DELaAMBRE, Base du système métrique, 2 vol. in
fiance, l’Assemblée engagea l’Académie à s'entendre avec la Société royale de Londres pour constituer une commission internationale. Comme l’Académie ne trouva pas auprès de l’illustre Société anglaise l'accueil qu’elle pouvait en espérer, elle résolut de ne pas attendre le concours des ‘autres nations pour se décider sur le choix de l’unité de mesure et pour commencer ses opérations.
Une commission centrale, composée de Borda, Laorange, Laplace, Monge et Condorcet, eut la direction vénérale des opérations. Elle présenta à l’Académie, le 19 mars 1791, un rapport où elle indiquait que la base du nouveau système devait être choisie, non dans la longueur du pendule, mais dans la mesure du méridien terrestre, dont le quart constituerait l'unité réelle de longueur, tandis que la dix-millionième partie en serait l’unité usuelle. En mème temps elle faisait connaître la composition des commissions auxquelles étaient confiées les diverses parties du travail. Cassini, Méchain et Legendre étaient chargés de mesurer, par une suite de triangles, la distance entre Dunkerque et Barcelone; Monge et Messier, d'établir sur le terrain lés bases sur lesquelles devaient s’appuyer les tmangles ; Borda et Coulomb, de déterminer la longueur du pendule au 45° degré; Tillet, Brisson, Vandermonde, de comparer à la toise et à La livre de Paris toutes les mesures usitées en France; Lavoisier et Haüy devaient déterminer le poids d’un volume d'eau distillée ramené à zéro et pesé dans le vide‘.
L'Assemblée nationale ayant voté une somme de 300 000 livres pour les frais de l'opération, Lavoisier fut nommé trésorier et eut à remplir les fonctions de secrétaire; la plupart des lettres que la commission dut adresser
1. Rapport du 19 mars 1791. Mémoires de l’Académie pour 1788, publiés en 1791.
à l’Assemblée nationale, et plus tard aux membres de Ja Convention, furent rédigées par lui. Dans les premiers temps, la commission académique fut occupée à faire construire, sous la direction principale de Borda, les instruments nécessaires à ses opérations, qui ne commencèrent que dans le courant de 1792. A cette époque la composi-. tion des commissions fut modifiée; les membres chargés de la mesure du méridien furent alors Méchain et Delambre; le premier partit pour l’Espagne le 95 juin, tandis que Delambre commençait à établir sa suite de triangles entre Paris et Dunkerque; tous deux ne purent accomplir leur mission qu'au milieu de difficultés sans nombre et de dangers toujours renaissants'. Une correspondance fréquente s'établit entre eux et Lavoisier. Ils Iui envoyaient l’état de leurs travaux; de son côté, 1l avait à leur faire parvenir l’argent nécessaire, qu'il ne pouvait souvent leur transmettre qu'avec beaucoup de peine. Ainsi quand les relations furent rompues avec l'Espagne, il dut s'adresser à un agent suisse pour faire passer à Méchau les sommes indispensables à ses opérations, en même temps qu'une pièce dans laquelle il répondait personnel= lement auprès des banquiers de France et de l’étranger des sommes qu'ils pourraient avancer à l’astronome fran- ÇaIs *.