‹ Lavage de l'estomacChapitre 32 sur 56 · Soc. méd. des liôpitaux, 1887, 28 janvier · texte numérisé non relu

Soc. méd. des liôpitaux, 1887, 28 janvier

DE l'estomac

d'acide, il passe au vert jaunâtre. Il faut 4 0/0 d'acide lactique pour obtenir un virage du bleu au vert et encore obtient-on une coloration vert olive. Nonseulement on obtient un virage très net, mais encore le suc gastrique qui contient de l'HGl décolore complètement le vert brillant en un temps très court, grossièrement proportionnel à la quantité d'acide chlorhydrique en présence de laquelle on se trouve. Cette décoloration, qui se fait dans un laps de temps, qui varie d'une demi-heure à 24 heures, n'est due ni aux acides organiques (à la dose oii ils peuvent exister dans le suc gastrique), ni aux phosphates acides, ni aux peptones et propeptones, ni aux chlorures alcalins. Cette matière colorante constitue donc un réactif caractéristique de l'acide chlorhydrique, malheureusement on ne peut être certain qu'il s'agisse toujours d'acide chlorhydrique libre. Lorsque cet acide est faiblement combiné à certaines bases organiques, de natures albuminoïdes, la décoloration se produit encore, tardivement il est vrai.

Nous risquerions d'être incomplets en ne donnant pas quelques détails sur les matières colorantes que nous venons d'énumérer.

La tropéoline 00 (orangé Poirrier, no 4) donne des solutions alcooliques jaune rons;eâ.tre. L'addition d'une petite quantité d'acides minéraux ou d'une quantité un peu plus considérable d'acides organiques lui fait prendre une teinte rouge sombre, qui devient rouge rubis en présence d'un excès. Les sels acides lui font prendre une couleur jaune paille. A chaud, l'addition de quelques gouttes de suc gastrique, contenant de l'HGi, à quelques gouttes d'une solution alcoolique de tropéoline, étalées sur une

LAVAGE

capsule, détermine l'apparilion d'une teinte lilas, puis bleue absolument caractéristique de l'HCl libre. On peut encore employer du papier a filtre imbibé avec la solution alcoolique et séché. Ce papier, humecté avec la solution d'HCl, se colorera, comme nous venons de le dire. Un médecin pourrait donc, rien qu'avec ce papier, avoir déjà des renseignements fort précieux.

Jackscli a recommandé (Klin. Diagn. inn. Kranhh., 1889) l'emploi de la benzopurpurine 6B. Le papier, trempé dans la solution alcoolique de ce corps, et séché, se colore en bleu foncé avec 4 0/00 d'IlGl. La teinte est moins torle, et disparaît par un lavage à l'élher, lorsqu'elle est provoquée par des acides gras.

Le vert émeraude, également employé par cet auteur, donne des solutions qui deviennent vert mousse, vert jaunâtre en présence des acides. Il ne semble pas que l'on puisse, avec ce réactif, différencier facilement HCl des acides organiques.

Kôster, avons-nous dit, préconise le vert malachite. Ce corps donne, en solution à 0,023 0/0, une coloration bleu verdâtre, qui devient vert émeraude sous l'influence de IIGl. La réaction serait déjà sensible à 0,4 0/00 d'HCI, et ne se produirait pas encore avec 10 0/0 d'acide lactique.

Uffelmann {Zeitschs.^f. Klin. Jlied.,BdVII, p. 392, 1884) a proposé de se servir de la matière colorante des myrtilles. Ces fruits sont écrasés avec un peu d'eau et la pâte agitée avec de l'alcool amylique. On se sert de cet extrait pour colorer fortement des bandes de papier que l'on fait sécher dans l'obscurité.

Ce papier a une couleur gris bleu, qui devient rosée en présence de HGl à 0,2S-0,.3 0/00, même en présence des peptones, de l'albumine dissoute et des sels. Les acides organiques produisent cette coloration rouge rose, mais seulement s'ils existent en excès. Lorsque l'acidité totale du liquide ne dépasse pas 2 0/00, on peut affirmer que la réaction est due à HGl.

Réactif de Gûiizburg a doimé son nom à un procédé con- Gunzburg. gistant à l'emploi d'un mélange de :

Phloroglucine 2 grammes.

Vanilline 1 —

Alcool absolu 30 —

DE L'ESTOULAC

iqiii est infiniment plus sensiJDle et dont les réacitions ont une valeur bien plus certaine que celles I des matières colorantes que nous avons signalées jjusqu'ici. On dépose quelques gouttes (3-4) de (Cette solution dans une capsule de porcelaine; on ■y ajoute la même quantité de suc gastrique; on • chauffe lentement le mélarige sur une flamme f courte et il se produit, surtout au niveau dés 1 bords du liquide, une belle coloration rouge carjimin. La réaction se produit encore avec un liquide ne contenant que 0,05 0/0 d'acide libre. i'EUe ne se produit jamais quand il n'y a pas I d'HCl ' . On peut, en imbibant des bandes de paipier Joseph avec la solution de Gûnzburg et en Iles mouillant avec une ou deux gouttes du Iliquide retiré de l'estomac, voir, à une douce (Chaleur, la coloration caractéristique apparaître ïsur les bords de la tache. Ce papier se conserve fassez bien.

Boas^ emploie un liquide dont voici la forjimule :

Résorcine bisublinKÏ'o S gi'ammes.

Sucro blanc. . 3 —

Alcool à 80û 100 —

Ce réactif s'emploie en en faisant évaporer 33-5 gouttes avec 5 à 6 gouttes de suc gastrique, m se produit, si on chauffe doucement, une coloiTation rouge, qui disparaît à froid et qui est tout

•1. Gû.NZBURG, Cenlralblatt. f. klin. Med., 1887, n» 40. 2. Cenlrulblalt.f. klin. Mcdicin, 1888, no4S.

à fait comparable à celle que donne le réactif de Giinzburg.

(ùes deux procédés ont la même valeur et permettent de déterminer rigoureusement la présence ou l'absence de l'acide chlorhydrique libre.

Mohr (Voyez Boas diag. der Magen-Krankheilen) se sert, d'une solution composée de un demi-cenlimèlre cube d'acélate de fer (solution du codex), 2 centimètres cubes ti'une solution à 10 0/0 de cyanure de potassium, et d'eau en quantité suffisante pour faire 20 centimètres cubes. Ce mélange prend, sous l'influence de l'IICl, une coloration rouge brun.

On en dépose quelques gouttes dans une capsule de porcelaine et on fait arriverlentement, lelong des parois, le suc gastrique à examiner. 11 se produit à la surface de séparation une teinte rouge fleur de pêcher.

Celte réaction est gônée parla présence d'albumine en grande quantité.

On peut d'ailleurs, au lieu de la solution, employer du papier gris qui en aura été imbibé. Giacosa et Sansoni auraient tiré, d'après Boas, grand profit de cette dernière méthode.

L'évaluation quantitative de cet acide chlorhydrique est très délicate. Ce corps, en effet, se trouve combiné avec des substances albuminoïdes, et cela dans des conditions telles qu'il se déplacera sous l'influence d'une base minérale, 'rocédéde Parmiles meilleurs procédés, celui de Sjoquist dosage de rlonnc donc, même après les modifications

l'acide chlor- . i - i t i

hydrique. Jalîsch ' lui a fait subir, que des résultais

Procédé del i-l-d-j ii

Sjoquist. qui expriment a la fois la quantité d acide chlor-

1. Klin. Diagnostik innerer Krankheilen. 2 Aufl., 1889, p. 127.

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hj'drique libre et celle qui était faiblement combinée.

Cependant, c'est un procédé exact; nous allons en donner le détail d'après Boas :

10 centimètres cubes de liquide gastrique filtré sont colorés avec quelques gouttes de tournesol sensible et additionnés de carbonate de baryte pur jusqu'à ce que le mélange ne soit plus rouge. On porte le tout au bain-marie, dans une capsule de platine, et on l'évaporé à sec en ayant soin d'éviter l'arrivée de toute vapeur d'IIGl. On cliauffe alors jusqu'à combustion totale de la substance organique et on épuise les cendres par l'eau chaude (80-100 centimètres cubes). On filtre. On ajoute au liquide filtré IICl et SO*Na^ qui transforme BaCF en So^Ba. Le précipité est recueilli sur un filtre dont le poids des cendres est connu, et lavé jusqu'à épuisement complet du sulfate de soude. On sèche, on calcine et on pèse. Le poids du sulfate de baryte nndtipMé par 0,313 donne la quantité d'acide chlorhydrique contenu dans 10 centimètres cubes de suc gastrique.

MM. Katz', Bourget-, Boas^ ont modifié ce procédé technique et l'ont rendu plus pratique en substituant à la pesée l'emploi de liqueurs titrées. Cependant, c'est toujours un procédé de

■1. Wien.med. Wchnschr[t, 1890, p. ol.

"2. De l'acide chlorhydrique dans le liquide stomacal. {Arch. de méd. expérimentale, 1889, n" 6.) 3. Centralblatl f. klin. Med., 1891, no 2.

laboratoire. Nous n'y insisterons donc pas davantage.

Léo' a ])asf'î une autre méthode sur l'action du carbonate de chaux, qui ne serait pas altéré on présence des phosphates acides de soude ou de potasse à froid, tandis qu'il est décomposé parles acides libres. Le fait est vrai théoriquement; il est difficile de se servir de ce procédé qui est inlidèle, en pratique. D'autres auteurs ont cherché à employer des dosages colorimétriques. Hoffmann^ se sert de la propriété qu'a l'acide chlorhydrique d'intervertir le sucre de canne. C'est une méthode élégante mais peu exacte ; les ferments, le mucus même, semblent capables de jouer le même rôle, 'rocédé MM. Ilayem et Winter dosent le chlore total WmTr"' contenu dans le suc gastrique après évaporation en présence du carbonate de soude, calcination, lavage des cendres à l'acide nitrique étendu, neutralisation du liquide par le carbonate de soude et ébuUition; une seconde prise est évaporée à sec sans aucun mélange, redissoute, soumise <à une nouvelle évaporation après addition de carbonate de soude, et traitée ensuite comme la précédente. Un troisième échantillon est simplement desséché, puis calciné.

La différence entre les résultats fournis par le dosage du chlore dans les cendres des deux pre-

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