LES SUITES DU PROCÈS; LA RESTITUTION DES BIENS DES CONDAMNÉS
M°° Lavoisier, si cruellement frappée, qui dans le même jour avait vu périr son père, son mari, ses amis les plus chers, dépouillée de sa fortune, seule, sans parents (elle avait perduson frère Christian quelques mois auparavant)’, isolée dans son appartement du boulevard de la Madeleine, n'avail pas même le silence et le repos pour mesurer l'étendue de ses douleurs et pleurer ses morts, il lui fallait encore subir des visites domiciliaires.
1. Elle n'avait pas eu d'enfants de son mariage avec Lavoisier.
Es
Tous les biens de Lavoisier étaient confisqués et appartenaient à la Nation, qui devait en prendre possession; dès le 11 prairial (30 mai) Le pharmacien Quinquet faisait l'inventaire des objets qui pouvaient être requis pour le service des hôpitaux, et se plaignait le 25 que les objets de chimie n’eussent pas encore été inventoriés. Ce jour même, le comité d'instruction publique désigna à cet effet Berthollet, Fortin et Charles, mais ce fut Nicolas Leblanc qui en compagnie de Berthollet dressa un inventaire sommaire *, déposé le 5 messidor sur le bureau de la commission. Quant à M°° Lavoisier, le 26 prairial (14 juin) elle fut arrêtée par ordre du comité de sûreté générale et incarcérée à la maison d'arrêt de la rue Neuve-des-Capucines:; les scellés furent placés sur ses meubles et sur ses appar tements particuliers. Ce n'était du reste, dans cette triste demeure, que levées et appositions de scellés. Divers citoyens réclamaient des objets confiés à Lavoisier ; immédiatement la commission temporaire des arts envoyait des délégués faire des recherches. Le commissaire de l’administration des domaines voulait enlever des meubles destinés à l'usage du comité de salut public, et demandait l'assistance des délégués du comité révolutionnaire de la section des Piques pour en prendre possession et en distraire des objets appartenant à la veuve Lavoisier ?.
Après le 9 thermidor (27 juillet), M*° Lavoisier s'adressa au comité révolutionnaire de sa section, qui délivra un certificat favorable, au comité de salut public et au comité de sûreté générale, et obtint enfin sa mise en liberté le 30 thermidor (17 août 1794).
__ Non seulement tous les biens de son père et de son mari étaient confisqués, mais le faible revenu de 2000 li-