‹ LavoisierChapitre 79 sur 150 · Patriote français, n · texte numérisé non relu

Patriote français, n

2. Père Duchesne, nos 28, 33, 51, 83. « Que j'aimerais à me trouver à Phôtel des fermes ; à contempler, autour du tapis verd, toutes ces grosses trognes de financiers, quand ils vont apprendre le décret de l’Assemblée... les j... f... vont sans doute imiter les autres aristocrates et emporter chez l'étranger toutes nos dépouilles. J'invite tous les citoyens à se réunir dans leurs sections pour les forcer à rendre compte de leur conduite passée et leur faire rendre gorge de tout ce qu’ils ont acquis par des vols et des brigandages. » (No 33.)

n'eut plus rien de commun avec l’administration financière à laquelle il avait appartenu pendant vingt-deux ans.

Aussitôt que le décret de l'Assemblée eut été rendu, les commissaires liquidateurs se mirent à l’œuvre; mais, loin de pouvoir se consacrer exclusivement à leur travail, ils se trouvèrent obligés de poursuivre, au nom du gouvernement, la vente des sels et des tabacs que renfermaient les magasins, et de percevoir les droits de traites, de sorte que leur temps était tout entier absorbé par les affaires cou- rantes'. D'autre part, il leur fallait attendre que leurs agents eussent cessé de faire des recouvrements et transmis à la commission l’état de leur caisse; aussi étaient-ils loin d’avoir terminé leur liquidation à la date du 1° janvier 1793, fixée par le décret de l’Assemblée nationale: Heureusement le ministre des contributions publiques, Clavières, comprit les raisons qui avaient empêché les liquidateurs de satisfaire aux ordres de l’Assemblée. IL commença par les débarrasser de tout le travail étranger à la liquidation, et, dans un rapport présenté à la Convention le 31 décembre 1792, rendit hommage à leur zèle et à leur loyauté *.

La Convention, occupée du procès de Louis XVI, ne donna aucune suite au rapport de Clavières; mais les éloges du ministre des contributions publiques ne pouvaient dissiper les préventions ; on supposait aux fermiers généraux une fortune totale de 300 à 400 millions de livres, indüment acquise, et qu’en présence de la pénurie du Trésor 1l paraissait urgent de faire rentrer dans les caisses de l'État. La vérité était loin de ce que se figurait

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