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LA RÉPUBLIQUE N’A PAS BESOIN DE SAVANTS

sa notice 1l n'est pas question d’une demande de sursis de la part de Lavoisier.

L'indication de la demande de sursis se trouve pour la première fois dans la cantate de Désaudray (août 1796). qui se trompe en meltant la réponse dans la bouche de Dumas, président du tribunal révolutionnaire, alors que l'audience où furent jugés les fermiers généraux était présidée par Coflinhal, vice-président. Le fait est répété par Desessarts, dans les Siècles littéraires, et par Quénaud, dans la Collection de portraits de Bonneville. La réponse y revêt une forme plus précise, Coffinhal aurait dit : « La République n’a pas besoin de savants; il faut que la juslice suive son Cours. »

Le manque de témoignages certains, l’invraisemblance d’une demande de sursis de la part de Lavoisier, tendraient à faire rejeter le fait comme une de ces inventions calomnieuses dont les partis vainqueurs accablent les partis vaincus, s’il ne se trouvait indiqué par Cuvier dans la Biographie Michaud. Cuvier écrivit sa notice sur des documents communiqués par M"° Lavoisier; nous avons entre les mains le brouillon d’une biographie écrite par celle-ci et dont Cuvier a reproduit l’ordre et souvent des phrases presque littérales; malheureusement le manuscrit de M"° Lavoisier s’arrète à 1793.

Dans le récit des biographes, il nous semble qu'il faut distinguer deux parties: la demande de sursis et la réponse de Coffinhal. La première est peu probable, et peut-être vient-elle d’une confusion avec la lettre écrite par Lavoisier le 6 brumaire, au comité de sûreté générale, pour obtenir de rester en liberté provisoire et de pouvoir continuer sa collaboration à la commission des poids et mesures. Quant à la réponse de Coffinhal, elle ne me paraît pas pouvoir être mise en doute après la phrase de Fourcroy. Bien que

celle-ci soit arrangée pour flatter la passion du moment par une allusion à Robespierre, elle est l'indication d’un fait vrai connu des auditeurs et que Fourcroy n'aurait pu inventer. Quoi d'étonnant du reste de la part d’un Coffinhal, qui par son éducation et ses antécédents était étranger à tout ce qui touchait à la science? Il me semble donc probable que Coffinhal a prononcé les paroles qui lui sont attribuées, soit au moment où il avait sous les yeux le

rapport de Huallé, soit en réponse à quelque solliciteur comme Loysel, venant le supplier d'épargner Lavoisier.

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