chapitre, toute l'importance qu'avaient, au point l'estomac
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de vue des perturbations fonctionnelles de 1 esto- nation menmac, la neurasthénie et l'hystérie. Les études de M. Riva sont fort intéressantes, quoique forcément incomplètes, puisque cet auteur n'étudie que le suc ramené de l'estomac par de petites éponges. Il a noté une diminution considérable de l'acidité du suc gastrique chez les malades atteints de mélancolie avec stupeur. Les épileptiques auraient au contraire présenté un liquide stomacal relativement très acide.
Etat saburral des voies digestives, troubles dans les sécrétions de l'estomac, il y a donc là toutes les justifications nécessaires pour employer le lavage de l'estomac. Mais les sitiophobes sont quelquefois gens fort entêtés et se refusent aussi bien à avaler un tube qu'un aliment quelconque. Si certains d'entre eux s'accoutument fort aisément au lavage, d'autres restent indociles. On est
i.Rioisla sperimentale di frcniatria, 1882, p. 43, 248 (Th. de Raspail).
alors o])ligé d'avoir recours à l'introduction d'une Technique du soude par Ic ncz. Cette petite opération, qui lerfuénés" exige l'emploi d'un instrument de plus faible calibre que ceux que l'on met généralement en usage, se complique de toute la difficulté qu'il y a à empècber la sonde de passer dans le larynx. L'un de nous a pu voir mettre en usage, dans le service de M. Sizaret, à Maréville, un procédé fort simple dû à cet aliéniste, et qui permet, à coup sûr, de venir h bout de cette petite difficulté. On introduit la sonde par une narine, et au moment où son extrémité arrive dans l'arrière-gorge, on injecte par l'autre narine quelques gouttes d'un liquide froid ou fortement alcoolisé. Leur chute sur la base de la langue détermine un mouvement de déglutition réflexe dont on profite pour faire passer la sonde dans l'œsophage. Ceci fait, on peut effectuer soit le lavage, soit l'alimentation artificielle.
Employé dans ces conditions, le laA'age a une action thérapeutique certaine. Ce n'est point le lieu de donner à l'appui de ce que nous avançons des observations détaillées, mais les faits sont nombreux, où le délire a précisément cédé à la suppression, par le lavage, de l'état saburral des premières voies dont nous avons parlé. D'ailleurs, de même que dans la neurasthénie simple où le malade s'inquiète d'une façon exagérée de ses troubles gastriques, dans le délire des persécutions, on améliore l'état intellectuel en modifiant l'état local. Les hallucinalions ayant perdu la
DE l'kSTOMAC
cause qui les faisait naître, diminueront peu à peu en intensité, et si l'on ajoute à l'action du lavage celle si tonique de la suralimentation, on aura bien des chances de voir l'état mental se relever en môme temps que l'état physique s'améliore
M. Faucher, etaprôsluiMM. Chantemesse (1885) Lavag^e^ dan et Jocqs, ont préconisé le lavage deM'estomac dans intestinale, le traitement des accidents qui résultent d'une occlusion intestinale. Depuis, à la Société de chirurgie, MM. Berger, Nicaise et Terrier, en Allemagne MM. Henoch et Wolff, discutèrent ce procédé, et tout en n'admettant pas qu'il y eiitlà un remède infaillible, montrèrent que son emploi était absolument légitime et pouvait rendre des services. Plus récemment enfin M. Duret, au Congrès de chirurgie de 1889, et M. WignioUes, dans une thèse soutenue en 1890 devant la Faculté de Paris, ont montré très en détail ce que l'on pouvait attendre de cette méthode.
Qu'il y ait occlusion de l'intestin, ou simplement obstruction, les phénomènes cliniques se ressemblent d'une façon très nette, et le plus
■1. L'hydrophobie de la rage est une forme de siliophobie, réflexe à vrai dire, mais qui augmente considérablement les supplices auxquels sont soumis les malheureux atteints do cette affection. M. Sevestre ai-apporté une observation dans laquelle la soif d'un malade enragé avait été calmée par Teau introduite par la sonde. Ceci n'est peut-être pas du lavage, mais à coup sûr c'est une application originale et heureuse du procédé thérapeutique que nous étudions. — Progrès médical, p. 17, 24 décembre 1881
important de tous, le plus pénible pour le malade, est sans contredit le vomissement. Celui-ci, (h\ au reflux des matières contenues dans l'intestin, se répète plus ou moins souvent selon la quantité et la nature de ces matières.
On a, il est vrai, dans l'emploi de l'opium, un moyen de faire cesser, ou d'atténuer au moins, les conséquences de cette régurgitation ; mais, pour masquer la présence de ces matières dans l'estomac, on n'améliore cependant pas la situation. Le lavage permet de débarrasser non seulement la cavité gastrique, mais encore les parties les plus immédiatement voisines de l'intestin, des substances en voie de putréfaction qui les encombrent. Celles-ci contribuent à augmenter le malaise du malade par les produits toxiques auxquels elles donnent naissance et qui sont résorbés. Le ballonnement diminue; les anses intestinales, coudées, distendues, peuvent reprendre plus facilement leurs rapports normaux, et se vider à leur tour des substances septiques qu'elles renfermaient. Enfin la diminution de la tension dans l'intérieur de la cavité abdominale permet la régularisation et l'ampliation des mouvements du diaphragme.
Si nous suivons le plan adopté par les auteurs, nous pourrons étudier d'un peu plus près le mécanisme de cette action favorable du lavage.
Le lavage fa- . . , . , .,
ciliie le cours LorsquB 1 lutestiu SB trouvcra paresie par suite ma"tTères d'uuB coustipation prolougéc, comme cela arrive dans l'inies- fj^-^quemmcnt chez les gens âgés, soit qu'il y ait
DE l'estomac.
atonie simple, soil qu'il y ail une atrophie réelle (les libres musculaires, on verra apparaître du tympanisme, des vomissements fécaloïdes, des douleurs abdominales intenses. Il suffira quelquefois d'un ou deux lavages pour faire diminuer, puis disparaître, ces symptômes et provoquer en môme temps une débâcle. De môme dans le pseudoétranglement de la péritonite franche aiguë, ou dans la péritonite tuberculeuse, cette déplétion mécanique de l'estomac soulage et peut amener la guérison des malades dans un temps relativement court. Nous trouvons dix observations de ce genre rapportées dans la thèse de M. Wigniolles, parmi lesquelles figure le cas observé parM. Ghantemesse, et sur ce nombr-ela mort ne vint qu'une seule fois terminer la scène. Il s'agissait d'une péritonite tuberculeuse avec lésions considérables.
Lorsqu'on a réduit une hernie étranglée, lorsque on a été obligé d'opérer le débridement, dans les cas encore où une laparotomie a été rendue nécessaire par un étranglement interne, on peut voir persister les phénomènes d'occlusion. Cependant l'obstacle a disparu. On connaît également Lavage chez
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ans les services de chirurgie ces faits de pseudo- nyant subi étranglement qui apparaissent quelquefois chez [j"® s^r'^ll des malades qui viennent de subir une opération péiUoine. intra-péritonale. M. Mollière attribuait ces accidents à un réflexe paralytique qui reconnaîtrait comme point de départ la séreuse enflammée. M. Wigniolles et M. Duret sont du même avis, et des observations de Lewin, de Faucher viennent
LAVA G
oncoro confirmer, sinon l'explication théorique qu'ils ont donnée de ces faits, du moins ce qu'ils ont dit de la valeur thérapeutique du lavage dans ces cas.
Les vomissements, qui sont pour le malade une cause de fatigue extrême, se suppriment. L'estomac, n'étant plus irrité par le contact des matières fécaloïdes, récupère assez rapidement l'intégrité de ses fonctions.
Enfin, lorsqu'un cancer, un néoplasme, viennent obturer une partie du calibre de l'intestin, il n'est pas rare de voir se surajouter à cette cause de ralentissement des matières, un spasme plus ou moins accusç des fibres musculaires du canal ainsi irrité. Ce spasme, qui se traduit normalement par des périodes de constipation plus ou moins longues, peut dans cei'tains cas acquérir une importance suffisante pour déterminer des phénomènes absolument comparables à ceux de l'étranglement. Il suffit, en effet, que, s'arrètant sur cet obstacle, passager cependant, les matières déterminent une irritation de l'intestin pour que le météorisme, des coudures secondaires et une obstruction véritable se produisent.
Ici, de même que dans les rétrécissements de nature inflammatoire qui succèdent à la dysenterie et qui se compliquent également de spasmes, le lavage fait merveille.
Mais dans tous les cas que nous venons de signaler, il n'y a pas réellement obstacle au cours des matières. L'intestin parésié s'est laissé
DE l'estomac
distendre. Les substances qu'il contient fermentent, leur contact irrite la muqueuse; les substances toxiques augmentent la paralysie, altèrent l'état général.
Le lavage agit donc en enlevant ces causes de distension, d'irritation. Il agit aussi comme une douche en stimulant la fibre musculaire inerte. Mais là se borne toute son action possible, et lorsqu'on se trouve en présence d'un cas d'obstruction vraie, quand il y a étranglement, volvulus, stricture du canal intestinal, le lavage ne suffit Le lavage
n'est que palplus a lever l'obstacle. Certes, il aura encore une liatifdansies
action favorable en modérant les douleurs du g"ement"inmalade, en empêchant le péristaltisme exagéré qui favorise les ruptures, en diminuant le nombre, l'abondance et la fétidité des vomissements. Il permettra à la laparotomie de se faire dans des conditions meilleures au point de vue de l'état général. Mais il ne devra pas faire perdre de vue la nécessité oi!i l'on est d'opérer et laisser le chirurgien attendre trop confiant l'issue d'une maladie dans laquelle le traitement aura amené une sédation trompeuse des symptômes.
Tout ce que nous pouvons et devons retenir de cette étude un peu longue, c'est que le lavage suffit quelquefois pour guérir; qu'il agit à la fois comme l'opium et comme les purgatifs et que son emploi sera indiqué chaque fois qu'il y aura des phénomènes d'iléus, quelle que soit d'ailleurs la conduite qu'il sera nécessaire de tenir ultérieurement.
LAVAG E
Nous venons d'éLudior les différentes circonsLances dans lesquelles le lavage de l'estomac ])()iivait ôtre utilement employé. Il est encore tout un groupe d'individus chez lesquels cette opération pourra rendre do grands services et constituer pour ainsi dire un remède infaiiliijle dans certaines affections. Nous voulons parler^ dos enfants.
Lavage chez L'appareil devra naturellement être modifié conformément aux conditions nouvelles dans les-
La lechnunie. quelles OU l'emploic. On se servira d'une sonde, dilo de Nélaton, longue de 0">,35 et de calibre correspondant aux numéros 8, 9 ou 10. On pratiquera à l'extrémité inférieure de cette sonde un orifice longitudinal supplémentaire, dont on abattra soigneusement les aspérités avec des ciseaux. A l'autre extrémité on fixera un tube de verre. Celui-ci s'abouchera dans un tube de caoutchouc souple, plus ou moins long et muni lui-même, à son autre extrémité, d'un entonnoir. Ce dispositif, facile à réaliser, permet de construire ainsi, à peu de frais et extemporanément, un appareil qui pourra rendre tous les services désirables.
Pour pratiquer le lavage, on placera l'enfant sur ses genoux, après l'avoir enveloppé dans une serviette, et on le maintiendra autant que possible étendu sur le dos. On abaisse alors le menton, on déprime la langue avec l'index de la main gauche et on introduit doucement la sonde. Colle-ci est rapidement déglutie, car, sitôt qu'elle
IJE l'estomac
arrive au niveau de la paroi postérieure du pliarynx, elle provoque un mouvement réflexe qui l'attire vers l'œsophage. On pousse alors lentenuMit le tube dans l'estomac et on procède au lavage.
L'enfant est rarement pris de vomissements au moment où on introduit la sonde. L'accident le plus sérieux est l'oblitération du tube j^ar un morceau de lait caillé. Le mieux, dans ces cas, est de retirer la sonde, puis de la réintroduire après l'avoir nettoyée, sa pénétration présentant encore moins de difficultés que chez l'adulte.
Ce procédé permet de se renseigner sur les phases de la digestion normale et d'en étudier les modifications pathologiques. Il permet notnmment de constater que déjà 2 à 3 heures après le naissance l'estomac contient de 0,5o 0/00 d'acide chlorhydrique, et que le liquide donne nettement la réaction de Gûnzburg.
Mais le principal avantage du lavage de l'estomac chez les enfants est de constituer un moj^en commode pour le médecin de guérir rapidement un certain nombre de maladies, dont le pronostic est quelquefois grave, quand on les abandonne à elles-mêmes.
Les vomissements, quelle que soit leur cause, Lavage comles vomissements par pléthore alimentaire surtout, "^^fscèdent très facilement et très vite à l'emploi de ^■^Xn^r''" ce moyen. Ebstein ' considère que c'est le traite-