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Mémoires de E.-M. Delahante, t. II, p

2. Mémoire pour la liquidation de la ferme générale adressé par de mi. nistre des contributions publiques à la Convention nationale, le 31 décembre 1792. (Archives nationales, AD, IX, 533.)

La

Pimagination populaire. Mollien, attaché pendant plusieurs années au contrôle de la ferme, estime que la Compagnie avait perdu 80 millions environ dans la banqueroute publique, et que les trente-deux fermiers généraux qui furent emprisonnés ‘auraient pu à peine réunir une somme de 22 millions de livres, en faisant argent de leurs titres, de leurs maisons et de leurs terres .

Au sein de la Convention, il existait un parti nombreux, passionné, absolument convaincu qu'il était d’une stricte justice de faire rendre gorge aux gens de finance. Dès le 26 février 1793, Carra proposa de décréter la nomination d'une commission chargée de connaître les crimes, délits et abus commis dans les finances de l’État, de revoir tous les traités faits avec l’ancien gouvernement, de juger de la légitimité des bénéfices et d'ordonner la restitution dans le cas contraire. Tous ceux qui auraient fait des déclarations infidèles seraient punis de mort et leurs biens confisqués; Carra demandait même que les recherches de la commission s’étendissent à toutes les opérations faites depuis 1740°. Les considérants du projet de décret étaient d'une violence extrème et préjugeaient les décisions de la commission :

« Non, vous ne laisserez pas ces stupides sangsues dans l'ombre du repos sans les faire dégorger de tout le sang qu’elles ont sucé sur Le corps du peuple.

« Législateurs, il n'y a point de temps à perdre; tous ces voleurs de deniers publics, ces sangsues du peuple, ces exécrables agioteurs vont se hâter de vendre leurs possessions territoriales et de fuir en portant à vos ennemis le reste de la fortune publique, si vous ne vous hâtez vous-

mêmes de les prévenir. »

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