, d'une autre copie. On avait beau dire que les copies qui passent pour les plus correctes ont Lausonium, en ce qu'on y lit Lam Lausonio, que M. Wesseling a mis dans son texte : cela ne fait que donner à cette leçon un peu plus de probabilité qu'aux autres. L'inscription dont on vient de parler prouve que Lau^onwm même est fautif comme tous les autres. D'ailleurs le mot Lacus, pouvait encore faire prendre le nom comme désignant le lac et non la ville. D'habiles gens s'y sont trompés; entr'autres le père Porcheron, qui a avancé que l'itinéraire d'Antonin et la carte de Peulinger^ n'ont fait mention que du lac de Lausanne. Méprise excusable, si la carte ne distinguait pas aussi exactement qu'elle le fait la ville du lac, non-seulement en donnant au lac le nom de Lacu Losannete et à la ville le nom de Lacus Lausone; mais encore en la plaçant à quelque distance du lac. (Loys de Bochat, pages 500 et 510.)
» Le concile d'Agaune fait mention du Pagus Lausonmsis en Tan 517; il en est aussi iait mention dans la
iA LAUSÛDUISUM, LAUSONIUM
chronique de la fondatton de l'abbaye de St-Glaude : inira Pagum Latisotmeme»
» En effet Lous sigoifiait simplement eau, aussi était-ce UD mot que l'on donnait pour nom à des rivières, ainsi le
Lous en Béarn Ce Lous se rendait aussi par Lau.s,
dont la prononciation différait très peu, ainsi dans les Gaules les Lousdun s'appelle en latin Lausdunum.
» Celui de Ixm et de Laus, en Los et Losse, ne l'est pas moins des curieux de ces sortes d" observations.
» On trouve la Lom en Angleterre ; ia Lasse (lans TArmagnac; la Lose ou Loze dans l'Auxois; le Lozain en Gbompagne; la Lossa en Tliuringe; et la Losm qui entre dans ia Fulde au-dessus de Gassel. (Loys de Bochat> b^l, et 538.)»
Ces citations nous prouvent que Ton ne peut pas s'arrêter d uue manière absolue à Torthograplie, et les documents que nous venons de citer confirment notre manière de voir, c'est-à-dire qu'il est assez probable que le nom primitif était Laiisodimmn, la ville près de la rivière Laus. Ebrodunum, Yverdon pourrait être la ville près de la rivière Iber; tout comme Minnodunum, Moudon, la ville
j près de la rivière Minn. Lausodunum était probablement le nom belvétieo et Lausonium ou Losonium le nom sous
i la domination romaine.
ahjete trouvé* A Wldj
(andennement Yizi, Vidianum ou VitiBcam).
Les renseignements sur Vidy ne sont pas nombreux; d'après les notes de M. de Gingins, l'église de Vidy a été bâtie ou rebâtie en. 1334.
1405, SI décembre. Vente faite par la communauté de Lausanne « par permis de la grande cour séculière, des
LAUSODUNUM, LÂUSONIUM
plaines de Vidy depuis le Flon à In Chamberonnaz et jusqu'au lac depuis les Ansels de ditle plaine pour 500 florins d'or, sous réserve du chemin de Vidi à âO pieds de large et de la croix de Vidi au lac 90 pieds d'homme.
Réservé le parcours du bétail de la ville et communauté dés St-Jeau à la St-George, sauf les cochons, et franchises de lod pour les descendants des acheteurs, vendeurs
de Tun el de 1 autre.
En 1489, les gens de Lavaux demandent à y placer un lépreux, ce qui leur fut accordé de grâce spéciale.
En 1697, la dixmerie de la cure de Yidy a été séparée de celle de Chavannes.
En 1334, la dixme de la paroisse de St-Laurenl se percevait depuis l'église de Vidy jusqu'au village d'Ecublens.
En 1345. Le village de Vidy jouxte le chemin tendant
dès le Flon de Vidy vers Crissier.
Campum de Tabcrm, Teiritoire de Chavannes près du chemin tendant à Escublens. 1429. F. no 10.
Ces indications prouvent (pie cotte station a été habitée jusqu'au quatorzième, siècle, donc longtemps après l'inondation du Tauredunum, la nouvelle ville a peu à peu tout absorbé.
Dans le plan de la ville de Lausanne, dressé par Kebem* en 1679, une inscription avec une grosse main indique que la route de Morges à Lausanne passait au levant de la campagne de Loys actuelle, dans le chemin qui existe encore aujourd'hui (la croix de Vidy était donc à la rencontre de ce chemin avec celui de Chavannes) ; il suivait par Malley a [ occident du Dois de Vaud et de la rivière du Flon.
Sur le même plan, à l'endroit où le chemin de Lausanne
rencontre la route de Morges, et où est placé à présent la maison de Loys, on vojt quelques bâtiments appartenant
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aux familles Viilliamoz et Melollo. Au midi de ces maisons on lit : Cimetière de liegnem (Reoeus, lettre 0).
PiaotiD dit avoir m une très grande quantité de médailles trouvées à Vidy, chess le professeur des Bei^eries, ainsi que de petites statues de bronze.
Nous ne parlerons pas d'un grand nombre de médailles qui ont été déposées dans le musée de la ville de Berne. Nous signalerons le grand médaillon trouvé à Vidy, le 25 octobre 1697 ; le trésorier Steiguer a été chargé de le remettre à Leurs Excellences. (Voyez la brochure du général Constant, page 82.) Au commencement de ce siècle, on a déterré un médaillon analogue, qui fut acheté par le docteur Levade; cette pièce est dans ce moment- ci au Musée, sous le N<» 155. Elle est figurée à la page 344 do dictionnaire de Levade.
Nous lisons dans l'ouvrage de Loys de Bochat :
c Plusieurs cités des Gaules n'avaient pour capitales» avant qu'elles fussent sujettes de Rome , que de simples bourgs; quelques-uns demeurèrent encore, dés lors, pendant quelques siècles en cet état. Les noms seuls ne sont donc pas des preuves incontestables de la condition '^'•m lieu pour le temps qu'il a subsisté. Ce n'était point assez que cet indice pour pouvoir établir que Lousonne n'était qu'uft bourg ou que c'était une ville fermée.
» Les ruines du lieu n'ajoutaient pas à cet indice des lumières qui en fixassent la condition , par rapport aux temps qui précédèrent la soumission de l'Helvétie aux. Romains. Ces ruines ne sauraient être de temps aussi reculés. Car si Lousonne existait avant César, comme il est très probable, elle subit, aiii<i que le pensait Guillimann, le sort de tous les lieux de l'Helvétie, que leurs habitants réduisirent en cendres, en partant pour aller s'établir dans les provinces méridionales des Gaules. Si Lousonne ne fut bâtie que par ceux de ces Helvètiens qui rentrèrent dans
LAUSODUNUM, LAUSONIUM
THelfétie , après cette futaie entreprise , 11 s'écoula sans
doute bien un siècle avant qu'ils eussent élevé des édifices comme ceux dont il s'est déterré des . débris. Des temples tels (|ue ceux qui renfermaient des colonnes rondes et cannelées , dont on a des morceaux et des chapitaux entiers ; des temples ornés de bas-reliefs où l'on voit des feuilles d'acanthe et des tôtes de bélier, ne sont pas l'ouvrage de peu d'années d'un peuple épuisé d'hommes et d'argent par une guerre ruineuse, suivie de l'assujettissement de la nation. Il n'éleva pas ces édifices pendant les six ou sept ans qu'il respira dès cette époque jusques à celle de la conjuration de Vercingétorix, dans laquelle il se jetta avec le reste de la nation, qui y perdit encore huit mille hommes, et le peu de liberté que Jules-César lui avait laissée , par le traité qu'il lui accorda lors de sa soumission. La perte de celte liberté précéda, suivant les apparences, de bien du temps toute construction de bâtiments publics ou des particuliers à la romaine, et toute érection de monuments en langue latine. De sorte que, ni les urnes, ni les marbres chargés d'inscriptions en cette langue, ni quantité de cercueils de pierre, ni les tombeaux voûtés dans lesquels régnait une banquette, ni les médailles des empereurs romains, ni d autres morceaux d'antiquités dans le goût de cette nation, qu'on a déterrés en divers temps dans les ruines de Lonsonne, ne portaient les conjectures sur l'antiquité du lieu, que jusques au milieu du huitième siècle de Rome , ou du premier des chrétiens. Et par rapport à l'état de ce lieu, ces restes laissaient en-: core dans l'incertitude s'ils étaient restes de maison de campagne, d'un liameau, d'un village, d'un bourg ou d'une ville. Des murailles qui paraissaient des murs d'enceinte se sont présentées quand on a creusé en divers endroits. Ne les cherchant que pour en tirer les pierres dont on avait besoin, l'on n'est pas allé plus loin que ce besoin ne
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le foulait. L'oo n'a donc point sça jusqnes où elles s'étendaient. J'en ai vu des pans qui avaient des espèces de demi-tours rondes» dont le vuide ne pouvait contenir que deax hommes. Le peu d'épaisseur de ces murs, ne permettait pas de les croire murs de ville. C'est près de ces murs que se sont trouvés plusieurs des cercueils de pierre, le long du grand chemin, appelé autrefois chemin de ïestra, nom qui rendait le ^rai des Gaulois» ou le via strata du latin. La route de l'ItaHe en Bourgogne, par le Sl-Bernard, passait là. De tels indices, qui n'avaient même excité la curiosité de personne à les suivre, pour en trouver en fouillant dans les terres voisines, remplies aussi de ruines, ne me donnaient encore que de légères conjectures sur l'état du lieu dans le temps qu'il fut détruit par le feu, comme la quantité de charbons vûs dans les débris, et les marques laissées par les flammes sur des morceaux de marbre même, en convainquent, il fallait qu'un heureux hasard fit sortir de ces ruines des lumières qu'on ne pensait pas d'y chercher.
» Le septième avril 1730 fut le jour que doit rendre mémorable aux Lausannois la découverte de l'inscription qui fit connaître leur véritable et ancien nom, celui de leur ville, le rang qu'elle tenait entre celles de THelvétie au II® siècle, h constitution de sa magistrature, quelques autres circonstances de son état, et surtout de celui de l'Helvétie entière, chose qui serait probablement demeurée ensevelie dans un éternel oubli avec le marbre qui en était le seul dépositaire, si des ouvriers cherchans des pierres n'étaient pas tombés sur celie-là en creusant bien avant en terre. (Suit une savante dissertation sur le marbre portant Soli genio, Loys de Bochat, 111, pages 532, 533 et 534). »
Cette inscription sur marbre placée aujourd'hui dans la
salle des Pas-Perdus de rilotel de ville a été trouvée à
LAUSODUNUM, LÂUSONIUM 19
Vidy, dans le terrain da bourgmaistre de Seigneux (les
vieux plans de Lausanne placent celte piopiiété entre les deux chemins à l'entrée de la bifurcaUoo, qoq loin de la chapelle des Lépreux).
SOLI GENIO LVNAE SACRUM EX VÛTO PRO SALVTE AYGVS TORYM P. CLOD. CORN.
PRIMVS CVRATOR VIKA NOR. LOVSONNENSIVM II limIYIR AVGTSTAL. G. G R.
GONVENTVS HËL D. S. D.
C'est un vœn adressé au soleil, au génie protecteur de la ville et à la lune, par Publius Glodius de la tribu Cornelia pour la conserration des empereurs Marc-Âuréle et Lucius Verus. Ce Clodîus y est titré de premier curateur des habitants de Lousonne pour la seconde fois, de sextumvir, d'Augustal ; il a fait la dédicace de ce monument à ses frais et par le consentement du Conseil de la Diète helTétiqne.
Ce marbre fermait le côté de la tête d'un cercueil, dont les trois autres côtés» de même que le fond et le couvercle, n'étaient que d'une pierre dure commune. Ce cercueil se trouvait si bien fermé que le corps qu'il conservait parut tout entier et ne tomba en poussière qu'au bout de quelques moments.
Plusieurs personnes m'ont afSrmé que les soubassements en marbre blanc de la cathédrale de Lausanne proviennent des anciens grands édifices de Vidy, et que lorsqu'on a dû en déplacer quelques-uns, on a remarqué que la face qui était placée du cùté de l'édiUce, était décorée de magnifiques sculptures.
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LAUSODUNUM, LAUSONIUM
On ToH encore une de ces pierres de marbre Uanc
engagée dans la muraille de la ferme de M. de Loys à sa campagne de Vidy* Noos terminons par l'indication des objets tron?és à Vidy
et déposés au Musée cantonal^ avec leurs numéros.
154. Busle en bronze d'une lête de vieillard, connu sous le nom de buste de Galon d'Utique. Les anciennes étiquettes affirment que celle pièce a été Irouvée à Vidi en 4629 avec plusieurs objels d'anti' quités, pais avoir d*abord foil partie de la cdleclion du professeur Des Bergeries. Elle a été donnée au Musée le 9 septempbre en 1824.
155. Grand médaillon en bronze représenlant le sacrifice du taureau. Voir sur ce taurobole le dictionnaire du docteur Levade qui a donné cette pièce au Musée en même temps que la précédente.
I(S6. Lampe en argile jaunâtre.