‹ LavoisierChapitre 57 sur 150 · LA RICHESSE TERRITORIALE · texte numérisé non relu

LA RICHESSE TERRITORIALE

des produits annuels de l’agriculture devait s'élever à 3 milliards plutôt qu'à 2 milliards 500 millions; ce qui donnait une consommation de 150 livres par habitant. Voltaire en 1767 ‘ évaluait la production brute à 2 milliards 400 millions, c’est-à-dire à 120 livres ou 40 écus par tête.

Déjà avant l'époque où Dupont de Nemours présentait son mémoire au comité d'agriculture, Lavoisier avait commencé un travail étendu sur le même sujet. S'étant procuré des documents sur toutes les provinces par l’intermédiaire des employés de la ferme, il avait projeté un grand ouvrage sur la richesse territoriale de la France, dans lequel il se proposait de former le compte ou bilan général de toutes les productions du royaume.

« Chaque espèce de produit, dit-il, y auroit son chapitre particulier.

« L'agriculture du royaume seroit considérée comme formant le domaine d’un seul individu qui se chargeroit en recettes de toutes les productions et qui justifieroit de leur emploi : ainsi en prenant pour exemple le chapitre du bled, Pagriculteur se chargeroit en recette de tout le bled récolté dans le royaume, montant à quatorze milliards de livres. Toute cette quantité de bled ressortiroit ensuite dans un chapitre de dépenses sous différens titres, à peu près ainsi qu'il suit :

« Livré aux cultivateurs du royaume pour être employé en semence.

« Livré aux cultivateurs pour leur subsistance pendant l'année.

« Livré aux moissonneurs pour frais de moissons.

« Livré aux batteurs en grange pour frais de battage.

« Livré aux préposés chargés de la collecte de l'impôt.

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