Lautrec
Quand on écrit sur un peintre, on met généralement au titre : Sa vie et son œuvre. Cela implique qu'il a pu se livrer à une certaine activité, exercer des fonctions, s'assurer des récompenses ou des honneurs, en dehors de ses poursuites strictes d'artiste, que la vie qu'il a menée et l'art qu'il a cultivé ont pu aller parallèlement et se développer côte à côte, mais en offrant cependant des parties distinctes et séparables, dans une certaine mesure. Tel n'a pas été le cas de Lautrec. Ce n'est pas sous l'influence d'une esthétique inculquée et de préceptes élaborés qu'il s'est porté vers Tart. Sa vocation a été spontanée.
Son art a d'abord plongé dans la vie, telle qu'il la voyait, telle qu'il la vivait. L'artiste, l'exécutant chez lui n'a fait que représenter les choses que l'homme aimait, n'a fait que s'appliquer à rendre ce que l'homme mêlé au monde y saisissait, comme correspondant à ses goûts et à sa nature. Lautrec n'a pas écrit, il n'a pas développé de système, il n'a pas pensé à formuler les principes auxquels il aurait obéi. Il n'a pas exposé aux Salons officiels, il n'a recherché ni les récompenses, ni les titres honorifiques. Il a été porté vers l'art et s'y est maintenu par la seule jouissance de rendre ce qui dans ses entours l'intéressait. La vie et l'œuvre chez lui sont donc restées se pénétrant l'une l'autre et ne peuvent être présentées que comme indissolublement unies.
Henri de Toulouse-Lautrec — par abréviation Lautrec — naquit à Albi, le 24 novembre 1864. Il appartenait à une famille de très vieille noblesse. Il avait pour père le comte Alphonse de Toulouse-Lautrec et sa mère était