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LES LITHOGRAPHIES

Lautrec ne s'est vraiment adonné à la lithographie qu'à partir de 1892. Il était alors dans la maturité de son talent, en possession complète de ses moyens. Aussi est-ce par la sûreté, la souplesse, la facilité d'exécution que son œuvre lithographique frappe tout d'abord. On reconnaît qu'il a voulu unir au caractère, le mouvement, l'aisance. Il y a réussi.

Nous avons parlé de la filiation d'Ingres à Degas et de Degas à Lautrec, qui, en maintenant dans une branche de l'art français les qualités du style et du dessin, avait eu pour terme d'y faire prédominer l'observation de la vie et le rendu du mouvement. Examinons les traits caractéristiques des trois artistes.

Ingres regarde la vie, mais se tient attaché aux formes classiques, s'appuyant sur l'antique, remontant jusqu'à la Grèce, aux Panathénées. Son dessin savant et précis laisse voir une certaine rigidité ; le mouvement y a été, dans une mesure, comme négligé. Chez Degas, l'attache aux formes classiques, encore apparente, est infiniment moins stricte que chez Ingres. Les personnages, pris dans le monde ambiant, révèlent une recherche plus grande du mouvement. On n'a qu'à comparer les ballets de Degas au Bain turc d'Ingres, pour se convaincre de la difFérentiation survenue dans l'art des deux. En passant de Degas à Lautrec, la sensation du style et du dessin supérieurs, qui a persisté d'Ingres à Degas, persiste toujours et établit bien la filiation que nous avons dit exister entre les trois artistes, mais l'attache au pur classicisme n'est plus visible. Et alors le rendu direct de la vie et, comme complément, la sensation du mouvement deviennent les traits dominants. On

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