ESS
aleaw de €
(Cr
D apres une photographee.
NT Ê D ï * é = u y d = “ Lens “ ,* « « , — . u À l L £ " ., " 5 À + . 2 + 7 n à jé Le a « « « < : à * s - = AE " : - } 5 - } = ‘ ; | À : oi
de celui qui sut augmenter leur bien-être est encore vivante chez les habitants du pays’.
L'administration des trente et une généralités du
royaume était confiée à des intendants ignorant souvent les besoins et les souffrances des provinces qu'ils dirigeaient, décidant toutes les questions en dernier ressort, et armés d'un pouvoir sans limites qui permettait tous les abus et toutes les injustices : « Il n'y à qu'un eri dans tout le xvin° siècle, dit Léonce de Lavergne, contre l’administration dévorante des intendants ; instruments passifs de la tyrannie fiscale, ce fléau habituel des gouvernements absolus, ils épuisaient d'hommes et d'argent les malheureuses provinces qui leur étaient livrées. »
Pendant son premier ministère, Necker, reprenant des idées émises par Mirabeau l’Ame des hommes, et plus tard par Turgot, résolut de retirer aux intendants les parties les
1. En 1794 le district de Blois fit vendre le mobilier et le matériel agricole de Fréchines pour une somme de 65 074 livres; le domaine mis sous séquestre fut restitué à Mme Lavoisier le 14 avril 1795; le revenu en était alors évalué à 42 862 francs. Lors de l’apposition des scellés faite le 9 nivôse an II (29 décembre 17193), les commissaires de la section des Piques, venus de Paris, avaient constaté l'existence, sur le domaine que Lavoisier avait fait valoir lui-même, de 8 chevaux de labour, 29 vaches, 270 moutons, 8 porcs, etc. Le revenu total de Fréchines et de ses fermes fut alors estimé de 25 à 30 000 livres.
2. Manuscrits de Lavoisier (bibliothèque d'Orléans). (Ces manuscrits donnés par M. Léon de Chazelles étaient restés oubliés à la bibliothèque d'Orléans. M. Loiseleur les a retrouvés et en a signalé l'existence dans une intéressante brochure : Notice sur les manuscrits de Lavoisier, in-80, 1862.) — Notes autographes de Mme Lavoisier. — Procès-verbaux de l’Assemblée provinciale de l’Orléanais, in-40, Orléans, 1787 et 1788. — Les Assemblées provinciales en France, par Lkonce DE LAVERGNE. (Revue des Deux Mondes, 1861.)
plus importantes de l’administration pour les confier à des assemblées locales, qui décideraient de la répartition et de la levée des impôts, de la construction et de l'entretien des chemins, du choix des encouragements favorables au commerce, au travail en général et aux débouchés de la province en particulier.
Ces assemblées provinciales devaient être complétées par une commussion intermédiaire permanente qui, dans l'intervalle des sessions, était chargée d'exécuter les décisions de l’Assemblée. Le premier essai fut fait dans le Berry en 1778 ; les trois ordres y étaient représentés et délibéraient ensemble; le vote avait lieu par tête, et le nombre des députés du tiers-état était égal à celui des députés du clergé et de la noblesse. En 1779 on établit l’assemblée de la Haute-Guyenne et, en 1780, celle de la généralité de Moulins. La chute de Necker arrêta pour plusieurs années ce mouvement de décentralisation. C’est en 1787 que Calonne, sous l'inspiration de Dupont de Nemours, proposa d'étendre l'institution des assemblées provinciales à toute la France; son projet, approuvé par l’Assemblée des notables, fut réalisé par Loménie de Brienne, qui promulgua l’édit portant création des assemblées provinciales. Celle de l’Orléanais fut instituée par arrêt du conseil du 23 juin 1787, et sa première session fut fixée au mois de septembre. Elle devait être composée de vingt-cinq membres choisis par le roi : six pour le clergé, six pour la noblesse, douze pour le tiers-état, et un président qui fut le dué de Luxembourg. Ces vingt-cinq membres avaient à procéder à l'élection d'un nombre égal de collègues, en observant la même proportion pour les trois ordres.
. Lavoisier, quoique noble et qualifié du titre d'écuyer, fut choisi pour représenter l'élection de Romorantin dans
l'ordre du Tiers. Le président, le duc de Montmorency- Luxembourg ‘, possédait de grands biens dans la généralité d'Orléans.
La première réunion étant fixée au 6 septembre, M. et M Lavoisier quittèrent Paris le mardi soir 4, et n’arrivèrent à Orléans que le mercredi soir à trois heures. Un logement avait été retenu pour eux, mais l’intendant de la province, croyant qu'ils devaient loger chez un de leurs amis, M. de Grandchamp, en avait disposé en faveur d’un autre membre de l’Assemblée, le président de Salaberry. On n'avait réservé à Lavoisier qu’un pied-à-terre. L'habitation de M. de Grandchamp était située à la Poterie, à une lieue environ de la ville, sur la route de Chevilly; c’est chez lui que M. et M"° Lavoisier acceptèrent l’hospitalité, en attendant qu'ils eussent une maison à Orléans.
La première séance se tint le jeudi 6 : l’intendant de la province, M. de Chevilly, faisant office de commissaire du roi, vint, au nom de Sa Majesté, ouvrir les travaux de Passemblée. Reçu au haut de l'escalier par quatre membres : l'abbé de la Geard, pour le clergé, le président de Salaberry, pour la noblesse, Lavoisier et Crignon de Bonvalet, maire d'Orléans, pour le tiers-état, il prit place sur un fauteuil, puis, s’étant couvert, ainsi que l'assemblée, 1l prononça un discours pour faire connaître les volontés du roi el indiquer les sujets dont l’Assemblée provinciale avait tout d'abord à s'occuper : établissement des règlements, nomination des vingt-cinq membres à élire, ete. Après une courte réplique du président, le commussaire du rot fut reconduit avec les mêmes honneurs par les mêmes députés qui étaient allés le recevoir.
1. Le duc de Luxembourg fut député de la noblesse aux États généraux, et président de cet ordre; il s'opposa à la réunion des trois ordres, donna sa démission le 20 août 1789, et se retira en Portugal.
La seconde séance n'eut lieu que le lundi’. Lavoisier lut un rapport sur les questions dont la Commission intermédiaire devait s'occuper pour préparer les travaux de la seconde session de l’Assemblée provinciale, la première session de septembre n’ayant pour but que l'établissement des règlements et l'élection des nouveaux membres, à laquelle on procéda dans cette séance. Parmi ceux qui furent choisis, on distingue l'abbé Siéyès, qui prit peu de part aux travaux de l’Assemblée de l’Orléanais; l'abbé Louis, conseiller au Parlement de Paris, plus tard administrateur du Trésor sous l’Empire, ministre des finances de la Restau-. ration et du gouvernement de Juillet; le comte de Rochambeau, lieutenant général, qui avait commandé les troupes françaises envoyées en Amérique; le baron de Montboissier, maréchal de camp, ancien colonel du régiment de Royal-Vaisseau, qui fut envoyé aux États généraux par la noblesse de l'élection de Chartres, et qui émigra en 1791; et le vicomte de Toulongeon, ancien colonel de chasseurs, auteur de livres d'histoire et d'économie poli-. tique”.
Après quelques séances consacrées à l'élaboration du règlement, l’Assemblée se sépara le 14, l’intendant Chevilly étant venu clore la session avec le cérémonial habituel. La reprise des travaux fut fixée au 17 novembre.
Lavoisier retourna en hâte à Paris, où il était attendu par Monge et Fourcroy avec lesquels il devait visiter les forges du Creuzot. Il repartit pour le Creuzot dès le 22 et rentra le 3 octobre à Paris où Bailly réclamait sa présence pour le comité des hôpitaux, tandis que les commissaires de l’Académie, Cadet, Baumé, Cornette et Berthollet, l’at-
1. Le dimanche l'intendant et tous les membres du clergé allèrent diner au château de la Ferté, chez le marquis de Coué. 2. Il devint membre de l'Institut et mourut en 1812.
tendaient pour juger le prix de teinture qui devait être décerné à la séance publique de la Saint-Martin.
Peu de jours après, il reprenait le chemin d'Orléans pour assister à l'ouverture de cette seconde session de PAssemblée provinciale où il devait avoir une influence prépondérante par son étonnante puissance de travail et l'ascendant de son génie universel: « Celui qui fait tout, qui anime tout, qui se multiplie en quelque sorte, c’est Lavoisier; son nom reparaît à chaque instant". »
La seconde session s’ouvrit le samedi 17 novembre. L'intendant fit connaître à l'Assemblée ce que le roi attendat de son zèle : meilleure répartition de l'impôt, transformation de la corvée, création de nouvelles manufactures, etc. Puis, après une réponse du président, il remit une longue instruction royale qui réglait la question des préséances, la tenue et les devoirs de l'Assemblée et ordonnait la nomination d’une commission intermédiaire, ainsi que de deux procureurs-syndics chargés de transmettre à M. de Chevilly une notice succincte des objets discutés, pour que le commissaire de Sa Majesté soit assuré qu'ul ne se traite dans l'Assemblée aucune matière étrangère aux objets dont elle doit s'occuper.
Le dimanche, toute l’Assemblée alla entendre la messe du Saint-Esprit, qui, d'après l'instruction royale, devait précéder l'ouverture de ses travaux. Les députés, réunis à Pévêché, se rendirent à pied à la cathédrale, précédés de soldats et de la musique de la ville. D’après le cérémonial du temps, les personnes les moins qualifiées marchaïent en tête du cortège : d’abord le secrétaire greffier, les proeureurs-syndics, puis les députés du tiers-état; derrière eux le clergé et la noblesse sur le même rang, le clergé